Ferdinand Buisson , l’apôtre de la Laïcité et de l’Ecole laïque

« C’est bien de proclamer la République tous les quatre matins,  encore faut-il que nous devenions républicains dans notre comportement  moral »disait Ferdinand Buisson (1841-1932), grand oublié de notre histoire contemporaine  alors que ce père fondateur  de la laïcité et de l’école laïque a profondément marqué de son empreinte tant la deuxième moitié du 19è que la première du siècle suivant . Comment peut-on dès lors se contenter ,comme dans le Grand Larousse illustré (Edition Prestige, 2016), d’une quinzaine de mots de notre langue pour  rapporter sur  la vie et l’oeuvre de cet homme  illustre?               
 
          Normalien agrégé, philosophe, inspecteur général, plume de Jules Ferry, mais surtout directeur de l’enseignement primaire pendant dix-sept ans, inventeur de la laïcité, rédacteur des lois scolaires, artisan de la séparation de l’Église et de l’État, dreyfusard  fondateur de la Ligue des droits de l’homme. Parlementaire de la République, il prononça à la Chambre le premier discours en faveur du vote des femmes en 1910 . Il partagea le Prix Nobel de la Paix en 1927 avec le professeur allemand Ludwig Quidde . Il dédia cette distinction aux instituteurs et institutrices  de France pour qu’ils puissent œuvrer au rapprochement des peuples par l’éducation des enfants au sein de l’école laïque.  
 
          Sans conteste, Il fut le grand entrepreneur du chantier laïque de la Troisième République considérant  qu’un  peuple ne pouvait être  souverain que si le citoyen était  éclairé.
 
           Il rêvait d’une école où, à l’exemple de l’instituteur esprit libre répondrait en écho l’élève devenu lui aussi une individualité pensante et qui rayonnerait à son tour : « Va, petit missionnaire de l’école laïque, rapporte à tes parents tes cahiers, tes livres, tes images et les beaux récits d’histoire et de morale que tu auras entendus du maître »- écrivait-il !
 
          Dans ce contexte, il était opportun que ce site lui ouvre largement ses rubriques. Les visiteurs intéressés pourront ainsi   accéder successivement aux  fichiers  joints  en cliquant sur les 4 annonces suivantes :
 
                Document 1. Qui est Ferdinand Buisson ?,
 
                 Document 2 . Buisson Ferdinand;  biographie Maitron,
 
                 Document 3. Ferdinand Buisson par Ph. Meirieu,
 
                 Document 4. Cercle Ferdinand Buisson; conférence de Cl. Stora

L’ouverture du Premier Congrès Pédagogique des Instituteurs et Institutrices de France (1881).

Cet évènement fondateur eut lieu à Paris le 19 avril 1881; le discours d’ouverture étant  prononcé par Ferdinand Buisson, à l’époque Directeur de  l’Enseignement primaire  au Ministère de l’Instruction publique. C’est Jules Ferry qui le désigna pour accueillir les délégués venus de toute la France représenter leurs collègues . Plusieurs notes de ce site ont déjà fait mention des modalités de préparation de ce Congrès en Finistère.  
      Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant ici,  une transcription quasi complète  de ce discours retrouvé dans les archives de la BnF (Gallica).

Une lettre de Ferdinand Buisson à Victor Hugo sur la Laïcité (1869)

Quelques mois avant le 4 septembre 1870, date de proclamation de la  3è République par Gambetta  après le Second Empire, Ferdinand Buisson réfugié en Suisse sollicite  Victor Hugo lui aussi en exil. Il souhaite obtenir son soutien pour  combattre le cléricalisme catholique en France. Il s’agit d’unir leurs volontés et leurs forces pour créer une grande « entreprise » laïque et philosophique . Celle-ci  devra oeuvrer pour  faire oublier à jamais les rêves pieux du mysticisme,  pour  instaurer le régime de la liberté et obtenir la suppression du budget des prêtres  et la séparation de l’Etat des Eglises. 
       Cette demande donne lieu à une lettre  considérée comme décisive dans l’instauration de la laïcité dans notre pays. On sait, qu’après bien des vicissitudes, F. Buisson deviendra Inspecteur primaire  (Jules Simon étant ministre) , Inspecteur général et enfin  Directeur de l’Enseignement primaire au Ministère de l’Enseignement public , du temps de Jules Ferry.
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant successivement sur :
 
 
          Document 1 cliquer ici .  Quelques repères sur l’émergence du mot et du concept de laïcité         
 
        Document 2 cliquer ici .  La lettre de Ferdinand Buisson à Victor Hugo sur la Laïcité  (1869),  
 
                                 In:  www.persee.fr › doc › r1848_1155-8806_1938_num_35.

La Lettre de Jean Jaurès aux Instituteurs et Institutrices (1888)

Lors de l’hommage national rendu à Samuel Paty, assassiné le 16 octobre 2020, des extraits de la lettre de Jean Jaurès aux Instituteurs et Institutrices (1888) ont été lus . 
 
          Les  visiteurs  intéressés pourront consulter ,en cliquant ici, la lettre  écrite par J. Jaurès en 1888 alors qu’il n’avait  que 29 ans .Elle fut publiée dans la Dépêche de Toulouse du 15 janvier 1888.
 
        Il est rappelé que J.Jaurès, normalien  agrégé de philosophie, fut professeur  au lycée d’Albi. Il donna aussi  des cours à l’École normale d’instituteurs. Dès 1883, il fut chargé de cours à la faculté de Toulouse, fonctions qu’il dut quitter, étant devenu le plus jeune député de France en 1885. 
 
        C’était alors un admirateur de Jules Ferry et plus tard, devenu socialiste, il souligna toujours l’importance de son œuvre législative dans le domaine scolaire même s’il s’agissait, à ses yeux, d’une œuvre incomplète et paradoxale puisqu’elle ne  s’était pas accompagnée  pas de l’émancipation économique et sociale des classes populaires. 
 
       Jamais J. Jaurès n’oubliera ce qu’il doit à l’école et à ses professeurs, ni ses premières fonctions. Il se préoccupera toute sa vie durant de la transmission des savoirs et des passeurs de connaissances que sont les enseignant(e)s, tout en se  démarquant progressivement de Jules Ferry ( D’après Agnès  Sandras, BnF, Actualités, Billets, Billets d’histoire, Histoire contemporaine du 23 octobre 2020, In

La lettre « aux Instituteurs et Institutrices » de Jean Jaurès

histoirebnf.hypotheses.org › ..

Après le livre choc de J-P. OBIN (2020) sur les atteintes à la laïcité et l’entrée du communautarisme à l’école; refaire de l’école un sanctuaire !

Les visiteurs intéressés par – ou  engagés sur- ce champ d’action intangible   de notre école publique laïque et républicaine pourront revenir aux sources    en cliquant ici . Ils y trouveront  les circulaires de Jean ZAY fondatrices  à cet égard  et  diffusées en 1936 et 1937. Elles restent d’une parfaite actualité .  Ils pourront également se référer aux liens suivants pour se documenter  sur cette question:
 
1[http://jean%20zay%20%281904-1944%29%20:%20Circulaires%20de%201936%20%E2%80%93%201937%20…%0dwww.fnlp.fr%C2%A0%E2%80%BA%202007/11/24%20%E2%80%BA%20jean-zay-1904-1944-circul…%0d]Jean Zay (1904-1944) : Circulaires de 1936 – 1937 …
 
 
    A l’instar de ce ministre qui fut assassiné par la milice sous le « régime de Vichy », on soulignera ici que «  les écoles doivent rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas « . 

L’oeuvre pionnière du Baron Boullé, préfet du Finistère, dans la mise en application de la loi Guizot sur l’instruction primaire sous la Monarchie de Juillet(1830-1848).

Guizot promulgua, le 28 juin 1833, la première grande loi sur l’enseignement primaire public.Elle n’imposait ni la gratuité ni l’obligation, mais contraignait les collectivités à créer trois types d’établissement : une école primaire de garçons dans toutes les communes, une école primaire supérieure dans chaque chef-lieu de département ou dans chaque ville de plus de 6000 habitants et une école normale d’instituteurs dans chaque département…
 
      « Napoléon avait laissé la responsabilité de l’enseignement primaire aux Frères des Écoles chrétiennes » .  François Guizot,  faisant référence à ses origines protestantes et aux textes fondateurs des grands pédagogues protestants du 17è et du 18è siècles,  rendit possible un enseignement laïc en créant les Ecoles normales d’instituteurs… 
      Le cheminement, laborieux  dans nos campagnes finistériennes,dura une bonne douzaine d’années avant d’être interrompu par la promulgation de la loi Falloux (1850). Quoi qu’il en soit, il eut un rôle fondateur grâce à la ténacité bienveillante du préfet de l’époque , le baron Boullé dont il convient- en toute équité- de célébrer la mémoire et l’oeuvre qu’il accomplit .
 
      Celle-ci fit l’objet d’une analyse très détaillée  et d’un article dont l’auteur , Louis Ogès (1886-1977), était  instituteur finistérien, ancien maître d’application. Publié  en 1934 dans le Bulletin  de la Société Archéologique du Finistère, il est intitulé :
 
« L’instruction publique sous le régime de la loi Guizot (1833-1850) »
 
      Il donna lieu à un document, issu d’une reconnaissance optique, de lecture difficile. Les visiteurs pourront consulter en cliquant ici   une version améliorée obtenue  à partir de fichiers  mis à notre disposition par le Service des Archives municipales de la Ville de Quimper. Que M. Le Gall  directeur de ce service et ses collaborateurs soient chaleureusement remerciés pour leur collaboration.
      La matière, particulièrement  abondante,   est présentée  selon le plan suivant :
 
                                                Etat de l’instruction dans le Finistère avant la loi Guizot,
Loi sur l’enseignement primaire, dite loi Guizot (28 juin 1833),  p. 3
Autorités préposées au développement et à la surveillance de l’instruction primaire dans le Finistère, 
A. Le Préfet, p.8
B. Les Comités d’instruction, p.11
C. Les Inspecteurs,  p.16
 Situation économique du Finistère, état d’esprit de la population, le clergé et  l’instruction publique, p.19
Situation des écoles : leur progression de 1833 à 1850, p.26
       Arrondissement de Brest, p.34
       Arrondissement de Morlaix, p.40
       Arrondissement de Châteaulin p.43
       Arrondissement de Quimper, p.44
       Arrondissement de Quimperlé p.47
Résultats d’ensemble, p.49
 
       Le Conseil général et l’instruction primaire, p.55
           Les locaux scolaires, p.60
           L’enseignement,  p. 76
           Les livres,  p.79
          Règlements scolaires, p.84
          Les écoles congréganistes, p.86
       Les écoles privées laïques p.96
Formation professionnelle des instituteurs, p.97
           L’école normale, p.98
.          Les  conférences pédagogiques, p.103
Valeur professionnelle et morale des instituteurs, p.106
 
Situation matérielle de l’instruction, p.117
Enseignement de l’agriculture, p. 123
Cours d’adultes, p.127
Ecoles primaires supérieures, p.132
Les écoles de filles,  p.137
Préparation professionnelle des maîtresses: le Cours normal, p.149
Les salles d’asile, p. 158

Prémices normaliennes quimpéroises sous le régime de la loi Guizot: le Cours normal de la pension ORSIBAL

Plus de 30 ans avant la création de l’Ecole normale d’Institutrices,  la pension pour jeunes filles dirigée par Mme Orsibal dispensait un « Cours normal« à des boursières du Conseil général du Finistère. Celles-ci étaient appelées à devenir, en deux ans, les maîtresses des écoles de filles  existantes ou créées à l’époque. Ledit Cours ne subsistera pas longtemps après promulgation de la loi Falloux (1850).
 
     Les visiteurs intéressés par cette épisode peu connu de l’instauration de l’instruction primaire dans Le Finistère  pourront consulter, en cliquant sur  deux documents relatifs à l’institution Orsibal et à ses résultats en matière de formation.
 
       Document 1 cliquer ici.La pension ORSIBAL de Quimper (Henri Chalm)
 
 
       Document 2 cliquer ici .Le cours normal de l’institution Orsibal  (Louis Ogès)

Les créationnismes contre la liberté

Pour se préserver  de l’emprise des créationnismes et des idéologies obscurantistes, mener  avec pugnacité  le combat scientifique nécessaire…
Les visiteurs indignés par la montée  des obscurantismes et l’asservissement intellectuel qui en résulte pourront consulter à ce propos, en cliquant ici

Les créationnismes contre la liberté, un article de Catherine Kintzler paru dans son blog  revue Mezetulle le 22 juillet 2020. L’auteure y procède à la recension de l’ouvrage  de :
Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau;
« Enquête sur les créationnismes. Réseaux, stratégies et objectifs politiques »
(Paris : Belin, 2013).
Dans ce contexte préoccupant, elle invite les lecteurs  à l’autodéfense intellectuelle.  Qu’elle soit remerciée de nous autoriser  à reproduire  son article intitulé :
                    « Les créationnismes contre la liberté« 

Le Code Noir de Colbert – 1685

Il rassemblait  l’ensemble des textes régissant la vie des esclaves noirs dans le royaume de France au 17è et au 18è siècles.
La polémique sur le Code Noir et sur le nom de Colbert a refait surface en France. On se proposait de déboulonner des statues, de les couvrir de graffitis, de débaptiser des établissements publics, en particulier les collèges, les lycées et autres salles de  l’Assemblée nationale dédiés à Colbert… C’était, en réalité, l’homme « qui jeta les fondements du Code Noir, monstre juridique légalisant la traite et l’esclavage ce crime contre l’humanité » et qui « fonda la Compagnie des Indes occidentales, compagnie négrière de sinistre mémoire ».
L’esclavage, interdit dans le royaume de France, fut légalisé par l’édit de mars 1685 dans les colonies : d’abord en Martinique, en Guadeloupe et à Saint-Christophe (actuelle Saint Kitts, île française jusqu’en 1702), puis à Saint-Domingue (Hispaniola, actuelle Haïti) en 1687 et en Guyane en 1704.
Les esclaves étaient acheminés depuis les comptoirs français établis le long des côtes africaines vers le Nouveau Monde dans des navires provenant des ports négriers de métropole, Bordeaux, Nantes ou Le Havre.
Il existe deux versions du Code Noir. La première fut préparée par le ministre du roi et puissant contrôleur général, Jean-BaptisteColbert (1616 -1683). Il fut promulgué en 1685 par Louis XIV, Roi de France de 1643 à 1715. La seconde fut promulguée par son successeur Louis XV en 1724. Les articles 5, 7, 8, 18 et 25 duCode Noir de 1685 ne sont pas repris dans la version de 1724.
Le Code Noir, censé freiner les abus des maîtres à l’égard de leurs esclaves, n’a eu pour effet que de codifier l’esclavage des noirs et la traite, justifiés, en ce temps là, par l’Eglise et les philosophes. « A travers ses soixante articles transpire l’hypocrisie du législateur qui, tout en faisant semblant de considérer l’humanité de l’esclave noir, le présente, sur le plan purement juridique, comme une marchandise soumise aux lois du marché et un bien faisant partie intégrante d’un domaine. »
On sait que l’abolition des traites négrières et de l’esclavage donna lieu  ensuite à un cheminement long et laborieux. On se contentera de rappeler, pour l’histoire récente, deux dates clés qui marquent la volonté politique d’enfin condamner ces crimes contre l’humanité…  Il s’agit de la loi Taubira (2001) et du décret de 2006 instituant la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage le 10 mai.
Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant sur les liens ci-dessous deux représentations  du Code Noir :

L’instruction du peuple sous divers gouvernements racontée en 1885

Dans les colonnes du  journal républicain quimpérois Le Finistère, le rédacteur rapporte des éléments d’information et d’appréciation sur l’état  de l’instruction du peuple pour les périodes précédant et suivant la Révolution de 1789. On se trouve ainsi mis en présence, tant de faits plus ou moins inédits que d’omissions historiquement dommageables… Mais il ne s’agissait que d’un « feuilleton »  et ceci peut expliquer cela.
Quoi qu’il en soit, les visiteurs intéressés pourront consulter en cliquant ici ledit feuilleton transcrit intégralement (document 1) et, s’ils le souhaitent, compléter leurs connaissances en la matière en retrouvant (document 2) un article relatif à l’oeuvre scolaire de Condorcet (1743-1794) le mathématicien philosophe des Lumières. Ce dernier article de C. Kintzler (2015) est emprunté à son  blog revue. Nous l’en remercions vivement.