{"id":1748,"date":"2018-02-02T22:36:11","date_gmt":"2018-02-02T21:36:11","guid":{"rendered":"http:\/\/asvpnf.com\/?p=1748"},"modified":"2018-02-07T22:13:58","modified_gmt":"2018-02-07T21:13:58","slug":"jean-nedelec-1920-1980-60-ans-de-vie-militante-dans-le-finistere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/2018\/02\/02\/jean-nedelec-1920-1980-60-ans-de-vie-militante-dans-le-finistere\/","title":{"rendered":"JEAN NEDELEC &#8211; 1920-1980 : 60 ans de vie militante dans le Finist\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-1802 \" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1.jpg\" alt=\"\" width=\"496\" height=\"702\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1.jpg 480w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1-212x300.jpg 212w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1-250x354.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1-127x180.jpg 127w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn1-353x500.jpg 353w\" sizes=\"(max-width: 496px) 100vw, 496px\" \/><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter wp-image-1803 size-full\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/cn2-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><a href=\"#sommaire\"><strong>CLIQUER ICI POUR ACCEDER AU SOMMAIRE<\/strong><\/a><\/h2>\n<hr \/>\n<p><span style=\"font-size: large;\"><b><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"petite-enfance\" id=\"petite-enfance\"><\/a><\/b><\/span><\/p>\n<h2 align=\"CENTER\"><span style=\"color: #ffffff;\">_<\/span><\/h2>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>La petite enfance au Faou<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aussi loin que remonte ma m\u00e9moire, j&rsquo;ai des souvenirs qui se situent entre 1920 et 1924. Je suis n\u00e9 le premier mars 1920, dans la commune du Faou, qui, avec ses maisons du 16<sup>eme<\/sup> si\u00e8cle doit son nom \u00e0 un ch\u00e2teau, cit\u00e9 d\u00e8s le 9<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle et appel\u00e9 \u00ab\u00a0le H\u00eatre\u00a0\u00bb. Ce qui m&rsquo;a toujours frapp\u00e9, c&rsquo;est le peu d&rsquo;\u00e9tendue de cette commune, chef-lieu de canton. D\u00e8s que l&rsquo;on quitte la ville, on se trouve d\u00e9j\u00e0 sur la commune de Hanvec qui avec ses 6000 hectares est bien plus grande que le chef-lieu qui ne fait que 1200 hectares.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le premier mars 1920 \u00e9tait un lundi. La maison o\u00f9 je suis n\u00e9, \u00e0 neuf heures du matin, faisait face \u00e0 la rivi\u00e8re, qui, par mar\u00e9e haute, devient un site agr\u00e9able.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je garde de cette p\u00e9riode de la petite enfance, quatre sc\u00e8nes, que je peux revivre intens\u00e9ment, tant elles sont claires dans ma m\u00e9moire, probablement parce qu&rsquo;elles r\u00e9sultent d&rsquo;une grande frayeur ou d&rsquo;une grande tristesse.<br \/>\nMon plus lointain souvenir remonte aux environs de mes quatre ans. Je me retrouve dans une ruelle, derri\u00e8re l&rsquo;H\u00f4tel de Cornouaille. Mes parents avaient achet\u00e9 une maison, route de Landerneau. L&rsquo;H\u00f4tel se trouvait face \u00e0 cette maison. La ruelle rejoignait la route de Rumengol. Je suis en pr\u00e9sence d&rsquo;un grand bonhomme qui me gronde et me menace de sa main grande ouverte, comme pour se pr\u00e9parer \u00e0 m&rsquo;administrer une bonne fess\u00e9e. J&rsquo;avais d\u00fb faire une b\u00eatise quelconque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce grand bonhomme, c&rsquo;\u00e9tait mon grand-p\u00e8re maternel : S\u00e9bastien Rozuel.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au Faou, on l&rsquo;appelait famili\u00e8rement \u00ab\u00a0S\u00e9bastien Moko\u00a0\u00bb parce qu&rsquo;il avait s\u00e9journ\u00e9 quelque temps dans le midi de la France, du c\u00f4t\u00e9 de Toulon. Mon grand-p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 3 juillet 1924 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 64 ans. Je venais \u00e0 peine d&rsquo;avoir 4 ans.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Deuxi\u00e8me souvenir, tragique : la mort d&rsquo;un petit chien, qui appartenait \u00e0 mes parents, auquel j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s attach\u00e9 comme le sont tous les enfants en g\u00e9n\u00e9ral. Revenant de l&rsquo;\u00e9cole, qui \u00e9tait situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre bout de la ville, je d\u00e9couvris sur le trottoir, devant la maison, un petit cadavre, celui de notre chien, victime d&rsquo;un accident juste avant mon arriv\u00e9e. Pourtant \u00e0 cette \u00e9poque, la circulation automobile n&rsquo;\u00e9tait pas intense.<br \/>\nMais le malheur \u00e9tait l\u00e0, le chagrin aussi. Je me souviens, sur les hauteurs de \u00ab\u00a0la vieille route\u00a0\u00bb comme nous l&rsquo;appelions, d&rsquo;un immense trou o\u00f9 se jetaient toutes sortes de d\u00e9tritus. C&rsquo;est l\u00e0 que fut lanc\u00e9 le cadavre de notre chien.<br \/>\nJ&rsquo;ai gard\u00e9 depuis pour la race canine, et les animaux en g\u00e9n\u00e9ral, beaucoup de compr\u00e9hension et d&rsquo;amour.<br \/>\nTroisi\u00e8me grand choc : l&rsquo;\u00e9cole du Faou se trouve en bordure de la grande place, appel\u00e9e \u00ab\u00a0champ de Foire\u00a0\u00bb. C&rsquo;est l\u00e0 que se tenait le march\u00e9 aux bestiaux. Le march\u00e9 aux cochons, se d\u00e9roulait devant la chapelle saint Joseph, \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la route de Rumengol. La place du champ de Foire \u00e9tait vaste et les cirques de passage s&rsquo;y installaient. Un jour de classe, lors d&rsquo;une dispute avec un de mes camarades d&rsquo;\u00e9cole, je lui lan\u00e7ai une pierre qui l&rsquo;atteignit \u00e0 l&rsquo;arcade sourcili\u00e8re. Le sang se mit \u00e0 couler. J&rsquo;en eus d&rsquo;autant plus peur que l&rsquo;on me mena\u00e7a de me donner \u00e0 manger aux \u00e9l\u00e9phants du cirque pr\u00e9sent \u00e0 ce moment.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et enfin, ce qui fut la plus grande honte de ma petite enfance. M&rsquo;\u00e9tant \u00ab\u00a0oubli\u00e9\u00a0\u00bb dans ma culotte au sortir de l&rsquo;\u00e9cole, je me vis dans l&rsquo;obligation de longer les murs de la ville, afin de cacher cette honte et d&rsquo;arriver \u00e0 la maison, sur la route de Landerneau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mes liens avec ma commune natale ont continu\u00e9 jusqu\u2019au d\u00e9c\u00e8s de ma grand-m\u00e8re maternelle \u00ab\u00a0Jeannie Moko\u00a0\u00bb, comme on l&rsquo;appelait parce qu&rsquo;elle \u00e9tait l&rsquo;\u00e9pouse de \u00ab\u00a0S\u00e9bastien Moko\u00a0\u00bb de m\u00eame que ses enfants portaient tous l&rsquo;additif Moko, mon oncle Charles Rozuel dit \u00ab\u00a0Charlie-Moko\u00a0\u00bb, ma tante Marie, \u00ab\u00a0Marie-Moko\u00a0\u00bb, ma m\u00e8re \u00ab\u00a0Louise Moko\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De son vrai nom Jeannie Ellouet, ma grand-m\u00e8re vivait dans la maison de mes parents, habitant une pi\u00e8ce donnant sur l&rsquo;arri\u00e8re-cour.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;allais la retrouver d\u00e8s que j&rsquo;avais un moment de libre et notamment pendant les vacances scolaires. Je passais avec elle des moments agr\u00e9ables. Les vacances termin\u00e9es, je revenais \u00e0 Brest, ayant toujours dans un sac \u00e0 provisions quelque poulet ou lapin que la brave grand-m\u00e8re allait acheter dans une ferme.<br \/>\nA cette \u00e9poque, il y avait \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la ville un Octroi (le nom est rest\u00e9 au quartier). Le car qui nous transportait, s&rsquo;arr\u00eatait \u00e0 cet endroit. Un contr\u00f4leur montait dans le car et s&rsquo;\u00e9criait : \u00ab II n&rsquo;y a rien \u00e0 d\u00e9clarer ? \u00bb. Le poulet ou le lapin bien camoufl\u00e9 dans mon sac et gliss\u00e9 sous mes pieds, je me taisais, ne d\u00e9sirant pas payer la taxe qui frappait cette marchandise pour son introduction dans Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette grand-m\u00e8re qui est rest\u00e9e ch\u00e8re \u00e0 mon c\u0153ur est morte le 11 novembre 1932, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 71 ans. Ce jour-l\u00e0, comme d&rsquo;habitude, je la quittais avec un poulet destin\u00e9 \u00e0 mes parents. Un orage terrible se d\u00e9clarait dans la nuit ; peut-\u00eatre apeur\u00e9e, se sentant mal, elle est sortie pour chercher du secours. Avant d&rsquo;atteindre la route, elle \u00e9tait frapp\u00e9e par un malaise cardiaque. Le lendemain, revenant du Lyc\u00e9e sur le coup de midi, je trouvai ma m\u00e8re en pleurs et elle m&rsquo;annon\u00e7ait la mort de ma grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: large;\"><b><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"recouvrance\" id=\"recouvrance\"><\/a><\/b><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<h3 align=\"CENTER\"><\/h3>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Enfance et adolescence \u00e0 Recouvrance<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vers mes six-sept ans, (je n&rsquo;ai pas de souvenir pr\u00e9cis sur la date), mes parents quittaient Le Faou pour rejoindre Brest o\u00f9 mon p\u00e8re avait trouv\u00e9 du travail. Ils gard\u00e8rent cependant la maison de la route de Landerneau. Elle leur fut utile \u00e0 plusieurs reprises et, en particulier, en 1943, quand les bombardements de l&rsquo;aviation am\u00e9ricaine sur Brest les oblig\u00e8rent \u00e0 quitter la ville.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon p\u00e8re, Alexis N\u00e9d\u00e9lec, avait pass\u00e9 15 ans dans la Marine militaire o\u00f9 il avait termin\u00e9 avec le grade de second-ma\u00eetre timonier. Il avait beaucoup navigu\u00e9 et me racontait qu&rsquo;il s&rsquo;\u00e9tait trouv\u00e9 dans la Mer Noire, aux alentours d&rsquo;Odessa, au moment de la r\u00e9volution bolchevique de 1917 en Russie et de la r\u00e9volte des marins fran\u00e7ais emmen\u00e9s par Andr\u00e9 Marty et Charles Tillon. Au Faou, il avait trouv\u00e9 du travail sur le pont de T\u00e9r\u00e9nez, pont suspendu qui enjambe la vall\u00e9e de l&rsquo;Aulne et relie Le Faou \u00e0 la presqu&rsquo;\u00eele de Crozon. Il me disait, comment, mont\u00e9 dans une nacelle, il peignait les c\u00e2bles du pont suspendu. Peintre en b\u00e2timent, il ne d\u00e9daignait pas le dessin, et avait r\u00e9alis\u00e9 une composition au fusain illustrant cette acrobatie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A l&rsquo;entendre, pendant qu&rsquo;il \u00e9tait embarqu\u00e9 sur les navires de la \u00ab\u00a0Royale\u00a0\u00bb, il grimpait \u00e0 la corde lisse, \u00e0 la force des poignets, les jambes \u00e0 l&rsquo;\u00e9querre. C&rsquo;est vrai que je me souviens de lui, le dimanche matin, en guise de gymnastique, prenant une chaise et s&rsquo;appuyant, une main sur le dossier, l&rsquo;autre sur la chaise, et se redressant en force pour se mettre droit, la t\u00eate en bas et les pieds en l&rsquo;air, et cela plusieurs fois. Je n&rsquo;ai jamais r\u00e9ussi, pour ma part, \u00e0 accomplir un tel exploit.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En arrivant \u00e0 Brest, nous avons d&rsquo;abord habit\u00e9 13 rue de l&rsquo;\u00c9glise ; c&rsquo;est une vieille rue de la ville o\u00f9 se trouve aujourd&rsquo;hui un mus\u00e9e \u00ab\u00a0la Maison de la Fontaine\u00a0\u00bb. Nous avons quitt\u00e9 cet appartement pour le bas de la rue de la Porte et enfin la rue Le Guen de K\u00e9rangall au num\u00e9ro quatre o\u00f9 j&rsquo;ai v\u00e9cu toute mon adolescence dans ce quartier de Pontaniou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: large;\"><b><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"foi\" id=\"foi\"><\/a><\/b><\/span><\/p>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Perte de la foi catholique<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Rue de l&rsquo;\u00e9glise, c&rsquo;\u00e9tait tout pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9cole publique de la rue de la Communaut\u00e9, o\u00f9 je continuais ma scolarit\u00e9 apr\u00e8s l&rsquo;avoir d\u00e9but\u00e9e au Faou. C&rsquo;\u00e9tait tout pr\u00e8s \u00e9galement de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sauveur. J&rsquo;y suivais les le\u00e7ons de cat\u00e9chisme afin de pr\u00e9parer ma communion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Eh oui, j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s croyant jusqu&rsquo;\u00e0 cette communion solennelle qui fut c\u00e9l\u00e9br\u00e9e en l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sauveur. J&rsquo;ai encore la photo o\u00f9 je pose avec mon brassard de premier communiant. Tout le myst\u00e8re qui entoure l&rsquo;histoire de la religion m&rsquo;avait p\u00e9n\u00e9tr\u00e9. Je r\u00eavais m\u00eame de devenir pr\u00eatre un jour.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et le r\u00eave s&rsquo;est bris\u00e9 !\u00a0Voici comment. J&rsquo;habitais alors rue Le Guen de K\u00e9rangall. Il m&rsquo;\u00e9tait tomb\u00e9 entre les mains (je ne sais plus comment) un petit ouvrage : \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9vangile selon Saint Luc\u00a0\u00bb. Je l&rsquo;avais lu et relu et je l&#8217;emportais avec moi au cat\u00e9chisme qui avait lieu dans un local face \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sauveur. Je fis part \u00e0 la brave cat\u00e9chiste de ma satisfaction \u00e0 la lecture de ce petit livre. Je la vis se mettre en col\u00e8re et d\u00e9chirer l&rsquo;ouvrage en question. C&rsquo;\u00e9tait un ouvrage protestant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut pour moi un grand choc et c&rsquo;est l\u00e0 que commenc\u00e8rent mes doutes, devant tant d&rsquo;intol\u00e9rance. Elle ne savait pas, cette brave dame, que ce jour-l\u00e0 elle fit perdre \u00e01&rsquo;Eglise catholique et romaine un de ses adeptes.<\/p>\n<h1 align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"guerre-scolaire\" id=\"guerre-scolaire\"><\/a><\/h1>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Guerre scolaire d\u00e9j\u00e0<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ayant commenc\u00e9 ma scolarit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique de la rue de la Communaut\u00e9 (habitant rue de l&rsquo;Eglise, l&rsquo;\u00e9cole \u00e9tait toute proche), je continuais \u00e0 la fr\u00e9quenter, m\u00eame quand nous d\u00e9m\u00e9nage\u00e2mes rue de la Porte, puis rue Le Guen de Kerangall. J&rsquo;y avais mes \u00ab\u00a0copains\u00a0\u00bb et j&rsquo;aimais bien mes instituteurs. Je me souviens, en particulier, de Monsieur Seznec. Il \u00e9tait quimp\u00e9rois et ses le\u00e7ons d&rsquo;histoire me captivaient. Je lisais beaucoup gr\u00e2ce \u00e0 la biblioth\u00e8que de l&rsquo;\u00e9cole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le fait d&rsquo;avoir continu\u00e9 \u00e0 fr\u00e9quenter l&rsquo;Ecole de la Communaut\u00e9, me valut un jour de vivre un curieux \u00e9v\u00e9nement.<br \/>\nDe Pontaniou \u00e0 la Communaut\u00e9 il y a la rue Vauban \u00e0 descendre, coup\u00e9e \u00e0 angle droit par la rue Armorique. En haut de la rue Vauban, face \u00e0 la place Dixmude se trouve l&rsquo;\u00e9cole Vauban. J&rsquo;aurais d\u00fb y aller mais comme je l&rsquo;ai dit c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9cole de la Communaut\u00e9 qui avait ma pr\u00e9f\u00e9rence. Or, un jour, en descendant la rue Vauban, je fus arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la hauteur de la rue Armorique, par un groupe d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole Vauban qui faisait barrage aux enfants qui fr\u00e9quentaient l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e Saint-Sauveur. Leur ayant dit que c&rsquo;est \u00e0 la Communaut\u00e9 que je me rendais, le passage me fut ouvert.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Signe des temps ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"annee-decisive\" id=\"annee-decisive\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>1931 : Ann\u00e9e d\u00e9cisive<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est l&rsquo;ann\u00e9e qui va \u00eatre d\u00e9terminante pour la suite de mes \u00e9tudes.\u00a0Monsieur Seznec tint \u00e0 me pr\u00e9senter \u00e0 l&rsquo;examen des Bourses, qui se tenait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque dans l&rsquo;\u00e9cole, aujourd&rsquo;hui disparue : l&rsquo;\u00e9cole publique de la rue Monge.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je r\u00e9ussis \u00e0 cet examen. Restait \u00e0 savoir quelle serait mon orientation. Il est bien difficile, \u00e0 11 ans, fils d&rsquo;ouvrier, de pr\u00e9voir son avenir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et c&rsquo;est alors qu&rsquo;intervint la grande chance de ma vie, la rencontre avec celui qui fut mon \u00ab\u00a0mentor\u00a0\u00bb. Georges Bozec habitait rue Laurent Legendre, toute proche de la rue Le Guen de Kerangall. Nous \u00e9tions destin\u00e9s \u00e0 nous rencontrer et \u00e0 devenir d&rsquo;excellents amis. \u00c0 peine plus \u00e2g\u00e9 que moi, il \u00e9tait \u00e9l\u00e8ve au Lyc\u00e9e de Brest (le seul et unique Lyc\u00e9e de la ville). Il y collectionnait les succ\u00e8s scolaires, les prix d&rsquo;excellence (je poss\u00e8de encore \u00ab\u00a0Histoire d&rsquo;un Paysan\u00a0\u00bb d&rsquo;Erckman-Chatrian qu&rsquo;il avait re\u00e7u en prix d&rsquo;excellence). Son p\u00e8re \u00e9tait cheminot. Veuf et s&rsquo;\u00e9tant remari\u00e9, il avait eu d&rsquo;autres enfants et la mar\u00e2tre de Georges l&rsquo;obligeait souvent \u00e0 garder ses petites s\u0153urs et son petit fr\u00e8re, \u00e0 aider son p\u00e8re qui poss\u00e9dait un jardin. Malgr\u00e9 cela, il trouvait le temps, en plus de ses \u00e9tudes, de s&rsquo;\u00e9vader, de me rencontrer sur les remparts de Recouvrance o\u00f9 il m&rsquo;initiait \u00e0 tout ce qui faisait son plaisir : la litt\u00e9rature, le th\u00e9\u00e2tre, la musique surtout.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Son p\u00e8re \u00e9tait communiste et comme cheminot, il ramenait \u00e0 la maison les journaux oubli\u00e9s dans les trains venant de Paris, et notamment L&rsquo;Humanit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 ce contact, qu&rsquo;a commenc\u00e9 mon initiation politique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s ses \u00e9tudes au Lyc\u00e9e de Brest, puis \u00e0 Rennes et Paris, Georges deviendra professeur agr\u00e9g\u00e9 de fran\u00e7ais ; la guerre venue, nous nous perdrons de vue ; j&rsquo;appris par la suite qu&rsquo;il \u00e9tait devenu pilote de chasse. Juste \u00e0 la fin de la guerre, il d\u00e9c\u00e9dera d&rsquo;une p\u00e9ritonite aigu\u00eb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour mieux illustrer le personnage, le mieux est de reproduire ici un extrait d&rsquo;une longue lettre qu&rsquo;il m&rsquo;\u00e9crivait de Rennes le 27 f\u00e9vrier 1936 :<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><i>Mon cher Jean<br \/>\nJe suis bien f\u00e2ch\u00e9 de ce que tu doives \u00eatre toujours le premier \u00e0 renouer notre correspondance. J&rsquo;aurais pourtant mille choses \u00e0 te dire. Et maintenant encore h\u00e9las les limites du temps et du papier ne me permettent pas de te dire tout ce que je voudrais. Bah ! tant pis, je remets cela avec joie aux vacances de P\u00e2ques<\/i><\/p>\n<p align=\"LEFT\">(Ici un compte-rendu de diverses conf\u00e9rences auxquelles il a assist\u00e9).<br \/>\nPuis :<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><i>Mon Dieu ! Voil\u00e0 que j&rsquo;ai barbouill\u00e9 d\u00e9j\u00e0 un nombre imposant de pages et il faut encore que je te parle d&rsquo;un autre sujet. Vraiment tu vas finir par penser que je fais preuve aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un enthousiasme d\u00e9lirant. Mais cette fois tu en conviendras toi-m\u00eame. Il y a de quoi :<br \/>\nJ&rsquo;ai pris l&rsquo;initiative, avec quelques copains, un philosophe et un taupin, d&rsquo;organiser au Lyc\u00e9e m\u00eame des s\u00e9ances d&rsquo;auditions musicales. Jeudi dernier nous sommes all\u00e9s \u00e0 la recherche d&rsquo;un phonographe. Nous en avons trouv\u00e9 rapidement un dont la location nous reviendra \u00e0 vingt francs par mois. Le copain de philo dont je t&rsquo;ai parl\u00e9 poss\u00e8de une soixantaine de disques, qu&rsquo;il apportera successivement ici. Mais la grosse difficult\u00e9 \u00e9tait l&rsquo;autorisation du proviseur. Nous sommes all\u00e9s tous les trois le trouver hier. J&rsquo;ai commenc\u00e9 moi-m\u00eame \u00e0 lui exposer notre id\u00e9e et \u00e0 le persuader de son utilit\u00e9 et de son haut int\u00e9r\u00eat. Chose vraiment \u00e9tonnante, il nous a accord\u00e9 l&rsquo;autorisation avec une extr\u00eame bienveillance et il nous a lui-m\u00eame indiqu\u00e9 une salle. Si bien qu&rsquo;\u00e0 partir de la semaine, prochaine, nous pourrons \u00e9couter tous les jours, de midi et demi \u00e0 une heure et demie, de la musique de choix. Nous avons form\u00e9 un groupe qui comprend actuellement quatorze membres. Le prix de la cotisation est de trois francs, ce qui nous permettra d&rsquo;acheter des livres de critique ou d&rsquo;histoire de la Musique et, peut-\u00eatre de nous abonner \u00e0 une revue. Tu penses si je suis content ! Le philosophe en question compte avoir les disques d&rsquo;un ami, parmi lesquels on trouve notamment : La Pastorale, La Sonate \u00e0 Kreutzer, l&rsquo;Appasionnata. Sh\u00e9h\u00e9razade, Siegfried, La Symphonie fantastique, etc&#8230; etc&#8230;<br \/>\nPour le moment, nous aurons d\u00e8s la fin de la semaine prochaine : une sonate et un concerto de Mozart, un concerto de Bach, les Tableaux d&rsquo;une exposition de Moussorgsky et la Mer de Debussy. Pour le moment, tu vois, nous vivons un peu au hasard, mais plus tard nous irons plus m\u00e9thodiquement et peut-\u00eatre m\u00eame nous ferons des expos\u00e9s, illustr\u00e9s naturellement d&rsquo;auditions. \u00c7a promet !!.<br \/>\nCette nouvelle ne te surprendra peut-\u00eatre pas beaucoup mais puisse-t-elle au moins \u00e0 tes yeux justifier mon exc\u00e8s d&rsquo;enthousiasme.<br \/>\nLe plus fort, mon vieux, dans cette histoire, c&rsquo;est que ce ne sont pas des ch\u00e2teaux en Espagne. Tout est r\u00e9gl\u00e9 et d\u00e9cid\u00e9 maintenant. L&rsquo;administration consid\u00e8re notre organisation avec sympathie.<br \/>\nEt l\u00e0-dessus, P\u00e2ques approche \u00e0 grand pas. Dans trois semaines, le samedi de la sortie, c&rsquo;est justement le banquet de Kh\u00e2gne. Ainsi, je ne rentrerai pas chez moi le samedi soir mais le dimanche matin (?)<\/i><\/p>\n<p><em>Que te dirais-je encore de neuf ? Je suis all\u00e9 mardi dernier \u00e0 la piscine municipale qui est magnifique (d\u00e9cid\u00e9ment tout est magnifique !). Je me promets d&rsquo;y retourner chaque semaine.<\/em><br \/>\n<em> J&rsquo;aime \u00e0 constater que tu prends ton boulot du bon c\u00f4t\u00e9. Le bac approche avec une rapidit\u00e9 foudroyante n&rsquo;est-ce pas? D\u00e9j\u00e0, sans doute, la constitution des dossiers vous donne des petites \u00e9motions ?<\/em><br \/>\n<em> A bient\u00f4t<\/em><br \/>\n<em> Bien \u00e0 toi<\/em><br \/>\n<em> Georges<\/em><br \/>\n<em> Saluts amicaux \u00e0 ta famille.<\/em><\/p>\n<a class=\"wpsal-anchor\" name=\"apprentissage-musique\" id=\"apprentissage-musique\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Apprentissage de la Musique<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quand on pense que cette lettre a \u00e9t\u00e9 \u00e9crite en 1936 o\u00f9 on ne connaissait pas les moyens modernes qui nous permettent de mieux appr\u00e9cier la musique : 33 Tours, C.D, modulation de fr\u00e9quence (F.M.), que l&rsquo;\u00e9coute se faisait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, comme le dit Georges avec un \u00ab\u00a0phonographe\u00a0\u00bb et des disques 78 tours, on imagine en effet quel enthousiasme il fallait pour r\u00e9aliser ce qu&rsquo;il d\u00e9crit.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est Georges qui m&rsquo;a conduit aux go\u00fbts artistiques qui embellissent la vie, c&rsquo;est lui qui m&rsquo;amena aux cours de l&rsquo;Harmonie Municipale de Brest, o\u00f9 j&rsquo;ai d&rsquo;abord appris le solf\u00e8ge, puis \u00e0 jouer du saxophone et \u00e0 participer aux diff\u00e9rents concerts que l&rsquo;Harmonie donnait sur les places de la ville : place Gu\u00e9rin, place Sanquer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce saxo me fut bien utile pour gagner quelque argent de poche. Je me souviens d&rsquo;une sortie \u00e0 Belle-lsle-en-Terre, dans les C\u00f4tes-du-Nord ; nous \u00e9tions partis sept musiciens, tous issus de l&rsquo;Harmonie Municipale, avec \u00e0 la t\u00eate un trompettiste de talent, nomm\u00e9 Houbart. Nous y sommes rest\u00e9s trois jours, pour animer la f\u00eate locale. C&rsquo;\u00e9tait en juillet 1939 et au retour sur Brest, nous discutions des nuages qui s&rsquo;amoncelaient d\u00e9j\u00e0 sur le front de la Paix. En effet, deux mois plus tard, c&rsquo;\u00e9tait la guerre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Encore un souvenir qui me revient. En 1937, Georges et moi \u00e9tions partis \u00e0 Paris. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;exposition Universelle. Nous avions d\u00e9cid\u00e9 un soir, de nous rendre \u00e0 l&rsquo;Op\u00e9ra o\u00f9 \u00e9tait donn\u00e9e en concert la Neuvi\u00e8me Symphonie avec ch\u0153urs de Beethoven. Impossible de rentrer dans la salle, nous n&rsquo;avions pas la tenue ad\u00e9quate. Grande fut notre d\u00e9ception d&rsquo;apprendre qu&rsquo;une telle soir\u00e9e \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e \u00e0 une \u00ab\u00a0\u00e9lite\u00a0\u00bb bien habill\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"annees-de-lycee\" id=\"annees-de-lycee\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Les ann\u00e9es de Lyc\u00e9e<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est donc sur les conseils de Georges que je d\u00e9cidai d&rsquo;entrer au Lyc\u00e9e de Brest. Je n&rsquo;y \u00e9tais pas pr\u00e9par\u00e9 et n&rsquo;avais jamais song\u00e9 \u00e0 cette \u00e9ventualit\u00e9. Pourtant, muni d&rsquo;une Bourse d&rsquo;externe surveill\u00e9, &#8211; de plus, les \u00e9tudes au Lyc\u00e9e devenant gratuites en 1931 -, il n&rsquo;y avait pas \u00e0 h\u00e9siter.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en octobre 1931, je franchissais la porte du \u00ab\u00a0Petit Lyc\u00e9e\u00a0\u00bb, rue D&rsquo;Aiguillon, dont le directeur \u00e9tait un Faouiste, Monsieur Joseph Lavenant<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Situ\u00e9 en plein c\u0153ur de la ville, le Lyc\u00e9e de gar\u00e7ons occupait un vaste complexe de b\u00e2timents r\u00e9partis de part et d&rsquo;autre de la rue Voltaire entre la rue Jean Mac\u00e9 et la rue d&rsquo;Aiguillon. Ancien couvent, il se composait de plusieurs hautes constructions de trois \u00e9tages d&rsquo;aspect s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1751\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/pg1-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Petit Lyc\u00e9e, auquel on acc\u00e9dait par la rue d&rsquo;Aiguillon face \u00e0 la cit\u00e9 d&rsquo;Antin, s&rsquo;\u00e9tendait jusqu&rsquo;au Cours d&rsquo;Ajot qu&rsquo;il dominait d&rsquo;une terrasse sur\u00e9lev\u00e9e, am\u00e9nag\u00e9e en cours de r\u00e9cr\u00e9ation sans d\u00e9bouch\u00e9 s&rsquo;articulant autour de deux autres petites cours sans v\u00e9g\u00e9tation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;entr\u00e9e du Grand Lyc\u00e9e, plus ancien, se faisait rue Voltaire par un portail donnant acc\u00e8s \u00e0 une cour d&rsquo;honneur exigu\u00eb entour\u00e9e de galeries \u00e0 arcades, plant\u00e9e en son milieu d&rsquo;un araucaria et garnie sur une face d&rsquo;une glycine dont les fleurs mauves \u00e9taient au printemps le seul \u00e9galement de cette ambiance aust\u00e8re.<br \/>\nDe part et d&rsquo;autre de ce \u00ab\u00a0point central\u00a0\u00bb, des couloirs conduisaient \u00e0 trois cours : celles des \u00ab\u00a0grands\u00a0\u00bb et celle de<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">la pr\u00e9paratoire \u00e0 Saint-Cyr du c\u00f4t\u00e9 de la rue Jean Mac\u00e9. Les classes, d&rsquo;un acc\u00e8s commode, s&rsquo;ouvraient directement sur les galeries o\u00f9 de larges couloirs \u00e9taient correctement \u00e9clair\u00e9s sur l&rsquo;ext\u00e9rieur, mais tout y \u00e9tait demeur\u00e9 sommaire et m\u00eame v\u00e9tust\u00e9, certains locaux restant encore dispos\u00e9s en gradins avec un simple mobilier de bancs et de longues tables \u00e9troites.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;hiver, les locaux \u00e9taient simplement chauff\u00e9s au moyen de po\u00eales-canons Godin plac\u00e9s au milieu des salles et dont le long tuyau s&rsquo;\u00e9chappait au dehors par une ouverture m\u00e9nag\u00e9e dans la fen\u00eatre : chaque matin, un agent du Lyc\u00e9e venait allumer et remplir ces po\u00eales.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On pouvait accomplir une scolarit\u00e9 compl\u00e8te dans ce Lyc\u00e9e en commen\u00e7ant par les classes \u00e9l\u00e9mentaires de dixi\u00e8me, neuvi\u00e8me, huiti\u00e8me, septi\u00e8me, en poursuivant par des \u00e9tudes secondaires partag\u00e9es entre un premier cycle (sixi\u00e8me, cinqui\u00e8me, quatri\u00e8me, troisi\u00e8me) et un second cycle (seconde, premi\u00e8re. Philosophie ou Math\u00e9matiques El\u00e9mentaires), au-del\u00e0 desquels s&rsquo;ouvraient les deux classes pr\u00e9paratoires \u00e0 Navale et \u00e0 Saint-Cyr.<br \/>\nLes enseignements d\u00e9finis par les programmes de 1931 se r\u00e9partissaient entre trois fili\u00e8res : A (Fran\u00e7ais, Latin, Grec), A&rsquo; (Fran\u00e7ais, Latin, Sciences) la plus suivie, B (Fran\u00e7ais, Sciences, Langues).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette classification pr\u00e9sentait l&rsquo;inconv\u00e9nient de privil\u00e9gier les mati\u00e8res dot\u00e9es d&rsquo;\u00e9preuves \u00e9crites et de forts coefficients aux examens (Philosophie, Fran\u00e7ais, Latin, Grec, Math\u00e9matiques, Histoire et G\u00e9ographie, Physique et Chimie) au d\u00e9triment de celles qui pouvaient para\u00eetre secondaires ou qui n&rsquo;apparaissaient que dans certaines sections : tel \u00e9tait notamment le cas des Langues vivantes r\u00e9duites \u00e0 l&rsquo;anglais (tr\u00e8s majoritairement enseign\u00e9), \u00e0 l&rsquo;allemand et \u00e0 un peu d&rsquo;espagnol.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1932, en face de treize professeurs de lettres, le Lyc\u00e9e n&rsquo;en comptait que six d&rsquo;anglais, un seul d&rsquo;allemand et un seul d&rsquo;espagnol. Cette formation avait par contre l&rsquo;avantage de concentrer l&rsquo;enseignement sur un petit nombre de mati\u00e8res \u00e0 r\u00e9flexion plut\u00f4t que de le disperser sur une masse de connaissances diffuses.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La population scolaire du Petit et du Grand Lyc\u00e9e \u00e9tait importante et croissante : de mille \u00e0 douze cents dont un bon tiers de pensionnaires originaires de l&rsquo;agglom\u00e9ration brestoise, de la presqu&rsquo;\u00eele de Crozon (appel\u00e9e \u00ab\u00a0l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la mer\u00a0\u00bb) et de l&rsquo;ensemble du L\u00e9on. La fr\u00e9quentation du Lyc\u00e9e en 1931 ne r\u00e9pondait pas aux m\u00eames crit\u00e8res qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui. On n&rsquo;allait pas au Lyc\u00e9e pour devenir gendarme, comptable, commer\u00e7ant ou instituteur (il y avait pour ce dernier emploi l&rsquo;Ecole Normale \u00e0 Quimper). Il y avait \u00e0 Brest d&rsquo;excellentes formations sp\u00e9cialis\u00e9es pour conduire \u00e0 ces m\u00e9tiers.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00e9cole Primaire sup\u00e9rieure (l&rsquo;E.P.S.), qui jouxtait le Lyc\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de la place Wilson, assurait avec le Brevet et une \u00e9ducation professionnelle tr\u00e8s correcte des d\u00e9bouch\u00e9s honorables.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Entraient au Lyc\u00e9e des enfants qui avaient l&rsquo;ambition d&rsquo;acc\u00e9der par la suite \u00e0 des \u00e9tudes sup\u00e9rieures, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;atteindre le niveau d&rsquo;exigence des Facult\u00e9s (les plus proches \u00e9tant celles de Rennes) ou des grandes \u00c9coles. L&rsquo;existence \u00e0 Brest des trois classes pr\u00e9paratoires \u00e0 Navale, \u00e0 Saint-Cyr et plus tardivement \u00e0 l&rsquo;Ecole Coloniale affirmait cette vocation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Lyc\u00e9e \u00e9tait donc consid\u00e9r\u00e9 comme un lieu de passage aussi bref que possible : quand on pouvait \u00ab\u00a0sauter\u00a0\u00bb une classe on en profitait all\u00e8grement, aboutissant \u00e0 l&rsquo;obtention du dipl\u00f4me du Baccalaur\u00e9at (en deux parties) qui vous ouvrait les portes de l&rsquo;Enseignement Sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ce qui explique qu&rsquo;un seul Lyc\u00e9e \u00e9tait suffisant pour l&rsquo;agglom\u00e9ration Brestoise. La contrainte qu&rsquo;imposaient \u00e0 un grand nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves examens et concours donnait \u00e0 la scolarit\u00e9 un caract\u00e8re de gravit\u00e9 aust\u00e8re qui ne convenait pas \u00e0 tous et qui cr\u00e9ait des tensions qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas toujours facile d&rsquo;\u00e9viter. Il r\u00e9gnait dans ce Lyc\u00e9e une domination masculine : tous les enseignants \u00e9taient des hommes et il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves f\u00e9minins (sauf quelques tr\u00e8s rares exceptions d&rsquo;externes en Math\u00e9matiques \u00e9l\u00e9mentaires : on les appelait les \u00ab\u00a0Matheuses\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Elles venaient du Lyc\u00e9e de Jeunes Filles suivre certains cours : il n&rsquo;y avait que la rue Jean Mac\u00e9 \u00e0 traverser.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La richesse des effectifs entra\u00eenait l&rsquo;existence de classes tr\u00e8s charg\u00e9es avoisinant les quarante \u00e9l\u00e8ves (sans parler des deux classes pr\u00e9paratoires \u00e0 Navale et \u00e0 Saint-Cyr qui atteignaient la cinquantaine). Elle imposait aussi le maintien d&rsquo;une discipline relativement stricte : le Conseil de Discipline, fr\u00e9quemment r\u00e9uni, mettait \u00e0 la porte temporairement ou m\u00eame d\u00e9finitivement, \u00e0 peu pr\u00e8s un \u00e9l\u00e8ve par semaine, ce qui ne faisait somme toute que moins d&rsquo;une trentaine par ann\u00e9e scolaire, pour des motifs g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9s \u00e0 des incidents survenus \u00e0 l&rsquo;internat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette rigueur provoquait parfois des cons\u00e9quences savoureuses : un \u00e9l\u00e8ve de grande classe ayant grossi\u00e8rement trait\u00e9 son professeur de \u00ab\u00a0vieux c..\u00a0\u00bb s&rsquo;\u00e9tait vu exclu de l&rsquo;\u00e9tablissement, sanction dont la gravit\u00e9 exigeait l&rsquo;aval de l&rsquo;autorit\u00e9 acad\u00e9mique de Rennes. Or, celle-ci renvoya le proc\u00e8s-verbal de la s\u00e9ance du Conseil de Discipline en demandant de pr\u00e9ciser la nature des deux lettres remplac\u00e9es par des points.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le corps professoral, en grande partie form\u00e9 d&rsquo;agr\u00e9g\u00e9s, \u00e9tait compos\u00e9 de deux \u00e9l\u00e9ments : un solide bastion d&rsquo;enseignants chevronn\u00e9s qui avaient d\u00e9cid\u00e9 de faire carri\u00e8re dans ce Lyc\u00e9e, bien int\u00e9gr\u00e9s au mode de vie brestois et \u00e0 ses habitudes, ainsi qu&rsquo;au caract\u00e8re de la population scolaire : tels \u00e9taient les Auffret (sur lequel je reviendrai), Foulon, Fremin, Gardinier, Grange, Guilcher, Lautrou, Lozach, les fr\u00e8res Lhostis (l&rsquo;un \u00e9tait professeur de physique, l&rsquo;autre r\u00e9p\u00e9titeur de l&rsquo;\u00e9tude surveill\u00e9e de treize heures trente \u00e0 quatorze heures trente, que j&rsquo;\u00e9tais tenu de suivre \u00e0 cause de ma bourse), Messager, Muzet, Nicolas, Surirey, au Grand Lyc\u00e9e, mais aussi les professeurs du Petit Lyc\u00e9e : Guillerm, Ricordel sans oublier le sympathique directeur de ce dernier : Joseph Lavenant, tous formaient une solide armature domin\u00e9e par la forte personnalit\u00e9 du professeur Edmond Soufflet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Leur anciennet\u00e9 et leurs qualit\u00e9s p\u00e9dagogiques leur conf\u00e9raient une relative ind\u00e9pendance de comportement vis-\u00e0-vis de l&rsquo;autorit\u00e9 administrative du Proviseur. Ils b\u00e9n\u00e9ficiaient en outre d&rsquo;une notori\u00e9t\u00e9 flatteuse dans la ville o\u00f9 certains \u00e9taient m\u00eal\u00e9s aux activit\u00e9s politiques et culturelles. C&rsquo;\u00e9tait le cas de Soufflet, Foulon, Messager et de trois autres : Rabardel, Hamon et Nemo sur lesquels je donnerai plus de d\u00e9tails.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le second \u00e9l\u00e9ment du personnel enseignant \u00e9tait compos\u00e9 de jeunes professeurs, plus ou moins d\u00e9butants, venus passer un an ou deux dans ce Lyc\u00e9e renomm\u00e9 avant d&rsquo;atteindre l&rsquo;\u00e9tablissement convoit\u00e9 d&rsquo;une ville de Facult\u00e9 ou de Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Dans la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e9da la guerre de 1939-1945, les \u00e9v\u00e9nements politiques r\u00e9sonnaient \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Lyc\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"front-populaire\" id=\"front-populaire\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>1936 : Le Front Populaire<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1936, arm\u00e9e de la victoire de la gauche aux \u00e9lections l\u00e9gislatives. Mon p\u00e8re, adh\u00e9rent au Parti Socialiste (S.F.I.O.) et \u00e0 la C.G.T., m&rsquo;avait communiqu\u00e9 sa joie de la victoire du Front Populaire. J&rsquo;arrivai au Lyc\u00e9e, le lundi matin, tout heureux et parlai autour de moi de ce succ\u00e8s des forces de gauche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me vis, apostroph\u00e9 par plusieurs \u00e9l\u00e8ves, \u00e9tonn\u00e9s de ma satisfaction et qui eux, au contraire, faisaient plut\u00f4t triste mine. Il est vrai que, fils de notaires, m\u00e9decins, commer\u00e7ants, etc&#8230;, ils ne pouvaient comprendre la joie d&rsquo;un fils d&rsquo;ouvrier de l&rsquo;arsenal, produit plut\u00f4t rare dans le Lyc\u00e9e d&rsquo;avant-guerre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"accords-munich\" id=\"accords-munich\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>1938 : Les Accords de Munich<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1938, ann\u00e9e de la signature des funestes accords de Munich entre Chamberlain, Daladier et Hitler qui livraient la Tch\u00e9coslovaquie \u00e0 l&rsquo;Allemagne. Je me souviens de la vision des actualit\u00e9s cin\u00e9matographiques de l&rsquo;\u00e9poque. C&rsquo;\u00e9tait au cin\u00e9ma Armor \u00e0 Recouvrance. Je revois encore, Neville Chamberlain et Edouard Daladier descendre de l&rsquo;avion qui les ramenait de Munich et Daladier affirmant, ayant \u00e0 peine mis les pieds \u00e0 terre : \u00ab Nous avons sauv\u00e9 la Paix pour une g\u00e9n\u00e9ration !!! \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les \u00e9l\u00e8ves de la classe de Navale au Lyc\u00e9e se souviendront longtemps de la d\u00e9claration de leur professeur d&rsquo;histoire, lors de son discours inaugural de la rentr\u00e9e de 1938, apr\u00e8s ces accords de Munich : \u00ab Messieurs, l&rsquo;ann\u00e9e prochaine vous aurez la guerre. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"distribution-prix\" id=\"distribution-prix\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Distribution des prix<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Chaque ann\u00e9e, aux alentours du 12 juillet, c&rsquo;\u00e9tait la distribution solennelle des Prix, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e en grande pompe dans la salle des F\u00eates de la Brestoise (soci\u00e9t\u00e9 de gymnastique), en pr\u00e9sence des autorit\u00e9s civiles et militaires sous la Pr\u00e9sidence traditionnelle du Pr\u00e9fet Maritime, qui, suivi du corps professoral en robe, ouvrait la s\u00e9ance aux accents de la Marseillaise jou\u00e9e par la Musique de la Flotte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer en public les nombreux succ\u00e8s remport\u00e9s dans les divers examens et concours et surtout de remettre les prix d&rsquo;honneur et de multiples volumes de prix aux meilleurs \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"vie-lycee-brest\" id=\"vie-lycee-brest\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><strong>Ma vie au Lyc\u00e9e de Brest<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme je l&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 signal\u00e9, les \u00e9tudes dans les Lyc\u00e9es \u00e9taient payantes jusqu&rsquo;en 1931. Cela tombait bien pour mes parents et moi, car avec la bourse \u00ab\u00a0d&rsquo;externe surveill\u00e9\u00a0\u00bb, mes \u00e9tudes secondaires (a part un certain nombre de fournitures) ne co\u00fbteraient rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A onze ans, quand on entre au Lyc\u00e9e dans les conditions de l&rsquo;\u00e9poque et qu&rsquo;on est fils d&rsquo;ouvrier, on est un peu d\u00e9sarm\u00e9 devant les choix propos\u00e9s. \u00c0 la question pos\u00e9e \u00ab quelle fili\u00e8re choisissez,vous ? \u00bb, A ou B. c&rsquo;est vraiment, au hasard, que ma r\u00e9ponse fut B.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1931, le choix \u00e9tait simple : B, fili\u00e8re scientifique ; A, fili\u00e8re litt\u00e9raire avec grec et A&rsquo; avec latin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant choisi la fili\u00e8re B, j&rsquo;allais le regretter par la suite, mais les d\u00e9s \u00e9taient jet\u00e9s. \u00c9tant donn\u00e9 mon parcours ult\u00e9rieur dans l&rsquo;enseignement, la fili\u00e8re A m&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 plus utile et convenait mieux \u00e0 mon temp\u00e9rament.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1755\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic3-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-1752 aligncenter\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic2-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De m\u00eame pour le choix d&rsquo;une deuxi\u00e8me langue : allemand ou espagnol ; ce fut l&rsquo;espagnol qui fut choisi, toujours au jug\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s mon entr\u00e9e au \u00ab\u00a0Petit Lyc\u00e9e\u00a0\u00bb et pendant les huit ann\u00e9es que dur\u00e8rent mes \u00e9tudes, j&rsquo;allais m&rsquo;astreindre \u00e0 parcourir quatre fois par jour, \u00e0 pied, le trajet de la rue Le Guen de K\u00e9rangall au fin fond de Recouvrance \u00e0 la rue Voltaire, \u00e0 proximit\u00e9 du cours d&rsquo;Ajot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les cours finissaient \u00e0 midi et du fait de ma position \u00ab\u00a0d&rsquo;externe surveill\u00e9\u00a0\u00bb je devais \u00eatre de retour au Lyc\u00e9e \u00e0 treize heures trente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De treize heures trente \u00e0 quatorze heures, c&rsquo;\u00e9tait la demi-heure obligatoire d&rsquo;\u00e9tude pour b\u00e9n\u00e9ficier de la bourse. Je me souviens du r\u00e9p\u00e9titeur de cette \u00e9tude, un brave homme, Monsieur L&rsquo;Hostis qui avait par ailleurs un fr\u00e8re que j&rsquo;eus comme professeur de Physique au \u00ab\u00a0Grand Lyc\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dire que le laps de temps pour d\u00e9jeuner \u00e0 midi \u00e9tait tr\u00e8s court. Il en \u00e9tait de m\u00eame pour mon p\u00e8re qui travaillait \u00e0 l&rsquo;arsenal. La cons\u00e9quence, en ce qui me concerne, fut l&rsquo;habitude prise de manger vite, ce qui \u00e9tonnait plus d&rsquo;un, quand, par la suite, j&rsquo;\u00e9tais au restaurant avec des amis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ici, j&rsquo;ai plaisir \u00e0 noter que, pour \u00e9chapper \u00e0 cette \u00ab\u00a0\u00e9tude surveill\u00e9e\u00a0\u00bb, je profitais parfois de l&rsquo;existence du pont tournant, appel\u00e9 le \u00ab\u00a0grand pont\u00a0\u00bb par contraste avec le pont Gueydon, le \u00ab\u00a0petit pont\u00a0\u00bb, situ\u00e9 en contre-bas. Ces ponts reliaient Recouvrance \u00e0 Brest.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ouvrir le pont \u00e9tait une man\u0153uvre laborieuse et longue. Ce travail \u00e9tait confi\u00e9 aux \u00ab\u00a0v\u00e9t\u00e9rans\u00a0\u00bb de la Marine Nationale qui sortaient des grosses perches des entrailles du Pont et les enfourchaient dans des m\u00e9canismes mis en place en m\u00eame temps, et \u00ab\u00a0vire au Cabestan\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les v\u00e9t\u00e9rans tournaient en rond en poussant sur leurs perches. Le pont s&rsquo;ouvrait par le milieu, laissant le passage aux navires. Il fallait ensuite le refermer, ce qui prenait encore beaucoup de temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans notre cerveau de Lyc\u00e9en, nous trouvions cela un peu archa\u00efque et nous r\u00eavions d&rsquo;un proc\u00e9d\u00e9 plus moderne. La guerre est pass\u00e9e par l\u00e0, c&rsquo;est chose faite maintenant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je profitais de cette ouverture du Grand Pont quand cela tombait \u00e0 l&rsquo;heure de rentr\u00e9e au Lyc\u00e9e pour \u00e9chapper \u00e0 l&rsquo;\u00e9tude de treize heures trente.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour expliquer le retard il fallait passer au bureau du surveillant g\u00e9n\u00e9ral : Monsieur Mauviel, appel\u00e9 \u00ab\u00a0Pisse-Raide\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le passage du \u00ab\u00a0Petit Lyc\u00e9e\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0Grand Lyc\u00e9e\u00a0\u00bb, de la rue d&rsquo;Aiguillon \u00e0 la rue Voltaire, \u00e9tait pour nous un \u00e9v\u00e9nement important. Nous avions d\u00e9j\u00e0 des \u00e9chos qui nous parvenaient de la vie au \u00ab\u00a0Grand Lyc\u00e9e\u00a0\u00bb. Nous savions que tel professeur \u00e9tait craint, que d&rsquo;autres se faisaient chahuter. On parlait beaucoup, par exemple, d&rsquo;un professeur de fran\u00e7ais qui s&rsquo;appelait Monsieur Auffret, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Fil \u00e0 Voile\u00a0\u00bb. Nous \u00e9tions pr\u00e9venus qu&rsquo;en arrivant dans sa classe, il fallait observer pendant une demi-heure un silence absolu, mais au premier coup de la demi-heure de l&rsquo;horloge de l&rsquo;\u00e9tablissement, qui \u00e9tait tr\u00e8s sonore, le chahut devait se d\u00e9clencher au grand dam de \u00ab\u00a0Fil \u00e0 Voile\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et c&rsquo;\u00e9tait ainsi chaque ann\u00e9e (Je poss\u00e8de une photo, prise en classe par un certain Repars, o\u00f9 l&rsquo;on voit \u00ab\u00a0Fil \u00e0 Voile\u00a0\u00bb \u00e0 son bureau).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J&rsquo;ai travaill\u00e9 dur dans ce Lyc\u00e9e et j&rsquo;ai r\u00e9ussi chaque ann\u00e9e \u00e0 d\u00e9passer la moyenne, ce qui m&rsquo;a \u00e9vit\u00e9 de redoubler et m&rsquo;a permis d&rsquo;arriver normalement \u00e0 17 ans \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du Baccalaur\u00e9at premi\u00e8re partie, \u00e0 l&rsquo;issue de la classe de Premi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ayant pass\u00e9 cette premi\u00e8re partie avec succ\u00e8s je pouvais aller en terminale, c&rsquo;est-\u00e0-dire la classe de Math\u00e9matiques El\u00e9mentaires, dite \u00ab\u00a0Math\u00e9lem\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette classe admettait quelques jeunes filles venues du Lyc\u00e9e f\u00e9minin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce fut une ann\u00e9e difficile. J&rsquo;arrivai en juillet 1938 \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve du Baccalaur\u00e9at de Math\u00e9matiques El\u00e9mentaires. J&rsquo;avais trouv\u00e9 ma composition m\u00e9diocre. Cependant me rendant au Lyc\u00e9e de la rue Voltaire pour prendre connaissance des r\u00e9sultats qui y \u00e9taient affich\u00e9s, je vis mon nom sur la liste ! Je rentrai tout heureux en informer mes parents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lendemain matin, une autre surprise, d\u00e9sagr\u00e9able celle-l\u00e0, m&rsquo;attendait. Mon p\u00e8re, la \u00ab\u00a0D\u00e9p\u00eache de Brest\u00a0\u00bb \u00e0 la main, me r\u00e9veilla en disant qu&rsquo;il ne voyait pas mon nom sur la liste des admissibles. Rapidement, je me rendis au Lyc\u00e9e. Effectivement sur la liste de la veille mon nom \u00e9tait barr\u00e9 ; il y avait eu une erreur d&rsquo;homonymie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Force me fut de redoubler la classe de Math\u00e9matiques. En juillet 1939, j&rsquo;avais enfin mon Baccalaur\u00e9at complet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 cette \u00e9poque, l&rsquo;oral se passait \u00e0 Rennes. Il n&rsquo;y avait pas d&rsquo;universit\u00e9 \u00e0 Brest. T\u00f4t le matin, c&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9part, par train. Durant le voyage, nous avions le temps d&rsquo;imaginer les questions qu&rsquo;on pourrait nous poser. L&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 Rennes, l&rsquo;attente le long de la Vilaine, devant les b\u00e2timents froids et s\u00e9v\u00e8res des Facult\u00e9s, tout cela nous angoissait \u00e9norm\u00e9ment. Venaient les interrogations, devant des professeurs que nous ne connaissions pas et qui nous impressionnaient d&rsquo;autant plus.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir, apr\u00e8s l&rsquo;annonce des r\u00e9sultats, c&rsquo;\u00e9tait la joie, les d\u00e9fil\u00e9s dans les rues de Rennes, les bol\u00e9es de cidre (\u00e0 0,50 Franc) dans les estaminets avant de reprendre le train pour Brest, avec au c\u0153ur la h\u00e2te d&rsquo;informer les parents.<\/p>\n<a class=\"wpsal-anchor\" name=\"souvenirs-profs-lycee\" id=\"souvenirs-profs-lycee\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Souvenirs de quelques professeurs\u00a0du lyc\u00e9e de Brest<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Guillaume Messager<\/b> :\u00a0Militant socialiste \u00e0 Brest, Guillaume Messager s&rsquo;est beaucoup impliqu\u00e9 dans la vie de la Cit\u00e9. Dans son Parti (S.F.I.O.), il s&rsquo;est montr\u00e9 tr\u00e8s unitaire avec le Parti Communiste qu&rsquo;il a souvent critiqu\u00e9, mais aux moments difficiles il a toujours pr\u00f4n\u00e9 l&rsquo;alliance PS-PC qu&rsquo;il assurait \u00eatre la seule tactique efficace. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 1935, il se prononce fermement pour cette alliance aux \u00c9lections Municipales, ce qui lui vaut au second tour, d&rsquo;\u00eatre un des trois \u00e9lus de gauche du Conseil Municipal de Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En f\u00e9vrier 1940, Guillaume Messager t\u00e9moigne de son inqui\u00e9tude sur la fa\u00e7on dont est men\u00e9e la guerre contre l&rsquo;Allemagne. Il rejoindra la R\u00e9sistance et fera partie de la d\u00e9l\u00e9gation sp\u00e9ciale qui administrera Brest au lendemain de la Lib\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Charles Foulon\u00a0: <\/b>\u00e9galement militant socialiste \u00e0 Brest, Charles Foulon \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Marseille le 19 ao\u00fbt 1912. Je l&rsquo;ai connu comme professeur de Fran\u00e7ais au Lyc\u00e9e o\u00f9 il exer\u00e7a de 1933 a 1941. (Il avait dans ce m\u00eame Lyc\u00e9e, un fr\u00e8re, professeur de gymnastique).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il \u00e9tait entr\u00e9 au Parti Socialiste (S.F.I.O.) en 1934, secr\u00e9taire des jeunesses Socialistes de 1935 a 1940. Il milita \u00e9galement au sein de la Ligue des Droits de l&rsquo;Homme dont il fut, un temps, tr\u00e9sorier d\u00e9partemental.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">R\u00e9sistant dans les rangs de \u00ab\u00a0Lib\u00e9ration Nord\u00a0\u00bb, il fut incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 Angers et Fresnes en 1942. Lib\u00e9r\u00e9, faute de preuves, il revint dans le Finist\u00e8re au maquis de Scrignac o\u00f9 sa femme \u00e9tait infirmi\u00e8re. Membre fondateur du premier P.S.U. (pas celui de Rocard), il milita de 1948 \u00e0 1960.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme Guillaume Messager, Charles Foulon fut \u00e0 Brest un des socialistes les plus unitaires. Il se fit estimer des militants ouvriers qui eurent \u00e0 le conna\u00eetre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Rennes le 13 f\u00e9vrier 1997 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 84 ans.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Louis Rabardel <\/b>:\u00a0N\u00e9 en 1911 dans les C\u00f4tes-du-Nord, Louis Rabardel \u00e9tait issu d&rsquo;une famille de militants qui comptait parmi les fondateurs du Parti Communiste Fran\u00e7ais dans ce d\u00e9partement.<br \/>\nIl arrive comme professeur au Lyc\u00e9e de Brest en 1935 o\u00f9 il adh\u00e8re \u00e0 la cellule locale et devient rapidement secr\u00e9taire brestois du mouvement \u00ab\u00a0Paix et Libert\u00e9\u00a0\u00bb, grand mouvement pacifiste de l&rsquo;\u00e9poque.<br \/>\nLouis Rabardel a \u00e9t\u00e9 un des organisateurs des grandes manifestations du Front Populaire en 1936 puis celles du 14 juillet 1937, 1938 et surtout la derni\u00e8re, le 14 juillet 1939 \u00e0 laquelle j&rsquo;ai particip\u00e9, et qui apr\u00e8s quelques h\u00e9sitations, (nous \u00e9tions peu nombreux au d\u00e9part), s&rsquo;\u00e9branla pour descendre la rue Jean Jaur\u00e8s jusqu&rsquo;\u00e0 la place Wilson. En cours de route, les ind\u00e9cis sur les trottoirs s&rsquo;\u00e9taient joints aux manifestants. Sur le rebord du kiosque \u00e0 musique, Louis Rabardel prit la parole pour f\u00e9liciter ceux qui avaient eu le courage de participer au d\u00e9fil\u00e9.<br \/>\nJe me souviens encore de lui, quand au moment de la guerre d&rsquo;Espagne, juch\u00e9 sur un muretin, pr\u00e8s de la grande Poste, sur les Glacis, il exhortait les Brestois \u00e0 se mobiliser pour soutenir la R\u00e9publique espagnole et d\u00e9noncer la \u00ab\u00a0non intervention\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Louis Rabardel participa activement \u00e0 la R\u00e9sistance et finit comme lieutenant-colonel F.T.P.<br \/>\nIl \u00e9pousa la fille d&rsquo;un d\u00e9put\u00e9 socialiste allemand. Heinrich Koenig, r\u00e9fugi\u00e9 dans le Lot-et-Garonne et qui participa lui aussi \u00e0 la R\u00e9sistance, qui fut arr\u00eat\u00e9 par la police fran\u00e7aise, livr\u00e9 aux Allemands et mourut sous la torture \u00e0 Bochum, sa ville natale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, Louis Rabardel, professa au Lyc\u00e9e Condorcet \u00e0 Paris.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Marcel Hamon <\/b>:\u00a0N\u00e9 le 14 avril 1908 \u00e0 Plufur, dans les C\u00f4tes-du-Nord lui aussi, Marcel Hamon est arriv\u00e9 au Lyc\u00e9e de Brest en octobre 1930 comme r\u00e9p\u00e9titeur. Il adh\u00e8re au Parti Communiste Fran\u00e7ais en janvier 1934. Apr\u00e8s un court passage \u00e0 Pantin d&rsquo;octobre 1934, \u00e0 octobre 1935, il revient \u00e0 Brest comme professeur de fran\u00e7ais. J&rsquo;ai suivi ses cours pendant un an. Je me souviens de lui comme d&rsquo;un professeur exigeant sur le plan du travail.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Entr\u00e9 dans la R\u00e9sistance, Marcel Hamon \u00e9tait connu sous le nom de \u00ab\u00a0Colonel Courtois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, il est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 des C\u00f4tes-du-Nord de 1945 \u00e0 1951, puis de 1956 \u00e0 1958. Il fut aussi Maire Communiste de Plestin-les-Gr\u00e8ves et conseiller g\u00e9n\u00e9ral des C\u00f4tes-du-Nord.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Louis Nemo <\/b>:\u00a0Pendant un an, j&rsquo;ai eu comme professeur d&rsquo;anglais ce Nemo. Je me souviens d&rsquo;un professeur assez effac\u00e9 et se faisant passablement chahuter.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce que je ne savais pas, c&rsquo;est qu&rsquo;il faisait partie du mouvement autonomiste breton \u00ab\u00a0Breiz Atao\u00a0\u00bb ce qui l&rsquo;amena \u00e0 produire des pamphlets violemment antis\u00e9mites et \u00e0 collaborer activement avec les nazis. Il prit le nom de Roparz Hemon. je poss\u00e8de toujours la Grammaire Bretonne \u00e9crite par lui sous ce pseudonyme, \u00e9dit\u00e9e en 1941 par Skridou Breizh (Grammaire tr\u00e8s bien faite par ailleurs). \u00c0 la Lib\u00e9ration il partit en Irlande o\u00f9 il mourut en 1978. Il est enterr\u00e9 \u00e0 Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"entree-educ-nat\" id=\"entree-educ-nat\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Entr\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9ducation nationale<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je savais qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;issue du Baccalaur\u00e9at, un certain nombre de Lyc\u00e9ens ne pouvant aller en Facult\u00e9 \u00e0 Rennes, pr\u00e9f\u00e9raient passer dans la foul\u00e9e des concours administratifs : contributions, douanes etc&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1938, c&rsquo;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 possible pour moi. Mais h\u00e9las, en septembre 1939, c&rsquo;\u00e9tait la guerre et les concours \u00e9taient supprim\u00e9s. Alors, que faire ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il se trouvait que, par suite de la mobilisation, des postes devenaient disponibles dans l&rsquo;enseignement. Je me r\u00e9solus donc \u00e0 faire une demande \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En date du 14 octobre 1939, je recevais une d\u00e9l\u00e9gation pour assurer un service d&rsquo;int\u00e9rimaire, \u00e0 partir du 16 octobre, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Primaire de gar\u00e7ons de Concarneau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Que faire dans une classe de cours moyen, avec son Baccalaur\u00e9at en poche, mais sans aucune pr\u00e9paration \u00e0 ce m\u00e9tier d\u00e9licat de p\u00e9dagogue. J&rsquo;\u00e9tais entr\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9ducation nationale comme on s&rsquo;engage dans la Marine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e0 Concarneau que j&rsquo;allais toucher, \u00e0 la Perception, mon premier traitement d&rsquo;Instituteur : 763 francs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s quelques jours pass\u00e9s \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, j&rsquo;allais avoir une chance inou\u00efe. Le directeur de l&rsquo;\u00e9cole primaire, pour m&rsquo;aider, me sugg\u00e9ra d&rsquo;accepter une place de surveillant au coll\u00e8ge. Apr\u00e8s quelques \u00e9tudes surveill\u00e9es le soir (il y avait un pensionnat), je pouvais b\u00e9n\u00e9ficier de la nourriture et du coucher, ce qui me faisait une \u00e9conomie s\u00e9rieuse. J&rsquo;acceptai, bien entendu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">H\u00e9las, cette chance n&rsquo;allait pas durer. J&rsquo;\u00e9tais int\u00e9rimaire et, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique pouvait vous \u00ab\u00a0balader\u00a0\u00bb d&rsquo;un bout du d\u00e9partement \u00e0 l&rsquo;autre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En date du 25 novembre 1939, je recevais une note tr\u00e8s courte : \u00ab par n\u00e9cessit\u00e9 de service, je suis dans l&rsquo;obligation de vous relever de vos fonctions d&rsquo;int\u00e9rimaire \u00e0 Concarneau. Ci-joint une nouvelle nomination.\u00bb Un nouveau poste m&rsquo;\u00e9tait d\u00e9sign\u00e9 : Le Tr\u00e9voux. C&rsquo;\u00e9tait tout pr\u00e8s de Quimperl\u00e9, ce qui m&rsquo;\u00e9loignait encore plus de Brest. J&rsquo;allais y enseigner du 26 novembre 1939 au 9 mai 1940.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je trouvai au Tr\u00e9voux une pension bien agr\u00e9able, pas ch\u00e8re o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais soign\u00e9 \u00ab\u00a0aux petits oignons\u00a0\u00bb. Je me souviens que la dame qui la tenait, faisait office de pr\u00e9pos\u00e9 aux P. T. T.. Pendant l&rsquo;hiver, j&rsquo;avais attrap\u00e9 une bonne grippe ; elle m&rsquo;apportait le soir une infusion bien chaude.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant l\u00e0 encore, mon s\u00e9jour allait \u00eatre de courte dur\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En date du 9 mai 1940, je recevais de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique, une nouvelle nomination pour le Cours Compl\u00e9mentaire de Plogoff, charg\u00e9 de l&rsquo;enseignement des Maths. J&rsquo;allais conna\u00eetre \u00e0 Plogoff, une belle parenth\u00e8se. J&rsquo;\u00e9tais tout pr\u00e8s de la pointe du Raz et je m&rsquo;y rendais souvent pour admirer le coucher du soleil. Je connus \u00e0 Plogoff ma premi\u00e8re aventure f\u00e9minine et j&rsquo;en garde un bon souvenir. C&rsquo;\u00e9tait la s\u0153ur d&rsquo;un de mes \u00e9l\u00e8ves. Il y eut un prolongement inattendu. Alors que j&rsquo;\u00e9tais mobilis\u00e9 \u00e0 La Rochelle, je re\u00e7us une lettre qu&rsquo;elle m&rsquo;exp\u00e9diait de La Turballe, en Loire Inf\u00e9rieure ; c&rsquo;\u00e9tait le 3 juillet 1940. J&rsquo;ai connu Plogoff sans courant \u00e9lectrique, je faisais mes corrections, dans ma chambre d&rsquo;h\u00f4tel, \u00e0 la lampe \u00e0 p\u00e9trole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e0 Plogoff que j&rsquo;ai re\u00e7u mon ordre de mobilisation qui m&rsquo;amena sur le coup de midi \u00e0 boire avec quelques amis et pour la premi\u00e8re fois un pernod.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je regagnai Brest d&rsquo;o\u00f9 je partais le 9 juin pour rejoindre La Rochelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De juin 1940, \u00e0 janvier 1941, j&rsquo;ai not\u00e9 sur un vieux carnet, dont une partie avait servi \u00e0 prendre des r\u00e9sum\u00e9s de cours de maths du temps o\u00f9 j&rsquo;\u00e9tais \u00e9lev\u00e9 au Lyc\u00e8e de Brest, les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de mon p\u00e9riple \u00e0 travers la France.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;en donne ici un r\u00e9sum\u00e9, et je tiens surtout \u00e0 relater un \u00e9v\u00e9nement tragique survenu dans la nuit du 6 au 7 octobre 1940.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"40-mobilisation\" id=\"40-mobilisation\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Juin 1940 &#8211; Mobilisation<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Parti de Brest par le train de deux heures quarante, j&rsquo;arrivais \u00e0 La Rochelle \u00e0 seize heures quarante. Nous \u00e9tions plusieurs appel\u00e9s dans ce train. Accueillis \u00e0 la gare, nous f\u00fbmes conduits directement \u00e0 la caserne Mangin. Nous sommes rest\u00e9s cinq jours avec nos habits civils avec lesquels nous allions creuser des tranch\u00e9es sous l&rsquo;\u0153il \u00e9tonn\u00e9 des passants. Ce n&rsquo;est que le 14 juin que nous furent remis : calot, souliers, treillis. La vie va se d\u00e9rouler, monotone, entrecoup\u00e9e d&rsquo;alertes, de nuits pass\u00e9es dans les tranch\u00e9es, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e des Allemands, le dimanche 23 juin 1940. Six jours avant, le 17 juin, attabl\u00e9s \u00e0 un caf\u00e9 de La Rochelle, nous avions entendu, \u00e0 douze heures trente, le Mar\u00e9chal P\u00e9tain, annoncer d&rsquo;une voix tremblante l&rsquo;Armistice, et nous avons vu pleurer autour de nous des soldats venant du Front.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faut dire que nous, jeunes appel\u00e9s, nous \u00e9tions d\u00e9sempar\u00e9s, livr\u00e9s \u00e0 nous-m\u00eames, les officiers ayant disparu dans la tourmente.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous sommes rest\u00e9s dix-huit jours prisonniers des Allemands. Nos camarades casern\u00e9s \u00e0 Saint-Nazaire et faits prisonniers, sont partis pour l&rsquo;Allemagne. Notre sort fut plus heureux car le mercredi 10 juillet \u00e0 trois heures du matin ce fut l&#8217;embarquement dans des camions allemands qui nous v\u00e9hicul\u00e8rent jusqu&rsquo;\u00e0 Roumazi\u00e8res en Dordogne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De douze heures trente \u00e0 vingt trois heures, un train nous amena dans un coin perdu entre Sarlat et P\u00e9rigueux. Nous \u00e9tions vers\u00e9s dans les chantiers de jeunesse de P\u00e9tain. C&rsquo;est en Dordogne que je fis la connaissance de Daniel Trellu avec qui j&rsquo;ai v\u00e9cu pas mal d&rsquo;aventures par la suite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous sommes rest\u00e9s en Dordogne jusqu&rsquo;au samedi 14 septembre, date \u00e0 laquelle, \u00e0 nouveau un train nous fit traverser la France pour nous rendre dans l&rsquo;Ain. Passant Bourg-en-Bresse, c&rsquo;est dans la petite commune de Simandre-sur-Suran qu&rsquo;on nous installa, d&rsquo;abord dans une \u00e9cole, puis dans un camp \u00e9loign\u00e9 du bourg.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous \u00e9tions cinq Brestois. Avec moi, il y avait : Claude Le Goff, fils de commer\u00e7ants qui tenaient le magasin de tissus \u00ab\u00a0Le Goff-Breton\u00a0\u00bb de la rue Jean-Jaur\u00e8s, Alain Le Gall, Emile Philippot qui jouait au foot \u00e0 la L\u00e9gion Saint-Pierre, Jo Qu\u00e9ran de l&rsquo;Etoile Saint-Laurent. Claude Le Goff, ayant fait de vagues \u00e9tudes de m\u00e9decine \u00e0 Rennes, devint chef-infirmier et me d\u00e9signa comme adjoint. Daniel Trellu \u00e9tait devenu chef des \u00e9curies. Football, th\u00e9\u00e2tre, musique \u00e9taient nos occupations favorites. Cependant un drame terrible venait endeuiller notre s\u00e9jour dans le chantier de jeunesse num\u00e9ro 3 dans la nuit du 6 au 7 octobre 1940.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"6-oct-40\" id=\"6-oct-40\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 align=\"CENTER\"><strong>Dimanche 6 octobre 1940<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce matin, deux \u00e9quipes de sixte s&rsquo;en vont pour Saint-Etienne-du-Bois. je pars avec elles emportant quelques m\u00e9dicaments. Pris le train jusqu&rsquo;\u00e0 tknirg-En-Bresse et de l\u00e0, conduits en camion jusqu&rsquo;\u00e0 Saint-Etienne-du-Bois.<br \/>\nPas de veine au tournoi. Notre \u00e9quipe A se fait battre 2 \u00e0 1 apr\u00e8s prolongation, par le vainqueur du tournoi. Notre \u00e9quipe B, avec un bon premier match 5 \u00e0 0, subit un \u00e9chec 3 \u00e0 1 devant l&rsquo;autre finaliste.<a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1754\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic4-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00eenons apr\u00e8s ces matchs \u00e0 Saint-\u00c9tienne. Nous nous amusons tr\u00e8s gentiment et repartons sur le coup de dix heures \u00e0 pied, (pas d&rsquo;autres moyens de locomotion), vers Simandre, \u00e0 douze ou treize kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Marchons d&rsquo;un bon pas jusque non loin de Treffort o\u00f9 nous nous reposons dans une ferme, d&rsquo;autant plus que certains avaient mal aux pieds.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Or, c&rsquo;est ici que commence le drame. Le fermier nous offre un tas de paille sur lequel nous montons illico pour nous coucher et, aussit\u00f4t allong\u00e9s, pour nous endormir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"7-oct-40\" id=\"7-oct-40\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Lundi 7 octobre 1940<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le lendemain matin, cinq heures trente. Le Goff nous r\u00e9veille afin de partir au plus t\u00f4t pour Simandre. Mais ici, un fait, qui restera grav\u00e9 dans ma m\u00e9moire, va tous nous confondre. En effet, Quenard, qui \u00e9tait descendu un des premiers, nous lance ce cri, \u00e0 nous qui \u00e9tions toujours en haut : \u00ab Maleyrot est mort !\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Maleyrot dormait avec nous sur le tas de paille. Il est tomb\u00e9 dans son sommeil et est mort avec le \u00ab\u00a0coup du lapin\u00a0\u00bb, son cou ayant heurt\u00e9 violemment un timon de charrette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Maleyrot \u00e9tait le goal de l&rsquo;\u00e9quipe A, un camarade sympathique et costaud. Mais nous nous contentions de sourire, croyant que ce brave Quenard se trompait. Nous ne pouvions croire \u00e0 une telle mort, ayant \u00e9t\u00e9 toute la journ\u00e9e avec Maleyrot. Nous descend\u00eemes cependant et nous constat\u00e2mes qu&rsquo;en effet ses mains et son visage \u00e9taient froids.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous le conduis\u00eemes au plus vite \u00e0 la ferme, berc\u00e9s par un espoir, car son corps \u00e9tait encore ti\u00e8de.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">L\u00e0 nous le d\u00e9shabill\u00e2mes, le frictionnant, pour tenter, comme des fous, de le ramener \u00e0 la vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">H\u00e9las, rien n&rsquo;y faisait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">En fin de compte, nous part\u00eemes chercher le m\u00e9decin de Treffort qui mit fin \u00e0 tous nos espoirs en nous disant qu&rsquo;en effet, Maleyrot \u00e9tait bien mort.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Quel coup ! Le Goff resta pr\u00e8s du corps. On pr\u00e9vint les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes et nous repr\u00eemes tristement, sans un mot, le chemin de Simandre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le soir, le corps de Maleyrot arrivait, d\u00e9j\u00e0 en bi\u00e8re. Son cercueil \u00e9tait install\u00e9 dans l&rsquo;infirmerie, recouvert du drapeau national. Et tous, nous d\u00e9fil\u00e2mes devant Jacques Maleyrot qui nous avait quitt\u00e9s pour toujours.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Dans ces notes de \u00ab\u00a0guerre\u00a0\u00bb, il manque \u00e9videmment beaucoup d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements qui me sont revenus en m\u00e9moire par la suite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">En arrivant \u00e0 la caserne Mangin \u00e0 La Rochelle, il nous fut impos\u00e9 une \u00e9preuve de connaissances comme au certificat d&rsquo;\u00e9tudes :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Une dict\u00e9e, une r\u00e9daction (lors de votre arriv\u00e9e, vous avez rencontr\u00e9 un train de r\u00e9fugi\u00e9s. Dites vos impressions. R\u00e9solutions) et quatre op\u00e9rations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00c9preuve que je fus amen\u00e9 \u00e0 corriger par la suite avec d&rsquo;autres coll\u00e8gues.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">De ce que ma m\u00e9moire a retenu, quelques faits qui m&rsquo;ont particuli\u00e8rement frapp\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Il faut croire qu&rsquo;\u00eatre Instituteur en juin 1940 n&rsquo;\u00e9tait pas une situation particuli\u00e8rement bien vue des officiers ou sous-officiers de la caserne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Au premier \u00ab\u00a0interrogatoire\u00ab d&rsquo;un mar\u00e9chal des logis sur le degr\u00e9 de nos connaissances le dialogue suivant s&rsquo;installa Quels sont vos dipl\u00f4mes ? Avez-vous le certificat d&rsquo;\u00e9tudes ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Ma r\u00e9ponse :\u00a0\u00a0 Non.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00c9tonnement du sous-officier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">&#8211; Qu&rsquo;avez-vous alors ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">&#8211; Le baccalaur\u00e9at. (Je venais d&rsquo;\u00eatre re\u00e7u en juin 1939 et je pr\u00e9cisais que je venais de faire quelques mois d&rsquo;enseignement).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Est-ce le m\u00eame \u00ab\u00a0margi\u00a0\u00bb qui vint un soir dans la chambre demander si quelqu&rsquo;un connaissait l&rsquo;anglais<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Bien entendu, je me d\u00e9clarai, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;ayant v\u00e9cu quelques semaines \u00e0 Brest avec des Ecossais fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s dans la ville et que l&rsquo;on rencontrait le soir dans les bistrots de la rue de Siam, je parlais assez correctement cette langue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je croyais que c&rsquo;\u00e9tait pour la bonne cause ; nous \u00e9tions \u00e0 la veille de la grande d\u00e9b\u00e2cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le lendemain matin, on m&rsquo;exp\u00e9diait aux \u00e9curies nettoyer autour des chevaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Heureusement pour moi, des camarades de chambr\u00e9e, paysans bretons venus avec moi \u00e0 la \u00ab\u00a0corv\u00e9e\u00a0\u00bb, me dirent, voyant ma crainte d&rsquo;approcher des chevaux, de rester tranquille et qu&rsquo;ils feraient le boulot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je n&rsquo;avais pas oubli\u00e9 cette \u00ab\u00a0vexation\u00a0\u00bb, quand, le 20 juillet 1940, en Dordogne, on fit appel \u00e0 quelqu&rsquo;un connaissant l&rsquo;espagnol. J&rsquo;h\u00e9sitais avant de me prononcer. Cette fois-l\u00e0 ce fut pour effectuer un bon travail avec les r\u00e9fugi\u00e9s espagnols charg\u00e9s du ravitaillement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le 27 juin 1940, jour o\u00f9 les Allemands sont venus prendre les armes au d\u00e9p\u00f4t, cela m&rsquo;a rappel\u00e9 les soldats arrivant du \u00ab\u00a0front\u00a0\u00bb avec des chaussures us\u00e9es, rafistol\u00e9es et demandant en \u00e9change une paire neuve avant de continuer la route et \u00e0 qui il \u00e9tait r\u00e9pondu invariablement \u00ab non \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Les Allemands, eux, en ouvrant le magasin, embarqu\u00e8rent dans leurs camions : armes, chaussures, v\u00eatements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"passage-ligne\" id=\"passage-ligne\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Passage de la ligne de d\u00e9marcation<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Janvier 1941<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est la fin de la p\u00e9riode des \u00ab\u00a0Chantiers de Jeunesse\u00a0\u00bb pour les appel\u00e9s de juin 1940. C&rsquo;est le retour \u00ab\u00a0r\u00e9gulier\u00a0\u00bb vers les familles de zone occup\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Pas pour tous, puisque Daniel Trellu (rencontr\u00e9 en Dordogne et qui deviendra lieutenant-Colonel Chevalier dans la r\u00e9sistance) et moi, nous d\u00e9cidons de rester dans ce camp de Simandre-sur-Suran o\u00f9 nous avions v\u00e9cu quatre mois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Daniel est instituteur, sorti de l&rsquo;Ecole Normale de Quimper ; j&rsquo;ai commenc\u00e9 des suppl\u00e9ances dans l&rsquo;enseignement en septembre 1939 (\u00e0 Concarneau, Le Tr\u00e9voux et Plogoff).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous demandons \u00e0 partir pour le Maroc avec l&rsquo;espoir d&rsquo;y enseigner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Seuls, dans les baraques en bois du camp, ayant pour unique occupation les soins aux chevaux, nous attendons les r\u00e9ponses \u00e0 nos demandes de postes d&rsquo;enseignants au Maroc. Elles nous parviennent rapidement. Un poste d&rsquo;instituteur au Maroc, c&rsquo;est possible, mais il faut attendre la rentr\u00e9e de septembre. C&rsquo;est un peu long. N&#8217;emp\u00eache, on se d\u00e9brouillera d&rsquo;ici l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est alors qu&rsquo;intervient un \u00e9v\u00e9nement qui bouleversera nos plans.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le jeune fr\u00e8re de Daniel, (qui p\u00e9rira plus tard, comme aviateur pendant la guerre), arrive de Quimper. Il vient lui demander de revenir dans le Finist\u00e8re pour \u00ab\u00a0raisons familiales\u00a0\u00bb. Daniel se laisse convaincre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Mais retourner en zone occup\u00e9e : Comment ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous ne sommes plus en r\u00e8gle, nous n&rsquo;avons pas de laissez-passer. Le jeune fr\u00e8re nous rassure. Il a bien franchi la ligne de d\u00e9marcation, clandestinement, de zone occup\u00e9e en zone libre. Nous repasserons par le m\u00eame chemin.<br \/>\nCe chemin se situe dans le d\u00e9partement de la Haute-Vienne. Il a \u00e9t\u00e9 jalonn\u00e9 par un brave cur\u00e9 de campagne : le cur\u00e9 de Ch\u00e2tain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous d\u00e9cidons de quitter Simandre au petit matin, de passer par Lyon (on y vendait des corbeaux sur la place du march\u00e9), et de regagner la commune de La Geneytouze, \u00e0 la limite de la ligne de d\u00e9marcation.<a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1756\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic5-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le cur\u00e9 de Ch\u00e2tain a fait admettre aux Occupants qu&rsquo;il administre deux paroisses, et qu&rsquo;il est dans l&rsquo;obligation de franchir la ligne chaque jour ou presque, pour servir ses paroissiens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Et c&rsquo;est ainsi qu&rsquo;il fait passer, presque quotidiennement, de zone occup\u00e9e en zone libre, ceux et celles qui fuient l&rsquo;Occupation allemande. Et aussi du courrier (mais j&rsquo;en parlerai plus loin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous voil\u00e0 donc \u00e0 La Geneytouze. Nous rencontrons quelques paysans qui nous dissuadent de vouloir franchir la ligne. D&rsquo;apr\u00e8s eux, la surveillance se renforce, les Allemands sont de plus en plus m\u00e9fiants et organisent de nombreuses patrouilles avec chiens policiers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Un peu inquiets tout de m\u00eame, nous entrons dans le caf\u00e9 du village. L\u00e0-bas, au loin, nous avons aper\u00e7u, tout au bout de la route nationale, le poste de contr\u00f4le des Allemands. Plus pr\u00e8s de nous, celui de la gendarmerie fran\u00e7aise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Au comptoir du caf\u00e9, le cur\u00e9 de Ch\u00e2tain est l\u00e0, en soutane, avec des jeunes qui viennent de franchir la ligne, gr\u00e2ce \u00e0 lui. Reconnaissant le fr\u00e8re de Daniel, il nous rassure de suite : \u00ab Ce soir, vous coucherez en zone occup\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Tout \u00e0 coup surgit un capitaine de gendarmerie fran\u00e7ais. Il vient droit \u00e0 notre abb\u00e9 et lui murmure \u00e0 l&rsquo;oreille<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Vous pouvez y aller. La patrouille vient d&rsquo;avoir lieu. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Sans attendre, nous nous mettons en route, bien entendu par un chemin diff\u00e9rent de la Nationale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Passant devant un poste de contr\u00f4le fran\u00e7ais sur ce r\u00e9seau secondaire, nous b\u00e9n\u00e9ficions d&rsquo;un amical salut des gendarmes. Sit\u00f4t pass\u00e9 le poste, le cur\u00e9 nous confie :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Nous sommes dans le \u00ab\u00a0No man&rsquo;s land\u00a0\u00bb. Si nous sommes pris ici, notre compte est bon. Un seul ennui aujourd&rsquo;hui et cela va nous retarder : je suis venu \u00e0 pied et j&rsquo;ai un certain nombre de paroissiens auxquels j&rsquo;ai promis de rendre visite.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Il faut savoir qu&rsquo;ordinairement, le cur\u00e9 de Ch\u00e2tain circulait en 201 Peugeot, ce qui lui faisait gagner du temps. Et surtout lui permettait de passer du courrier dans les deux sens.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Bref, de ferme en ferme, et apr\u00e8s avoir bu quelques verres de \u00ab\u00a0remontant\u00a0\u00bb, nous voil\u00e0, \u00e0 la nuit tombante, tout pr\u00e8s d&rsquo;une rivi\u00e8re enjamb\u00e9e par un petit pont de bois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Du lieu ou nous nous trouvons, le cur\u00e9 nous dit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00ab Vous voyez, ce pont ; vous allez longer cette prairie et passer le pont. Une fois franchi, vous serez en zone occup\u00e9e, vous trouverez asile dans la premi\u00e8re ferme sur votre droite. Quant \u00e0 moi, je vais continuer ma route et passer devant le poste allemand qui se trouve au-del\u00e0 du sommet de cette c\u00f4te. Nous nous reverrons demain matin, si tout se passe bien \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Et tout s&rsquo;est bien pass\u00e9. Ce soir-l\u00e0, nous avons couch\u00e9 dans la ferme au-del\u00e0 du pont. C&rsquo;est comme si nous y \u00e9tions attendus : un bon civet de lapin, des draps bien frais dans un excellent lit. Et un sommeil r\u00e9parateur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le lendemain matin, fid\u00e8le \u00e0 sa promesse, le cur\u00e9 \u00e9tait parmi nous, nous proposant de passer \u00e0 son presbyt\u00e8re avant de reprendre la route vers la gare la plus proche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le presbyt\u00e8re de Ch\u00e2tain, en cette matin\u00e9e de janvier 1941 !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je revois encore la grande salle donnant sur la cour o\u00f9 d\u00e9ambulaient les officiers allemands.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Un jeune homme s&rsquo;affairait dans cette salle \u00e0 ouvrir les enveloppes adress\u00e9es \u00e0 \u00ab\u00a0Monsieur le Cur\u00e9 de Ch\u00e2tain\u00a0\u00bb. A l&rsquo;int\u00e9rieur, une autre enveloppe avec une adresse en zone libre et parfois un billet de banque pour le cur\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je dis pourtant \u00e0 mes correspondants de ne pas mettre d&rsquo;argent ! \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est cette correspondance que le cur\u00e9 passait en fraude sous le ch\u00e2ssis de sa voiture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Un verre de vin blanc pour trinquer et l&rsquo;abb\u00e9 nous presse de quitter au plus vite la commune. Nous repartons, \u00e0 pied, en direction de la gare, distante de quelques kilom\u00e8tres.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Mais voil\u00e0, l&rsquo;ami Daniel avait dans le secteur, un camarade d&rsquo;\u00c9cole Normale. Il fallait bien aller le voir, d&rsquo;o\u00f9 une visite impr\u00e9vue \u00e0 ce camarade et un retard in\u00e9vitable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s avoir repris des forces, gr\u00e2ce \u00e0 un bon casse-cro\u00fbte, nous nous retrouvons \u00e0 nouveau sur la route.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Soudain, un bruit de moteur, nous nous retournons :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">c&rsquo;\u00e9tait la 201 du cur\u00e9 de Ch\u00e2tain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00ab Vous \u00eates encore l\u00e0. Grimpez dans la voiture et d\u00e9gageons au plus vite. Les Allemands se doutent de quelque chose. Une descente a eu lieu ce matin \u00e0 la poste de Ch\u00e2tain. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;homme \u00e9tait visiblement inquiet. Il nous conduisit rapidement \u00e0 la gare. Direction : Poitiers, Le Mans, La Bretagne.<br \/>\nQu&rsquo;est devenu le cur\u00e9 de Ch\u00e2tain ? Le d\u00e9partement de la Haute-Vienne en a-t-il gard\u00e9 le souvenir ?<br \/>\nAutant de questions que je me pose encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"conclu-episode\" id=\"conclu-episode\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>En guise de conclusion\u00a0sur cet \u00e9pisode de Simandre-sur-Suran<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les 7 et 8 juillet 1972, se tenait \u00e0 Bourg-en-Bresse, l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement. J&rsquo;y participais en tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques du Finist\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 8 juillet dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, j&rsquo;abandonnais l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale pour un \u00ab\u00a0p\u00e8lerinage\u00a0\u00bb \u00e0 Simandre-sur-Suran. Je prenais le train \u00e0 la gare de Bourg-en-Bresse qui me permit de descendre \u00e0 la halte de Simandre. Il n&rsquo;y avait plus la gare classique que nous avions bien connue durant l&rsquo;hiver 1940-1941, avec son sympathique chef. Mais une simple halte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quittant la halte, je suivais la rue principale qui me menait au restaurant Tissot, l\u00e0 o\u00f9 Claude Le Goff, lors de son arriv\u00e9e d&rsquo;argent frais de Lyon, nous offrait, aux cinq Brestois, un repas qui nous changeait de l&rsquo;ordinaire de la roulante.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faisait chaud. J&rsquo;avais soif. Je commandais une bi\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A la jeune serveuse, je demandai si Monsieur Tissot \u00e9tait toujours le propri\u00e9taire du restaurant. Elle me r\u00e9pondit que oui et alla chercher son patron.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout \u00e9tonn\u00e9 de trouver l\u00e0, venu de Brest, un ancien du chantier de Jeunesse de Simandre, ce brave Monsieur Tissot eut les larmes aux yeux au r\u00e9cit de nos souvenirs communs. Il se rappelait bien l&rsquo;\u00e9quipe de football, lui qui \u00e9tait un ardent supporter et qui avait pr\u00eat\u00e9 un terrain pour la pratique de ce sport, de Claude Le Goff qui lui rendait, apr\u00e8s la guerre, de temps en temps, quelques visites. En repartant, apr\u00e8s cet \u00e9mouvant contact, je me rendais jusqu&rsquo;\u00e0 l&#8217;emplacement de ce qui fut notre chantier de Jeunesse. J&rsquo;y reconnaissais quelques signes et notamment quelques traces de dalles en ciment, soubassements de nos baraques.<a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1758\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic6-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a>N&rsquo;ayant aucune id\u00e9e des horaires des trains devant me ramener \u00e0 Bourg-en-Bresse, je d\u00e9cidais de repartir \u00e0 pied.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faisait de plus en plus chaud. Je tombai la veste. J&rsquo;\u00e9tais heureux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Par la d\u00e9partementale 98, je rejoignais la d\u00e9partementale 936, (voir la ligne rouge sur la carte). Les gens travaillaient dans les champs, je les saluais au passage.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;\u00e9tais loin de l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de la Ligue de l&rsquo;Enseignement o\u00f9, \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, le Pr\u00e9sident Faure soutenait une motion qui soulevait, je le sus \u00e0 mon arriv\u00e9e, pas mal de passions.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Arrivant sur la d\u00e9partementale 936, je commen\u00e7ais \u00e0 me sentir \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit dans mes souliers. Mes pieds s&rsquo;\u00e9chauffaient, d&rsquo;autant plus que la route \u00e9troite et la circulation dense m&rsquo;obligeaient \u00e0 marcher sur la berme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;aurais bien voulu trouver un automobiliste compatissant et voil\u00e0&#8230; le hasard fait bien les choses.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sortant d&rsquo;un champ, une 4CV s&rsquo;arr\u00eate, un homme en sort. Me voyant tra\u00eener la jambe, il se propose de me conduire \u00e0 Bourg-en-Bresse o\u00f9 il se rend lui-m\u00eame.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et, curieuse co\u00efncidence, c&rsquo;\u00e9tait lui aussi un ancien des chantiers de jeunesse de 1940-1941. Lorrain, il \u00e9tait rest\u00e9 dans la r\u00e9gion, s&rsquo;\u00e9tant mari\u00e9 \u00e0 une Bressane.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Que de souvenirs \u00e0 \u00e9voquer en commun, tout cela devant une bonne bi\u00e8re qui me r\u00e9compensait de cette longue marche qui laissa incr\u00e9dules les camarades de la Ligue de l&rsquo;Enseignement, que je retrouvais attabl\u00e9s \u00e0 la terrasse d&rsquo;un caf\u00e9, \u00e0 l&rsquo;issue de l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"41-retour-brest\" id=\"41-retour-brest\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Janvier 1941 : Retour \u00e0 Brest<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s avoir franchi la ligne de d\u00e9marcation, zone libre-zone occup\u00e9e, en Haute-Vienne, Daniel Trellu et moi, nous nous s\u00e9parons \u00e0 la gare du Mans : lui vers Quimper, moi vers Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 Brest se fait dans la joie des parents retrouv\u00e9s. Quelques jours de repos et il me faudra bien penser \u00e0 trouver du travail.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique contact\u00e9e ne peut me reprendre, car je suis toujours suppl\u00e9ant. Que faire ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Par chance, j&rsquo;obtiens quelques tuyaux. Les entreprises fran\u00e7aises se sont \u00ab\u00a0adapt\u00e9es\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;occupation allemande. La firme Bergtcamp est l&rsquo;alliance de l&rsquo;Allemand Berger et du fran\u00e7ais Campenon. Il est possible de s&rsquo;y faire embaucher dans les bureaux situ\u00e9s \u00e0 Laninon, pr\u00e8s de la base sous-marine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Du travail de secr\u00e9tariat, cela me convient. Par des camarades du Lyc\u00e9e d\u00e9j\u00e0 dans la place : Le Page, Plantec, me voil\u00e0 dans un bureau \u00e0 \u00e9tablir les feuilles de paie des ouvriers travaillant dans cette base sous-marine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y avait aussi une restauration dans l&rsquo;entreprise et des femmes y travaillaient. Une d&rsquo;entre elles me plut particuli\u00e8rement par sa gentillesse et son sourire. Elle s&rsquo;appelait Marie Gouez, nous l&rsquo;appelions Mimi et nous e\u00fbmes le bonheur de nous fr\u00e9quenter pendant plusieurs mois.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce bonheur dura jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je d\u00e9couvre dans la \u00ab\u00a0D\u00e9p\u00eache de Brest\u00a0\u00bb l&rsquo;annonce d&rsquo;un concours de \u00ab\u00a0Contr\u00f4leur des douanes\u00a0\u00bb, concours que je n&rsquo;avais pu passer en 1940 \u00e0 cause de la guerre. Je me remets \u00e0 travailler, par correspondance, \u00e0 la maison, pour pr\u00e9parer ce concours que j&rsquo;allais passer \u00e0 Saint-Brieuc. Malheureusement, c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9chec.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette coupure dans ma vie me s\u00e9para un temps de Marie Gouez puis ce fut ma rupture d\u00e9finitive.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Marie avait une amie corse que d\u00e9sirait fr\u00e9quenter Maurice Le Page qui travaillait avec moi \u00e0 l&rsquo;entreprise Bergtcamp et que je connaissais depuis toute ma jeunesse pass\u00e9e \u00e0 Recouvrance.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il nous arrivait de sortir tous les quatre. Un jour, Marie et son amie corse me firent savoir qu&rsquo;elles voulaient continuer \u00e0 me fr\u00e9quenter mais pas Maurice Le Page. Ne voulant pas rompre mon amiti\u00e9 avec ce dernier, je cessais de rencontrer celle pour qui je gardais dans mon coeur tant de pr\u00e9cieux souvenirs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 la suite de l&rsquo;\u00e9chec au concours des Douanes, je me retrouvais \u00e0 nouveau dans un bureau, mais cette fois-ci en pleine ville, rue de Gast\u00e9. Il m&rsquo;arrivait parfois d&rsquo;apercevoir furtivement Marie qui travaillait, elle aussi, non loin de l\u00e0. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas sans \u00e9motion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai appris quelques ann\u00e9es plus tard son d\u00e9c\u00e8s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"42-nouveau-depart\" id=\"42-nouveau-depart\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>1942 &#8211; Nouveau d\u00e9part\u00a0dans l&rsquo;\u00c9ducation Nationale<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je re\u00e7ois de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique une lettre en date du 08\/10\/1942 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je vous serais oblig\u00e9 de bien vouloir me faire conna\u00eetre par retour du courrier si vous \u00eates toujours \u00e0 ma disposition pour exercer des fonctions d&rsquo;enseignement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il me serait possible d\u00e8s maintenant de faire appel \u00e0 vos services. Vous \u00eates toujours inscrit sur notre registre du personnel auxiliaire. Depuis quelle date \u00eates-vous lib\u00e9r\u00e9 du service militaire ?\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;\u00e9tait la bonne nouvelle que j&rsquo;attendais. J&rsquo;acceptais sans h\u00e9siter. Mais je fus dans l&rsquo;obligation de demander un mois de d\u00e9lai, \u00e0 cause du pr\u00e9avis d\u00fb \u00e0 mon employeur. Malgr\u00e9 l&rsquo;insistance de mes \u00ab\u00a0patrons\u00a0\u00bb pour me garder, je quittais un emploi o\u00f9 je gagnais 4000 francs par mois pour retrouver une classe o\u00f9 j&rsquo;atteignais \u00e0 peine 1800 francs, car l\u00e0 \u00e9tait mon avenir ; c&rsquo;est ce que je fis savoir \u00e0 mes employeurs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En date du 3 novembre 1942, ma nomination arrivait pour l&rsquo;\u00e9cole de la Communaut\u00e9 \u00e0 Brest. Il y \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9 que j&rsquo;assurerai le service \u00ab\u00a0provisoirement\u00a0\u00bb en qualit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9rimaire, d\u00e8s que possible et qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une r\u00e9ouverture.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Curieuse co\u00efncidence : j&rsquo;allais retrouver l&rsquo;\u00e9cole o\u00f9 j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 scolaris\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de onze ans, \u00e2ge o\u00f9 je passais le concours des Bourses qui me permettait d&rsquo;entrer au Lyc\u00e9e de Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le \u00ab\u00a0provisoire\u00a0\u00bb dont parlait la convocation de l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie n&rsquo;allait pas durer longtemps.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La classe de fin d&rsquo;\u00e9tudes m&rsquo;\u00e9tait confi\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire la classe des \u00ab\u00a0grands \u00ab\u00a0, et ceci allait avoir une certaine importance pour l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement qui va suivre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"43-bombardements\" id=\"43-bombardements\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1943 &#8211; Bombardements am\u00e9ricains<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous \u00e9tions fin 1942. d\u00e9but 1943 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque ou Brest subissait les bombardements les plus violents des Forteresses Volantes Am\u00e9ricaines. Cela se passait le plus souvent en plein jour. Je revois encore, un beau samedi apr\u00e8s-midi, par la fen\u00eatre grande ouverte, le beau ciel bleu. Et brusquement l&rsquo;alerte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aussit\u00f4t c&rsquo;est le rendez-vous des classes dans 1a cour de l&rsquo;\u00e9cole afin de diriger au plus vite ma\u00eetres et \u00e9l\u00e8ves vers l&rsquo;abri le plus proche. Celui de la rue de la Porte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1759\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic7-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bien entendu d&rsquo;abord les cours pr\u00e9paratoires, puis les cours \u00e9l\u00e9mentaires et les cours moyens. Ma classe \u00e9tait la derni\u00e8re \u00e0 partir. Mais d\u00e9j\u00e0 les bombes pleuvaient, impossible d&rsquo;atteindre la rue de la Porte. Sous cette \u00ab\u00a0pluie de fer et de feu\u00a0\u00bb, je me r\u00e9fugiai avec mes \u00e9l\u00e8ves sous le porche d&rsquo;un charbonnier dans le bas de la rue Vauban, attendant que l&rsquo;orage passe.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ces bombardements am\u00e9ricains me ram\u00e8nent \u00e0 ceux qui, quelques mois auparavant, \u00e9taient l&rsquo;\u0153uvre des aviateurs anglais de la R.A.F. Ils arrivaient, eux, de nuit et visaient en rase-mottes la base sous-marine de Laninon o\u00f9 \u00e9taient les cuirass\u00e9s Scharnhorst et Gneisenau. Ce qui se produisait \u00e9galement \u00e0 la Pointe de l&rsquo;Armorique, o\u00f9, soit les cuirass\u00e9s, soit des leurres, \u00e9taient amarr\u00e9s aux caissons en ciment, mis en place par l&rsquo;organisation Todt, appel\u00e9s \u00ab\u00a0ducs d&rsquo;Albe\u00a0\u00bb, encore visibles aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Rue Le Guen de Kerangall, o\u00f9 j&rsquo;habitais avec mes parents, l&rsquo;abri \u00e9tait tout proche, dans ce que nous appelions la \u00ab\u00a0Poudri\u00e8re\u00a0\u00bb, esp\u00e8ce de monticule sur les remparts de Recouvrance. Il m&rsquo;arrivait parfois, mes parents \u00e9tant \u00e0 l&rsquo;abri, de demeurer \u00e0 ma fen\u00eatre regardant les balles tra\u00e7antes de la DCA allemande : v\u00e9ritable feu d&rsquo;artifice. Je n&rsquo;\u00e9prouvais aucune frayeur, contrairement aux sentiments que j&rsquo;\u00e9prouvais avec mes \u00e9l\u00e8ves au bas de la rue Vauban.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il me souvient qu&rsquo;un jour de bombardement am\u00e9ricain, l&rsquo;alerte ayant \u00e9t\u00e9 d\u00e9clench\u00e9e, ma m\u00e8re et moi nous quittions l&rsquo;appartement de la rue Le Guen de Kerangal! pour nous rendre \u00e0 l&rsquo;abri. A peine l&rsquo;escalier descendu, les bombes pleuvaient. Nous nous serrons dans l&rsquo;encoignure de l&rsquo;entr\u00e9e : \u00ab cette fois-l\u00e0, on va mourir \u00bb, me dit ma m\u00e8re. \u00ab Rassure toi, maman, tant qu&rsquo;on entend le sifflement des bombes, elles ne sont pas pour nous. \u00bb Effectivement, mais quel spectacle dehors : maisons effondr\u00e9es, crat\u00e8res g\u00e9ants. Dans ces conditions, il \u00e9tait impossible de faire fonctionner les \u00e9coles dans Brest. L&rsquo;ordre fut donn\u00e9 d&rsquo;\u00e9vacuer les \u00e9l\u00e8ves vers les \u00e9coles de campagne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous \u00e9tions en f\u00e9vrier. Une note de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique m&rsquo;informait que l&rsquo;\u00e9preuve \u00e9crite du C.A.P. aurait lieu le 11 f\u00e9vrier, de treize heures \u00e0 seize heures, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de la Place Sanquer ; premier pas vers la titularisation et le 18 f\u00e9vrier j&rsquo;\u00e9tais inform\u00e9 que j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 admissible \u00e0 l&rsquo;\u00e9preuve \u00e9crite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Entre temps, j&rsquo;effectuais un remplacement de quinze jours, \u00e0 Kersaint-Plabennec, commune rurale du Nord Finist\u00e8re. Je m&rsquo;y rendais \u00e0 v\u00e9lo, mais \u00e9tant donn\u00e9 la situation, je pr\u00e9f\u00e9rais demeurer la semaine dans la commune. Trouver une chambre \u00e0 Kersaint-Plabennec o\u00f9 l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque n&rsquo;\u00e9tait pas en odeur de saintet\u00e9, n&rsquo;\u00e9tait pas chose facile. Il m&rsquo;\u00e9tait signal\u00e9 que seule une vieille dame osait h\u00e9berger un instituteur la\u00efque, dans cette bourgade o\u00f9 au restaurant, de la salle o\u00f9 je d\u00e9jeunais en solitaire, je voyais les autres convives et les tenanciers r\u00e9citer le b\u00e9n\u00e9dicit\u00e9 avant de manger.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Devant la fr\u00e9quence des bombardements am\u00e9ricains, mes parents ayant une maison au Faou, nous d\u00e9cid\u00e2mes de quitter le num\u00e9ro 4 de la rue Le Guen de Kerangall. C&rsquo;\u00e9tait au d\u00e9but de mars 1943.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"visite-gestapo\" id=\"visite-gestapo\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Visite de la Gestapo<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;appartement de la rue Le Guen de Kerangall !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">II m&rsquo;arrive encore de le revoir en songe, et de me souvenir d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement qui risqua de nous co\u00fbter cher. Un beau matin de 1942, la Gestapo nous y rendit visite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon p\u00e8re travaillait \u00e0 l&rsquo;Arsenal de Brest, face \u00e0 la Pointe des Espagnols. Un samedi, alors que nous l&rsquo;attendions pour souper, il n&rsquo;arriva pas. Je m&rsquo;inqui\u00e9tais pr\u00e8s de son patron, dirigeant une entreprise de peinture. Il me r\u00e9pondit que mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 et incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison de Pontaniou. Il me dit que son cas \u00e9tait assez grave. En tout \u00e9tat de cause, il me signala que j&rsquo;avais int\u00e9r\u00eat, si j&rsquo;avais des documents compromettants, \u00e0 les faire dispara\u00eetre, car il y aurait une enqu\u00eate.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous avions imagin\u00e9 qu&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 pris \u00e9coutant la radio anglaise : c&rsquo;\u00e9tait un de ses \u00ab\u00a0passe-temps\u00a0\u00bb. Il notait les informations sur un petit bout de papier de fa\u00e7on \u00e0 les faire conna\u00eetre autour de lui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En fait, il ne s&rsquo;agissait pas de cela. Au moment de la pause du repas de midi, il s&rsquo;\u00e9tait assis face \u00e0 la rade afin de dessiner ce qu&rsquo;il voyait pour nous montrer ensuite le croquis<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Deux marins allemands remarqu\u00e8rent ce \u00ab\u00a0dessinateur\u00a0\u00bb et le d\u00e9nonc\u00e8rent \u00e0 la police militaire, croyant avoir affaire \u00e0 un espion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut un triste dimanche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le lundi matin, c&rsquo;\u00e9tait effectivement la \u00ab\u00a0descente\u00a0\u00bb de la Gestapo. Une voiture s&rsquo;arr\u00eate devant chez nous, deux hommes au chapeau mou en d\u00e9barquent. Ils proc\u00e8dent \u00e0 une visite compl\u00e8te de l&rsquo;appartement : lits, matelas, fauteuils, cadres retourn\u00e9s, \u00e0 la recherche de documents compromettants. Or, il y en avait : je poss\u00e9dais un certain nombre d&rsquo;ouvrages \u00e9dit\u00e9s par le Parti Communiste Fran\u00e7ais. Tout en n&rsquo;\u00e9tant pas membre du Parti \u00e0 cette \u00e9poque, je les avais achet\u00e9s avant la guerre. Il y avait en particulier \u00ab\u00a0l&rsquo;Histoire du Parti Communiste (bolchevik) de l&rsquo;U.R.S.S.\u00a0\u00bb. J&rsquo;avais pris soin, avant l&rsquo;arriv\u00e9e des policiers, de les camoufler dans la cave, sous une \u00e9paisse couche de charbon.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quelle aurait \u00e9t\u00e9 la suite des \u00e9v\u00e9nements si ces \u00ab\u00a0messieurs\u00a0\u00bb les avaient d\u00e9couverts ? S&rsquo;arr\u00eatant devant une caisse de livres, ils m&rsquo;interrog\u00e8rent sur leur contenu. Ce n&rsquo;\u00e9tait que des ouvrages m&rsquo;ayant servi \u00e0 pr\u00e9parer le Baccalaur\u00e9at. C&rsquo;est ce que je leur expliquai.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma m\u00e8re fut consol\u00e9e quand ils lui dirent que son mari serait lib\u00e9r\u00e9 dans la semaine. Le samedi suivant en effet, mon p\u00e8re \u00e9tait de retour \u00e0 la maison ramenant un morceau de pain noir en souvenir de son passage \u00e0 la prison de Pontaniou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cet \u00e9v\u00e9nement me ram\u00e8ne \u00e0 mon p\u00e8re. Il \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Landivisiau le 18 novembre 1886. Des recherches g\u00e9n\u00e9alogiques m&rsquo;ont amen\u00e9 \u00e0 trouver trace d&rsquo;un arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, Joseph N\u00e9d\u00e9lec, n\u00e9 en 1817 et qui \u00e9tait cultivateur au village de La Poterie en cette ville. Ce dernier avait un fils :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"histoires-famille\" id=\"histoires-famille\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Histoires familiales<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Herv\u00e9 N\u00e9d\u00e9lec, n\u00e9 en 1846. Il avait cinq enfants : Alexandre, Alexis (mon p\u00e8re), Fran\u00e7ois, Marguerite et Ang\u00e8le.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9trange : jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort, mon p\u00e8re m&rsquo;a cach\u00e9 l&rsquo;existence de Fran\u00e7ois, de Marguerite et d&rsquo;Ang\u00e8le.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alexandre et Alexis s&rsquo;\u00e9taient \u00e9tablis au Faou et s&rsquo;\u00e9taient mari\u00e9s avec deux s\u0153urs : Marie Rozuel et Louise Rozuel (ma m\u00e8re). Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s la mort de mon p\u00e8re que j&rsquo;ai d\u00e9couvert, tout \u00e0 fait par hasard, l&rsquo;existence de cet oncle Fran\u00e7ois et de ces deux tantes : Marguerite et Ang\u00e8le, et que j&rsquo;ai repris contact avec un cousin et deux cousines, d\u00e9j\u00e0 vieux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il avait d\u00fb y avoir un drame dans la famille : ce que j&rsquo;ai pu savoir, c&rsquo;est que Ang\u00e8le, la s\u0153ur de mon p\u00e8re, avait un amant et que son mari, un nomm\u00e9 Raoul aurait tu\u00e9 cet amant, \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 au bagne et lib\u00e9r\u00e9 pour s&rsquo;\u00eatre engag\u00e9 dans les guerres coloniales. Va savoir !!<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1760\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic8-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce qui est curieux : ni mon fr\u00e8re Alexis, mon a\u00een\u00e9 de neuf ans, ni mon autre fr\u00e8re Louis, non plus que ma soeur Germaine, plus \u00e2g\u00e9s que moi \u00e9galement, n&rsquo;ont entendu parler de cette \u00e9trange histoire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tr\u00e8s jeunes, Alexis et Louis avaient \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Ecole des Pupilles de la Marine, situ\u00e9e \u00e0 la Villeneuve, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;arsenal de Brest. C&rsquo;\u00e9tait pour mes parents la solution la plus \u00e9conomique pour la continuation de leurs \u00e9tudes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alexis a fait toute sa carri\u00e8re dans la Marine Nationale, gravissant les \u00e9chelons un par un. Il a pris sa retraite avec le grade d&rsquo;officier en chef des \u00e9quipages.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourquoi des \u00e9quipages ? Il y a lieu de faire ici une distinction entre Officier des \u00c9quipages et Officier de Marine. Les premiers, comme mon fr\u00e8re, sortaient du rang. Les seconds, \u00e9taient pass\u00e9s, en g\u00e9n\u00e9ral, par l&rsquo;\u00c9cole Navale, qui fonctionnait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque au-dessus du lieu-dit \u00ab\u00a0Les Quatre Pompes\u00a0\u00bb, au bas de l&rsquo;art\u00e8re appel\u00e9e aujourd&rsquo;hui Avenue de l&rsquo;\u00c9cole Navale. \u00ab\u00a0Exil\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e0 Lanv\u00e9oc Poulmic, cette \u00c9cole continue \u00e0 former les Officiers de Marine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">H\u00e9las, mon fr\u00e8re Alexis ne profita pas longtemps de sa retraite. J&rsquo;appris son d\u00e9c\u00e8s subit en f\u00e9vrier 1975, dans les circonstances suivantes. Ce lundi 3 f\u00e9vrier, je m&rsquo;\u00e9tais rendu avec Andr\u00e9 Le Mercier au studio de la radio bretonne de Brest. Nous avions rendez-vous avec l&rsquo;animateur Fanch Broudig. Andr\u00e9 Le Mercier s&rsquo;appr\u00eatait \u00e0 lancer son association \u00ab\u00a0Skol Vrezoneg Ar Merher\u00a0\u00bb (l&rsquo;Ecole de breton du mercredi).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A peine l&rsquo;\u00e9mission commenc\u00e9e, je distinguai un journaliste du T\u00e9l\u00e9gramme de Brest, Herv\u00e9 Qu\u00e9m\u00e9ner, frappant \u00e0 la vitre du studio et me faisant signe de sortir. Je connaissais bien Herv\u00e9 Qu\u00e9m\u00e9neur et je me demandais ce qu&rsquo;il me voulait. C&rsquo;\u00e9tait pour m&rsquo;annoncer le d\u00e9c\u00e8s de mon fr\u00e8re&#8230; et l&rsquo;\u00e9mission continua sans moi.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon autre fr\u00e8re Louis, apr\u00e8s quinze ans dans la \u00ab\u00a0Royale\u00a0\u00bb, pr\u00e9f\u00e9ra s&rsquo;orienter vers la marine marchande, bourlinguant de port en port.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai conserv\u00e9 une lettre du Directeur de la compagnie du Port de Beyrouth qui lui \u00e9tait adress\u00e9e en date du 30 septembre 1957 et qui dit ceci :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab La direction vous exprime sa satisfaction pour la mani\u00e8re dont vous vous \u00eates port\u00e9 au secours du cargo en d\u00e9tresse \u00ab\u00a0Wilhem Nubel\u00a0\u00bb, le 27 septembre \u00e0 70 miles des c\u00f4tes, l&rsquo;avez rejoint et pris en remorque, puis ramen\u00e9 \u00e0 bon port, le 28 septembre, dans les meilleures conditions et sans incident.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Elle vous f\u00e9licite pour cette op\u00e9ration qui est la premi\u00e8re de ce genre r\u00e9alis\u00e9e dans les annales du port de \u00ab\u00a0Beyrouth\u00a0\u00bb et dont vous avez tout le m\u00e9rite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Elle vous remercie et vous fait remettre \u00e0 cette occasion, une gratification de 500.L.L.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sign\u00e9 Charles BAZIN \u00bb \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 .<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai su \u00e9galement que Louis avait quitt\u00e9 le port de Toulon, pendant la guerre, \u00e0 bord du sous-marin Surcouf.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon fr\u00e8re s&rsquo;\u00e9tait install\u00e9 avec sa famille \u00e0 Toulon, o\u00f9 il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;autre branche de la famille N\u00e9d\u00e9lec, la lign\u00e9e de l&rsquo;oncle Alexandre, qui tenait boutique d&rsquo;artisan peintre au Faou \u00e9tait compos\u00e9e de trois fr\u00e8res : Alexandre, Charles et Georges, le premier eut un destin tragique. Il avait \u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9, nageant dans la rivi\u00e8re du Faou, quand la mar\u00e9e \u00e9tait haute, par le Pr\u00e9sident du Club Nautique Brestois, No\u00ebl Kerdraon. Celui-ci invita mon cousin \u00e0 pratiquer au sein de ce club et Alexandre devint champion de Bretagne du 100 m\u00e8tres brasse et excellent joueur de water-polo.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Durant l&rsquo;occupation allemande, son fr\u00e8re Georges prit la direction du maquis de Hanvec, o\u00f9 il termina commandant F.T.P.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Recherch\u00e9 par la Gestapo, c&rsquo;est son fr\u00e8re Alexandre qui fut finalement arr\u00eat\u00e9 et conduit \u00e0 la Prison du Bouguen \u00e0 Brest, o\u00f9 il disparut \u00e0 partir du 4 avril 1944, probablement fusill\u00e9 par les Allemands au moment de leur d\u00e9b\u00e2cle, quand avan\u00e7aient vers la Bretagne les troupes alli\u00e9es. Le stade de football du Faou porte pour toujours le nom de \u00ab\u00a0Stade Alexandre N\u00e9d\u00e9lec\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"decouverte-radio\" id=\"decouverte-radio\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>D\u00e9couverte de la radio<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Engag\u00e9 dans la marine pendant quinze ans, mon p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 enfant de ch\u0153ur \u00e0 Landivisiau. Il en gardait un amer souvenir, si bien qu&rsquo;il \u00e9tait devenu anticl\u00e9rical farouche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis, devenu ouvrier, il adh\u00e8re \u00e0 la C.G.T. et au Parti Socialiste (S.F. I.O.), participe aux grandes gr\u00e8ves de 1934 et 1936. La guerre venue, il suivait de pr\u00e8s les \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi que le dimanche 22 juin 1941, sur le coup de onze heures du matin, il vient me r\u00e9veiller et m&rsquo;annoncer, avec une joie \u00e9vidente, que l&rsquo;Allemagne venait de d\u00e9clarer la guerre \u00e0 la Russie. Il pressentait que cela allait changer le cours de la guerre, ce en quoi il n&rsquo;avait pas tort. il avait entendu la nouvelle sur son poste de T.S.F, achet\u00e9 en 1937 \u00e0 la Manufacture de Saint-\u00c9tienne. Je revois encore le d\u00e9ballage de ce poste \u00e0 la maison.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma premi\u00e8re \u00e9coute de la radio remonte aux environs de 1930 (j&rsquo;avais dix ans). Cela se passait chez mon oncle Alexandre, artisan peintre au Faou. Il poss\u00e9dait bien avant mon p\u00e8re un poste de T.S.F.. Un soir, invit\u00e9 chez lui avec ma famille, je me suis trouv\u00e9 assis devant ce poste ; je l&rsquo;ai allum\u00e9 et, avec \u00e9merveillement, j&rsquo;ai entendu, en man\u0153uvrant un bouton, d\u00e9filer paroles et musiques. Ce fut un enchantement !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme aujourd&rsquo;hui, un enfant manipule d\u00e8s son plus jeune \u00e2ge magn\u00e9toscope, ordinateur, CD. Tout est relatif.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"nomin-landeleau\" id=\"nomin-landeleau\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>D\u00e9part de Brest\u00a0et nomination \u00e0 Landeleau<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je reviens \u00e0 notre d\u00e9part de Brest pour Le Faou afin de fuir les bombardements am\u00e9ricains. J&rsquo;ignorais absolument o\u00f9 j&rsquo;allais et dans quelles conditions allait se poursuivre ma carri\u00e8re d&rsquo;enseignant, quand, ayant tourn\u00e9 par la rue Laurent Legendre, nous rencontr\u00e2mes le facteur qui vint vers moi et me pr\u00e9senta une lettre de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique. Nous \u00e9tions devant l&rsquo;entr\u00e9e du Patronage La\u00efque de Recouvrance. Afin de prendre connaissance du contenu de la lettre, nous entr\u00e2mes dans le caf\u00e9 du Patro situ\u00e9 juste en face et je lus :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je vous prie de vouloir bien vous rendre \u00e0 Landeleau pour y assurer provisoirement le service en qualit\u00e9 d&rsquo;int\u00e9rimaire \u00e0 partir du (imm\u00e9diatement) en remplacement (cr\u00e9ation nouvelle classe pour les r\u00e9fugi\u00e9s brestois). \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lettre dat\u00e9e du 17 mars 1943. J&rsquo;ignorais totalement o\u00f9 se trouvait cette commune de Landeleau. Je demandai \u00e0 la patronne du caf\u00e9 de me confier l&rsquo;Almanach des P.T.T. et cherchant sur la carte du Finist\u00e8re, je d\u00e9couvris l&#8217;emplacement de Landeleau;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et nous voila repartis pour Le Faou, ne sachant pas vraiment comment j&rsquo;allais pouvoir me rendre dans ce nouveau lieu de r\u00e9sidence, si excentr\u00e9 par rapport \u00e0 Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"faou-landeleau\" id=\"faou-landeleau\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Trajet du Faou \u00e0 Landeleau<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ayant install\u00e9 mes parents dans leur maison, situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du Faou, route de Landerneau, je d\u00e9cidais, au petit matin, de prendre la route, valise en main, pour rejoindre la gare de Quimerc&rsquo;h. Monter \u00e0 pied la c\u00f4te de \u00ab\u00a0Ty Jopic\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas une mince affaire. A l&rsquo;\u00e9poque, le train reliant Brest \u00e0 Quimper s&rsquo;arr\u00eatait \u00e0 toutes les petites gares : Dirinon, Daoulas, Hanvec, Quimerc&rsquo;h.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Descendant \u00e0 Ch\u00e2teaulin, je prenais la ligne qui menait \u00e0 Carhaix. \u00c0 la gare de Sp\u00e9zet-Landeleau, au lieu-dit Pont Triffen, j&rsquo;avais encore une marche \u00e0 pied assez longue pour arriver au bourg de Landeleau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 l&rsquo;entr\u00e9e du bourg, je d\u00e9couvrais l&rsquo;\u00e9glise entour\u00e9e du cimeti\u00e8re et, en contre-bas, un lavoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00e9cole publique se trouvait \u00e0 l&rsquo;autre bout de la commune.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"louis-qu\" id=\"louis-qu\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Un personnage atypique :\u00a0Louis Quelfennec<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;arrivais enfin dans la classe du directeur de l&rsquo;\u00e9cole. Ce qui me frappa tout d&rsquo;abord, ce fut la vue de mes \u00ab\u00a0r\u00e9fugi\u00e9s brestois\u00a0\u00bb d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 depuis quinze jours.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Monsieur Quelfennec, le directeur, me voyant appara\u00eetre, eut cette parole : \u00ab il \u00e9tait temps que tu arrives \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En effet \u00ab\u00a0mes\u00a0\u00bb Brestois, align\u00e9s au fond de la classe, attendaient une issue \u00e0 leur situation, et constituaient \u00e9videmment une charge pour monsieur Quelfennec.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Celui-ci, brave homme, s&rsquo;inqui\u00e9tant de mon sort et apprenant de quelle fa\u00e7on j&rsquo;avais atterri dans sa classe, me conduisit imm\u00e9diatement dans sa cuisine, mit sur la table : pain blanc, beurre, cidre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La vue de ces aliments, notamment du pain blanc, moi qui \u00e9tais habitu\u00e9 au pain noir de Brest, suffit \u00e0 calmer mon app\u00e9tit. J&rsquo;y touchai \u00e0 peine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut ensuite l&rsquo;organisation de mon travail : l&rsquo;installation dans une classe de l&rsquo;\u00e9tablissement, le lieu o\u00f9 je coucherais avec mes \u00e9l\u00e8ves (ils \u00e9taient une vingtaine, d&rsquo;\u00e2ges diff\u00e9rents). Ils s&rsquo;agissait d&rsquo;un appartement \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique des filles, mitoyenne avec l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de filles, un mur s\u00e9parant ces deux \u00e9coles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Monsieur Quelfennec me conduisit au restaurant o\u00f9 je devais prendre mes repas. Il \u00e9tait situ\u00e9 pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise autour de laquelle il y avait, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, le cimeti\u00e8re et un grand lavoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De ce restaurant, on dominait la route d&rsquo;entr\u00e9e dans le bourg. Cette disposition me valut plus tard une grosse \u00e9motion sur laquelle je reviendrai. Les propri\u00e9taires m&rsquo;ayant vu arriver avec ma mallette, avaient cru \u00e0 une visite d&rsquo;un contr\u00f4leur du ravitaillement : pendant cette p\u00e9riode de disette c&rsquo;\u00e9tait un personnage important et peu appr\u00e9ci\u00e9. Ils mirent \u00e0 \u00ab\u00a0l&rsquo;abri\u00a0\u00bb : pain blanc, beurre, viande. Bref, tout ce qui \u00e9tait contingent\u00e9. Ma pr\u00e9sentation avec monsieur Quelfennec les rassura.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce directeur d&rsquo;\u00e9cole \u00e9tait le type m\u00eame de l&rsquo;instituteur rural. Natif du pays, il \u00e9tait aussi paysan qu&rsquo;enseignant. On le voyait le jeudi traversant le bourg, menant sa vache au champ ! Ayant un pensionnat dans son \u00e9cole, je me rappelle l&rsquo;entendre, raconter aux pensionnaires et \u00e0 mes Brestois, quelques \u00e9pisodes de la guerre 1914-1918, qu&rsquo;il avait v\u00e9cue en tant que \u00ab\u00a0poilu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"vie-landel\" id=\"vie-landel\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>La vie \u00e0 Landeleau<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce doux pays de Landeleau allait s&rsquo;ouvrir pour moi une grande parenth\u00e8se faite de calme et de tranquillit\u00e9. Tout d&rsquo;abord, mon travail avec mes petits Brestois. Ensuite, mes loisirs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La classe se d\u00e9roulait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des gar\u00e7ons, le dortoir \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des filles. Tous les matins, je conduisais les enfants \u00e0 un lavoir, tout pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise du bourg. C&rsquo;est l\u00e0 que s&rsquo;effectuait le \u00ab\u00a0d\u00e9crassage\u00a0\u00bb, au grand \u00e9tonnement des Landeleausiens, d\u00e9j\u00e0 dans la rue \u00e0 six heures. Je prenais mes repas dans ce restaurant o\u00f9 mon arriv\u00e9e avait provoqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9moi dont j&rsquo;ai parl\u00e9 plus haut. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, il y avait un magasin de textiles tenu par monsieur et madame Cam, dont le fils Jean, allait, quelques ann\u00e9es plus tard, cr\u00e9er \u00e0 Brest l&rsquo;Hypermarch\u00e9 Rallye.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce magasin travaillait ma future femme :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Marguerite, dont le patronyme \u00e9tait le m\u00eame que celui de ses patrons.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous f\u00eemes connaissance dans les circonstances suivantes. Partant de Brest, j&rsquo;avais achet\u00e9 un phonographe d&rsquo;occasion, que l&rsquo;on remontait avec une manivelle, et bien entendu quelques disques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aux moments de libert\u00e9, il me plaisait de me rendre au bord de l&rsquo;Aulne, accompagn\u00e9 de quelques jeunes filles de la commune. Nous \u00e9coutions quelques disques et bavardions. Un jour, Marguerite, par m\u00e9garde, brisa un disque. Elle en fut toute malheureuse.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un dimanche, dans une salle du bourg, je mis mon phonographe au service des jeunes, priv\u00e9s \u00e0 cette \u00e9poque de distraction, ce qui leur permettait de faire quelques danses. Marguerite, elle, voulant m&rsquo;aider, s&rsquo;offrit pour tourner la manivelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le contact \u00e9tait \u00e9tabli et il allait perdurer, puisque nous sommes toujours ensemble. Elle avait 20 ans, j&rsquo;en avais 23.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je ne connaissais rien de sa famille. Un dimanche matin, la patronne du restaurant (qui \u00e9tait de la famille Balpe, une des grandes familles de Landeleau), et qui avait d\u00e9cel\u00e9 mon attirance pour Marguerite, me dit :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0\u00ab Tenez, voil\u00e0 votre beau-p\u00e8re qui sort de l&rsquo;\u00e9glise, apr\u00e8s la messe. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"new-famille\" id=\"new-famille\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Une nouvelle famille<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s ce moment, j&rsquo;allais entrer dans une tranche de vie qui allait me faire d\u00e9couvrir un monde que j&rsquo;ignorais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les parents de Marguerite habitaient dans un \u00ab\u00a0penty\u00a0\u00bb nich\u00e9 au fond de la vall\u00e9e de l&rsquo;Aulne au lieu-dit La Montagne : une petite maison au sol en terre battue, quelques champs et pr\u00e9s autour, des pommiers, un pressoir tout \u00e0 fait original : encastr\u00e9e dans un if monumental, une poutre au bout de laquelle il y avait un plateau en bois que l&rsquo;on chargeait de lourdes pierres au fur et \u00e0 mesure que le cidre s&rsquo;\u00e9coulait des pommes pass\u00e9es d&rsquo;abord dans un broyeur et dispos\u00e9es par tranches s\u00e9par\u00e9es par la paille (le principe du levier !).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pierre, le p\u00e8re, exer\u00e7ait le m\u00e9tier de couvreur. Maryvonne, la m\u00e8re, avait donn\u00e9 naissance \u00e0 dix enfants dont le premier \u00e9tait mort trois jours apr\u00e8s sa naissance. Il en restait neuf : cinq gar\u00e7ons (Jean, Louis, Marcel, Lucien, Pierre-Louis) et quatre filles (Louise, Marguerite, Marie, Christiane). Elle avait de quoi s&rsquo;occuper entre la maison, les champs, les animaux (vaches, cheval). Vivait l\u00e0-encore, la grand-m\u00e8re, qui ne connaissait pas le fran\u00e7ais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;\u00e9tait un lieu idyllique, loin des routes, la plus proche \u00e9tant celle qui menait de Collorec \u00e0 Carhaix en passant par Kergloff;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Du village de La Montagne, on abordait, en longeant la rivi\u00e8re, \u00e0 un hameau appel\u00e9 P\u00e9nitv Saint-Laurent ou Pont de P\u00e9nity sous lequel l&rsquo;Ellez, se jetait dans l&rsquo;Aulne. Il y avait l\u00e0 quelques maisons, une boulangerie-\u00e9picerie-caf\u00e9, tenue par les \u00e9poux Tanguy.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une chapelle, lieu de p\u00e8lerinage, \u00e9tait une \u00e9tape dans la procession de plusieurs kilom\u00e8tres qui avait lieu le lundi de 1a Pentec\u00f4te : la Trom\u00e9nie. Cette chapelle \u00e9tait l&rsquo;objet de soins attentifs de la part de la famille de Marguerite, famille tr\u00e8s croyante.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;allais, dans ce milieu bretonnant, aller de d\u00e9couvertes en d\u00e9couvertes. Le peu de terre que d\u00e9tenaient les parents de Marguerite produisait quand m\u00eame quelques c\u00e9r\u00e9ales : bl\u00e9, avoine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y avait aussi les prairies, au bord de l&rsquo;Aulne et bien entendu le jardin potager.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pierre, le p\u00e8re, outre son m\u00e9tier de couvreur, \u00e9tait aussi un apiculteur avis\u00e9 et ses ruches en paille \u00e9taient bien align\u00e9es sur des coussins de pierres. De temps en temps s&rsquo;\u00e9chappait un essaim. C&rsquo;\u00e9tait alors un branle-bas. Mais le p\u00e8re, lui, tranquillement, sans \u00e0-coup, sans filet, grimpait dans l&rsquo;arbre o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tait nich\u00e9 l&rsquo;essaim, cueillait la reine avec une partie de l&rsquo;essaim, remettait le tout dans une ruche vide et l&rsquo;ensemble de la troupe la regagnait ensuite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"etranger-mon-pays\" id=\"etranger-mon-pays\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00c9tranger dans mon pays<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">II y avait aussi la grand m\u00e8re qui ne parlait pas le fran\u00e7ais, (\u00e7a existait encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque), et qui avait de grosses difficult\u00e9s pour converser avec moi qui ne connaissais pas, ou si peu, le breton.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 ce propos, je me suis senti comme un \u00e9tranger dans mon propre pays. Les soirs de battage, \u00e0 La Montagne, c&rsquo;\u00e9tait la f\u00eate. On y venait en dernier apr\u00e8s avoir termin\u00e9 dans les autres fermes. On savait que le p\u00e8re allait faire danser son monde sur la terre battue, au son de l&rsquo;accord\u00e9on diatonique dont il jouait parfaitement. Et puis venaient les histoires racont\u00e9es au long de la soir\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est l\u00e0 que je me suis senti humili\u00e9. Alors que les rires fusaient en entendant les plus grosses plaisanteries, racont\u00e9es en breton, je me contentais de sourire n&rsquo;ayant \u00e9videmment pas compris tout le sel de l&rsquo;histoire. Oui, vraiment, un \u00e9tranger dans mon pays !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"mariage-guerre\" id=\"mariage-guerre\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Le mariage pendant la guerre<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ainsi se passa l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1943 jusqu&rsquo;au mariage avec Marguerite, le 27 septembre. Mariage fort simple en cette p\u00e9riode de guerre mais avec toutefois un bal le soir, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des gar\u00e7ons, au son d&rsquo;un accord\u00e9on, celui de Fran\u00e7ois Salaun, qui \u00e9tait mar\u00e9chal-ferrant \u00e0 Plon\u00e9vez-du-Faou. Quelle aubaine pour les jeunes de Landeleau, priv\u00e9s de festivit\u00e9s de ce genre. Cependant, la rentr\u00e9e des classes approchait et, \u00e0 peine mari\u00e9, il fallait repartir pour de nouvelles aventures.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"reprise-st-nic\" id=\"reprise-st-nic\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Reprise de l&rsquo;enseignement \u00e0 Saint-Nic<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je recevais une nomination pour la commune de Daoulas o\u00f9 s&rsquo;\u00e9tait repli\u00e9 un coll\u00e8ge de Brest sous le nom de Centre d&rsquo;Humanit\u00e9s Classiques. Je devais y exercer le poste de professeur de Math\u00e9matiques \u00e0 partir du 7 octobre 1943.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous nous \u00e9tions install\u00e9s au Faou, dans la maison de mes parents. Faire classe \u00e0 Daoulas alors que Marguerite demeurait au Faou, c&rsquo;\u00e9tait une situation difficile. Aussi, je d\u00e9cidais de demander ma mutation, arguant de l&rsquo;absence de logement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi que nous sommes partis pour Saint-Nic o\u00f9 je devais commencer le 5 novembre 1943. J&rsquo;allais dans ce poste remplacer un vieil instituteur qui \u00e9tait en m\u00eame temps secr\u00e9taire de mairie. Ecole et Mairie \u00e9taient dans le m\u00eame b\u00e2timent. Monsieur Le Flao, le directeur que je rempla\u00e7ais avait \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9 par les Allemands \u00e0 Ch\u00e2teaulin. On le soup\u00e7onnait d&rsquo;appartenir \u00e0 la R\u00e9sistance. En fait, c&rsquo;\u00e9tait son fils que la police recherchait, mais \u00e0 d\u00e9faut du fils, on avait emprisonn\u00e9 le p\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;allais trouver une classe difficile et ce n&rsquo;est qu&rsquo;au bout d&rsquo;un certain temps que je r\u00e9ussis \u00e0 la mener d&rsquo;une fa\u00e7on normale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me rappelle d&rsquo;un grand gaillard qui, me voyant dans la rue, me fuyait, gardant ostensiblement son b\u00e9ret sur la t\u00eate.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je crois que c&rsquo;est en sortant de la classe pour des activit\u00e9s sportives, (je me rendais \u00e0 pied avec tous les \u00e9l\u00e8ves au stade de Plomodiern, commune voisine, \u00e0 six kilom\u00e8tres de l\u00e0), que je r\u00e9ussis dans mon activit\u00e9 de p\u00e9dagogue. C&rsquo;est dans cette classe que je passai l&rsquo;\u00e9preuve orale et pratique du Certificat d&rsquo;Aptitude P\u00e9dagogique. Il y a une partie r\u00e9serv\u00e9e au chant \u00e0 cet examen. \u00c0 des \u00e9l\u00e8ves qui n&rsquo;avaient jamais chant\u00e9 de leur vie scolaire, j&rsquo;avais essay\u00e9 en si peu de temps de leur faire partager ce plaisir. \u00c0 l&rsquo;issue de l&rsquo;\u00e9preuve, l&rsquo;Inspecteur me fit la remarque suivante : \u00ab Vous jouez bien de la fl\u00fbte, mais le chant n&rsquo;est pas une r\u00e9ussite. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au bout, ce fut quand m\u00eame l&rsquo;admission et ma titularisation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"vie-st-nic\" id=\"vie-st-nic\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>La vie \u00e0 Saint-Nic<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant un temps, Marguerite \u00e9tant rest\u00e9e au Faou, je la retrouvais le mercredi soir et le jeudi, puis le samedi soir et le dimanche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De Saint-Nic au Faou, cela faisait trente kilom\u00e8tres que je parcourais \u00e0 bicyclette en passant par le pont de T\u00e9r\u00e9nez.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il m&rsquo;arrivait de croiser des soldats allemands aux abords du pont, et cela ne me r\u00e9jouissait pas. La nuit tombait vite et j&rsquo;avais bien h\u00e2te de retrouver la maison de mes parents et Marguerite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au d\u00e9but de mes difficult\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole de Saint-Nic, je me souviens lui avoir dit : \u00ab je suis fatigu\u00e9 de cette classe et je n&rsquo;ai pas envie d&rsquo;y retourner. \u00bb Elle me sermonna en me faisant comprendre que c&rsquo;\u00e9tait un coup de t\u00eate de ma part. Je retournais donc \u00e0 Saint-Nic o\u00f9 j&rsquo;arrivais enfin \u00e0 faire correctement mon travail d&rsquo;enseignant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je logeais dans un h\u00f4tel-restaurant tenu par monsieur Le Bris. Je lui parlais de ma situation de famille et avec son accord je demandai \u00e0 Marguerite de me rejoindre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant quelques semaines elle aida madame Le Bris \u00e0 la cuisine. Il lui arriva un soir un accident assez grave : glissant sur le carrelage humide, son bras gauche plongea dans une marmite de potage tr\u00e8s chaud ; il s&rsquo;ensuivit une br\u00fblure relativement importante qui l&rsquo;immobilisa quelques jours.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1761\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic9-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"LEFT\">Ayant trouv\u00e9 une maison \u00e0 louer dans le bourg, nous quitt\u00e2mes le restaurant Le Bris. Dans cette maison il y avait une cuisini\u00e8re qui fonctionnait au feu de bois. Pour allumer ce feu, je partais avec des \u00e9l\u00e8ves chercher, sur les hauteurs du Menez Hom qui entourent Saint-Nic, des pommes de pin qu&rsquo;on avait plaisir \u00e0 entendre cr\u00e9piter.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"contact-allemands\" id=\"contact-allemands\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Contacts avec les Allemands<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un moment important de notre vie \u00e0 Saint-Nic a \u00e9t\u00e9 la connaissance d&rsquo;un soldat portant l&rsquo;uniforme allemand mais qui \u00e9tait en fait d&rsquo;origine polonaise, embrigad\u00e9 de force dans la Wehrmacht. Il s&rsquo;appelait Roman Rusek.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il parlait tr\u00e8s bien le fran\u00e7ais et nous e\u00fbmes avec lui de longues conversations. Il nous disait combien il \u00e9tait p\u00e9nible pour lui de porter l&rsquo;uniforme allemand ; il n&rsquo;avait qu&rsquo;un d\u00e9sir, abandonner au plus t\u00f4t cet uniforme. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il fit, au moment de la d\u00e9b\u00e2cle allemande, en se r\u00e9fugiant en Angleterre d&rsquo;o\u00f9 il nous \u00e9crivit une lettre, pleine d&rsquo;amertume.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je fus appel\u00e9 un matin par le commandant de la garnison. Je me demandais pourquoi et j&rsquo;allais le trouver un peu inquiet. Il se tenait \u00e0 son bureau, install\u00e9 dans le b\u00e2timent scolaire. En fait, il s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 l&rsquo;Histoire de Bretagne et d\u00e9sirait me demander des pr\u00e9cisions sur \u00ab\u00a0le Combat des Trente\u00a0\u00bb. Je ne pus le renseigner ; \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque je n&rsquo;avais pas eu le temps de me plonger dans cette recherche. Cela me g\u00eana beaucoup. Depuis j&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de revenir sur ce fameux combat qui se d\u00e9roula le 27 mars 1351 entre les partisans de Charles de Blois soutenus par les Fran\u00e7ais et ceux de Jean de Montfort alli\u00e9s des Anglais, au moment de la guerre de succession du duch\u00e9 de Bretagne. Le combat eut lieu entre Josselin et Plo\u00ebrmel ; il mit en pr\u00e9sence trente chevaliers de chaque camp.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dernier d\u00e9tail de notre vie \u00e0 Saint-Nic : le voyage par le petit train de la voie bretonne qui nous amenait jusqu&rsquo;\u00e0 la gare de Sp\u00e9zet-Landeleau. Le wagon, en plein hiver, \u00e9tait chauff\u00e9 par un brasero plant\u00e9 au beau milieu du compartiment.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1944, c&rsquo;est le d\u00e9part de Saint-Nic et notre repli sur La Montagne en Landeleau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"entree-resistance\" id=\"entree-resistance\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1944 &#8211; Entr\u00e9e dans la R\u00e9sistance<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce hameau perdu, bord\u00e9 par l&rsquo;Aulne, par un bel \u00e9t\u00e9, les mois vont se d\u00e9rouler, marqu\u00e9s par un certain nombre d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s mon arriv\u00e9e je suis contact\u00e9 par deux habitants de P\u00e9nity Saint-Laurent qui me demandent si je suis d&rsquo;accord pour faire partie de leur groupe de R\u00e9sistance. Je leur r\u00e9ponds positivement, bien entendu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;endroit o\u00f9 je me trouve est isol\u00e9 et des maquisards y passent r\u00e9guli\u00e8rement, cachant parfois des armes sous les lits, utilisant des postes \u00e0 gal\u00e8ne qu&rsquo;il m&rsquo;arrive de faire fonctionner. Le maquis n&rsquo;est pas loin, cantonn\u00e9 dans un bois, le bois de Ch\u00e2teau-Gall (Kastelgall).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un beau jour, ne voyant rien venir du c\u00f4t\u00e9 de mes amis de P\u00e9nity Saint-Laurent, et ne voulant pas rester inactif, je d\u00e9cide de me rendre, avec mon beau-p\u00e8re, au maquis. D\u00e8s mon arriv\u00e9e dans le bois, le responsable me questionne et me demande ma profession. Je lui r\u00e9ponds :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Instituteur \u00bb . Et aussit\u00f4t de me dire : \u00ab on ne veut pas de toi ici. \u00bb Ceci \u00e0 ma grande surprise. Mon entr\u00e9e dans le maquis \u00e9tait ajourn\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je ne me retrouvai dans la R\u00e9sistance qu&rsquo;apr\u00e8s le d\u00e9barquement de Normandie. Contact\u00e9 \u00e0 nouveau par le groupe de P\u00e9nity Saint-Laurent, mitraillette en mains, la d\u00e9cision est prise de marcher sur Carhaix, les Allemands \u00e9tant toujours dans le secteur. Je me souviens d&rsquo;une rafale venue d&rsquo;un tank allemand circulant sur la route d\u00e9partementale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Arriv\u00e9s \u00e0 Carhaix, la ville \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9livr\u00e9e. Beaucoup de camarades partaient pour la Poche de Lorient. J&rsquo;h\u00e9sitais, \u00e9tant nouvellement mari\u00e9 et je rentrai \u00e0 La Montagne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Auparavant, lors d&rsquo;une sortie au bourg de Landeleau, alors que je buvais un verre au restaurant o\u00f9 je me rendais quand j&rsquo;enseignais aux jeunes Brestois r\u00e9fugi\u00e9s, je vis tout d&rsquo;un coup un groupe de soldats allemands poser leur mitrailleuse sur la route qui longe l&rsquo;\u00e9glise, face au restaurant. En fait c&rsquo;\u00e9tait des Russes blancs, alli\u00e9s de l&rsquo;Allemagne nazie. Faisant irruption dans le caf\u00e9, ils demandent les papiers d&rsquo;identit\u00e9. Arguant de ma qualit\u00e9 d&rsquo;Instituteur dans la commune, je ne suis pas inqui\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"classe-sauvage\" id=\"classe-sauvage\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Une classe sauvage<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 cette \u00e9poque, les \u00e9coles ne fonctionnaient plus. Me sachant instituteur, des parents sont venus me contacter pour me demander s&rsquo;il \u00e9tait possible de regrouper des \u00e9l\u00e8ves du secteur afin de maintenir leurs connaissances. Il faut dire que Penity-Saint-Laurent est un lieu \u00e9loign\u00e9 de sept \u00e0 huit kilom\u00e8tres des quatre bourgs qui l&rsquo;environnent : Landeleau, Collorec, Plouy\u00e9, Kergloff, si bien que les enfants n&rsquo;abordaient l&rsquo;\u00e9cole que vers huit ou neuf ans, \u00e0 moins d&rsquo;aller en pension \u00e0 Landeleau, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique ou \u00e0 Collorec \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e pour les gar\u00e7ons et pour les filles aux \u00e9coles priv\u00e9es de Landeleau et Plouy\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je trouvai \u00e0 Penity-Saint-Laurent une grange appartenant aux \u00e9poux Tanguy. Avec leur accord, j&rsquo;y installai, avec l&rsquo;aide de l&rsquo;ouverture d&rsquo;une \u00e9cole publique \u00e0 Penity-Saint-Laurent.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"sauve-aviat\" id=\"sauve-aviat\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Sauvetage d&rsquo;un aviateur alli\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Encore un souvenir. Il m&rsquo;arrivait de grimper sur la colline surplombant le village de La Montagne. Assis dans l&rsquo;herbe, j&rsquo;entendais le vrombissement des avions alli\u00e9s se rendant sur Brest pour leurs op\u00e9rations de bombardement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un jour, \u00e9tant au bourg de Landeleau, sur le coup de midi, j&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 la chute d&rsquo;un de ces avions atteint par la D.C.A. allemande. Nous \u00e9tions plusieurs spectateurs et nous remarqu\u00e2mes que cet avion laissait s&rsquo;\u00e9chapper une fum\u00e9e noire et nous v\u00eemes la descente en parachute d&rsquo;un aviateur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les Allemands n&rsquo;\u00e9taient pas pr\u00e9sents \u00e0 cet instant. Nous nous sommes rendus \u00e0 l&rsquo;endroit que nous supposions \u00eatre le point de chute. C&rsquo;\u00e9tait pr\u00e8s d&rsquo;une ferme sur la route qui m\u00e8ne de Landeleau \u00e0 Plon\u00e9vez-du-Faou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En peu de temps l&rsquo;aviateur \u00e9tait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par la r\u00e9sistance et mis \u00e0 l&rsquo;abri. Les Allemands, arriv\u00e9s sur les lieux, ne purent le retrouver. Il existait \u00e0 Landeleau un r\u00e9seau organis\u00e9 pour le transfert vers l&rsquo;Angleterre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"nomin-loqu\" id=\"nomin-loqu\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Nomination \u00e0 Loqueffret<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La fin de la guerre approchait. Il y avait eu la bataille de Stalingrad, le tournant de cette guerre, il y eut le d\u00e9barquement en Normandie, les Allemands \u00e9taient chass\u00e9s du pays. Il restait quelques poches \u00e0 Lorient, \u00e0 Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les classes allaient reprendre. En octobre je recevais une nomination pour l&rsquo;\u00e9cole de Loqueffret o\u00f9 je devais remplacer le directeur, monsieur L\u00e9meillat, toujours prisonnier de guerre en Allemagne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 6 octobre je quittais La Montagne avec Marguerite et son jeune fr\u00e8re Pierre-Louis, \u00e2g\u00e9 de cinq ans et demi. Log\u00e9e sous mon pardessus, il y avait avec nous une jolie petite chienne que nous avons beaucoup aim\u00e9e et qui portait le nom de Miss.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e0 pied que nous avons franchi la vingtaine de kilom\u00e8tres s\u00e9parant La Montagne de Loqueffret, petite commune nich\u00e9e dans les Montagnes Noires, \u00e0 222 m\u00e8tres d&rsquo;altitude.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai repris mon travail d&rsquo;enseignant ; c&rsquo;est l\u00e0 que Pierre-Louis a commenc\u00e9 sa scolarit\u00e9. Il la poursuivra avec nous jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;obtention d&rsquo;un C.A.P. de peintre au coll\u00e8ge d&rsquo;Enseignement Technique du Bouguen \u00e0 Brest. Nous n&rsquo;avons pas eu d&rsquo;entant et nous l&rsquo;avons consid\u00e9r\u00e9 comme notre fils.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La vie \u00e0 Loqueffret se d\u00e9roula sans probl\u00e8mes. Il nous manquait quelques meubles. Nous all\u00e2mes les chercher chez mes parents au Faou, et avec l&rsquo;aide du cantonnier de cette commune, nous les transport\u00e2mes \u00e0 Loqueffret. Comment ? mais avec la charrette du cantonnier. Imaginez le spectacle de cette charrette et de son cheval sur les trente kilom\u00e8tres qui s\u00e9parent ces deux communes. Et toujours \u00e0 pied \u00e9videmment.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant les \u00e9v\u00e9nements allaient se pr\u00e9cipiter. Le 8 mai 1945, nous f\u00eations \u00e0 Loqueffret la fin de la guerre. Ce fut une belle journ\u00e9e prolong\u00e9e tard dans la soir\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"camp-erquy\" id=\"camp-erquy\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Au camp de prisonniers de guerre\u00a0allemands d&rsquo;Erquy<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 14 mai 1945, je recevais \u00e0 Loqueffret un ordre de mobilisation pour me rendre \u00e0 Erquy, dans les C\u00f4tes-du-Nord, o\u00f9 avait \u00e9t\u00e9 install\u00e9 un camp de prisonniers de guerre allemands. Il s&rsquo;agissait en fait d&rsquo;officiers de marine venant de la poche de Lorient, dernier bastion tenu par l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A mon arriv\u00e9e \u00e0 Erquy, je me souviens d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;obligation de prot\u00e9ger ces officiers qui entraient dans le camp, face aux habitants de la commune. Il est vrai que les massacres commis en Bretagne par l&rsquo;arm\u00e9e allemande \u00e9taient loin d&rsquo;\u00eatre oubli\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 l&rsquo;int\u00e9rieur du camp, la vie allait s&rsquo;organiser. J&rsquo;obtenais un poste de secr\u00e9taire au bureau du lieutenant, un des officiers fran\u00e7ais responsable.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Des contacts, in\u00e9vitables, allaient s&rsquo;\u00e9tablir entre les prisonniers et les gardiens. Ces officiers \u00e9taient \u00e0 la recherche de menus objets, comme du savon, des cigarettes, etc&#8230;, et proposaient en \u00e9change le peu qu&rsquo;ils poss\u00e9daient, comme une montre marine par exemple. Pour ma part, je nouai relation avec l&rsquo;un d&rsquo;entre eux, un nomm\u00e9 Karl Weber, avec qui j&rsquo;eus de longues conversations, qui parlait fran\u00e7ais et qui r\u00e9alisa pour moi une s\u00e9rie d&rsquo;aquarelles sur la vie du camp, que je conserve pr\u00e9cieusement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De mai \u00e0 octobre 1945, le temps allait se partager entre la vie au camp d&rsquo;Erquy et des permissions de vingt-quatre heures que je m&rsquo;octroyais pour me rendre \u00e0 La Montagne en Landeleau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais quel voyage ! Il me fallait d&rsquo;abord rejoindre la gare de Guingamp, prendre le train Guingamp-Carhaix, descendre \u00e0 cette gare pour entamer, \u00e0 pied dans la nuit le plus souvent, la distance de quinze kilom\u00e8tres qui s\u00e9pare Carhaix de P\u00e9nitv Saint-Laurent, arriver enfin dans le \u00ab\u00a0penty\u00a0\u00bb de La Montagne pour le \u00ab\u00a0repos du guerrier\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9mobilis\u00e9 le 26 octobre 1945, j&rsquo;allais pouvoir retourner \u00e0 la vie civile et me pr\u00e9occuper de ma nomination \u00e0 un poste d&rsquo;instituteur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1762\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic10-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1763\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic11-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1764\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic12-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1765\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic13-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1766\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic14-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1767\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic15-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1768\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic16-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1769\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic17-1-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"nomin-coll\" id=\"nomin-coll\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Nomination \u00e0 Collorec<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Celle-ci n&rsquo;allait pas tarder \u00e0 arriver. J&rsquo;\u00e9tais pri\u00e9 de rejoindre l&rsquo;\u00e9cole de Plon\u00e9vez-du-Faou. Profitant d&rsquo;une derni\u00e8re permission de vingt-quatre heures qui, vu les \u00e9v\u00e9nements allait devoir se prolonger, je me pr\u00e9sentai au directeur de l&rsquo;\u00e9cole. Monsieur Le Goff. Une surprise m&rsquo;attendait. Le poste qui m&rsquo;\u00e9tait attribu\u00e9 \u00e9tait pourvu par son titulaire revenu d&rsquo;Allemagne comme prisonnier de guerre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Que faire ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma d\u00e9cision fut rapidement prise : me rendre par la \u00ab\u00a0Satos\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique de Quimper exposer la situation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Re\u00e7u par Monsieur Bourbao, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;Inspection qui, devant ma demande d&rsquo;obtenir un poste dans la r\u00e9gion de Plon\u00e9vez-du-Faou, parlant de mon mariage pendant la guerre et mon souci d&rsquo;avoir un logement, me r\u00e9pondit :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00ab II n&rsquo;y a plus rien dans ce secteur. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Se reprenant, il avoua qu&rsquo;il restait quand m\u00eame une \u00e9cole, mais il n&rsquo;y avait plus que trois ou quatre \u00e9l\u00e8ves et qu&rsquo;il \u00e9tait question de la fermer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma r\u00e9ponse fut br\u00e8ve : \u00ab Donnez-moi cette \u00e9cole, il y a au moins un logement. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sortant du bureau de Monsieur Bourbao, il \u00e9tait onze heures quarante-cinq, j&rsquo;aper\u00e7ois dans le couloir quelqu&rsquo;un qui demande s&rsquo;il n&rsquo;y a plus personne pour les \u00ab\u00a0audiences\u00a0\u00bb. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, Jean Debiesse, nouvellement nomm\u00e9 dans le Finist\u00e8re. Il allait jouer un grand r\u00f4le dans la relance des activit\u00e9s post et p\u00e9riscolaires au sein de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. J&rsquo;y reviendrai.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je lui fais signe que j&rsquo;ai besoin de lui parler. En fait, il s&rsquo;agissait pour moi, en souvenir de l&rsquo;exp\u00e9rience men\u00e9e pendant quinze jours \u00e0 P\u00e9nity Saint-Laurent &#8211; la classe sauvage &#8211; de lui exposer la situation de ce hameau perdu entre quatre communes et de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;y ouvrir une \u00e9cole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Se dirigeant vers une carte du d\u00e9partement, il me demande de d\u00e9signer l&rsquo;endroit.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aussit\u00f4t fait, aussit\u00f4t d\u00e9cid\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00ab Trouvez-moi un local et j&rsquo;ouvre l&rsquo;\u00e9cole. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Elle fonctionnera dans plusieurs locaux provisoires ; se verra dot\u00e9e d&rsquo;une baraque, pour \u00eatre finalement construite en dur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">H\u00e9las, ferm\u00e9e aujourd&rsquo;hui par suite de la d\u00e9population du secteur et des nouveaux modes de scolarit\u00e9, elle restera un souvenir des ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s la Lib\u00e9ration, de m\u00eame que les \u00e9coles publiques de Saint-Herbot en Plon\u00e9vez-du Faou et Saint-Andr\u00e9 en Ch\u00e2teauneuf-du-Faou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"collo\" id=\"collo\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Collorec (1945 \u00e0 1952)<\/strong><\/h2>\n<h4 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>(Sept ann\u00e9es de lutte\u00a0pour la promotion et la d\u00e9fense de l&rsquo;Ecole La\u00efque)<\/strong><\/h4>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"LEFT\">En 1945 j&rsquo;allais donc m&rsquo;installer dans la commune de Collorec, limitrophe de trois autres communes : Plon\u00e9vez-du-Faou, Landeleau, Plouy\u00e9.<br \/>\nPlongeant un regard dans le pass\u00e9 de Collorec, je me suis rendu compte que ce qui m&rsquo;attendait \u00e9tait la cons\u00e9quence d&rsquo;une commune plac\u00e9e pendant de longues ann\u00e9es sous la tutelle de l&rsquo;Eglise et de hobereaux amenant \u00e0 une population tr\u00e8s soumise.<br \/>\nLa construction des \u00e9coles publiques a rencontr\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9part l&rsquo;hostilit\u00e9 des \u00e9diles municipaux.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"ecole-filles\" id=\"ecole-filles\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>L&rsquo;\u00c9cole des filles<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1879, Collorec compte 1400 habitants et ne poss\u00e8de aucune \u00e9cole de filles. Sa situation topographique \u00e9tant \u00e9loign\u00e9e du chef-lieu de canton ou des autres communes, on se trouve dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de donner aux enfants du sexe f\u00e9minin une \u00e9ducation quelconque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 6 juillet 1879, c&rsquo;est un premier refus du Conseil Municipal pour la construction d&rsquo;une \u00e9cole de filles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le vote est \u00ab\u00a0d\u00fb aux conseils et \u00e0 l&rsquo;influence du Maire, esprit aveugl\u00e9 par l&rsquo;esprit de parti, adversaire des institutions, qui ne comprend pas l&rsquo;utilit\u00e9 de l&rsquo;enseignement et ses bienfaits.\u00a0\u00bb Ceci est extrait d&rsquo;une lettre de l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie de l&rsquo;\u00e9poque ! A cette date, c&rsquo;est un Monsieur Corbel qui est Maire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1879, Collorec compte 110 filles en \u00e2ge scolaire, (de six \u00e0 treize ans). Sur ce nombre seulement quinze \u00e0 vingt ont la possibilit\u00e9 et les moyens de suivre les enseignements aux \u00e9coles voisines.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Finalement, l&rsquo;\u00e9cole publique de Filles sera construite dans les ann\u00e9es 1880 et les travaux achev\u00e9s en 1886 puis agrandie en 1910.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s 1927, l&rsquo;Ecole comptera trois classes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"ecole-garons\" id=\"ecole-garons\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00c9cole de Gar\u00e7ons<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0L&rsquo;\u00c9cole sera construite dans les ann\u00e9es 1895. Auparavant elle fonctionnait dans un local situ\u00e9 derri\u00e8re l&rsquo;\u00e9glise paroissiale, (c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;ancien presbyt\u00e8re), cela depuis 1849. Ce local s&rsquo;appelle toujours \u00ab\u00a0Ti-Skol Koz\u00a0\u00bb (La vieille \u00e9cole). D\u00e8s 1891, cette maison d&rsquo;\u00e9cole est en tr\u00e8s mauvais \u00e9tat et il est d\u00e9cid\u00e9 de l&rsquo;ali\u00e9ner par ench\u00e8res et d&rsquo;en affecter le produit pour la construction d&rsquo;une nouvelle \u00e9cole route de Plon\u00e9vez-du-Faou. Le co\u00fbt de l&rsquo;\u00e9difice est estim\u00e9 \u00e0 11748 francs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A cette date, Collorec compte 137 gar\u00e7ons d&rsquo;\u00e2ge scolaire. L&rsquo;adjudication des travaux aura lieu le 27 avril 1891.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"ecole-privee\" id=\"ecole-privee\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>L&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e catholique<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Face \u00e0 l&rsquo;existence des deux \u00e9coles publiques, le cur\u00e9, recteur de Collorec, Louis-Fran\u00e7ois Simon, son vicaire Tanguy et le maire Jacques Corbel, vont s&rsquo;activer pour fonder et d\u00e9velopper une \u00e9cole chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est chose faite le 28 octobre 1901. Tenue d&rsquo;abord par les s\u0153urs de saint Joseph de Cluny, l&rsquo;\u00e9cole accueille d\u00e8s le d\u00e9part vingt-deux \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole publique de filles. Le dimanche 3 novembre 1901, c&rsquo;est la b\u00e9n\u00e9diction solennelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s la messe, une procession se forme. Les enfants (gar\u00e7ons et filles) de la classe enfantine portant chacun un oriflamme, sont suivis par les grandes \u00e9l\u00e8ves et une trentaine de s\u0153urs (dont les quatre charg\u00e9es de l&rsquo;\u00e9cole).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les pr\u00eatres de Collorec et des paroisses voisines accompagnaient la procession ainsi que le Conseil municipal et la population.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un internat fut ouvert en d\u00e9cembre 1901. A cette date l&rsquo;\u00e9cole contenait d\u00e9j\u00e0 quatre-vingts enfants dont dix internes. L&rsquo;\u00e9cole des s\u0153urs fut ferm\u00e9e en septembre 1903 ; elle rouvrit plus tard, dirig\u00e9e cette fois-ci par les Fr\u00e8res des Ecoles Chr\u00e9tiennes et prendra le nom de \u00c9cole Saint-Yves. L&rsquo;existence d&rsquo;une \u00e9cole la\u00efque de gar\u00e7ons et d&rsquo;une \u00e9cole priv\u00e9e allait poser des probl\u00e8mes de cohabitation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Parmi les directeurs de l&rsquo;Ecole Publique qui m&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 \u00e0 Collorec, j&rsquo;ai relev\u00e9 les noms de Mathieu Berth\u00e9l\u00e9m\u00e9 en 1910, Yves-Marie Rolland en 1924, Jean Ca\u00ebr en 1927, Le Boulch en 1936 et Le Bris en 1940.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"progression\" id=\"progression\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Progression de l&rsquo;\u00c9cole Publique<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est dans cette commune de Collorec que j&rsquo;allais vivre sept ann\u00e9es de combat pour la d\u00e9fense et la promotion de l&rsquo;\u00e9cole publique, sept ann\u00e9es qui ont fait de moi un militant la\u00efque, un militant politique. Curieusement, j&rsquo;y ai d\u00e9couvert deux aspects de l&rsquo;Eglise \u00e0 travers mes contacts avec plusieurs pr\u00eatres catholiques : un aspect sectaire, \u00e9maill\u00e9 de nombreux affrontements, un aspect social avec l&rsquo;amiti\u00e9 qui me lia \u00e0 Collorec et par la suite avec un jeune abb\u00e9, nomm\u00e9 vicaire pendant mon s\u00e9jour.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette nomination dat\u00e9e du 23 octobre 1943 et sign\u00e9e de Monsieur Bourbao que j&rsquo;avais rencontr\u00e9 quelque temps auparavant \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique, adress\u00e9e \u00e0 Plon\u00e9vez-du-Faou o\u00f9 je n&rsquo;exer\u00e7ais pas et pour cause, m&rsquo;enjoignait de prendre mon poste de charg\u00e9 d&rsquo;\u00e9cole \u00e0 Collorec le 25 octobre 1945.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;\u00e9tant pas encore d\u00e9mobilis\u00e9, c&rsquo;est \u00e0 Jean Berth\u00e9l\u00e9m\u00e9, jeune coll\u00e8gue que j&rsquo;avais connu \u00e0 Loqueffret, et descendant de Mathieu Berth\u00e9l\u00e9m\u00e9 qui \u00e9tait Directeur en 1910, que fut confi\u00e9e la classe de trois \u00e9l\u00e8ves, ces trois \u00e9l\u00e8ves que je trouvai effectivement quand je pris l&rsquo;\u00e9cole en mains. Je me posais bien \u00e9videmment des questions sur l&rsquo;avenir de cette \u00e9cole publique, quand le destin frappa \u00e0 la porte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En fait de destin, je vis entrer dans la classe un grand bonhomme, d&rsquo;une carrure impressionnante, aux larges mains calleuses, et qui pronon\u00e7a d&rsquo;une voix sonore cette interrogation :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Qui c&rsquo;est le patron ici ? \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;\u00e9tais impressionn\u00e9 et un peu inquiet par cette entr\u00e9e inattendue.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 ma r\u00e9ponse, disant que j&rsquo;\u00e9tais le directeur, l&rsquo;individu me dit tout de go:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00ab Voil\u00e0, j&rsquo;ai mes deux gar\u00e7ons chez les fr\u00e8res, mais \u00e7a ne me pla\u00eet pas. Je pr\u00e9f\u00e8re qu&rsquo;ils viennent ici. Ma femme n&rsquo;est pas d&rsquo;accord. Il faudrait que tu viennes jusqu&rsquo;\u00e0 la ferme pour la convaincre. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bien entendu, cette d\u00e9claration me mit un peu de baume au coeur, avec la perspective d&rsquo;avoir deux \u00e9l\u00e8ves de plus et ainsi porter l&rsquo;effectif \u00e0 cinq !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Yves Hourmant, car c&rsquo;\u00e9tait son nom, habitait au village de Hars Vian, tout pr\u00e8s de Saint-Herbot en Plon\u00e9vez-du-Faou. Dans la commune on l&rsquo;appelait \u00ab\u00a0Toer Braz\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Le Grand Couvreur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Hars Vian, ce n&rsquo;\u00e9tait pas la porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9 : sept ou huit kilom\u00e8tres. Mais il fallait y aller.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un beau soir, nous voil\u00e0 partis, une coll\u00e8gue de l&rsquo;\u00e9cole des filles (Madame Bruno), ma femme et moi, direction Hars Vian.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La soir\u00e9e fut des plus agr\u00e9ables. Madame Hourmant avait pr\u00e9par\u00e9 un bon casse-cro\u00fbte, bien arros\u00e9. Dans la discussion, mes paroles durent \u00eatre assez convaincantes, pour que la m\u00e8re d\u00e9cide de confier ses deux gar\u00e7ons \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut l\u00e0 un bon d\u00e9but qui d\u00e9clencha dans la commune une succession de d\u00e9parts de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e de gar\u00e7ons vers l&rsquo;\u00e9cole publique, si bien que dans l&rsquo;ann\u00e9e scolaire, l&rsquo;effectif se porta \u00e0 vingt-trois, soit vingt \u00e9l\u00e8ves de plus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cet \u00e9v\u00e9nement ne fut pas sans r\u00e9percussion sur la vie \u00e0 Collorec. Que se passait-il ? Qui \u00e9tait cet instituteur qui venait de prendre vingt \u00e9l\u00e8ves \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Saint-Yves ? Des questions se posaient.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;allais conna\u00eetre dans cette commune sept ann\u00e9es mouvement\u00e9es, pleines de surprises, d&rsquo;hostilit\u00e9 de la part de certains habitants, d&rsquo;amiti\u00e9 et de soutien, d&rsquo;une autre partie de la population.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les \u00e9v\u00e9nements suivants, class\u00e9s sans ordre chronologique, relatent une partie de ces p\u00e9rip\u00e9ties qui ont marqu\u00e9 ces sept ann\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"adhesion-pcf\" id=\"adhesion-pcf\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>L&rsquo;adh\u00e9sion au\u00a0Parti Communiste Fran\u00e7ais<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La guerre venait de se terminer, le Parti Communiste Fran\u00e7ais avait jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans la R\u00e9sistance. C&rsquo;\u00e9tait \u00ab\u00a0le Parti des Fusill\u00e9s\u00a0\u00bb. \u00c0 la Lib\u00e9ration son influence en France \u00e9tait des plus grandes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Depuis 1936, mes id\u00e9es avaient chemin\u00e9 : les luttes sociales du Front Populaire v\u00e9cues avec mon p\u00e8re, ma vie au Lyc\u00e9e de Brest, 1938, la trahison de Munich, 1939, la guerre, 1940, l&rsquo;arm\u00e9e et les chantiers de Jeunesse, le passage en fraude de la zone libre \u00e0 la zone occup\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Avoir vingt ans en 1940 et perdre ainsi les plus belles ann\u00e9es de sa vie, il y avait de quoi r\u00e9fl\u00e9chir au devenir du Monde.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un beau matin est arriv\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, un ouvrier ma\u00e7on du nom de Louarn. Il avait re\u00e7u de la F\u00e9d\u00e9ration du Parti Communiste, qui \u00e9tait install\u00e9e \u00e0 Quimper, une demande d&rsquo;organisation d&rsquo;une r\u00e9union publique \u00e0 Collorec. Se sentant dans l&rsquo;impossibilit\u00e9 de trouver une salle, il venait me demander de l&rsquo;aider. \u00c0 d\u00e9faut de salle, il restait le pr\u00e9au de l&rsquo;\u00e9cole. La r\u00e9union s&rsquo;y d\u00e9roula donc, anim\u00e9e par un dirigeant de la F\u00e9d\u00e9ration : Alain Cariou. C&rsquo;\u00e9tait un formidable d\u00e9batteur, alliant le breton au fran\u00e7ais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je devais plus tard militer avec lui dans diff\u00e9rentes organisations.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Venu en car de Quimper, il fut dans l&rsquo;obligation de coucher \u00e0 Collorec. On lui offrit une chambre \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole et la soir\u00e9e se termina en discussions, \u00e0 l&rsquo;issue desquelles il me proposa l&rsquo;adh\u00e9sion au Parti Communiste. Ce fut un oui imm\u00e9diat, le fruit \u00e9tait m\u00fbr. Apr\u00e8s tous les \u00e9v\u00e9nements que je venais de vivre, toutes les lectures que j&rsquo;avais pu faire, les conclusions que j&rsquo;en avais tir\u00e9es, ce soir-l\u00e0, je devenais membre du Parti Communiste Fran\u00e7ais. Je le suis rest\u00e9 depuis, malgr\u00e9 parfois certaines d\u00e9ceptions, certains d\u00e9couragements. Mais l&rsquo;id\u00e9al est toujours pr\u00e9sent : se battre pour une soci\u00e9t\u00e9 meilleure, contre le Pouvoir de l&rsquo;Argent qui conduit \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 les Riches et les Pauvres ne sont pas trait\u00e9s \u00e0 la m\u00eame \u00e9chelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"reunion-mrp\" id=\"reunion-mrp\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>La r\u00e9union \u00e0 Collorec\u00a0de Monteil, d\u00e9put\u00e9 M.R.P.<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Andr\u00e9 Monteil \u00e9tait d\u00e9put\u00e9 du Mouvement R\u00e9publicain Populaire, (le M.R.P), h\u00e9ritier du Parti Social D\u00e9mocrate d&rsquo;avant-guerre, d&rsquo;ob\u00e9dience catholique. Professeur de lettres \u00e0 Quimper, c&rsquo;\u00e9tait un bon orateur. Venu \u00e0 Collorec tenir une r\u00e9union \u00e9lectorale dans une salle priv\u00e9e, (il en avait trouv\u00e9 une, lui), il avait rassembl\u00e9 un fort nombreux auditoire, acquis \u00e0 sa cause. J&rsquo;avais d\u00e9cid\u00e9 de me rendre \u00e0 cette r\u00e9union, assis bien sagement dans mon coin, quand un groupe de jeunes, venus de Plouy\u00e9, commune voisine de Collorec, se mirent \u00e0 chahuter l&rsquo;orateur. Plouy\u00e9 \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme une commune \u00ab\u00a0rouge\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9 de Collorec, commune \u00ab\u00a0blanche\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">On me tint pour responsable de ce chahut alors que je n&rsquo;y \u00e9tais pour rien.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A la sortie de la salle, une foule nombreuse, me talonnant, se mit \u00e0 m&rsquo;insulter, criant \u00ab\u00a0Thorez d\u00e9serteur\u00a0\u00bb (Maurice Thorez, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti Communiste Fran\u00e7ais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, se trouvait \u00e0 Moscou en 1940, de m\u00eame que De Gaulle \u00e9tait \u00e0 Londres et la droite fran\u00e7aise lan\u00e7a l&rsquo;id\u00e9e que Thorez avait d\u00e9sert\u00e9 l&rsquo;Arm\u00e9e Fran\u00e7aise pour aller s&rsquo;abriter \u00e0 Moscou). C&rsquo;\u00e9tait le slogan anticommuniste de la Lib\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Arriv\u00e9 devant l&rsquo;\u00e9glise, je me retournai vers cette masse hurlante, ma femme me tirant par le bras, quand une vieille dame, s&rsquo;approchant de moi, me cria dans l&rsquo;oreille : \u00ab\u00a0vaurien!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette insulte eut une suite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"morale-champ\" id=\"morale-champ\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Le\u00e7on de morale dans un champ<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 la fin du mois de juin, les enfants d\u00e9sertaient l&rsquo;\u00e9cole pour aller \u00ab\u00a0aux petits pois\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agissait pour eux et pour les grandes personnes de se faire quelque argent de poche en allant ramasser les petits pois destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;usine, les mettre dans des sacs et les peser. J&rsquo;y allai un apr\u00e8s-midi avec ma femme et une brave vieille dame dont le fils \u00e9tait instituteur. A l&rsquo;\u00e9poque, suivant son intelligence, l&rsquo;enfant rep\u00e9r\u00e9 par l&rsquo;instituteur \u00e9tait dirig\u00e9 vers l&rsquo;\u00c9cole Normale ; rep\u00e9r\u00e9 par le cur\u00e9 \u00e0 travers les le\u00e7ons du cat\u00e9chisme, il \u00e9tait orient\u00e9 vers le S\u00e9minaire de Pont-Croix.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette vieille dame m&rsquo;avait confi\u00e9 : \u00ab Moi, je n&rsquo;ai plus le droit d&rsquo;aller faire mes P\u00e2ques parce que mon fils a fait l&rsquo;Ecole Normale, je suis interdite d&rsquo;Eglise. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce champ de petit pois se trouvait \u00e9galement la dame qui m&rsquo;avait trait\u00e9 de vaurien. La voyant en difficult\u00e9 pour porter son sac et le mettre sur la balance, je suis all\u00e9 l&rsquo;aider.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ayant pris le sac, je le portai \u00e0 la balance. La m\u00e8re de l&rsquo;instituteur lui dit en breton : \u00ab N&rsquo;eo ket ken cul lampon ! \u00bb (ce n&rsquo;est plus un vaurien maintenant), La le\u00e7on avait port\u00e9. Me voyant dans la rue en me croisant, elle me lan\u00e7ait un \u00ab Bonjour Monsieur \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les gens vous traitent de vaurien, de salopard, et le jour o\u00f9 vous faites un petit truc comme \u00e7a, \u00e7a y est, vous \u00eates un homme comme les autres.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"breton-reunions\" id=\"breton-reunions\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Importance du breton\u00a0en r\u00e9union publique<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour en revenir \u00e0 Monteil, il se trouva que, quelques semaines plus tard, ce d\u00e9put\u00e9 de droite tenait une r\u00e9union \u00e9lectorale \u00e0 Plouy\u00e9. M&rsquo;\u00e9tant aguerri, j&rsquo;y allais pour porter \u00e9ventuellement la contradiction ; \u00e7a se pratiquait beaucoup en ce temps-l\u00e0. Je n&rsquo;eus pas \u00e0 le faire. Quelqu&rsquo;un me rempla\u00e7a, avantageusement, en la personne d&rsquo;Alain Cariou, qui, en tourn\u00e9e \u00e9lectorale lui aussi, p\u00e9n\u00e9tra dans la salle. Il \u00e9couta Monteil, monta sur sc\u00e8ne et se mit \u00e0 interpeller, avec humour, la salle en breton. Monteil, \u00e0 son grand dam, n&rsquo;y comprenait rien et ne savait plus quoi dire. Il se retira assez honteusement, laissant la place au communiste Alain Cariou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"amicale-laique\" id=\"amicale-laique\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Cr\u00e9ation de l&rsquo;Amicale La\u00efque<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce climat de progression de l&rsquo;\u00c9cole Publique, il \u00e9tait devenu indispensable de se faire \u00e9pauler par une association qui puisse regrouper les citoyens dispos\u00e9s a d\u00e9fendre cette Ecole. Ce ne pouvait \u00eatre qu&rsquo;une Amicale La\u00efque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Avant la guerre 1939 &#8211; 1945, ces associations s&rsquo;appelaient le plus souvent \u00ab\u00a0Amicale des anciens \u00e9l\u00e8ves et amis de l&rsquo;Ecole Publique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A la Lib\u00e9ration, avec le renouveau du mouvement la\u00efque, la reconstruction de la F\u00e9d\u00e9ration des Oeuvres La\u00efques, sous l&rsquo;impulsion de Jean Debiesse, Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, le nom d&rsquo;Amicale La\u00efque devenait le patronyme le plus r\u00e9pandu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;eus la chance de trouver rapidement des volontaires, dont le plus pr\u00e9cieux fut Pierre Coquil, cultivateur au village de Menez Rouz, qui prit tr\u00e8s vite la fonction de Pr\u00e9sident. Je n&rsquo;oublierai pas Mademoiselle Martin qui, malgr\u00e9 son \u00e2ge, s&rsquo;av\u00e9ra un soutien pr\u00e9cieux de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque. Elle diffusait dans sa petite boutique d&rsquo;\u00e9picerie, outre les journaux locaux. La Terre et l&rsquo;Humanit\u00e9, journaux communistes, et ceci dans une ambiance pas toujours facile.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;association une fois d\u00e9clar\u00e9e au journal officiel pouvait commencer ses activit\u00e9s. Elles furent nombreuses et mouvement\u00e9es. Le si\u00e8ge social \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique des gar\u00e7ons o\u00f9 en soir\u00e9e se r\u00e9unissaient les adh\u00e9rents. Des projets s&rsquo;\u00e9laboraient. Il fallait de l&rsquo;argent pour aider l&rsquo;\u00e9cole car la municipalit\u00e9 de droite ne s&rsquo;occupait gu\u00e8re de son sort.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une des premi\u00e8res initiatives fut d&rsquo;organiser des s\u00e9ances th\u00e9\u00e2trales. Je devins metteur en sc\u00e8ne et acteur et, avec quelques jeunes, gar\u00e7ons et filles, nous puis\u00e2mes dans le r\u00e9pertoire traditionnel des patronages : Labiche, Courteline.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est par l&rsquo;interm\u00e9diaire de l&rsquo;Amicale La\u00efque de Collorec que j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 participer aux Assembl\u00e9es G\u00e9n\u00e9rales de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques du Finist\u00e8re, \u00e0 militer au sein de cette F\u00e9d\u00e9ration. J&rsquo;ignorais alors que j&rsquo;allais jouer un r\u00f4le important dans cette asso\u00adciation ainsi que dans le Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque, n\u00e9 dans les ann\u00e9es 1920, comme moi.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"theatre-breton\" id=\"theatre-breton\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Th\u00e9\u00e2tre en breton<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais il fallait aller plus loin.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme nous \u00e9tions dans un milieu bretonnant, je proposai d&rsquo;aborder le th\u00e9\u00e2tre en breton. Cela int\u00e9ressa particuli\u00e8rement les adh\u00e9rents cultivateurs qui n&rsquo;auraient jamais accept\u00e9 de jouer en fran\u00e7ais. Mais en breton, pourquoi pas ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Encore fallait-il trouver un r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Par l&rsquo;interm\u00e9diaire de la revue Ar Falz \u00e0 laquelle j&rsquo;\u00e9tais abonn\u00e9, je savais que l&rsquo;homme de la situation s&rsquo;appelait Armand K\u00e9ravel, instituteur \u00e0 Dirinon, pr\u00e8s de Brest. Je me rendais donc dans cette commune ; je lui fis part de mes projets, ce qui l&rsquo;int\u00e9ressa vivement. Son choix se porta sur une com\u00e9die \u00ab\u00a0An Dakenn Dour\u00a0\u00bb (La goutte d&rsquo;eau) de Jarl Priel et sur un drame \u00ab\u00a0Ar Bleizi\u00a0\u00bb (Les loups).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les r\u00e9p\u00e9titions commenc\u00e8rent pour la premi\u00e8re pi\u00e8ce, avec de jeunes cultivateurs et Marguerite, parfaite bretonnante<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut un tr\u00e8s grand succ\u00e8s, une salle bien remplie et riant de bon c\u0153ur. Nous avions marqu\u00e9 un point face \u00e0 la population, plut\u00f4t hostile \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sur la lanc\u00e9e, nous d\u00e9cid\u00e2mes de changer de registre et d&rsquo;attaquer le drame \u00ab\u00a0Ar Bleizi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais l\u00e0, il m&rsquo;arriva une dr\u00f4le d&rsquo;histoire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous mettons donc en chantier cette pi\u00e8ce dont la trame \u00e9tait la suivante : la sc\u00e8ne se passe en pleine campagne, en hiver. La terre est recouverte d un blanc manteau. Un homme, poursuivi par les loups, frappe \u00e0 la porte d&rsquo;une ferme pour trouver un refuge. Dans cette maison habitent des fermiers exploit\u00e9s par l&rsquo;individu pourchass\u00e9 par les loups. Cet individu, appel\u00e9 \u00ab\u00a0An Aotrou\u00a0\u00bb (Le Monsieur) dans la pi\u00e8ce, se voit accueilli par l&rsquo;homme qui lui ouvre sa porte, mais la femme refuse de le recevoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"veillee\" id=\"veillee\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Une veill\u00e9e \u00e0 Rosconval en Plouy\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette histoire me rappelle une autre qui concerne \u00e9galement le breton que je lisais parfaitement sans trop le comprendre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Marguerite avait des grands-parents qui habitaient le village de Rosconval, dans la commune de Plouy\u00e9. Nous nous rendions souvent, \u00e0 pied, de La Montagne \u00e0 Rosconval.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un hiver, par temps de neige, il nous est arriv\u00e9 de passer quelques bons moments avec eux, devant un feu br\u00fblant dans la chemin\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je ne sais plus comment cela s&rsquo;est produit, mais j&rsquo;ai eu entre les mains un livre, qui fut pendant longtemps le livre de chevet des paysans bretons, \u00ab\u00a0Buhez Ar Zent\u00a0\u00bb (La vie des saints), La Bretagne ayant ses saints particuliers, \u00e9vang\u00e9lisateurs du pays.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce livre, qu&rsquo;ils ne pouvaient h\u00e9las pas d\u00e9chiffrer, ne sachant pas lire pour la plupart, \u00e9tait cependant gard\u00e9 comme une relique, au coin de la chemin\u00e9e, d&rsquo;o\u00f9 sa couleur brunie par la fum\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce jour-l\u00e0 cependant, le \u00ab\u00a0miracle\u00a0\u00bb eut lieu. J&rsquo;ouvris le livre et commen\u00e7ai la lecture d&rsquo;un chapitre. Je constatai que mes deux petits vieux m&rsquo;\u00e9coutaient attentivement, les yeux \u00e9merveill\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cela voulait dire que le texte passait bien. Au bas de la page, le grand-p\u00e8re m&rsquo;arr\u00eatait et me r\u00e9sumait ce que je venais de lire. La grand-m\u00e8re ne parlait pas le fran\u00e7ais, mais son mari ayant particip\u00e9 \u00e0 des guerres coloniales au Maroc pouvait converser avec moi. Se rendant compte que je ne comprenais pas la totalit\u00e9 du texte, il me le r\u00e9sumait et l&rsquo;aventure continuait.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quel r\u00e9gal pour eux et quelle joie pour moi !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"u-s-co\" id=\"u-s-co\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>L&rsquo;Union Sportive de Collorec<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s la cr\u00e9ation de l&rsquo;Amicale La\u00efque, le th\u00e9\u00e2tre en breton, il restait \u00e0 trouver une autre activit\u00e9 pour occuper plus globalement les jeunes de la commune.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce ne pouvait \u00eatre que par le sport, d&rsquo;o\u00f9 la mise en place d&rsquo;une \u00e9quipe de football : L&rsquo;union Sportive de Collorec. Le mot \u00ab\u00a0Union\u00a0\u00bb avait bien un sens ; il fallait rassembler toutes les bonnes volont\u00e9s \u00e0 travers les joueurs et les dirigeants. Epaul\u00e9 par quelques instituteurs du canton encadrant les jeunes, pour la plupart enfants des commer\u00e7ants du bourg les plus hostiles \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque, j&rsquo;engageais l&rsquo;\u00e9quipe en championnat de district. Elle y tint un bon rang. Des tournois de Sixte avec les \u00e9quipes environnantes furent organis\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le plus dur \u00e9tait de trouver et de conserver un terrain. Nous en avons chang\u00e9 plusieurs fois. C&rsquo;\u00e9tait des champs aimablement pr\u00eat\u00e9s par leurs propri\u00e9taires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"abbe-dolou-rencontre\" id=\"abbe-dolou-rencontre\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Rencontre avec l&rsquo;abb\u00e9 Dolou<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et c&rsquo;est alors que tout marchait pour le mieux qu&rsquo;est survenue la m\u00e9chancet\u00e9 qui me valut la plus heureuse rencontre, celle de l&rsquo;abb\u00e9 Maurice Dolou.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Un matin de septembre, rentrant de vacances, j&rsquo;eus la d\u00e9sagr\u00e9able surprise de constater que le dernier champ qui servait de terrain de foot avait \u00e9t\u00e9 labour\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">La raison \u00e9tait \u00e9vidente. M\u00e9contents des succ\u00e8s remport\u00e9s par l&rsquo;Union Sportive de Collorec, de \u00ab\u00a0bonnes \u00e2mes\u00a0\u00bb ne trouv\u00e8rent rien de mieux que de pousser le cultivateur \u00e0 labourer son champ, sans pr\u00e9avis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Plus de terrain, plus d&rsquo;\u00e9quipe !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e0 ce moment qu&rsquo;arriva dans la commune un jeune abb\u00e9 fra\u00eechement issu du service militaire. Il venait seconder le recteur de Collorec. Tr\u00e8s vite on lui confia le soin de remonter une \u00e9quipe de football, ce qu&rsquo;il r\u00e9alisa en la baptisant \u00ab\u00a0Les Gars de Collorec\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Malheureusement pour lui, cette \u00e9quipe essuya, d\u00e8s le d\u00e9part, de cinglants revers. Sans l&rsquo;aide des a\u00een\u00e9s qui m&rsquo;avaient soutenu, les jeunes, livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames, avaient peu de chance de gagner leurs matchs.<br \/>\nUn jeudi matin, j&rsquo;eus la surprise d&rsquo;entendre frapper \u00e0 ma porte et de voir entrer dans ma cuisine un pr\u00eatre portant soutane. Je reconnus notre jeune abb\u00e9. Il s&rsquo;assit \u00e0 ma table et me confia rapidement l&rsquo;objet de sa visite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">M\u00e9content des d\u00e9faites des \u00ab\u00a0Gars de Collorec\u00a0\u00bb, il venait chercher mon soutien pour \u00e9toffer son \u00e9quipe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Vous avez, me dit-il, des instituteurs qui vous ont aid\u00e9 et qui sont de bons joueurs. Ne pourrait-on travailler ensemble ? \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je lui donnai mon accord avec cependant quelques r\u00e9serves : l&rsquo;\u00e9quipe reprendrait le nom de Union Sportive de Collorec, adh\u00e9rant uniquement \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise de Football.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Devant un bon bol de caf\u00e9, la conversation s&rsquo;\u00e9largit rapidement \u00e0 d&rsquo;autres sujets.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">De fil en aiguille, il vint \u00e0 me confier quelques impressions ressenties depuis son arriv\u00e9e \u00e0 Collorec, o\u00f9 il \u00e9tait bien re\u00e7u par les jeunes. Sachant que j&rsquo;\u00e9tais communiste (il y avait eu une \u00e9lection municipale depuis son arriv\u00e9e et j&rsquo;avais constitu\u00e9 une liste d&rsquo;opposition \u00e0 la Mairie de Droite), il me dit :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je suis pr\u00eatre, je crois en Dieu et je d\u00e9fends ma religion, mais si je n&rsquo;\u00e9tais pas abb\u00e9, je serais un communiste, comme vous D&rsquo;ailleurs quand j&rsquo;\u00e9tais s\u00e9minariste, nous nous \u00e9tions abonn\u00e9s \u00e0 plusieurs aux Cahiers du Communisme. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Puis il me parla de l&rsquo;\u00e9lection municipale et entama une charge contre les commer\u00e7ants du bourg qui confiaient \u00e0 des journali\u00e8res le soin de laver leur linge au lavoir en plein air, pr\u00e8s de l&rsquo;\u00e9glise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Ces commer\u00e7ants, me confia-t-il, se moquent de vous parce que dans votre profession de foi, vous avez os\u00e9 demander de couvrir ce lavoir. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous nous quitt\u00e2mes bons amis et l&rsquo;Union Sportive de Collorec repartit de bon pied.<br \/>\nJ&rsquo;eus l&rsquo;occasion de retrouver Maurice en 1953, dans d&rsquo;autres circonstances sur lesquelles je reviendrai.<br \/>\nIl quitta Collorec avant moi, ayant re\u00e7u une nomination comme Directeur d&rsquo;une \u00c9cole Priv\u00e9e \u00e0 Kerlouan dans le nord Finist\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Le jour de son d\u00e9m\u00e9nagement, je recevais un pli de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique. Je devais en faire part \u00e0 la Directrice de l&rsquo;\u00c9cole des Filles situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre bout du bourg (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque le Directeur de l&rsquo;\u00c9cole des Gar\u00e7ons recevait les circulaires administratives et les transmettait \u00e0 sa coll\u00e8gue de l&rsquo;\u00c9cole des Filles).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">En remontant le bourg, sur le coup de midi, je remarquai le car Sizun dans lequel on embarquait les bagages de Maurice. Il \u00e9tait devant le car, les commer\u00e7ants sur le pas de leurs portes, le saluaient de la main. Me voyant de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, il vint vers moi et devant les spectateurs \u00e9bahis, il me serra longuement la main.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est une sc\u00e8ne que je ne suis pas pr\u00e8s d&rsquo;oublier.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"la-vie-scolaire\" id=\"la-vie-scolaire\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>La vie scolaire<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Mes activit\u00e9s extra-scolaires passaient \u00e9videmment apr\u00e8s et en plus de mon travail d&rsquo;instituteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1782\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic18-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;avais en charge une classe unique avec tout ce que cela comporte comme pr\u00e9parations.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Du cours pr\u00e9paratoire au certificat d&rsquo;\u00e9tudes, il fallait organiser la journ\u00e9e. En cette ann\u00e9e 1945, j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9 par la p\u00e9dagogie de C\u00e9lestin Freinet. J&rsquo;avais lu quelques ouvrages sur ce p\u00e9dagogue qui, contre vents et mar\u00e9e, avait imagin\u00e9 avant-guerre des m\u00e9thodes d&rsquo;\u00e9ducation nouvelle. J&rsquo;avais eu l&rsquo;occasion d&rsquo;assister \u00e0 un congr\u00e8s Freinet \u00e0 Angers et visionn\u00e9 \u00e0 ce moment le film \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9cole Buissonni\u00e8re\u00a0\u00bb qui retra\u00e7ait sa vie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;essayai donc d&rsquo;appliquer ses m\u00e9thodes dans ma classe, avant tout faire s&rsquo;exprimer l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;achetai une imprimerie \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole avec ses caract\u00e8res en plomb et gr\u00e2ce aux textes libres des \u00e9l\u00e8ves, nous imprimions un journal scolaire : \u00ab\u00a0Le Grillon Collor\u00e9cois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous le diffusions dans la commune et l&rsquo;\u00e9changions avec celui d&rsquo;une \u00e9cole de Salon de Provence qui nous parrainait, (le parrainage \u00e9tait d\u00fb \u00e0 une initiative du Syndicat des Instituteurs pour aider les \u00e9coles soumises \u00e0 une concurrence des \u00e9coles priv\u00e9es).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je trouvai rapidement un autre moyen d&rsquo;expression : la marionnette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Fabriquer des poup\u00e9es avec de la p\u00e2te \u00e0 papier, leur donner un visage, construire un castelet, permirent aux enfants de trouver l\u00e0 une occupation qui allait avoir d&rsquo;heureuses cons\u00e9quences. Quelques \u00e9l\u00e8ves qui ne pouvaient s&rsquo;exprimer correctement devant moi, devenaient, \u00e0 l&rsquo;abri derri\u00e8re le castelet, un autre personnage retrouvant le sens de la parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Puis nous avons imagin\u00e9 de raconter, \u00e0 travers ces marionnettes, des histoires puis\u00e9es dans le folklore local et, un soir de No\u00ebl, dans une baraque en bois, nous avons donn\u00e9 un spectacle, aper\u00e7u de notre travail devant un public ravi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Aimant la musique, j&rsquo;apprenais la pratique du pipeau aux \u00e9l\u00e8ves, certains devenant rapidement de v\u00e9ritables virtuoses. Je me souviens du petit Guichoux, jouant devant un Inspecteur m\u00e9dus\u00e9, une gavotte endiabl\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Nous avons particip\u00e9 \u00e0 une f\u00eate cantonale \u00e0 Ch\u00e2teauneuf-du-Faou. Log\u00e9s dans une remorque de tracteur, jouant du pipeau, notre prestation fut tr\u00e8s applaudie, les spectateurs connaissant le combat men\u00e9 \u00e0 Collorec pour la survie de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Cependant, les examens de fin d&rsquo;ann\u00e9e scolaire approchaient et je devais renforcer le travail scolaire :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Bourses, C.E.P., entr\u00e9e en Centres d&rsquo;apprentissage. Quelques succ\u00e8s venaient r\u00e9jouir les parents de mes \u00e9l\u00e8ves, ces familles qui, malgr\u00e9 l&rsquo;environnement hostile, m&rsquo;avaient confi\u00e9 leurs enfants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;avais entre temps beaucoup r\u00e9fl\u00e9chi sur la m\u00e9thode Freinet et ne gardai que ce que je trouvais r\u00e9alisable, quant \u00e0 ma p\u00e9dagogie personnelle. Tout ne pouvait venir de l&rsquo;enfant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"eleve-inattendu\" id=\"eleve-inattendu\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Un \u00e9l\u00e8ve inattendu<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Un matin, je vis arriver dans ma classe un nouvel \u00e9l\u00e8ve.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Il avait suivi deux gar\u00e7ons de son village et d\u00e9cid\u00e9 de venir \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique. J&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s heureux de l&rsquo;accueillir, bien entendu, quand vers dix heures j&rsquo;avais la visite du Directeur de l&rsquo;\u00c9cole Priv\u00e9e, l&rsquo;abb\u00e9 Corentin Le B&#8230; Poliment il me d\u00e9clara :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Monsieur N\u00e9d\u00e9lec, le petit Grannec est chez vous, mais ses parents ne sont s\u00fbrement pas d&rsquo;accord. Il faut donc les pr\u00e9venir et voir ce qu&rsquo;ils diront. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je lui fis la promesse d&rsquo;aller \u00e0 midi informer ses parents de la situation. Ils furent bien \u00e9tonn\u00e9s et me dirent que leur enfant devait retourner \u00e0 l&rsquo;Ecole Priv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Pendant ce temps, ce gar\u00e7on avait mang\u00e9 \u00e0 la cantine. Il retourna dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Priv\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Cette histoire eut une suite. Quelques ann\u00e9es plus tard, l&rsquo;\u00e9cole publique avait \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e, faute d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, et transform\u00e9e en Maison pour tous. Le b\u00e2timent \u00e9tait bien plus beau qu&rsquo;au temps o\u00f9 j&rsquo;y exer\u00e7ais. Je retrouvai cet \u00e9l\u00e8ve inattendu. C&rsquo;\u00e9tait lors d&rsquo;un fest-noz organis\u00e9 dans cette salle communale. Je m&rsquo;y \u00e9tais rendu de Brest avec un gar\u00e7on que j&rsquo;avais \u00e9lev\u00e9 quand j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Collorec (je raconterai son histoire plus loin).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Alors que j&rsquo;\u00e9tais accoud\u00e9 au comptoir, un homme vint vers moi et me demanda si je le reconnaissais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;\u00e9tait mon visiteur d&rsquo;une matin\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique de Collorec. Mari\u00e9, p\u00e8re de famille, il me parla de son passage \u00e9clair dans ma classe, combien il avait \u00e9t\u00e9 heureux de cette matin\u00e9e, se souvenant en particulier de la le\u00e7on de g\u00e9ographie qui \u00e9tait \u00e0 l&#8217;emploi du temps, du repas \u00e0 la cantine. Bref une matin\u00e9e dont il avait gard\u00e9 un bon souvenir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai su par la suite, par l&rsquo;interm\u00e9diaire du Syndicat des Instituteurs, qu&rsquo;une p\u00e9tition circulait \u00e0 Collorec pour la r\u00e9ouverture d&rsquo;une \u00c9cole Publique (il n&rsquo;y avait plus ni Ecole de Filles, ni \u00c9cole de Gar\u00e7ons) et que Monsieur Grannec \u00e9tait l&rsquo;initiateur de cette p\u00e9tition.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Parmi mes souvenirs, cet \u00e9pisode est un de ceux qui m&rsquo;ont le plus touch\u00e9 dans ma vie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"morale-religion\" id=\"morale-religion\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Morale et religion<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;avais dans ma classe trois \u00e9l\u00e8ves d&rsquo;une m\u00eame famille, la famille Coquil, du village de Penn Ar Vern, apparent\u00e9e \u00e0 celle du Pr\u00e9sident de l&rsquo;Amicale La\u00efque, Pierre Coquil. Trois gar\u00e7ons intelligents et que je tenais \u00e0 conserver.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Avant la rentr\u00e9e d&rsquo;octobre, Marguerite et moi avions l&rsquo;habitude d&rsquo;aller \u00e0 la collecte de pommes de terre pour la cantine. Pour ce faire, nous nous rendions \u00e0 la ferme de Penn Ar Vern, quand un voisin nous dit : \u00ab l&rsquo;abb\u00e9 C&#8230; est chez les Coquil. \u00bb Raison de plus pour y aller, car nous savions pourquoi il \u00e9tait l\u00e0 : ramener les trois gar\u00e7ons dans son \u00e9cole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">En effet, l&rsquo;abb\u00e9 \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 en grande discussion avec les parents quand nous entr\u00e2mes dans la maison. Ce fut pour lui \u00e9videmment une mauvaise surprise. Le dialogue \u00e9tait in\u00e9vitable et \u00e0 un moment on en vint \u00e0 parler de morale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab II n&rsquo;y a pas de morale \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque, affirma le pr\u00eatre, car il n&rsquo;y a pas de morale sans Dieu. \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">Je protestai, arguant qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Ecole La\u00efque, si l&rsquo;on ne se r\u00e9f\u00e8re pas \u00e0 Dieu, on s&rsquo;honore quand m\u00eame d&rsquo;\u00e9lever les enfants dans le droit chemin. Le pr\u00eatre insista et affirma :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"JUSTIFY\">\u00ab Vous savez bien que les criminels, les condamn\u00e9s sortent tous de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque (sic). \u00bb II quitta la ferme avant nous. Et les trois Coquil retourn\u00e8rent \u00e0 l&rsquo;Ecole La\u00efque. Les deux grands fr\u00e8res furent re\u00e7us \u00e0 l&rsquo;examen des Bourses, mais le plus jeune, le petit Yves, subit un sort, h\u00e9las, plus tragique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"tragique-accident\" id=\"tragique-accident\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Dimanche 10 septembre 1950 :\u00a0Tragique accident<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce dimanche 10 septembre 1950, le d\u00e9c\u00e8s de Yves Coquil est venu endeuiller sa famille, l&rsquo;\u00e9cole, la commune. Comme l&rsquo;indique l&rsquo;article du journal, le drame s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 au d\u00e9but de l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Nous nous appr\u00eations \u00e0 sortir pour une promenade quand nous avons eu connaissance de l&rsquo;accident.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Enfourchant notre tandem, nous nous sommes rendus aussit\u00f4t sur les lieux. Yves gisait encore sur la route. Nous nous sommes rapproch\u00e9s de lui, il \u00e9tait h\u00e9las bien mort. Comment dire notre \u00e9motion. Le corps ramen\u00e9 \u00e0 Penn Ar Vern, notre premi\u00e8re pr\u00e9occupation fut de pr\u00e9venir le p\u00e8re Yvon Coquil. Il travaillait \u00e0 la poudrerie de Sevran en Seine-et-Oise.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lui aussi \u00e9tait parti se promener avec un camarade. La direction pr\u00e9venue alla l&rsquo;avertir. Imaginez sa douleur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut pour nous un drame terrible.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><b>Collorec<\/b><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><b>UN GAR\u00c7ONNET DE 11 ANS EST<br \/>\nHEURT\u00c9 PAR UN CAR\u00a0<\/b><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><b>il d\u00e9c\u00e8de quelques instants apr\u00e8s<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Hier, vers 14 heures, le car Martin, de La Feuill\u00e9e, se rendait avec l&rsquo;\u00e9quipe de football de Huelgoat \u00e0 Plon\u00e9vez-du-Faou.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Au croisement de la route d\u00e9partementale et du chemin vicinal de Pen-ar-Vern, le car heurta violemment le jeune Yves Coquil, \u00e2g\u00e9 de 11 ans, qui venant de chez lui d\u00e9bouchait au m\u00eame endroit \u00e0 bicyclette.<br \/>\nL&rsquo;enfant v\u00e9cut quelques secondes, apr\u00e8s avoir eu juste le temps d&rsquo;appeler ses parents et de dire o\u00f9 il habitait.<br \/>\nLa gendarmerie de Ch\u00e2teaulin arriv\u00e9e sur les lieux, effectua son enqu\u00eate et le docteur Delaporte, mand\u00e9 d&rsquo;urgence, constata le d\u00e9c\u00e8s d\u00fb \u00e0 une fracture \u00e0 la base du cr\u00e2ne. La jambe gauche \u00e9tait cass\u00e9e en deux endroits.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Habitant le village de Pen-ar-Vern, le petit Yves Coquil \u00e9tait un excellent \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9cole publique de gar\u00e7ons de Collorec. Ses obs\u00e8ques auront lieu mardi matin.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">A sa maman, \u00e0 son papa, ouvrier \u00e0 la poudrerie de Sevran (Seine-et-Oise), \u00e0 ses fr\u00e8res et sur, \u00ab Ouest-Matin \u00bb adresse ses sinc\u00e8res condol\u00e9ances.<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><b>COLLOREC<br \/>\nApr\u00e8s l&rsquo;accident mortel<br \/>\nde dimanche<\/b><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Les obs\u00e8ques du jeune Yves Coqui\u00ef, tu\u00e9 accidentellement dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi du Dimanche 10, par le car de M. Martin, de La Feuill\u00e9e, ont \u00e9t\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9es mardi en pr\u00e9sence d&rsquo;une foule nombreuse et recueillie, l.a douleur des parents qui viennent de se voir ravir un enfant aux qualit\u00e9s exceptionnelles, \u00e9tait partag\u00e9e par toute la commune et nombreuses \u00e9taient les gerbes de fleurs port\u00e9es par les camarades d&rsquo;\u00e9cole du petit disparu M Grannec, maire de la Commune, MM. Bernard et Corbel, conseillers municipaux, M. Fagon, pharmacien \u00e0 Huelgoat, qui avait apporte une magnifique gerbe offerte par l&rsquo;L&rsquo;U.S. Huelgoat, asssistaient \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie. Les \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole publique des gar\u00e7ons, porteurs des gerbes, \u00e9taient encadr\u00e9s par une d\u00e9l\u00e9gation d&rsquo;\u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;\u00e9cole publique de filles<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;enqu\u00eate sur les causes de l&rsquo;accident suit son cours, mais d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 nous nous devons d&rsquo;attirer l&rsquo;attention des autorit\u00e9s responsables sur l&rsquo;insuffisance de signalisation des chemins communaux aboutissant aux routes d\u00e9partementales et nous r\u00e9clamons pour les \u00e9coles de la commune des panneaux \u00ab Attention Ecole \u00bb. destin\u00e9s \u00e0 pr\u00e9venir les automobilistes de la pr\u00e9sence de b\u00e2timents scolaires, la s\u00e9curit\u00e9 des enfants en d\u00e9pend.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"bal-cantine\" id=\"bal-cantine\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Le bal de la cantine<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon s\u00e9jour \u00e0 Collorec a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9 par beaucoup d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements, mais celui-ci est le cas le plus typique d&rsquo;une mentalit\u00e9 r\u00e9trograde et mesquine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s notre arriv\u00e9e dans la commune, constatant qu&rsquo;un certain nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, venant de villages \u00e9loign\u00e9s du bourg, se contentaient, \u00e0 midi, d&rsquo;un casse-cro\u00fbte pris \u00e0 la h\u00e2te, le plus souvent pain et lard, l&rsquo;id\u00e9e nous est venue d&rsquo;ouvrir une cantine avec les moyens du bord : notre cuisine pour commencer et seulement pour quelques enfants de l&rsquo;\u00e9cole des gar\u00e7ons.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais tr\u00e8s vite, sollicit\u00e9s par les enseignantes de l&rsquo;\u00e9cole des filles, o\u00f9 il y avait trois classes, il nous fallait trouver de nouveaux moyens, et donc de l&rsquo;argent pour acheter du mat\u00e9riel.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout d&rsquo;abord, afin de nous mettre \u00e0 couvert par rapport au financement de la cantine, nous avons cr\u00e9\u00e9 un Comit\u00e9 avec quelques personnes de bonne volont\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Trouver de l&rsquo;argent. Mais comment ? Pourquoi pas un bal ? Nous savions qu&rsquo;\u00e9tant donn\u00e9 les r\u00e9percussions, dans le canton, de nos progr\u00e8s en effectifs \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, nous aurions du monde.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais \u00e0 Collorec, l&rsquo;\u00c9glise interdisait les bals le dimanche (jour du Seigneur). Depuis, les temps ont chang\u00e9 : mais c&rsquo;\u00e9tait comme cela \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alors, un certain soir, nous sommes all\u00e9s \u00e0 la rencontre de Monsieur le Maire, un bien brave homme, mais sans autorit\u00e9, subissant l&rsquo;influence des ennemis de l&rsquo;\u00e9cole publique et notamment de la secr\u00e9taire de mairie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est dans sa ferme que nous lui avons expliqu\u00e9 le but de notre visite. Monsieur le Maire parut sensible \u00e0 nos propositions et nous donna, oralement, son accord.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Satisfaits de sa r\u00e9ponse, nous nous sommes mis au travail pour pr\u00e9parer ce bal de la cantine, fix\u00e9 \u00e0 un dimanche soir, dans une salle de l&rsquo;\u00c9cole : orchestre, affiches, etc&#8230; Tout allait bien, quand le mercredi pr\u00e9c\u00e9dant le bal, je re\u00e7us une lettre de la Mairie annon\u00e7ant que le Conseil Municipal refusait la tenue de ce bal \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole. Le Maire avait subi une pression de nos adversaires. Que faire ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je bondis \u00e0 la Poste et t\u00e9l\u00e9phonai \u00e0 l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, Jean Debiesse. Il connaissait bien ma situation, sa r\u00e9ponse fut rapide : \u00ab Je vais imm\u00e9diatement en parler au Pr\u00e9fet. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et le lendemain arrivait \u00e0 la Mairie un t\u00e9l\u00e9gramme de la pr\u00e9fecture autorisant le bal de l&rsquo;\u00c9cole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Inutile d&rsquo;ajouter, l&rsquo;affaire ayant fait grand bruit dans le canton, le succ\u00e8s remport\u00e9. L&rsquo;argent recueilli nous permit d&rsquo;acheter tables avec chevalets, mat\u00e9riel de cuisine plus adapt\u00e9 etc&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Georges Thomas, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque Directeur de l&rsquo;\u00c9cole Publique de Kergloff et R\u00e9dacteur en chef de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re et qui, plus tard, install\u00e9 \u00e0 Brest, \u00e9crivit sur cette ville plusieurs ouvrages, pr\u00e9sida la Soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;Etudes de Brest et du L\u00e9on qui publiait les Cahiers de l&rsquo;Iroise, r\u00e9digea le pamphlet suivant :<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><i>ACTION LA\u00cfQUE du Finist\u00e8re<br \/>\nNum\u00e9ro 6 juillet-Ao\u00fbt 1946<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>D\u00e9die \u00e0 Monsieur le Maire de Collorec.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Je ne sais, Monsieur le Maire, si vous aimez les histoires, entendons-nous : les contes, les nouvelles Dans mon jeune \u00e2ge, j&rsquo;en raffolais et aujourd&rsquo;hui encore, je les go\u00fbte fort. Je suppose donc que vous \u00eates comme moi et vous me permettez bien de vous en conter une.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Ecoutez donc. Cela se passe en 1820, en Touraine, ce d\u00e9licieux pays rabelaisien o\u00f9 l&rsquo;on go\u00fbte pleinement la joie de vivre. Le cur\u00e9 de Veretz \u00ab\u00a0homme sens\u00e9, instruit, octog\u00e9naire quasi, mais ami de la Jeunesse\u00a0\u00bb&lsquo;, assiste sur le pas de sa porte aux \u00e9bats innocents des jeunes gens qui dansent au son des violons.<br \/>\nDans la commune d&rsquo;Azay, toute proche, le cur\u00e9, \u00ab\u00a0jeune homme bouillant de z\u00e8le, conscrit de l&rsquo;\u00e9glise militante\u00a0\u00bb&lsquo;, a interdit, lui, gr\u00e2ce aux bons offices du pr\u00e9fet, toute danse, semblant vouloir transformer sa riante paroisse en \u00ab\u00a0un sombre couvent de la Trappe\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Voil\u00e0 toute l&rsquo;histoire, Monsieur le Maire. Elle n&rsquo;est pas de moi. Je l&rsquo;ai d\u00e9nich\u00e9e dans Paid-Louis Courier, qui, outr\u00e9 d&rsquo;une telle attitude, adresse \u00e0 ce propos une p\u00e9tition \u00e0 la chambre des d\u00e9put\u00e9s \u00ab\u00a0pour les villageois qu&rsquo;on emp\u00eache de danser\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Qu&rsquo;en pensez-vous, Monsieur le Maire ? Voulez-vous \u00eatre rang\u00e9 parmi les disciples du cur\u00e9 d&rsquo;Azay ?<br \/>\nTout le laisse supposer puisque vous refusez l&rsquo;autorisation de faire bal dans une salle de l&rsquo;\u00e9cole publique de Collorec, au profit de Ia cantine, et ceci, pendant les vacances.\u00a0Je sais, la cantine est un danger pour l&rsquo;\u00e9cole libre concurrente. Pensez donc ! L&rsquo;\u00e9cole la\u00efque n&rsquo;avait qu&rsquo;un \u00e9l\u00e8ve en octobre dernier et elle en compte vingt-et-un maintenant, sans parler des inscriptions pour la rentr\u00e9e.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Aussi, je comprends fort bien votre r\u00e9plique au directeur de l&rsquo;\u00e9cole qui sollicitait l&rsquo;autorisation : \u00ab Si vous voulez des \u00ab\u00a0sous\u00a0\u00bb, faites payer plus cher les \u00e9l\u00e8ves. Pourquoi faire une cantine ? Pour si peu de gar\u00e7ons ! \u00bb<br \/>\nJe le comprends, dis-je, car je sais qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas de vous, on vous l&rsquo;a \u00ab\u00a0souffl\u00e9e\u00a0\u00bb.<br \/>\nAlors, Monsieur le Maire, soyez large d&rsquo;id\u00e9es. Si vous voulez passer pour un \u00ab\u00a0r\u00e9publicain\u00a0\u00bb et si vous vouiez, \u00eatre \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb ailleurs que dans votre \u00ab\u00a0mouvement\u00a0\u00bb accordez donc l&rsquo;autorisation dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat des enfants de vos administr\u00e9s.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Et maintenant, si vous avez un instant, allez donc trouver votre \u00ab\u00a0souffleur\u00a0\u00bb et dites-lui de vous lire une page de \u00ab\u00a0l&rsquo;\u00c9criture\u00a0\u00bb o\u00f9 se trouve ce passage \u00ab\u00a0le saint Roi David dansa devant l&rsquo;arche du Seigneur et le Seigneur le trouva bon, il en fut aise\u00a0\u00bb. Ne soyez donc pas plus royaliste que le Roi des Rois, qui, lui, prenait plaisir \u00e0 la danse. \u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><i>Georges THOMAS<\/i><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><i>Directeur de l&rsquo;\u00c9cole Publique\u00a0de Kergloff<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je n&rsquo;ai qu&rsquo;un regret. C&rsquo;est que, pendant sept ans, Marguerite a travaill\u00e9 durement \u00e0 la cantine et que ne l&rsquo;ayant pas d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 la S\u00e9curit\u00e9 Sociale, j&rsquo;ai amput\u00e9 sa modeste retraite d&rsquo;une somme importante. Mais voil\u00e0, on est jeune, on est militant plein d&rsquo;enthousiasme et on oublie qu&rsquo;il y a des vieux jours qui vous attendent.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ajoute un petit d\u00e9tail, pour clore sur cette histoire rocambolesque de cantine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1945, l&rsquo;\u00e9cole publique de Collorec n&rsquo;avait pas l&rsquo;eau courante ! Pour alimenter la cuisine de la cantine de ce pr\u00e9cieux liquide, il me fallait me rendre au puits qui existait dans la cour. A l&rsquo;aide d&rsquo;une cha\u00eene m\u00e9tallique, je remplissais les seaux n\u00e9cessaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il survenait parfois une cassure de cette cha\u00eene. J&rsquo;allais chez un voisin de l&rsquo;\u00e9cole demander un grappin gr\u00e2ce auquel je pouvais r\u00e9cup\u00e9rer le seau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et ceci pouvait survenir en plein hiver. Imaginez la sc\u00e8ne !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"rencontre-debiesse\" id=\"rencontre-debiesse\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Rencontre avec Jean Debiesse,\u00a0Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon premier contact se produisit lors de ma sortie du bureau de Monsieur Bourbao, alors que je venais d&rsquo;obtenir le poste d&rsquo;instituteur charg\u00e9 d&rsquo;\u00e9cole \u00e0 Collorec. Il \u00e9tait l\u00e0, dans le couloir de l&rsquo;inspection Acad\u00e9mique. Il me fit entrer dans son bureau, lui ayant demand\u00e9 une entrevue sur-le-champ. C&rsquo;\u00e9tait pour expliquer cette situation du hameau de P\u00e9nity-Saint-Laurent, \u00e0 la limite de quatre communes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette entrevue eut un r\u00e9sultat imm\u00e9diat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00e9cole s&rsquo;ouvrit donc dans un local des Eaux et For\u00eats situ\u00e9 sur la commune de Kergloff, puis d\u00e9m\u00e9nagea pour venir en Landeleau, o\u00f9 elle fut construite en dur, apr\u00e8s deux passages dans un hangar du boulanger et la salle de danse de Monsieur Guichoux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une autre \u00e9cole de hameau allait voir le jour, dans les circonstances suivantes :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un beau matin, je vois entrer dans ma classe unique, l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie. C&rsquo;est toujours impressionnant pour un instituteur d\u00e9butant, cette apparition d&rsquo;un sup\u00e9rieur aussi haut plac\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La glace allait vite \u00eatre rompue. Ayant entendu parler d&rsquo;une ouverture possible d&rsquo;une \u00e9cole publique \u00e0 Saint-Herbot, au fin fond de la commune de Plon\u00e9vez-du-Faou, il venait me demander de le conduire \u00e0 cet endroit afin de juger de l&rsquo;opportunit\u00e9 de cette ouverture. J&rsquo;\u00e9tais en blouse grise, portant des sabots de bois. Je lui expliquai qu&rsquo;ayant une classe unique, je pouvais difficilement m&rsquo;absenter. Ce \u00e0 quoi il r\u00e9torqua :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Votre coll\u00e8gue de l&rsquo;Ecole des filles s&rsquo;en chargera. \u00bb (Des trois classes que comportait l&rsquo;\u00c9cole des Filles, situ\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre extr\u00e9mit\u00e9 du bourg, une d&rsquo;entre elles, la classe enfantine, fonctionnait \u00e0 l&rsquo;Ecole des Gar\u00e7ons).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et me voil\u00e0 parti dans la voiture de Jean Debiesse. En cours de route, la conversation s&rsquo;engagea. \u00c0 un moment donn\u00e9, l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie me confia :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Monsieur N\u00e9d\u00e9lec, vous faites du bon travail \u00e0 Collorec pour la promotion de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque. Continuez et quoi qu&rsquo;il arrive, je vous couvrirai. \u00bb Quand on entend ces paroles d&rsquo;un \u00ab\u00a0chef\u00a0\u00bb, rien ne peut vous arr\u00eater (voir l&rsquo;affaire du bal de la Cantine).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Plus loin, il ajouta :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab II vous manque un \u00e9l\u00e9ment pour parfaire votre autorit\u00e9 dans la commune. Vous devriez ouvrir un Cours Post-scolaire Agricole. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;ayant aucune formation dans ce domaine, je lui r\u00e9pondis que cela me semblait difficile. Il r\u00e9ussit \u00e0 me convaincre en me faisant miroiter l&rsquo;obtention d&rsquo;un \u00ab\u00a0Certificat d&rsquo;Aptitude \u00e0 l&rsquo;enseignement Agricole\u00a0\u00bb, \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;un stage \u00e0 l&rsquo;Ecole d&rsquo;Agriculture de Br\u00e9houlou en Fouesnant. Ce qui se r\u00e9alisa effectivement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"affrontement\" id=\"affrontement\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Affrontement\u00a0avec le Directeur de l&rsquo;Ecole Priv\u00e9e<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je fais ici une grande parenth\u00e8se. L&rsquo;ouverture du Cours Postscolaire Agricole me valut avec le Directeur de l&rsquo;\u00c9cole Priv\u00e9e une solide empoignade.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un dimanche matin, j&rsquo;entends quelqu&rsquo;un me h\u00e9ler sous ma fen\u00eatre. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;abb\u00e9 Jean C&#8230; le Directeur de l&rsquo;\u00c9cole Priv\u00e9e, accompagn\u00e9 du crieur public qui, \u00e0 la sortie de la messe, donnait les nouvelles concernant la commune, debout sur la \u00ab\u00a0pierre\u00a0\u00bb, comme on disait (mur sur\u00e9lev\u00e9 pour qu&rsquo;on l&rsquo;entende mieux). C&rsquo;\u00e9tait un des adversaires les plus acharn\u00e9s de l&rsquo;Ecole La\u00efque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;\u00e9tais au premier \u00e9tage, j&rsquo;ouvre la fen\u00eatre et j&rsquo;entends :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Monsieur N\u00e9d\u00e9lec, vous n&rsquo;avez pas le droit d&rsquo;ouvrir un cours postscolaire agricole ! J&rsquo;ai la priorit\u00e9 car notre cours postscolaire agricole existe avant le v\u00f4tre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En fait, il s&rsquo;agissait, en ce qui le concernait, d&rsquo;un cours par correspondance de l&rsquo;Office Central Agricole de Landerneau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je l&rsquo;invitai \u00e0 entrer dans la cuisine pour qu&rsquo;on s&rsquo;explique calmement, mais ses vocif\u00e9rations augmentant, je d\u00e9cidai de fermer la fen\u00eatre et de rompre cette agression, les laissant partir furieux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bien entendu, les cours ouvrirent malgr\u00e9 lui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quel contraste avec la visite de l&rsquo;abb\u00e9 Maurice Dolou, qui vint quelques temps plus tard, m&rsquo;inviter \u00e0 collaborer avec lui pour la bonne marche de l&rsquo;U.S. Collorec.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"retour-s-h\" id=\"retour-s-h\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Retour vers Saint-Herbot<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Arriv\u00e9 \u00e0 Saint-Herbot, Jean Debiesse examina les lieux et me demanda de trouver rapidement un local pour que l&rsquo;\u00e9cole puisse d\u00e9marrer.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ce qui fut fait rapidement gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;amiti\u00e9 qui me liait, pour des raisons politiques, \u00e0 un cultivateur. Monsieur Vern, qui mit une grange \u00e0 notre disposition. Il fallut l&rsquo;am\u00e9nager. Les bras ne manqu\u00e8rent pas et ce fut l&rsquo;inauguration en grande pompe.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">J&rsquo;ai conserv\u00e9 l&rsquo;article \u00e9crit par Louis Priser, correspondant du journal Le T\u00e9l\u00e9gramme de Brest, relatant cet \u00e9v\u00e9nement. Louis Priser, une des figures marquantes du Huelgoat, fournissait aussi \u00e0 l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re de nombreux articles dont plusieurs contes \u00e9voquant le milieu qui l&rsquo;entourait. Le papier jauni du journal m&rsquo;oblige \u00e0 recopier ces lignes, mais je crois qu&rsquo;elles en valent la peine :<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"inauguration-s-h\" id=\"inauguration-s-h\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>L&rsquo;inauguration\u00a0de l&rsquo;\u00c9cole Publique de Saint-Herbot<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nich\u00e9e dans son creux de verdure, la bourgade touristique de Saint-Herbot s&rsquo;agglom\u00e8re autour de son \u00e9glise m\u00e9di\u00e9vale au jub\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre et ne se d\u00e9partit de son calme isolement qu&rsquo;aux grands jours des deux pardons annuels.<br \/>\nSamedi cependant, rompant avec la tradition des f\u00eates votives, Saint-Herbot verra sa premi\u00e8re manifestation la\u00efque : l&rsquo;inauguration de son \u00e9cole publique, promise depuis trente ans, mais depuis h\u00e9las, d\u00e9sir\u00e9e par les populations environnantes s\u00e9par\u00e9es de la plus proche \u00e9cole de Loqueffret de cinq kilom\u00e8tres.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Plus de cinq cents personnes assistaient \u00e0 cette f\u00eate familiale dans la cordialit\u00e9 d&rsquo;une m\u00eame pens\u00e9e et d&rsquo;un m\u00eame sentiment pour l&rsquo;\u00e9cole. Il y a l\u00e0 ses cr\u00e9ateurs : Messieurs Debiesse, Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, Collobert et Thomas, Inspecteurs Primaires, Bocage et Bourbao de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique, ses r\u00e9alisateurs, les volontaires qui l&rsquo;\u00e9difi\u00e8rent spontan\u00e9ment et gratuitement : Messieurs Vern, Le Grand, K\u00e9ruzor\u00e9, Cochennec, Coton, Falchier, Morvan, Riou, Magadur, Rannou, Menez, Toutous Fr\u00e8res, Quiniou, Tromeur, Forloroux, Kerangueven, Tosser, Picart, Jaffr\u00e9, Le Goff, Gourlay. Des Instituteurs, l&rsquo;U.J.R.F. de Huelgoat, qu&rsquo;il faut tous citer, parce qu&rsquo;ils furent \u00e0 la peine, les nombreux amis de l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque que compte la r\u00e9gion de Huelgoat : maires, adjoints au maire, conseillers municipaux, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s cantonaux, institutrices et instituteurs etc\u2026 dont nous ne pouvons produire la trop longue liste<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">A seize heures la f\u00eate d\u00e9buta par un chant ex\u00e9cut\u00e9 par les enfants de la nouvelle \u00e9cole, sons la direction de Mademoiselle Rolland, qui fut fort applaudi. Puis les \u00e9l\u00e8ves des deux \u00e9coles de Huelgoat chant\u00e8rent avec nuance et expression le ch\u0153ur \u00ab\u00a0Hymne \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque\u00a0\u00bb sous le direction de Monsieur Gourlay<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Monsieur Collobert, Inspecteur Primaire \u00e0 Ch\u00e2teaulin proc\u00e9da alors \u00e0 l&rsquo;ouverture officielle de l&rsquo;\u00e9cole et pronon\u00e7a un discours o\u00f9 il dit sa joie de f\u00eater cet \u00e9v\u00e8nement heureux et il ajouta : \u00ab cette \u00e9cole est un symbole, Elle est la preuve de ce que peuvent l&rsquo;union et la solidarit\u00e9, quand celles-ci ne sont pas de vains mots . Et Monsieur l&rsquo;Inspecteur termina par ces mots qui furent vigoureusement applaudis : \u00ab que vive et prosp\u00e8re la jeune \u00e9cole de Saint-Herbot et vive notre grande \u00e9cole la\u00efque \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Apr\u00e8s que le ch\u0153ur mixte des \u00e9lev\u00e9s de Huelgoat eut chant\u00e9 \u00ab\u00a0sur les monts\u00a0\u00bb avec le talent qui lui est coutumier, Monsieur Debiesse, Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, duquel Monsieur Collobert venait de dire qu'\u00a0\u00bb\u00e0 peine arriv\u00e9 dans le Finist\u00e8re, il se r\u00e9v\u00e9la le chef la\u00efque que nous attendions\u00a0\u00bb, pronon\u00e7a une allocution dans laquelle il rappela les difficult\u00e9s de toute sorte rencontr\u00e9es par ceux qui, \u00e0 force de volont\u00e9 et de hardiesse, r\u00e9ussirent \u00e0 \u00e9difier la nouvelle \u00e9cole. \u00c9cole bien modeste encore pour ses d\u00e9buts, mais qui, s\u00fbre de l&rsquo;appui de tous ses amis, ne pourra aller qu&rsquo;en prosp\u00e9rant. Il termina son allocution par ces mots :<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab Mesdames, Messieurs, mes enfants, vous avez ici votre \u00e9cole ; elle est n\u00e9e dans une cr\u00e8che. Je lui souhaite ainsi qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque dont elle est le fruit concret, le m\u00eame rayonnement, le m\u00eame succ\u00e8s qu&rsquo;eut la doctrine de celui qui, il y a pr\u00e8s de deux mille ans naquit aussi dans une cr\u00e8che. \u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">De fr\u00e9n\u00e9tiques applaudissements salu\u00e8rent ce discours qui est un acte de foi et d&rsquo;espoir en l&rsquo;\u00e9cole la\u00efque et en ses principes, et qui caract\u00e9rise avec acuit\u00e9, le temp\u00e9rament de l&rsquo;homme d&rsquo;action qu&rsquo;est Monsieur Debiesse qui d\u00e9laissa pr\u00e9matur\u00e9ment ses troupes, non sans avoir laiss\u00e9 son empreinte.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Apr\u00e8s avoir \u00e9cout\u00e9 avec recueillement la \u00ab\u00a0Marseillaise\u00a0\u00bb, les auditeurs se rendirent chez Monsieur No\u00ebl Guillou, o\u00f9 un vin d&rsquo;honneur, offert par Monsieur l&rsquo;Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie fut servi dans une atmosph\u00e8re joyeuse.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout cela est dit dans un langage tr\u00e8s Troisi\u00e8me R\u00e9publique, mais Louis Priser d\u00e9crit bien l&rsquo;atmosph\u00e8re qui r\u00e9gnait ce jour-l\u00e0 \u00e0 Saint-Herbot.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le m\u00eame temps, une troisi\u00e8me \u00e9cole de hameau voyait le jour \u00e0 Saint-Andr\u00e9, en Ch\u00e2teauneuf-du-Faou. Saint-Andr\u00e9, Saint-Herbot, Saint-Laurent, trois \u00e9coles la\u00efques sous l&rsquo;\u00e9gide de trois saints ! H\u00e9las, les campagnes se sont d\u00e9peupl\u00e9es. Dans ces trois \u00e9coles en dur, on n&rsquo;entend plus r\u00e9sonner les sabots des \u00e9l\u00e8ves. Il reste le souvenir d&rsquo;un militantisme la\u00efque qui \u00e9chauffait les c\u0153urs en ces ann\u00e9es d&rsquo;apr\u00e8s la Lib\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"jean-debiesse-der\" id=\"jean-debiesse-der\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Derni\u00e8res rencontres\u00a0avec Jean Debiesse<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s l&rsquo;inauguration de l&rsquo;\u00e9cole de Saint-Herbot, j&rsquo;ai eu la chance de revoir Jean Debiesse en plusieurs occasions.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout d&rsquo;abord, le 24 novembre 1945, \u00e0 Quimper, o\u00f9 se tenait un important meeting la\u00efque, plac\u00e9 sous sa pr\u00e9sidence.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis au printemps 1946, \u00e0 Morlaix. Ami de Fr\u00e9d\u00e9ric Joliot-Curie, grand scientifique comme lui, il \u00e9tait venu \u00e0 la f\u00eate f\u00e9d\u00e9rale du Parti Communiste Fran\u00e7ais, comptant le rencontrer. Il ignorait que Joliot-Curie, malade, ne pouvait \u00eatre l\u00e0. Jean Debiesse est rest\u00e9 cependant \u00e0 la f\u00eate, circulant parmi les stands, est mont\u00e9 \u00e0 la tribune pendant les discours alors que la foule chantait l&rsquo;Internationale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ayant assist\u00e9 \u00e0 plusieurs Assembl\u00e9es G\u00e9n\u00e9rales de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement et de l&rsquo;Education Permanente, j&rsquo;avais le plaisir de le revoir, pr\u00e9sidant les s\u00e9ances pl\u00e9ni\u00e8res.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Enfin, en 1976, alors que j&rsquo;\u00e9tais secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques, je l&rsquo;avais invit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inauguration du Centre F\u00e9d\u00e9ral r\u00e9alis\u00e9 rue Dixmude \u00e0 Brest. Il est venu et le plaisir fut immense de le retrouver \u00e0 nouveau.<br \/>\nCe fut mon dernier contact. Il disparut quelque temps apr\u00e8s. Je garde le souvenir d&rsquo;un citoyen dont j&rsquo;ai pu appr\u00e9cier ce qu&rsquo;il fit en une ann\u00e9e pour le d\u00e9veloppement de l&rsquo;Ecole La\u00efque et des \u0153uvres Post et P\u00e9riscolaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"v-noct\" id=\"v-noct\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Des visites nocturnes<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au lendemain de la guerre, il se trouvait \u00e0 Collorec, des vieilles personnes ayant encore un fils sous les drapeaux et pouvant pr\u00e9tendre \u00e0 une aide financi\u00e8re pour compenser cette absence.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une dame, \u00e0 qui la secr\u00e9taire de mairie avait affirm\u00e9 qu&rsquo;elle n&rsquo;avait aucun droit en ce domaine, est venue me trouver. Ayant examin\u00e9 le dossier, je me suis rendu compte qu&rsquo;il y avait de la mauvaise volont\u00e9 de la part de la Mairie. Je d\u00e9cidai d&rsquo;\u00e9crire \u00e0 Rennes \u00e0 l&rsquo;office des anciens combattants et cette brave dame eut le plaisir d&rsquo;avoir satisfaction.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La nouvelle se r\u00e9pandit dans la commune et j&rsquo;eus \u00e0 r\u00e9soudre plusieurs cas semblables. Mais on venait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole publique, la nuit tomb\u00e9e, pour ne pas \u00eatre remarqu\u00e9 en rasant les murs.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Pensez donc, si on m&rsquo;avait vu aller \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole du diable. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est l\u00e0 un des aspects de mon activit\u00e9 sociale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"foyer\" id=\"foyer\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Arriv\u00e9e dans notre foyer\u00a0de Jean-Pierre et Yannick<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous n&rsquo;avons pas eu d&rsquo;enfants, mais nous les avons largement remplac\u00e9s par ceux que nous avons \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y a d&rsquo;abord Pierre-Louis, jeune fr\u00e8re de Marguerite qui, d\u00e8s l&rsquo;\u00e2ge de six ans a quitt\u00e9 La Montagne pour venir avec nous \u00e0 Loqueffret.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis un bonheur nous est arriv\u00e9, quand un marin d&rsquo;Etat est venu nous trouver pour nous demander de prendre en pension ses deux gar\u00e7ons. Il venait de divorcer et, devant repartir en mer, il ne savait o\u00f9 les placer. C&rsquo;est une amie, coiffeuse \u00e0 Collorec, qui lui avait conseill\u00e9 de venir nous voir pour trouver une solution.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous n&rsquo;avions pas de pensionnat, et nous lui propos\u00e2mes de prendre ses deux gar\u00e7ons avec nous, dans le milieu familial. C&rsquo;est ainsi que Jean-Pierre et Yannick sont entr\u00e9s dans notre vie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean-Pierre est arriv\u00e9 le premier, gar\u00e7on d\u00e9j\u00e0 d\u00e9lur\u00e9. Yannick, \u00e2g\u00e9 de dix-huit mois, quelques jours apr\u00e8s. C&rsquo;est dans notre cuisine qu&rsquo;il a fait ses premiers pas.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant cinq ans, ils ont v\u00e9cu avec nous comme nos propres enfants, avec une nuance : Marguerite ils l&rsquo;appelaient maman, moi j&rsquo;\u00e9tais le tonton. Ils nous ont suivis \u00e0 Brest, o\u00f9 j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 en 1952.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis le p\u00e8re s&rsquo;est remari\u00e9 pour s&rsquo;\u00e9tablir \u00e0 Plouy\u00e9. La s\u00e9paration a \u00e9t\u00e9 douloureuse et nous les avons perdus de vue pendant quelques ann\u00e9es, avec de temps en temps quelques nouvelles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Devenus adultes, Jean-Pierre et Yannick se sont mari\u00e9s, ont eu des enfants. Jean-Pierre est loin, en Haute-Savoie, ou il a eu le malheur de perdre sa femme, accidentellement. Yannick vit \u00e0 Brest, avec Eliane, son \u00e9pouse native de Cl\u00e9den-Poher, dans un village s\u00e9par\u00e9 de La Montagne par l&rsquo;Aulne. Curieuse co\u00efncidence ! Leurs deux enfants nous ont appel\u00e9s p\u00e9p\u00e9 et M\u00e9m\u00e9 d\u00e8s leur plus jeune \u00e2ge et, devenus adultes Ronan et Gwena\u00eblle demeurent nos petits entants, de m\u00eame que ceux de Pierre-Louis qui, lors de la naissance de la premi\u00e8re petite-fille, m&rsquo;a appel\u00e9 \u00e0 onze heures du soir pour m&rsquo;annoncer que j&rsquo;\u00e9tais arri\u00e8re-grand-p\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;est-ce pas la une merveilleuse aventure qui me fait dire quand on me demande si j&rsquo;ai des enfants, je r\u00e9ponds :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Non, mais j&rsquo;ai des petits enfants \u00bb, cela provoque l&rsquo;\u00e9tonnement de mon interlocuteur. Une explication est \u00e9videm\u00adment n\u00e9cessaire. Je n&rsquo;oublierai pas non plus les nombreux autres enfants h\u00e9berg\u00e9s chez nous temporairement, fils ou filles de parents, d&rsquo;amis comme le gar\u00e7on de Daniel Trellu, mon camarade des Chantiers de Jeunesse de 1940. Son fils, Yves Trellu fut pendant un an notre h\u00f4te aux Quatre Moulins \u00e0 Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"progr-elec\" id=\"progr-elec\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Progr\u00e8s \u00e9lectoraux<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s 1945, une s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9lections allaient bouleverser la commune de Collorec o\u00f9 les voix de la Gauche en g\u00e9n\u00e9ral et du Parti Communiste en particulier \u00e9taient largement minoritaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sous la coupe de l&rsquo;\u00c9glise et des hobereaux, la population \u00e9tait largement hostile aux id\u00e9es socialistes qui avaient pris de l&rsquo;ampleur au plan national avant la guerre de 1914, sous l&rsquo;influence notamment de Jean Jaur\u00e8s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai entendu raconter qu&rsquo;avant la guerre de 1939, un voyageur de commerce, portant barbiche et ressemblant \u00e9trangement au d\u00e9put\u00e9 socialiste de Morlaix, Masson, s&rsquo;\u00e9tait vu houspill\u00e9 par les commer\u00e7ants du bourg qui l&rsquo;avaient pris pour ce d\u00e9put\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vinrent donc ces \u00e9lections : l\u00e9gislatives, municipales. La cellule communiste constitu\u00e9e apr\u00e8s mon adh\u00e9sion au Parti Communiste, s&rsquo;activa \u00e0 marquer sa pr\u00e9sence : collage d&rsquo;affiches, tracts, r\u00e9union publique, pr\u00e9sence au bureau de vote.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Si bien qu&rsquo;en trois \u00e9lections, les suffrages communistes, inf\u00e9rieurs \u00e0 cent auparavant, passaient \u00e0 cent-un, cent-quinze, puis cent-trente-deux. J&rsquo;ai encore ces chiffres bien en t\u00eate. C&rsquo;\u00e9tait la preuve qu&rsquo;une organisation, si petite soit-elle, en se faisant conna\u00eetre, permettait aux citoyens de se tourner vers le Parti qui, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, avait le vent en poupe. N&rsquo;avait-on pas trois d\u00e9put\u00e9s communistes dans le Finist\u00e8re : Alain Signor, Gaby Paul, Pierre Herv\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"qqs-diff\" id=\"qqs-diff\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Quelques difficult\u00e9s<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0L&rsquo;instituteur ne doit pas faire de politique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est une des id\u00e9es re\u00e7ues que j&rsquo;entendais parfois. En ce qui me concerne, mon activit\u00e9 politique n&rsquo;a pas nui \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole, puisque mon effectif monta jusqu&rsquo;\u00e0 vingt-huit \u00e9l\u00e8ves.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y eut cependant des moments difficiles. Un certain soir, un responsable f\u00e9d\u00e9ral du Parti est venu pour une r\u00e9union \u00e9lectorale qui s&rsquo;est tenue sous le pr\u00e9au de l&rsquo;\u00e9cole. Jos Le Coz \u00e9tait un militant qui avait du coffre et pouvait tenir un meeting en plein air. Ce soir l\u00e0 cependant, il n&rsquo;alla pas jusqu&rsquo;au bout de son discours.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 un moment donn\u00e9, on vit se dresser derri\u00e8re le mur mitoyen, face au pr\u00e9au, une cohorte d&rsquo;individus entonnant des cantiques \u00e0 pleine voix, arrivant \u00e0 couvrir les paroles de l&rsquo;orateur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les \u00e9lections ne manquaient pas de sel parfois. Lors d&rsquo;une \u00e9lection municipale, un diff\u00e9rend m&rsquo;a oppos\u00e9 \u00e0 la Municipalit\u00e9. Un litige est survenu sur des bulletins de vote qui, \u00e9tant donn\u00e9 quelques impr\u00e9cisions sur les noms de deux candidats, auraient d\u00fb entra\u00eener leur annulation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y avait vingt sept bulletins dans ce cas et il s&rsquo;agissait d&rsquo;un doute concernant deux candidats, portant le m\u00eame nom : N\u00e9d\u00e9lec, sur deux listes de droite. Je n&rsquo;\u00e9tais en rien concern\u00e9. Tout bonnement, le Maire proposait de couper la poire en deux, ce qui permettait \u00e0 ces deux candidats d&rsquo;\u00eatre \u00e9lus au premier tour. Je contestais cette d\u00e9cision et demandais que ces bulletins soient consid\u00e9r\u00e9s comme nuls, en faisant remarquer non sans ironie que vingt-sept \u00e9tait un nombre impair.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le proc\u00e8s verbal passait outre ma remarque et je refusais de le signer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s le lendemain, j&rsquo;\u00e9crivais \u00e0 la pr\u00e9fecture pour faire appel. J&rsquo;obtenais satisfaction et une \u00e9lection compl\u00e9mentaire fut organis\u00e9e avec deux candidats : un N\u00e9d\u00e9lec de droite, un N\u00e9d\u00e9lec de gauche. Curieusement, j&rsquo;obtenais \u00e0 cette occasion le soutien d&rsquo;\u00e9lecteurs de droite, tout heureux d&rsquo;avoir vu contester l&rsquo;attitude de cette municipalit\u00e9 qu&rsquo;ils ne portaient pas dans leur c\u0153ur. Malgr\u00e9 un nombre important de voix, je ne fus pas \u00e9lu, mais cette le\u00e7on de civisme avait port\u00e9 et mon autorit\u00e9 avait grandi.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"pb-parti\" id=\"pb-parti\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Probl\u00e8mes au sein\u00a0du Parti Communiste<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nouvel adh\u00e9rent du Parti Communiste Fran\u00e7ais, j&rsquo;assistais \u00e0 la neuvi\u00e8me Conf\u00e9rence F\u00e9d\u00e9rale les 10 et 11 ao\u00fbt 1946, dans la salle des f\u00eates de Quimper. Jeannette Vermeersch, femme de Maurice Thorez repr\u00e9sentait la direction nationale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quel ne fut pas mon \u00e9tonnement de l&rsquo;entendre reprocher \u00e0 Alain Cariou, avec violence, je ne sais quels manquements \u00e0 son travail de dirigeant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce fut la premi\u00e8re grande surprise d&rsquo;un jeune adh\u00e9rent. Alain Cariou, pris pour cible encore lors de la treizi\u00e8me conf\u00e9rence f\u00e9d\u00e9rale \u00e0 Douarnenez, les 4 et 5 mars 1950, en pr\u00e9sence de Jacques Duclos.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai conserv\u00e9 les documents de l&rsquo;\u00e9poque et quand je les relis, en ce d\u00e9but du XXI<sup>e<\/sup> si\u00e8cle, je demeure effar\u00e9 devant ce qui est \u00e9crit.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans un chapitre intitul\u00e9 La Critique et L&rsquo;autocritique, je note:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Le camarade Cariou doit encore aller plus loin et rechercher ailleurs crue dans son temp\u00e9rament la source de ses erreurs. Et, si ce premier pas signifie chez lui une victoire de l&rsquo;esprit de parti sur l&rsquo;amour-propre petit-bourgeois, il y manque encore l&rsquo;essentiel : une participation beaucoup plus active \u00e0 la correction des erreurs qui se sont r\u00e9percut\u00e9es dans l&rsquo;ensemble de la F\u00e9d\u00e9ration, en pre\u00admier lieu dans le mouvement la\u00efque. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je dois dire combien Alain Cariou m&rsquo;a ouvert d&rsquo;horizons, lors d&rsquo;une \u00c9cole F\u00e9d\u00e9rale qu&rsquo;il dirigeait \u00e0 Tal Ar Groas en Crozon, dans les ann\u00e9es 1950. Quand on sait la fid\u00e9lit\u00e9 de ce camarade au Parti Communiste, le r\u00f4le important qu&rsquo;il a jou\u00e9 dans le mouvement la\u00efque (j&rsquo;y reviendrai), j&rsquo;ai toujours trouv\u00e9 les critiques contre lui injustifi\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jeannette Vermeersch est d\u00e9c\u00e9d\u00e9e le 5 novembre 2001. Elle avait form\u00e9, avec Maurice Thorez, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en juillet 1964, ce couple mythique du P.C.F, pendant les ann\u00e9es 1945-1960. Mais elle est demeur\u00e9e sur des positions staliniennes, d\u00e9missionnant du Bureau Politique et du Comit\u00e9 Central en octobre 1968, apr\u00e8s avoir refus\u00e9 de condamner l&rsquo;intervention sovi\u00e9tique en Tch\u00e9coslovaquie. Elle fut l&rsquo;illustration de ce que je trouve \u00e9crit dans le rapport pour la Conf\u00e9rence F\u00e9d\u00e9rale de mars 1950 \u00e0 Douarnenez.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Il ne peut pas y avoir deux lignes dans le Parti. Il y a une seule ligne, la ligne r\u00e9volutionnaire du prol\u00e9tariat, la ligne l\u00e9niniste, stalinienne du Parti Communiste \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cet autoritarisme du Parti Communiste, je l&rsquo;ai ressenti \u00e0 plusieurs reprises, dans ces ann\u00e9es-l\u00e0 la section de Plon\u00e9vez-du-Faou, \u00e0 laquelle appartenait notre cellule de Collorec, comptait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque une quarantaine de membres. Lors d&rsquo;une \u00e9lection municipale, nous avions fait le choix de nos candidats. Je me souviens que Marie Lambert, d\u00e9put\u00e9e du Finist\u00e8re et dirigeante f\u00e9d\u00e9rale, est venue \u00e0 Plon\u00e9vez-du-Faou critiquer notre choix, tout en voulant imposer celui de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans une autre circonstance, je me suis trouv\u00e9 \u00e0 Ch\u00e2teauneuf-du-Faou, \u00e0 une r\u00e9union avec Alain Signer, lui aussi d\u00e9put\u00e9 du Finist\u00e8re. C&rsquo;\u00e9tait un jeudi, et nous discutions sur un texte destin\u00e9 \u00e0 une imprimerie de Morlaix, qui devait le tirer le lendemain, vendredi. Il y avait une \u00e9lection cantonale partielle le dimanche suivant. Il nous fallait ce tract tr\u00e8s rapidement pour le distribuer aux \u00e9lecteurs. Quelqu&rsquo;un devait se rendre \u00e0 Morlaix d\u00e8s le vendredi matin<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alain Signor me proposa. Je lui r\u00e9pondis fermement : \u00abNon\u00bb, mettant en avant le fait qu&rsquo;\u00e9tant instituteur, je n&rsquo;allais pas abandonner ma classe, alors que je venais de remonter l&rsquo;effectif scolaire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans une autre occasion, ce fut un \u00ab\u00a0oui\u00a0\u00bb du bout des l\u00e8vres que je fis \u00e0 Alain Signor, alors que je penchais plut\u00f4t pour le \u00ab\u00a0non\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le domaine de la suspicion, il s&rsquo;est trouv\u00e9 que lors d&rsquo;une manifestation syndicale, je m&rsquo;\u00e9tais rendu \u00e0 Brest. C&rsquo;\u00e9tait dans les ann\u00e9es 1950, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 le climat social \u00e9tait lourdement charg\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Edouard Maz\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 tu\u00e9 par balle en 1951. Ouvrier du b\u00e2timent, les gendarmes l&rsquo;avaient froidement abattu pendant la manifestation et vingt mille personnes avaient assist\u00e9 \u00e0 ses obs\u00e8ques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 l&rsquo;issue du d\u00e9fil\u00e9, je suis entr\u00e9 dans un des caf\u00e9s qui garnissaient les Glacis, devenus Place de la Libert\u00e9, caf\u00e9s en baraques, h\u00e9ritage de la destruction de Brest. Je me dirigeais vers le comptoir o\u00f9 je trouvais en grande discussion un policier en civil que je connaissais bien, puisqu&rsquo;il \u00e9tait de Saint-Herbot, haut-lieu d&rsquo;une manifestation la\u00efque qui avait eu lieu en 1946. Nous nous serr\u00e2mes la main, et, ayant discut\u00e9 un peu avec lui, je me suis fait interpeller, lors de la sortie, par une conseill\u00e8re municipale communiste. Elle n&rsquo;avait pas appr\u00e9ci\u00e9 mon comportement avec un \u00ab\u00a0flic\u00a0\u00bb et me le fit ouvertement savoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ces quelques accros dans le climat d&rsquo;une \u00e9poque r\u00e9volue ne peuvent effacer tout ce que j&rsquo;ai trouv\u00e9 d&rsquo;exaltant par la suite dans diff\u00e9rents aspects de mes activit\u00e9s politiques, syndicales et la\u00efques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"act-synd\" id=\"act-synd\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Activit\u00e9s syndicales<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Syndicat National des Instituteurs (S.N.I.) \u00e9tait naturellement celui auquel j&rsquo;allais adh\u00e9rer. La section du Finist\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en septembre 1918 sur l&rsquo;initiative de Josette et Jean Cornec, instituteurs \u00e0 Daoulas. J&rsquo;ai eu le plaisir de militer avec Jean Cornec au sein du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque et j&rsquo;en garde un excellent souvenir. Son fils, Jean Cornec, \u00e0 une \u00e9poque Pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des Conseils de Parents d&rsquo;El\u00e8ves (F.C.P.E.), avocat de m\u00e9tier, a mis son verbe au service de l&rsquo;\u00c9cole Publique, dans de nombreuses manifestations auxquelles j&rsquo;ai assist\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Affili\u00e9 a la C G.T. (Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale du Travail), le SNI a \u00e9t\u00e9 dissous an moment de la guerre 1939-1945, par le r\u00e9gime En 1945, ce syndicat est reconstitu\u00e9 et, comme avant-guerre, il est toujours travers\u00e9 par diff\u00e9rents courants qui remontent aux origines du mouvement socialiste en France.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est en f\u00e9vrier 1948, que Karl Marx et Friedrich Engels publiaient le Manifeste du Parti Communiste qui se termine par la phrase c\u00e9l\u00e8bre ; \u00abProl\u00e9taires de tous les pays, unissez-vous.\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les id\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es par Marx et Engels allaient influencer largement les socialistes fran\u00e7ais, qui, jusqu&rsquo;en 1905, formaient diff\u00e9rents groupements et partis qui ne se faisaient pas de cadeaux, et c&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que l&rsquo;on trouve un clivage qui existera entre R\u00e9formistes et R\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Eh bien, ce clivage existait au SNI au moment o\u00f9 je commen\u00e7ais \u00e0 militer, et dans le Finist\u00e8re, les dirigeants pouvaient \u00eatre class\u00e9s dans la cat\u00e9gorie des R\u00e9formistes. Dans le canton de Ch\u00e2teauneuf-du-Faou, nous \u00e9tions plusieurs jeunes instituteurs qui nous sentions plut\u00f4t dans le camp des R\u00e9volutionnaires, adh\u00e9rents ou proches du Parti Communiste. Et les heurts \u00e9taient parfois violents. Je me souviens d&rsquo;une r\u00e9union cantonale o\u00f9 le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du SNI, Jean Le Pemp, vieux briscard de la vie syndicale, savait, par ses propos anticommunistes, nous provoquer et attiser notre col\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"fen-cgt\" id=\"fen-cgt\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1947 : cr\u00e9ation de la F.E.N.-C.G.T.<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1947 va \u00eatre une ann\u00e9e cruciale dans la vie syndicale : c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9clatement de la C.G.T. L&rsquo;histoire du monde syndical a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e d\u00e8s le d\u00e9part par un affrontement entre ces deux courants du monde ouvrier : R\u00e9formistes et R\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9j\u00e0 en juillet 1921 , une scission \u00e9tait intervenue. Les R\u00e9volutionnaires avaient quitt\u00e9 la C.G.T. et form\u00e9 une nouvelle centrale : la C.G.T.U. (CGT Unitaire). Cette scission faisait suite \u00e0 la scission politique qui se produisit au congr\u00e8s de Tours du Parti Socialiste. Le 25 d\u00e9cembre 1920, !a majorit\u00e9 du congr\u00e8s adh\u00e9rant \u00e0 la troisi\u00e8me Internationale formait le Parti Communiste Fran\u00e7ais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La C.G.T. et la C.G.T.U. coexisteront jusqu&rsquo;\u00e0 l\u00e0 guerre de 1939-1945 et en 1945, ce sera la r\u00e9unification d&rsquo;une seule C.G.T. o\u00f9 R\u00e9formistes et R\u00e9volutionnaires continueront \u00e0 s&rsquo;affronter sous la houlette de L\u00e9on Jouhaux pour les uns et Beno\u00eet Frachon pour les autres. Jouhaux organise ses sympathisants autour d&rsquo;une revue \u00ab\u00a0R\u00e9sistance Ouvri\u00e8re\u00a0\u00bb, qui en 1945 prendra le nom de \u00ab\u00a0Force Ouvri\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1947, la Conf\u00e9rence Nationale de ce courant d\u00e9cide de quitter la C.G.T. pour constituer une deuxi\u00e8me centrale syndicale qui s&rsquo;appellera C.G.T. Force Ouvri\u00e8re (C.G.T.-F.O.).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Que va devenir le SNI, dans cette tourmente, ayant des repr\u00e9sentants au sein de la direction de la C.G.T. ? Y rester ou aller vers le courant F.O., comme le souhaitent certains responsables ? Il y a beaucoup d&rsquo;h\u00e9sitations. La d\u00e9cision est prise d&rsquo;organiser une consultation des adh\u00e9rents. Il est demand\u00e9 aux enseignants de choisir la CGT, la CGT-FO ou ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;autonomie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La majorit\u00e9 opte pour l&rsquo;autonomie et c&rsquo;est alors que les syndiqu\u00e9s ayant vot\u00e9 pour la CGT, ne voulant pas se couper de cette centrale syndicale, d\u00e9cident de s&rsquo;organiser en F\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;Education Nationale. Les statuts sont d\u00e9pos\u00e9s et un Bureau est mis en place.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voici ce qu&rsquo;\u00e9crivait Jean Becam, instituteur \u00e0 Crozon, dans le bulletin destine aux enseignants et ron\u00e9otyp\u00e9 par l&rsquo;Union D\u00e9partementale CGT<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">CGT FEN<br \/>\nSection du Finist\u00e8re<br \/>\nAUX ENSEIGNANTS DU FINISTERE<br \/>\nLe 26 novembre dernier de nombreux instituteurs et professeurs, demeur\u00e9s profondement attach\u00e9s \u00e0 la C.G.T se r\u00e9unissaient \u00e0 Quimper pour \u00e9tudier la situation syndicale dans l&rsquo;enseignement. Apr\u00e8s une large discussion ils constatent unanimement<br \/>\n&#8211; la position fausse de l&rsquo;autonomie<br \/>\n&#8211; la n\u00e9cessit\u00e9 de regrouper le personnel enseignant dans la C.G.T.<br \/>\n&#8211; l&rsquo;obligation de maintenir l&rsquo;unit\u00e9 syndicale<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">Bureau provisoire de la Section<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">F.E.N. &#8211; C. G.T.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral : BECAM Jean, Instituteur, CROZON<br \/>\nSecr\u00e9taires : GOURCUFF Ch. &#8211; Lyc\u00e9e Quimper.<br \/>\nLEYER G. &#8211; Coll\u00e8ge Moderne, BREST<br \/>\nMme LE ROCH &#8211; Coll\u00e8ge Moderne, QUIMPERL\u00c9<br \/>\nHELIAS P. &#8211; \u00c9cole Normale, Quimper.<br \/>\nResponsable aux Jeunes : LOURGOUILLOUX, Instituteur, TOURCH<br \/>\nTr\u00e9sorier : N\u00c9D\u00c9LEC Jean &#8211; Instituteur \u00e0 COLLOREC, CCP 11 86 57<br \/>\nRENNES<br \/>\nTr\u00e9sorier-adjoint : POULHAZAN Henri &#8211; Instituteur, PLOGOFF<br \/>\nCorrespondants d&rsquo;Etablissements BREST : Lyc\u00e9e Gar\u00e7ons : NICOLAS P.A.<br \/>\nLyc\u00e9e J. filles : Mme TRAVEE<br \/>\nColl. Modernes : BIRAUD<br \/>\nColl. Tech. filles : Mme LOUARN<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Coll. Tech. Gar\u00e7ons : BIZIEN<br \/>\nMORLA1X : Coll\u00e8ges : LE SQUIN<br \/>\nDOUARNENEZ : Coll. Mod. : RUNGOAT CONCARNEAU : COLL. MOD. : RUNGOAT QUIMPER : Lyc\u00e9es : GOURCUFF<br \/>\n\u00c9coles Normales : HELIAS QUIMPERL\u00c9 : Coll. Moderne : Mme LE ROCH<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">Correspondants cantonaux<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">BRIEC : Guyader : Langolen.<br \/>\nCARHAIX Cotty : Carhaix.<br \/>\nCHATEAULIN : Lagathu : Port-Launay.<br \/>\nCHATEAUNEUF : N\u00e9d\u00e9lec : Collorec.<br \/>\nCONCARNEAL : Guillerm : Le Lin.<br \/>\nCROZON : B\u00e9cam : Crozon.<br \/>\nDAOULAS : N\u00e9d\u00e9lec : Hanvec.<br \/>\nDOUARNENEZ : Menou : Douarnenez.<br \/>\nLE FAOU : L&rsquo;haridon : Rosnoen.<br \/>\nFOUESNANT : P\u00e9ru : B\u00e9nodet.<br \/>\nHUELGOAT : Le Moal : J. Huelgoat.<br \/>\nLANDERNEALJ : Madec F. : Landerneau. I<br \/>\nLANDIVISIAU : Le Quilliec : Bodilis.<br \/>\nLANNILIS : Thomas : Lannilis.<br \/>\nLESNEVEN : Hugonot J. : Brignogan.<br \/>\nPLEYBEN : M. Le Rest : Brasparts.<br \/>\nPLOGASTEL : Hamon : Peumeurit.<br \/>\nPLOUDALMEZEAU : Quiviger :\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Plouguin.<br \/>\nPLOUDIRY : Le Direur : La Martyre.<br \/>\nPLOUIGNEAU : Morzadec : Guerlesquin.<br \/>\nPONT AVEN : Moalic : N\u00e9vez.<br \/>\nPONT L&rsquo;ABBE : S\u00e9n\u00e9chal : Pont l&rsquo;Abb\u00e9.<br \/>\nPONT CROIX : Poulhazan : Plogoff.<br \/>\nQUIMPER : Labat G. 4bis, rue Goarem Dro.<br \/>\nROSPORDEN : Lourgouilloux : Tourch.<br \/>\nQUIMPERLE : Courtin.<br \/>\nSAINT-POL : Chambaudie : Sibiril.<br \/>\nSCAER : Melle Furie.<br \/>\nSIZUN : Ell\u00e9ouet.<br \/>\nMORLAIX : Priser, Ecole Gambetta.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">C.G,T F.S.M.<\/span><\/p>\n<p>F\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;\u00e9ducation nationale<br \/>\nSection du Finist\u00e8re<br \/>\nConseil Syndical du 10.8.1950<\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\">Le conseil syndical de la F.E.N. C.GT. s&rsquo;est r\u00e9uni \u00e0 Quimper le 10.8.1950<br \/>\nApres un expos\u00e9 d&rsquo;Alain C&rsquo;ARIOU, sur le congr\u00e8s du S.N.I. \u00e0 Paris et celui de la FEN CGT \u00e0 Montreuil, auxquels CARIOU \u00e9tait d\u00e9l\u00e8gu\u00e9 la discussion s&rsquo;est engag\u00e9e sur son compte rendu tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9.<br \/>\nJean BECAM secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la section du Finist\u00e8re de la F.E.N. CGT remet au CS sa d\u00e9mission pour des raisons personnelles, du poste qu&rsquo;il occupait depuis 2 ans<br \/>\nA l&rsquo;unanimit\u00e9 des camarades pr\u00e9sents, Jean NEDELEC instituteur \u00e0 Collorec est \u00e9lu au poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en remplacement de Jean BECAM<br \/>\nLe nouveau bureau pour l&rsquo;ann\u00e9e 1950-1951 est constitu\u00e9 de la fa\u00e7on suivante :<br \/>\nSecr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Jean NEDELEC &#8211; COLLOREC<br \/>\nSecr\u00e9taires: instituteurs Jean BECAM &#8211; CROZON<br \/>\nMOALIC NEVEZ<br \/>\nsecondaires : NICOLAS Lyc\u00e9e Brest<br \/>\nEnseigt technique : BIZIEN &#8211; CT BREST<br \/>\nCentres apprentissage . CARIOU. C A BREST<br \/>\nAgents de lyc\u00e9e : Loic BIZ1EN. Lyc\u00e9e Quimper. Tr\u00e9sorier : Henri POULHAZAN, Instituteur, Plogoff. CCP 12 66 37 Rennes.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ainsi, dans le bureau provisoire \u00e9lu le 26 novembre 1947, je devenais tr\u00e9sorier de la section d\u00e9partementale. J&rsquo;allais conserver cette responsabilit\u00e9 jusqu&rsquo;en 1950, date \u00e0 laquelle je rempla\u00e7ais Jean Becam au poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. J&rsquo;assumais ainsi ma premi\u00e8re responsabilit\u00e9 dans une organisation d\u00e9partementale. Ce ne sera pas la seule.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette responsabilit\u00e9 d\u00e9partementale allait me donner beaucoup de travail suppl\u00e9mentaire : r\u00e9unions, bulletins \u00e0 pr\u00e9parer (j&rsquo;en ai conserv\u00e9 un certain nombre d&rsquo;exemplaires, tap\u00e9s souvent sur une vieille machine \u00e0 \u00e9crire et ron\u00e9otyp\u00e9s \u00e0 Brest, \u00e0 la CGT).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme cela ne suffisait pas, il m&rsquo;arrivait de participer \u00e0 des Conseils Nationaux de la FEN-CGT. Et ce n&rsquo;\u00e9tait pas une mince affaire ! Ces Conseils Nationaux se d\u00e9roulaient le dimanche. Aussi, le samedi, apr\u00e8s la classe, je prenais le car qui m&rsquo;amenait \u00e0 Morlaix, o\u00f9 je m&#8217;embarquais dans le train pour Paris. Le dimanche soir, je faisais le trajet en sens inverse et je d\u00e9barquais \u00e0 Collorec pour reprendre ma classe. Inutile de dire que si la matin\u00e9e du lundi se passait relativement bien, l&rsquo;apr\u00e8s-midi \u00e9tait difficile \u00e0 tenir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"train-rat\" id=\"train-rat\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Le train rat\u00e9 et ce qui s&rsquo;ensuivit<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;avais \u00e0 Morlaix un bon camarade, adh\u00e9rent de l&rsquo;Amicale La\u00efque de Collorec, qui m&rsquo;avait beaucoup aid\u00e9 dans la r\u00e9alisation des s\u00e9ances th\u00e9\u00e2trales. Il avait en particulier jou\u00e9 avec moi dans \u00ab\u00a0L&rsquo;affaire de la rue de Lourcine\u00a0\u00bb de Labiche. C&rsquo;\u00e9tait aussi un des piliers de l&rsquo;\u00e9quipe de foot de l&rsquo;Union Sportive de Collorec.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ouvrier peintre \u00e0 Morlaix, Joseph Faucheur m&rsquo;invita un certain samedi soir \u00e0 passer le voir chez lui, ayant du temps libre, avant de prendre le train pour Paris. Nous nous sommes attard\u00e9s dans un caf\u00e9. Comme j&rsquo;ai toujours eu le souci de l&rsquo;heure, je pensais \u00e0 mon train qui passait \u00e0 Morlaix aux environ de vingt-deux heures. A plusieurs reprises, je faisais part de mes pr\u00e9occupations \u00e0 Jopic (on l&rsquo;appelait ainsi). Il me r\u00e9pondait:\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab Tu as le temps, inutile d&rsquo;aller trop t\u00f4t \u00e0 la gare \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dix heures approchant, nous nous d\u00e9cid\u00e2mes \u00e0 grimper la rue qui menait \u00e0 cette gare. J&rsquo;\u00e9tais tout de m\u00eame inquiet. Et c&rsquo;est bien ce qui arriva. A peine entr\u00e9s dans le hall, nous v\u00eemes le train qui d\u00e9marrait lentement. Un cheminot nous emp\u00eacha de franchir la porte qui menait au quai, craignant sans doute que je prenne le train en marche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et voila mon Jopic bien emb\u00eat\u00e9. Se sachant responsable de cet avatar, il d\u00e9cida de se rendre en ville, dans un caf\u00e9 o\u00f9 il savait trouver des chauffeurs de taxi.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aucun d&rsquo;eux ne voulait prendre la responsabilit\u00e9 de poursuivre le train par la route. Seul un voyageur de commerce qui se trouvait l\u00e0 accepta le pari.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et nous voila partis, tous les trois. Vous dire \u00e0 quelle vitesse il roula cette nuit, Je l&rsquo;ignore. Mais les virages nous faisaient sentir que la route \u00e9tait tortueuse.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, en arrivant sur Rennes, dans une ligne droite, nous aper\u00e7\u00fbmes les lumi\u00e8res du train. Le voyageur de commerce acc\u00e9l\u00e9ra encore et s&rsquo;arr\u00eata net devant la gare de Rennes. Sans demander mon reste, je bondis vers l&rsquo;escalier qui menait au train, et ouf j&rsquo;\u00e9tais dans un wagon, debout, essouffl\u00e9, n&rsquo;en crevant pas mes oreilles. Le pari \u00e9tait gagn\u00e9, mais quelles \u00e9motions !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"depart-col\" id=\"depart-col\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>D\u00e9part de Collorec pour Brest<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le travail syndical me prenant de plus en plus de temps, et ayant de nouvelles responsabilit\u00e9s au sein de l&rsquo;Union D\u00e9partementale CGT, je me sentis dans l&rsquo;obligation de demander un poste d&rsquo;instituteur \u00e0 Brest. Nomm\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole du quartier des Quatre-Moulins, j&rsquo;allais vivre quelques mois difficiles. D&rsquo;abord, je quittais une classe unique pour un cours pr\u00e9paratoire dans cette \u00e9cole de quinze classes. Marguerite \u00e9tant rest\u00e9e \u00e0 Collorec jusqu&rsquo;\u00e0 ce que je trouve un logement, je logeais chez ma sur, Germaine, qui vivait seule avec ses enfants dans le quartier de La Corniche. Ayant fait l&rsquo;acquisition d&rsquo;une moto Terrot de cent-vingt-cinq centim\u00e8tres cubes, cela me permettait de me rendre \u00e0 Collorec le mercredi et le samedi soir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A force d&rsquo;insister pr\u00e8s de la Municipalit\u00e9, j&rsquo;obtins une baraque \u00e0 Qu\u00e9liverzan, la baraque J7. Le logement \u00e9tait occup\u00e9 par Monsieur Le Guern, instituteur comme moi. C&rsquo;\u00e9tait le fils de la brave dame qui avait dit \u00e0 celle qui m&rsquo;avait insult\u00e9 lors du meeting de Monteil que je n&rsquo;\u00e9tais pas un \u00ab\u00a0vaurien\u00a0\u00bb &#8211; lors du ramassage des petits pois dans un champ \u00e0 Collorec.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Marguerite et les enfants Yannick et Jean-Pierre allaient pouvoir me rejoindre. Dans cette baraque, il y avait l&rsquo;eau courante, qui nous changeait du puits de l&rsquo;\u00e9cole que j&rsquo;avais quitt\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"53-mvmt\" id=\"53-mvmt\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1953 : Une ann\u00e9e mouvement\u00e9e<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je militais \u00e9troitement \u00e0 l&rsquo;UD-CGT avec Henri Men\u00e9s, secr\u00e9taire d\u00e9partemental et Fran\u00e7ois Tanguy qui m&rsquo;avaient confi\u00e9 le d\u00e9veloppement de la publication de La Vie Ouvri\u00e8re (la V.O.). Si bien qu&rsquo;on me demanda d&rsquo;\u00eatre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 au Congr\u00e8s National qui allait se d\u00e9rouler \u00e0 Paris.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce congr\u00e8s de 1953 se tint dans des circonstances particuli\u00e8rement difficiles pour la CGT. Alain Le L\u00e9ap, natif de Sp\u00e9zet, dirigeant de l&rsquo;UGFF (Union g\u00e9n\u00e9rale des fonctionnaires) adh\u00e9rente \u00e0 la CGT, avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9. Beno\u00eet Frachon, secr\u00e9taire national de la CGT, poursuivi, vivait dans la clandestinit\u00e9. Nous \u00e9tions en pleine guerre d&rsquo;Indochine. Henri Martin, marin d&rsquo;Etat, avait \u00e9t\u00e9 emprisonn\u00e9, pour avoir d\u00e9nonc\u00e9 cette guerre (je poss\u00e8de un enregistrement d&rsquo;une \u00e9mission \u00e0 France-Culture des 16,17 et 18 septembre 1996, dans laquelle Henri Martin raconte son histoire). Je devais intervenir sur les probl\u00e8mes scolaires en Bretagne. Le temps manquant, un intervenant fit \u00e9tat de ma contribution. Et je pris le chemin du retour pour Brest, quittant une capitale bien quadrill\u00e9e par la police.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est alors que le 3 ao\u00fbt 1953, commence une gr\u00e8ve des fonctionnaires et assimil\u00e9s. Tout d&rsquo;abord, dans les services publics et de sant\u00e9, en r\u00e9action contre les pleins pouvoirs que r\u00e9clamait le Premier Ministre Laniel, pour licencier quatre mille auxiliaires de la fonction publique et porter l&rsquo;ouverture du droit a la retraite \u00e0 62 ans, voire 63 ans. Le 5 ao\u00fbt, les PTT sont en gr\u00e8ve, le 6 les cheminots et l&rsquo;EDF. Les mots d&rsquo;ordre de gr\u00e8ve, lanc\u00e9s au plan national par la CGT et la CFTC, sont bien suivis dans le d\u00e9partement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"aout-53\" id=\"aout-53\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Ao\u00fbt 1953 &#8211;\u00a0Heureuse rencontre \u00e0 Kerlouan<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant ce temps-la, ayant quitt\u00e9 Brest pour prendre des vacances \u00e0 La Montagne, je passais des journ\u00e9es agr\u00e9ables dans la vall\u00e9e de l&rsquo;Aulne, loin de la gr\u00e8ve des fonctionnaires, le corps enseignant et pour cause, n&rsquo;\u00e9tant pas dans le coup pour cette gr\u00e8ve nationale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais j&rsquo;allais \u00eatre bouscul\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un beau matin, je vois d\u00e9valer du haut de la colline qui surplombe la vall\u00e9e, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;UDCGT, mon camarade Henri Men\u00e9s. Comment avait-il trouv\u00e9 mon refuge, je l&rsquo;ignore, ce qui est s\u00fbr, c&rsquo;est qu&rsquo;il venait me chercher pour rejoindre Brest o\u00f9 on avait besoin de moi, \u00e9tant donn\u00e9 la situation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Henri Men\u00e9s m&rsquo;expliqua qu&rsquo;il \u00e9tait devenu indispensable de cr\u00e9er des Comit\u00e9s de Gr\u00e8ve dans le Nord-Finist\u00e8re avec comme principal objectif : collecter des dons en nature pour alimenter les cantines ouvri\u00e8res. Il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9, en particulier, d&rsquo;aller \u00e0 Kerlouan, o\u00f9 il y avait quelques gr\u00e9vistes, repli\u00e9s de Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Me voil\u00e0 donc parti pour Kerlouan, avec deux autres camarades, un de la CGT, l&rsquo;autre de la CFTC. Arriv\u00e9s D\u00e9pit\u00e9s, regagnant notre voiture, j&rsquo;aper\u00e7ois, marchant devant nous, un individu en soutane, la t\u00eate l\u00e9g\u00e8rement pench\u00e9e sur le c\u00f4t\u00e9 gauche. Pas de doute, j&rsquo;avais reconnu l&rsquo;abb\u00e9 Maurice Dolou, mon vicaire de Collorec. Le d\u00e9passant l\u00e9g\u00e8rement, je me retourne vers lui. Sa question fuse aussit\u00f4t : \u00ab Que faites-vous l\u00e0 ? \u00bb. Nous lui expliquons le sens de notre d\u00e9marche \u00e0 Kerlouan et notre d\u00e9ception devant le refus des gr\u00e9vistes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Attendez, je retourne les voir avec vous. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Maurice \u00e9tant le directeur de l&rsquo;Ecole Priv\u00e9e baptis\u00e9e SKOL AR GROAZ\u00a0\u00bb, l&rsquo;\u00e9cole de la croix, ayant donc de l&rsquo;influence sur les gens de Kerlouan, obtint rapidement l&rsquo;accord des gr\u00e9vistes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Maurice, aussi content que nous, nous invita \u00e0 f\u00eater ce succ\u00e8s et nous amena \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de SKOL AR GROAZ. Le camarade de la CFTC me sachant militant la\u00efque par ailleurs, se demanda quelle allait \u00eatre ma r\u00e9action ; son regard en disait long \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma r\u00e9ponse ne tarda pas : \u00ab on va arroser cette r\u00e9ussite. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et Maurice, nous fit entrer dans son bureau, sortit du frigo une bouteille de vin blanc et trinqua avec nous au bon combat des gr\u00e9vistes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je crois que cet \u00e9v\u00e9nement m\u00e9ritait d&rsquo;\u00eatre cont\u00e9, car au-del\u00e0 des croyances, des opinions de chacun, le combat social se devait de r\u00e9unir toutes les bonnes volont\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quelques ann\u00e9es plus tard, aux obs\u00e8ques de Maurice Dolou, au Relecq-Kerhuon, j&rsquo;\u00e9tais pr\u00e9sent avec quelques dirigeants du Patronage La\u00efque local avec qui Maurice entretenait d&rsquo;excellentes relations.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"54-arret\" id=\"54-arret\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1954 : Coup d&rsquo;arr\u00eat \u00e0 la FEN-CGT<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Par une d\u00e9cision dat\u00e9e du 5 janvier 1954, le bureau politique du Parti Communiste demandait aux instituteurs communistes d&rsquo;abandonner la double affiliation :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">SNI , FEN-CGT<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0La double affiliation cr\u00e9ant beaucoup de confusion parmi les instituteurs, les instituteurs communistes abandonneront cette double affiliation pour concentrer toute leur activit\u00e9 au Syndicat National des instituteurs (paragraphe trois de la d\u00e9cision).\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette d\u00e9cision fut diversement appr\u00e9ci\u00e9e au sein de la FEN-CGT, notamment par sa secr\u00e9taire nationale:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jacqueline Marchand et par les syndiqu\u00e9s de l&rsquo;enseignement technique, mais au SNI du Finist\u00e8re, cela allait amener des bouleversements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y avait trois tendances \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de la section finist\u00e9rienne :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; U. I. D., consid\u00e9r\u00e9e comme r\u00e9formiste (pro-socialiste , liste pour un syndicalisme ind\u00e9pendant, majeur, constructif, d\u00e9mocratique et unitaire).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; UNIT\u00c9 ET ACTION, ex-FEN-CGT, consid\u00e9r\u00e9e comme r\u00e9volutionnaire (pro-communiste).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00c9COLE \u00c9MANCIP\u00c9E, consid\u00e9r\u00e9e comme trotskiste ou anarchisante.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Majoritaire au plan national, la liste IUD l&rsquo;\u00e9tait sur le plan d\u00e9partemental, jusqu&rsquo;en 1964. Tous les deux ans, les syndiqu\u00e9s finist\u00e9riens \u00e9lisaient au scrutin de liste les vingt-quatre membres du Conseil Syndical. \u00c0 partir de 1958, (deux ans apr\u00e8s la d\u00e9cision du Bureau Politique du Parti Communiste), on allait assister \u00e0 une lente ascension de la tendance UNIT\u00c9 et ACTION.<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\" align=\"JUSTIFY\">\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 U.I.D\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 U.A\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0 EE<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\" align=\"JUSTIFY\">1958 12 \u00e9lus\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 8\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 4<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\" align=\"JUSTIFY\">1960 12\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0 9\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 3<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\" align=\"JUSTIFY\">1962 11\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 10\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 3<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\" align=\"JUSTIFY\">1964 10\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 10\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 4<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\" align=\"JUSTIFY\">1968 10\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 11\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 3<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En voix, UID passait de 1146 \u00e0 1095, UA de 750 \u00e0 1264.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">UNIT\u00c9 ET ACTION prenait la direction du SNI finist\u00e9rien et Marcel Lucas en devenait le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. Il en \u00e9tait de m\u00eame dans les C\u00f4tes-du-Nord, le Morbihan, l&rsquo;Ille-et-Vilaine, ce qui n&rsquo;arrangeait pas les affaires du Syndicat National.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">H\u00e9las, depuis, le SNI n&rsquo;existe plus. La scission \u00e9vit\u00e9e en 1947 a pris corps. Et les instituteurs qui se syndiquent appartiennent \u00e0 des syndicats qui n&rsquo;ont plus de lien entre eux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Qu&rsquo;allais-je devenir dans tous ces \u00e9v\u00e9nements ? Je pensais pouvoir militer activement au SNI, mais un autre destin m&rsquo;attendait.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"paix-algerie\" id=\"paix-algerie\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Combattant de la paix :\u00a0La guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre 1954, des attentats ont lieu sur plusieurs points du territoire alg\u00e9rien. D\u00e8s le premier novembre, il appara\u00eet que l&rsquo;Aur\u00e8s, massif montagneux situ\u00e9 au sud de Constantine, aux confins du d\u00e9sert, est en \u00e9tat d&rsquo;insurrection.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, le Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur d\u00e9clare, le m\u00eame jour, qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;actes qui \u00ab\u00a0sont le fait d&rsquo;individus ou de petits groupes isol\u00e9s. Le calme le plus complet r\u00e8gne dans l&rsquo;ensemble des populations\u00a0\u00bb. En r\u00e9alit\u00e9, l&rsquo;effet de surprise a \u00e9t\u00e9 total du c\u00f4t\u00e9 de l&rsquo;administration, qui affirmait quelques jours plus t\u00f4t qu&rsquo;il ne se posait en Alg\u00e9rie aucun probl\u00e8me politique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Oubli\u00e9 le massacre d&rsquo;Alg\u00e9riens \u00e0 S\u00e9tif, le 8 mai 1945 !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un conflit meurtrier voyait le jour, conflit qui allait durer huit ans, puisqu&rsquo;il prit fin en 1962. Hypocritement appel\u00e9 pacification, le nom de guerre, lui fut seulement reconnu apr\u00e8s la fin des hostilit\u00e9s. C&rsquo;est dans ce contexte que, devenu disponible depuis que j&rsquo;avais abandonn\u00e9 ma charge de secr\u00e9taire d\u00e9partemental de la FEN-CCT, le Parti Communiste, par la voix d&rsquo;Alain Signor, me demanda de m&rsquo;int\u00e9resser au Mouvement de la Paix, dont l&rsquo;un des Fondateurs \u00e9tait le physicien Fr\u00e9d\u00e9ric Joliot-Curie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me revois encore \u00e0 Brest, dans une baraque de la CGT, discutant avec Alain Signor. Malgr\u00e9 mes remarques concernant ma disponibilit\u00e9, et faisant \u00e9tat de la d\u00e9cision du Bureau Politique du 5 janvier 1954, je lui montrai ma volont\u00e9 de militer activement dans le syndicat des Instituteurs et dans le Mouvement La\u00efque ; c&rsquo;\u00e9tait l\u00e0 ma tendance naturelle, apr\u00e8s ce que j&rsquo;avais v\u00e9cu \u00e0 Collorec.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Contrairement \u00e0 ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9 \u00e0 Ch\u00e2teauneuf-du-Faou, o\u00f9 j&rsquo;avais oppos\u00e9 un non cat\u00e9gorique aux propositions d&rsquo;Alain Signer, cette fois-l\u00e0, je finis par lui dire oui \u00ab\u00a0du bout des l\u00e8vres\u00a0\u00bb, et je prenais quelques jours apr\u00e8s le secr\u00e9tariat du MOUVEMENT DE LA PAIX.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je pris \u00e0 c\u0153ur cette nouvelle responsabilit\u00e9, avec le Pr\u00e9sident du Mouvement, le docteur Bernard Lecoin et avec Eug\u00e8ne B\u00e9rest, professeur au Lyc\u00e9e de K\u00e9richen, qui, lui, faisait partie de l&rsquo;organisation \u00ab\u00a0JEUNE R\u00c9PUBLIQUE\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La guerre en Alg\u00e9rie allait devenir la pr\u00e9occupation majeure de notre activit\u00e9, d&rsquo;autant plus que nous parvenaient des informations sur les m\u00e9thodes (tortures) employ\u00e9es par la Police et une partie de l&rsquo;Arm\u00e9e Fran\u00e7aise.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s janvier 1955, l&rsquo;\u00e9crivain Fran\u00e7ois Mauriac exprimait son \u00e9motion dans un article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0La question\u00a0\u00bb paru dans \u00ab\u00a0L&rsquo;EXPRESS.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0LA QUESTION\u00a0\u00bb, c&rsquo;\u00e9tait aussi le titre d&rsquo;un livre-t\u00e9moignage de Henri Alleg, Directeur du journal Alger-R\u00e9publicain, qui relate les tortures subies par lui, apr\u00e8s son arrestation. D&rsquo;autres t\u00e9moignages \u00e9taient fournis par des journaux : T\u00e9moignage Chr\u00e9tien, L&rsquo;Humanit\u00e9, L&rsquo;Express, Lib\u00e9ration, France-Observateur, Le Monde, \u00e0 qui on essayait d&rsquo;imposer le silence et qui seront saisis et poursuivis.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis \u00e9clate l&rsquo;affaire Maurice Audin, jeune professeur en Alg\u00e9rie, qui sera arr\u00eat\u00e9 et ex\u00e9cut\u00e9 dans des conditions ignobles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00e9motion en France est \u00e0 son comble. Un Comit\u00e9 MAURICE AUDIN se cr\u00e9e \u00e0 Brest, sur l&rsquo;initiative de professeurs du lyc\u00e9e de K\u00e9richen.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est dans ce climat que va \u00eatre publi\u00e9 sur Brest un APPEL POUR LA V\u00c9RIT\u00c9, POUR LES LIBERT\u00c9S.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">POUR LA VERITE,<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">POUR LES LIBERTES<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Inquiets de la tournure toujours plus grave que prennent les \u00e9v\u00e9nements d&rsquo;Afrique du Nord, les soussign\u00e9s demandent la v\u00e9rit\u00e9 sur la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie et la recherche s\u00e9rieuse et imm\u00e9diate d&rsquo;une solution pacifique.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le 10 D\u00e9cembre 1948, l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale des Nations Unies a adopt\u00e9 et proclam\u00e9 la D\u00e9claration Universelle des Droits de l&rsquo;Homme ; l&rsquo;actualit\u00e9 nous contraint \u00e0 en rappeler et \u00e0 en souligner certains articles :<br \/>\nARTICLE 3. &#8211; Tout individu a droit \u00e0 la vie, \u00e0 la libert\u00e9 et \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 de sa personne.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">ARTICLE 5. &#8211; Nul ne sera soumis \u00e0 la torture, ni \u00e0 des peines ou traitements cruels, inhumains ou d\u00e9gradants.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Article. 19. Tout individu a droit \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;opinion et d&rsquo;expression<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Or, depuis des ann\u00e9es, les mesures arbitraires se multiplient sans que les responsabilit\u00e9s soient d\u00e9termin\u00e9es et leurs auteurs d\u00e9savou\u00e9s :<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">En Afrique du Nord. arrestations arbitraires, disparitions \u00ab myst\u00e9rieuses m\u00e9thodes d&rsquo;interrogatoire qui n&rsquo;ont rien \u00e0 envier \u00e0 celles de la Gestapo<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Dans la M\u00e9tropole les journaux qui cherchent \u00e0 en informer leurs lecteurs et \u00e0 alerter l&rsquo;opinion publique sont poursuivis et saisis. La libert\u00e9 de presse est gravement menac\u00e9e<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">II existe une responsabilit\u00e9 collective dont nous portons chacun notre part et qu&rsquo;il serait veule de ne vouloir point assumer. Il n&rsquo;est que temps de le dire ouvertement<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">la Nation et l&rsquo;\u00e9tat sont sur la pente dangereuse de l&rsquo;oppression, de l&rsquo;arbitraire, du m\u00e9pris de l&rsquo;homme et de ses libert\u00e9s \u00e9l\u00e9mentaires.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nous demandons avec insistance que toute la lumi\u00e8re soit faite sur les \u00e9v\u00e9nements sanglants d&rsquo;Afrique du Nord, qu&rsquo;un terme soit mis aux m\u00e9thodes de r\u00e9pression brutale, aveugle et indigne de notre Pays. S&rsquo;il est une \u00ab politique d&rsquo;abandon \u00bb c&rsquo;est avant tout celle qui foule aux pieds la dignit\u00e9 et les droits de la personne humaine.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;honneur, la dignit\u00e9 de notre Pays, c&rsquo;est-\u00e0-dire notre honneur, notre dignit\u00e9, sont en jeu.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nous demandons tr\u00e8s instamment \u00e0 tous ceux qu&rsquo;inqui\u00e8te la situation pr\u00e9sente de se joindre \u00e0 nous dans le but de faire conna\u00eetre, avec le plus de vigueur possible, l&rsquo;\u00e9tat v\u00e9ritable de l&rsquo;opinion publique \u00e0 ceux qui nous gouvernent.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">BARTHOL\u00c9 Georges, pianiste. &#8211; BECK R\u00e9my, conseiller d&rsquo;Orientation professionnelle.- B\u00c9REST, professeur agr\u00e9g\u00e9 au Lyc\u00e9e. &#8211; BR\u00c9LIVET Jeanne, m\u00e8re de famille. &#8211; BESSON P\u00e8re et Fils, horlogers.- BOURHIS Ren\u00e9, directeur d&rsquo;Ecole publique. &#8211; CARADEC Robert, ouvrier. &#8212; CARER Fran\u00e7ois, instituteur de Cours compl\u00e9mentaire. &#8211; CARER Jean-Paul, ouvrier.- Abb\u00e9 CAROFF, pr\u00eatre.&#8211; CASSJN, directeur d&rsquo;Ecole publique. &#8211; CHARAL, architecte. &#8211;CHANQUELIN Pierre, architecte. COMBOT Marie, assistante sociale. &#8211; DANIEL Charles, commer\u00e7ant &#8211; DANIEL Yves. &#8211; De JAEGHER, architecte. &#8211; DUCHATEAUX Claude, chirurgien-dentiste. &#8211; FEILLANT, inspecteur sanitaire. &#8211; FEUNTEN, conseiller d&rsquo;Orientation professionnelle.- GARO, instituteur de Cours compl\u00e9mentaire.- GALL10U Joseph, ex-FFL.- GERBER, pasteur. &#8211; GRAVOT Robert, professeur agr\u00e9g\u00e9 au Lyc\u00e9e. &#8211; Abb\u00e9 GOURMELEN, pr\u00eatre.- GU\u00c9DES Marcel, ouvrier de l&rsquo;Arsenal. &#8212; GUIACU1LO, professeur au Coll\u00e8ge technique. &#8211; KERROS Pierre, professeur au Centre d&rsquo;apprentisssge.- KOHLER, ing\u00e9nieur. &#8211; LACA1LLE, architecte. &#8211; LAOT Joseph, ouvrier de l&rsquo;Arsenal.-LECOIN Bernard, docteur en m\u00e9decine.- LE PRIANT Andr\u00e9, commer\u00e7ant.- LE DUFF, professeur au Centre d&rsquo;apprentissage.- LE GUERN, professeur agr\u00e9g\u00e9 au Lyc\u00e9e. &#8211; LE ROUX Louis, ouvrier.- LE THOS, instituteur -Abb\u00e9 LE VEY, recteur du Landais, et ses vicaires. &#8212; MARC Pierre, professeur au Centre d&rsquo;apprentissage. &#8212; MASSON Josiane, assistante sociale. &#8211; M\u00c8NES Henri, ouvrier de l&rsquo;Arsenal.-Abb\u00e9 MENEZ, recteur du Bouguen-Bergot-Polygone, et ses vicaires.- MIGNOT Louise, employ\u00e9e S\u00e9curit\u00e9 Sociale.- MUZELLEC Pierre, secr\u00e9taire au Centre d&rsquo;apprentissage.- N\u00c9D\u00c9LEC Jean, instituteur.- PLOUGOULM Louis, contr\u00f4leur des P. T. T. &#8211; Abb\u00e9 PLOUTDY, pr\u00eatre. &#8211; PLUSQUELLEC Jeanne, m\u00e9nag\u00e8re. &#8211; PRIMAUX Guillaume, ing\u00e9nieur. &#8211; FOUILLE, chef de travaux en retraite. &#8211; QUENTRIC Ren\u00e9, ouvrier de l&rsquo;Arsenal.- ROBERT Roger, chirurgien-dentiste.- SOLER Jacques, professeur agr\u00e9g\u00e9 au Lyc\u00e9e.- ST\u00c9PHAN Suzanne, directrice de Cours compl\u00e9mentaire.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce texte, \u00e9labor\u00e9 avec Eug\u00e8ne B\u00e9rest et sur lequel nous nous sommes efforc\u00e9s de rassembler des signatures venant d&rsquo;horizons divers, va sortir en tracts et en affiches placard\u00e9es sur les murs de la ville.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De mon c\u00f4t\u00e9, j&rsquo;obtiens l&rsquo;accord de responsables syndicaux et d&rsquo;organisations de Gauche. Eug\u00e8ne B\u00e9rest, lui, r\u00e9colte les signatures des repr\u00e9sentants de milieux lib\u00e9raux, de pr\u00eatres catholiques, de pasteurs protestants. Ce texte fit beaucoup de bruit dans Brest et valut aux pr\u00eatres qui l&rsquo;avaient sign\u00e9 les remontrances de l&rsquo;\u00cav\u00each\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sous le gouvernement de Guy Mollet (socialiste), investi par l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale, le premier f\u00e9vrier 1956, des renforts vont \u00eatre achemin\u00e9s vers l&rsquo;Alg\u00e9rie. Le 17 avril 1956, le Conseil des la Ministres d\u00e9cidait le rappel des disponibles appartenant aux classes 1951-1,1952,1953, 1954-1 et 2. Les d\u00e9parts s&rsquo;\u00e9chelonnant entre mai et juin, affecteront pr\u00e8s de deux cents mille jeunes gens. Cela se r\u00e9v\u00e9la insuffisant, puisque seront mobilis\u00e9s un peu plus tard les appel\u00e9s du contingent.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon jeune beau-fr\u00e8re, Pierre-Louis, qui \u00e9tait de la classe 1959, allait faire partie de ces appel\u00e9s que le gouvernement fran\u00e7ais exp\u00e9dia en Alg\u00e9rie dans cette guerre coloniale. Beaucoup d&rsquo;entre eux ont laiss\u00e9 leur vie l\u00e0-bas et ceux qui \u00e9chapperont au massacre garderont des s\u00e9quelles morales ou physiques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alors que nous \u00e9tions encore dans le quartier des Quatre-Moulins, me rendant dans mon \u00e9cole apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, je vois venir vers moi Louis Marc, adjoint au maire de Brest. Je le connaissais bien. Il n&rsquo;\u00e9tait pas de mes amis politiques, mais j&rsquo;avais avec lui des relations cordiales.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il tenait en mains un t\u00e9l\u00e9gramme officiel que la Mairie venait de recevoir et qui m&rsquo;\u00e9tait adress\u00e9 :<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">TELEGRAMME<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Adress\u00e9 \u00e0 Monsieur le Maire de Brest, sons contr\u00f4le de monsieur Le Pr\u00e9fet du Finist\u00e8re, en provenance de l&rsquo;h\u00f4pital de Setit. Cam Pierre, brigadier au 19\u00e8me Bataillon du 2\u00e8me RAMA, trait\u00e9 \u00e0 l&rsquo;H\u00f4pital Militaire de S\u00e9tif, donne graves inqui\u00e9tudes.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Informer monsieur et madame Nedelec, 163 rue A. France a Brest.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Re\u00e7u le 30 novembre 1960 de la sous pr\u00e9fecture a 10h30. Bless\u00e9 dans la nuit du 28 au 29 au thorax et \u00e0 l&rsquo;abdomen.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il me demanda si j&rsquo;avais un fils en Alg\u00e9rie. Je lui r\u00e9pondis \u00abnon, mais un beau-fr\u00e8re que j&rsquo;ai \u00e9lev\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; \u00ab J&rsquo;ai une mauvaise nouvelle \u00e0 t&rsquo;annoncer. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En effet, le t\u00e9l\u00e9gramme m&rsquo;informait que Pierre-Louis \u00e9tait gri\u00e8vement bless\u00e9, suite \u00e0 une embuscade. J&rsquo;invitai Louis Marc \u00e0 monter chez moi afin d&rsquo;avertir Marguerite. Elle, comme moi, nous avons tout de suite pens\u00e9 au pire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Louis Marc me proposa de nous rendre \u00e0 la Mairie des Quatre-Moulins pour essayer d&rsquo;avoir au t\u00e9l\u00e9phone l&rsquo;h\u00f4pital de S\u00e9tif, o\u00f9 \u00e9tait soign\u00e9 Pierre-Louis. Au bout du fil, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 avoir le chirurgien qui me confirma la blessure tr\u00e8s grave de Pierre-Louis et qui m&rsquo;assura qu&rsquo;il ferait tout son possible pour le sauver.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette sollicitude de Louis Marc, je ne l&rsquo;oublierai jamais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous allions rester sans nouvelles de Pierre-Louis pendant plusieurs semaines, quand nous parvint une lettre de l&rsquo;H\u00f4pital du Val de Gr\u00e2ce \u00e0 Paris, o\u00f9 il \u00e9tait en convalescence. Il nous rassurait sur son sort, mais il nous reviendrait diminu\u00e9, apr\u00e8s une s\u00e9rieuse op\u00e9ration chirurgicale : avec notamment un rein en moins.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Plus tard, quand mon jeune beau-fr\u00e8re fut \u00e0 nouveau parmi nous, il me raconta qu&rsquo;il avait eu la vie sauve gr\u00e2ce au Roman de Renard !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alors qu&rsquo;il \u00e9tait allong\u00e9, gisant parmi ses camarades tu\u00e9s, il fit le mort, sentant approcher les fellaghas. Il songea \u00e0 Goupil qui, dans le Roman de Renard, s&rsquo;allongea sur la route, faisant le mort, pour pouvoir manger le poisson de la marchande qui l&rsquo;avait hiss\u00e9 dans sa charrette.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est un passage du livre que j&rsquo;avais lu alors qu&rsquo;il \u00e9tait dans ma classe !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie continuait. Il .fallait mettre les bouch\u00e9es doubles pour obliger le gouvernement fran\u00e7ais \u00e0 mettre fin au conflit. Aussi, p\u00e9titions, meetings, d\u00e9fil\u00e9s, se multipliaient, rassemblant des Partisans de la Paix, de plus en plus nombreux, venant d&rsquo;horizons divers.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A Brest, il nous est arriv\u00e9 d&rsquo;\u00eatre charg\u00e9s par la Police, comme aux Quatre-Moulins, mais le plus terrible, fut le 9 f\u00e9vrier 1962, la manifestation r\u00e9prim\u00e9e dans le sang au m\u00e9tro Charonne \u00e0 Paris (neuf morts, tous communistes, plusieurs dizaines de bless\u00e9s).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Enfin, le 18 mars 1962, c&rsquo;\u00e9taient les accords d&rsquo;\u00c9vian, le 19 mars, le cessez-le-feu, les attentats de l&rsquo;O.A.S. et le cinq juillet, l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">R\u00e9sultat : entre cinq cent mille et un million d&rsquo;Alg\u00e9riens tu\u00e9s, vingt-cinq mille soldats fran\u00e7ais, mille disparus, six mille cinq cents bless\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 31 octobre 2000, des souvenirs douloureux de la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie allaient revenir avec la publication de l&rsquo;Appel \u00e0 la Condamnation de la Torture durant la Guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie de douze personnalit\u00e9s, texte qui allait se couvrir de milliers de signatures et amener tant \u00e0 la radio qu&rsquo;\u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision plusieurs d\u00e9bats. En 2001, c&rsquo;est le proc\u00e8s du g\u00e9n\u00e9ral Aussaresses qui, dans un ouvrage, reconna\u00eet avoir pratiqu\u00e9 les tortures et ne regrette rien.<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;appel<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">\u00e0 la condamnation<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">de la torture durant<\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Des deux c\u00f4t\u00e9s de la M\u00e9diterran\u00e9e, la m\u00e9moire fran\u00e7aise et la m\u00e9moire alg\u00e9rienne resteront hant\u00e9es par les horreurs qui on marqu\u00e9 la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie tant que la v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;aura pas \u00e9t\u00e9 dite et reconnue.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ce travail de m\u00e9moire appartient \u00e0 chacun des deux peuples et aux communaut\u00e9s, de quelque origine que ce soit, qui ont cruellement souffert de cette trag\u00e9die dont les autorit\u00e9s fran\u00e7aises portent la responsabilit\u00e9 essentielle en raison de leur obstination \u00e0 refuser aux Alg\u00e9riens leur \u00e9mancipation. Aujourd&rsquo;hui, il est possible de promouvoir une d\u00e9marche de v\u00e9rit\u00e9 qui ne laisse rien dans l&rsquo;ombre. En France, le nouveau t\u00e9moignage d&rsquo;une Alg\u00e9rienne, publi\u00e9 dans la presse, qui met en accusation la torture, ne peut rester sans suite ni sanction. Le silence officie! serait ajouter au crime de l&rsquo;\u00e9poque une faute d&rsquo;aujourd&rsquo;hui.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">En Alg\u00e9rie, se dessine la mise en cause de pratiques condamnables, datant de la guerre et surtout lui ayant surv\u00e9cu, commises au nom de situations o\u00f9 \u00ab tout serait permis \u00bb. Il reste que la torture, mal absolu, pratiqu\u00e9e de fa\u00e7on syst\u00e9matique par une \u00ab arm\u00e9e de la R\u00e9publique \u00bb et couverte en haut lieu \u00e0 Paris, a \u00e9t\u00e9 le fruit empoisonn\u00e9 de la colonisation et de la guerre, l&rsquo;expression de la volont\u00e9 du dominateur de r\u00e9duire par tous les moyens la r\u00e9sistance du domin\u00e9.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Avec cette mise \u00e0 jour il ne s&rsquo;agit pas seulement de v\u00e9rit\u00e9 historique, mais aussi de l&rsquo;avenir des g\u00e9n\u00e9rations issues des diverses communaut\u00e9s qui vivent avec ce poids, cette culpabilit\u00e9 et ce non-dit.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Pour nous, citoyens fran\u00e7ais auxquels importe le destin partag\u00e9 des deux peuples et le sens universel de la justice, pour nous qui avons combattu la torture sans \u00eatre aveugles aux autres pratiques, il revient \u00e0 la France, eu \u00e9gard \u00e0 ses responsabilit\u00e9s, de condamner la torture qui a \u00e9t\u00e9 entreprise en son nom durant la guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie. Il en va du devoir de m\u00e9moire auquel la France se dit justememt attach\u00e9e et qui ne devrait conna\u00eetre aucune discrimination d&rsquo;\u00e9poque et de lieu. Dans cet esprit, et dans cet esprit seulement, tourn\u00e9s vers un rapprochement des personnes et des communaut\u00e9s et non vers l&rsquo;exacerbation de leurs antagonismes, nous demandons \u00e0 M. Jacques Chirac, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique et, \u00e0 M. Lionel Jospin, premier ministre, de condamner ces pratiques par une d\u00e9claration publique. Et nous invitons les t\u00e9moins, les citoyens \u00e0 s&rsquo;exprimer sur cette question qui met en jeu leur humanit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">HENRI ALLEG, ancien directeur d&rsquo;Aller R\u00e9publicain, auteur de la Question<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">JOSETTE AUDIN, \u00e9pouse de Maurice Audin, assassin\u00e9 par ses tortionnaires.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">SIMONE DE BOLLARDI\u00c8RE, veuve du g\u00e9n\u00e9ral Paris de Bollardi\u00e8re, oppos\u00e9 \u00e0 la torture et condamn\u00e9 \u00e0 deux mois de forteresse.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">NICOLE DREYFUS, avocate de Baya Hocinc et Djober Akrour<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">NO\u00cbL FAVRELI\u00c8RE, rappel\u00e9, d\u00e9serteur<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">GISELE HALIMI avocate de Djamila Boupacha<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">ALBAN LIECHTI, rappel\u00e9, insoumis<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">MADELEINE REB\u00c9RIOUX, historienne, secr\u00e9taire du comit\u00e9 Audin<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">LAURENT SCHWARTZ, math\u00e9maticien, pr\u00e9sident du comit\u00e9 Audin<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">GERMAINE TILLON, ethnographe, r\u00e9sistante, auteur de L&rsquo;Afrique bascule vers l&rsquo;avenir<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">JEAN-PIERRE VERNANT, historien, r\u00e9sistant<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">PIERRE VIDAL-NAQUET, historien, auteur de La Torture dans la R\u00e9publique.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"un-mot-h\" id=\"un-mot-h\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Un mot d&rsquo;histoire<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le probl\u00e8me de l&rsquo;Alg\u00e9rie me tient \u00e0 c\u0153ur et l&rsquo;envie me prend de revenir sur quelques points de l&rsquo;histoire de ce pays.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1830, date \u00e0 laquelle commence la conqu\u00eate fran\u00e7aise, il n&rsquo;y a pas de nation alg\u00e9rienne au sens moderne du mot, mais il existe une administration comparable \u00e0 celle qui existe alors en Tunisie, d\u00e9pendant th\u00e9oriquement de l&rsquo;Empire Ottoman. Le Dey d&rsquo;Alger entretient des rapports diplomatiques et commerciaux avec les pays \u00e9trangers, et particuli\u00e8rement avec la France. Il lui fournit du bl\u00e9 et lui pr\u00eate de l&rsquo;argent, comme par exemple en 1797, sous le Directoire. C&rsquo;est le non-paiement de cette dette par la France qui est \u00e0 l&rsquo;origine du coup d&rsquo;\u00e9ventail re\u00e7u par un Consul tar\u00e9 et provocateur. Mais le v\u00e9ritable motif de la conqu\u00eate fut de fournir au roi Charles X la gloire n\u00e9cessaire \u00e0 un coup d&rsquo;Etat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans les livres d&rsquo;histoire utilis\u00e9s dans les \u00e9coles primaires, on ne retient que le coup d&rsquo;\u00e9ventail comme pr\u00e9texte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme le dira plus tard Jules Ferry, le 28 juillet 1885, \u00e0 la chambre des D\u00e9put\u00e9s :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab La question coloniale, c&rsquo;est pour les pays vou\u00e9s par la nature m\u00eame de leur industrie \u00e0 une grande exportation, la question m\u00eame des d\u00e9bouch\u00e9s. Dans la crise que traversent toutes les industries europ\u00e9ennes, la fondation d&rsquo;une colonie, c&rsquo;est ici cr\u00e9ation d&rsquo;un d\u00e9bouch\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1786\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic19-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les colonies, c&rsquo;est pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux. \u00bb \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque de Jules Ferry, surnomm\u00e9 Ferry-Tonkin, il s&rsquo;agissait notamment de l&rsquo;Indochine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette d\u00e9claration souleva des protestations du radical Camille Pelletan qui s&rsquo;\u00e9crie :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Qu&rsquo;est-ce que cette civilisation qu&rsquo;on impose \u00e0 coups de canon ? Qu&rsquo;est-ce sinon une autre forme de barbarie ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jules Ferry r\u00e9pond :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00abC&rsquo;est de la m\u00e9taphysique politique, Messieurs ; il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu&rsquo;en effet, les races sup\u00e9rieures ont un droit vis-\u00e0-vis des races inf\u00e9rieures\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est justement ce que je n&rsquo;ai jamais pu admettre :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">mes combats pour la paix et contre le racisme ont jalonn\u00e9 mon parcours de militant. Le 11 juin 1953, c&rsquo;est l&rsquo;ex\u00e9cution sur la chaise \u00e9lectrique aux \u00c9tats-Unis de Julius et Ethel Rosenberg, faussement accus\u00e9s d&rsquo;espionnage au profit de l&rsquo;URSS. J&rsquo;ai fait signer des p\u00e9titions pour leur lib\u00e9ration, de m\u00eame que pour Nelson Mandela.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1991, c&rsquo;est la guerre du Golfe : j&rsquo;ai pris la responsabilit\u00e9 d&rsquo;un Comit\u00e9 pour la Paix \u00e0 Brest, manifest\u00e9 dans plusieurs lieux et je suis intervenu dans la rue en expliquant les raisons de notre opposition.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais bien auparavant, en 1936, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, j&rsquo;ai suivi intens\u00e9ment le d\u00e9roulement de la guerre civile en Espagne. Le g\u00e9n\u00e9ral Franco venait de d\u00e9clencher une insurrection contre la R\u00e9publique espagnole, nouvellement install\u00e9e d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9mocratique. Pratiquant l&rsquo;espagnol au lyc\u00e9e, j&rsquo;\u00e9coutais le soir, au poste de TSF de mes parents les \u00e9missions de la radio des R\u00e9publicains. Avec l&rsquo;appui de l&rsquo;aviation de Hitler, Franco allait r\u00e9ussir, h\u00e9las, \u00e0 vaincre les milices r\u00e9publicaines. On assista alors \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e en France de r\u00e9fugi\u00e9s fuyant le nouveau r\u00e9gime fasciste qui s&rsquo;installait dans leur malheureux pays.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me souviens de leur accueil \u00e0 Brest, \u00e0 Montbarrey, \u00e0 Morlaix, \u00e0 l&rsquo;Auberge de Jeunesse. J&rsquo;\u00e9tais parmi eux, les aidant du mieux que je pouvais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s la guerre, jusqu&rsquo;au retour \u00e0 un r\u00e9gime d\u00e9mocratique, c&rsquo;est-\u00e0-dire apr\u00e8s la chute et la mort de Franco, j&rsquo;ai aid\u00e9 le groupe des r\u00e9fugi\u00e9s encore pr\u00e9sents \u00e0 Brest \u00e0 organiser des f\u00eates o\u00f9 ils se retrouvaient. Certains d&rsquo;entre eux se rendaient clandestinement en Espagne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au retour d&rsquo;un de ces voyages clandestins, un groupe de ces r\u00e9publicains espagnols est venu m&rsquo;offrir une belle poup\u00e9e castillane, que je conserve pr\u00e9cieusement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1950 : Alors que j&rsquo;\u00e9tais instituteur \u00e0 Collorec, j&rsquo;ai particip\u00e9 \u00e0 la collecte de signatures au bas de l&rsquo;Appel de Stockholm, lanc\u00e9 par le Conseil Mondial de la Paix contre l&rsquo;arme atomique. Dans un environnement difficile, j&rsquo;ai franchi avec appr\u00e9hension le seuil de plusieurs maisons, notamment chez les commer\u00e7ants du bourg. J&rsquo;ai fait un effort particulier pour sonner \u00e0 la porte du presbyt\u00e8re, o\u00f9 je fus re\u00e7u par le recteur Jacques Laurent. Nous e\u00fbmes une longue discussion, portant notamment sur les causes et origines des guerres, lui mettant en avant la volont\u00e9 de Dieu, moi, avan\u00e7ant des raisons \u00e9conomiques. Le recteur ne signa pas la p\u00e9tition, mais j&rsquo;avais fait un grand pas en avant pour faire triompher mon combat pour la Paix, contre la guerre<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1984 : J&rsquo;ai pris en cette ann\u00e9e la responsabilit\u00e9 d&rsquo;un collectif local sur Brest repr\u00e9sentant l&rsquo;organisation nationale de L&rsquo;appel des cents qui s&rsquo;\u00e9tait cr\u00e9\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Mouvement de la Paix.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une marche pour la Paix avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e \u00e0 Paris, le 28 octobre 1984. De Brest, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 faire partir quatre cars, dont j&rsquo;\u00e9tais le responsable financier.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"proces-h-m\" id=\"proces-h-m\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Proc\u00e8s Henri Martin<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un des moments les plus forts de mes combats pour la Paix, se situe entre 1950 et 1953, lors des proc\u00e8s d&rsquo;Henri Martin.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Engag\u00e9 pour cinq ans dans la Marine Nationale, apr\u00e8s avoir particip\u00e9 tout jeune, avec son p\u00e8re, aux actions de la R\u00e9sistance dans les rangs des FTPF, Henri Martin partait pour l&rsquo;Indochine o\u00f9 des combats, para\u00eet-il, se livraient contre les Japonais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Henri Martin se rendit compte tr\u00e8s vite que c&rsquo;\u00e9taient surtout les Vietnamiens qui \u00e9taient les victimes des troupes coloniales fran\u00e7aises. Apr\u00e8s deux ans d&rsquo;Indochine, il arrivait \u00e0 Toulon en 1947, o\u00f9, avec un groupe de marins, il organisa la distribution du tract d\u00e9non\u00e7ant cette guerre, dont il avait eu un triste aper\u00e7u. Il est arr\u00eat\u00e9 le 13 mars 1950, jug\u00e9 \u00e0 Toulon par un Tribunal Militaire \u00e0 cinq ans de prison. Il passera deux ans \u00e0 la Centrale de Melun. Le jugement cass\u00e9, il sera rejug\u00e9 \u00e0 Brest, le 2 juillet 1951. Ce jour-l\u00e0, j&rsquo;\u00e9tais avec de nombreux camarades aux alentours de l&rsquo;Avenue de l&rsquo;\u00c9cole Navale, dans le quartier de Saint-Pierre Quilbignon. De nombreux CRS jalonnaient la route qui menait jusqu&rsquo;au Centre d&rsquo;Instruction Naval, o\u00f9 avait lieu le jugement. L&rsquo;atmosph\u00e8re \u00e9tait tendue, d&rsquo;autant plus que le secr\u00e9taire f\u00e9d\u00e9ral du Parti Communiste n&rsquo;\u00e9tait autre que Daniel Trellu, ancien Colonel Chevalier de la R\u00e9sistance et qui n&rsquo;\u00e9tait pas homme de demi-mesures.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le tribunal de Brest confirma le jugement de Toulon :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">cinq ans de prison.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Henri Martin fut lib\u00e9r\u00e9 le dimanche 2 ao\u00fbt 1953. Nous l&rsquo;appr\u00eemes lors d&rsquo;une f\u00eate d\u00e9partementale du Parti Communiste.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant toute cette p\u00e9riode, le proc\u00e8s d&rsquo;Henri Martin souleva en France une grande \u00e9motion. De nombreux intellectuels soutinrent sa cause. H\u00e9l\u00e8ne Parmelin \u00e9crivit un livre : Henri-Martin matricule 2078, avec, en premi\u00e8re page, un portrait d&rsquo;Henri Martin par Picasso. Jean-Paul Sartre r\u00e9digea lui aussi un autre ouvrage sur \u00ab\u00a0l&rsquo;homme qui repr\u00e9sentait l&rsquo;anticolonialisme\u00a0\u00bb. Jean Cocteau, Vercors, Jacques Pr\u00e9vert et bien d&rsquo;autres, furent parmi ceux qui contribu\u00e8rent \u00e0 sa lib\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 la r\u00e9ception qui s&rsquo;ensuivit, beaucoup d&rsquo;entre eux \u00e9taient l\u00e0, devant un Henri Martin, intimid\u00e9, lui qui n&rsquo;avait que son \u00ab\u00a0certificat d&rsquo;\u00e9tudes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"alg-1963\" id=\"alg-1963\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Alg\u00e9rie : 1963<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour terminer ce chapitre consacr\u00e9 \u00e0 mes combats pour la Paix, contre le racisme, je ne peux manquer d&rsquo;\u00e9voquer ce qui ma pouss\u00e9 \u00e0 me rendre en Alg\u00e9rie en 1963.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout a commenc\u00e9 lors d&rsquo;un repas dans un restaurant de Quimper. Nous \u00e9tions l\u00e0, entre deux s\u00e9ances, repr\u00e9sentants du SNI \u00e0 une Commission Paritaire qui se tenait \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique, j&rsquo;\u00e9tais pr\u00e9sent, car \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque conseiller syndical<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au dessert, Jean Perrin, notre secr\u00e9taire d\u00e9partemental, sort de sa poche une lettre de la Direction Nationale du Syndicat. En nous la lisant, j&rsquo;avais l&rsquo;impression qu&rsquo;il ne croyait pas trop au contenu. De quoi s&rsquo;agissait-il ? D&rsquo;une demande du Minist\u00e8re de l&rsquo;Education Nationale \u00e0 la recherche d&rsquo;instituteurs et d&rsquo;institutrices d\u00e9sireux de se rendre en Alg\u00e9rie pour une mission de quarante enseignants, charg\u00e9s de r\u00e9cup\u00e9rer les dossiers de leurs coll\u00e8gues avant exerc\u00e9 pendant l&rsquo;occupation fran\u00e7aise<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Venant de me battre pour l&rsquo;ind\u00e9pendance de l&rsquo;Alg\u00e9rie, l&rsquo;occasion \u00e9tait trop belle pour me rendre dans ce pays, d&rsquo;aller voir sur place la situation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1787\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic20-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1788\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic21-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;informai Jean Perrin que cela m&rsquo;int\u00e9ressait et je fus suivi imm\u00e9diatement par Louis Pouliquen qui exer\u00e7ait \u00e0 Land\u00e9vennec et Fred Rospars, en poste \u00e0 Plougasnou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Chose curieuse, nous repr\u00e9sentions les trois tendances au Conseil Syndical : UNITE et ACTION, UID, \u00c9COLE \u00c9MANCIP\u00c9E.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et c&rsquo;est ainsi que nous nous retrouv\u00e2mes le vendredi 19 avril 1963 au Minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9ducation Nationale o\u00f9 des pr\u00e9cisions nous furent fournies sur ce qui nous attendait :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">aller dans les diff\u00e9rentes Acad\u00e9mies du territoire Alg\u00e9rien, r\u00e9cup\u00e9rer les dossiers des enseignants, faire une photocopie de certains \u00e9l\u00e9ments \u00e0 laisser dans les Inspections et exp\u00e9dier les dossiers entiers, par voie a\u00e9rienne en France.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourquoi \u00e9tait-on pass\u00e9 par le SNI pour \u00ab\u00a0recruter des volontaires ? Le minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9ducation Nationale s&rsquo;\u00e9tait tout d&rsquo;abord adress\u00e9 aux Inspecteurs de circonscriptions, mais la plupart d&rsquo;entre eux avaient vite camoufl\u00e9 la circulaire, craignant la difficult\u00e9 de remplacement de ceux et celles qui allaient partir, d&rsquo;o\u00f9 le recours au SNI.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A cette r\u00e9union d&rsquo;information du 19 avril, nous \u00e9tions quarante personnes qui ne se connaissaient pas. Nous nous observions, ignorant comment nous serions regroup\u00e9s dans les diff\u00e9rentes Inspections Acad\u00e9miques, et surtout ce qui poussait les uns et les autres \u00e0 entreprendre ce voyage : un tel parce qu&rsquo;il avait enseign\u00e9 en Alg\u00e9rie, une autre pour rejoindre un ami demeur\u00e9 l\u00e0-bas, d&rsquo;autres, comme moi, pour raisons humaines et politiques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voici maintenant quelques notes prises durant mon s\u00e9jour en Alg\u00e9rie. Je les r\u00e9sume, parce qu&rsquo;il serait trop long de les d\u00e9tailler.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lundi 22 avril : A 17h40, nous d\u00e9collons d&rsquo;Orly \u00e0 bord d&rsquo;une Caravelle. Nous volons \u00e0 8550 m\u00e8tres d&rsquo;altitude et survolons Lyon, puis la Camargue, avant d&rsquo;aborder la M\u00e9diterran\u00e9e. Nous distinguons l&rsquo;\u00eele de Majorque et arrivons \u00e0 l&rsquo;a\u00e9rodrome de Maison Blanche \u00e0 19h45. En route vers Alger, douze kilom\u00e8tres, nous sommes conduits au Lyc\u00e9e Fromentin o\u00f9, dans une grande salle, on nous fournit \u00e0 chacun un box pour s&rsquo;installer provisoirement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mardi 23 avril : Nous sommes libres de nous promener dans Alger. Au port, je d\u00e9ambule dans la foule des dockers et je note l&rsquo;existence d&rsquo;un quai de Brest. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, un car est mis \u00e0 notre disposition pour faire le tour de la ville. Nous visitons une mosqu\u00e9e, remarquons les tapis et les Musulmans en pri\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mercredi 24 avril : Dans notre groupe. Ariette et Michelle, deux institutrices de la Vienne sont venues de Poitiers. C&rsquo;est un des rares d\u00e9partements o\u00f9 la demande du Minist\u00e8re de l&rsquo;Education Nationale a \u00e9t\u00e9 transmise aux \u00c9coles par les Inspecteurs. Elles sont en Alg\u00e9rie pour retrouver des amis, m\u00e9decins alg\u00e9riens qu&rsquo;elles ont connus \u00e9tudiants \u00e0 Poitiers. Ce mercredi 24, nous faisons la connaissance de l&rsquo;ami d&rsquo;Arlette, qui nous invite le soir m\u00eame dans un restaurant sp\u00e9cifiquement alg\u00e9rien : \u00ab\u00a0couscous et petit lait<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jeudi 25 avril L&rsquo;apr\u00e8s midi, du point le plus \u00e9lev\u00e9 du lyc\u00e9e, nous pouvons admirer une vue splendide sur Alger. Nous avons, ce jour-l\u00e0, une r\u00e9union qui a lieu pour le choix de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique o\u00f9 nous aurons \u00e0 travailler. Quand arrive le nom de S\u00e9tif, personne ne veut y aller, S\u00e9tif laissant probablement trop de mauvais souvenirs. Mais c&rsquo;est justement l\u00e0 que je d\u00e9sirais me rendre, \u00e0 cause du triste \u00e9v\u00e9nement survenu \u00e0 Pierre-Louis. Michelle choisit \u00e9galement cette ville, son ami, avec lequel elle se mariera plus tard, y exerce son m\u00e9tier de m\u00e9decin. Fred Rospars et Louis Pouliquen choisiront eux Tizi-Ouzou, en pleine Kabylie, ainsi qu&rsquo;Arlette. Nous allons demeurer encore quelques jours \u00e0 Alger, jusqu&rsquo;au 7 mai avant de partir pour nos Inspections respectives.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Samedi 27 avril : Nous sommes re\u00e7us par l&rsquo;A.P.I.F.A., organisation syndicale repr\u00e9sentant le SNI en Alg\u00e9rie. R\u00e9ception tr\u00e8s cordiale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dimanche 28 avril : Une promenade touristique nous est offerte. Elle se fera dans un car qui nous procura beaucoup d&rsquo;\u00e9motions dans les paysages que nous allons traverser. Nous commen\u00e7ons par les domaines de Borgeaud :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">vignes \u00e0 perte de vue (propri\u00e9t\u00e9 de La Trappe), orangers, n\u00e9fliers, mandariniers, pommes de terre en fleurs, tomates, haricots, rizi\u00e8res, tout cela d\u00e9file sous nos yeux. Nous continuons par les gorges de La Chiffa o\u00f9 nous remarquons : le camp des ch\u00eanes, le ruisseau des singes et quelques fortins de la guerre&#8230; Nous mangeons \u00e0 Blida, et nous montons ensuite \u00e0 mille cinq cent m\u00e8tres \u00e0 Chria. C&rsquo;est l\u00e0 que le chauffeur du car nous procure quelques \u00e9motions, en descendant dans la brume par des virages en lacets. Nous terminons par Boufarik, Birkadem, Birmandrein.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1er Mai 1963 \u00e0 Alger : Nous y avons particip\u00e9. Ce fut un grand moment qui me conduisit \u00e0 faire une relation \u00e9crite que j&rsquo;exp\u00e9diais au Bulletin Syndical du Finist\u00e8re et \u00e0 l&rsquo;ACTION LA\u00cfQUE du Finist\u00e8re, qui la firent para\u00eetre. Le texte ci-dessous fut pr\u00e9sent\u00e9 par Jean Kervision, r\u00e9dacteur du journal.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"j-n-ecrit\" id=\"j-n-ecrit\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Jean NEDELEC nous \u00e9crit d&rsquo;Alg\u00e9rie&#8230;<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">D&rsquo;Alg\u00e9rie, o\u00f9 il remplit actuellement une mission syndicale, notresecr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Jean N\u00e9delec, m&rsquo;adresse une lettre en date du 1er mai. Je n&rsquo;ai pu r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;envie (et je pense que notre camarade ne m&rsquo;en voudra pas) de publier, \u00e0 l&rsquo;intention de tous nos amis, les passages essentiels de cette missive enthousiaste:<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab Je t&rsquo;\u00e9cris au soir d&rsquo;une journ\u00e9e qui marquera dans noire p\u00e9riple alg\u00e9rien.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nous avons v\u00e9cu, ce matin, le premier 1er mai de l&rsquo;Ind\u00e9pendance : les mots que je pourrais trouver sont impuissants pour traduire tout ce que nous avons pu ressentir&#8230;<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">D\u00e8s 8 h. 30 nous avions rejoint le groupe des enseignants qui s&rsquo;appr\u00eataient \u00e0 s&rsquo;int\u00e9grer au d\u00e9fil\u00e9. D\u00e9j\u00e0 les mots d&rsquo;ordre attiraient notre attention :<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab CONSTRUIRE DES \u00c9COLES, C&rsquo;EST B\u00c2TIR LE SOCIALISME \u00bb&#8230; Mais des banderoles, c&rsquo;est par centaines et par centaines que nous en avons vues.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ponctu\u00e9 par les \u00ab you-you \u00bb stridents des femmes musulmanes sur les trottoirs ou \u00e0 leurs fen\u00eatres, le d\u00e9fil\u00e9 imposant et calme se rendait \u00e0 la place des Martyrs, devant la Maison du Peuple o\u00f9 nous entend\u00eemes, m\u00eal\u00e9s \u00e0 la foule- vieux musulmans en djellabas et ch\u00e9chias, infirmiers et infirmi\u00e8res de l&rsquo;h\u00f4pital Mustapha, en blouse blanches, jeunes apprentis des centres de F.P.A. en cotte de travail les discours du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;U.G.T.A., du ministre du Travail et du Pr\u00e9sident du gouvernement, Ben Bella.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Il faut avoir \u00e9t\u00e9 m\u00eal\u00e9 \u00e0 cette foule pour sentir combien l&rsquo;Alg\u00e9rie nouvelle et ind\u00e9pendante, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s pr\u00e9sentes et le lourd h\u00e9ritage du colonialisme prend en main courageusement son avenir.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Aux scouts qu\u00eatant pour le Fonds- National de Solidarit\u00e9 j&rsquo;ai vu des ouvriers, pauvrement v\u00eatus donner un billet de 1000 francs, un paysan apporter \u00e0 Ben Bella toutes ses \u00e9conomies : 250 000 francs<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">A un moment donn\u00e9, Ben Bella a demand\u00e9 d&rsquo;abaisser toutes les pancartes et banderoles et de ne laisser d\u00e9ploy\u00e9e qu&rsquo;une seule portant l&rsquo;inscription : \u00ab IL N&rsquo;Y AURA PLUS DANS LE PAYS D&rsquo;HOMME AGENOUILLE\u00bb Pour lui, cette pancarte r\u00e9sumait bien ce qu&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;Alg\u00e9rie d&rsquo;hier (celle des cireurs de bottes) et l&rsquo;Alg\u00e9rie de demain qui s&rsquo;engage, a dit le Pr\u00e9sident du gouvernement \u00ab dans LA VOIX LUMINEUSE DU SOCIALISME \u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Beaucoup de mots d&rsquo;ordre aussi faisaient r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 CUBA et \u00e0 Fidel CASTRO.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Bref, je n&rsquo;aurais vu que ce 1er mai 1963, \u00e0 Alger, mon voyage serait d\u00e9j\u00e0 riche d&rsquo;exp\u00e9rience. Mais tu imagines qu&rsquo;au fil des jours, nous emmagasinions un tas de pr\u00e9cisions sur la fa\u00e7on dont l&rsquo;Alg\u00e9rie se lance hardiment dans la construction de son avenir. Ce qui me frappe surtout, c&rsquo;est l&rsquo;allant, le dynamisme de la jeunesse\u2026 \u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">S\u00fbr de me faire l&rsquo;interpr\u00e8te de tous les la\u00efques du Finist\u00e8re, je souhaite \u00e0 Jean N\u00e9d\u00e9lec, ainsi qu&rsquo;aux deux autres camarades qui l&rsquo;accompagnent : Louis Pouliquen, de Land\u00e9vennec, et Fred Rospars, de Plougasnou, UN FRUCTUEUX TRAVAIL ET UN EXCELLENT SEJOUR DANS L&rsquo;ALGERIE NOUVELLE. J.K.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce texte, bien entendu, a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit dans l&rsquo;atmosph\u00e8re qui pr\u00e9valait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, un an apr\u00e8s la fin de la guerre. Depuis, l&rsquo;Alg\u00e9rie a connu bien des difficult\u00e9s, notamment par suite de la vague islamiste qui a endeuill\u00e9 le pays. Il n&rsquo;en reste pas moins que, ce jour-l\u00e0, nous nous trouvions devant une foule heureuse et combative.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jeudi 2 mai : D\u00eener en ville avec deux jeunes coll\u00e8gues alg\u00e9riens.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vendredi 3 mai : R\u00e9union \u00e0 la Maison Culturelle pour recevoir les derni\u00e8res instructions avant le d\u00e9part fix\u00e9 en principe au mardi 7 mai.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Samedi 4 mai : Nous avions la possibilit\u00e9 de visiter le sud alg\u00e9rien et les confins du Sahara. C&rsquo;est ce qu&rsquo;ont choisi la plupart des coll\u00e8gues. Je suis rest\u00e9 \u00e0 Alger parce qu&rsquo;il s&rsquo;y passait un grand \u00e9v\u00e9nement. L&rsquo;arriv\u00e9e dans la ville de Nasser, nouveau dirigeant \u00e9gyptien accompagn\u00e9 de Ben Bella, le dirigeant alg\u00e9rien. Je ne voulais pas rater \u00e7a.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;attente fut longue. Je me trouvais sur un trottoir, entour\u00e9 d&rsquo;hommes, de femmes voil\u00e9es et d&rsquo;enfants. J&rsquo;avais \u00e0 mes pieds un gar\u00e7onnet d&rsquo;environ huit \u00e0 neuf ans. Au moment o\u00f9 arrivait le v\u00e9hicule transportant les deux dirigeants, je proposai \u00e0 la femme voil\u00e9e de prendre son petit gar\u00e7on sur mes \u00e9paules, pour mieux jouir du spectacle. Les yeux de la femme que je distinguai au-dessus de son voile semblaient acquiescer. Mais aussit\u00f4t sur mes \u00e9paules, il me fallut descendre le bambin, la grand-m\u00e8re se montrant m\u00e9contente et donnant tort \u00e0 sa fille (j&rsquo;ai toujours la photo de cette sc\u00e8ne prise par Louis Pouliquen).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dimanche 5 mai : Avant de quitter, j&rsquo;avais un d\u00e9sir : visiter la Casbah, ce quartier historique d&rsquo;Alger. Mes coll\u00e8gues m&rsquo;en dissuad\u00e8rent, craignant pour moi quelque incident. Je n&rsquo;\u00e9coutai pas leurs conseils et c&rsquo;est ainsi que j&rsquo;ai travers\u00e9 la Casbah de bas en haut, rencontrant des habitants les plus paisibles du monde.<\/p>\n<p>Lundi 6 mai : Assist\u00e9 aux obs\u00e8ques du dirigeant Kemiti au cimeti\u00e8re alg\u00e9rien;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mardi 7 mai : c&rsquo;est le d\u00e9part \u00e0 7h45 pour S\u00e9tif, \u00e0 trois cents kilom\u00e8tres d Alger. Nous traversons les gorges de Palestre, les portes de Fer (cha\u00eene des Biban) : paysage chaotique, d\u00e9sertique Nous arrivons \u00e0 S\u00e9tif \u00e0 11h35, sous l&rsquo;orage et la pluie<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mercredi 8 mai : Prise de contact avec l&rsquo;Inspection d&rsquo;Acad\u00e9mie et le consul. On \u00e9voque la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre log\u00e9s au Consulat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jeudi 9 mai : Nous commen\u00e7ons notre travail de r\u00e9cup\u00e9ration des dossiers, non sans quelques ennuis avec l&rsquo;appareil de photocopie. Nous sommes en 1963, et ils ne sont pas encore tr\u00e8s performants. Mais l&rsquo;ambiance est bonne dans les bureaux o\u00f9 travaillent toujours quelques employ\u00e9s \u00ab\u00a0pieds noirs\u00a0\u00bb avec qui nous ferons connaissance.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vendredi 10 mai : Nous rencontrons Mademoiselle Idoine, directrice du Lyc\u00e9e de S\u00e9tif. Ancienne d\u00e9port\u00e9e du camp de concentration de Ravensbr\u00f9ck, nous d\u00e9couvrons une femme charmante, pr\u00eate \u00e0 nous rendre service. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;elle s&rsquo;occupa du mat\u00e9riel de couchage dans la perspective d&rsquo;un h\u00e9bergement au consulat. Encore mieux, elle est dispos\u00e9e \u00e0 nous pr\u00eater sa 2CV le week-end, pour nous permettre de d\u00e9couvrir la r\u00e9gion. Enfin, elle nous invite \u00e0 manger et coucher au Lyc\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Samedi 11 mai : Nous partons cet apr\u00e8s-midi pour Constantine, Michelle au volant de la 2CV., Hassen, fils du concierge de l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique nous accompagne ; il affirme \u00eatre communiste, mais nous r\u00e9serve une petite surprise, alors que nous cassons la cro\u00fbte avant de partir. Nous avons achet\u00e9 au supermarch\u00e9 de S\u00e9tif, une bo\u00eete de p\u00e2t\u00e9 de cochon. Nous offrons \u00e0 Hassen de partager ce mets. Il refuse, pr\u00e9tendant n&rsquo;avoir pas faim. Comme quoi la pression religieuse joue, m\u00eame chez un communiste alg\u00e9rien.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous arrivons \u00e0 Constantine \u00e0 16h45. Nous dormons \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, r\u00e9veill\u00e9s de tr\u00e8s bonne heure par le bruit de la foule qui provient du march\u00e9 situ\u00e9 en contrebas.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dimanche 12 mai : Nous poussons jusqu&rsquo;\u00e0 Philipe-ville, distante de 87 kilom\u00e8tres. Nous longeons une mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e o\u00f9 nous distinguons deux hommes en danger d&rsquo;\u00eatre noy\u00e9s. Apr\u00e8s une tourn\u00e9e de quatre cent trente-six kilom\u00e8tres, nous sommes de retour \u00e0 S\u00e9tif.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lundi 13 mai : Nous d\u00e9m\u00e9nageons du Lyc\u00e9e au Consulat. C&rsquo;est assez pittoresque, car c&rsquo;est avec un \u00e2ne que nous v\u00e9hiculons lits et couvertures, \u00e2ne conduit par un Alg\u00e9rien.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vendredi 17 mai : C&rsquo;est une soir\u00e9e bien arros\u00e9e au Consulat, o\u00f9 le vice-consul nous apprend qu&rsquo;il est mari\u00e9 avec une Finist\u00e9rienne de Plouguerneau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jeudi 23 mai : Le cousin d&rsquo;Amar, jeune homme qui travaille \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique et avec qui nous sommes tr\u00e8s amis, me propose d&rsquo;aller faire un tour dans la campagne s\u00e9tifienne.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lundi 1er juin : Tandis que je me prom\u00e8ne dans S\u00e9tif, un jeune gar\u00e7on se propose pour me cirer mes chaussures, geste habituel, je suppose durant l&rsquo;occupation fran\u00e7aise. Je refuse et lui explique que les temps ont chang\u00e9. Je lui laisse cependant quelque argent pour ne pas le d\u00e9cevoir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dimanche 2 juin : Une belle moir\u00e9e \u00e0 Bougie, o\u00f9, assis sur une digue, nous d\u00e9gustons des brochettes accompagn\u00e9es d&rsquo;un excellent vin alg\u00e9rien.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Samedi 8 juin C&rsquo;est \u00e0 Djemila la d\u00e9couverte de ruines romaines ou un guide musulman, plein d&rsquo;humour, nous fait d\u00e9couvrir ces merveilleuses antiquit\u00e9s. Ces diff\u00e9rentes escapades ne nous emp\u00eachent pas de mener \u00e0 bien ce pourquoi nous sommes venus. Des sacs postaux bien ferm\u00e9s partent r\u00e9guli\u00e8rement pour la France. Le d\u00e9part de S\u00e9tif approche. Sur le quai de la gare, nous retrouvons, au moment du d\u00e9part, un jeune Alg\u00e9rien de 19 ans qui venait de commencer \u00e0 travailler \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique. Nous nous \u00e9tions li\u00e9s d&rsquo;amiti\u00e9 avec lui ; il \u00e9tait extr\u00eamement gentil, ce qu&rsquo;il montra sur le quai de la gare. Cependant, nous avons fait la m\u00eame remarque qu&rsquo;avec Hassen, c&rsquo;est \u00e0 dire le poids de la croyance religieuse. Nous l&rsquo;avions invit\u00e9 \u00e0 partager avec nous un repas au restaurant. C&rsquo;\u00e9tait au bord de mer, nous mangions en plein air. Le hors d&rsquo;oeuvre consistait en deux tranches de jambon. Notre jeune ami fit un geste discret signifiant qu&rsquo;il fallait enlever le jambon, puis aussi l&rsquo;assiette. Ce fut discret mais r\u00e9v\u00e9lateur!<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Or donc, sur le quai de la gare, nous le voyons arriver avec pour chacun de nous un cadeau. Le mien, c&rsquo;\u00e9tait un beau tapis alg\u00e9rien repr\u00e9sentant une fantasia. La veille au soir, c&rsquo;\u00e9tait nous qui voulions lui laisser un souvenir, esp\u00e9rant qu&rsquo;il n&rsquo;aurait pas le temps de nous rendre la pareille. Sa gentillesse nous a beaucoup \u00e9mus.<br \/>\nVoyage de S\u00e9tif \u00e0 Alger : Ce voyage retour fut un v\u00e9ritable enfer. Le sirocco soufflait au maximum. Inutile de dire qu&rsquo;\u00e0 peine ingurgit\u00e9e une boisson, la gorge \u00e9tait imm\u00e9diatement aussi s\u00e8che.<br \/>\nA peine arriv\u00e9s \u00e0 la gare d&rsquo;Alger, en taxi, nous regagn\u00e2mes rapidement le Lyc\u00e9e Fromentin, ext\u00e9nu\u00e9s et fourbus.<\/p>\n<p>Vendredi 5 juillet : Nous allons conna\u00eetre le 5 juillet 1963 une journ\u00e9e particuli\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"gloire\" id=\"gloire\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>5 juillet 1830 &#8211; 5 juillet 1963<\/strong><br \/>\n<strong> GLOIRE \u00c0 NOS MARTYRS<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est l&rsquo;inscription d&rsquo;une banderole. Le 5 juillet 1930, c&rsquo;est le d\u00e9but de la colonisation fran\u00e7aise.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Du jeudi soir au vendredi soir, quelle p\u00e9tarade !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alger sent la fum\u00e9e, mais c&rsquo;est une fum\u00e9e pacifique, celle des p\u00e9tards;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le vendredi matin, un d\u00e9fil\u00e9 populaire parcourt les rues de la ville, puissant par sa masse de participants, des paysans, des ouvriers en passant par les intellectuels. Les mots d&rsquo;ordre tournent autour des id\u00e9es de socialisme, c&rsquo;\u00e9tait dans le climat de l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je note quelques-uns qu&rsquo;il faut situer dans le contexte :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le socialisme c&rsquo;est l&rsquo;Alg\u00e9rie d\u00e9velopp\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le socialisme mettra fin au ch\u00f4mage.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ind\u00e9pendance = socialisation.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le travail lib\u00e8re la femme.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Pas de socialisme sans la participation de la femme alg\u00e9rienne.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">(Ceci au milieu d&rsquo;un groupe de musulmanes voil\u00e9es)<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Encourager l&rsquo;agriculture c&rsquo;est combattre la faim.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Autogestion &#8212; socialisme et avenir\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Evolution de la femme dans le respect des principes moraux.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;autogestion met fin \u00e0 l&rsquo;exploitation de l&rsquo;homme par l&rsquo;homme\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Pour l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 . contre les fraudeurs et la corruption.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">11 juillet 1963: C&rsquo;est le retour en France apr\u00e8s trois mois pass\u00e9s dans un pavs qu&rsquo;il me tardait de d\u00e9couvrir, apr\u00e8s cette guerre inutile qui l&rsquo;avait endeuill\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quittant la chaleur de l&rsquo;a\u00e9rodrome d&rsquo;Alger, je d\u00e9barquai \u00e0 Paris par un temps humide et qui me semblait si froid. Mais que de souvenirs !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Des moments forts, comme cette communication t\u00e9l\u00e9phonique du 11 juin provenant de Brest et m&rsquo;annon\u00e7ant la naissance de mon filleul Serge, fils de Pierre-Louis. C&rsquo;\u00e9tait une sorte de revanche du sort. L\u00e0 ou son p\u00e8re avait \u00e9t\u00e9 bless\u00e9, la nouvelle de sa naissance, re\u00e7ue en ce m\u00eame lieu, c&rsquo;\u00e9tait pour moi tout un symbole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;achetais tous les jours l&rsquo;Humanit\u00e9, (qui venait de Paris en papier bible, c&rsquo;est \u00e0 dire tr\u00e8s fin), chez un d\u00e9bitant alg\u00e9rien. J&rsquo;\u00e9tais un bon client et quand je lui annon\u00e7ai mon d\u00e9part de S\u00e9tif, il me fit part de son regret et me dit en nous quittant : \u00ab Dommage qu&rsquo;on n&rsquo;ait pas eu affaire \u00e0 des Fran\u00e7ais comme vous. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Des moments agr\u00e9ables : comme la fr\u00e9quentation des diff\u00e9rents milieux qui m&rsquo;ont permis d&rsquo;appr\u00e9cier le \u00ab\u00a0couscous\u00a0\u00bb \u00e0 plusieurs tables : chez une famille \u00ab\u00a0pied noir\u00a0\u00bb, servis par une bonne alg\u00e9rienne, chez des amis musulmans servis par leur m\u00e8re, alors que la jeune sur nous souriait de la cuisine, sans oser approcher, les excursions avec la 2CV de Mademoiselle Idoine, les cartes postales re\u00e7ues de mes \u00e9l\u00e8ves de l&rsquo;\u00e9cole des Quatre-Moulins. Arriv\u00e9 en Bretagne, je repensai \u00e0 l&rsquo;histoire de ce pays occup\u00e9 pendant cent trente-deux ans par la France, \u00e0 son antique civilisation, \u00e0 la fa\u00e7on dont les livres d&rsquo;histoire falsifiaient les \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je n&rsquo;en veux pour preuve que ces lignes extraites de l&rsquo;Histoire de France d&rsquo;Ernest Lavisse pour les cours moyens premi\u00e8re et deuxi\u00e8me ann\u00e9es, livre que j&rsquo;avais moi-m\u00eame utilis\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Pendant ce minist\u00e8re (celui de Polignac) un \u00e9v\u00e9nement consid\u00e9rable se produisit.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Le Nord de l&rsquo;Afrique appartenait \u00e0 des populations qu&rsquo;on appelait barbaresques. Elles \u00e9taient divis\u00e9es en plusieurs \u00e9tats. L&rsquo;Etat d&rsquo;Alger \u00e9tait gouvern\u00e9 par un souverain qui portait le titre de Dey.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Les Alg\u00e9riens \u00e9taient d&rsquo;excellents marins ; ils attaquaient les vaisseaux de commerce dans la M\u00e9diterran\u00e9e, et les pillaient. Le commerce fran\u00e7ais \u00e9tait troubl\u00e9 par cette piraterie. Nous avions \u00e0 Alger un consul, c&rsquo;est-\u00e0-dire un agent charg\u00e9 de prot\u00e9ger les Fran\u00e7ais r\u00e9sidant \u00e0 Alger et de d\u00e9fendre les int\u00e9r\u00eats de notre commerce. Il fit des observations au Dey \u00e0 propos de mauvais traitements que des Fran\u00e7ais avaient soufferts. Le Dey se f\u00e2cha et le frappa avec le chasse-mouches qu&rsquo;il tenait \u00e0 la main.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Pour le punir, le gouvernement d\u00e9cida d&rsquo;envoyer en Alg\u00e9rie une flotte portant une petite arm\u00e9e. Alger fut pris en juillet 1830. C&rsquo;est ainsi que commen\u00e7a la Conqu\u00eate de ce pays, qui est devenu notre grande colonie africaine.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pas un mot du bl\u00e9 que l&rsquo;Alg\u00e9rie fournissait \u00e0 la France, de la dette datant du Directoire, pas un mot bien s\u00fbr des combats qui allaient opposer l&rsquo;arm\u00e9e fran\u00e7aise aux troupes d&rsquo;Abdel Kader.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alors pour terminer ce chapitre de mes combats pour la paix, je vais faire un aveu.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Fr\u00e9quentant la biblioth\u00e8que du consulat de S\u00e9tif, j&rsquo;ai gard\u00e9 par devers moi, un ouvrage en deux tomes qui s&rsquo;intitule : \u00ab\u00a0Lettres du Mar\u00e9chal Saint-Arnaud.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je les ai gard\u00e9s pr\u00e9cieusement car ces lettres illustrent parfaitement la cruaut\u00e9 avec laquelle a commenc\u00e9 cette colonisation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N\u00e9 \u00e0 Paris le 20 ao\u00fbt 1798, Saint-Arnaud entretiendra une correspondance suivie avec sa famille \u00e0 mesure qu&rsquo;il gravit tous les \u00e9chelons de l&rsquo;arm\u00e9e de jeune sous-lieutenant \u00e0 Mar\u00e9chal Parmi toutes les atrocit\u00e9s dont il se vante, j&rsquo;ai retenu cet extrait. \u00e9crit \u00e0 son fr\u00e8re avocat \u00e0 Paris, le 15 ao\u00fbt 1845.<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\">LE MARECHAL DE SAINT ARNAUD<br \/>\nAU MEME.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Au bivouac d&rsquo;A\u00efn-M\u00e9ran, le 15 ao\u00fbt 1845\u00a0\u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Cher fr\u00e8re, je voulais te faire un long r\u00e9cit de mon exp\u00e9dition, mais le temps me manque. Je viens d&rsquo;\u00e9crire huit pages au Mar\u00e9chal. La fatigue et la chaleur m&rsquo;accablent, j&rsquo;ai pass\u00e9 hier vingt-quatre heures \u00e0 cheval. Je t&rsquo;envoie seulement une esp\u00e8ce de journal sommaire de mes op\u00e9rations. Tu sais que l&rsquo;avais dirig\u00e9 mes&rsquo; trois colonnes de mani\u00e8re \u00e0 surprendre le ch\u00e9rif, le 8, par un mouvement combin\u00e9. Tout est arriv\u00e9 comme ]e 1&rsquo;avais pr\u00e9vu. J&rsquo;ai rejet\u00e9 Bou-Maza sur les colonnes de T\u00e9n\u00e8s et de Mostaganem qui l&rsquo;ont tenu entre elles et l&rsquo;ont poursuivi. Il a fini par \u00e9chapper en passant entre Clapar\u00e8de, Canrobert, Fleury et le lieutenant-colonel Berthier. On m&rsquo;a rapport\u00e9 trente-quatre t\u00eates, mais c&rsquo;est la sienne que je voulais. Le m\u00eame jour, 8, je poussais une reconnaissance sur les grottes ou plut\u00f4t cavernes, deux cents m\u00e8tres de d\u00e9veloppement, cinq entr\u00e9es. Nous sommes re\u00e7us \u00e0 coups de fusil, et j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 si surpris que j&rsquo;ai salu\u00e9 respectueusement quelques balles, ce qui n&rsquo;est pas mon habitude. Le soir m\u00eame, investissement de la 53e sous le feu ennemi, un seul homme bless\u00e9, mesures bien prises. Le 9, commencement des travaux de si\u00e8ge, blocus, mines, p\u00e9tards, sommations, instances, pri\u00e8res de sortir et de se rendre. R\u00e9ponse : injures, blasph\u00e8mes, coups de fusil&#8230; feu allum\u00e9. 10, 11, m\u00eame r\u00e9p\u00e9tition. Un Arabe sort le 11, engage ses compatriotes \u00e0 sortir ; ils refusent. Le 12, onze Arabes sortent, les autres tirent des coups de fusil. Alors je fais herm\u00e9tiquement boucher toutes les issues et je fais un vaste cimeti\u00e8re. La terre couvrira \u00e0 jamais les cadavres de ces fanatiques. Personne n&rsquo;est descendu dans les car-vernes ; personne&#8230; que moi ne sait qu&rsquo;il y a l\u00e0-dessous cinq cents brigands qui n&rsquo;\u00e9gorgeront plus les Fran\u00e7ais. Un rapport confidentiel a tout dit au mar\u00e9chal, simplement, sans po\u00e9sie terrible ni images<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"lai\" id=\"lai\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>La\u00efcit\u00e9 : Notre h\u00e9ritage<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le souvenir des Fran\u00e7ais d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, la la\u00efcit\u00e9 est li\u00e9e \u00e0 la mise en place, dans les ann\u00e9es 1880, d&rsquo;une \u00c9cole, gratuite, obligatoire et la\u00efque. Il nous faut remonter plus avant et affirmer que la la\u00efcit\u00e9 est une valeur sp\u00e9cifiquement fran\u00e7aise, qui s&rsquo;oppose au fanatisme religieux qui de l&rsquo;Inquisition aux Talibans d&rsquo;Afghanistan a parsem\u00e9 l&rsquo;Histoire du monde de nombreux crimes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"cond\" id=\"cond\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>CONDORCET<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, Diderot avec ses \u00e9crits, dont notamment l&rsquo;Encyclop\u00e9die, pr\u00e9pare la R\u00e9volution fran\u00e7aise de 1789, \u00e9poque \u00e0 laquelle la Pens\u00e9e La\u00efque va devenir adulte. Condorcet (1743 \u00e0 1794) seul repr\u00e9sentant des Lumi\u00e8res \u00e0 avoir v\u00e9cu la R\u00e9volution, va donner \u00e0 la la\u00efcit\u00e9 ses lettres de noblesse.<br \/>\nDans un rapport et projet de d\u00e9cret sur l&rsquo;organisation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Instruction Publique pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e Nationale au nom du Comit\u00e9 d&rsquo;Instruction Publique les 2 et 21 avril 1792, je note le passage suivant :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0La constitution, en reconnaissant le droit qu&rsquo;\u00e0 chaque individu de choisir son culte, eu \u00e9tablissant une enti\u00e8re \u00e9galit\u00e9 entre tous les habitants de la France, ne permet point d&rsquo;admettre, dans l&rsquo;instruction publique, un enseignement qui, en repoussant les enfants d&rsquo;une partie des citoyens, d\u00e9truirait l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des avantages sociaux, et donnerait \u00e0 des dogmes particuliers un avantage contraire \u00e0 la libert\u00e9 des opinions. Il \u00e9tait donc rigoureusement n\u00e9cessaire de s\u00e9parer de la morale les principes de toute religion particuli\u00e8re, et de n&rsquo;admettre dans l&rsquo;instruction publique l&rsquo;enseignement d&rsquo;aucun culte religieux\u00a0\u00bb.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;est-ce pas l\u00e0, \u00e9crit en 1792, les fondements de notre id\u00e9al la\u00efque ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"v-h\" id=\"v-h\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Victor Hugo<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Parmi les continuateurs de Condorcet, je rel\u00e8verai quelques noms, parmi les plus connus. Il en est un particuli\u00e8rement qui m&rsquo;a marqu\u00e9 : Victor Hugo (1802 \u00e0 1880?. Quand j&rsquo;\u00e9tais lyc\u00e9en, j&rsquo;avais re\u00e7u en guise de prix, deux ouvrages de lui : Avant l&rsquo;exil, Pendant l&rsquo;exil. J&rsquo;y ai trouv\u00e9 des discours sur la mis\u00e8re, contre la peine de mort, mais surtout l&rsquo;intervention qu&rsquo;il pronon\u00e7a \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e l\u00e9gislative, le 15 janvier 1850 contre la loi Falloux. C&rsquo;\u00e9tait la premi\u00e8re fois que je d\u00e9couvrais ce texte. Depuis, je l&rsquo;ai lu et relu, je l&rsquo;ai fait conna\u00eetre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Monsieur De Falloux, d\u00e9put\u00e9 r\u00e9actionnaire, pr\u00e9sentait \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9 des D\u00e9put\u00e9s, une loi qui, sous pr\u00e9texte d&rsquo;organiser la Libert\u00e9 d&rsquo;enseigner, \u00e9tablissait en r\u00e9alit\u00e9, le monopole de l&rsquo;Instruction Publique en faveur du clerg\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 travers le magnifique plaidoyer de Victor Hugo pour la d\u00e9fense de l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque, je note quelques passages parmi les plus significatifs :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Je veux je le d\u00e9clare, la libert\u00e9 de l&rsquo;enseignement, mais je veux la surveillance de l&rsquo;Etat et comme je veux cette surveillance effective, je veux l&rsquo;Etat la\u00efque, purement la\u00efque, exclusivement la\u00efque.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Spiritualiste et crevant, Victor Hugo n&rsquo;en est pas moins d&rsquo;un anticl\u00e9ricalisme virulent :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0L&rsquo;instruction primaire obligatoire, c&rsquo;est le droit de l&rsquo;enfant (murmures dans l&rsquo;Assembl\u00e9e) qui,ne vous trompez pas, est plus sacr\u00e9 que le droit du p\u00e8re et qui se confond avec le droit de l&rsquo;\u00c9tat.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le droit de l&rsquo;enfant proclam\u00e9 par l&rsquo;orateur, ne pla\u00eet pas \u00e0 la droite.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0J&rsquo;entends maintenir&#8230; cette antique et salutaire s\u00e9paration de l&rsquo;\u00c9glise et de l&rsquo;\u00c9tat qui \u00e9tait l&rsquo;utopie de nos p\u00e8res et cela dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;\u00c9glise comme dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;\u00c9tat\u00a0\u00bb<\/i> (acclamations \u00e0 gauche, protestations \u00e0 droite).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Loin que je veuille proscrire l&rsquo;enseignement religieux, il est selon moi plus n\u00e9cessaire aujourd&rsquo;hui que jamais. Plus l&rsquo;homme grandit, plus il doit croire. Plus il approche de Dieu, mieux il doit voir Dieu.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;aspect croyant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Je veux l&rsquo;enseignement de l&rsquo;Eglise en dedans de l&rsquo;Eglise et non au dehors&#8230; Je veux ce que voulaient nos p\u00e8res, l&rsquo;\u00c9glise chez elle et l&rsquo;\u00c9tat chez lui.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous sommes en 1850, ce ne sont que les pr\u00e9mices de la loi de 1905 sur la s\u00e9paration de l&rsquo;\u00c9glise et de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Je m&rsquo;adresse au parti cl\u00e9rical et je lui. dis : cette loi est votre loi. Tenez, franchement, je me d\u00e9fie de vous. Instruire c&rsquo;est construire. Je me d\u00e9fie de ce que vous construisez&#8230; je ne vous confonds pas avec l&rsquo;\u00c9glise, pas plus que je ne confonds le gui avec le ch\u00eane. Vous \u00eates, non des croyants, mais des sectaires d&rsquo;une religion que vous ne comprenez pas.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est le volet anticl\u00e9rical.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"j-mace\" id=\"j-mace\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Jean Mac\u00e9<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean Mac\u00e9 (1815 \u00e0 1891) occupe une place \u00e0 part dans les d\u00e9fenseurs de l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque, car c&rsquo;est lui qui a fond\u00e9 en 1886 la LIGUE de l&rsquo;ENSEIGNEMENT qui existe toujours et s&rsquo;est bien d\u00e9velopp\u00e9e depuis.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"ep-comm\" id=\"ep-comm\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>L&rsquo;\u00e9pisode de la Commune de Paris<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Suite \u00e0 la Guerre de 1870 qui s&rsquo;\u00e9tait termin\u00e9e par la d\u00e9faite de Sedan et l&#8217;emprisonnement de Napol\u00e9on III, du 18 mars au 28 mai 1871, Paris conna\u00eetra pendant soixante-douze jours une r\u00e9volution, connue sous le nom de la Commune de Paris.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Face au pouvoir ex\u00e9cutif de Thiers, repli\u00e9 \u00e0 Versailles, les Parisiens vivront un des \u00e9pisodes les plus glorieux de notre histoire, mais aussi le plus court et le plus sanglant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce contexte difficile, c&rsquo;est la premi\u00e8re fois, en France, qu&rsquo;un pouvoir allait mettre en application les id\u00e9es d\u00e9velopp\u00e9es par Condorcet, Victor Hugo, Jean Mac\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s le 2 avril 1871, l&rsquo;Assembl\u00e9e de la Commune, r\u00e9unie \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville votait un d\u00e9cret qui affirmait<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Article un :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;\u00c9glise est s\u00e9par\u00e9e de l&rsquo;\u00c9tat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Article deux :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le budget des cultes est supprim\u00e9<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis ce sera une s\u00e9rie de mesures visant \u00e0 remplacer, non sans difficult\u00e9s, les \u00e9coles congr\u00e9ganistes par des \u00e9coles la\u00efques o\u00f9 des instituteurs remplaceront les religieux, tout cela sous l&rsquo;impulsion du d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Enseignement, Edouard Vaillant (1840 \u00e0 1915).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai retrouv\u00e9 dans les M\u00e9moires d&rsquo;un Communard de Jean Allemane, le r\u00e9cit de quelques-unes des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es dans le cinqui\u00e8me arrondissement de Paris, lors de ces transformations scolaires radicales.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;en livre ici un extrait :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Je dus un jour arracher des mains d&rsquo;un groupe de marchandes du marche des Larmes, la directrice de cette derni\u00e8re \u00e9cole, \u00e0 laquelle ces dames, bien pensantes, faisaient descendre, la t\u00eate la premi\u00e8re, les deux \u00e9tages qui s\u00e9paraient de la rue la classe o\u00f9 elles l&rsquo;avaient saisie. Le visage de la jeune femme \u00e9tait tout ensanglant\u00e9, et elle se mourait de honte.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Ces sc\u00e8nes de barbarie nous prouvent que l&rsquo;\u00e9tat mental d&rsquo;une partie de la population se rapproche, par beaucoup de c\u00f4t\u00e9s, de celui des fanatiques de Lesneven et du Folgo\u00ebt.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean Allemane \u00e9crivait cela en 1905, preuve qu&rsquo;il \u00e9tait au courant de ce qui se passait dans La Terre des Pr\u00eatres du Nord-Finist\u00e8re au lendemain de la Loi Combes de 1905 s\u00e9parant (\u00e0 nouveau apr\u00e8s la Commune) l&rsquo;Eglise de l&rsquo;Etat. Dans l&rsquo;Histoire de France d&rsquo;Ernest La visse, (cours moyen premi\u00e8re et deuxi\u00e8me ann\u00e9es), la Commune de Paris est trait\u00e9e en quelques lignes :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0En mars 1871, les Parisiens nomm\u00e8rent un gouvernement r\u00e9volutionnaire qui s&rsquo;appela la Commune.\u00a0\u00bb<br \/>\nL&rsquo;ouvrage scolaire parle aussi \u00ab\u00a0des hommes qui aimaient le d\u00e9sordre et la violence\u00a0\u00bb<\/i>. Et en conclusion au paragraphe sur la Commune :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0L&rsquo;ann\u00e9e terrible\u00a0\u00bb, c&rsquo;est le nom que Victor Hugo a donn\u00e9 \u00e0 cette ann\u00e9e qui vit la guerre \u00e9trang\u00e8re et cette tragique guerre civile faite sous les yeux de l&rsquo;\u00e9tranger. Ce fut un des moments les plus tristes de toute notre histoire.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voil\u00e0 comment est trait\u00e9, dans un livre d&rsquo;Histoire destin\u00e9 aux enfants, l&rsquo;\u00e9pisode de la Commune de Paris.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"jules-f\" id=\"jules-f\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Jules Ferry<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est un personnage ambigu que Jules Ferry (1832 \u00e0 1893). Avocat vosgien, il devint membre du gouvernement de la D\u00e9fense Nationale le 4 septembre 1870.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s l&rsquo;insurrection de la Commune, il retrouve une place en politique. Par deux fois Ministre de l&rsquo;Instruction Publique, d&rsquo;abord du 4 f\u00e9vrier au 19 septembre 1880. \u00c9cart\u00e9 par Gambetta, il retrouve ce Minist\u00e8re de janvier \u00e0 juillet 1882.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est durant ce second Minist\u00e8re qu&rsquo;il entreprit avec vigueur l&rsquo;\u0153uvre de d\u00e9veloppement de l&rsquo;enseignement populaire \u00e0 laquelle son nom reste attach\u00e9. Cette bataille, d\u00e9cisive pour consolider la R\u00e9publique encore fragile, fut marqu\u00e9e notamment par les lois du 16 juin 1881 (Gratuit\u00e9), du 28 mars 1882 (Obligation et La\u00efcit\u00e9).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est le c\u00f4t\u00e9 positif de Jules Ferry. Le 20 novembre 1883, il devint Ministre des Affaires Etrang\u00e8res, o\u00f9 il continua la politique coloniale amorc\u00e9e d\u00e9j\u00e0 en 1880. C&rsquo;est la p\u00e9riode appel\u00e9e \u00ab\u00a0Ferry-Tonkin\u00a0\u00bb, qui s&rsquo;acheva par la d\u00e9faite de Langson (29 mars 1885). Battu ensuite aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, puis comme d\u00e9put\u00e9 de Saint-Di\u00e9, tr\u00e8s impopulaire jusqu&rsquo;en 1890, manquant m\u00eame d&rsquo;\u00eatre assassin\u00e9, il amor\u00e7ait au S\u00e9nat une nouvelle carri\u00e8re interrompue par sa mort.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est le c\u00f4t\u00e9 n\u00e9gatif de Jules Ferry. Ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0, je l&rsquo;ai d\u00e9couvert gr\u00e2ce \u00e0 une Ecole F\u00e9d\u00e9rale du Parti Communiste qui se tenait \u00e0 Tal ar Groas en Crozon sous la direction d&rsquo;Alain Cariou. Pendant toute ma scolarit\u00e9 cet aspect de la politique de Jules Ferry m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 soigneusement occult\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"leon-g\" id=\"leon-g\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>L\u00e9on Gambetta<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Opposant sous l&#8217;empire de Napol\u00e9on III, L\u00e9on Gambetta (1834 a 1882) est consid\u00e9r\u00e9 comme celui qui a \u00ab\u00a0fond\u00e9\u00a0\u00bb la Troisi\u00e8me R\u00e9publique. Ministre de l&rsquo;Int\u00e9rieur dans le gouvernement provisoire de la D\u00e9fense Nationale, proclam\u00e9 le 4 septembre 1870, il quitta Paris en ballon et, de Tours, dirigea la suite de la guerre. Il est l&rsquo;auteur de la c\u00e9l\u00e8bre formule :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0Le Cl\u00e9ricalisme, voila l&rsquo;ennemi. \u00a0\u00bb (12 ao\u00fbt 1881) Elle fit sensation \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Avant de lancer cette formule, il \u00e9crivait dans le m\u00eame discours :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0On a bataill\u00e9 quelques temps sur le dernier terme ; on a \u00e9quivoqu\u00e9 sur la la\u00efcit\u00e9, on a demand\u00e9 \u00e0 transiger, \u00e0 modifier ; on a lutt\u00e9 pendant un jour, deux jours, trois jours ; on a marchand\u00e9. Messieurs, \u00e0 toutes ces demandes, il faut r\u00e9pondre:<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Non, nous voulons l&rsquo;\u00c9glise chez elle et l&rsquo;\u00c9cole chez elle, l&rsquo;instituteur absolument ma\u00eetre du lieu o\u00f9 il donne ses le\u00e7ons et, ne laissant franchir le seuil de sa demeure que par les repr\u00e9sentants autoris\u00e9s de l&rsquo;\u00c9tat.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"emz\" id=\"emz\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Emile Zola<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme Victor Hugo, Emile Zola (1840 \u00e0 1902) appartient d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;histoire litt\u00e9raire. Son entr\u00e9e en politique date de l&rsquo;Affaire Dreyfus avec le c\u00e9l\u00e8bre article intitul\u00e9 \u00ab J&rsquo;accuse \u00bb paru dans L&rsquo;Aurore du 13 janvier 1898. Zola se rapproche des th\u00e9oriciens de la La\u00efcit\u00e9 par sa confiance dans les v\u00e9rit\u00e9s scientifiques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"jean-jau\" id=\"jean-jau\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Jean Jaur\u00e8s<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">P\u00e8re du socialisme fran\u00e7ais, dans ce rappel des th\u00e9oriciens de la La\u00efcit\u00e9, je ne pouvais passer sous silence le figure de Jean Jaur\u00e8s (1859 \u00e0 1914). Fondateur du journal l&rsquo;Humanit\u00e9 en 1904, Jaur\u00e8s fut aussi un militant de la Paix. Son assassinat, en 1914, au \u00ab\u00a0Caf\u00e9 du Croissant\u00a0\u00bb, pr\u00e9ludait au sinistre conflit de 1914 \u00e0 1918. Contrairement \u00e0 Jules Gr\u00e9vy qui pr\u00f4nait aux instituteurs, le 19 avril 1881, une neutralit\u00e9 stricte, Jean Jaur\u00e8s \u00e9crivait en 1908 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0La plus perfide man\u0153uvre des ennemis de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque, c&rsquo;est de la rappeler \u00e0 ce qu&rsquo;ils appellent la neutralit\u00e9, et de la condamner par l\u00e0 \u00e0 n&rsquo;avoir ni doctrine, ni pens\u00e9e, ni efficacit\u00e9 intellectuelle et morale.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>En fait, Il n&rsquo;y a que le n\u00e9ant qui est neutre.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"prem-eng\" id=\"prem-eng\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Premiers engagements\u00a0dans le militantisme La\u00efque<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est nourri de tout ce pass\u00e9 que je me suis engag\u00e9 \u00e0 fond dans le Mouvement La\u00efque qui a, dans le Finist\u00e8re ses lettres de noblesse.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tout a commenc\u00e9 pendant les sept ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 Collorec o\u00f9 j&rsquo;ai connu les relents du chauvinisme r\u00e9gnant en Bretagne : hostilit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque, pression de l&rsquo;\u00c9glise sur les consciences&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faut dire que dans le Finist\u00e8re, l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque, obligatoire et gratuite, issue des lois de Jules FERRY s&rsquo;implante difficilement. L&rsquo;Eglise joue l\u00e0 un r\u00f4le n\u00e9faste en r\u00e9pandant \u00e0 travers les campagnes un slogan qui a fait long feu :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0L&rsquo;Ecole La\u00efque, c&rsquo;est l&rsquo;Ecole du Diable\u00a0\u00bb. Le fameux \u00ab\u00a0Skol an Diaoul.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1945, \u00e0 Collorec, j&rsquo;en subissais encore les retomb\u00e9es. Beaucoup d&rsquo;autres que moi ont \u00e9crit sur les pressions exerc\u00e9es sur les citoyens pour que leurs enfants n&rsquo;aillent pas \u00e0 l&rsquo;Ecole Publique : menaces de propri\u00e9taires sur leurs fermiers, menaces du cur\u00e9 sur les communions, notamment envers les femmes, etc&#8230; etc&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Avant d&rsquo;aller plus avant, il me semble n\u00e9cessaire d&rsquo;examiner comment, dans le Finist\u00e8re, ont r\u00e9agi les d\u00e9fenseurs de l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque, face \u00e0 la vague cl\u00e9ricale et comment ils ont \u00e9t\u00e9 amen\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er des organisations pour mieux se d\u00e9fendre.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour ce faire, je vais r\u00e9sumer 1e travail que j&rsquo;ai r\u00e9alis\u00e9 pour la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques \u00e0 l&rsquo;occasion de son soixante-dixi\u00e8me anniversaire en l&rsquo;an 2000.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tant aux archives d\u00e9partementales de Quimper qu&rsquo;\u00e0 celles de Brest, j&rsquo;ai trouv\u00e9 des renseignements pr\u00e9cieux, ainsi que dans les documents conserv\u00e9s \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"prem-comb\" id=\"prem-comb\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Premiers combats<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s l&rsquo;application des lois scolaires de Jules Ferry et les difficult\u00e9s de leur application dans le d\u00e9partement, des hommes courageux vont se battre pour les id\u00e9es de tol\u00e9rance, de libert\u00e9, bref, les id\u00e9es la\u00efques. On aurait pu en citer plusieurs. J&rsquo;en ai retenu un, professeur au lyc\u00e9e de Brest qui, d\u00e8s 1890 va montrer l&rsquo;exemple. Baptiste Jacob, c&rsquo;est son nom, va organiser des conf\u00e9rences en liaison avec le milieu ouvrier et va cr\u00e9er en 1890 une association: la Soci\u00e9t\u00e9 de Bienfaisance des \u00c9coles La\u00efques de l&rsquo;arrondissement de Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il quittera Brest pour ses id\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"1922-crea\" id=\"1922-crea\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1922 : Cr\u00e9ation\u00a0d&rsquo;un Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque<\/strong><\/h2>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 11 juin 1922, dans une r\u00e9union organis\u00e9e par les groupements d&rsquo;instituteurs du Finist\u00e8re et le syndicat des membres de l&rsquo;enseignement, \u00e9tait constitu\u00e9 \u00e0 Quimper entre toutes les organisations syndicales, politiques, philosophiques et tous les la\u00efques qui veulent y adh\u00e9rer, un comit\u00e9 qui prenait le nom de Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque du Finist\u00e8re, et dont le but \u00e9tait :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1) de d\u00e9fendre les lois la\u00efques<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">2) de d\u00e9fendre l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque et ses ma\u00eetres contre tous leurs ennemis et contre les atteintes port\u00e9es \u00e0 la libert\u00e9 d&rsquo;expression.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">3) de propager par tous les moyens (r\u00e9unions, tracts etc&#8230;) les id\u00e9es la\u00efques dans le d\u00e9partement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le dimanche 11 f\u00e9vrier 1923 se tenait \u00e0 Quimper le congr\u00e8s constitutif du Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Chose curieuse : quatre d\u00e9put\u00e9s et quatre s\u00e9nateurs adh\u00e9r\u00e8rent au comit\u00e9 qui d\u00e9cida de lancer un journal qui sortit le dimanche 25 mars 1923 sous le nom :<\/p>\n<p align=\"CENTER\">LA D\u00c9FENSE LA\u00cfQUE<\/p>\n<p align=\"CENTER\">ORGANE DE L&rsquo;UNION<\/p>\n<p align=\"CENTER\">de D\u00c9FENSE LA\u00cfQUE du Finist\u00e8re<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Aux archives d\u00e9partementales de Quimper, en consultant la collection de ce journal, j&rsquo;y ai d\u00e9couvert les articles anticl\u00e9ricaux virulents de Charles Drapier qui fut un des premiers dirigeants du Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque et qui deviendra, plus tard.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. Il signait ses articles sous le pseudonyme Le Sanglier. La situation de l&rsquo;\u00e9poque expliquait cette virulence.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le m\u00eame temps, de 1932 \u00e0 1937, des troupes th\u00e9\u00e2trales sillonnaient le Finist\u00e8re, celles du patronage la\u00efque de Recouvrance, du Patronage la\u00efque de Saint-Marc et surtout la troupe de la Maison du Peuple de Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Elles avaient \u00e0 leur r\u00e9pertoire des pi\u00e8ces anticl\u00e9ricales : La Terre des Pr\u00eatres de Yves Lef\u00e8bvre, Mon Royaume n&rsquo;est pas de ce monde de Lorulot.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A partir de 1934 (6 et 11 f\u00e9vrier), le Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque va \u00e9largir son champ d&rsquo;action. Au-del\u00e0 des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la d\u00e9fense de l&rsquo;Ecole Publique, le Comit\u00e9 a tenu \u00e0 alerter les militants sur le danger des id\u00e9es d&rsquo;extr\u00eame droite. Le journal prend le titre de La D\u00e9fense et l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, et on y trouve \u00ab\u00a0La Page Antifasciste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un autre militant actif du Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque que je tiens \u00e0 citer, c&rsquo;est Jean Cornec, instituteur \u00e0 Daoulas qui fut, avec Charles Drapier, un d\u00e9fenseur acharn\u00e9 des id\u00e9es la\u00efques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion apr\u00e8s la guerre de 1939 \u00e0 1945 de militer avec eux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1929, des probl\u00e8mes vont se poser au Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque. Des activit\u00e9s socio-culturelles se mettent en place dans les Amicales et Patronages cr\u00e9\u00e9s sous l&rsquo;impulsion du Comit\u00e9, dont le r\u00f4le restait strictement limit\u00e9 \u00e0 la propagande et \u00e0 la d\u00e9fense la\u00efques. Musiques, fanfares, troupes th\u00e9\u00e2trales, clubs sportifs. C&rsquo;est pourquoi le Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque va \u00e9diter un tract dans lequel un appel est fait aux soci\u00e9t\u00e9s adh\u00e9rentes pour la constitution d&rsquo;une F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"crea-fede\" id=\"crea-fede\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1930 : Cr\u00e9ation\u00a0de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0152uvres La\u00efques<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;assembl\u00e9e constitutive a eu lieu le dimanche 11 mai 1930 \u00e0 Landerneau, suite au tract diffus\u00e9 par le Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque. Quinze associations \u00e9taient pr\u00e9sentes :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1) Le Patronage La\u00efque de Recouvrance (avec monsieur Le Quinquis)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">2) La Soci\u00e9t\u00e9 de Bienfaisance des \u00c9coles La\u00efques de Saint-Pierre-Quilbignon (avec monsieur Julien)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">3) L&rsquo;Union Sportive Ouvri\u00e8re de Brest (avec monsieur Quiniou)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">4) L&rsquo;Amicale des Anciens \u00c9l\u00e8ves de Sizun (avec le docteur Maz\u00e9)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">5) L&rsquo;Amicale des Anciens \u00c9l\u00e8ves de Landivisiau (avec monsieur Bellec)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">6) La Musique la Saint-Politaine de Saint-Pol-de-L\u00e9on (avec monsieur Le Morvan)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">7) L&rsquo;Amicale des Anciens El\u00e8ves de Landerneau (avec monsieur Belhommet)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">8) Une association de Francs-Ma\u00e7ons de Brest (avec monsieur P\u00e9hor\u00e9)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">9) La Soci\u00e9t\u00e9 de Gymnastique l&rsquo;Hirondelle de Brest (avec madame Le Moigne)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">10) Le Th\u00e9\u00e2tre de la Maison du Peuple de Brest (avec monsieur Martin)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">11) Le Comit\u00e9 des F\u00eates de Cl\u00e9der (avec monsieur Dufour)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">12) Le Patronage La\u00efque de Saint-Marc (avec monsieur Blaize)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">13) L&rsquo;Amicale des Anciens \u00c9l\u00e8ves de Saint-Marc (avec monsieur Le Guen)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">14) Le Club Sportif Lanmeurien de Lanmeur (avec monsieur Colleter)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">15) L&rsquo;Amicale Scolaire de Pont-l&rsquo;Abb\u00e9 (avec monsieur Coquil)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De 1930 \u00e0 1937, la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques du Finist\u00e8re vivra en autonomie. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1937 qu&rsquo;elle demandera son adh\u00e9sion \u00e0 la Ligue de l&rsquo;Enseignement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourtant les militants la\u00efques du Finist\u00e8re n&rsquo;ignoraient pas l&rsquo;existence de cette Ligue.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9j\u00e0 le 8 janvier 1879, Jean Mac\u00e9 tenait au th\u00e9\u00e2tre de Brest une conf\u00e9rence. Il venait y pr\u00e9senter la Ligue de l&rsquo;Enseignement qu&rsquo;il avait cr\u00e9\u00e9e en 1866.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au sein du Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque, lors du congr\u00e8s du dimanche 8 mai 1927, Jean Cornec avait \u00e9voqu\u00e9 l&rsquo;existence de la Ligue. Mais c&rsquo;est seulement le 15 mai 1938, lors de l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de Quimper que la F\u00e9d\u00e9ration adh\u00e9ra \u00e0 la Ligue de l&rsquo;Enseignement \u00e9voqu\u00e9e un an auparavant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e9sormais F\u00e9d\u00e9ration et Ligue seront associ\u00e9es \u00e9troitement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"sept-39\" id=\"sept-39\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Septembre 1939<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Sous l&rsquo;occupation, la Ligue de l&rsquo;Enseignement sera r\u00e9duite \u00e0 la clandestinit\u00e9, dissoute par le gouvernement de Vichy.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La vie de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques se trouve paralys\u00e9e de la m\u00eame fa\u00e7on.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faudra attendre la Lib\u00e9ration pour pouvoir relancer les activit\u00e9s. 1946. L&rsquo;\u00c9ditorial portait le titre \u00ab\u00a0La\u00efcit\u00e9\u00a0\u00bb, c&rsquo;est tout dire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Georges Thomas, instituteur \u00e0 Kergloff (celui qui \u00e9crivit le lettre au Maire de Collorec lors du Bal interdit) devenait le r\u00e9dacteur en chef du journal.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"renouv\" id=\"renouv\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1945 : Le renouveau\u00a0du mouvement la\u00efque<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques va donc repartir et tiendra sa premi\u00e8re Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, le 14 avril 1946, \u00e0 Ch\u00e2teaulin.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais d\u00e9j\u00e0 le 24 novembre 1945, un important rassemblement la\u00efque s&rsquo;\u00e9tait tenu \u00e0 Quimper. Plac\u00e9 sous la pr\u00e9sidence de Jean Debiesse, Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, ce rassemblement remporta un vif succ\u00e8s. Jean Debiesse, dans son allocution, souhaita que le Finist\u00e8re retrouve une F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques forte et dynamique. La chance de la F\u00e9d\u00e9ration et du Mouvement La\u00efque dans son ensemble, c&rsquo;est d&rsquo;avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l&rsquo;appui de Jean Debiesse.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A Quimper, le 24 novembre 1945, fra\u00eechement install\u00e9 \u00e0 Collorec, je d\u00e9couvrais la vigueur du Mouvement La\u00efque dans le Finist\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A l&rsquo;issue de ce rassemblement de Quimper, un Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque \u00e9tait constitu\u00e9. Il se substituait au Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque cr\u00e9\u00e9 en 1922. Jean Debiesse allait \u00e9crire l&rsquo;\u00c9ditorial du Journal qui prenait le titre Action La\u00efque du Finist\u00e8re, ceci dans le num\u00e9ro un de f\u00e9vrier 1946 L&rsquo;Editorial portait le titre \u00ab\u00a0La\u00efcit\u00e9, c&rsquo;est tout dire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Georges Thomas, instituteur \u00e0 Kergloff (celui qui \u00e9crivit la lettre au maire de Collorec lors du bal interdit) devenait le r\u00e9dacteur en chef du journal.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"48-entr\" id=\"48-entr\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>1948 : Entr\u00e9e\u00a0dans les organisations la\u00efques<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je suis intervenu pour la premi\u00e8re fois, publiquement, durant le Congr\u00e8s du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque qui se tenait \u00e0 Quimper le dimanche 28 novembre 1948.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un public nombreux \u00e9tait rassembl\u00e9 salle Verdelet. \u00c0 l&rsquo;issue des rapports traditionnels, on en \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du conseil d&rsquo;Administration qui comptait neuf membres, d\u00e9sign\u00e9s par les organisations la\u00efques : SNI, FEN, FOL, parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves. D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de l&rsquo;\u00c9ducation Nationale et douze membres \u00e9lus parmi les Amicales La\u00efques. Je venais de prendre le secr\u00e9tariat de la FEN-CGT. Avant de passer au vote, je demandai la parole. Je fis remarquer que le F\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;\u00c9ducation Nationale (autonome) avait deux si\u00e8ges. Comme la FEN-CGT venait de se cr\u00e9er en1947. je trouvai normal qu&rsquo;on lui attribu\u00e2t un si\u00e8ge.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le pr\u00e9sident de s\u00e9ance. Le Pemp jugea mes propositions irrecevables.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Alors, un militant aguerri de Quimper, Gaby Campion, r\u00e9torqua \u00e0 le Pemp :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Nous sommes ici, en Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque, la salle a droit \u00e0 la parole. Je demande que le proposition de Jean N\u00e9d\u00e9lec soit mise aux voix. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le pr\u00e9sident de s\u00e9ance fut oblig\u00e9 de s&rsquo;ex\u00e9cuter et ma proposition fut accept\u00e9e \u00e0 une large majorit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je devenais ainsi membre du conseil d&rsquo;administration au nom de la FEN-CGT, ainsi que Messieurs Melou, Le Foll et Jade au nom du SNI. Monsieur Abdelaziz au nom de la FEN (autonome), messieurs Drapier et Madec au nom de la FOL, monsieur Le Pemp pour les parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves (FCPE) et monsieur Damalix pour les DDEN.<br \/>\nAvec les douze membres \u00e9lus : Emile Gasnier, Louis Le Roux, Alain Cariou, Jean-Fran\u00e7ois Hamon, Catherine Lagatu, Ploe, Jean-D\u00e9sir\u00e9 Larnicol, Morvan (de Lesconil), Donnard, G\u00e9rard Morvan (de Morlaix), Finot, Ronel.<br \/>\nAu conseil d&rsquo;Administration, qui allait suivre le congr\u00e8s, des probl\u00e8mes vont se poser. La s\u00e9ance eut lieu le jeudi 9 d\u00e9cembre 1948. Auparavant, au vu et au su des r\u00e9sultats de l&rsquo;\u00e9lection du conseil d&rsquo;Administration, j&rsquo;avais examin\u00e9, avec des camarades du m\u00eame courant r\u00e9volutionnaire, la possibilit\u00e9 de prendre la direction du Comit\u00e9, dirig\u00e9 jusque l\u00e0 par les r\u00e9formistes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le souvenir de cette r\u00e9union est tel en ma m\u00e9moire que je puis raconter comment cela s&rsquo;est pass\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s examen de la situation, on en est venu \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du Bureau.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean Le Pemp, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral sortant, proposa de reconduire le bureau pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e0 ce moment qu&rsquo;Alain Cariou prit la parole :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Mon cher Le Pemp, tu as beaucoup de responsabilit\u00e9s dans le mouvement la\u00efque, au CAL, aux parents d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, au SNI&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est pourquoi je suis candidat au poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque.\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c9tonnement de Le Pemp qui ne s&rsquo;attendait certes pas a cette candidature.<br \/>\nForce fut de mettre aux voix cette demande d&rsquo;Alain Cariou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Vote \u00e0 mains lev\u00e9es et r\u00e9sultat :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">M\u00eame nombre de voix pour chaque candidat. Le Pemp ayant remarqu\u00e9 qu&rsquo;un membre du Conseil d&rsquo;Administration n&rsquo;avait pas pris part au vote, l&rsquo;interpella.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1790\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic22-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1791\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic23-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il s&rsquo;agissait de Francis Madec, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques depuis 1930, date de la naissance de cette f\u00e9d\u00e9ration. Press\u00e9 de prendre une d\u00e9cision, Francis Madec d\u00e9clara :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je vote pour Alain Cariou.\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La d\u00e9mocratie avait jou\u00e9 ! Alain Cariou proposa \u00e0 Le Pemp de rester au bureau. Ce fut un refus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le nouveau bureau mis en place \u00e9tait compos\u00e9 de la mani\u00e8re suivante :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pr\u00e9sident : Damalix<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral : Alain Cariou<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Secr\u00e9taire \u00e0 la documentation : Paul Melou<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Secr\u00e9taire \u00e0 la propagande : Jean-Fran\u00e7ois Hamon<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tr\u00e9sorier : Plo\u00e9<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tr\u00e9sorier adjoint ; Emile Gasnier<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">R\u00e9dacteur en chef de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re : Louis<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Roux (instituteur \u00e0 Audierne).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque, apr\u00e8s cet \u00e9pisode, allait entrer dans une p\u00e9riode d&rsquo;intense activit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Journal, l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re portait en sous-titre \u00ab\u00a0Organe du Comit\u00e9 D\u00e9partemental d&rsquo;Action La\u00efque et de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Chaque mois, il devenait de plus en plus le lien entre les la\u00efques du d\u00e9partement, d\u00e9fenseur de l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque, ripostant aux adversaires de l&rsquo;\u00e9cole publique. Ce journal allait prendre position sur diff\u00e9rents \u00e9v\u00e9nements qui marqueront la vie politique et sociale du pays.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour la nouvelle direction du Comit\u00e9 et du journal, des difficult\u00e9s vont surgir : ce ne sera pas un \u00ab\u00a0long fleuve tranquille\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y eut d&rsquo;abord les critiques d&rsquo;un certain nombre de R\u00e9formistes. Prenant pr\u00e9texte de l&rsquo;abandon (suppos\u00e9) de la bataille anticl\u00e9ricale et de l&rsquo;introduction dans les d\u00e9bats de probl\u00e8mes dits politiques, ces camarades vont peu \u00e0 peu essayer de d\u00e9stabiliser l&rsquo;action des nouveaux responsables, voire g\u00eaner la diffusion du journal.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s le 24 novembre 1949, Jean Le Pemp \u00ab estime qu&rsquo;il ne faut pas aborder des articles qui peuvent heurter les la\u00efques.\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale du dimanche 11 f\u00e9vrier 1951, parlant au nom du Syndicat National des Instituteurs, il annonce \u00ab qu&rsquo;il ne votera pas le Rapport Moral parce qu&rsquo;il n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec l&rsquo;orientation du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque \u00bb. Il pense qu&rsquo;il faut mettre l&rsquo;accent sur la lutte contre les cl\u00e9ricaux qu&rsquo;on a laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9 et qui sont les seuls ennemis de l&rsquo;\u00e9cole. Il demande la nationalisation de l&rsquo;Enseignement et ne veut pas qu&rsquo;on parle de la Paix au sein du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque. Ce \u00e0 quoi Francis Madec, Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques r\u00e9pondait:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je demande \u00e0 ce que l&rsquo;on d\u00e9finisse les t\u00e2ches des diverses organisations. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">II rappela la lutte que le Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque d&rsquo;avant-guerre menait contre la Guerre et pour le Front Populaire. La D\u00e9fense de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque doit \u00eatre faite avec le concours des masses populaires, en liaison avec les syndicats ouvriers.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Charles Drapier, lui aussi, regrettait que la lutte directe contre l&rsquo;\u00c9glise fasse d\u00e9faut et Jean Le Pemp en rajoutait :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0II faut ranimer la Foi La\u00efque, l&rsquo;Anticl\u00e9ricalisme \u00bb&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean Le Pemp, par ailleurs militant actif et d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause de l&rsquo;\u00c9cole Publique, d\u00e9c\u00e9dait en 1959 et fut enterr\u00e9 \u00e0 Brest le 9 avril. Le num\u00e9ro suivant de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re lui rendait un vibrant hommage.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Malgr\u00e9 leurs divergences, les militants la\u00efques savaient faire la part des choses et se r\u00e9unir dans les grandes occasions.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au conseil d&rsquo;Administration du 2 mai 1951 qui suivit le congr\u00e8s du 11 f\u00e9vrier, Pierre Moalic, instituteur \u00e0 N\u00e9vez devenait secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque avec comme pr\u00e9sident Jean-D\u00e9sir\u00e9 Larnicol, secr\u00e9taires adjoints : Alain Cariou et Pierre-Jean Morvan. R\u00e9dacteur du journal : Louis Le Roux. Tr\u00e9sorier : Pierre Le Guyader, instituteur \u00e0 Langolen. Tr\u00e9sorier adjoint : Bertrand Petit, employ\u00e9 SNCF \u00e0 Rosporden.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1955, c&rsquo;est Louis Le Roux qui deviendra secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral et Jean Kervision, instituteur \u00e0 Guiler-sur-Goyen prendra la direction du journal.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour des raisons personnelles, Louis Le Roux sera amen\u00e9 \u00e0 abandonner cette responsabilit\u00e9 qui sera reprise par Pierre Moalic jusqu&rsquo;au Congr\u00e8s de Port-Launay du dimanche 27 mars 1960, \u00e0 l&rsquo;issue duquel le conseil d&rsquo;Administration m&rsquo;\u00e9lira au poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, poste que je conserverai jusqu&rsquo;en 1967, ann\u00e9e o\u00f9 |e serai \u00e9lu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. Dans le num\u00e9ro 130 d&rsquo;avril 1960 de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, j&rsquo;\u00e9crirai mon premier \u00e9ditorial, dat\u00e9 du 7 avril 1960, intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Apr\u00e8s le Congr\u00e8s de Port-Launay\u00a0\u00bb. J&rsquo;y faisais \u00e9tat de la campagne de p\u00e9titions lanc\u00e9e par le Comit\u00e9 National d&rsquo;Action La\u00efque contre la loi Debr\u00e9, loi adopt\u00e9e en d\u00e9cembre 1959 pour une dur\u00e9e de dix ans et qui accordait des subventions aux \u00e9tablissements priv\u00e9s. Cette p\u00e9tition recueillit onze millions de signatures au plan national, 170 000 dans le Finist\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je notai dans ce premier \u00e9ditorial :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le Finist\u00e8re au 6 avril (1960), les 150.000 signatures sont pr\u00e8s d&rsquo;\u00eatre atteintes, puisque 143.247 \u00e9taient recens\u00e9es dans 248 communes sur les 289 que compte le d\u00e9partement. La collecte se poursuit sauf dans les huit communes rurales qui annoncent en avoir termin\u00e9 : Cleden-Cap-Sizun, Le Clo\u00eetre-Pleyben, La For\u00eat-Landerneau, Guengat, Landr\u00e9varzec, Loqueffret, Sainte-S\u00e8ve, Saint-Rivoal.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me souviens encore de cette campagne enrichissante. Dans le quartier des Quatre-Moulins, \u00e0 Brest, le soir apr\u00e8s la classe, je partais avec un coll\u00e8gue de l&rsquo;\u00e9cole, Ren\u00e9 Le Guen, militant de l&rsquo;Ecole Emancip\u00e9e, trop t\u00f4t disparu, frapp\u00e9 par une mort subite lors d&rsquo;une Commission Paritaire \u00e0 l&rsquo;Inspection Acad\u00e9mique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous faisions le porte \u00e0 porte, ce qui nous amenait \u00e0 des discussions int\u00e9ressantes, y compris avec les partisans de l&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette campagne pr\u00e9parait une grande manifestation nationale qui eut lieu \u00e0 Vincennes le 16 juin 1960 : un millier de Finist\u00e9riens et Finist\u00e9riennes y particip\u00e8rent. Avec mes camarades, Jean Kervision, Marcel Lucas et combien d&rsquo;autres, nous avons parcouru de nombreux kilom\u00e8tres \u00e0 travers le d\u00e9partement pour mobiliser les d\u00e9fenseurs de l&rsquo;Ecole Publique. L&rsquo;enthousiasme \u00e9tait de la partie et le r\u00e9sultat fut probant.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les responsabilit\u00e9s qui \u00e9taient les miennes en cette p\u00e9riode troubl\u00e9e me prenaient beaucoup de temps et demandaient beaucoup d&rsquo;efforts. Les \u00e9ditoriaux de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, je les ai r\u00e9dig\u00e9s de 1960 \u00e0 1967, date \u00e0 laquelle je quittai cette responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le dimanche se passait souvent \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e0 pr\u00e9parer, en plus des \u00e9ditoriaux, les rapports que je pr\u00e9sentais aux Congr\u00e8s annuels du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque, celui en particulier pour le Congr\u00e8s du 17 mars 1963. Il \u00e9tait particuli\u00e8rement copieux et je dois croire qu&rsquo;il \u00e9tait important car des journaux la\u00efques d&rsquo;autres d\u00e9partements le reproduisirent sous ma signature.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce rapport, je d\u00e9montrai, textes \u00e0 l&rsquo;appui, comment, sous l&rsquo;autorit\u00e9 de Georges Pompidou, Premier Ministre, ancien directeur de la Banque Rotschild, avec Jean Berthoin comme ministre de l&rsquo;Education Nationale, tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 Banque de Paris et des Pays-Bas, l&rsquo;\u00c9cole \u00e9tait sacrifi\u00e9e en faveur des Monopoles<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Industriels par l&rsquo;interm\u00e9diaire du Comit\u00e9 dit Rueff-Armand. Leur projet allait tr\u00e8s loin dans la volont\u00e9 de maintenir la jeunesse dans un \u00e9tat de sous-instruction. Il tournait compl\u00e8tement le dos au plan Langevin-Wallon.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Paul Langevin (1872 \u00e0 1946), physicien auteur de travaux sur les ions, le magn\u00e9tisme, la relativit\u00e9, les ultrasons et Henri Wallon (1879 \u00e0 1962), p\u00e9dagogue, nomm\u00e9 \u00e0 la Lib\u00e9ration, Commissaire \u00e0 l&rsquo;\u00c9ducation Nationale, avaient travaill\u00e9 pendant l&rsquo;Occupation allemande, dans le cadre du CNR (Conseil National de la R\u00e9sistance, pr\u00e9sid\u00e9 par Jean Moulin) \u00e0 un projet p\u00e9dagogique qui visait \u00e0 donner \u00ab\u00a0une chance \u00e9gale pour tous\u00a0\u00bb, projet qui, h\u00e9las n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant les sept ann\u00e9es au cours desquelles j&rsquo;ai exerc\u00e9 les fonctions de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, j&rsquo;ai r\u00e9dig\u00e9 environ soixante-dix \u00e9ditoriaux du journal, conserv\u00e9s dans la collection qui se trouve dans les archives de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. J&rsquo;y ai souvent pr\u00f4n\u00e9 l&rsquo;union des Partis de gauche pour les succ\u00e8s \u00e9lectoraux et ma confiance dans les Jeunes. T\u00e9moin cet \u00e9ditorial du num\u00e9ro 172 de janvier 1965 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">EDITORIAL<br \/>\nConfiance aux jeunes.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">En d\u00e9non\u00e7ant dans ce journal la triste r\u00e9alit\u00e9 scolaire de ce R\u00e9gime qui aura bient\u00f4t sept ans d&rsquo;existence, nous avons trop l&rsquo;occasion d&rsquo;\u00eatre sombres et pourtant que de raisons d&rsquo;\u00eatre optimistes. Si nous voulons aujourd&rsquo;hui, en particulier, dire notre espoir dans la jeunesse, c&rsquo;est que nous avons en ce domaine quelque exp\u00e9rience. L\u00e0 o\u00f9 on leur fait confiance, les jeunes de 1965 sont capables de grandes choses. EXPERIENCE \u00ab CLUBS DE JEUNES \u00bb. &#8211; En demandant \u00e0 nos Associations : Amicales, Patronages ou Foyers, de cr\u00e9er des \u00ab Clubs de Jeunes \u00bb, la Ligue de l&rsquo;Enseignement a vu juste. A l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques qui s&rsquo;est tenue \u00e0 Sca\u00ebr le 6 d\u00e9cembre 1964, je crois que les exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es aussi bien \u00e0 Landr\u00e9varzec qu&rsquo;\u00e0 Brest-Lamb\u00e9zellec, \u00e0 Henvic, Ploujean-Troudousten et au Foyer La\u00efque de Saint-Marc, ont vivement int\u00e9ress\u00e9 les participants et montr\u00e9 toutes nos possibilit\u00e9s et donc toutes les raisons de notre confiance. Ce sont l\u00e0 les premi\u00e8res exp\u00e9riences. Depuis Sca\u00ebr, les Clubs de Jeunes se multiplient : c&rsquo;est le signe qu&rsquo;ils r\u00e9pondaient \u00e0 un besoin. J&rsquo;ai accompagn\u00e9 les jeunes de Lamb\u00e9zellec et de Saint-Marc au Conquet et \u00e0 Ploudaniel. Dans cette derni\u00e8re commune, \u00e0 la veille de No\u00ebl, ils ont apport\u00e9 aux quatorze enfants de l&rsquo;\u00e9cole publique et \u00e0 leurs parents, cette pr\u00e9sence que rien ne remplace : ni l&rsquo;image de la T\u00e9l\u00e9vision, ni l&rsquo;\u00e9coute de beaux disques. Chantant, dansant, jouant, ces jeunes Brestois ont fait \u0153uvre de militants \u00e0 leur mani\u00e8re. Je suis persuad\u00e9 qu&rsquo;au bout de cette ann\u00e9e 1965 le bilan des activit\u00e9s de nos jeunes sera particuli\u00e8rement \u00e9difiant. SOIF DE CULTURE. &#8211; Ici, je voudrais citer les propos tenus il y a quelques jours par Roger PLANCHON, cet artiste de th\u00e9\u00e2tre qui consacre tous ses efforts \u00e0 d\u00e9velopper dans la R\u00e9gion de Lyon une activit\u00e9 culturelle \u00e0 la hauteur de celle que conna\u00eet la capitale. Il dirige le th\u00e9\u00e2tre de la Cit\u00e9 \u00e0 Villeurbanne. Et voici ce que dit Roger PLANCHON : \u00ab II y a \u00e0 l&rsquo;heure actuelle en France une soif de culture, une soif de th\u00e9\u00e2tre, une soif d&rsquo;art tout simplement qui est vraiment prodigieuse. J&rsquo;en porte t\u00e9moignage : au th\u00e9\u00e2tre de Villeurbanne nous jouons complet&#8230; Je ne sais pas trop o\u00f9 va ce mouvement, cette soif de culture, \u00e0 quoi on va aboutir. Mais il faut en tout cas, maintenant r\u00e9pondre \u00e0 cette attente. Tout ce qui a \u00e9t\u00e9 sem\u00e9 ces quinze ou vingt derni\u00e8res ann\u00e9es par les pionniers, les cin\u00e9-clubs, les centres dramatiques, est en train de germer, de pousser ; il faut maintenant alimenter. L\u00e0, est !e probl\u00e8me. En v\u00e9rit\u00e9 c&rsquo;est le probl\u00e8me des maisons de la culture, si l&rsquo;on veut r\u00e9ellement dire les choses. Il faut les r\u00e9aliser alors qu&rsquo;elles n&rsquo;en sont m\u00eame pas \u00e0 un d\u00e9but de r\u00e9alisation. C&rsquo;est important \u00e0 tous les points de vue. Par exemple au point de vue syndical. Il est \u00e9vident qu&rsquo;il y a des probl\u00e8mes sociaux qu&rsquo;on peut aborder par le biais culturel&#8230; La g\u00e9n\u00e9ration pr\u00e9c\u00e9dente a \u00e9t\u00e9 sacrifi\u00e9e sur le plan culturel. Pour nous, nous sommes impatients de voir si notre g\u00e9n\u00e9ration aussi va \u00eatre sacrifi\u00e9e, culturellement. Tous les animateurs culturels souhaitent \u00e9videmment le contraire mais nous sommes alors devant un probl\u00e8me d&rsquo;Etat, devant la n\u00e9cessit\u00e9 aussi d&rsquo;une prise de conscience de toutes les organisations, des Syndicats ouvriers, des municipalit\u00e9s&#8230; \u00bb. CE QU&rsquo;IL FAUT SAVOIR. &#8211; J&rsquo;ai eu la chance de participer entre le 26 et le 31 d\u00e9cembre \u00e0 un s\u00e9jour culturel de l&rsquo;U.F.O.L.E.A. \u00e0 Paris. Les jeunes \u00e9taient nombreux \u00e0 ce s\u00e9jour. A la salle R\u00e9camier, centre culturel de la Rive -Gauche, administr\u00e9 par la Ligue de l&rsquo;Enseignement, les s\u00e9ances de discussion avec les artistes venus nous exposer leurs probl\u00e8mes comme Jean Vilar nous parlant de la pi\u00e8ce qu&rsquo;il a mont\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Ath\u00e9n\u00e9e \u00ab Le Dossier Oppenheimer \u00bb et que nous avions vue la veille, \u00e9taient extr\u00eamement enrichissantes. Or, en ce m\u00eame moment la presse \u00e0 \u00ab gros titres \u00bb montait en \u00e9pingle les agressions commises justement dans ce quartier de S\u00e8vres-Babylone par une bande de \u00ab J.V. \u00bb. Et pourtant pour une dizaine de jeunes commettant ces agressions spectaculaires, combien de centaines, de milliers de jeunes avides de s&rsquo;\u00e9lever, de se cultiver. Dans ce m\u00e9tro, o\u00f9 aux heures d&rsquo;affluence des dizaines de visages inconnus vous entourent, n&rsquo;est-il pas r\u00e9confortant de d\u00e9couvrir dans un coin, deux jeunes discutant de Tch\u00e9kov et de sa pi\u00e8ce \u00ab Oncle Vania \u00bb. Au Th\u00e9\u00e2tre National Populaire o\u00f9 nous avons pu applaudir, jou\u00e9 admirablement par Georges Wilson et sa troupe le \u00ab ma\u00eetre Puntila et son valet Matti \u00bb, de Bertolt Brecht, les jeunes aussi \u00e9taient nombreux parmi les quelque 2 000 spectateurs. Et voil\u00e0 ce dont ne parie pas notre presse \u00e0 sensation et ce qu&rsquo;il faut voir, parce que \u00e7a existe. ETRE SON MA\u00ceTRE. &#8211; Et puisque je viens de me r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la pi\u00e8ce de Brecht, \u00e9crite en 1940 alors qu&rsquo;il \u00e9tait r\u00e9fugi\u00e9 en Finlande, fuyant l&rsquo;Allemagne nazie, et o\u00f9 le grand dramaturge allemand a l&rsquo;occasion d&rsquo;ass\u00e9ner quelques \u00ab grands coups de hache \u00bb \u00e0 \u00ab l&rsquo;\u00eatre appel\u00e9 propri\u00e9taire, &#8211; gros animal bouffi, superflu de la terre \u00bb. Face au riche Puntila il campe un valet Matti, prol\u00e9taire conscient et qui ne se laisse tenter par aucune s\u00e9duction du monde frelat\u00e9 dans lequel il \u00e9volue. En guise de conclusion, &#8211; pensant en particulier \u00e0 cette brave Parisienne de 70 ans rencontr\u00e9e dans le train Brest-Paris alors que je me rendais au s\u00e9jour culturel de l&rsquo;U.F.O.L.E.A. avec qui je discutais et qui contracta un abonnement de soutien \u00e0 notre Journal, dont un fils disparut dans le maquis et qui craint, pour les petits-enfants qu&rsquo;elle poss\u00e8de d&rsquo;un autre fils, une \u00e9ducation bourgeoise et sous l&rsquo;influence de l&rsquo;\u00e9glise, je voudrais reprendre ce que d\u00e9clare Matti quand il quitte son ma\u00eetre Puntila.- le d\u00e9dier aussi aux jeunes qui vont permettre \u00e0 certaines de nos associations de conna\u00eetre un regain d&rsquo;activit\u00e9s : \u00ab Il est temps que tes valets te tournent le dos. Un bon ma\u00eetre ils en auront un. D\u00e8s que chacun sera le sien. \u00ab\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-size: small;\"><i>Brest, le 2 janvier 1965<\/i><\/span><span style=\"font-size: small;\">,\u00a0Jean N\u00c9D\u00c9LEC<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"28sept58\" id=\"28sept58\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>28 septembre 1958<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est une date importante dans l&rsquo;histoire de la cinqui\u00e8me r\u00e9publique. Ce jour-l\u00e0, les Fran\u00e7ais et les Fran\u00e7aises sont convi\u00e9s, par le G\u00e9n\u00e9ral De Gaulle, \u00e0 approuver ou rejeter par r\u00e9f\u00e9rendum une nouvelle constitution pour la France.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est un texte avec 92 articles, caract\u00e9ris\u00e9 par une appr\u00e9ciable extension des Pouvoirs du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique incluant, par l\u00e0 m\u00eame, une r\u00e9duction de ceux du Parlement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce sera un r\u00e9f\u00e9rendum-pl\u00e9biscite, car beaucoup de Fran\u00e7ais voteront pour ou contre le G\u00e9n\u00e9ral De Gaulle. Combien ont lu les 92 articles ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La Gauche est divis\u00e9e sur l&rsquo;attitude \u00e0 prendre. Division chez les socialistes : au congr\u00e8s d&rsquo;Issy-les-Moulineaux, la SFIO opte par 2687 mandats contre 1178 pour le oui. Les radicaux \u00e0 leur tour au congr\u00e8s de Lyon par 716 mandats contre 544 pour le oui.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le parti communiste est en bloc pour le non, des personnalit\u00e9s : Pierre Mend\u00e8s-France, Fran\u00e7ois Miterrand&#8230; \u00c9galement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me souviens de la nuit du 27 au 28 septembre. Je l&rsquo;ai pass\u00e9e avec quelques camarades, \u00e0 inscrire sur les routes et les trottoirs de grands NON \u00e0 la peinture blanche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour terminer, le dernier NON fut inscrit sur le trottoir, face au 163 rue A. France, o\u00f9 j&rsquo;habitais \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A mon r\u00e9veil, un grand OUI rempla\u00e7ait le NON inscrit \u00e0 cinq heures du matin, c&rsquo;est dire l&rsquo;\u00e2pret\u00e9 de la bataille du r\u00e9f\u00e9rendum.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les r\u00e9sultats du scrutin d\u00e9fi\u00e8rent tous les pronostics. Non seulement les abstentions \u00e9taient faibles, environ quinze pour cent, mais le oui pr\u00e9conis\u00e9 par le G\u00e9n\u00e9ral De Gaulle remportait une victoire \u00e9clatante : 79,25 pour cent des suffrages exprim\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De toutes les d\u00e9ceptions que j&rsquo;ai pu ressentir, \u00e0 l&rsquo;issue de r\u00e9sultats \u00e9lectoraux, ce fut la plus grande.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Si je parle de ce r\u00e9f\u00e9rendum, c&rsquo;est qu&rsquo;il ne fut pas sans cons\u00e9quences pour notre Mouvement La\u00efque D\u00e9partemental.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Notre journal portait le titre : \u00ab\u00a0Action La\u00efque du Finist\u00e8re, organe du Comit\u00e9 D\u00e9partemental d&rsquo;Action La\u00efque et de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ses colonnes, nous avions appel\u00e9 \u00e0 voter non. Consid\u00e9rant que c&rsquo;\u00e9tait un acte politique, Charles Drapier, Pr\u00e9sident de la FOL, demanda \u00e0 ce que le nom de la F\u00e9d\u00e9ration soit retir\u00e9 du sous-titre. Le num\u00e9ro 118 de d\u00e9cembre 1958 parut, amput\u00e9 du nom de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. Il y sera remis plus tard, dans d&rsquo;autres circonstances.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"manif-laiq\" id=\"manif-laiq\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>26 octobre 1963 &#8211;\u00a0Manifestation la\u00efque \u00e0 Brest<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette journ\u00e9e du 26 octobre aura \u00e9t\u00e9 un des moments les plus forts de ma vie militante, comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La venue a Brest de monsieur Fouchet, ministre de l&rsquo;Education Nationale, pour proc\u00e9der \u00e0 l&rsquo;inauguration des nouveaux b\u00e2timents du Coll\u00e8ge Scientifique Universitaire, nous avait sembl\u00e9 propice \u00e0 une manifestation devant exprimer notre m\u00e9contentement devant la situation scolaire, malgr\u00e9 sa r\u00e9forme annonc\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les \u00e9v\u00e9nements de la journ\u00e9e furent relat\u00e9s dans le num\u00e9ro 161 de novembre 1963 de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re.<br \/>\nEn voici un extrait :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">R\u00e9unis le dimanche 20 octobre, les organisations la\u00efques brestoises : Parents d&rsquo;\u00c9l\u00e8ves, Syndicats d&rsquo;enseignants. D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s cantonaux, Patronages et Amicales, d\u00e9cidaient de faire de cette journ\u00e9e du samedi 26, une grande journ\u00e9e d&rsquo;action pour la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats de l&rsquo;Ecole publique. L&rsquo;opinion g\u00e9n\u00e9rale \u00e9tait que les luttes de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1962-63 pour la disparition des classes-baraques, ne pouvaient rester sans lendemain puisque la ville de Brest, ne poss\u00e9dait pas encore un r\u00e9seau d&rsquo;\u00e9coles suffisant. Ce qu&rsquo;il faut dans l&rsquo;imm\u00e9diat pour Brest \u00e9tait clairement pr\u00e9cis\u00e9, un rassemblement pr\u00e9vu au parking Clemenceau, \u00e0 15 h-, heure \u00e0 laquelle le ministre devait se rendre de l&rsquo;H\u00f4tel de Ville, au Coll\u00e8ge Scientifique Universitaire, sur le plateau du Bouguen. En m\u00eame temps, les conseils locaux des Parents d&rsquo;El\u00e8ves des Ecoles primaires et secondaires, auxquels devaient se joindre dans la semaine, l&rsquo;association des Parents d&rsquo;\u00c9l\u00e8ves du Technique, lan\u00e7aient pour toute la journ\u00e9e du 26 le mot d&rsquo;ordre d&rsquo;abstention des enfants aux \u00e9coles. Appels et tracts \u00e9taient diffus\u00e9s dans la semaine. Syndicats ouvriers et Partis politiques appelaient leurs adh\u00e9rents \u00e0 soutenir et appuyer l&rsquo;action des Parents et des Enseignants.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ce qu&rsquo;a \u00e9t\u00e9 cette journ\u00e9e du samedi 26 octobre, les lecteurs de l&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re \u00bb en auront eu s\u00fbrement quelques \u00e9chos. Rappelons cependant les faits, \u00e9loquents et accusateurs.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">D&rsquo;abord l&rsquo;interdiction pr\u00e9fectorale de la manifestation, paraissait dans la presse locale du jour m\u00eame. Le r\u00e9veil \u00e0 7 heures du matin de quelques responsables par la police afin que leur soit notifi\u00e9 l&rsquo;arr\u00eat\u00e9 en question du Pr\u00e9fet, dat\u00e9 cependant du 24 octobre, rappelait de tristes souvenirs.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">La manifestation a eu lieu. Et pourtant le pouvoir n&rsquo;avait pas l\u00e9sin\u00e9 sur les d\u00e9penses pour mobiliser deux compagnies de C.R.S., plus les gardes mobiles et les autres forces de police. Pratiquement, le quadrilat\u00e8re de rues autour de la Maison des Syndicats \u00e9tait en \u00e9tat de si\u00e8ge. Le parking Clemenceau \u00e9tait occup\u00e9 par les camions des C.R.S..<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Des 14 heures, devant les groupes scolaires, des groupes se rassemblaient et se dirigeaient vers la rue Duquesne. Et d\u00e9j\u00e0, des arrestations \u00e9taient op\u00e9r\u00e9es. Ainsi au pont de Recouvrance, dans le groupe venu des 4 Moulins et de Recouvrance. Le premier incident s\u00e9rieux se produisit \u00e0 la hauteur du parking Clemenceau, alors que des groupes de manifestants affluaient des quatre coins de la ville. Les C.R.S. se repliaient sur le Parking Clemenceau, tandis que Le Menn, Pr\u00e9sident du Comit\u00e9 de liaison des Parents d&rsquo;\u00c9l\u00e8ves, appelait les 4 ou 5 000 personnes pr\u00e9sentes \u00e0 se regrouper devant la Maison des Syndicats o\u00f9 notre secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Jean NEDELEC prenait la parole.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le micro \u00e9tait plac\u00e9 dans le jardinet, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la st\u00e8le d&rsquo;Edouard Maz\u00e9. A un moment donn\u00e9 les forces de police re\u00e7urent l&rsquo;ordre de faire \u00e9vacuer tout le quadrilat\u00e8re compris entre l&rsquo;avanc\u00e9e de la Porte Fautras et la rue Alg\u00e9risas. Dans la foule, les slogans se succ\u00e9daient : \u00ab Fouchet, d\u00e9mission \u00bb \u00ab Des \u00e9coles, pas de canons \u00bb. Petit \u00e0 petit les C.R.S. en rangs serr\u00e9s approchaient de la Maison des Syndicats puis envahissaient le jardinet de la Maison des Syndicats tandis que Jean NEDELEC terminait son allocution, ayant eu le temps d&rsquo;exposer publiquement les raisons de la manifestation. Les chants fusaient : \u00ab Le Chant des Partisans \u00bb, \u00ab La Marseillaise \u00bb, \u00ab Salut aux soldats du 17e \u00bb, \u00ab l&rsquo;Hymne \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque \u00bb.<br \/>\nDevant la ferme r\u00e9sistance des responsables syndicaux group\u00e9s devant la porte de la Maison des Syndicats, les C.R.S. \u00e9vacuaient le jardinet. On s&rsquo;apercevait alors que plusieurs personnes avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9es. Une d\u00e9l\u00e9gation des organisations se rendit \u00e0 la Sous-Pr\u00e9fecture pour y d\u00e9poser la motion. Le sous-Pr\u00e9fet \u00e9tait absent, la lib\u00e9ration des d\u00e9tenus fut exig\u00e9e pr\u00e8s des responsables des forces de police avant que ne se dispersent les manifestants. A 17 heures, tous les emprisonn\u00e9s \u00e9taient rel\u00e2ch\u00e9s et peu \u00e0 peu le calme se r\u00e9tablissait dans les rues. Mais les commentaires allaient bon train. Des milliers de Brestois pr\u00e9sents dans la rue de Siam, apprenaient avec stup\u00e9faction la raison de la pr\u00e9sence de si nombreuses forces polici\u00e8res dans les rues de la ville. On demandait des ma\u00eetres pour les enfants, on envoyait des C.R.S. . M. Fouchet a tent\u00e9 \u00e0 nouveau le soir de se justifier devant les micros de Radio-Brest et a fait beaucoup de promesses. Mais personne n&rsquo;est dupe, ce sont les Brestois eux-m\u00eames, qui par leur coh\u00e9sion et leur force, arracheront les cr\u00e9dits n\u00e9cessaires pour la r\u00e9alisation des objectifs d\u00e9limit\u00e9s en commun.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">D\u00e8s le lendemain, les protestations contre l&rsquo;intervention des forces de police dans la journ\u00e9e du samedi 26 octobre, se multipliaient.\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce jour-l\u00e0, en effet, d\u00e8s six heures, la police se pr\u00e9sentait au domicile d&rsquo;un dirigeant des Parents d&rsquo;El\u00e8ves habitant le quartier de Saint-Pierre Quilbignon. Il me t\u00e9l\u00e9phonait aussit\u00f4t, m&rsquo;informant de la d\u00e9cision pr\u00e9fectorale d&rsquo;interdire la manifestation. Il me semblait bien ennuy\u00e9 et me posait la question :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Qu&rsquo;allons nous faire ? \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma r\u00e9ponse fut imm\u00e9diate :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Raison de plus pour y aller \u00bb<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Notre Editorial<br \/>\nINTERVENTION<br \/>\nde notre Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral<br \/>\nJean NEDELEC<br \/>\n\u00e0 la manifestation du<br \/>\nsamedi 26 octobre BREST<\/span><\/p>\n<p>PARENTS D&rsquo;ELEVES,<br \/>\nENSEIGNANTS,<br \/>\nLA\u00cfQUES ET REPUBLICAINS.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">VOUS voil\u00e0 une fois de plus rassembl\u00e9s pour d\u00e9fendre ce que vous avez de plus cher : l&rsquo;avenir de vos enfants.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Certes un Pouvoir qui se pr\u00e9tend Fort et prend des mesures qui ne sont qu&rsquo;un signe de Faiblesse a essay\u00e9 de jeter le trouble ce matin en interdisant notre manifestation, en prenant des mesures d&rsquo;intimidation.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Votre pr\u00e9sence ici prouve que, face aux C.R.S. et \u00e0 la police du Pouvoir gaulliste, vous \u00eates d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 exprimer votre m\u00e9contentement.<\/span><\/p>\n<p align=\"LEFT\"><span style=\"font-size: small;\">Notre manifestation est appuy\u00e9e et soutenue par les Syndicats d&rsquo;Enseignants : Syndicat National des Instituteurs, Syndicat National de l&rsquo;Enseignement Secondaire, Syndicat National de l&rsquo;Enseignement Technique, Syndicat National de l&rsquo;Enseignement Sup\u00e9rieur, Syndicat National des Enseignements Technique et Professionnel (C.G.T.).<br \/>\n&#8211; le Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque : Patronages et Amicales.<br \/>\n&#8211; l&rsquo;Association des D\u00e9l\u00e9gu\u00e9s Cantonaux.<br \/>\n&#8211; les Syndicats ouvriers : C.G.T., C.G.T.-F.O., C.F.T.C.<br \/>\n&#8211; les Partis Politiques : Parti Communiste Fran\u00e7ais, Parti Socialiste, P.S.U., Parti Socialiste S.F.I.O., Parti Radical.<br \/>\n-La venue de M. Fouchet \u00e0 Brest est la raison imm\u00e9diate de ce qui se passe aujourd&rsquo;hui, mais nous sommes aussi \u00e0 la fin de la quinzaine d&rsquo;action et de protestation lanc\u00e9e par le COMITE NATIONAL D&rsquo;ACTION LA\u00cfQUE <\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Du Nord au Sud de ce d\u00e9partement : de Saint-Pol-de-L\u00e9on \u00e0 Concarneau, de Landerneau \u00e0 Quimperl\u00e9, de Ch\u00e2teaulin \u00e0 Huelgoat et dans un grand nombre de communes, y compris celles qui dans le Nord-Finist\u00e8re poss\u00e8dent encore une Ecole Publique, nous sommes all\u00e9s, militants des organisations la\u00efques, d\u00e9noncer la campagne gouvernementale de bluff et de mensonge qui tend \u00e0 nous faire croire que la rentr\u00e9e s&rsquo;est faite dans des conditions acceptables &#8211; alors que notre exp\u00e9rience, celle de milliers de Parents d&rsquo;El\u00e8ves, nous autorise \u00e0 clamer bien haut que la rentr\u00e9e scolaire telle que la con\u00e7oit M. Fouchet se traduit en fait par des milliers et des milliers d&rsquo;enfants, d&rsquo;adolescents qui ne sont pas rentr\u00e9s du tout, puisqu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de place pour eux dans les Etablissements scolaires (et je pense ici aux 655 gar\u00e7ons refus\u00e9s \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du 2e cycle du Lyc\u00e9e Technique de Gar\u00e7ons, \u00e0 ceux qui sont rest\u00e9s \u00e0 la porte des Coll\u00e8ges d&rsquo;Enseignement Technique, deux sur trois en moyenne, je pense aussi aux 80 \u00e0 90 000 qui ont subi le m\u00eame sort sur le plan national, de sorte que l&rsquo;on peut chiffrer aux environs de 100 000 le nombre de jeunes qui n&rsquo;ont pu trouver place dans les C.E.T. et les Lyc\u00e9es Techniques).<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Cette rentr\u00e9e se traduit encore par les conditions difficiles que connaissent ceux qui ont commenc\u00e9 \u00e0 travailler : si grande est la d\u00e9sorganisation, si grave la p\u00e9nurie de professeurs, qui conduit un Recteur d&rsquo;Acad\u00e9mie &#8211; celui de Lille &#8211; \u00e0 demander des ma\u00eetres par des placards de publicit\u00e9 dans la Presse.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Comme l&rsquo;a si bien dit M\u00e9tayer, porte-parole du groupe socialiste, mardi dernier au Palais du Luxembourg au cours du d\u00e9bat o\u00f9 la politique scolaire gaulliste a \u00e9t\u00e9 pass\u00e9e au crible et o\u00f9 tous les orateurs, sans exception &#8211; y compris ceux qui ne nourrissent pas une sympathie particuli\u00e8re pour l&rsquo;Ecole Publique &#8211; ont fait la m\u00eame constatation : LA RENTREE 1963 A ETE DESASTREUSE.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab LA PETITE ANNONCE QU&rsquo;IL FAUDRAIT INSERER, LA VOICI:<br \/>\nON DEMANDE GOUVERNEMENT AYANT CONSCIENCE DE SES RESPONSABILITES EN MATIERE D&rsquo;EDUCATION NATIONALE ET S&rsquo;ENGAGEANT A NE PAS SABOTER L&rsquo;AVENIR DU PAYS. CETTE PLACE-LA, MESSIEURS, DEPUIS QUE VOUS ETES AU POUVOIR, ELLE EST VACANTE ! \u00a0\u00bb (Applaudissements nourris)<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab Les parents d&rsquo;El\u00e8ves se r\u00e9voltent, les Etudiants font gr\u00e8ve, les Conseils Municipaux d\u00e9missionnent \u00a0\u00bb a constat\u00e9 le M.R.P Jung qui ajoute que cela \u00ab contredit les affirmations officielles \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">LES MENSONGES DE M. FOUCHET<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Oui, M. Fouchet, de l&rsquo;Ecole Maternelle \u00e0 la Recherche Scientifique, nous sommes inquiets dans ce pays, dans ce d\u00e9partement, et dans cette ville de Brest en croissance d\u00e9mographique, devant la situation qui est faite \u00e0 notre Ecole Publique. Vous avez le 30 septembre, devant les micros et les cam\u00e9ras de la Radio T\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise, essay\u00e9 de convaincre les Fran\u00e7ais, que jamais un Gouvernement n&rsquo;avait fourni autant d&rsquo;efforts pour l&rsquo;Ecole que celui auquel vous appartenez.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je me souviens qu&rsquo;avant de prendre la parole, j&rsquo;avais diffus\u00e9 le disque de Yves Montand : \u00ab\u00a0Chansons Populaires de France\u00a0\u00bb. Fran\u00e7ois \u00c9chardour, responsable syndical de la CGT, me demanda d&rsquo;arr\u00eater. Il estimait que la foule \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 assez \u00e9nerv\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les CRS donnant l&rsquo;assaut \u00e0 la baraque des syndicats, j&rsquo;arrivai \u00e0 terminer mon intervention ayant devant moi la vision de leurs casques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Des manifestants furent arr\u00eat\u00e9s, dont Charles Verveur, Pr\u00e9sident du Foyer La\u00efque de Saint-Marc. Conduits au commissariat central de la rue Colbert, ils furent rapidement lib\u00e9r\u00e9s sur notre demande.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"der-ep\" id=\"der-ep\"><\/a>\n<hr \/>\n<h1 align=\"JUSTIFY\"><strong>Dernier Episode &#8211;\u00a0<\/strong><b>Responsabilit\u00e9s \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration des Oeuvres La\u00efques<\/b><\/h1>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ma premi\u00e8re responsabilit\u00e9 date de l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de 1961. Je m&rsquo;\u00e9tais pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection du tiers sortant au Conseil d&rsquo;Administration. Je l&rsquo;avais fait sur les conseils de Jean Le Gouill, qui \u00e9tait Pr\u00e9sident du Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins, et membre du conseil d&rsquo;Administration de la FOL jusque l\u00e0.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comment Jean Le Gouill a-t-il \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 \u00e0 me faire cette proposition, cela m\u00e9rite de faire ici une grande parenth\u00e8se.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"4-moul\" id=\"4-moul\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Vie scolaire aux Quatre-Moulins<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Arriv\u00e9 \u00e0 Brest, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Primaire des Quatre-Moulins, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la classe unique de Collorec, j&rsquo;\u00e9copais du cours Pr\u00e9paratoire de quarante-huit \u00e9l\u00e8ves ! C&rsquo;\u00e9tait la tradition, les ma\u00eetres les plus anciens se r\u00e9partissaient les cours. Aux nouveaux arrivants, ce qui restait. Ce ne fut pas une ann\u00e9e facile, avec tant d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves dans un local plut\u00f4t exigu. Si bien que d\u00e8s l&rsquo;ann\u00e9e suivante, j&rsquo;optai pour un cours El\u00e9mentaire, suivi ensuite d&rsquo;un cours Moyen, premi\u00e8re ann\u00e9e, o\u00f9 j&rsquo;ai eu le plus grand plaisir \u00e0 exercer mon m\u00e9tier de p\u00e9dagogue.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De ces douze ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 l&rsquo;Ecole Primaire des Quatre-Moulins, il me reste mille et un souvenirs dont beaucoup sont rattach\u00e9s \u00e0 l&rsquo;initiation musicale que je m&rsquo;effor\u00e7ais de fournir \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves, initiation aussi \u00e0 tout ce qui est beau dans la vie : la nature, la peinture, la bonne litt\u00e9rature&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Une ann\u00e9e, j&rsquo;avais dans ma classe un gar\u00e7on consid\u00e9r\u00e9 comme instable. Il se pr\u00e9nommait Jean-Pierre, grand pour son \u00e2ge, effectivement assez gouailleur. Les \u00e9l\u00e8ves \u00e9tant rang\u00e9s avant l&rsquo;entr\u00e9e en classe, j&rsquo;entends siffler un air que je connaissais bien, pour l&rsquo;avoir fait \u00e9couter aux \u00e9l\u00e8ves : la m\u00e9lodie de Borodine, dans l&rsquo;oeuvre intitul\u00e9e Dans les Steppes de l&rsquo;Asie Centrale. Je me retourne, c&rsquo;\u00e9tait Jean-Pierre qui interpr\u00e9tait cette m\u00e9lodie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Etonn\u00e9, mais heureusement surpris, je lui demande :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Tu sais ce que tu siffles ? \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Oh ! Oui Monsieur, c&rsquo;est chouette \u00e7a &lsquo; \u00bb Une autre fois, projetant des diapositives racontant une histoire de navigation, j&rsquo;avais accompagn\u00e9 la projection par un disque de Rimsky Korsakoff \u00ab\u00a0Sh\u00e9h\u00e9razade\u00a0\u00bb. A un moment donn\u00e9, un \u00e9l\u00e8ve m&rsquo;interpelle, regardant l&rsquo;image fixe d&rsquo;un bateau :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Monsieur, on dirait qu&rsquo;il bouge&#8230; \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est aussi tel \u00e9l\u00e8ve, devenu adulte et p\u00e8re de famille, revu bien longtemps apr\u00e8s, qui me rappelle les le\u00e7ons de g\u00e9ographie faites au moyen de maquettes en p\u00e2te \u00e0 papier. Il s&rsquo;en souvient si bien qu&rsquo;il me demande ce qu&rsquo;elles sont devenues !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est encore l&rsquo;\u00e9coute de la radio scolaire qui m&rsquo;aidait pr\u00e9cieusement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voici ce qu&rsquo;en \u00e9crit Monsieur Illiou, Inspecteur de l&rsquo;Enseignement Primaire, lors de sa visite du 26 novembre 1958:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0A mon entr\u00e9e en classe (14 h) on suit la le\u00e7on de musique du mercredi, de la radio scolaire. On suit d&rsquo;abord la s\u00e9ance d&rsquo;initiation musicale \u00ab\u00a0l&rsquo;oiseau de feu , d&rsquo;Igor Stravinski,. Les \u00e9l\u00e8ves sont laiss\u00e9s sous l&rsquo;impression, sans commentaires. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il faut.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Le\u00e7on de chant : vocalisation, c&rsquo;est bien, c&rsquo;est tr\u00e8s juste et fort bien suivi. Le menuet du \u00ab\u00a0Bourgeois Gentilhomme\u00a0\u00bb est un morceau relativement difficile, les \u00e9l\u00e8ves n&rsquo;ayant pas le soutien des paroles. Monsieur N\u00e9d\u00e9lec dirige adroitement cette s\u00e9ance initiale.\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Gr\u00e2ce \u00e0 la radio scolaire, j&rsquo;arrivais \u00e0 obtenir de mes \u00e9l\u00e8ves de tr\u00e8s beaux chants, \u00e0 plusieurs voix, que nous pouvions pr\u00e9senter lors des s\u00e9ances th\u00e9\u00e2trales organis\u00e9es au Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bon souvenir encore ! Ces cartes que je recevais en Alg\u00e9rie, venant de quelques-uns de mes \u00e9l\u00e8ves, pendant mon s\u00e9jour en 1963.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce qui est s\u00fbr : au bout de ma carri\u00e8re d&rsquo;enseignant, je crois \u00eatre arriv\u00e9 \u00e0 dominer ce m\u00e9tier, pas toujours facile, o\u00f9, certains jours, tout est euphorique, o\u00f9, le lendemain \u00e7a ne tourne pas rond. Ce que j&rsquo;ai surtout retenu, ne pas abuser de la parole. Dans une classe de quarante \u00e9l\u00e8ves comme c&rsquo;\u00e9tait le cas, \u00e0 cette \u00e9poque \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des Quatre-Moulins, le verbe passe largement au-dessus des t\u00eates. Faire faire, c&rsquo;est, je crois, la base de la p\u00e9dagogie. Voici ce qu&rsquo;\u00e9crivait encore Monsieur Illiou, lors de l&rsquo;inspection du 26 janvier 1963 :<br \/>\n<i>\u00ab\u00a0Le\u00e7on de sciences : L&rsquo;\u0153il. Interrogation pr\u00e9alable bien conduite. Le ma\u00eetre dispose de nombreux yeux de b\u0153uf, utilise la projection fixe, se sert de son \u00e9piscope de fortune pour aider \u00e0 la compr\u00e9hension de la constitution de l&rsquo;\u0153il, fait un excellent usage du tableau : plan, croquis clair, exp\u00e9rimente habilement devant les enfants, puis les fait travailler \u00e0 leur tour. Il les interroge souvent et la le\u00e7on se fait en grande partie avec leur collaboration. Le\u00e7on claire et profitable. C&rsquo;est du bon travail.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ces yeux de boeuf, je n&rsquo;avais qu&rsquo;\u00e0 traverser la rue Anatole France pour aller les chercher chez le boucher d&rsquo;en face.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Suite \u00e0 cette inspection, monsieur Illiou m&rsquo;avait demand\u00e9 d&rsquo;organiser, dans ma classe, des \u00ab\u00a0le\u00e7ons mod\u00e8les\u00a0\u00bb pour de jeunes ma\u00eetres.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Encore un d\u00e9tail que je ne saurais passer sous silence. La journ\u00e9e du samedi \u00e9tait particuli\u00e8rement lourde. L&rsquo;apr\u00e8s-midi, apr\u00e8s la r\u00e9cr\u00e9ation, je m&rsquo;effor\u00e7ais de faire go\u00fbter \u00e0 mes \u00e9l\u00e8ves les beaux textes de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise. Je puisais abondamment dans \u00ab\u00a0Les Mis\u00e9rables\u00a0\u00bb de Victor Hugo (la personnalit\u00e9 de Gavroche les passionnait particuli\u00e8rement), dans les Contes du Maupassant (La ficelle&#8230; et bien d&rsquo;autres), le Roman de Renard, etc&#8230; L&rsquo;\u00e9coute \u00e9tait tr\u00e8s attentive et cela finissait bien la semaine.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;avais un autre avantage. Le jeudi, je retrouvais une bonne partie des \u00e9l\u00e8ves (de toutes les classes) au Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins o\u00f9 j&rsquo;aidais \u00e0 organiser des activit\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le vendredi, retrouvant ces enfants dans la cour de l&rsquo;\u00e9cole, ils venaient me serrer la main, ce qu&rsquo;ils ne faisaient pas aux autres ma\u00eetres. Et pourtant, ces derniers \u00e9taient des enseignants de grande qualit\u00e9, dont le travail \u00e9tait probablement mieux pr\u00e9par\u00e9 que le mien. Avec mes responsabilit\u00e9s syndicales, la\u00efques, voire politiques, j&rsquo;avais le soir de fr\u00e9quentes r\u00e9unions hors de Brest, et je m&rsquo;effor\u00e7ais d&rsquo;\u00eatre de bonne heure le matin, dans ma classe, pour pr\u00e9parer la journ\u00e9e de travail.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En tout cas, cette pr\u00e9sence au Patronage, le jeudi, permettait de cr\u00e9er des liens diff\u00e9rents avec les enfants.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"le-patr\" id=\"le-patr\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Le Patronage La\u00efque\u00a0de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1922 s&rsquo;ouvrait \u00e0 Brest un Patronage La\u00efque dans le quartier de Recouvrance, sur l&rsquo;initiative de Jean Julien, instituteur, conseiller g\u00e9n\u00e9ral socialiste. Face aux Patronages Catholiques existant depuis fort longtemps (en 1874, l&rsquo;abb\u00e9 Qu\u00e9innec en avait cr\u00e9\u00e9 un, autour de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Sauveur, qu&rsquo;il avait appel\u00e9 Patronage de l&rsquo;Esp\u00e9rance), Jean Julien estimait n\u00e9cessaire de ne pas laisser aux seules mains de l&rsquo;\u00c9glise, les loisirs des enfants du quartier. En 1939, le Patronage La\u00efque de Recouvrance avait \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, deux autres Patronages La\u00efques : celui de Lamb\u00e9zellec et celui de Saint-Marc. \u00c0 eux trois ils collaboraient dans la soci\u00e9t\u00e9 des Patronages La\u00efques municipaux. En effet, gr\u00e2ce aux municipalit\u00e9s socialistes de l&rsquo;\u00e9poque, ces Patronages avaient un statut municipal, c&rsquo;est \u00e0 dire une aide cons\u00e9quente de la ville, notamment en b\u00e2timents.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En arrivant dans le quartier des Quatre-Moulins, j&rsquo;allais conna\u00eetre le Patronage de ce quartier.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La naissance du Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins fut laborieuse. Pour satisfaire la demande des habitants, la Mairie de Brest leur attribua les anciennes \u00e9curies (en ruine) de l&rsquo;ex-caserne des gardes mobiles au bas de la rue du Valy Hir.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant deux ans, dirigeants et adh\u00e9rents pass\u00e8rent leurs samedis et leurs dimanches \u00e0 redonner vie \u00e0 ces ruines et en m\u00eame temps \u00e0 am\u00e9nager un stade et une piste d&rsquo;athl\u00e9tisme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 10 avril 1948, ce fut l&rsquo;inauguration de la Salle des F\u00eates. Sept cent personnes se pressaient \u00e0 cette inauguration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En fait, le Patronage avait vu jour le 12 d\u00e9cembre 1945. C&rsquo;est \u00e0 la cantine de l&rsquo;\u00e9cole des Quatre-Moulins qu&rsquo;eut lieu la r\u00e9union constitutive du Patronage La\u00efque de Saint-Pierre, sous la pr\u00e9sidence de Jean Julien et avec la participation active de Jean Le Gouill, un des premiers acteurs de cette cr\u00e9ation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le 19 d\u00e9cembre 1945, se r\u00e9unit le premier Conseil d&rsquo;Administration qui \u00e9lira Guillaume Lavel comme Pr\u00e9sident et Jean Le Gouill comme Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral. Le si\u00e8ge social est \u00e0 la Mairie de Saint-Pierre Quilbignon. Une baraque, au Polygone, constitue le premier local. Parall\u00e8lement, l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de L&rsquo;union Sportive Ouvri\u00e8re La\u00efque Quilbignonnaise, qui avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&rsquo;USOQ (Union Sportive Ouvri\u00e8re Quilbignonnaise) cr\u00e9\u00e9e en 1937, d\u00e9cidait de fusionner avec le Patronage la\u00efque de Saint-Pierre Quilbignon et d&rsquo;en devenir la section sportive sous le nom de Stade Quilbignonnais, avec comme Pr\u00e9sident Fran\u00e7ois Gourmelon.<\/p>\n<p align=\"CENTER\">AVRIL 1972<br \/>\nJEAN LE GOUILL N&rsquo;EST PLUS<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">17 avril 1972, le Patro et le Stade sont en deuil Au lendemain de la kermesse du Patro o\u00f9 il \u00e9tait encore pr\u00e9sent le matin, Jean le Gouill a \u00e9t\u00e9 brusquement emport\u00e9 dans sa 63\u00e8me ann\u00e9e. Militant la\u00efque, militant du mouvement sportif, militant politique de gauche, militant du syndicat des locataires&#8230; Jean Le Couill, c&rsquo;est toute une vie d&rsquo;actions et de luttes au service de la jeunesse, du sport, de l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque et d\u00e9mocratique, et de la population.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">C&rsquo;est un des principaux fondateurs du Stade Q. U.S.O.Q. en 1937) et du Patro (1945). Il en assume de nombreuses ann\u00e9es le secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral ou la pr\u00e9sidence. Pendant ces trente cinq ans il se d\u00e9voue sans compter pour son club et son Patro.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Jean Le Gouill, c&rsquo;est aussi l&rsquo;un des principaux cr\u00e9ateurs du Comit\u00e9 R\u00e9gional de la F.S.G.T. Il en est le Pr\u00e9sident de 1946 \u00e0 1962, puis le Pr\u00e9sident d&rsquo;honneur.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Au moment de son d\u00e9c\u00e8s il est secr\u00e9taire de la S.P.L.M. Il avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 Conseiller Municipal et membre du C.A. de la F.O.L. Il \u00e9tait chevalier des Palmes Acad\u00e9miques et m\u00e9daill\u00e9 de la Jeunesse et des Sports. C&rsquo;est une foule consid\u00e9rable qui assiste \u00e0 ses obs\u00e8ques, le \u00ab\u00a019 avril, prouvant mieux que tout la grande popularit\u00e9 et la grande estime dont il jouissait.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au cimeti\u00e8re de Saint-Pierre-Quilbignon, j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par le Conseil d&rsquo;Administration de prononcer l&rsquo;\u00e9loge fun\u00e8bre de Jean Le Gouill. Je le fis avec beaucoup d&rsquo;\u00e9motion, apr\u00e8s les douze ann\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 militer avec lui. Ce n&rsquo;\u00e9tait pas la premi\u00e8re fois qu&rsquo;il m&rsquo;arrivait de prendre la parole dans un cimeti\u00e8re. Je l&rsquo;avais fait \u00e0 Saint-Herbot en Plon\u00e9vez-du-Faou pour honorer la m\u00e9moire de monsieur Vern, qui avait offert sa grange pour ouvrir l&rsquo;\u00e9cole publique. Puis vinrent les obs\u00e8ques de monsieur Collobert qui faisait fonction d&rsquo;Inspecteur de l&rsquo;Enseignement Primaire. C&rsquo;est au cimeti\u00e8re de Pont-de-Buis, que ses amis me demand\u00e8rent de parler de sa vie de militant la\u00efque. Enfin, au cimeti\u00e8re de Saint-Marc, \u00e0 Brest, sur la demande de son fils Claude St\u00e9phan, je dis quelques mots sur la personnalit\u00e9 de son p\u00e8re, Pierre St\u00e9phan, qui venait de prendre se retraite de directeur de l&rsquo;\u00e9cole des Quatre-Moulins.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voici d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;en dit L&rsquo;Action La\u00efque 29, dans le num\u00e9ro 201 de f\u00e9vrier 1968 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0D\u00e9c\u00e8s de Pierre ST\u00c9PHAN<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous avons appris le d\u00e9c\u00e8s survenu le 29 d\u00e9cembre 1967 de Pierre St\u00e9phan, ancien directeur de l&rsquo;\u00c9cole des Quatre-Moulins, puis de l&rsquo;Ecole de Saint-Marc et qui occupa en 1957 des fonctions au sein de la FOL, en tant que Pr\u00e9sident de la section, qui s&rsquo;appelait UFO Patros.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au cimeti\u00e8re, Jean N\u00e9d\u00e9lec, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la FOL adressa un dernier adieu \u00e0 notre camarade.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"mes-acti\" id=\"mes-acti\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Mes activit\u00e9s au Patronage La\u00efque de\u00a0Saint-Pierre et des Quatre-Moulins<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les Patronages la\u00efques brestois ont, dans leur histoire, toujours \u00e9t\u00e9 \u00e9troitement li\u00e9s aux groupes scolaires qui les environnaient. Il faut dire que leur ossature \u00e9tait essentiellement compos\u00e9e d&rsquo;ouvriers de l&rsquo;Arsenal et d&rsquo;enseignants.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 une r\u00e9cr\u00e9ation, alors que je venais d&rsquo;arriver dans le groupe scolaire des Quatre-Moulins, monsieur Riou, directeur de l&rsquo;\u00e9tablissement, s&rsquo;est adress\u00e9 aux quinze enseignants qui d\u00e9ambulaient dans la cour.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il avait \u00e0 la main une circulaire du Patronage et il nous confia:<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Le Patronage la\u00efque va tenir son Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale annuelle. Chaque ann\u00e9e, l&rsquo;\u00c9cole est sollicit\u00e9e pour que les enseignants assistent \u00e0 cette Assembl\u00e9e. Je ne suis pas disponible. Quelqu&rsquo;un peut-il y aller ? \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;ayant aucune r\u00e9ponse de mes coll\u00e8gues, il s&rsquo;est tourn\u00e9 vers moi en me demandant si je pouvais repr\u00e9senter l&rsquo;\u00c9cole.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;h\u00e9sitai un peu et finis par accepter.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ignorai, en acceptant, la surprise qui m&rsquo;attendait.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Assis sagement parmi les auditeurs de l&rsquo;Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, pr\u00e9sid\u00e9e par Jean Le Gouill, j&rsquo;entendis ce dernier faire part d&rsquo;un souci : le remplacement d&rsquo;Andr\u00e9 Rouet, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Patronage, d\u00e9sireux de consacrer son temps au Stade Quilbignonnais.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Connaissant mes activit\u00e9s dans le milieu la\u00efque, Jean Le Gouill proposa de m&rsquo;\u00e9lire au Conseil d&rsquo;Administration pour pouvoir devenir \u00e9ventuellement le rempla\u00e7ant d&rsquo;Andr\u00e9 Rouet.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je d\u00e9sirais pourtant, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 Collorec, ne plus prendre de responsabilit\u00e9s sur le plan local.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Bien entendu, ayant accept\u00e9, j&rsquo;allais me consacrer \u00e0 la bonne marche de l&rsquo;Association. Ce furent des ann\u00e9es de travail b\u00e9n\u00e9vole, bien remplies avec tous les acteurs qui firent le bonheur de ce Patronage : les fr\u00e8res Robert et Pierre Hamon, Fran\u00e7ois Gourmelon, les fr\u00e8res Ab\u00e9r\u00e9, la famille Pommet, Robert M\u00e9rand, Pierre Guigour\u00e8se, Alain Le Meur, Jo Piton et bien d&rsquo;autres&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il y eut d&rsquo;abord les initiatives prises pour am\u00e9liorer le confort des b\u00e2timents tr\u00e8s aust\u00e8res, afin d&rsquo;accueillir les enfants, en particulier, dans les meilleures conditions.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Voici, le compte rendu qu&rsquo;en fait L&rsquo;Action La\u00efque 29 dans un num\u00e9ro de 1964 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0D&rsquo;importants travaux ont \u00e9t\u00e9 entrepris au Patronage la\u00efque des Quatre-Moulins. Il s&rsquo;agit principalement de l&rsquo;installation du chauffage central.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Confi\u00e9s \u00e0 une entreprise du quartier (les militants du Patronage ayant quant \u00e0 eux mont\u00e9 l&rsquo;importante chemin\u00e9e qui domine d\u00e9sormais l&rsquo;\u00e9tablissement), les travaux ont \u00e9t\u00e9 men\u00e9s \u00e0 bonne fin pendant les vacances scolaires.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1792\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic24-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1793\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic25-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>C&rsquo;est l\u00e0 une importante d\u00e9pense, mais la direction du Patronage pense qu&rsquo;elle sera rentable dans la mesure o\u00f9 les activit\u00e9s pourront s&rsquo;accro\u00eetre et se multiplier (biblioth\u00e8que, th\u00e9\u00e2tre, cin\u00e9ma, club de jeunes&#8230;) Pendant les longs mois d&rsquo;hiver, gr\u00e2ce au chauffage, chacun y trouvera de meilleures conditions de travail.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Un bon exemple d&rsquo;une organisation qui, pour ne pas rester en arri\u00e8re, n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 investir pour aller de l&rsquo;avant.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale du 26 novembre 1965, je pr\u00e9cisai dans mon rapport de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Monsieur N\u00e9d\u00e9lec insiste sur le fait que la garde des enfants est une des fonctions des plus importantes du Patronage et que rien de trop ne sera fait pour eux, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas pour cette section de regarder le c\u00f4t\u00e9 financier, mais le bien-\u00eatre moral et physique qu&rsquo;on peut apporter \u00e0 tous les jeunes.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">(Action La\u00efque 29 de d\u00e9cembre 1965)<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">II y eut aussi la construction d&rsquo;une cabine de cin\u00e9ma avec l&rsquo;installation d&rsquo;un appareil 16 millim\u00e8tres \u00e0 arc (la grande id\u00e9e de Pierre H\u00e9naff qui voulait en \u00e9quiper tous les Patronages brestois). Cette installation fut men\u00e9e \u00e0 bien gr\u00e2ce aux conseils avis\u00e9s d&rsquo;Andr\u00e9 M\u00e9tayer, avec qui je pratiquais par ailleurs une activit\u00e9 commenc\u00e9e \u00e0 Collorec : le th\u00e9\u00e2tre de marionnettes.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai particip\u00e9 aux diff\u00e9rentes activit\u00e9s qui \u00e9maillent la vie d&rsquo;une telle Association : s\u00e9ances th\u00e9\u00e2trales avec des artistes amateurs et notamment \u00e0 une certaine \u00e9poque, avec des coll\u00e8gues nouvellement nomm\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Ecole des Quatre-Moulins : (mes amis Cornec, Lamour, Piton et Moal) kermesses, f\u00eates de la jeunesse avec fabrication de chars, manifestations la\u00efques, actions au sein de la Soci\u00e9t\u00e9 des Patronages La\u00efques Municipaux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est au sein de cette Soci\u00e9t\u00e9, qui f\u00e9d\u00e8re tous les Patronages La\u00efques brestois et qui date de 1922, ann\u00e9e o\u00f9 fut cr\u00e9\u00e9 le Patronage La\u00efque de Recouvrance, que j&rsquo;ai pu appr\u00e9cier le s\u00e9rieux et la valeur de Jean Le Gouill.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0\u00a0Il en \u00e9tait le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral et il fallait voir les compte rendus \u00e9crits, m\u00e9ticuleux, qu&rsquo;il nous remettait apr\u00e8s les r\u00e9unions. Quand j&rsquo;allais lui rendre visite, dans son HLM de Qu\u00e9liverzan, je le trouvais pench\u00e9 sur sa machine \u00e0 \u00e9crire, tapant des documents pour la SPLM, et \u00e9galement pour l&rsquo;Association de locataires&#8230; et combien d&rsquo;autres organisations sociales. Egalement conseiller municipal, il avait, m\u00eame en retraite, des journ\u00e9es et des soir\u00e9es bien remplies.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quand il d\u00e9c\u00e9da, le 17 avril 1972, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 63 ans, ce fut une grande perte.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"1951-diff\" id=\"1951-diff\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>1951 : Difficult\u00e9s pour\u00a0le Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et\u00a0des Quatre-Moulins<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1951, la caserne des gardes mobiles et ses d\u00e9pendances sont affect\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00c9ducation Nationale, pour construction d&rsquo;un lyc\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le terrain et les installations du Patronage sont compris dans le p\u00e9rim\u00e8tre du nouveau lyc\u00e9e. La piste d&rsquo;athl\u00e9tisme, qui a co\u00fbt\u00e9 tant de travail, est sacrifi\u00e9e. Priv\u00e9e de ses installations, la section d&rsquo;athl\u00e9tisme dispara\u00eet. Les autres activit\u00e9s connaissent \u00e9galement des probl\u00e8mes, malgr\u00e9 les efforts pour cohabiter, car de plus en plus, au fil des ann\u00e9es, c&rsquo;est la mainmise et l&rsquo;utilisation, par le lyc\u00e9e, pour ses besoins propres, des installations et locaux du Patronage qui n&rsquo;a bient\u00f4t pour lui qu&rsquo;une utilisation restreinte et conditionnelle, en dehors des heures scolaires, car il n&rsquo;est plus chez lui, mais dans le lyc\u00e9e.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette situation va se prolonger pendant vingt ans, et ce sera tr\u00e8s inconfortable. Pendant dix ans, pour en sortir, le Patronage a demand\u00e9 l&rsquo;attribution de nouvelles installations.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Enfin, en 1973, ce fut l&rsquo;aboutissement de beaucoup d&rsquo;efforts et de pressions sur la municipalit\u00e9, pour la construction d&rsquo;un nouveau Patronage.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il faut situer cette r\u00e9ussite dans le contexte de l&rsquo;\u00e9poque. Monsieur George Lombard, Maire de Brest avait mis\u00e9, pour l&rsquo;animation de la ville, sur les foyers de jeunes, qu&rsquo;il avait mis en place, peut-\u00eatre pour faire face \u00e0 la place grandissante des Patronages La\u00efques. Mais ce fut un fiasco ; ces foyers de jeunes ferm\u00e8rent tour \u00e0 tour, pour devenir plus tard des Maisons Pour Tous (MPT). En homme avis\u00e9, George Lombard reconnut que les Patronages La\u00efques, avec leur esprit de responsabilit\u00e9, \u00e9taient mieux \u00e0 m\u00eame d&rsquo;animer la vie des quartiers, et qu&rsquo;il fallait remplacer les baraques v\u00e9tust\u00e9s de ces Patronages par des constructions en dur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La soci\u00e9t\u00e9 des Patronages La\u00efques Municipaux \u00e9tablit une liste des priorit\u00e9s. Arriva donc le tour du Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins. Voici dans quelles circonstances ce nouveau Patronage prit le nom de Patronage La\u00efque Jean Le Gouill.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au d\u00e9c\u00e8s de notre camarade, je me suis trouv\u00e9 avec George Lombard, \u00e0 son chevet. Nous e\u00fbmes une courte discussion. Monsieur Lombard me dit combien il appr\u00e9ciait la valeur du d\u00e9funt et m&rsquo;avoua, puisque le nouveau Patronage \u00e9tait en projet, qu&rsquo;il d\u00e9sirait qu&rsquo;on l&rsquo;appelle Patronage La\u00efque Jean Le Gouill.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"1961-elec\" id=\"1961-elec\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>1961 : Election au\u00a0Conseil d&rsquo;Administration de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean Le Gouill, Administrateur de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques, avait vu son mandat renouvel\u00e9 pour trois ans, \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de 1958, mandat se terminant donc en 1961.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 cette date, il me confia son d\u00e9sir d&rsquo;abandonner cette fonction et me proposa de pr\u00e9senter ma candidature pour l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de 1961.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il souhaitait que le Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins soit toujours repr\u00e9sent\u00e9 au sein de l&rsquo;organisation dirigeante de la FOL. C&rsquo;est ce qui me conduisit \u00e0 me pr\u00e9senter et \u00e0 \u00eatre \u00e9lu. J&rsquo;ignorais \u00e0 ce moment que cette \u00e9lection allait me mener \u00e0 de plus hautes responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"62-63-etranger\" id=\"62-63-etranger\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>1962 \u00e0 1963 &#8211;\u00a0Voyages \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1962, je me suis rendu en Pologne, pour un voyage d&rsquo;\u00e9tudes concernant les probl\u00e8mes de l&rsquo;Ecole et de l&rsquo;\u00c9ducation. Nous \u00e9tions quatre enseignants composant une d\u00e9l\u00e9gation du Parti Communiste.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 la veille de la rentr\u00e9e scolaire, les contacts ont \u00e9t\u00e9 nombreux avec les enseignants polonais, leur syndicat, le minist\u00e8re de l&rsquo;\u00c9ducation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Prenant toujours beaucoup de notes, j&rsquo;en ai profit\u00e9 pour rendre compte de notre visite dans des articles destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;Action La\u00efque 29, L&rsquo;\u00c9cole et la Nation, le Bulletin Syndical du SNI. Ce que j&rsquo;ai surtout retenu, c&rsquo;est le grand effort accompli dans ce pays tr\u00e8s catholique, pour aboutir \u00e0 une \u00c9cole La\u00efque, c&rsquo;est \u00e0 dire sans enseignement religieux. Ce ne fut pas facile. Des exemples nous furent donn\u00e9s de communes, o\u00f9, au lendemain de la guerre, des mesures autoritaires furent prises dans ce sens. Ce fut une lev\u00e9e de boucliers ou plut\u00f4t de fourches, pour emp\u00eacher d&rsquo;enlever l&rsquo;enseignement religieux, surtout dans le sud du pays (cela a d\u00fb ressembler \u00e0 ce qui se passa chez nous dans le Nord-Finist\u00e8re au moment de la loi de 1905, loi de s\u00e9paration de l&rsquo;Eglise et de l&rsquo;Etat). Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la rentr\u00e9e de 1962 qu&rsquo;aboutirent les efforts de nos camarades polonais. Mais il avait fallu employer la mani\u00e8re douce. \u00c9cole par \u00e9cole, classe par classe, il fallut d\u00e9montrer aux parents que l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de l&rsquo;enfant \u00e9tait en jeu. \u00c0 l&rsquo;\u00e9cole, le travail proprement scolaire, \u00e0 l&rsquo;\u00c9glise l&rsquo;enseignement religieux. Les parents furent invit\u00e9s \u00e0 se prononcer par un vote au sein de chaque \u00e9cole, pour ou contre. On assista alors \u00e0 un ph\u00e9nom\u00e8ne curieux. Dans une \u00e9cole il pouvait y avoir des classes sans religion et d&rsquo;autres, avec enseignement religieux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1962 -1963 allait enfin voir aboutir la g\u00e9n\u00e9ralisation de l&rsquo;\u00c9cole sans religion.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1963 fut l&rsquo;occasion d&rsquo;un autre voyage en Pologne : une excursion d&rsquo;un mois organis\u00e9e par le cercle de loisirs de Daoulas, dirig\u00e9 par Claude Bernard, instituteur dans cette commune. Nous parcour\u00fbmes de nombreux kilom\u00e8tres, du sud au nord de la Pologne, dans le car de Jean Le Page, transporteur \u00e0 Plougastel-Daoulas. Ce voyage faisait suite \u00e0 mon s\u00e9jour en Alg\u00e9rie. En 1974, j&rsquo;eus l&rsquo;occasion de participer \u00e0 un autre voyage d&rsquo;\u00e9tude en R\u00e9publique D\u00e9mocratique Allemande, avec une d\u00e9l\u00e9gation de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"64-67-fol\" id=\"64-67-fol\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>1964 \u00e0 1967 &#8211;\u00a0Responsable\u00a0du service culturel de la F.O.L.<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce sont l\u00e0 mes seuls voyages \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, avec cependant une petite parenth\u00e8se. En 1964, un d\u00e9placement \u00e0 Kiel, en R\u00e9publique F\u00e9d\u00e9rale Allemande.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cette ann\u00e9e-l\u00e0, je vais abandonner ma classe de CM1 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des Quatre-Moulins, pour solliciter un poste d&rsquo;animateur au service culturel de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La F\u00e9d\u00e9ration disposait encore d&rsquo;une vingtaine d&rsquo;instituteurs appel\u00e9s \u00ab\u00a0mis \u00e0 disposition\u00a0\u00bb ; c&rsquo;\u00e9tait un reliquat de la cinquantaine install\u00e9e dans les cantons par Jean Debiesse, en 1945. La plupart d&rsquo;entre eux appartenaient \u00e0 l&rsquo;\u00e9quipe du \u00ab\u00a0cin\u00e9ma \u00e9ducateur\u00a0\u00bb, postes qui seront supprim\u00e9s en 1966.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s des entretiens avec Pierre H\u00e9naff, qui \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque directeur du Centre de Documentation P\u00e9dagogique, je faisais ma demande et j&rsquo;obtenais \u00e0 la Commission Paritaire, ma nomination comme \u00ab\u00a0d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 UFOLEA\u00a0\u00bb, poste laiss\u00e9 vacant par le d\u00e9part de Salvator Le S\u00e9n\u00e9chal, qui l&rsquo;occupait avant moi, \u00e0 Quimper.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ce transfert de Quimper sur Brest allait \u00eatre le d\u00e9but d&rsquo;un processus de centralisation des diff\u00e9rentes sections de la FOL sur Brest. Pendant trois ans, de 1964 \u00e0 1967, j&rsquo;allais mener de pair ma responsabilit\u00e9 de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque et ma t\u00e2che de d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 culturel de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. J&rsquo;allais d&rsquo;ailleurs continuer dans cette nouvelle fonction mon travail d&rsquo;\u00e9ducateur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le d\u00e9placement \u00e0 Kiel faisait suite \u00e0 une exposition de dessins d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves sur le th\u00e8me de Brest, ville maritime.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 Kiel, port allemand jumel\u00e9 avec Brest, le m\u00eame type d&rsquo;exposition avait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au Comit\u00e9 de Jumelage, il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de rassembler les dessins et d&rsquo;en faire une vision d&rsquo;ensemble, d&rsquo;abord \u00e0 Kiel, puis ensuite \u00e0 Brest, avec en suppl\u00e9ment, des dessins d&rsquo;enfants de Finlande, toujours sur le m\u00eame th\u00e8me.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le domaine des arts plastiques, quelques artistes amateurs, pour la plupart enseignants, de grande notori\u00e9t\u00e9 cependant, m&rsquo;ont beaucoup aid\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 eux, continuant sur la sp\u00e9cialit\u00e9 qui \u00e9tait celle de mon pr\u00e9d\u00e9cesseur, Salvator Le S\u00e9n\u00e9chal, des expositions de peinture ont pu circuler dans le d\u00e9partement, tant\u00f4t dans les mus\u00e9es, comme \u00e0 Quimper, dans des salles municipales, comme \u00e0 Brest ou dans des lyc\u00e9es et coll\u00e8ges.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;au salon national UFOLEA de Quiberon, j&rsquo;ai pu rassembler les \u0153uvres de dix-sept peintres du Finist\u00e8re : Yves Bonraisin (Brest), Jacques Brenner (Pont l&rsquo;Abb\u00e9), Jean Coffini\u00e8res (Quimper), Raymond Damas (Brest), P. H.Denis (Plomelin), Henri Girard (Ch\u00e2teauneuf du Faou), Andr\u00e9 Gourv\u00e8s (Landerneau), Jean Guillou (Brest), Yves-Marie Losse-Le Moal (Concarneau), J-Y Madec (Brest), Paul Marzin (Le Huelgoat), Marcel Miles (Brest), Yves Gu\u00e9gu\u00e9niat (Quimper), Albert Quentel (Fouesnant), Bernard S\u00e9v\u00e9rac (Douarnenez), Charles Th\u00e9r\u00e9n\u00e9 (Brest), Jean-Marie Morzadec (Quimper).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tr\u00e8s vite, sollicit\u00e9 par le service national de l&rsquo;UFOLEA, qui avait sign\u00e9 avec diff\u00e9rents artistes, un certain nombre de contrats pour l&rsquo;organisation de \u00ab\u00a0Tourn\u00e9es Culturelles\u00a0\u00bb dans les d\u00e9partements, j&rsquo;acceptais l&rsquo;exp\u00e9rience pour le Finist\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pendant les ann\u00e9es 1964-1965, ce fut \u00e0 travers le d\u00e9partement une s\u00e9rie de repr\u00e9sentations sur diff\u00e9rents th\u00e8mes: La Danse avec Michelle Nadal, Yvette Blondel, Michel Garay, la musique avec Jacques Hugot et Michel Roger, les marionnettes de Gilles, le mime avec Isaac Alvarez et sa troupe.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Accompagnant ces artistes dans leur tourn\u00e9e, je pus mesurer l&rsquo;effort fourni pour mettre \u00e0 la port\u00e9e de tous un spectacle de qualit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le m\u00eame temps, invit\u00e9 par le Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins, Jean Ferrat se produisait au cin\u00e9ma Vox \u00e0 Brest. Avec Roger Merrand, tr\u00e9sorier du stade Quilbignonnais, co-invitant du gala, nous e\u00fbmes la charge de tout pr\u00e9parer : la r\u00e9ception de Jean Ferrat \u00e0 la gare de Brest, trouver une premi\u00e8re partie qui fut confi\u00e9 \u00e0 notre ami Antonio, pr\u00e9parer la salle&#8230; Ce fut un immense succ\u00e8s. Dans la semaine pr\u00e9c\u00e9dant le spectacle, je recevais au si\u00e8ge de la FOL, 8 rue Jean Mac\u00e9, un grand nombre de r\u00e9servations par t\u00e9l\u00e9phone. Au cours de la soir\u00e9e, les amis de Jean Ferrat venus (outre les brestois) de Crozon, Plougasnou, Morlaix purent appr\u00e9cier avec les succ\u00e8s les plus anciens, les nouveaut\u00e9s de l&rsquo;\u00e9poque : \u00ab\u00a0Le Sabre et le Goupillon\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Potemkine\u00a0\u00bb. A une heure du matin, nous quittions Jean Ferrat, qui , apr\u00e8s une nuit r\u00e9paratrice \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de France, allait reprendre \u00e0 9 heures 30 le train de Paris.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Beaucoup de ses admirateurs de la veille se pr\u00e9paraient \u00e0 le voir le mercredi 24 novembre \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision dans l&rsquo;\u00e9mission en direct d&rsquo;Albert Raisner : \u00ab\u00a0T\u00eates de Bois, Tendres Ann\u00e9es\u00a0\u00bb. Or, le chanteur-compositeur se voyait intimer l&rsquo;ordre de retirer de l&rsquo;\u00e9mission sa chanson \u00ab\u00a0Potemkine\u00a0\u00bb. Cette chanson inspir\u00e9e \u00e0 ses auteurs (Ferrat et Georges Coulonges) par le film d&rsquo;Eisenstein \u00ab\u00a0Le Cuirass\u00e9 Potemkine\u00a0\u00bb, qui avait \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 sur la seconde cha\u00eene, \u00e9tait parfaitement \u00e0 sa place dans une \u00e9mission destin\u00e9e \u00e0 la jeunesse.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le lendemain, dans une lettre au Pr\u00e9sident du Conseil d&rsquo;Administration de l&rsquo;ORTF, Wladimir D&rsquo;Ormesson. Ferrat et Coulonges affirmaient :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab &#8230;avec la meilleure volont\u00e9, nous ne voyons pas, nous ne comprenons pas comment l&rsquo;exaltation du courage, l&rsquo;exaltation d&rsquo;un sentiment noble incitant l&rsquo;homme \u00e0 se vouloir non du c\u00f4t\u00e9 de la force mais du c\u00f4t\u00e9 de la. justice, pourrait \u00eatre condamnable&#8230; \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins, dans son assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale du 26 novembre, protestait pr\u00e8s de l&rsquo;ORTF contre l&rsquo;interdiction de la chanson de Jean Ferrat.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"exp-club\" id=\"exp-club\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Exp\u00e9rience des Clubs de Jeunes<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1966, ann\u00e9e du Centenaire de la Ligue de l&rsquo;Enseignement, celle-ci lan\u00e7a la formule des Clubs de Jeunes. La vieille Dame avait besoin de rajeunir. Ce fut une exp\u00e9rience enrichissante. Pour ma part, j&rsquo;allais y retrouver mon travail d&rsquo;\u00e9ducateur. \u00c0 travers de nombreux stages et week-ends de formation, tant d\u00e9partementaux que r\u00e9gionaux, je mis en pratique une technique qui me semblait convenir \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 je d\u00e9couvrais l&rsquo;usage int\u00e9ressant du magn\u00e9tophone.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Lors des tourn\u00e9es Culturelles propos\u00e9es par l&rsquo;UFOLEA nationale, l&rsquo;\u00e9quipe de Michelle Nadal m&rsquo;avait confi\u00e9 le soin, en suivant le \u00ab\u00a0conducteur\u00a0\u00bb du programme de danses, de m&rsquo;occuper de cet appareil qui contenait la musique des Ballets. L&rsquo;usage de la bande magn\u00e9tique m&rsquo;avait beaucoup int\u00e9ress\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je n&rsquo;h\u00e9sitais pas dans les stages qui allaient suivre \u00e0 am\u00e9liorer ce premier essai : montages audio-visuels avec mixage paroles et musique, montages po\u00e9tiques, expression corporelle, art th\u00e9\u00e2tral&#8230; Tout cela devenait un outil p\u00e9dagogique du meilleur effet. Apr\u00e8s un stage de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Toulouse, je montai avec le Club de Jeunes du Patronage des Quatre-Moulins, la pi\u00e8ce de l&rsquo;auteur espagnol Arrabal : \u00ab\u00a0Pique-nique en campagne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Avec le Service D\u00e9partemental de la Jeunesse et des Sports, la FOL organisait chaque ann\u00e9e des journ\u00e9es de Formation dans les Ecoles Normales de Quimper. J&rsquo;utilisai les m\u00eames techniques ; nous avions la chance de retrouver par la suite des enseignants connaissant bien le mouvement Ligue de l&rsquo;Enseignement. J&rsquo;avais pour me parfaire en ce domaine, les conseils d&rsquo;un technicien de grande valeur : Pierre H\u00e9naff.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"beaure-66\" id=\"beaure-66\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Beauregard 1966 : Une exp\u00e9rience enrichissante<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1966, ann\u00e9e du Centenaire de la Ligue de l&rsquo;Enseignement, cr\u00e9\u00e9e en 1866 par Jean Mac\u00e9, fut une ann\u00e9e bien remplie. Je le soulignai dans un \u00e9ditorial de l&rsquo;Action La\u00efque d&rsquo;avril 1966.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c9DITORIAL<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">POUR UNE FETE FEDERALE<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">A LA HAUTEUR<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">DU CENTENAIRE<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dimanche 22 mai 1906 : 12.000 enfants de nos \u00e9coles publiques d\u00e9fileront dans les rues de la ville de Brest. La F\u00eate F\u00e9d\u00e9rale de la Jeunesse et des Ecoles Publiques sera en plein d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Plac\u00e9e dans l&rsquo;ann\u00e9e du Centenaire de la Ligue de l&rsquo;Enseignement &#8211; 1866-1966 &#8211; centenaire dont nous parlions dans le num\u00e9ro de janvier, cette F\u00eate devrait rev\u00eatir un succ\u00e8s sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Autour de l&rsquo;Ecole Publique, ce sera aussi une d\u00e9monstration de la vitalit\u00e9 de nos Foyers de Jeunes et d&rsquo;Education Populaire : Amicales et Patronages la\u00efques.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, le dimanche 22 mai 1966 ne sera pas une journ\u00e9e sans pr\u00e9c\u00e9dents ni lendemains.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Du 9 au 21 mai, \u00e0 l&rsquo;H\u00f4tel de Ville de Brest, une Exposition des peintres de l&rsquo;U.F.O.L.E.A., de dessins d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves, de travaux d&rsquo;ateliers \u00e9ducatifs, aura permis \u00e0 de nombreux visiteurs de constater que l&rsquo;\u00e9ducation artistique, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s, est en bon rang dans nos pr\u00e9occupations.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">UNE SERIE DE MANIFESTATIONS<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;exposition de Brest sera visible \u00e0 Quimper (salle du Mus\u00e9e), du 24 mai au 4 juin. Puis une partie des dessins d&rsquo;\u00e9l\u00e8ves prendra la route de Lorient o\u00f9 se tiendra, du 5 au 19 juin, une exposition r\u00e9gionale, sous la pr\u00e9sidence de M. le Recteur d&rsquo;Acad\u00e9mie.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab\u00a0IMAGES FIC 26 ET 27 \u00ab\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0<span style=\"font-size: small;\">Le samedi 21 mai, salle Cerdan, \u00e0 Brest, ce sera le \u00ab Festival des Jeunes et de l&rsquo;U.F.O.L.E.A. \u00bb, un gala o\u00f9 alterneront : groupes folkloriques du Centre de liaison U.F.O.L.E.A, chorales (dont l&rsquo;imposante chorale d\u00e9partementale dirig\u00e9e par M. Golgevit), ballets et danses, montages, r\u00e9alisations de Clubs de Jeunes et Mme Simone Bartel, grand prix du Disque 1966, dont nous parlons par ailleurs dans notre page de l&rsquo;Actualit\u00e9 Musicale.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le dimanche 22 mai, au matin, outre le traditionnel d\u00e9p\u00f4t de gerbe au Monument aux Morts, une plaque sera officiellement appos\u00e9e sur l&rsquo;\u00e9cole Jean-Mac\u00e9, \u00e0 Brest, rappelant le souvenir de \u00ab Jean Mac\u00e9 (1815 -1894), fondateur de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ce sera ensuite la pr\u00e9paration plus pouss\u00e9e du Rassemblement de Beauregard, du 11 au 14 juillet, o\u00f9 30 jeunes finist\u00e9riens et finist\u00e9riennes seront pr\u00e9sents. Membres de nos Clubs de Jeunes, ils vivront le premier Rassemblement National de Jeunes, organis\u00e9 par la Ligue.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ainsi, toute la s\u00e9rie de manifestations que nous venons d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer, et qui se situent sur le plan f\u00e9d\u00e9ral, permettront d&rsquo;affirmer que le Finist\u00e8re aura rendu un bel hommage \u00e0 Jean Mac\u00e9, car nous sommes bien persuad\u00e9s que dans de nombreuses communes du d\u00e9partement, le souvenir du Fondateur de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement sera pr\u00e9sent.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Se servir des le\u00e7ons du pass\u00e9 pour mieux pr\u00e9parer l&rsquo;avenir et dans cet avenir faire \u00e0 la Jeunesse la place qu&rsquo;elle revendique.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Pour elle, des \u00e9coles en plus grand nombre, des ma\u00eetres qualifi\u00e9s mais aussi les moyens d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 une v\u00e9ritable culture.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Certes, la t\u00e2che est difficile. Le Pr\u00e9sident Henri Faure soulignait en ces termes les difficult\u00e9s \u00e0 un colloque organis\u00e9 par le groupe fran\u00e7ais d&rsquo;Education Nouvelle et la Soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise de P\u00e9dagogie :<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00ab Apprendre a un homme \u00e0 se m\u00e9fier des slogans, des formules toutes faites, des affiches, de tout ce que l&rsquo;on dit \u00e0 la radio, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, de tout ce que l&rsquo;on entend, de tout ce que l&rsquo;on voit au cin\u00e9ma ; lui apprendre \u00e0 se m\u00e9fier des mots \u00e0 majuscules, ces mots qui ont des galons auxquels leurs galons font dire autre chose que ce qu&rsquo;ils veulent dire ; c&rsquo;est cela, pour nous, l&rsquo;\u00e9ducation permanente \u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">T\u00e2che difficile, mais qui m\u00e9rite qu&rsquo;on lui consacre beaucoup d&rsquo;efforts.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Jean NEDELEC \u00a0\u00a0\u00a0<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Je tiens ici \u00e0 rendre un hommage particulier \u00e0 Jean Golgevit, qui dirigea, au Festival UFOLEAdu 21 mai \u00e0 la salle Cerdan, la chorale qu&rsquo;il venait de cr\u00e9er dans le d\u00e9partement. Pour la premi\u00e8re fois, la salle entendit la chanson de Jean Ferrat : \u00ab\u00a0Nuit et Brouillard\u00a0\u00bb, harmonis\u00e9e par notre ami. Les efforts de Jean Golgevit porteront leurs fruits puisque le chant choral s&rsquo;est particuli\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9 au sein de la FOL. Les chorales UFOLEA ont l&rsquo;occasion de d\u00e9montrer chaque ann\u00e9e leur vitalit\u00e9 et leur ma\u00eetrise.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Un rassemblement national des Clubs de Jeunes \u00e9tait pr\u00e9vu \u00e0 Beauregard dans la petite commune de Belleu, \u00e0 deux kilom\u00e8tres de Soissons dans l&rsquo;Aisne. Il eut lieu du 11 au 14 juillet 1966 et rassembla pendant quatre jours 2000 gar\u00e7ons et filles dans un vaste camp sous toile de trente-deux hectares. Ils \u00e9taient vingt-trois du Finist\u00e8re : de Brest -Lamb\u00e9zellec : Yannick Philippot, Monique Rohou, Edouard Rohou, de Brest-Saint-Marc : Luc Verveur, Maurice Verveur Jo\u00ebl Moal, Guy Moal, Michelle Calvez, Jacques Gl\u00e9varec, de Brest-Quatre-Moulins : Jean-Marie Merrand, Jean Forest, Maryvonne Bod\u00e9n\u00e8s, de Landr\u00e9varzec : Yves Le Moal, de Kern\u00e9vel-Le-Moustoir : Denis Flatr\u00e8s, de Pouidreuzic : Maurice Hamon, de Carantec :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Martin Corne, Bernard Tanguy, Roger Bernard, de Pont-de-Buis : Jean-Claude Boucher, de Quimper : Georges Charpentier, Denis Coroller, Annie Daniel, Mich\u00e8le Daniel.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Partie de Brest \u00e0 cinq heures du matin, cette \u00e9quipe arrivait \u00e0 Beauregard \u00e0 18h30, apr\u00e8s avoir compl\u00e9t\u00e9 le car avec vingt camarades des C\u00f4tes-du-Nord.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 charg\u00e9 par le service national de la Ligue de recevoir un certain nombre de personnalit\u00e9s que je mettais ensuite en relation avec les groupes diss\u00e9min\u00e9s dans le camp. Le vulcanologue Haroun Tazieff, le scientifique Jean Painlev\u00e9, le cin\u00e9aste Joris Ivens, l&rsquo;homme de th\u00e9\u00e2tre Gabriel Garrand et bien d&rsquo;autres, me dirent apr\u00e8s les discussions avec les jeunes, combien ils \u00e9taient satisfaits de cette exp\u00e9rience toute nouvelle pour eux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale qui suivit et qui avait lieu \u00e0 Paris, je fus charg\u00e9 de faire un rapport sur l&rsquo;exp\u00e9rience de Beauregard du 14 au 17 juillet :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0De Beauregard, o\u00f9 je viens de vivre quatre jours que je consid\u00e8re, personnellement, comme r\u00e9confortants pour l&rsquo;avenir de nos Clubs de Jeunes et de la Ligue, je voudrais vous parler \u00ab\u00a0sur le chaud\u00a0\u00bb, en particulier des \u00ab\u00a0contacts\u00a0\u00bb des jeunes, par groupes de quarante, avec des personnalit\u00e9s du monde des sciences, du th\u00e9\u00e2tre, du cin\u00e9ma, du sport, parce que c&rsquo;\u00e9tait ma responsabilit\u00e9 au rassemblement et parce que cela se place sur le vif dans le cadre de la question \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. ]&rsquo;ai vu Monsieur Haroun Tazieff, assis sur l&rsquo;herbe, parler des volcans qu&rsquo;il conna\u00eet bien&#8230; et pour cause ! Monsieur Jean Painlev\u00e9 debout, les manches retrouss\u00e9es, \u00e9voquer la vie des pieuvres et des cachalots, Monsieur Gabriel Garrand traiter de l&rsquo;exp\u00e9rience du th\u00e9\u00e2tre de la commune d&rsquo;Aubervilliers, Monsieur le Docteur Hammon, de l&rsquo;Institut Pasteur, des moustiques et de l&rsquo;\u00e9tude des virus et quantit\u00e9 d&rsquo;autres \u00ab\u00a0contacts\u00a0\u00bb, que je m&rsquo;excuse de ne pouvoir citer ici, faute de temps&#8230;\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;\u00e9tait le d\u00e9but de mon intervention \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"mili-recom\" id=\"mili-recom\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Des militants du Finist\u00e8re\u00a0r\u00e9compens\u00e9s<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 la fin de l&rsquo;ann\u00e9e du Centenaire, la ligue de l&rsquo;Enseignement avait d\u00e9cid\u00e9 d&rsquo;attribuer \u00e0 des militants chevronn\u00e9s une plaquette dite du Centenaire. A l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques, qui se tenait \u00e0 Quimper le dimanche 27 novembre 1966, le Pr\u00e9sident Albert Lucas allait donner lecture de la liste des Finist\u00e9riens et Finist\u00e9riennes \u00e0 qui la plaquette \u00e9tait attribu\u00e9e. Cela m\u00e9rite de les citer, m\u00eame si, h\u00e9las, beaucoup ont disparu depuis :<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Albert Arnaud, de Brest<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Mme Fran\u00e7ois Bosser, de Riec-sur-Belon<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Corentin Ca\u00ebr, de Morlaix<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Pierre Cloarec, de Quimper<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Pierre Colette, de Morlaix<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Fran\u00e7ois Collobert, de Pont-de-Buis<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Jean Corn\u00e9e (P\u00e8re), de Daoulas<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Thomas Donnard, de St-Gu\u00e9nol\u00e9-Penmarc&rsquo;h<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Charles Drapier, de Brest (\u00e0 titre posthume)<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Dr Ary Fichez, de Plougoulm<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Pierre Jakez Helias, de Quimper<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Fran\u00e7ois Herry, de Logonna-Daoulas<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Ren\u00e9 Illiou, I.D.E.N, de Brest<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Emile Lagathu, de Huelgoat<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Jean-D\u00e9sir\u00e9 Larnicol, de Treffiagat-Lechiagat<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Jean Le Gouill, de Brest<\/p>\n<p align=\"LEFT\">M elle Prigent, de Rosporden<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Yves Pouliquen, de Commana<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Tanguy Prigent, de St-Jean-du-Doigt<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Charles Ronel, de Quimper<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Th\u00e9n\u00e9nan Roump, de Brest<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Guillaume Saliou, de Landr\u00e9varzec<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Roger Sellier, de Brest<\/p>\n<p align=\"LEFT\">Charles Verveur, de Brest<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">\u00c0 l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale du Comit\u00e9 D&rsquo;action La\u00efque du 12 f\u00e9vrier 1967, qui allait \u00eatre la derni\u00e8re pour moi en tant que secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;organisation, Alfred Couic, ancien responsable du SNI et Vice-Pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques rappela la vie militante de Jean-D\u00e9sir\u00e9 Larnicol.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">En lui remettant la plaquette du Centenaire, Alfred Couic d\u00e9clara :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">\u00ab Jean-D\u00e9sir\u00e9 Larnicol est \u00e9lu Maire de sa commune de Treffiagat-L\u00e9chiagat, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 25 ans. Durant son mandat, l&rsquo;\u00c9cole maternelle de L\u00e9chiagat est cr\u00e9\u00e9e et de nouvelles classes pour les gar\u00e7ons sont construites.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">Suspendu par d\u00e9cret en 1939, il participe activement \u00e0 la R\u00e9sistance durant l&rsquo;Occupation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">\u00c0 la Lib\u00e9ration, en 1945, il est \u00e9lu Conseiller G\u00e9n\u00e9ral du canton de Pont-l&rsquo;Abb\u00e9, et, \u00e0 ce titre, intervient de multiples fois en faveur de l&rsquo;Ecole Publique et notamment pour la restauration des deux Ecoles Normales endommag\u00e9es par l&rsquo;occupation allemande. D\u00e8s la Lib\u00e9ration, il fonde avec quelques amis, l&rsquo;Amicale La\u00efque de L\u00e9chiagat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, nomm\u00e9 D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 Cantonal, il se voit d\u00e9sign\u00e9 Pr\u00e9sident de la D\u00e9l\u00e9gation de Pont-l&rsquo;Abb\u00e9. Membre du Conseil d&rsquo;Administration du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque, il succ\u00e8de \u00e0 Damalix \u00e0 la Pr\u00e9sidence, ce qui lui vaut aujourd&rsquo;hui encore de diriger les travaux de ce Congr\u00e8s. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">Tout le Congres, debout, applaudit longuement l&rsquo;hommage rendu \u00e0 son Pr\u00e9sident. En remerciant Alfred Couic, Jean-D\u00e9sir\u00e9 Larnicol \u00e9voque les raisons qui l&rsquo;ont, tout naturellement, men\u00e9 au combat la\u00efque, premier devoir d&rsquo;un homme libre. Il consid\u00e8re que cette Plaquette n&rsquo;est pas destin\u00e9e en d\u00e9finitive \u00e0 sa propre personne mais \u00e0 l&rsquo;ensemble du C.A.L. qui, aux c\u00f4t\u00e9s des autres organisations la\u00efques, poursuit la lutte de Jean Mac\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\" align=\"LEFT\">Pour clore ce chapitre sur mes responsabilit\u00e9s au Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, il me faut rappeler le souvenir de ceux qui m&rsquo;ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 : Alain Cariou, Louis Le Roux, Pierre Moalic et remercier ceux qui m&rsquo;ont aid\u00e9 dans cette t\u00e2che combien exaltante : Jean Kervision qui fut la \u00ab\u00a0cheville ouvri\u00e8re\u00a0\u00bb de notre journal \u00ab\u00a0L&rsquo;Action La\u00efque 29\u00a0\u00bb, Marcel Lucas, Herv\u00e9 Pennec, Andr\u00e9 Le Gall, Auguste Tanguy, Ren\u00e9 Dantec, Jean Bernard, Pierre Guyader, Jean Cornec (p\u00e8re), Charles Verveur, Marcel Vidroc&#8230; et bien d&rsquo;autres sans qui le combat men\u00e9 pour la d\u00e9fense et la promotion de la La\u00efcit\u00e9 n&rsquo;aurait pu avoir lieu avec l&rsquo;intensit\u00e9 qu&rsquo;il a connue.<\/p>\n<p align=\"LEFT\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"67-69-sec\" id=\"67-69-sec\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>1967 \u00e0 1979 &#8211;\u00a0Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques du Finist\u00e8re<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mon \u00e9lection en 1967 au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques \u00e9tait l&rsquo;aboutissement d&rsquo;une longue marche du plan local au plan d\u00e9partemental.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Conscient des responsabilit\u00e9s \u00e0 prendre au sein de cette F\u00e9d\u00e9ration, bien implant\u00e9e dans le d\u00e9partement, regroupant pr\u00e8s de trois cents associations locales, plus de vingt-quatre mille adh\u00e9rents en 1967, je succ\u00e9dais \u00e0 trois militants qui, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re, avaient contribu\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper l&rsquo;organisation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D&rsquo;abord Francis Madec, instituteur \u00e0 Landerneau, o\u00f9 est n\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration. Il est le b\u00e2tisseur, 26 ans de responsabilit\u00e9s de 1930 \u00e0 1956. Puis Louis Fontaine de 1956 \u00e0 1961, et Henri Labrousse de 1961 \u00e0 1967. Dans le m\u00eame temps, sept pr\u00e9sidents ont men\u00e9 la barque : Louis Le Quinquis de 1930 \u00e0 1932. Jean Julien de 1932 \u00e0 1939, Charles Drapier de 1945 \u00e0 1963, Louis Fontaine de 1963 \u00e0 1965, Albert Lucas de 1965 \u00e0 1971, Madeleine Porquet de 1971 \u00e0 1978, Andr\u00e9 Prat de 1978 \u00e0 1980.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"louis-le-q\" id=\"louis-le-q\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Louis Le Quinquis<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Louis Le Quinquis est n\u00e9 en 1880, dans le quartier de Recouvrance \u00e0 Brest. Issu d&rsquo;une famille modeste, \u00e0 force de travail et de pers\u00e9v\u00e9rance, il r\u00e9ussit \u00e0 se faire une situation importante : Agent technique de premi\u00e8re classe dans la Marine. Il avait particip\u00e9 de 1913 \u00e0 1917 \u00e0 des cours d&rsquo;adultes \u00e0 Saint-Pierre-Quilbignon en tant que professeur de g\u00e9om\u00e9trie.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tr\u00e8s jeune il se lan\u00e7a dans la politique, et en 1912, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 32 ans, il est conseiller municipal socialiste de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon. Le sport l&rsquo;attire et on le voit, d\u00e8s 1905, jouer au foot-ball sur la plaine de K\u00e9rangoff, ou entre les \u00ab\u00a0buttes\u00a0\u00bb du Polygone. Il sera un des cr\u00e9ateurs du stade quilbignonnais qui dispara\u00eetra en 1914 et continuera apr\u00e8s la guerre sous le nom de d&rsquo;Union Sportive Ouvri\u00e8re (U.S.O) qui deviendra l&rsquo;USOLQ (Union Sportive Ouvri\u00e8re La\u00efque Quilbignonnaise) et \u00e0 nouveau le Stade Quilbignonnais (section sportive du patronage la\u00efque Jean Le Gouill).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cependant, outre ses activit\u00e9s sportives comme dirigeant et arbitre, Louis Le Quinquis va consacrer son temps libre aux oeuvres p\u00e9ri- et post-scolaires avec son ami Jean Julien. Il sera un des cr\u00e9ateurs en 1912 de la Soci\u00e9t\u00e9 de Bienfaisance des \u00c9coles La\u00efques de Saint-Pierre-Quilbignon.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il entre au conseil d&rsquo;administration de cette soci\u00e9t\u00e9, la pr\u00e9sidence \u00e9tant confi\u00e9e \u00e0 Jean Julien. Apr\u00e8s la guerre 1914-1918, Louis le Quinquis prendra la direction du Patronage La\u00efque de Recouvrance, cr\u00e9\u00e9 en 1922. C&rsquo;est \u00e0 juste titre qu&rsquo;en 1930, lors de la cr\u00e9ation de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques, il est \u00e9lu Pr\u00e9sident, poste qu&rsquo;il occupera jusqu&rsquo;\u00e0 son d\u00e9c\u00e8s le 15 f\u00e9vrier 1932, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 52 ans.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"jean-julien\" id=\"jean-julien\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Jean Julien<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jean Julien est n\u00e9 le 3 f\u00e9vrier 1874 a Plon\u00e9our-Lanvern. Fils d&rsquo;une famille laborieuse, il fr\u00e9quente l&rsquo;Ecole Publique de sa commune natale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il entre \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Normale de Quimper et obtient son premier poste d&rsquo;instituteur public \u00e0 Quimperl\u00e9 en 1894. Il sera ensuite enseignant \u00e0 Landerneau en 1896 et finalement \u00e0 Brest en 1902, o\u00f9 il exercera \u00e0 l&rsquo;Ecole Publique de la rue Vauban, puis \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole de la Communaut\u00e9, dont il deviendra le directeur en fin de carri\u00e8re.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Il passera 26 ans de sa vie dans le quartier de Recouvrance et l\u00e0, outre son m\u00e9tier d&rsquo;enseignant, il participera activement \u00e0 la cr\u00e9ation des \u0153uvres qui aideront l&rsquo;\u00c9cole Publique \u00e0 mieux vivre. Avec Louis Le Quinquis, il sera \u00e0 la cr\u00e9ation de la Soci\u00e9t\u00e9 de Bienfaisance des \u00c9coles La\u00efques de Saint-Pierre-Quilbignon, dont il devient le Pr\u00e9sident. Se lan\u00e7ant dans la politique, il est \u00e9lu conseiller municipal de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon. A ce titre, il obtiendra la gratuit\u00e9 des fournitures pour les \u00e9l\u00e8ves des Ecoles Publiques et la cr\u00e9ation de cantines scolaires. \u00c0 sa retraite, en 1934, il devient conseiller g\u00e9n\u00e9ral socialiste du troisi\u00e8me canton.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1932, \u00e0 la mort de Louis Quinquis, il est \u00e9lu Pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques, poste qu&rsquo;il occupera jusqu&rsquo;en 1939. (J&rsquo;ai personnellement connu \u00ab\u00a0le p\u00e8re Julien\u00a0\u00bb comme on l&rsquo;appelait, ayant \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve de l&rsquo;\u00c9cole de la Communaut\u00e9 jusqu&rsquo;en 1931, date \u00e0 laquelle je passai l&rsquo;examen des Bourses avant d&rsquo;entrer au Lyc\u00e9e de Brest).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"mort-cd\" id=\"mort-cd\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>La mort de Charles Drapier<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est avec une grande douleur que tous les la\u00efques du Finist\u00e8re auront appris le d\u00e9c\u00e8s, survenu le vendredi 8 octobre, de Charles DRAPIER, pr\u00e9sident d&rsquo;honneur de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques du Finist\u00e8re et du Patronage La\u00efque de Recouvrance \u00e0 Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans une c\u00e9r\u00e9monie, pleine de dignit\u00e9 et d&rsquo;\u00e9motion, qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e le samedi 9 octobre dans l&rsquo;enceinte du P.L.R., des voix tr\u00e8s autoris\u00e9es dont celle de M. CHATENAY, Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie et Louis FONTAINE, du Conseil G\u00e9n\u00e9ral de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement ont rendu hommage \u00e0 l&rsquo;Enseignant et au Militant des \u0153uvres Post et P\u00e9ri Scolaires.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans ce premier num\u00e9ro de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire 1965-1966, qui s&rsquo;ouvre ainsi bien tristement, c&rsquo;est un des cr\u00e9ateurs du \u00ab Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re \u00bb que nous voulons saluer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Louis FONTAINE, dans un discours fun\u00e8bre d&rsquo;une grande \u00e9l\u00e9vation, a not\u00e9 \u00abqu&rsquo;issu d&rsquo;une famille du Nord, Charles DRAPIER, n&rsquo;en \u00e9tait pas moins un authentique Breton, n\u00e9 en pays bigouden (en 1890), ce qu&rsquo;il aimait \u00e0 rappeler sur le ton plaisant. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9cole primaire, il poursuivit ses \u00e9tudes au Coll\u00e8ge de Morlaix, puis \u00e0 l&rsquo;Ecole Normale de Quimper (promotion 1908-1911).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s un an d&rsquo;Enseignement, ce fut le service militaire, puis la grande guerre 1914-1918. \u00c0 la sortie de celle-ci, Charles DRAPIER est nomm\u00e9 \u00e0 Daoulas avec sa compagne, L\u00e9ontine DRAPIER-CADEC.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Puis ce fut le s\u00e9jour au hameau de Kervez en Lop\u00e9rec, chant\u00e9 par MmeDRAPIER dans un livre d\u00e9licieux \u00ab Kervez, ce Paradis \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1925, nous le trouvons \u00e0 Dirinon et enfin \u00e0 Brest (adjoint \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole Sanquer et Directeur \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole de la Communaut\u00e9).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Louis FONTAINE soulignait dans son \u00e9loge fun\u00e8bre que, Militant du Syndicat National des Instituteurs, du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque, puis de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres la\u00efques,<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Charles DRAPIER s&rsquo;\u00e9tait vou\u00e9 corps et \u00e2me \u00e0 la d\u00e9fense de l&rsquo;\u00c9cole La\u00efque, entreprenant par la plume et la parole, une v\u00e9ritable croisade. Pendant des ann\u00e9es, il parcourut inlassablement le d\u00e9partement, apportant ici le r\u00e9confort, redressant l\u00e0 tort et injustice, redout\u00e9 et respect\u00e9, homme s\u00fbr de lui parce qu&rsquo;il \u00e9tait s\u00fbr de la cause qu&rsquo;il d\u00e9fendait. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Parlant de ses activit\u00e9s au PL de Recouvrance, Louis FONTAINE note :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Chaque jour, quel que soit le temps, il traversait la Penfeld, remontait la rue Vauban pour venir s&rsquo;installer, dans son bureau v\u00e9tust\u00e9, souvent mal chauff\u00e9, \u00e0 une table bancale sur laquelle les papiers s&rsquo;amoncelaient. C&rsquo;est l\u00e0 que, peu \u00e0 peu, jour apr\u00e8s jour, il a \u00e9difi\u00e9 cet admirable ensemble qu&rsquo;il voulait encore parfaire et qui constitue d\u00e9j\u00e0 aujourd&rsquo;hui l&rsquo;un des plus beaux Foyers La\u00efques Culturels d&rsquo;\u00c9ducation Populaire de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres la\u00efques et de la Ligue Fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement. \u00ab\u00a0<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour \u00eatre complet, rappelons que Charles DRAPIER consacrait aussi une grande partie de son temps au Bureau d&rsquo;Aide Sociale, soucieux d&rsquo;aider ainsi les malheureux, les plus d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9s.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pour notre part, militants actuels du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque du Finist\u00e8re, nous n&rsquo;oublierons pas l&rsquo;un des fondateurs de notre organisation et du journal \u00ab La D\u00e9fense la\u00efque \u00bb d&rsquo;avant 1939.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous e\u00fbmes avec Charles DRAPIER de longues conversations sur nos conceptions de la lutte, qui se diff\u00e9renciaient parfois, mais se rejoignaient sur le fond.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Reprenant la conclusion de Louis FONTAINE, le samedi 9 octobre au P. L. de Recouvrance, nous dirons :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab Nous pleurons aujourd&rsquo;hui l&rsquo;ami disparu, le compagnon de lutte et de travail, qui fut pour nous un exemple et de qui nous \u00e9tions fiers. Nous en conserverons le souvenir vivace et nous n&rsquo;oublierons pas la le\u00e7on qu&rsquo;il nous a donn\u00e9e. \u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1794\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic28-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29.jpg\"><br \/>\n<img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1795\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic29-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"evolu-fol\" id=\"evolu-fol\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00c9volution de la F.O.L.<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Quand on examine de pr\u00e8s comment, en 1930, est n\u00e9e la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques, on constate que le noyau actif se concentre autour de la commune de Saint-Pierre-Quilbignon et du quartier de Recouvrance \u00e0 Brest. C&rsquo;est ainsi que les trois premiers pr\u00e9sidents : Louis Le Quinquis, Jean Julien, Charles Drapier sont militants de ces lieux. Ajoutons aussi des responsables du quartier de Saint-Marc, Messieurs Blaise et Le Guen du Patronage la\u00efque et un apport de la Caisse des \u00c9coles de Landerneau avec Francis Madec. D&rsquo;ailleurs, avant 1930, exactement en 1927, sur l&rsquo;initiative de Louis Le Quinquis, avait \u00e9t\u00e9 mis en place un embryon de F\u00e9d\u00e9ration avec quatre soci\u00e9t\u00e9s : le Soci\u00e9t\u00e9 de Bienfaisance de Saint-Pierre-Quilbignon, le Patronage La\u00efque de Recouvrance, la Maison du Peuple de Brest et la Caisse des Ecoles de Landerneau. En 1930, sur les quinze associations qui ont fond\u00e9 la FOL, huit \u00e9taient brestoises.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans l&rsquo;Histoire de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques que j&rsquo;ai r\u00e9dig\u00e9e pour ses 70 ans en l&rsquo;an 2000, j&rsquo;ai not\u00e9 beaucoup de faits significatifs de son engagement pour la d\u00e9fense et la promotion de l&rsquo;id\u00e9al la\u00efque, sa volont\u00e9 de rester fid\u00e8le aussi aux id\u00e9aux des R\u00e9volutionnaires de 1789. J&rsquo;en veux pour preuve 1e compte rendu paru en 1939 dans le num\u00e9ro 105 du journal \u00ab\u00a0La D\u00e9fense La\u00efque du Finist\u00e8re\u00a0\u00bb sur la pr\u00e9paration du Cent Cinquantenaire de la R\u00e9volution de 1789.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0La Ligne de l&rsquo;Enseignement \u00e0 laquelle appartient la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques du Finist\u00e8re, pr\u00e9sid\u00e9e par notre camarade Julien, conseiller g\u00e9n\u00e9ral de Brest, a d\u00e9cid\u00e9 de consacrer en 1939, les f\u00eates de la jeunesse qu&rsquo;elle organise chaque ann\u00e9e, au cent cinquanti\u00e8me anniversaire de la R\u00e9volution de 1789&#8230;<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Cette question a retenu l&rsquo;attention du Bureau au cours de la r\u00e9union du 19 f\u00e9vrier qui s&rsquo;est tenue \u00e0 Quimper&#8230; Nous avons tous pens\u00e9 que la F\u00eate comm\u00e9morative de la R\u00e9volution Fran\u00e7aise devait \u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9e au chef-lieu de d\u00e9partement et, d&rsquo;accord avec les instructions communiqu\u00e9es par la Ligue de l&rsquo;Enseignement, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 de demander \u00e0 monsieur le Pr\u00e9fet de recevoir une d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 ce sujet.<br \/>\nUne premi\u00e8re entrevue a eu lieu le 16 mars. La cr\u00e9ation d&rsquo;un Comit\u00e9 de Patronage et d&rsquo;un Comit\u00e9 d&rsquo;Action a \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9e, et Monsieur le Pr\u00e9fet a estim\u00e9 n\u00e9cessaire, avant de poursuivre l&rsquo;examen de cette affaire, de demander \u00e0 Paris des instructions compl\u00e9mentaires.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le compte rendu continuait :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0La f\u00eate du cent cinquantenaire de la R\u00e9volution doit \u00eatre c\u00e9l\u00e9br\u00e9e avec \u00e9clat et nous esp\u00e9rons que tous nos camarades voudront s&rsquo;associer \u00e0 cette importante manifestation.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s 150 ans, le privil\u00e8ge de l&rsquo;argent subsiste encore, la f\u00e9odalit\u00e9 des trusts a remplace la f\u00e9odalit\u00e9 seigneuriale, la libert\u00e9 est loin d&rsquo;\u00eatre compl\u00e8te dans notre d\u00e9mocratie o\u00f9 de nombreux p\u00e8res de famille, c\u00e9dant \u00e0 d&rsquo;intol\u00e9rables pressions, sont parfois oblig\u00e9s de retirer leurs enfants de l&rsquo;Ecole La\u00efque.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La grande Ligue R\u00e9publicaine que pr\u00e9side Victor Basch publie r\u00e9guli\u00e8rement, dans sa revue la manchette suivante :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Les droits de l&rsquo;homme sont-ils proclam\u00e9s ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; Oui<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; Sont-ils appliqu\u00e9s ?<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">&#8211; Non\u00a0\u00bb<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>\u00ab\u00a0Quant \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale, on l&rsquo;a vue \u00e0 plusieurs reprises tenue en \u00e9chec par les man\u0153uvres de la finance, dressant le Mur d&rsquo;Argent devant le Suffrage Universel.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Il faut donc continuer et d\u00e9velopper l&rsquo;oeuvre des grandes assembl\u00e9es de la R\u00e9volution.\u00a0\u00bb<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">N&rsquo;est-ce pas l\u00e0 un texte pr\u00e9monitoire, tout \u00e0 l&rsquo;honneur des dirigeants de l&rsquo;\u00e9poque de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques qui comptait, en 1939, cinquante soci\u00e9t\u00e9s affili\u00e9es avec cinq fanfares et cinq soci\u00e9t\u00e9s de gymnastique.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Comme d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9, de 1939 \u00e0 1945, la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques va conna\u00eetre des moments difficiles. Gr\u00e2ce aux efforts de Jean Debiesse, Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie et des militants, les activit\u00e9s vont reprendre, le r\u00e9seau des associations se reconstituer.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D\u00e8s ce moment, on compte 109 soci\u00e9t\u00e9s affili\u00e9es et 24.000 cartes en circulation. En se restructurant, la F\u00e9d\u00e9ration va repartir avec les sections comme elles existaient avant 1939 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">L&rsquo;UFOLEA (Union Fran\u00e7aise des \u0153uvres La\u00efques d&rsquo;Education Artistique) s&rsquo;installe \u00e0 Morlaix. \u00c0 Landerneau, c&rsquo;est l&rsquo;UFOCEL (Union Fran\u00e7aise des \u0153uvres du Cin\u00e9ma Educateur La\u00efque) avec Francis Madec autour du Family Cin\u00e9ma.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 Morlaix \u00e9galement, on trouve l&rsquo;UFOVAL (Union Fran\u00e7aise des \u0153uvres de Vacances La\u00efques), l&rsquo;UFOLEP (Union Fran\u00e7aise des \u0153uvres La\u00efques d&rsquo;Education Physique) et le CLAP (Centre La\u00efque d&rsquo;Aviation Populaire).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1949, la F\u00e9d\u00e9ration est dispers\u00e9e dans le d\u00e9partement. Le pr\u00e9sident Drapier est \u00e0 Brest et le si\u00e8ge social est \u00e0 son domicile, 36 rue de Siam, le Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral, Francis Madec et le tr\u00e9sorier Caugant \u00e0 Landerneau, l&rsquo;UFOLEA et l&rsquo;UFOLEP \u00e0 Morlaix, tandis que l&rsquo;UFOVAL a quitt\u00e9 cette ville en 1952 pour Quimper-Penhars, reprise en mains par un militant qui aura marqu\u00e9 la vie de la F\u00e9d\u00e9ration : Emile Gasnier. Il se r\u00e9v\u00e9lera un grand b\u00e2tisseur, un cr\u00e9ateur d&rsquo;oeuvres de vacances. En 1955, il propose l&rsquo;achat d&rsquo;une usine \u00e0 Audierne pour stocker le mat\u00e9riel de vacances, au Conseil d&rsquo;Administration du 7 d\u00e9cembre 1958, l&rsquo;achat d&rsquo;une propri\u00e9t\u00e9 dans l&rsquo;Ile des Chevaliers \u00e0 Pont-1&rsquo;Abb\u00e9 pour l&rsquo;installation d&rsquo;une colonie de vacances et des terrains ici et l\u00e0.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1955, la tr\u00e9sorerie quittera Landerneau pour Le Guilvinec o\u00f9 Jacques Morvan instituteur dans cette ville remplacera Caugant. Il sera tr\u00e9sorier de 1955 \u00e0 1957. Jean Morzadec, instituteur \u00e0 Brest, lui succ\u00e9dera de 1957 \u00e0 1965. Puis suivront comme tr\u00e9soriers Henri Sabatier, Francis Bodin, Paul Finot, Georges Levenez, Albert Rou\u00e9&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1965, Louis Fontaine (Directeur de l&rsquo;\u00c9cole Jean Mac\u00e9 et p\u00e8re de la chanteuse Brigitte Fontaine) remplace Francis Madec comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral. D&rsquo;une f\u00e9d\u00e9ration dispers\u00e9e dans le d\u00e9partement, c&rsquo;est une f\u00e9d\u00e9ration qui commence \u00e0 se regrouper sur Brest.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1961, un poste USEP (Union Sportive de l&rsquo;Enseignement Primaire) est install\u00e9 \u00e0 Morlaix pour seconder Yves Priser, responsable du secteur sportif.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est \u00e9galement en 1961 que la F\u00e9d\u00e9ration va enfin poss\u00e9der un si\u00e8ge social autre que le domicile du Pr\u00e9sident. Au Conseil d&rsquo;Administration du 24 septembre 1961, Louis Fontaine, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, propose la location d&rsquo;un appartement au num\u00e9ro huit de la rue Jean Mac\u00e9. Il habitait au rez-de-chauss\u00e9e de l&rsquo;immeuble. Ayant d\u00e9m\u00e9nag\u00e9 au premier \u00e9tage, son ancien appartement devenait disponible. Je me souviens \u00eatre all\u00e9 chercher des cartes conf\u00e9d\u00e9rales pour le Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins dans l&rsquo;appartement du rez-de-chauss\u00e9e o\u00f9 Louis Fontaine, d&rsquo;une \u00e9criture soign\u00e9e, vous d\u00e9livrait le mat\u00e9riel.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1964, le poste UFOLEA, bas\u00e9 \u00e0 Quimper, \u00e9tait transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Brest. Le processus de centralisation sur Brest continuait ; il se terminera en 1976. C&rsquo;est en 1965 que l&rsquo;UFOLEP quitte\u00a0Morlaix pour Brest, de m\u00eame que l&rsquo;USEP en 1969.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1961, Henri Labrousse, instituteur \u00e0 l&rsquo;Ecole Jean Mac\u00e9 est \u00e9lu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration. Il marque sa volont\u00e9 de continuer la centralisation sur Brest, dans le m\u00eame temps o\u00f9 il veut doter le si\u00e8ge social de moyens techniques : embauche d&rsquo;une employ\u00e9e secr\u00e9taire et achat d&rsquo;une ron\u00e9o \u00e9lectrique (Louis Fontaine \u0153uvrait sans ces moyens).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Apr\u00e8s mon \u00e9lection en 1967 au poste occup\u00e9 par Henri Labrousse, l&rsquo;effort de centralisation sera men\u00e9 \u00e0 son terme. Cependant le transfert du service Vacances de Quimper sur Brest ne se fera pas dans la facilit\u00e9. Un premier vote au Conseil d&rsquo;Administration du 18 avril 1970 s&rsquo;\u00e9tant r\u00e9v\u00e9l\u00e9 n\u00e9gatif : trois voix pour, onze voix contre, trois abstentions, ce n&rsquo;est qu&rsquo;au Conseil d&rsquo;Administration du 8 juin 1973 que le vote fut favorable: neuf voix pour, huit contre, une abstention.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le regroupement de tous les services sur Brest enfin men\u00e9 \u00e0 bon terme, il n&rsquo;\u00e9tait plus possible de demeurer au 8, rue Jean Mac\u00e9. Albert Lucas, Pr\u00e9sident, demanda l&rsquo;accord du Conseil d&rsquo;Administration du 7 juin 1969 pour la recherche d&rsquo;un nouveau si\u00e8ge sur Brest. Une commission \u00e9tait nomm\u00e9e pour cette recherche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Notre choix s&rsquo;est arr\u00eat\u00e9 sur une maison de la rue Dixmude. La propri\u00e9taire, veuve depuis peu de temps, \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 vendre. Nous lui avons rendu visite plusieurs fois et l&rsquo;accord fut conclu sur le prix de 135.000 F ce qui avec les frais de 13.200 F montait l&rsquo;achat \u00e0 148.000 F. La somme \u00e9tait pay\u00e9e comptant gr\u00e2ce \u00e0 un pr\u00eat \u00e0 court terme de la M.A.E. (Mutuelle Accidents \u00c9l\u00e8ves ) de 100.000 F, ceci gr\u00e2ce \u00e0 son Pr\u00e9sident Alain Jade, le solde \u00e9tant pris sur les r\u00e9serves de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Entre temps j&rsquo;avais obtenu un pr\u00eat de la Caisse d&rsquo;\u00c9pargne de Brest : pr\u00eat de 100.000 F en 5 ans au taux de 5,5 pour cent. II fallait, bien entendu, la garantie d&rsquo;une commune. La Mairie de Brest ayant oppos\u00e9 un premier refus, le Pr\u00e9sident Albert Lucas intervenant pr\u00e8s de monsieur Berest, adjoint de la Ville, r\u00e9ussit \u00e0 obtenir cette garantie. Le reste du dossier suivit : subvention de la Caisse d&rsquo;Allocations Familiales, vente de l&rsquo;Usine d&rsquo;Audierne (le mat\u00e9riel vacances \u00e9tant rapatri\u00e9 dans un local que nous f\u00eemes construire sur la zone industrielle de Kergaradec \u00e0 Brest).<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 la t\u00eate de la F\u00e9d\u00e9ration depuis 1967, ce fut l\u00e0 une de mes plus grandes r\u00e9ussites, d&rsquo;autant plus que derri\u00e8re cette maison existait un grand terrain o\u00f9 furent \u00e9difi\u00e9s des locaux neufs o\u00f9 aujourd&rsquo;hui fonctionnent dans de bonnes conditions les diff\u00e9rents services de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le centre F\u00e9d\u00e9ral sera inaugur\u00e9 en 1976, en pr\u00e9sence de Jean Debiesse, pr\u00e9sident de la Ligue de l&rsquo;Enseignement.<\/p>\n<p align=\"CENTER\">SAMEDI 6 DECEMBRE 1976<br \/>\n<b>INAUGURATION DU CENTRE F\u00c9D\u00c9RAL<\/b><br \/>\nUN TOURNANT DE LA F.O.L.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le Samedi 6 d\u00e9cembre \u00e9tait le jour fix\u00e9 pour l&rsquo;inauguration du Centre f\u00e9d\u00e9ral de la rue Dixmude \u00e0 Brest. Nombreux \u00e9taient les invit\u00e9s qui ont pu dans un premier temps visiter les locaux mis \u00e0 la disposition des animateurs et des employ\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Chacun a pu appr\u00e9cier l&rsquo;agencement tr\u00e8s fonctionnel des bureaux, la qualit\u00e9 de l&rsquo;accueil r\u00e9serv\u00e9 aux usagers, notamment du service vacances. Un vaste sous-sol permet de ranger le mat\u00e9riel l\u00e9ger, tandis que le mat\u00e9riel lourd est emmagasin\u00e9 dans l&rsquo;entrep\u00f4t neuf de la zone industrielle de Kergaradec : entrep\u00f4t de 500 m2 termin\u00e9 \u00e9galement avant l&rsquo;inauguration.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Dans un deuxi\u00e8me temps, une r\u00e9ception \u00e9tait organis\u00e9e au lyc\u00e9e de Saint-Marc, tout proche, mis aimablement \u00e0 notre disposition par le Proviseur de l&rsquo;\u00e9tablissement.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Plac\u00e9 sous la pr\u00e9sidence de Monsieur Jean Debiesse, ancien inspecteur d&rsquo;acad\u00e9mie du Finist\u00e8re &#8211; en 1945 &#8211; et actuel pr\u00e9sident de la Ligue fran\u00e7aise de l&rsquo;Enseignement et de l&rsquo;\u00c9ducation permanente, cette r\u00e9ception fut marqu\u00e9e par un certain nombre d&rsquo;interventions : celles du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F.O.L., Jean N\u00e9d\u00e9lec, qui fit un bref raccourci du d\u00e9veloppement de la F\u00e9d\u00e9ration depuis ce jour du 11 mai 1930 o\u00f9 elle vit le jour \u00e0 Landerneau. Il n&rsquo;oublia pas de rappeler le souvenir de quelques militants disparus depuis : Charles Drapier, Francis Madec, Louis Fontaine, Henri Labrousse, Paul Finot.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">M. Morel, inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie du Finist\u00e8re, tint \u00e0 souligner tout l&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;il portait aux activit\u00e9s de la F.O.L. et \u00e0 ses r\u00e9alisations comme ce Centre f\u00e9d\u00e9ral et bient\u00f4t le Centre de Nature de l&rsquo;Ile des Chevaliers.<br \/>\nM. Debiesse, apr\u00e8s avoir rappel\u00e9 quelques souvenirs de son passage dans le Finist\u00e8re en 1945-1946 \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 il fallait tout reb\u00e2tir, a \u00e9voqu\u00e9 un certain nombre de probl\u00e8mes scientifiques du monde moderne. Chacun sentait que c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;ancien directeur du Centre de Saclay qui tenait \u00e0 fournir \u00e0 l&rsquo;auditoire des r\u00e9flexions personnelles sur ce monde \u00e9voluant de plus en plus vite.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Il revenait \u00e0 la pr\u00e9sidente de la F.O.L., Madeleine Porquet, d&rsquo;analyser le sens profond de cette importante journ\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Apr\u00e8s avoir remerci\u00e9 les personnalit\u00e9s pr\u00e9sentes et excus\u00e9 beaucoup d&rsquo;autres, elle tint \u00e0 souligner la pr\u00e9sence, outre le pr\u00e9sident de la Ligue : de Paul Liot, pr\u00e9sident de la F.O.L. du Calvados et vice-pr\u00e9sident de la Ligue ; de Roger Le Coz, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F.O.L. de la Manche et membre du C.A. de la Ligue ; de Herv\u00e9 Le Berre, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F.O.L. du Calvados ; de Jean Gaillard, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 r\u00e9gional de la Ligue ; de M.M. Courtillon et Bigot, directeur et directeur-adjoint du cin\u00e9ma de Rennes.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Elle remercia \u00e9galement les organisations ou collectivit\u00e9s qui ont aid\u00e9 la F.O.L. pour ces deux r\u00e9alisations : la Caisse d&rsquo;\u00c9pargne de Brest, la municipalit\u00e9 qui a couvert l&#8217;emprunt de la Caisse d&rsquo;Epargne (M. B\u00e9rest, maire de Brest, \u00e9tait pr\u00e9sent \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie), la Caisse d&rsquo;allocations familiales du Nord-Finist\u00e8re, le Conseil g\u00e9n\u00e9ral, la M.A.E., la Ligue de l&rsquo;Enseignement.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Puis Madeleine Porquet poursuit :<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">NOS FINALIT\u00c9S<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Nous sommes un mouvement d&rsquo;\u00e9ducation la\u00efque, non pas neutre, mais r\u00e9solument engag\u00e9 dans le combat pour assurer \u00e0 tous les hommes l&rsquo;\u00e9panouissement le plus large possible, un mouvement ouvert \u00e0 tous les enfants qui deviendront les hommes nouveaux de demain.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Et je donnerai pour preuve de cette ouverture l&rsquo;accueil fait \u00e0 tous les enfants, quelle que soit l&rsquo;\u00e9cole qu&rsquo;ils fr\u00e9quentent, dans nos patronages, nos foyers, nos oeuvres de vacances.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">L&rsquo;action de nos services est orient\u00e9e par la ligne politique de la Ligue qui s&rsquo;\u00e9labore et se d\u00e9finit dans nos congr\u00e8s et nos assembl\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Si pendant longtemps cette ligne est rest\u00e9e un peu floue, ax\u00e9e surtout sur le d\u00e9sir de justice sociale, de respect des libert\u00e9s individuelles et collectives, de refus de toute s\u00e9gr\u00e9gation, elle vient, au congr\u00e8s de N\u00eemes en juillet 1975, de se pr\u00e9ciser et de s&rsquo;engager r\u00e9solument par, je cite,<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">&#8211; \u00a0\u00bb la condamnation de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste dans laquelle nous vivons, par la remise en question de notre vie tout enti\u00e8re, de cette vie en miettes, dans la dispersion, avec des temps de vie s\u00e9par\u00e9s, sans lien, sans unit\u00e9 profonde, sans responsabilit\u00e9 ni d\u00e9cision personnelle consciente, sans v\u00e9ritable adh\u00e9sion, sans solidarit\u00e9. La Ligue doit r\u00e9pondre aux aspirations des travailleurs en lutte pour l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de type socialiste ou les hommes seront responsables et gestionnaires de leurs entreprises, de leurs unit\u00e9s de production, de leurs loisirs. Elle le fera en visant \u00e0 la formation de l&rsquo;homme responsable de lui-m\u00eame et du monde dans lequel il s&rsquo;ins\u00e8re, c&rsquo;est-\u00e0-dire capable de se situer dans ce monde et d&rsquo;agir sur lui, de l&rsquo;homme solidaire des autres, de l&rsquo;homme fraternel et cr\u00e9atif qui construira la soci\u00e9t\u00e9 de demain. Ce combat n&rsquo;est-ce pas celui de la qu\u00eate du bonheur pour tous dont Saint-Just disait en 1793 qu&rsquo;il \u00e9tait \u00ab une id\u00e9e neuve \u00bb dans le monde.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Un bonheur qui passe par une prise en charge par chacun, enfant et travailleur, non seulement de sa propre vie, mais de celle de son milieu naturel et social.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Et par la protection de ce milieu menac\u00e9 par les entreprises priv\u00e9es \u00e0 la recherche du profit.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Jouirons-nous encore longtemps, en Finist\u00e8re, si nous n&rsquo;y prenons pas garde, de c\u00f4tes encore intactes, de bois et de sentiers propices aux promenades p\u00e9destres ou \u00e9questres, des fruits de la mer, de la lumi\u00e8re de nos ciels, de la profondeur de nos silences marins ? La lutte contre la pollution, contre l&rsquo;implantation de centrales nucl\u00e9aires sur nos c\u00f4tes, la d\u00e9fense du droit de chacun \u00e0 l&rsquo;environnement, celle de la langue et de la culture bretonnes, l&rsquo;information sur les probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux, l&rsquo;aide aux immigr\u00e9s, l&rsquo;accueil d&rsquo;\u00e9tudiants \u00e9trangers, telles sont quelques-une de nos pistes de travail et de r\u00e9flexion.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Notre ambition : devenir un v\u00e9ritable lieu de vie, de rencontres, de combat, de recherches, d&rsquo;information, de r\u00e9flexion, d&rsquo;amiti\u00e9, d&rsquo;exp\u00e9riences cr\u00e9atrices pour les enfants, les femmes et les hommes d\u00e9sireux de changer la vie, de l&rsquo;\u00e9clairer enfin de la lumi\u00e8re nouvelle du bonheur pour tous.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Alors nous pourrons mesurer le chemin parcouru de Saint-Just \u00e0 Paul \u00c9luard, du visionnaire au po\u00e8te et redire avec celui-ci : \u00ab il ne faut pas de tout pour faire un monde, il faut du bonheur et c&rsquo;est tout.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"ag-carx\" id=\"ag-carx\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Carhaix,\u00a0le 3 d\u00e9cembre 1967<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0C&rsquo;est la premi\u00e8re Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 laquelle je pr\u00e9sentai un rapport d&rsquo;activit\u00e9s. Sous la banderole pr\u00e9par\u00e9e par nos amis cheminots de Carhaix, on pouvait lire :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00ab\u00a0Ensemble, Gagnons la Bataille de l&rsquo;\u00c9ducation Permanente\u00a0\u00bb. Dans mon intervention je remerciai Henri Labrousse, mon pr\u00e9d\u00e9cesseur, pour les ann\u00e9es pass\u00e9es au service de la F\u00e9d\u00e9ration. Jean Kervision rappela les liens \u00e9troits qui unissaient le Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque et la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques (tous deux \u00e9manations des Amicales et Patronages La\u00efques), et \u00e9voqua le succ\u00e8s de la manifestation du 22 octobre 1967 \u00e0 Brest, avec la participation de Jean Cornec fils. Il me remercia pour le travail fourni au Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque comme secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le m\u00eame jour, se tenait \u00e0 Carhaix une r\u00e9union trimestrielle de travail des chorales UPOLEA sous la direction de Jean Golgevit. Des cars avaient d\u00e9vers\u00e9 dans la ville, le matin, environ 400 gar\u00e7ons et filles venus de Brest, Quimper, Plougasnou, Daoulas etc.. \u00c0 nouveau, Nuit et Brouillard de Jean Ferrat, se fit entendre avec beaucoup d&rsquo;\u00e9motion. Le Pr\u00e9sident Lucas, tint \u00e0 f\u00e9liciter Jean Golgevit et les chorales UFOLEA.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous avons parl\u00e9 de la paix (allusion \u00e0 une partie de mon rapport o\u00f9 je parlais du conflit en Indochine), ils ont chant\u00e9 la Paix, \u00e9voquant le premier canon chant\u00e9 \u00ab\u00a0Le Temps Viendra\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">De 1967 \u00e0 1979, j&rsquo;allais devenir disponible pour accomplir la t\u00e2che de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques, et le travail n&rsquo;allait pas manquer, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 R\u00e9gional \u00e0 la Formation des cadres pour l&rsquo;organisation des stages r\u00e9gionaux, je prenais pour quelques temps la Fonction de D\u00e9l\u00e9gu\u00e9 R\u00e9gional de la Ligue de l&rsquo;Enseignement, avant d&rsquo;\u00eatre remplac\u00e9 par Jean Gaillard, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques des C\u00f4tes-du-Nord. Tout cela allait m&rsquo;occasionner de nombreux d\u00e9placements \u00e0 Paris et \u00e0 travers la France, lors des Assembl\u00e9es G\u00e9n\u00e9rales et Congr\u00e8s de la Ligue de l&rsquo;Enseignement. Une des premi\u00e8res mesures adopt\u00e9es, lors du Conseil d&rsquo;Administration du 27 janvier 1968, fut de r\u00e9tablir le titre du journal l&rsquo;Action La\u00efque, \u00ab\u00a0organe du Comit\u00e9 d&rsquo;Action La\u00efque et de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques\u00a0\u00bb. Cette derni\u00e8re partie ayant \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e en 1958, a la demande de Charles Drapier, alors Pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration. Le journal \u00e9tait devenu une revue r\u00e9gionale \u00e9dit\u00e9e chaque mois par les F\u00e9d\u00e9rations du Finist\u00e8re des C\u00f4tes-du-Nord et de l&rsquo;Ille-et-Vilaine. Il y avait une partie g\u00e9n\u00e9rale pour les trois d\u00e9partements et un cahier sp\u00e9cial pour chacun d&rsquo;en- tre eux.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La proposition du Bureau de la FOL de redonner au journal le sous-titre d&rsquo;avant 1958 fut adopt\u00e9e \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 par le conseil d&rsquo;administration.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"m-68\" id=\"m-68\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Mai 1968<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En cette ann\u00e9e 1968, la situation politique allait s&rsquo;alourdissant et, en mai, allait \u00e9clater la col\u00e8re des Fran\u00e7ais contre un Pouvoir rejet\u00e9 par une grande partie de la Population. La F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques n&rsquo;allait pas rester inactive, et elle joua son r\u00f4le dans ces journ\u00e9es mouvement\u00e9es.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Tous les jours, ou presque, se tenait le rassemblement des gr\u00e9vistes sur la place devant la Poste Centrale de Brest. La F\u00e9d\u00e9ration disposait de moyens sonores, ils furent mis \u00e0 la disposition des orateurs, les camarades de l&rsquo;EDF installant les haut-parleurs au sommet des poteaux \u00e9lectriques. Avec l&rsquo;estafette de la F\u00e9d\u00e9ration, Raymond Pouliquen, un de nos animateurs, partait en campagne pour chercher du ravitaillement pour alimenter les cantines scolaires. Il faut souligner le r\u00f4le de Madeleine Porquet, Inspectrice des \u00c9coles Maternelles, qui deviendra Pr\u00e9sidente de la FOL, en 1971, qui sera tr\u00e8s active pendant toute cette p\u00e9riode. Elle organisera, apr\u00e8s ces journ\u00e9es de mai 68, des classes de mer gratuites pour les enfants des gr\u00e9vistes \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;Ile des Chevaliers avec l&rsquo;aide de ses amis de Landerneau : monsieur et madame Coatan\u00e9a.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En mai 68, il m&rsquo;est arriv\u00e9 une dr\u00f4le d&rsquo;aventure : je n&rsquo;avais plus de permis de conduire.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En 1967, alors que j&rsquo;\u00e9tais d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 UFOLEA, je m&rsquo;\u00e9tais rendu \u00e0 Rennes avec Yvonne Le Cann, animatrice \u00e0 la FOL, pour le vernissage d&rsquo;une exposition r\u00e9gionale de peinture, pr\u00e9vue \u00e0 17 heures. Partis relativement tard de Brest, nous roulions \u00e0 vive allure, dans le brouillard. Finissant de doubler un camion en haut d&rsquo;une c\u00f4te et suivi depuis un certain temps par une voiture de gendarmerie, le PV \u00e9tait in\u00e9vitable. La suite ? Ce fut une convocation au Tribunal de Rennes. J&rsquo;y suis all\u00e9 parce que le m\u00eame jour j&rsquo;\u00e9tais convoqu\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union du Conseil d&rsquo;Administration de l&rsquo;OROLEIS (Office R\u00e9gional des \u0153uvres La\u00efques d&rsquo;\u00c9ducation par l&rsquo;Image et le Son). Je quittais cette assembl\u00e9e pour me pr\u00e9senter devant le juge. N&rsquo;ayant pas d&rsquo;avocat, l&rsquo;affaire fut vite r\u00e9gl\u00e9e : amende et suspension du permis de conduire pour un mois.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1796\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic30-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a> <a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1797\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic31-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le plus dr\u00f4le, c&rsquo;est au d\u00e9but du mois de mai que les gendarmes vinrent m&rsquo;enlever mon permis. Heureusement, mon ami Raymond Pouliquen, celui qui conduisait l&rsquo;estafette de la F\u00e9d\u00e9ration, me pr\u00eata un solex, ce qui me permit de circuler dans les rues de la ville et en particulier de naviguer, aux derniers jours du conflit, entre les deux d\u00e9fil\u00e9s pour \u00e9viter qu&rsquo;ils ne se rencontrent. Le cort\u00e8ge des partisans du G\u00e9n\u00e9ral De Gaulle, descendait pr\u00e8s de la Poste, le n\u00f4tre \u00e9tant arr\u00eat\u00e9 au niveau du bas de la rue Jean Jaur\u00e8s. Faisant la navette entre les deux, je pus signaler le moment o\u00f9 nous pouvions reprendre notre marche.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">1968 fut d\u00e9cid\u00e9ment riche en rebondissements, ce devait \u00eatre l&rsquo;ann\u00e9e de le F\u00eate F\u00e9d\u00e9rale, pr\u00e9vue \u00e0 Morlaix. Je m&rsquo;\u00e9tais donc rendu a l&rsquo;Ecole Gambetta de cette ville, pour la pr\u00e9paration de cette manifestation qui rassemblait chaque ann\u00e9e Ecoles Publiques et associations La\u00efques. Il y avait l\u00e0 les directeurs et directrices des Ecoles de la circonscription avec l&rsquo;Inspecteur de l&rsquo;Enseignement. La premi\u00e8re partie de la r\u00e9union se passa dans un brouhaha continuel, les enseignants pr\u00e9sents \u00e9coutant si peu leur inspecteur. Quand ce dernier me passa la parole, je commen\u00e7ai par ne rien dire, ce qui ramena le calme (vieille m\u00e9thode p\u00e9dagogique) et je pus expliquer dans le silence le programme de la f\u00eate.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mais cette f\u00eate n&rsquo;eut pas lieu pour cause de mai 68 !<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est alors que me revint en m\u00e9moire une id\u00e9e lanc\u00e9 par Charles Drapier et Jacques Kerhoas au Conseil d&rsquo;Administration de la F\u00e9d\u00e9ration du 24 septembre 1961 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un rassemblement la\u00efque dans le for\u00eat du Cranou.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Pourquoi ne pas remplacer la F\u00eate F\u00e9d\u00e9rale par ce rassemblement ? La femme de Charles Drapier \u00e9tait originaire d&rsquo;un lieu-dit, entre Le Faou et Rumengol, appel\u00e9 Pont De Bois, tout pr\u00e8s de la for\u00eat du Cranou. L\u00e9ontine Drapier-Cadec \u00e9tait connue dans le d\u00e9partement comme enseignante, mais surtout comme \u00e9crivain. D&rsquo;une plume alerte, elle avait \u00e9crit plusieurs ouvrages sur Kervez en Lop\u00e9rec, o\u00f9 elle avait enseign\u00e9 avec Charles (\u00ab\u00a0Kervez ce Paradis\u00a0\u00bb), sur Recouvrance, qu&rsquo;elle aimait beaucoup. Pour l&rsquo;Action La\u00efque 29, elle avait confi\u00e9 plusieurs contes : La Maison Rouge du Cranou, Gibraltar de Recouvrance et le dernier en date qu&rsquo;elle m&rsquo;avait remis lors d&rsquo;une visite que je lui avais rendue au 36 rue de Siam : Le Retour du Marin, paru dans le num\u00e9ro de novembre 1977 du journal, illustr\u00e9 par Georges N\u00e9d\u00e9lec, mon cousin germain.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Jacques Kerhoas, \u00e9tait natif du Faou, instituteur \u00e0 Daoulas et cr\u00e9ateur du Centre Nautique de Moulin-Mer et initiateur des classes de Mer avec Ren\u00e9 Le Corre qui fut \u00e0 un moment de sa carri\u00e8re, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 UFOLEP. Autant dire que le choix de la For\u00eat domaniale du Cranou comme lieu de rassemblement des la\u00efques du d\u00e9partement venait de militants connaissant bien le secteur.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">C&rsquo;est pourquoi le Bureau de la FOL ayant eu connaissance des projets de Charles Drapier et Jacques Kerhoas d\u00e9cida de lancer d\u00e8s 1968 la f\u00eate f\u00e9d\u00e9rale du Cranou. Et ce furent sept ann\u00e9es de retrouvailles pour les la\u00efques venus de tout le Finist\u00e8re, de 1968 \u00e0 1974.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"reu-sect\" id=\"reu-sect\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>Les r\u00e9unions de secteurs<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Parmi les r\u00e9unions auxquelles participe un secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques, les plus importantes sont certainement celles qui concernent le contact avec les militants de base. C&rsquo;est pourquoi la FOL du Finist\u00e8re d\u00e9cidait dans les ann\u00e9es 1973-1974 une s\u00e9rie de r\u00e9unions de secteurs qui allaient regrouper plus de 500 adh\u00e9rents ou autres militants la\u00efques venus de plus de 200 associations. Y particip\u00e8rent des membres du Conseil d&rsquo;Administration, des animateurs dont en particulier Jean-Pierre Le Gall, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 UFOLEP, qui fut pour moi d&rsquo;une aide pr\u00e9cieuse. Nous partions le soir de Brest pour parcourir le d\u00e9partement avec un document, un film mis \u00e0 notre disposition par la Ligue de l&rsquo;Enseignement : \u00ab\u00a0Le Temps des Questions\u00a0\u00bb, qui situait la place d&rsquo;une Amicale La\u00efque dans une soci\u00e9t\u00e9 en \u00e9volution et du r\u00f4le du b\u00e9n\u00e9volat. Ce pouvait \u00eatre aussi un montage audiovisuel r\u00e9alis\u00e9 par nous sur la F\u00e9d\u00e9ration et ses services. Jean-Pierre Le Gall durant les ann\u00e9es pass\u00e9es au service du sport dans le F\u00e9d\u00e9ration, par son contact avec les sections sportives aura fourni des bases solides pour l&rsquo;extension de l&rsquo;UFOLEP.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">En plus des r\u00e9unions de secteurs, stages et journ\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes \u00e9taient organis\u00e9s pour une meilleure connaissance de la vie f\u00e9d\u00e9rative : stage sur les probl\u00e8mes \u00e9conomiques en juin 1969 \u00e0 Tr\u00e9gunc, journ\u00e9es d&rsquo;\u00e9tudes d\u00e9partementales sur l&rsquo;action socioculturelle au centre nautique de Moulin-Mer les 10 et 11 novembre 1970, avec un repr\u00e9sentant de la Ligue de l&rsquo;Enseignement, Gilbert Th\u00e9venard&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">D&rsquo;autres batailles \u00e9taient men\u00e9es sur le plan scolaire pour la r\u00e9ouverture d&rsquo;Ecoles Publiques notamment dans le nord Finist\u00e8re. Il y eut d&rsquo;abord R\u00e9d\u00e9n\u00e9, dans le sud, puis Ploudalm\u00e9zeau, Plabennec, Plouguin, Bourg-Blanc, Locmaria-Plouzan\u00e9, Milizac et aussi la glorieuse histoire de Plogonnec qui valut \u00e0 notre Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie, monsieur Morel une chanson humoristique sur cette affaire, grav\u00e9e sur un disque, \u00e9dit\u00e9 par les soins de l&rsquo;\u0153uvre des Pupilles.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Je ne saurais oublier dans cette s\u00e9rie d&rsquo;activit\u00e9s auxquelles j&rsquo;ai particip\u00e9, les nombreux stages de \u00ab\u00a0restaurants d&rsquo;enfants\u00a0\u00bb organis\u00e9s par Andr\u00e9e et Pierre Decuq, Instituteurs \u00e0 N\u00e9vez. Ils ont form\u00e9 un grand nombre de cuisiniers, cuisini\u00e8res, g\u00e9rants de cantines scolaires. J&rsquo;ai assist\u00e9 \u00e0 plusieurs sessions de Formation, \u00e0 des Conf\u00e9rences sur la Di\u00e9t\u00e9tique et je puis certifier des efforts fournis par ces deux militants au service de la sant\u00e9 de nos enfants.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"en-souv\" id=\"en-souv\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>En souvenir<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Arriv\u00e9 \u00e0 ce point de mon parcours de militant, je ne puis conclure sans rappeler le souvenir des camarades disparus qui ont \u0153uvr\u00e9 avec moi pour le maintien et la progression de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques. J&rsquo;ai travaill\u00e9 avec deux pr\u00e9sidents, tous deux h\u00e9las disparus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Albert Lucas : \u00e0 la mort de Charles Drapier, dont il est question par ailleurs et apr\u00e8s le d\u00e9part de Louis Fontaine pour Paris, o\u00f9 il travaillera an Centre Conf\u00e9d\u00e9ral de 1967 \u00e0 1973 et o\u00f9 j&rsquo;aurai l&rsquo;occasion de le retrouver, Pierre H\u00e9naff recherchera un pr\u00e9sident issu de l&rsquo;Universit\u00e9 de Bretagne Occidentale, afin de donner avec juste raison, plus de poids \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration. Il obtient l&rsquo;accord d&rsquo;Albert Lucas, fils d&rsquo;instituteurs, qui se r\u00e9v\u00e9lera un pr\u00e9sident efficace. N\u00e9 \u00e0 Guilers, le 7 ao\u00fbt 1928, agr\u00e9g\u00e9 de l&rsquo;universit\u00e9, docteur es sciences, ma\u00eetre de conf\u00e9rences \u00e0 la Facult\u00e9 de sciences, il fut de tous les combats de la F\u00e9d\u00e9ration : mai 1968, Pr\u00e9sidence du meeting de la manifestation du 22 octobre 1967 \u00e0 Brest&#8230;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ardent d\u00e9fenseur de la Nature, dirigeant de la SEPNB (Soci\u00e9t\u00e9 pour l&rsquo;\u00c9tude et la Protection de la Nature en Bretagne), il fournira \u00e0 notre revue Action La\u00efque Bretagne, apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la pr\u00e9sidence de la FOL, deux articles sur la Nature et l&rsquo;Environnement.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Fauch\u00e9 en pleine force de l&rsquo;\u00e2ge, il repose au cimeti\u00e8re du Relecq-Kerhuon.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Madeleine Porquet : Inspectrice des Ecoles Maternelles, elle devient pr\u00e9sidente de la F\u00e9d\u00e9ration, apr\u00e8s le d\u00e9part d&rsquo;Albert Lucas. Amie intime d&rsquo;Elise et C\u00e9lestin Freinet, elle raconte dans un livre paru en 1981, \u00ab\u00a0Un Certain Go\u00fbt du Bonheur, sur Les Pas de Freinet\u00a0\u00bb, son parcours de militante. Elle y parle notamment de son action pour les cantines scolaires en mai 1968, de son exp\u00e9rience des classes de mer pour la petite enfance \u00e0 l&rsquo;Ile des Chevaliers. Son nom a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 une \u00e9cole maternelle de Brest. Pour des raisons de sant\u00e9, elle quittera la pr\u00e9sidence de la FOL et sera remplac\u00e9e par Andr\u00e9 Prat, responsable de l&rsquo;Amicale La\u00efque de Plouzan\u00e9.<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Le d\u00e9part de la Pr\u00e9sidente<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0Au d\u00e9but du Conseil F\u00e9d\u00e9ral, la lettre suivante a \u00e9t\u00e9 lue La pr\u00e9sidente, Madeleine Porquet y annonce son d\u00e9part pour raisons de sant\u00e9 :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Cher camarades.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Je vous prie de bien vouloir excuser mon absence au Conseil F\u00e9d\u00e9ral du 25 mars 1978. Des raisons de sant\u00e9 font qu&rsquo;il m&rsquo;est tr\u00e8s difficile d\u00e9sormais de participer aux activit\u00e9s de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Or je ne peux concevoir le r\u00f4le de pr\u00e9sidente que d&rsquo;une fa\u00e7on active.. C&rsquo;est pourquoi je vous remets ce soir mon mandat, devan\u00e7ant d&rsquo;un an l&rsquo;\u00e9ch\u00e9ance.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Je pense l&rsquo;avoir exerc\u00e9 pendant 7 ans aussi bien que je l&rsquo;ai pu et vous avoir aid\u00e9 \u00e0 faire de notre F\u00e9d\u00e9ration une \u0153uvre vivante active, au service des enfants et des adultes soucieux d&rsquo;une vie plus ouverte et meilleure pour tous. Notre f\u00e9d\u00e9ration est d\u00e9sormais bien implant\u00e9e \u00e0 Brest, \u00e0 Quimper et au Centre de Nature de l&rsquo;Ile des Chevaliers dont la r\u00e9alisation nous a donn\u00e9 \u00e0 la fois tant de travail et tant de joie.<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Je suis heureuse de savoir que. pour sa premi\u00e8re ann\u00e9e de fonctionemment, il tourne \u00e0 temps plein et apporte \u00e0 plusieurs centaines d&rsquo;enfants 15 jours de vie largement ouverte sur la mer, la nature et l&rsquo;amiti\u00e9. (La pr\u00e9sidente donne ensuite quelques id\u00e9es pour son remplacement et termine en souhaitant \u00e0 tous de longues ann\u00e9es de travail au service de la F\u00e9d\u00e9ration )<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><i>Madeleine PORQUET<\/i><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le Conseil F\u00e9d\u00e9ral tient \u00e0 adresser \u00e0 Madeleine Porquet qui n&rsquo;a pas m\u00e9nag\u00e9 sa peine \u00e0 la t\u00eate de la F.O.L., ses vifs remerciements pour avoir pris la direction \u00e0 un moment difficile. Tous les adh\u00e9rents de la F\u00e9d\u00e9ration lui souhaitent apr\u00e8s un moment de repos, de retrouver une bonne sant\u00e9.<\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\"><b>D\u00e9c\u00e8s de Mlle Madeleine Porquet,\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\"><b>ancienne inspectrice\u00a0<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><span style=\"font-size: small;\"><b>des \u00e9coles maternelles<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Mlle Madeleine Porquet, ancienne inspectrice des \u00e9coles maternelles \u00e0 Brest, vient de d\u00e9c\u00e9der au cours d&rsquo;un s\u00e9jour dans le sud de la France.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">N\u00e9e dans les corons du Nord, Mlle Porquet aura marqu\u00e9 son passage dans le Finist\u00e8re par son activit\u00e9 de p\u00e9dagogue et de militante la\u00efque. Elle d\u00e9buta en 1935 comme institutrice \u00e0 Masni\u00e8res, dans la r\u00e9gion de Cambrai. Marqu\u00e9e par la guerre 39-45, puisqu&rsquo;elle fut d\u00e9port\u00e9e en Allemagne, elle devient apr\u00e8s cette douloureuse p\u00e9riode inspectrice des \u00e9coles maternelles. Nomm\u00e9e dans le Finist\u00e8re en 1957, elle y exer\u00e7a ses fonctions jusqu&rsquo;en 1971. Elle travailla sans r\u00e9pit en faveur de la m\u00e9thode Freinet.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">En mai 1968, elle eut une attitude courageuse, se d\u00e9vouant sans compter pour l&rsquo;organisation des repas aux enfants de gr\u00e9vistes. Ayant \u00e9lu domicile \u00e0 Plougastel-Daoulas au village de Kerdraon-Vras, elle s&rsquo;\u00e9tait bien int\u00e9gr\u00e9e \u00e0 son pays d&rsquo;adoption.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Sa retraite, en 1971, n&rsquo;\u00e9tait pas synonyme d&rsquo;abandon. Elle fut \u00e9lue \u00e0 cette date pr\u00e9sidente de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres la\u00efques du Finist\u00e8re, responsabilit\u00e9 qu&rsquo;elle assuma jusqu&rsquo;en 1978. C&rsquo;est sous sa pr\u00e9sidence que furent men\u00e9s \u00e0 bien les travaux de r\u00e9novation du centre de la petite enfance de l&rsquo;Ile des Chevaliers \u00e0 Pont-1&rsquo;Abb\u00e9, projet qui lui tenait particuli\u00e8rement \u00e0 c\u0153ur. Ce centre accueille maintenant les \u00e9l\u00e8ves de la maternelle \u00e0 la classe de 3e et des colonies de vacances. Madeleine Porquet nous a laiss\u00e9 un ouvrage o\u00f9 elle a laiss\u00e9 parler son c\u0153ur : \u00ab Un certain go\u00fbt du bonheur \u00bb.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ses obs\u00e8ques ont eu lieu dans le Var, \u00e0 Gonfaron.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Francis Madec : Le 9 juillet 1971, on apprenait le d\u00e9c\u00e8s du premier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques, qui exer\u00e7a cette fonction de 1930 \u00e0 1956, soit pendant 26 ans. \u00c0 d\u00e9faut de pouvoir lui rendre hommage, \u00e0 l&rsquo;occasion de ses obs\u00e8ques, la FOL faisait para\u00eetre dans la presse le communiqu\u00e9 suivant :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">COMMUNIQU\u00c9<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">\u00c0 la suite du r\u00e9cent d\u00e9c\u00e8s \u00e0 Landerneau de M. Francis Madec, et malgr\u00e9 la retraite totale de la vie publique qu&rsquo;il avait choisie et le fait que ses obs\u00e8ques se soient d\u00e9roul\u00e9es dans la plus stricte intimit\u00e9, la F.O.L. du Finist\u00e8re tient \u00e0 rendre un dernier hommage \u00e0 celui qui, avec quelques autres pr\u00e9curseurs, dont Charles Drapier, l&rsquo;a cr\u00e9\u00e9e voil\u00e0 plus de quarante ans. Francis Madec a \u00e9t\u00e9 son premier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral et son animateur pendant plus de vingt ans.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le bureau f\u00e9d\u00e9ral tient en la circonstance \u00e0 rappeler l&rsquo;homme de c\u0153ur mais aussi l&rsquo;homme clairvovant et d&rsquo;action qui a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;origine de plusieurs cr\u00e9ations importantes dont notamment : l&rsquo;Office r\u00e9gional du Cin\u00e9ma \u00c9ducateur de Rennes (aujourd&rsquo;hui O.R.O.LE.I.S.) et, sur le plan national, de la soci\u00e9t\u00e9 Citevox dont la vocation est d&rsquo;aider les f\u00e9d\u00e9rations des \u0153uvres la\u00efques en faisant pour elles les op\u00e9rations \u00e0 aspect commercial que leurs statuts leur interdisent et qui sont n\u00e9anmoins indispensables a une politique culturelle coh\u00e9rente<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Le bureau f\u00e9d\u00e9ral s&rsquo;incline devant le militant dont le souvenir et l&rsquo;\u0153uvre sont, une g\u00e9n\u00e9ration plus tard, tr\u00e8s vivaces.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Autres disparus :<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Louis Fontaine, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 29 janvier 1974, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 67 ans. Il avait succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Francis Madec, avant de devenir pr\u00e9sident en 1963. De 1967 \u00e0 1973, il avait travaill\u00e9 au Centre Conf\u00e9d\u00e9ral \u00e0 Paris.<br \/>\nHenri Labrousse, disparu le 2 d\u00e9cembre 1974, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 62 ans. Il \u00e9tait \u00e9lu secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral en 1961. Venu du Bordelais, n\u00e9 \u00e0 Sainte-Foy-La-Grande, comme il aimait \u00e0 le rappeler, de son accent chantant, avec lequel il disait aux Parisiens : \u00ab Nous en Bretagne \u00bb.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Et puis notre regrett\u00e9 Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie de 1945 : Jean Debiesse, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en octobre 1978, Emile Gasnier, le b\u00e2tisseur de Centres de vacances, le 17 septembre 1978, Roger Sellier, le 28 janvier 1979.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"dc-rs\" id=\"dc-rs\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>D\u00c9C\u00c8S DE ROGER SELLIER<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Nous avons appris. !e 26 janvier 1979, le d\u00e9c\u00e8s de Roger Sellier. Enlev\u00e9 \u00e0 l&rsquo;affection des siens par une cruelle maladie, Roger avait jou\u00e9 dans notre F\u00e9d\u00e9ration un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant. Type parfait du b\u00e9n\u00e9vole ne mesurant ni son temps, ni sa peine, pendant plus de vingt ans il a anim\u00e9 la section C.L.A.P. (centre la\u00efque d&rsquo;aviation populaire). Professeur au C.E.T. du Bouguen, devenu ensuite C.E.T. Dupuy de Lome, notre regrett\u00e9 camarade passait de longues heures \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration et sur les terrains avec les clubs d&rsquo;a\u00e9romod\u00e9lisme.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Membre \u00e9lu du conseil d&rsquo;administration de 1966 \u00e0 1973, Roger Sellier avait abandonn\u00e9 ses fonctions lors de son d\u00e9part pour le Morbihan, \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une mutation qui le rapprochait de Quiberon o\u00f9 il d\u00e9veloppait \u00e9galement une grosse activit\u00e9 au sein de l&rsquo;A\u00e9ro-Club.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Dans le Finist\u00e8re Roger n&rsquo;avait pu voir l&rsquo;aboutissement d&rsquo;un projet qui lui tenait \u00e0 c\u0153ur : le Centre d&rsquo;aviation et de plein air du Menez Hom dont il \u00e9tait le promoteur mais qui rencontra des interdits venant du Minist\u00e8re de la Marine. C&rsquo;\u00e9tait en 1965.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Le samedi 27 janvier 1979, une foule nombreuse assistait aux obs\u00e8ques civiles de notre camarade. Une d\u00e9l\u00e9gation de la F.O.L. du Finist\u00e8re \u00e9tait pr\u00e9sente. Dernier hommage : un avion de l&rsquo;A\u00e9ro-Club de Quiberon tournoyait dans le ciel froid et triste de l&rsquo;hiver et saluait la d\u00e9pouille mortelle.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1798\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32.jpg\" alt=\"\" width=\"500\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32.jpg 500w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32-221x300.jpg 221w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32-250x340.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32-132x180.jpg 132w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/fic32-368x500.jpg 368w\" sizes=\"(max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/a><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"ag-li-79\" id=\"ag-li-79\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"LEFT\"><strong>Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale\u00a0de la Ligue Fran\u00e7aise de\u00a0l&rsquo;Enseignement et de l&rsquo;\u00c9ducation Permanente\u00a0du 2 au 7 juillet 1979<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Point final de cette aventure qui m&rsquo;a men\u00e9 pendant 60 ans des quais de la rivi\u00e8re du Faou au secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres La\u00efques du Finist\u00e8re, c&rsquo;est l&rsquo;organisation et le d\u00e9roulement de cette Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Cela faisait longtemps qu&rsquo;aux r\u00e9unions nationales de la Ligue, des Camarades bien intentionn\u00e9s me questionnaient : \u00ab quand irons-nous \u00e0 Brest pour l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale ? \u00bb Avant de prendre ma retraite d&rsquo;enseignant, avec mes 37 annuit\u00e9s et demie de service, j&rsquo;acceptais enfin de satisfaire \u00e0 leur demande.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Mes remerciements vont ici \u00e0 monsieur Monange, doyen de la Facult\u00e9 des Lettres, qui mit aimablement les locaux de la Facult\u00e9 des Lettres \u00e0 notre disposition. Les travaux se d\u00e9roul\u00e8rent dans d&rsquo;excellentes conditions. Entre temps, \u00e9tait intervenu un changement dans les responsabilit\u00e9s \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration. Un nouveau bureau avait \u00e9t\u00e9 \u00e9lu. Nicole Poulmarc&rsquo;h devenait secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale et j&rsquo;occupais le poste de vice-pr\u00e9sident.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">\u00c0 l&rsquo;ouverture d&rsquo;une Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale de la Ligue de l&rsquo;Enseignement, c&rsquo;est le pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration qui prononce le discours de bienvenue. Andr\u00e9 Prat me confia la t\u00e2che d&rsquo;accueillir les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s. Dans mon intervention, je parlais essentiellement des luttes men\u00e9es dans le d\u00e9partement pour la d\u00e9fense et la promotion des Ecoles Publiques, surtout dans le nord Finist\u00e8re, que nous \u00e9tions en train de reconqu\u00e9rir, et je citais l&rsquo;exemple de Plourin-Ploudalm\u00e9zeau, qui \u00e9tait de pleine actualit\u00e9.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Au lendemain de l&rsquo;Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale, c&rsquo;est une sortie \u00e0 Ouessant qui \u00e9tait organis\u00e9e. La travers\u00e9e se fit par un temps trop calme au dire de certains, mais un repas typiquement \u00eelien, au mouton d&rsquo;Ouessant avait \u00e9t\u00e9 concoct\u00e9 par le directeur de l&rsquo;\u00c9cole Publique, monsieur Normand.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"dep-retr\" id=\"dep-retr\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>D\u00e9part en retraite<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><b>Le (demi) d\u00e9part en retraite de M. Jean N\u00e9d\u00e9lec secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F.O.L.<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><b>\u00ab Comment imaginer Jean N\u00e9d\u00e9lec en retrait\u00e9, lui qui a manifest\u00e9 tant de vitalit\u00e9 pour l&rsquo;\u00e9cole publique, l&rsquo;action syndicale, les organisations la\u00efques ? \u00bb<\/b> s&rsquo;est exclam\u00e9 M. Maille, adjoint au maire, devant les nombreux amis et militants de l&rsquo;ancien secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0153uvres la\u00efques, r\u00e9unis mercredi soir, \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel de ville, pour lui t\u00e9moigner leurs sentiments \u00e0 l&rsquo;occasion de son d\u00e9part en retraite.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\"><b>\u00ab\u00a0II a toujours fait preuve d&rsquo;un grand esprit d&rsquo;ouverture, de tol\u00e9rance \u00bb<\/b>, \u00a0a dit encore M Maille <b>\u00ab\u00a0Nul ne saurait lui reprocher de s&rsquo;\u00eatre d\u00e9tourn\u00e9 de son action pour des int\u00e9r\u00eats partisans. \u00bb<\/b> Puis : <b>\u00ab Je suis persuad\u00e9 qu&rsquo;on le rencontrera encore partout o\u00f9 l&rsquo;on se bat pour la libert\u00e9 de l&rsquo;homme, sa prise de responsabilit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">S&rsquo;exprimant \u00e0 son tour, M. N\u00e9d\u00e9lec associa \u00e0 l&rsquo;hommage qu&rsquo;on lui rendait <b>\u00ab\u00a0les dirigeants, les \u00e9lus et les milliers de b\u00e9n\u00e9voles engag\u00e9s dans la m\u00eame action\u00a0\u00bb<\/b>. Il \u00e9voqua ensuite les d\u00e9buts <b>\u00ab\u00a0h\u00e9ro\u00efques de sa carri\u00e8re\u00a0\u00bb<\/b>, soulignant le pr\u00e9cieux concours d&rsquo;un inspecteur d&rsquo;acad\u00e9mie, M. Jean Debiesse, alors qu&rsquo;il faisait ses premiers pas de militant la\u00efc \u00e0 Collorec, au lendemain de la guerre, \u00e0 une p\u00e9riode particuli\u00e8rement tendue et l&rsquo;aide, plus tard, de M. Jean le Gouill, celui-ci l&rsquo;incitant \u00e0 entrer au conseil d&rsquo;administration de la F.O.L.. et \u00e0 prendre le poste de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Patronage des Quatre Moulins.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Ag\u00e9 de 59 ans, M. Jean N\u00e9d\u00e9lec est originaire du Faou mais a pass\u00e9 l&rsquo;essentiel de sa jeunesse \u00e0 Brest. Instituteur \u00e0 partir de 1939 il exer\u00e7a successivement \u00e0 Concarneau, au Tr\u00e9voux et \u00e0 Plogoff avant d&rsquo;\u00eatre mobilis\u00e9 (en 1940). Reprenant l&rsquo;enseignement en 1944, il eut un poste de suppl\u00e9ant \u00e0 Brest et fut \u00e9vacu\u00e9 avec ses \u00e9l\u00e8ves \u00e0 Landeleau. Plus tard il fut nomm\u00e9 \u00e0 Saint-Nic, Loqueffret, Collorec et, enfin, Brest, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole des Quatre-Moulins.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">A Collorec, il exer\u00e7a durant sept ans, de 1945 \u00e0 1952. Cette p\u00e9riode marqua ses d\u00e9buts de militant de la F.O.L. Il cr\u00e9a dans cette petite localit\u00e9 une Amicale la\u00efque dont le th\u00e9\u00e2tre \u00e9tait une des activit\u00e9s les plus appr\u00e9ci\u00e9es. Entre 53 et 63, il fut secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du patronage des Quatre-Moulins, de 60 \u00e0 67, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Comit\u00e9 d&rsquo;action la\u00efque du Finist\u00e8re, en 1963, on lui confia un poste d&rsquo;animateur \u00e0 l&rsquo;U.F.O.L.E.A. ; enfin quatre ans plus tard, il devint secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F.O.L..<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">M. N\u00e9d\u00e9lec n&rsquo;abandonne pas toutes activit\u00e9s. Vice-Pr\u00e9sident de la F.O.L. depuis la derni\u00e8re assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, il pr\u00e9side la commission culturelle du mouvement.<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: small;\">Son Successeur en tant que secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral est une femme de 32 ans, Mme Nicole Louarn, originaire du Relecq-Kerhuon. Elle a enseign\u00e9 \u00e0 partir de 1967 \u00e0 Landerneau, Guipavas, Coataudon, Brest et dans le Morbihan. Son dernier poste \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole primaire de Lamb\u00e9zellec. Elle est, depuis 1974, \u00e0 la disposition de la F.O.L., sp\u00e9cialement au service \u00ab Vacances \u00bb (U.F.O.V.A.L.).<\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">Ecrit \u00e0 82 ans, ce r\u00e9sum\u00e9 de ma vie militante m&rsquo;am\u00e8ne \u00e0 quelques r\u00e9flexions.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">La chance et le hasard vous conduisent \u00e0 un destin que vous ne pouviez imaginer. La chance : c&rsquo;est d&rsquo;avoir eu \u00e0 11 ans un \u00ab\u00a0mentor\u00a0\u00bb, qui vous fait d\u00e9couvrir ce qu&rsquo;il y a de beau dans la vie et vous pousse \u00e0 entamer une \u00e9ducation pour laquelle vous ne vous sentiez pas pr\u00e9dispos\u00e9. Le hasard : la guerre qui vous d\u00e9racine et vous transporte dans des lieux inconnus.<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\">J&rsquo;ai pris des responsabilit\u00e9s, je les ai assum\u00e9es de mon mieux, conscient d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 un maillon de la cha\u00eene de solidarit\u00e9 qui unit entre eux les femmes et les hommes de bonne volont\u00e9, d&rsquo;avoir apport\u00e9 ma pierre \u00e0 la construction d&rsquo;un monde meilleur, d&rsquo;une France La\u00efque, tol\u00e9rante, luttant contre le racisme, pour la paix dans le monde, essayant d&rsquo;\u00e9tablir une \u00e9galit\u00e9 des citoyens et des citoyennes en tous domaines, ce qui est h\u00e9las loin d&rsquo;\u00eatre r\u00e9alis\u00e9, mais pourquoi pas\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><span style=\"font-size: large;\"><b>VIVE L&rsquo;UTOPIE !<\/b><\/span><\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"medaille\" id=\"medaille\"><\/a>\n<hr \/>\n<h2 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>MEDAILLE D&rsquo;OR DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS<\/strong><\/h2>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p align=\"JUSTIFY\"><a href=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports.jpg\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1799\" src=\"http:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports.jpg\" alt=\"\" width=\"381\" height=\"680\" srcset=\"https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports.jpg 381w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports-168x300.jpg 168w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports-250x446.jpg 250w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports-101x180.jpg 101w, https:\/\/asvpnf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/02\/jsports-280x500.jpg 280w\" sizes=\"(max-width: 381px) 100vw, 381px\" \/><\/a><\/p>\n<hr \/>\n<hr \/>\n<h1 align=\"JUSTIFY\"><a class=\"wpsal-anchor\" name=\"sommaire\" id=\"sommaire\"><\/a><\/h1>\n<h1 style=\"text-align: center;\" align=\"JUSTIFY\"><strong>\u00a0SOMMAIRE<\/strong><\/h1>\n<p style=\"text-align: center;\">(cliquer sur le titre pour afficher l&rsquo;article)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"#petite enfance\"><strong>La petite enfance au Faou<\/strong><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a style=\"font-size: 1.5rem; line-height: 1.5;\" href=\"#recouvrance\">Enfance et adolescence \u00e0 Recouvrance<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#foi\">Perte de la foi catholique<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#guerre-scolaire\">Guerre scolaire d\u00e9j\u00e0<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a style=\"font-size: 1.5rem; line-height: 1.5;\" href=\"#annee-decisive\">1931 : Ann\u00e9e d\u00e9cisive<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a style=\"font-size: 1.5rem; line-height: 1.5;\" href=\"#apprentissage-musique\">Apprentissage de la Musique<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a style=\"font-size: 1.5rem; line-height: 1.5;\" href=\"#annees-de-lycee\">Les ann\u00e9es de lyc\u00e9e<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#front-populaire\">1936 : Le Front Populaire<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#accords-munich\">1938 : Les Accords de Munich<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#distribution-prix\">Distribution des prix<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#vie-lycee-brest\">Ma vie au Lyc\u00e9e de Brest<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#souvenirs-profs-lycee\">Souvenirs de quelques professeurs du lyc\u00e9e de Brest<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#entree-educ-nat\">Entr\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9ducation nationale<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#40-mobilisation\">Juin 1940 &#8211; Mobilisation<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#6-oct-40\">Dimanche 6 octobre 1940<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#7-oct-40\">Lundi 7 octobre 1940<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#passage-ligne\">Passage de la ligne de d\u00e9marcation<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#conclu-episode\">En guise de conclusion\u00a0sur cet \u00e9pisode de Simandre-sur-Suran<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#41-retour-brest\">Janvier 1941 : Retour \u00e0 Brest<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#42-nouveau-depart\">1942 &#8211; Nouveau d\u00e9part\u00a0dans l&rsquo;\u00c9ducation Nationale<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#43-bombardements\">1943 &#8211; Bombardements am\u00e9ricains<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#visite-gestapo\">Visite de la Gestapo<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#histoires-famille\">Histoires familiales<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#decouverte-radio\">D\u00e9couverte de la radio<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#nomin-landeleau\">D\u00e9part de Brest\u00a0et nomination \u00e0 Landeleau<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#faou-landeleau\">Trajet du Faou \u00e0 Landeleau<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#louis-qu\">Un personnage atypique :\u00a0Louis Quelfennec<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#vie-landel\">La vie \u00e0 Landeleau<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#new-famille\">Une nouvelle famille<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#etranger-mon-pays\">\u00c9tranger dans mon pays<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#mariage-guerre\">Le mariage pendant la guerre<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#reprise-st-nic\">Reprise de l&rsquo;enseignement \u00e0 Saint-Nic<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#vie-st-nic\">La vie \u00e0 Saint-Nic<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#contact-allemands\">Contacts avec les Allemands<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#entree-resistance\">1944 &#8211; Entr\u00e9e dans la R\u00e9sistance<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#classe-sauvage\">Une classe sauvage<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#sauve-aviat\">Sauvetage d&rsquo;un aviateur alli\u00e9<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#nomin-loqu\">Nomination \u00e0 Loqueffret<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#camp-erquy\">Au camp de prisonniers de guerre\u00a0allemands d&rsquo;Erquy<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#nomin-coll\">Nomination \u00e0 Collorec<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#collo\">Collorec (1945 \u00e0 1952)<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#ecole-filles\">L&rsquo;\u00c9cole des filles<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#ecole-gar\u00e7ons\">\u00c9cole de Gar\u00e7ons<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#ecole-privee\">L&rsquo;\u00e9cole priv\u00e9e catholique<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#progression\">Progression de l&rsquo;\u00c9cole Publique<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#adhesion-pcf\">L&rsquo;adh\u00e9sion au\u00a0Parti Communiste Fran\u00e7ais<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#reunion-mrp\">La r\u00e9union \u00e0 Collorec\u00a0de Monteil, d\u00e9put\u00e9 M.R.P.<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#morale-champ\">Le\u00e7on de morale dans un champ<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#breton-reunions\">Importance du breton\u00a0en r\u00e9union publique<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#amicale-laique\">Cr\u00e9ation de l&rsquo;Amicale La\u00efque<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#theatre-breton\">Th\u00e9\u00e2tre en breton<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#veillee\">Une veill\u00e9e \u00e0 Rosconval en Plouy\u00e9<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#u-s-co\">L&rsquo;Union Sportive de Collorec<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#abbe-dolou-rencontre\">Rencontre avec l&rsquo;abb\u00e9 Dolou<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#la-vie-scolaire\">La vie scolaire<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#eleve-inattendu\">Un \u00e9l\u00e8ve inattendu<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#morale-religion\">Morale et religion<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#tragique-accident\">Dimanche 10 septembre 1950 : Tragique accident<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#bal-cantine\">Le bal de la cantine<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#rencontre-debiesse\">Rencontre avec Jean Debiesse,\u00a0Inspecteur d&rsquo;Acad\u00e9mie<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#affrontement\">Affrontement\u00a0avec le Directeur de l&rsquo;Ecole Priv\u00e9e<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#retour-s-h\">Retour vers Saint-Herbot<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#inauguration-s-h\">L&rsquo;inauguration de l&rsquo;\u00c9cole Publique de Saint-Herbot<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#jean-debiesse-der\">Derni\u00e8res rencontres\u00a0avec Jean Debiesse<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#v-noct\">Des visites nocturnes<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#foyer\">Arriv\u00e9e dans notre foyer de Jean-Pierre et Yannick<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#progr-elec\">Progr\u00e8s \u00e9lectoraux<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#qqs-diff\">Quelques difficult\u00e9s<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#pb-parti\">Probl\u00e8mes au sein du Parti Communiste<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#act-synd\">Activit\u00e9s syndicales<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#fen-cgt\">1947 : cr\u00e9ation de la F.E.N.-C.G.T.<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#train-rat\u00e9\">Le train rat\u00e9 et ce qui s&rsquo;ensuivit<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#depart-col\">D\u00e9part de Collorec pour Brest<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#53-mvmt\">1953 : Une ann\u00e9e mouvement\u00e9e<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#aout-53\">Ao\u00fbt 1953\u00a0&#8211; Heureuse rencontre \u00e0 Kerlouan<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#54-arret\">1954 : Coup d&rsquo;arr\u00eat \u00e0 la FEN-CGT<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#paix-algerie\">Combattant de la paix :\u00a0La guerre d&rsquo;Alg\u00e9rie<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#un-mot-h\">Un mot d&rsquo;histoire<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#proces-h-m\">Proc\u00e8s Henri Martin<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#alg-1963\">Alg\u00e9rie : 1963<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#j-n-ecrit\">Jean NEDELEC nous \u00e9crit d&rsquo;Alg\u00e9rie&#8230;<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#gloire\">5 juillet 1830 &#8211; 5 juillet 1963 &#8211; GLOIRE \u00c0 NOS MARTYRS<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#lai\">La\u00efcit\u00e9 : Notre h\u00e9ritage<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#cond\">CONDORCET<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#v-h\">Victor Hugo<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#j-mace\">Jean Mac\u00e9<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#ep-comm\">L&rsquo;\u00e9pisode de la Commune de Paris<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#jules-f\">Jules Ferry<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#leon-g\">L\u00e9on Gambetta<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#emz\">Emile Zola<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#jean-jau\">Jean Jaur\u00e8s<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#prem-eng\">Premiers engagements dans le militantisme La\u00efque<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#prem-comb\">Premiers combats<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#1922-crea\">1922 : Cr\u00e9ation\u00a0d&rsquo;un Comit\u00e9 de D\u00e9fense La\u00efque<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#crea-fede\">1930 : Cr\u00e9ation\u00a0de la F\u00e9d\u00e9ration des \u0152uvres La\u00efques<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#sept-39\">Septembre 1939<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#renouv\">1945 : Le renouveau\u00a0du mouvement la\u00efque<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#48-entr\">1948 : Entr\u00e9e\u00a0dans les organisations la\u00efques<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#28sept58\">28 septembre 1958<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#manif-laiq\">26 octobre 1963 &#8211;\u00a0Manifestation la\u00efque \u00e0 Brest<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#der-ep\">Dernier EpisodeResponsabilit\u00e9s \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration des Oeuvres La\u00efques<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#4-moul\">Vie scolaire aux Quatre-Moulins<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#le-patr\">Le Patronage La\u00efque\u00a0de Saint-Pierre et des Quatre-Moulins<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#mes-acti\">Mes activit\u00e9s au Patronage La\u00efque de\u00a0Saint-Pierre et des Quatre-Moulins<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#1951-diff\">1951 : Difficult\u00e9s pour\u00a0le Patronage La\u00efque de Saint-Pierre et\u00a0des Quatre-Moulins<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#1961-elec\">1961 : Election au\u00a0Conseil d&rsquo;Administration de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#62-63-etranger\">1962 \u00e0 1963 &#8211;\u00a0Voyages \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#64-67-fol\">1964 \u00e0 1967 &#8211;\u00a0Responsable\u00a0du service culturel de la F.O.L.<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#exp-club\">Exp\u00e9rience des Clubs de Jeunes<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#beaure-66\">Beauregard 1966 : Une exp\u00e9rience enrichissante<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#mili-recom\">Des militants du Finist\u00e8re\u00a0r\u00e9compens\u00e9s<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#67-69-sec\">1967 \u00e0 1979 &#8211;\u00a0Secr\u00e9taire G\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration des oeuvres La\u00efques du Finist\u00e8re<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#louis-le-q\">Louis Le Quinquis<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#jean-julien\">Jean Julien<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#mort-cd\">La mort de Charles Drapier<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#evolu-fol\">\u00c9volution de la F.O.L.<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#ag-carx\">Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale \u00e0 Carhaix,\u00a0le 3 d\u00e9cembre 1967<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#m-68\">Mai 1968<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><a href=\"#reu-sect\">Les r\u00e9unions de secteurs<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"#en-souv\">En souvenir<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"#dc-rs\">D\u00c9C\u00c8S DE ROGER SELLIER<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"#ag-li-79\">Assembl\u00e9e G\u00e9n\u00e9rale\u00a0de la Ligue Fran\u00e7aise de\u00a0l&rsquo;Enseignement et de l&rsquo;\u00c9ducation Permanente\u00a0du 2 au 7 juillet 1979<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"#dep-retr\">D\u00e9part en retraite<\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong><a href=\"#medaille\">MEDAILLE D&rsquo;OR DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS<\/a><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CLIQUER ICI POUR ACCEDER AU SOMMAIRE _ La petite enfance au Faou &nbsp; Aussi loin que remonte ma m\u00e9moire, j&rsquo;ai des souvenirs qui se situent entre 1920 et 1924. Je suis n\u00e9 le premier mars 1920, dans la commune du <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/2018\/02\/02\/jean-nedelec-1920-1980-60-ans-de-vie-militante-dans-le-finistere\/\">En lire plus &#8230;<\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"spay_email":""},"categories":[10],"tags":[],"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1748"}],"collection":[{"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1748"}],"version-history":[{"count":25,"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1748\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1807,"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1748\/revisions\/1807"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1748"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1748"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/asvpnf.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1748"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}