Réécrire l’Histoire dans le respect des emblèmes fixés par la Constitution de la République

A l’ASVPNF un tel intitulé est assuré  de soulever protestations même si la liberté d’expression  y est la règle puisque la laïcité républicaine  et la tolérance sont ses raisons d’être.  On touche ici  au domaine des exigences morales, civiques et citoyennes qui nous furent enseignées par nos maîtres formés à l’Ecole des hussards noirs de la République.  Il ne s’agit pas de s’en écarter mais seulement de  faire connaître   des pratiques  qui peuvent mettre en cause des principes fondateurs hérités des pionniers de l’Ecole publique laïque, gratuite,obligatoire et émancipatrice.

Cet intitulé  est une sorte de réplique au titre d’un  article récemment mis en ligne sur le site « Entre les lignes entre les mots »  libellé ainsi qu’il suit :

« Siffler la Marseillaise et le drapeau tricolore : un droit démocratique »

 

 

Nous avons été explicitement autorisé à le reproduire pour le représenter sur asvpnf.com. et aussi les visiteurs  intéressés pourront-ils  le consulter en cliquant sur Fichier 1.

 Selon leurs convictions et leurs  choix personnels les lecteurs y trouveront matière à réflexion voire à polémique et puisqu’il s’agit d’Histoire, en l’occurrence d’ Histoire de France et non d’annales consitant en successions chronologiques d’évènements nombreux et divers et que l’on y met en exergue des citations d’auteurs célèbres on dira ici et à l’instar de :

   Victor Hugo : «  La République affirme le Droit et impose le Devoir »

   Jules Michelet : « L’Histoire humaine comme un combat prométhéen pour la liberté : celui que les hommes mènent depuis toujours pour s’arracher au poids des contraintes naturelles et des fausses croyances »

   Richard Malka :  «  Les croyances ne peuvent jamais exiger le respect. Seuls les hommes y ont droit. Aucune croyance, aucune idée, aucune opinion ne peut exiger d’être débattue,critiquée,caricaturée. »

 Nous avons pour notre part examiné ce document- singulier à différents égards- faisant référence à des acquis à qui nous ne cessons de témoigner notre gratitude et dont on retrouve les bienfaits immenses dans une République indivisible ,démocratique laïque et sociale

Le texte en question  défend l’idée que la critique des symboles nationaux relève de la liberté d’expression consacrée par la Déclaration de 1789, sans pour autant rendre cette liberté absolue. Il rappelle que le droit français encadre ces libertés et que l’incrimination de l’outrage à l’hymne ou au drapeau doit être évaluée au regard de la proportionnalité et de la protection de l’ordre public. L’auteur souligne l’ambivalence historique des emblèmes républicains : témoins à la fois d’émancipations et de violences, ils ne sauraient être réduits à des instruments de domination. Il plaide pour une approche critique mais équilibrée, refusant la mythification comme la déconstruction totale.

Pour mémoire on retiendra ;

1. La thèse centrale du texte

L’auteur soutient une idée simple mais polémique :

Siffler l’hymne ou le drapeau serait une forme légitime d’expression politique.Il demande l’abrogation du délit d’outrage aux symboles nationaux (article 433-5-1 du Code pénal), qu’il assimile à une résurgence du blasphème sous forme « laïcisée ».

Sur le plan juridique, il s’appuie sur l’article 11 de la Déclaration de 1789 (liberté d’expression) et sur une une analogie avec la jurisprudence américaine (Texas v. Johnson, 1989)

2. Les ressorts idéologiques

Le texte s’inscrit clairement dans une grille de lecture critique  c’est à dire :

La déconstruction du « roman national » : la nation est présentée comme une construction idéologique masquant violences et dominations.

La relecture de l’histoire française à travers ses épisodes les plus sombres (colonisation, répressions, violences d’État).

L’assimilation du patriotisme à une injonction politique potentiellement autoritaire.

La dénonciation d’un glissement sécuritaire et identitaire du débat public.

Ce positionnement est cohérent, mais unilatéral : il ne reconnaît presque jamais la dimension intégratrice, symbolique ou historique positive des emblèmes républicains.

3. Les procédés rhétoriques

Plusieurs éléments expliquent le caractère choquant du texte :

Accumulation de références sanglantes (procédé de saturation émotionnelle).

Lexique très polarisé (« réaction », « démagogie », « novlangue », etc.).

Disqualification des adversaires plutôt que discussion (caricature des positions « nationales-républicaines »).

Glissement analogique fort : du délit d’outrage → blasphème → crime de lèse-majesté.

Cela produit un texte militant, plus qu’une démonstration équilibrée.

4. Points discutables (du point de vue républicain classique)

L’ indignation peut s’ancrer sur plusieurs critiques solides :

Confusion entre liberté d’expression et absence de toute limite : en droit français, la liberté n’est pas absolue.

Minoration de la fonction civique des symboles : hymne et drapeau ne sont pas seulement étatiques, mais aussi historiques et populaires.

Réduction de l’histoire nationale à ses violences, sans prise en compte des dynamiques d’émancipation (Révolution, école républicaine, droits sociaux…).

Comparaison discutable avec les États-Unis, dont la tradition constitutionnelle est très différente.

Risque d’une conception purement négative de la nation, qui peut fragiliser le cadre démocratique lui-même.

5. Mais aussi des questions légitimes soulevées

Pour être complet, il faut reconnaître que le texte pointe des enjeux réels :

Jusqu’où peut aller la critique des symboles dans une démocratie ?

Le délit d’outrage est-il nécessaire ou excessif ?

Comment enseigner une histoire nationale ni mythifiée ni uniquement accusatoire ?

Ces questions traversent aujourd’hui tout le champ intellectuel et politique.

6. Lecture d’ensemble

Ce texte n’est pas un appel à une « inquisition » au sens strict, mais il propose une vision conflictuelle et désacralisée de la nation, où la contestation symbolique devient un droit central.

Une position — attachée à la laïcité, à l’école républicaine et à une certaine idée de la raison héritée des Lumières — entre en tension avec cette approche, car elle suppose :

un minimum de référents communs,

une adhésion critique mais réelle aux institutions,

et une distinction entre critique et délégitimation.

On est donc face à un désaccord philosophique profond :

d’un côté, une conception « déconstructive » de la République,

de l’autre, une conception « intégratrice et universaliste » .

 

 Cette lecture critique a donné lieu à un texte de synthèse intitulé :

Raison, liberté et symboles dans la République

Pour une critique sans dissolution du commun

  Les visiteurs pourront le consulter en cliquant sur Fichier 2.

 

Que l’Editeur en chef de «Entre les lignes entre les mots » soit très cordialement remercié d’avoir permis cet emprunt à son site internet.