SAUVEGARDER & VALORISER

Pour obvier à l’enfumage, pratiquer sans modération la respiration laïque

À l’heure où l’espace public subit les assauts conjugués des revendications communautaires et des accommodements déraisonnables, la philosophe de la laïcité Catherine Kintzler lance un véritable signal d’alarme dans son nouvel ouvrage majeur, La Respiration laïque (Penser la laïcité 2). À travers la métaphore d’une bibliothèque républicaine dont on sature les rayons, elle nous avertit : sans espaces vacants, sans « moment zéro » préservé de toute assignation identitaire, c’est la liberté même du citoyen qui s’asphyxie.

Cette urgence est particulièrement brûlante à l’École publique, ce sanctuaire républicain qui doit arracher l’enfant à ses déterminismes pour en faire un esprit libre. Pour l’ASVPNF, ce combat académique rejoint une exigence politique absolue. L’analyse sans faiblesse des modèles confessionnels démontre la rupture totale entre l’émancipation laïque et le formatage des écoles privées. Notre association le réaffirme : les relations conflictuelles qui minent notre système éducatif ne trouveront d’issue que lorsque la République aura enfin le courage politique d’abroger la Loi Debré.

Le combat pour l’École publique laïque et l’émancipation par la raison est plus que jamais d’actualité ; aussi si la laïcité de notre République semble de nature à étouffer  certains…faisons place à la respiration laïque.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers (accessibles au moyen d’un seul clic gauche) :

FICHIER 1 . Parution  C.Kintzler « La Respiration laïque »

FICHIER 2 . La respiration laïque : une liberté en mouvement par T.R. et PPty.

FICHIER 3 . La respiration laïque  éprouvée au respiromètre de PPgg. 

« L’École à bout de souffle »

L’Académie des sciences appelle à une transformation durable du système éducatif

 Face aux mutations profondes de la société et à l’accumulation des missions confiées à l’École, l’Académie des sciences estime que le système éducatif français se trouve à un tournant majeur. Dans un rapport élaboré à partir des travaux de la recherche et de plus de deux cents auditions d’acteurs de terrain, elle propose d’engager une transformation systémique de l’École à l’horizon 2037.

L’Académie met en avant cinq priorités : mieux prendre en compte la singularité de chaque élève, diversifier les compétences, renforcer la coopération, donner davantage de pouvoir d’agir aux acteurs de terrain et réaffirmer les fondamentaux de l’École. Elle appelle surtout à rompre avec la succession de réformes rapides, en faveur d’une politique éducative inscrite dans le temps long, fondée sur l’expérimentation, l’évaluation et l’adaptation.

Le texte de l’Académie, reproduit ci-dessous, est accompagné d’un commentaire destiné à en dégager les principaux enjeux : épuisement du système éducatif, nécessité d’une vision dépassant les échéances électorales, articulation entre égalité et prise en compte des singularités, rôle des enseignants et importance d’une conception coopérative de l’École.

À l’approche des élections présidentielle et législatives de 2027, cette réflexion invite à rouvrir un débat essentiel : quelle École la société française souhaite-t-elle construire pour les prochaines années ?

Les visiteurs de ce site, défenseurs convaincus de l’Ecole publique laïque, pourront consulter à ce propos deux fichiers  (accessibles d’un seul clic gauche) :

Fichier 1 . Le communiqué de l’Académie des Sciences.

Fichier 2. « L’École à bout de souffle » ; présentation  et discussion par ASVPNF .

Glanes de presse (1888-1905) : Au cœur des luttes pour la laïcisation en Finistère(1)

Toute société a l’école qu’elle mérite, et la nôtre s’est solidement forgée dans les grands textes fondateurs de la Troisième République. Afin de faire revivre le patrimoine immatériel et intellectuel qui a vu naître le beau métier d’instituteur, l’ASVPNF ouvre une nouvelle fenêtre sur le passé. L’Association se propose en effet de mettre en ligne une série inédite de transcriptions et d’analyses de coupures de presse issues du journal trihebdomadaire Le Finistère, couvrant la période charnière de 1888 à 1905, celle  précédente- encadrant la création et l’ouverture des Écoles normales de Quimper ayant déjà été documentée.

De la crise boulangiste à la loi de Séparation des Églises et de l’État, en passant par les déchirures de l’Affaire Dreyfus, cette époque fut celle d’un face-à-face passionné entre la République offensive et la Bretagne traditionnelle. À travers de courts billets d’opinion politiques, des chroniques de variétés et des textes savoureux rédigés en langue bretonne sous pseudonymes, ces archives dévoilent la réalité concrète des combats sur le terrain : la création disputée des écoles de hameaux au cœur de nos campagnes ou encore la laïcisation hautement symbolique des hospices civils.

Grâce à un travail minutieux de restauration textuelle et de traduction, ces documents historiques sortent de l’oubli. Ils éclairent d’un jour nouveau les valeurs fondamentales d’intégration, de promotion et de solidarité sociales dont les Écoles Normales Primaires du Finistère ont été, pendant plus d’un siècle, les fières sentinelles. Bonne lecture à la découverte de ces précieux morceaux de notre mémoire républicaine.

Les visiteurs pourront consulter ici deux fichiers dévolus au « Jeu de la Droite » tel que présenté dans le journal Le Finistère le 25 février 1888 :

Fichier 1 . Le Jeu de la Droite (article transcrit du journal,numérisé)

Fichier 2 . Analyse historique et politique relative au « jeu de la Droite » (par T.R. et PPgg.) ; en Annexe ; Recherches sur  les réalités locales de la Cornouailles et du Léon.

Le « socialisme clérical » et le paradoxe d’une école publique rennaise

Au frontispice d’une école publique : Albert de Mun ?

La question mérite d’être posée(en la posant ou la reposant on ne verse pas dans l’anachronisme) d’autant plus dans une ville dont l’histoire politique est profondément liée au républicanisme, à la laïcité et aux traditions du mouvement ouvrier et socialiste.

En effet à Rennes en 2026, une école élémentaire publique porte toujours le nom d’Albert de Mun. Or Albert de Mun fut l’une des grandes figures du catholicisme social conservateur de la fin du XIXe siècle, partisan d’une organisation chrétienne, hiérarchique et paternaliste du monde ouvrier, à l’heure même où la République s’efforçait de soustraire l’école, la commune et les citoyens aux tutelles confessionnelles.

La coupure que nous publions, extraite du journal Le Finistère du 22 février 1888, restitue sans atténuation la vigueur de cet affrontement. Sous le titre « Les résultats du socialisme clérical », le journal prend directement Albert de Mun pour cible et accuse le système social catholique de transformer une commune ouvrière en « satrapie industrielle et cléricale ». L’entreprise y exercerait un pouvoir étendu sur le travail, les salaires, l’épargne, le crédit, la municipalité, les écoles et le culte ; le directeur de l’usine y est présenté comme un « roi absolu ».

Ce texte est un document de combat. Il ne saurait dispenser d’une lecture critique ni de la confrontation avec les archives économiques, judiciaires et administratives de l’époque. Mais il révèle avec une force exceptionnelle ce que les républicains anticléricaux dénonçaient dans le « socialisme chrétien » : non une émancipation des travailleurs, mais une politique de dépendance sociale sous l’autorité combinée du patronat, du clergé et des intérêts monarchistes.

La question posée n’est pas de juger les générations d’enseignants, de personnels, d’élèves et de familles qui ont fait vivre cette école. Elle est d’interroger le sens d’un nom inscrit au frontispice d’un établissement de l’instruction publique. L’École de la République n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs : elle porte une ambition de liberté de conscience, d’égalité civique et d’affranchissement des tutelles. Cette ambition s’est incarnée, en Bretagne comme ailleurs, dans l’œuvre patiente de l’école laïque et dans la formation des maîtres par les Écoles normales. À Rennes, cette filiation est particulièrement ancienne. L’École normale d’instituteurs de la ville fut créée avant même l’installation définitive de la IIIe République ; elle rappelle que le projet d’instruction populaire, de formation professionnelle des maîtres et d’émancipation par le savoir ne naquit pas avec les seules lois Ferry, même si celles-ci lui donnèrent un cadre national décisif. L’histoire rennaise de l’éducation ne peut donc être ramenée à une succession paisible de dénominations : elle est aussi faite de combats pour l’autonomie de l’école publique à l’égard des pouvoirs religieux, politiques et économiques.

C’est au nom de cette fidélité sans faille à l’École publique, laïque et émancipatrice que ce document de 1888 est remis en circulation. Il ouvre une enquête qui reste à mener pleinement : à quelle date, par quelle décision et dans quel contexte une école publique rennaise a-t-elle reçu le nom d’Albert de Mun ? Quels débats cette dénomination suscita-t-elle — ou aurait-elle dû susciter ? Et quelle mémoire la ville de Rennes souhaite-t-elle aujourd’hui inscrire au frontispice de ses écoles ?

Le texte de 1888 est suivi d’une synthèse permettant de replacer ses accusations, son vocabulaire et ses silences dans leur contexte. 
Il appartient désormais aux lecteurs, aux citoyens, aux anciens de l’école, aux chercheurs et aux responsables publics de poursuivre l’enquête : quand, par qui et pour quelles raisons cette école rennaise reçut-elle le nom d’Albert de Mun ?  Est-il opportun de le conserver ?

 Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos  deux fichiers  (accessibles d’un seul clic gauche) :

Fichier 1 . Les résultats du socialisme clérical (article du Finistère)

Fichier 2 . Albert de Mun ;le « socialisme clérical » et le paradoxe d’une école publique rennaise par T.R. et PPty.

« Hon Escop nevez » (1888) Quand une chronique bretonne parue dans Le Finistère interpelle le clergé et défend la République.

À première vue, « Hon Escop nevez » — « Notre nouvel évêque » — pourrait n’être qu’une courte « Variété » en breton, publiée par Le Finistère le 18 février 1888 à l’occasion de l’arrivée de M. Jacques-Théodore Lamarche à Quimper. Mais, sous la signature narquoise de Fistoulik-Vihan, cette chronique révèle un document d’une rare densité : en pleine phase de laïcisation républicaine, et bien avant la séparation des Églises et de l’État de 1905, elle interpelle le clergé en mobilisant à la fois la langue du peuple breton, l’Évangile, l’autorité de Léon XIII et l’affirmation résolue de la République.

L’article ne se borne pas à opposer la République à l’Église. Il demande aux prêtres de revenir à la religion, à la charité chrétienne et aux « choses du ciel », plutôt que de se mêler des combats politiques. Son intérêt tient aussi au choix du breton : cette langue permet à un journal républicain de s’adresser directement aux lecteurs bretonnants, avec une familiarité, une ironie et une vigueur populaire qu’un éditorial français plus officiel n’aurait guère pu employer.

La présentation qui suit se déploie en trois volets complémentaires : d’abord l’établissement du texte breton de 1888 et sa traduction française en regard (FICHIER 1) ; ensuite les notes linguistiques, historiques et éditoriales qui éclairent ses expressions, son pseudonyme et son contexte (FICHIER 2 ) ; enfin une analyse de sa portée politique et culturelle, à la croisée du catholicisme populaire, du pouvoir clérical, de la presse bretonnante et de l’enracinement de la République en Bretagne (FICHIER 3).

La loi de séparation à l’épreuve à Metz

Laïcité républicaine, droit local et visite papale

(25–28 septembre 2026)

 C’est en examinant le programme du colloque « Laïcité et droit local » (Metz, 25 septembre 2026) que l’auteur de ces lignes — défenseur sans faiblesse de la loi de 1905 — a noté la succession, à trois jours d’intervalle, de cette rencontre universitaire et de la visite du pape Léon XIV (28 septembre) dans la même ville de Metz, chef-lieu de la Moselle. Cette coïncidence, dans un territoire où la loi de 1905 ne s’applique pas pleinement, pose une question que nul, jusqu’ici, n’a formulée : s’agit-il d’un simple hasard de calendrier, ou d’une mise en scène symbolique des tensions entre la laïcité républicaine et les exceptions territoriales (Alsace-Moselle, outre-mer) ? Analyse iconoclaste, donc, qui ne doit rien au CRHA (Centre de recherche Henri Aigueperse), lequel participera au colloque et communiquera ultérieurement au Congrès de Metz. Ce dossier, quant à lui, se propose d’analyser les enjeux de cette séquence messine, du point de vue des adhérents de l’Association, attachés à l’unité de la République et à l’application stricte du principe de laïcité.

Faut-il rappeler ici  que pendant l’histoire contemporaine, la ville de Metz a scellé par deux fois le destin de la France face à l’Allemagne. Le 27 octobre 1870, la capitulation tragique du maréchal Bazaine livre la place forte aux armées de Bismarck, entraînant la perte de l’Alsace-Moselle. Suite à ce drame, Metz reste « impériale » pendant 48 ans, profondément transformée par l’urbanisme et l’architecture du Deuxième Reich allemand, jusqu’au traité de Versailles de 1919. Soixante-dix ans après le premier affront, l’histoire se répète face à Hitler : en juin 1940, face à l’effondrement militaire français la cité – déclarée « ville ouverte »  capitule de fait pour une seconde annexion brutale. Ces deux redditions majeures font de Metz le symbole universel des déchirements et des reconstructions de la frontière franco-allemande.

Les visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ( à gauche) les deux fichiers suivants qu’il conviendra de lire en les contextualisant en rapport avec les évènements messins qui auront cours en cette fin de septembre 2026 :

Fichier 1.   Colloque : Laïcité et droit local  par CRHA.

Fichier 2.  Laïcité républicaine, droit local et visite papale par  ASVPNF  

 Que le rédacteur en chef au CRHA soit très cordialement remercié de nous avoir permis ce nouvel emprunt !

Mettre les réformateurs à la réforme ou le paradoxe de l’Education nationale

Face au constat accablant du classement PISA 2026, qui situe la France à son niveau le plus bas en mathématiques et en compréhension de l’écrit depuis l’origine de l’enquête, l’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux euphémismes. C’est dans ce contexte d’urgence nationale que s’inscrit le présent Manifeste pour l’École républicaine, élaboré à la suite de l’article à charge publié par Catherine Kintzler sur le site Mezetulle le 11 septembre 2026 : « École : les réformateurs ont réussi ! ».

Philosophe de la laïcité et spécialiste des questions éducatives, Catherine Kintzler y dénonce avec force une réalité que trop de responsables politiques et médiatiques s’obstinent à ignorer : depuis quarante ans, une idéologie pédagogiste a progressivement détourné l’École de sa mission première — instruire — pour la transformer en un « lieu de vie », une animation associative où l’élève est sommé de « construire » seul des savoirs qu’on ne lui a pas donnés les moyens d’acquérir.

Ce manifeste reprend et développe l’analyse de Catherine Kintzler. Il formalise les causes structurelles du déclin scolaire français. Il propose dix engagements concrets pour refonder l’École de la République : programmes cohérents, enseignement explicite, formation refondée des professeurs, restauration de l’autorité, évaluation au service des apprentissages, culture commune ambitieuse.

Destiné aux associations, aux éditeurs, aux enseignants, aux parents et aux responsables publics, ce texte se veut une contribution au débat présidentiel de 2027. Il ne s’agit pas de nostalgie, mais de lucidité : remettre les réformateurs à la réforme, c’est soumettre leurs décisions à l’épreuve du réel — non des intentions proclamées, mais des connaissances réellement acquises par les élèves.

L’École républicaine n’est pas une cause perdue. Elle est un choix de civilisation.  Aux citoyens émancipés de le faire!

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos (au moyen d’un clic gauche sur Fichier…) :

Fichier 1 .  L’article d’alerte de Catherine Kintzler (Ecole ; les réformateurs ont réussi )

 Fichier 2. Le manifeste de l’ASVPNF  pour l’Ecole républicaine (Mettre les réformateurs de l’Éducation nationale à la réforme pour instruire, émanciper et restaurer l’exigence scolaire )

Fichier 3 . Annexe ; : L’IA à l’École (à l’âge de l’intelligence artificielle, réaffirmer la mission d’instruire)

Que Catherine Kintzler soit très cordialement remerciée de nous permettre le représentation  de l’ article  récemment mis en ligne à Mezetulle !

Non à la privatisation de l’enseignement professionnel

Devant le discours de rentrée du responsable de l’enseignement diocésain dont il est fait état dans un article  de Djéhanne Gani publié sur le site du Café pédagogique le 11septembre 2026,  il a paru nécessaire de  clamer une vérité (s’il en est encore temps !) que trop de responsables politiques s’efforcent d’étouffer : l’enseignement professionnel est en bonne voie d’être privatisé, et avec lui, c’est une part essentielle du service public d’éducation qui est livrée aux intérêts privés.

Les déclarations récentes du secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, ne laissent aucun doute : avec son objectif de « 80% d’une génération dans une voie professionnalisante » et sa promotion d’une « responsabilité éducative des entreprises », c’est un projet de captation du système éducatif qui est en marche. Un réseau privé confessionnel s’érige en architecte d’une doctrine nationale, tandis que l’État se retire de son rôle de garant des finalités républicaines de l’École.

Notre Association (ASVPNF) ne peut rester silencieuse face à cette dérive considérant que la laïcité n’est pas négociable, que l’égalité républicaine n’est pas une option et que L’École n’est pas une annexe de l’entreprise.

C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un manifeste qui pose des constats, réaffirme des principes et exige des mesures concrètes : maintien d’un enseignement professionnel public et laïque, plafonnement de l’apprentissage en lycée pro, transparence des partenariats écoles–entreprises, revalorisation des PLP, respect strict de la laïcité.

Ce texte est un appel à la mobilisation des enseignants, parents, élèves, élus, chercheurs, citoyens et tous ceux qui croient encore que l’École doit former des citoyens libres et non   des exécutants dociles.

Dénonçons la privatisation de l’enseignement professionnel , la captation confessionnelle du service public d’éducation et continuons de défendre sans faiblesse  une École républicaine, laïque et émancipatrice.

Appel à la mobilisation

Il est adressé :

Aux enseignants, en particulier aux professeurs de lycée professionnel (PLP) : votre métier est attaqué. Votre expertise est niée. Votre parole est étouffée. Nous vous appelons à vous organiser, à faire entendre vos analyses, à refuser les réformes « hors sol » qui détruisent le sens de votre travail.

 Aux parents d’élèves : l’orientation de vos enfants n’est pas une variable d’ajustement économique. Vous avez le droit d’exiger une école qui forme des citoyens, pas des exécutants. Mobilisez-vous dans les conseils d’administration, les fédérations de parents, les associations locales.

Aux élèves, en particulier ceux de la voie professionnelle : vous n’êtes pas des « ressources humaines » en formation. Vous êtes des jeunes en construction, avec des droits, des aspirations, une dignité. Ne vous laissez pas réduire à des statistiques d’insertion.

Aux élus locaux et nationaux : votre responsabilité est engagée. Vous ne pouvez pas laisser un réseau privé confessionnel dicter les lois de l’École de la République. Exigez des comptes, votez des résolutions, interpellez le gouvernement.

Aux chercheurs, intellectuels, journalistes, syndicalistes des métiers de l’enseignement : la bataille des idées est cruciale. Documentez, analysez, enquêtez. Mettez en lumière les effets concrets de ces réformes. Ne laissez pas le champ libre aux discours technocratiques et aux arguments d’autorité.

Il s’agit de choisir entre  l’École ou le chaos

La République est à la croisée des chemins ; soit elle reprend la main sur son Ecole, soit elle accepte de la voir fragmentée, privatisée, confessionnalisée, asservie aux logiques du marché.

Notre Association choisit son camp. Celui de la laïcité, de l’égalité, d’une école qui émancipe, qui élève, qui ouvre des possibles.L’École de la République n’est pas une annexe de l’entreprise, ni un prolongement de l’enseignement diocésain. Elle est le lieu où se forment des citoyens libres, capables de penser leur vie et de transformer la société.

Nous le disons sans ambages : non à la privatisation de l’enseignement professionnel. Non à la captation confessionnelle du service public d’éducation. Oui à une École républicaine, laïque et émancipatrice.

Les visiteurs de ce site , indignés par un  propos de rentrée    de mauvais augure et révélateur de revendications  que l’on aurait pu croire d’un autre temps, pourront consulter :

Fichier 1.   Enseignement catholique et entreprises main dans la main par Djéhanne Gani

Fichier 2 . Non à la privatisation de l’enseignement professionnel ; l’appel de  ASVPNF

Fichier 3 . La prise en main de l’enseignement professionnel par l’enseignement diocésain  par T.R.. et PPty.

Que Djéhanne Gani soit très cordialement  remerciée de nous permettre  un nouvel emprunt au Café pédagogique .

Léo Lagrange, figure emblématique de l’émancipation populaire

ou

Léo Lagrange, l’artisan du temps libre : sport, culture et émancipation populaire au temps du Front populaire

Rendre justice à Léo Lagrange sans le réduire à l’image du « ministre des Loisirs » : un socialiste démocratique, un antifasciste, un défenseur de la culture populaire et un homme convaincu que la joie, le sport, les vacances et le temps libre participent pleinement à la dignité humaine, tel est l’objet de cette insertion.

Elle restitue également la place trop souvent oubliée de Madeleine Lagrange et les liens intellectuels et politiques qui l’unissaient à Jean Zay. Ce double éclairage donne à la mémoire du Front populaire toute sa profondeur ;  nous l’avons déjà illustrée sur ce site (cf . https://asvpnf.com/index.php/2026/07/15/pour-celebrer-le-90e-anniversaire-du-front-populaire-et-temoigner-de-ses-apports/ )

Elle souhaite aussi souligner  que tout en restant fidèle à la pensée et à l’oeuvre de Léo Lagrange. que son héritage ne relève pas seulement de la célébration. Il  peut encore, par son caractère emblématique, nourrir la réflexion sur les priorités d’un projet politique et sur la place de la justice sociale, de la culture, de l’éducation populaire et de la dignité dans la vie publique .

Les visiteurs de ce site pourront consulter à  ce propos  trois fichiers accessibles successivement au moyen  d’un clic gauche :

Fichier 1 .  La joie comme droit  par le CHRA

Fichier 2 .   Léo Lagrange ; quand le temps des loisirs prolonge l’œuvre de l’Ecole républicaine par ASVPNF

Fichier 3 .   Léo Lagrange ; une idée neuve de la liberté par T.R. et PPty.

 Que le rédacteur responsable de l’article du CRHA soit remercié de nous permettre la reproduction et la représentation de son article.

La laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes

L’article « Laïcité, Démocratie, Droits des Femmes » de Marieme Hélie-Lucas paru sur le site « Entre les lignes entre les mots » constitue à la fois un témoignage personnel, une analyse historique et un plaidoyer féministe. Rédigé à partir d’une conférence donnée à Dakar en 2025, il s’inscrit principalement dans un contexte africain. L’auteure y défend une conception de la laïcité fondée sur la séparation du religieux et du politique, qu’elle considère comme une condition essentielle de la démocratie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Son argumentation prend d’abord appui sur l’expérience algérienne. Elle rappelle que le Congrès de la Soummam, en 1956, avait affirmé la vocation laïque de l’Algérie en lutte pour son indépendance. Après 1962, cette orientation aurait été progressivement abandonnée, notamment avec la proclamation de l’islam comme religion de l’État dans la Constitution de 1963. L’adoption du Code de la famille en 1984 représente, dans son analyse, l’aboutissement de cette évolution. Les femmes algériennes y ont perdu une part importante de leurs droits en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. L’auteure relie cette régression juridique à la reconnaissance politique d’une norme religieuse et à l’affaiblissement du principe de laïcité.

Son expérience de la guerre contre les civils durant les années 1990 renforce cette conviction. Marieme Hélie-Lucas rappelle que les femmes furent les victimes privilégiées des groupes intégristes armés. Elle distingue cependant clairement les croyants des mouvements fondamentalistes : la critique de la laïcité ne vise pas les personnes religieuses, mais les entreprises politiques qui cherchent à imposer une interprétation particulière de la religion à l’ensemble de la société. Elle souligne également que des croyants progressistes et des théologiens réformateurs ont souvent été persécutés par les autorités religieuses conservatrices ou par les groupes intégristes.

L’auteure revient ensuite sur l’histoire française de la laïcité, qu’elle rattache à la Révolution de 1789 et à la loi du 9 décembre 1905. Elle insiste sur le fait que cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en séparant les institutions religieuses de l’État. La laïcité n’est donc ni l’athéisme ni l’hostilité aux religions : elle protège la liberté des individus et empêche les autorités confessionnelles de disposer d’un pouvoir politique particulier. La République ne reconnaît que des citoyens égaux, et non des communautés religieuses investies d’une représentation autonome.

Le texte propose également de distinguer la laïcité du sécularisme. Marieme Hélie-Lucas associe ce dernier au modèle britannique de reconnaissance et d’accommodement des religions. Selon elle, ce système favorise le communautarisme, la multiplication des autorités religieuses et l’existence de normes juridiques différentes selon l’appartenance religieuse réelle ou supposée des citoyens. Elle dénonce notamment les tribunaux religieux intervenant dans des affaires familiales et le risque qu’ils font peser sur l’autonomie des femmes. Cette partie est particulièrement stimulante, même si elle demande à être nuancée et vérifiée sur le plan juridique et comparatif.

La comparaison entre la Tunisie et l’Algérie montre ensuite que les sociétés dites musulmanes ne sont pas régies par une loi religieuse unique. Les législations familiales varient selon les choix politiques, les interprétations des textes, les traditions sociales et les héritages coloniaux. Cette diversité démontre que les normes présentées comme divines sont toujours interprétées par des acteurs humains et peuvent produire des droits très différents pour les femmes.

Enfin, Marieme Hélie-Lucas critique le relativisme culturel lorsqu’il conduit à accepter, au nom de la défense des minorités, des règles inégalitaires imposées aux femmes immigrées ou issues de minorités religieuses. Pour elle, la lutte contre le racisme ne doit jamais se faire au détriment de l’égalité des sexes. Les droits des femmes doivent être considérés comme des droits humains universels, qui ne peuvent être subordonnés à la religion, à la tradition ou à l’appartenance communautaire.

L’intérêt majeur du texte réside ainsi dans l’articulation de quatre exigences : la liberté de conscience, la souveraineté démocratique, l’égalité juridique et l’émancipation des femmes. Sa portée critique est forte, même si certaines affirmations historiques et juridiques doivent être documentées et si l’opposition entre laïcité et sécularisme mérite d’être davantage nuancée. L’héritage essentiel de Marieme Hélie-Lucas tient à cette conviction : aucune religion, aucune tradition et aucune communauté ne doit pouvoir disposer des femmes contre leur liberté, leur conscience et leur égalité citoyenne.

Les visiteurs de de ce site pourront consulter à ce propos les fichiers suivants :

Fichier 1 . La copie de l’article original paru sur le site « Entre les lignes entre les mots »le 18 août 2026 intitulé «  Laïcité, Démocratie, Droits des femmes »

Fichier 2.  La recension  de cet  article par l’ASVPNF intitulée « Marieme Hélie-Lucas : la laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes »

Fichier 3 . Le manifeste de  l’ASVPNF intitulé : « Manifeste pour la laïcité républicaine et l’émancipation des femmes ».

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Pour une refondation républicaine de l’École publique à l’horizon 2027
Préparer 2027
La réalité de l’intérêt de l’écriture inclusive
Addendum à la parution de l’article d’André Le Goff intitulé “La tante aux tableaux”
Loi de 1905
André Le Goff raconte (suite):
1905-2025
Après le 13 novembre 
Lorsque les adeptes du sécularisme
L’irruption de l’intelligence artificielle
Liberté et oppression
Petite chronique
En hommage à Marguerite Bodin
Pour une « nouvelle laïcité » appliquée à l’intelligence artificielle (IA)
Aimer l’Ecole publique républicaine, gratuite, obligatoire, laïque et libérée des contraintes de la loi Debré
Une mise au point salutaire à méditer !
Petite chronique d’après Ciase et Betharram (1)
Protester, dénoncer, condamner
Hommage de l’ASVPNF
Les 80 ans de la SECURITE SOCIALE
Addendum : Robert Badinter au Panthéon
Robert BADINTER  au PANTHEON
La République laïque et les cultes
Fermeture de l’INSPE de Vannes au profit de l’Université Catholique de l’Ouest
A la veille du 120è anniversaire de la loi  de  1905
Le SGEC et l’enseignement catholique sous contrat
La laïcité de combat ne peut être ni discriminatoire ni liberticide:
L’irruption de l’intelligence artificielle
Se souvenir afin de mieux combattre
Le wokisme, l’indifférenciation et la logique inversée de la victime expiatoire 
Enseignement et mathématiques
Qu’est-il arrivé à la laïcité ?
Contre la volonté de ne pas savoir Démystifier l’acétamipride et sa biotoxicité
Turpitudes et contre-turpitudes cléricales et ecclésiales
CHARLES PÉGUY ; L’Ecole républicaine et la laïcité, un silence éclairant
Penser contre son camp !
La disparition du Professeur Guy DESBIENS
A propos de la mise en berne du drapeau national sur les bâtiments publics pour les obsèques du pape François.
A propos du respect de laïcité dans le sport
L’école française : un système formaté pour les gagnants d’avance
Le gag contreproductif du modèle de l’Ecole belge privatisée
Jean-Michel Muglioni est mort

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