Formes immatérielles

La journée de la Laïcité à l’Ecole le 9 décembre 2021 ne doit pas occulter la célébration du 116è anniversaire de la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.

La loi de 1905, malgré ses détracteurs nombreux et variés, reste en vigueur et  elle fête dignement son 116è anniversaire.Faut-il rappeler ici ses  deux premiers articles  inoxydables qui nous sont parvenus inchangés ? Il y est inscrit  des principes   essentiels au fondement de notre République laïque :

Ainsi  à l’article 1 on (re)découvre  :

La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

Et à l’article 2  :

La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’Etat, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. Les établissements publics du culte sont supprimés, sous réserve des dispositions énoncées à l’article 3.

On pourra   relire la suite en se rendant à l’ URL :https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000000508749/

En réalité,  “La loi de 1905 proclame en premier lieu la liberté de conscience : « La République assure la liberté de conscience ». Elle a pour corollaire la liberté religieuse, la liberté d’exercice du culte et la non-discrimination entre les religions. Elle pose en second lieu le principe de la séparation des Églises et de l’État : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Il est mis fin au Concordat instauré en 1802 qui régissait les relations entre l’État et les cultes. Jusqu’alors, l’État reconnaissait quatre cultes (catholique, réformé, luthérien, israélite) qui étaient organisés en service public du culte. L’État payait les ministres du culte et participait à leur désignation ainsi qu’à la détermination des circonscriptions religieuses. Les autres cultes n’étaient pas reconnus. L’État se veut désormais neutre. Il n’y a plus de religion légalement consacrée. Tous les cultes sont traités de manière égale”. (voir des compléments  à l’URL : https://www.vie-publique.fr/fiches/271400-la-loi-du-9-decembre-1905-de-separation-des-eglises-et-de-letat). 
 
Cependant un certain nombre de territoires de la République bénéficient de régimes spéciaux à cet égard . Ainsi on ne manquera pas  de rappeler, tout en le regrettant, que si la République est  réputée « une  et Indivisible » ce n’est pas le cas dans les 3 départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la  Moselle  où, en 2021, on continue à dispenser un enseignement religieux  dans les écoles publiques… Pour des raisons différentes  la Loi se trouve également  contournée en Guyane, en Polynésie française, à Wallis-et-Futuna ,à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle Calédonie et à Mayotte. Manifestement nous (français)ne sommes  donc pas tous égaux devant la loi.(Cf. l’URL :https://www.vie-publique.fr/eclairage/20210-les-exceptions-au-droit-des-cultes-issu-de-la-loi-de-1905).

Ceci étant posé et rappelé,  on soulignera  en ce moment particulier du calendrier, et suite à des travaux parlementaires  récents qui ont donné lieu à des parutions sur ce site , la publication d’un  décret  instituant un comité interministériel de la laïcité ( décret n°2021-716 du 4 juin 2021). Ledit Comité, présidé par le Premier Ministre, coordonne et assure le suivi  de la mise en oeuvre de l’action du gouvernement aux fins d’assurer la promotion et le respect du principe de la laïcité au sein des administrations de l’état et des collectivités territoriales…

On devine l’importance potentielle  des travaux qui pourraient  résulter de l’activité d’un tel comité . Le premier ministre se proposait un premier point d’étape le 9 décembre 2021 , à l’occasion de la Journée de la laïcité créée par la loi confortant les principes de la République.  Qu‘en sera-t-il ?

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos en se rendant  aux URL suivantes :

1. Le texte du décret ci-dessus mentionné   (Cf. https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=9Uk1DoJYRxCgneV001n4TjvytpTEMRDHxfRZ7iYE1vA=)
2. La présentation dudit comité-dont l’acronyme CIL pour Comité Interministériel de la Laïcité demandait à être décodé sur ce site- par son président en titre suivie de l’énoncé de 17 décisions  (ou propositions d’action) en faveur de la laïcité   (Cf.  https://www.gouvernement.fr/le-comite-interministeriel-de-la-laicite)

Rentrée scolaire 2021 : la campagne du M.E.N. sur la Laïcité.

Les remarques critiques d’une des membres du « Conseil des Sages de la Laïcité « 

 

                      

 Catherine Kintzler écrit  dans  Mezetulle, son Blog revue  ( le 1er septembre 2021) « que le Ministère de l’Éducation nationale lance une campagne en faveur de la laïcité lors de cette rentrée scolaire 2021-2022. Les lecteurs de Mezetulle savent que je fais partie du « Conseil des sages de la laïcité » installé en janvier 2018 par le ministre Jean-Michel Blanquer, présidé par Dominique Schnapper. Ils peuvent à juste titre s’interroger sur le rôle éventuel du Conseil dans cette campagne consacrée à la laïcité, particulièrement en prenant connaissance des huit affiches de lancement. C’est en toute indépendance que je propose les remarques critiques qui suivent. »

 

Selon  SUD éducation: « En mélangeant religion, couleur de peau, origine géographique supposée, et en faisant des différences, les freins au vivre-ensemble, cette campagne est sur la pente dangereuse d’un dévoiement raciste et xénophobe de la laïcité ».

La question se pose  en effet de  savoir  si l’approche illustrée proposée aux élèves (de l’Ecole élémentaire au Lycée en passant pas le Collège) pourrait être de nature à faire revivre la laïcité au sein de la communauté éducative où si elle se limite- tristement- à une pantomime infantilisante . 

 

Faut-il  rappeler, une fois de plus , à tous ceux qui ne veulent pas l’entendre,  que la vocation émancipatrice de l’école publique laïque consiste à offrir  » à chaque élève en le mettant en contact avec ce que l’humanité a fait de mieux, en le conviant à s’approprier la plus haute forme de liberté qu’est le savoir« ?

 

Pour en savoir davantage, les visiteurs pourront consulter en cliquant ici, l’article fondateur écrit à ce propos par Catherine Kintzler.

 Que cette auteure soit chaleureusement remerciée  de nous autoriser  à reprendre sur ce site le texte de sa  contribution intitulée:

« Campagne de rentrée du Ministère de l’Éducation nationale sur la laïcité :quelques remarques critiques« 

Chronique d’une destruction programmée de l’Ecole et de l’Instruction publique au nom de la démocratie

Le niveau  d’indignation ressortant de  cet intitulé ne peut s’apprécier qu’à l’aune de la gravité des observations et analyses faites au fil des ans à ce propos et plus particulièrement celles ayant trait au baccalauréat 2021. Serait-il de nature à alerter de l’urgence qu’il y  a de s’en rendre compte et de prendre les mesures nécessaires pour  préserver une institution essentielle de (et pour) notre République ?   

C’est ce qui est ardemment souhaité sur ce site dévolu à l’histoire de notre système éducatif  et à la défense de l’école publique laïque et de ses maîtres.

Les visiteurs pourront s’en convaincre  en prenant connaissance, à l’adresse suivante : 

https://www.mezetulle.fr/le-bac-2021-et-la-fin-programmee-de-linstruction-publique-par-martine-verlhac/),de l’article de Martine Verlhac paru dans Mezetulle, le Blog revue de Catherine Kintzler, le 31 juillet 2021 et intitulé :

 

Le bac 2021 et la fin programmée

de l’instruction publique

par 

Martine Verlhac

 

 Il y apparaît que « prenant appui sur « l’épisode catastrophique du bac 2021 » avec la généralisation du contrôle continu, Martine Verlhac montre qu’il s’agit là d’une infime partie émergée d’un iceberg qui, depuis près d’un demi-siècle et quelle que soit l’orientation des dirigeants politiques, ne cesse d’enfler et de se durcir pour venir fracasser l’école républicaine  : « Avant d’être celle de l’examen, la question essentielle est celle du contenu des savoirs et de l’instruction dispensés dans les lycées« 

  

   Ledit article leur sera  également accessible en cliquant ici .

S’il y va du triste parcours de la  prétendue démocratisation de notre système d’enseignement, il convient de pointer   ici des observations souvent accablantes   où l’on apprend que :

           

1. Les analyses de la « démocratisation » scolaire présupposent, et tiennent pour acquis, que le système d’enseignement peut réaliser ce que toute la logique de son fonctionnement tend à contredire » !!!   (d’après Sandrine Garcia et Franck Poupeau; 2003 à l’URL :  https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2003-4-page-74.htm                              

2. La plupart des pays européens ont entrepris des réformes en profondeur de leurs systèmes éducatifs en vue de les démocratiser, l’école française reste une des plus élitistes(Pierre Merle, 2015 à l’URL :https://laviedesidees.fr/L-ecole-francaise-democratique-ou-elitiste.html

3. “La rentrée scolaire 2015 a fait l’objet de polémiques centrées sur l’inégalité de l’école française. Le débat est aussi présent parmi les chercheurs : l’école française se démocratise-t-elle ou les logiques de reproduction sont-elles dominantes ? L’une et l’autre se combinent-elles ? Un bilan est-il possible ? Pour répondre à ces interrogations, les sociologues ont décliné le concept de démocratisation de l’enseignement de différentes façons : démocratisation quantitative, qualitative, uniforme, ségrégative… Autant de notions essentielles à la compréhension des transformations actuelles de l’école française. Les données empiriques les plus récentes relatives à l’évolution de la scolarisation en France remettent cependant en cause le mouvement de démocratisation. Ne faut-il pas désormais donner un nom à ces nouvelles dynamiques ? N’assiste-t-on pas à une élitisation de l’enseignement “( Pierre Merle, 2015 , https://laviedesidees.fr/L-ecole-francaise-democratique-ou-elitiste.html )

 4.  L’on s’interroge sur comment  mesurer et évaluer la démocratie scolaire (D’après  Sandrine Garcia et Franck Poupeau,  2003; URL : https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2003-4-page-74.htm                              

 

  5. L’Ecole unique, la démocratisation de l’enseignement et l’orientation étaient déjà en question chez  les Compagnons de  l’Université nouvelle (Jean- Yves Seguy, 2007 à l’URL :https://www.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2003-4-page-74.htm)

 

  6. L’évolution de L’Ecole et de ses jalons historiques  depuis la Révolution qui, pour le moins, interroge  (Thomas Ernoult, 2012  à l’URL :   https://www.cairn.info/revue-regards-croises-sur-l-economie-2012-2-page-50.htm )

 

 7. 1984 fut  l’année où tout a changé pour l’Ecole française  (Louise Touret, 2017    à l’URL :http://www.slate.fr/story/139337/ecole-publique-privee 

 

 8.  ” Ranger  l’instruction publique parmi les « combats et acquis » de la gauche au xixe siècle ne relève pas du postulat. Comme tout effort d’explication historique, ce choix appelle des définitions, des questions et des nuances. L’idée, certes, est solidement assise au centre de la tradition républicaine : de l’instruction publique, telle qu’une démocratie moderne doit la concevoir, les principes remontent à 1789 et la réalisation est l’œuvre des fondateurs de la IIIe République. Le siècle n’aurait été qu’un combat toujours recommencé pour la faire triompher…” selon  Jean-François Chanet (2014) à l’URL : https://www.cairn.info/histoire-des-gauches-en-france–9782707147363-page-267.htm.

 

 Ce combat a-t-il été abandonné en  1984, laissant le terrain libre aux détracteurs acharnés de l’école publique républicaine ? 

Quelles perspectives reste-t-il pour les générations à venir ?

 

Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée  de nous avoir donné accès à l’article fondateur de Martine Verlhac .

MILA : Armer les esprits et les coeurs pour retrouver la boussole de la liberté de conscience

Les visiteurs du site trouveront ici le texte d’une tribune suscitée par l’affaire MILA.

 

« L’affaire Mila commence le 18 janvier 2020 lorsque Mila, une adolescente de 16 ans, critique l’islam de manière virulente sur Instagram. Elle venait de refuser les avances d’un internaute, qui dès lors l’accusait de racisme et se montrait insultant contre les lesbiennes.

 Alors que la vidéo dans laquelle elle critique et insulte l’islam devient virale sur les réseaux sociaux, ses propos sont considérés par certains internautes comme dénigrants et elle est l’objet de dizaines de milliers de messages homophobes, misogynes et d’appels à la violence, au viol et au meurtre. Cette situation l’oblige à se déscolariser et à s’isoler à son domicile, où elle est placée sous protection judiciaire.

 Au fil des jours, l’affaire prend une tournure nationale et provoque de nombreuses réactions au sein des sphères politiques, médiatiques et religieuses, notamment sur les questions d’islamophobie, de droit au blasphème et de liberté d’expression, au sein de la société française. En parallèle, deux enquêtes judiciaires sont ouvertes : l’une contre Mila pour incitation à la haine raciale — rapidement classée sans suite — et l’autre concernant le harcèlement et les menaces de mort dont elle a fait l’objet. Treize de ses cyber-agresseurs sont jugés en juin 2021.

 L’affaire est relancée en novembre 2020 avec de nouvelles menaces de mort proférées à l’encontre de l’adolescente, à la suite d’une nouvelle vidéo de Mila. (https://fr.wikipedia.org › wiki › Affaire_Mila) »

 

Le texte en question signé par  : Sabine Prokhoris, Élisabeth Badinter,Liliane Kandel,Catherine Kintzler et Jean-Éric Schoettl  est accessible en cliquant ici Il s’intitule :
 
         

Mila, l’ivresse de puissance des petits dieux 
derrière leurs écrans
Que Catherine Kintzler qui nous a autorisé à reproduire et à représenter  cette contribution exceptionnelle soit cordialement remerciée pour son soutien.

Savoir nommer les choses essentielles : Définition de la laïcité par Ferdinand Buisson (1911)

Les visiteurs pourront consulter en cliquant ici ce texte fondateur paru il y a 110 ans dans le  Nouveau Dictionnaire de Pédagogie et d’Instruction primaire  (Editions Hachette).  Il conserve toute sa lisibilité et son actualité en 2021.  Selon F. Buisson le néologisme était nécessaire car  « aucun autre terme ne permettait d’exprimer sans périphrase la même idée dans son ampleur « . On était bien loin des sept laïcités françaises de Jean Baubérot (2015)!                                (cf. https://journals.openedition.org/lectures/18666 )
 
        Il est rappelé, à la suite de Anne-Claire Husser (2014), que : « Ferdinand Buisson joua un rôle majeur dans la définition du cadre de la laïcité scolaire française il y a plus d’un siècle, à une époque où il n’était pas encore question d’enseigner le fait religieux à l’école mais plutôt de ramener les religions dans la sphère privée pour affirmer l’indépendance des institutions publiques à l’égard des Églises. Nommé directeur de l’instruction primaire par Jules Ferry en 1879 et ayant continué à exercer ces fonctions durant près de dix-sept années, Buisson présida non seulement à la mise en place des grandes lois scolaires dans les années 1880, mais il contribua plus largement à façonner l’école laïque de la fin du 19è siècle et du début du 20è par son action administrative, son implication dans la formation des maîtres, sa présence au sein des grandes associations républicaines comme la ligue de l’enseignement ou la ligue des droits de l’homme ainsi que par sa réflexion pédagogique. »cf.(https://www.cairn.info/revue-histoire-monde-et-cultures-religieuses-2014-4-page-29.htm)

Le décret et l’arrêté Berthelot du 18 janvier 1887 .

Faisant suite à la Loi  Goblet  du 30 octobre 1886 de laïcisation de l’école publique , ils  constituent les actes réglementaires de la réorganisation de l’enseignement primaire qui en résulte.  Ils sont pris  par Marcellin Berthelot (chimiste et physiologiste végétal)  devenu ministre de l’Instruction publique le 11 décembre 1886. Ce dernier dédiait ses démarches scientifiques et philosophiques au « culte de la vérité pure ».
 
   Les visiteurs intéressés pourront consulter ces textes fondateurs en suivant les liens  :
 
     
1. Grévy Jules. 18 janvier 1887. Décret organique de l’enseignement primaire. In: La petite enfance à l’école, XIXe-XXe siècles. Paris : Institut national de recherche pédagogique, 1982. pp. 190-195. (Bibliothèque de l’Histoire de l’Education, 1);

https://www.persee.fr/doc/inrp_0000-0000_1982_ant_1_1_3582
 
 
2. 44. 18 janvier 1887 : Arrêté ayant pour objet l’exécution de la loi organique de l’enseignement primaire. In: L’enseignement du Français à l’école primaire – Textes officiels. Tome 2 : 1880-1939. Paris : Institut national de recherche pédagogique, 1995. pp.
127-140. (Bibliothèque de l’Histoire de l’Education, 5);
 
 Leur attention est plus particulièrement  attirée sur les articles  89 …100  de l’arrêté, art. relatifs aux écoles normales primaires.

Loi Goblet : loi de laïcisation du personnel enseignant, loi de séparation de l’église et de l’école publique. (30 octobre 1886)

  » La Loi portant sur l’organisation de l’enseignement primaire du 30 octobre 1886, dite » Loi Goblet » (d’après le nom du ministre de l’Instruction publique de l’époque) est une des grandes lois éducatives françaises. Elle prolonge les Lois Jules Ferry en confiant à un personnel exclusivement laïque l’enseignement dans les écoles publiques. Elle remplace les instituteurs religieux des congrégations enseignantes. Elle redéfinit aussi l’organisation de l’enseignement primaire. Elle renforce l’intervention de l’État dans l’organisation de l’enseignement élémentaire et en fonctionnarisant les instituteurs ».  
 
 
       Cette Loi  de 1886 constitue  un point de repère essentiel dans le processus de laïcisation en marche depuis 1880. Grâce à elle  « la République  a pu achever la réforme scolaire et affirmer le droit de la liberté contre le privilège de l’Église » : « l’école neutre assure pour l’avenir le triomphe définitif de la démocratie ».
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter , en cliquant ici, un document comportant :
 
                   A. Un texte de présentation générale de la Loi  Goblet,
 
                   B. Des extraits du rapport Ferrouillat de transmission au Sénat  du projet  de Loi de Jules Ferry ,
 
                   C. La transcription du texte intégral  des 68 articles,  tels qu’ils furent publiés au JO du 31 octobre 1886,
 
                   D. La reproduction de la caricature relative à  la promulgation et à la mise en application de cette Loi,  publiée dans Le Grelot du 7 novembre 1886. 

L’Ecole Jules-Ferry (EJF): Ecole normale de l’Enseignement colonial (1902-1912)

D’une pérennité limitée cette école, sans murs, avait  vocation à former des « instituteurs coloniaux »  ou missionnaires laïques devant exercer dans les école publiques des colonies françaises et dans les écoles de  la Mission Laïque Française (MLF)à l’étranger. 
 
     Dans les colonies, l’enseignement officiel ne fut  organisé  qu’à une date relativement récente. Il varie avec les lieux et les circonstances. Il est donné tantôt par un personnel recruté sur place, tantôt par un personnel emprunté aux cadres de la métropole, et régi, soit par les décrets des 16 juin 1899 et 4 février 1906, soit par le décret du 30 octobre 1902, suivant qu’il s’agit, ou non, des instituteurs.
 
      L’initiateur de la MLF  fut Pierre Deschamps (1873-1958) , Directeur de l’Enseignement à Madagascar. Association créée en 1902, elle avait vocation à  « maintenir et étendre l’influence française dans nos colonies et à l’étranger », en propageant l’enseignement laïque. Ses Statuts, votés le 2 juin 1902, stipulaient notamment :
 
        -Pour la formation des instituteurs et des institutrices qui se destinent à
l’enseignement, soit dans les écoles publiques des colonies, soit dans les
établissements créés ou encouragés par la Mission laïque, il est fondé à Paris une
École normale, relevant directement de l’Association et appelée École Jules-Ferry.
 
        -L’enseignement qui y est donné est conçu de manière que les futurs instituteurs
coloniaux puissent être à la fois des éducateurs au courant des conditions de
pédagogie indigène, et des auxiliaires éclairés de l’oeuvre colonisatrice ; aussi son
programme comprend, en outre de l’étude des méthodes de l’enseignement
colonial, des cours d’agriculture coloniale, de médecine pratique, de langues
indigènes, de travaux techniques ; il est essentiellement tourné vers les applications
pratiques, en vue de l’action immédiate. 
 
     Le premier directeur e l’EJF fut Laurent Devina, lui-même Directeur de l’Ecole normale primaire d’Auteuil. Les cours,  donnés 7 jours sur 7 dans les locaux de la MLF aux instituteurs et institutrices sélectionnés, duraient 10 mois. La promotion 1904-1905  fut baptisée « Promotion Paul Bert ». 
 
     Cette politique de formation d’instituteurs « coloniaux » ne fut pas reconduite à la fin de la Grande Guerre.        
 
      Les visiteurs intéressés pourront consulter, à ce propos, l’article de  Gérard Vigner écrit en 2015 :  
 
      Gérard Vigner« L’École Jules-Ferry, école normale de l’enseignement colonial: une formation pour apprendre à enseigner dans les colonies(1902-1912) », in : 
       Documents pour l’Histoire du Français Langue Etrangère ou Seconde( SIHFLES), 55, 2015, 57-82,  accessible à l’URL suivante :    
 
 

                                  http://journals.openedition.org/dhfles/4273

      Que le  rédacteur en chef de  Documents SIHFLES soit remercié de nous avoir  autorisé  à orienter les visiteurs vers le lien donnant accès à l’article mentionné.

Reconstruire la République laïque!

 Tel est l’intitulé du manifeste  qui fut publié le 4 novembre  2020 par  23 Associations dont on trouvera la liste ci-dessous.  On y affirmait  :
 
        -que  l’Ecole Laïque et Républicaine  est et demeure le creuset de la République,
 
        -qu’aucun accommodement  circonstanciel ne permet  de substituer l’interconvictionnalité à la laïcité,
 
        -qu’au lieu de prôner l’écriture de nouvelles lois aux titres fallacieux il importait d’enfin constitutionnaliser la loi du 9 décembre 1905,
 
         -qu’il était essentiel de former des maîtres pour en refaire les hussards noirs de la République laïque et non des  animateurs prêchant un « vivre ensemble » inconsistant,
 
          -que la laïcité  reste le principe émancipateur des  temps présents.
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant ici,  le manifeste en question . 
 
    Il fut  validé par 23 associations regroupées au sein d’ un Collectif Laïque National ( cf. le lien :contact@collectif-laique-national.org).

La déclaration internationale sur la laïcité au 21è siècle !

Signée en 2005 par  250 intellectuels de 30 pays différents,  lors du centenaire de la Loi de Séparation de 1905, elle fut rédigée pour la majeure partie par Roberto Blancarte (Mexique) ,Micheline Milot (Canada) et Jean Baubérot (France).  Quinze ans après, elle conserve  une pleine actualité et mérite d’être remise à l’ordre du jour de façon à la rendre universelle.
 
      Constituée d’un préambule  et de  4 titres couvrant 18  articles dévolus à la laïcité, elle en énonce les principes fondamentaux , se propose  comme référentiel des Etats de droit, définit  les débats  sociétaux qui en relèvent  et souligne  son intérêt pour relever  les défis du 21è siècle. 
 
     Au-delà  de la Séparation des Eglises et des Etats et de la neutralité de ceux-ci, la laïcité y apparaît comme institutrice  non seulement de libertés comme  la liberté de conscience mais aussi d’égalité entre tous le citoyens  quelles que soient leurs distinctions de foi et de convictions 
 
    Les visiteurs de ce site pourront consulter  le document 1 correspondant  au   texte élaboré en 2005. 
 
    Ce texte donna lieu à des remarques et commentaires  y compris de la part de certains de ses signataires . On pourra s’en rendre compte en   visualisant le document 2 présentant un article paru à ce propos dans le Journal Le Monde du 9 décembre 2005.
 
   Puisse cette déclaration contribuer  à éviter les » crispations et  phobies »(Jean Baubérot) qui entourent  le plus souvent la recherche  de solutions pertinentes aux défis actuels de nos sociétés.
 
 
                 Document 1. Déclaration universelle sur la laïcité au 21è siécle.
 
                 Document 2. Déclaration universelle sur la laïcité : quelques  commentaires.

Posts Navigation

ARTICLES

La journée de la Laïcité à l’Ecole le 9 décembre 2021 ne doit pas occulter la célébration du 116è anniversaire de la Loi de séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905.
Rentrée scolaire 2021 : la campagne du M.E.N. sur la Laïcité.
Chronique d’une destruction programmée de l’Ecole et de l’Instruction publique au nom de la démocratie
MILA : Armer les esprits et les coeurs pour retrouver la boussole de la liberté de conscience
Savoir nommer les choses essentielles : Définition de la laïcité par Ferdinand Buisson (1911)
Le décret et l’arrêté Berthelot du 18 janvier 1887 .
Loi Goblet : loi de laïcisation du personnel enseignant, loi de séparation de l’église et de l’école publique. (30 octobre 1886)
L’Ecole Jules-Ferry (EJF): Ecole normale de l’Enseignement colonial (1902-1912)
Reconstruire la République laïque!
La déclaration internationale sur la laïcité au 21è siècle !
9 décembre 2020 Célébrons le 115 è anniversaire de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat et Exigeons sa mise en application sur tout le territoire de la République.
La réponse indignée et pleine d’humanisme de notre Doyen Pierre Hénaff à la décapitation sauvage de Samuel PATY
Ferdinand Buisson , l’apôtre de la Laïcité et de l’Ecole laïque
L’ouverture du Premier Congrès Pédagogique des Instituteurs et Institutrices de France (1881).
Une lettre de Ferdinand Buisson à Victor Hugo sur la Laïcité (1869)
La Lettre de Jean Jaurès aux Instituteurs et Institutrices (1888)
Après le livre choc de J-P. OBIN (2020) sur les atteintes à la laïcité et l’entrée du communautarisme à l’école; refaire de l’école un sanctuaire !
L’oeuvre pionnière du Baron Boullé, préfet du Finistère, dans la mise en application de la loi Guizot sur l’instruction primaire sous la Monarchie de Juillet(1830-1848).
Prémices normaliennes quimpéroises sous le régime de la loi Guizot: le Cours normal de la pension ORSIBAL
Les créationnismes contre la liberté
Le Code Noir de Colbert – 1685
L’instruction du peuple sous divers gouvernements racontée en 1885
Loi du 28 mars 1882 portant sur l’organisation de l’enseignement primaire en France
L’INSTITUTRICE. Conseils pratiques
La Belle Aventure du Bagad des Norm’ de l’ENG de Quimper
La loi portant établissement des écoles normales primaires  est restée en vigueur pendant 121 ans
L’esprit de promotion fondé en 1954-1958 (Promotion ENG Etincelle), se transforme  et participe à l’esprit de corps qui se convertit au fil des ans en indéfectible amitié.
Retour inéluctable sur la défense de la loi de 1905 : préparer les combats du futur proche à l’aide de lectures de bon aloi pour un été caniculaire… 
Parlons science : la réfutation
Notes anthologiques de l’abbé Joseph TURMEL remises en perspectives par un ancien normalien
« Les grands penseurs de l’EDUCATION »
Daniel COURTIN
Pierre Hélias, étudiant au Lycée de Rennes en 1932-1933
Les élèves instituteurs et institutrices au lycée. Un projet de l’entre-deux-guerres
Ecole Normale de Quimper – Manuscrit de 1930
M. Courtin, Directeur et M. Beaufils, Intendant … un jour de fête à l’ENG dans les années cinquante
« Eminents professeurs de l’ENG » – P. Keraval / P. J. Helias

Posts Navigation