Réponses aux projets de laïcisation des écoles communales du Finistère en 1882 ; les émeutes fomentées par les cléricaux à Moëlan-sur-Mer (F- 29350).

Selon L’Univers (n° 5516 du 21 décembre 1882), journal hostile à la mise en application des lois de la République, « la foi était en péril » dans cette charmante bourgade de l’arrondissement de Quimperlé. En effet l’école communale tenue par les Frères s’en allait  d’autant plus à vau-l’eau que son directeur connaissait  des problèmes de santé peu compatibles avec l’exercice de sa fonction.
Devant les plaintes réitérées des pères de famille, le Préfet du Finistère fut contraint d’intervenir en nommant dans la place un instituteur public. Ceci donna lieu non pas à une insurrection -comme on a voulu le faire croire- mais à plusieurs jours d’émeutes visant la personne de l’instituteur et  celle de son adjoint. Fomentées par les cléricaux et exécutées par des moëlanais et moëlanaises sptipendiés elles  bénéficièrent  de la bienveillance du clergé local.
La presse républicaine et notamment le bihebdomadaire Le Finistère s’en fit l’écho notamment dans ses parutions du 16 et du 20 décembre 1882.
Les visiteurs intéressés par l’histoire des violences qui furent exercées, au nom de la foi, dans les campagnes finistériennes  pourront  prendre connaissance des deux documents joints en cliquant ci-dessous.

Le discours attendu sur la laïcité toujours reporté au lendemain

Crise sanitaire oblige, l’évènement est de nouveau  différé… Dans l’attente les visiteurs sont invités à consulter ,en cliquant ici,  un article sur la question écrit par J.E. SCHOETTL .
Paru le 27 février 2020 dans MEZETULLE, le Blog- revue de Catherine Kintzler, il s’intitule :

La Loi du 28 mars 1882 sur l’enseignement primaire obligatoire et laïque : Loi athée de l’Ecole sans Dieu 

Comme  déjà rapporté sur ce site, cette loi fondatrice  suscita  chez les cléricaux de vives controverses et des appels à résister à sa mise en application. Selon ses détracteurs qui la qualifiaient d’athée, elle instituait une école sans Dieu. Ceci appela a posteriori, chez les républicains, une défense sans concession qui perdura jusqu’au vote de la loi de 1905, voire au-delà.
Les visiteurs intéressés pourront consulter à ce propos ci-dessous deux articles parus dans le bihebdomadaire Le Finistère de la fin septembre 1882  à savoir :

Conférences et exposés (II) de Robert Lazennec, ancien élève-maître de l’ENG de Quimper – « Emile Combes, le Combattant de la Laïcité »

R. Lazennec a bien voulu mettre à disposition de l’Association les illustrations  de ses interventions
dans des colloques et manifestations dévolues à la défense de la laïcité républicaine. Qu’il en soit remercié.
       La séquence proposée aux visiteurs qui pourront y accéder en cliquant ici concerne l’histoire singulière de Emile Combes (1835-1921) dit le « Petit Père Combes », l’inspirateur de la Loi de Séparation des églises et de l’Etat promulguée le 9 décembre 1905. Constituant depuis cette date et de façon intangible le pilier des institutions laïques de notre République, cette loi parachevait l’oeuvre de laïcisation entreprise par Jules Ferry.
De façon surprenante Combes, devenu un anticlérical radical porté par une volonté farouche d’éradiquer les congrégations enseignantes, avait effectué des études de théologie, soutenu une thèse de doctorat sur Saint Thomas d’Aquin avant d’enseigner dans des établissements religieux. A 29 ans, après avoir rompu avec le catholicisme, il entama des études de médecine pour s’installer comme médecin à Pons en « Charente Inférieure ». Il y fonda une famille et ses filles furent les premières à intégrer l’école publique laïque de filles nouvellement créée.
Sa carrière politique débuta comme Maire de Pons, fonction qu’il exerça pendant 40 ans. En 1895-1896 il fut Ministre de l’intérieur et des cultes avant d’être Président du Conseil de  1902 à 1905. Suite à l’affaire des Fiches, il démissionna le 24 janvier 1905 et ainsi la loi de Séparation qu’il avait portée fut votée sous la présidence de  Maurice Rouvier.
Les 12 documents  élaborés par R. Lazennec  listés ci-dessous ne manqueront pas d’enrichir les connaissances des visiteurs  s’agissant de la vie et de l’oeuvre  fondatrice de cet homme politique :
1. Eléments  biographiques

2. Emile Combes et la laïcité
-Ministre de l’instruction publique et des cultes,
-Sa politique anticléricale.
3. Le  Projet Combes de Séparation des églises et de l’Etat
4. Renversé le 18 janvier  1905, Combes soutient le projet Briand de Séparation
5. Emile Combes, homme politique caricaturé
– La caricature sous la 3è République, avant 1914,
– Principaux thèmes des caricatures à son encontre :
– Son action comme Président du Conseil,
– Son soutien à l’école laïque,
– Son action anticléricale,
– Sa démarche du Concordat à la Séparation,
– Ses études de séminariste et sa prêtrise,
– Son engagement dans la Franc-maçonnerie,
– Son implication dans les « affaires ».

La Belle Yvonne (1882) – feuilleton inédit d’après laïcisation de l’hebdomadaire républicain Le Finistère

Suite à l’interdiction  des congrégations et à la promulgation des lois scolaires de la 3è République, la presse républicaine ouvrit largement ses colonnes tant aux défenseurs du nouveau système éducatif qu’à ses détracteurs.  Les polémiques  sévères  qui eurent cours ne laissèrent que peu de place aux chroniques dévolues  aux évolutions de la société  qui en résultaient.
C’est pourtant dans ce contexte singulier que Le Finistère publia en septembre 1882 un long poème « breton » écrit en français, faisant le récit  émouvant du départ vers Paris (le train permettait déjà de rallier la capitale) d’une jeune paysanne bretonne inspirée par la lecture d’un roman d’Emile Zola. Retranscrit et remis en forme à partir des coupures de plusieurs numéros du Finistère, les visiteurs pourront le consulter en La Belle Yvonne poème breton copie pour 2 colonnes 30 mars 2020.
L’attention des visiteurs est attirée sur le fait que  l’auteure ,Mme Auguste Penquer, en réalité Léocadie Hersent-Penquer née  en 1817 au château de  Kerouartz en Lannilis (29870), femme de lettres amie de Victor Hugo, de Lamartine et de José-Maria de Hérédia, avait déjà publié Velléda en 1869.
Au demeurant, elle fut l’épouse de Auguste Salaün de Penquer (1809-1882) médecin, Maire de Brest de 1871 à 1880, Président du Conseil général  du Finistère de 1880 à 1883. On lui doit notamment d’avoir obtenu le vote favorable du conseil municipal de Brest pour la laïcisation de toutes les écoles communales de la ville (18 mai 1880). C’est à la suite de cette résolution que le premier arrêté préfectoral  de laïcisation de France fut pris par le Préfet du Finistère pour l’école du Pilier Rouge, le 25  août 1880.

Les cessions amiables de terres labourables pour la construction de l’Ecole normale d’Institutrices à Kerfeunteun (F-29088) en 1882

Les visiteurs intéressés par cet aspect de la création de l’école normale des filles pourront consulter en cliquant ici, l’avis relatif à ces cessions  publié dans le journal Le Finistère le 6 septembre 1882. Ils ne manqueront pas d’y relever que l’un des toponymes des lieux concernés n’était pas nécessairement prémonitoire!…

Faits et bruits finistériens de 1882 (1)

Le Finistère, bihebdomadaire républicain de l’époque, ouvrait largement  ses colonnes aux nouvelles  relatives à l’organisation et à la mise en place de l’instruction publique et notamment à leur implication au niveau de la ville de Quimper.
Les visiteurs intéressés par les acquis de la 3è République à cet égard et par l’héritage imposant qu’ils représentent pourront consulter, en cliquant ici, quinze coupures listées ci-dessous par ordre chronologique de parution :

1. Adjudication des travaux de  construction de l’Ecole normale d’Institutrices de Quimper
2. Circulaire de M. le Préfet du Finistère aux maires du département relative à la Loi sur l’enseignement primaire obligatoire
3. Le Conseil municipal de Paris et les Lycées de jeunes filles
4. Evolution de l’instruction dans les départements bretons
5. La Caisse des Ecoles et le recrutement des Ecoles normales
6. Gazette bretonne
– La loi sur l’enseignement et les pères de famille
– Les collèges communaux
– Le Concordat
7. L’Enseignement primaire
8. Le microphone, le téléphone et l’audiphone à Quimper
9. Les EPS au conseil municipal de Quimper
10. Statistiques de l’enseignement
11. Examens à Quimper dont admission à l’Ecole normale primaire
12. Cléricalisme et religion.
13. Enquête parcellaire préalable à la construction d’une Ecole normale d’Institutrices à Kerfeunteun
14. Les Collèges communaux
15. L’enseignement de la gymnastique

Gazette bigoudenne de l’été 1882 : Plozévet ( F-29710)

Fête de la restauration du menhir « Des Droits de l’Homme » sur la plage de Canté.

Dimanche 2 juillet 1882

« Les Droits de l’Homme » tel était le nom de l’un des fleurons de l’armée navale de l’Océan réunie à Brest  en 1797 et qui avait mission de déposer sur les côtes sud de l’Irlande un corps expéditionnaire de 16500 hommes aux ordres du Général Hoche. La Première République et son Directoire se proposaient de susciter et d’alimenter un  soulèvement irlandais contre  l’oppresseur anglais  de façon  à contraindre ce dernier à faire la paix avec la France.

L’expédition tourna court et le vaisseau en question rebroussa chemin pour venir livrer combat aux vaisseaux anglais en baie d’Audierne. La bataille fit rage pendant plusieurs journées de janvier 1797  et s’acheva par le naufrage du « Les Droits de l’Homme » et  la mort de plus de 600 hommes à quelques centaines de mètres de la plage de Canté en Plozévet.

Parmi les rescapés se trouvait le Major Elias Pipon originaire de Jersey  prisonnier sur le bateau français. Après avoir repris du service (dans la marine anglaise) et fait valoir ses droits à la retraite, E.Pipon voulut rendre hommage- en 1840- à la lutte exemplaire des marins et soldats de la République à bord du Les Droits de l’Homme  en faisant ériger, sur la grève de Canté face à l’Océan, un menhir moderne sur lequel était gravé un texte célébrant les sacrifices consentis.

Cependant le dit monument, non établi selon les règles strictes des leveurs de mégalithes, ne résista pas longtemps aux contraintes océaniques et ce sont la 3è République et ses défenseurs convaincus qui, une quarantaine d’années plus tard, en assurèrent la restauration.

L’inauguration de la stèle rénovée donna lieu à une grande fête républicaine rapportée dans le détail par le journal républicain de l’époque  le Finistère.
Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant ici, le compte-rendu détaillé de l’évènement paru dans les colonnes de ce  journal le 8 juillet 1882.