La loi de séparation à l’épreuve à Metz
Laïcité républicaine, droit local et visite papale
(25–28 septembre 2026)
C’est en examinant le programme du colloque « Laïcité et droit local » (Metz, 25 septembre 2026) que l’auteur de ces lignes — défenseur sans faiblesse de la loi de 1905 — a noté la succession, à trois jours d’intervalle, de cette rencontre universitaire et de la visite du pape Léon XIV (28 septembre) dans la même ville de Metz, chef-lieu de la Moselle. Cette coïncidence, dans un territoire où la loi de 1905 ne s’applique pas pleinement, pose une question que nul, jusqu’ici, n’a formulée : s’agit-il d’un simple hasard de calendrier, ou d’une mise en scène symbolique des tensions entre la laïcité républicaine et les exceptions territoriales (Alsace-Moselle, outre-mer) ? Analyse iconoclaste, donc, qui ne doit rien au CRHA (Centre de recherche Henri Aigueperse), lequel participera au colloque et communiquera ultérieurement au Congrès de Metz. Ce dossier, quant à lui, se propose d’analyser les enjeux de cette séquence messine, du point de vue des adhérents de l’Association, attachés à l’unité de la République et à l’application stricte du principe de laïcité.
Faut-il rappeler ici que pendant l’histoire contemporaine, la ville de Metz a scellé par deux fois le destin de la France face à l’Allemagne. Le 27 octobre 1870, la capitulation tragique du maréchal Bazaine livre la place forte aux armées de Bismarck, entraînant la perte de l’Alsace-Moselle. Suite à ce drame, Metz reste « impériale » pendant 48 ans, profondément transformée par l’urbanisme et l’architecture du Deuxième Reich allemand, jusqu’au traité de Versailles de 1919. Soixante-dix ans après le premier affront, l’histoire se répète face à Hitler : en juin 1940, face à l’effondrement militaire français la cité – déclarée « ville ouverte » capitule de fait pour une seconde annexion brutale. Ces deux redditions majeures font de Metz le symbole universel des déchirements et des reconstructions de la frontière franco-allemande.
Les visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ( à gauche) les deux fichiers suivants qu’il conviendra de lire en les contextualisant en rapport avec les évènements messins qui auront cours en cette fin de septembre 2026 :
Fichier 1. Colloque : Laïcité et droit local par CRHA.
Fichier 2. Laïcité républicaine, droit local et visite papale par ASVPNF
Que le rédacteur en chef au CRHA soit très cordialement remercié de nous avoir permis ce nouvel emprunt !
Mettre les réformateurs à la réforme ou le paradoxe de l’Education nationale
Face au constat accablant du classement PISA 2026, qui situe la France à son niveau le plus bas en mathématiques et en compréhension de l’écrit depuis l’origine de l’enquête, l’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux euphémismes. C’est dans ce contexte d’urgence nationale que s’inscrit le présent Manifeste pour l’École républicaine, élaboré à la suite de l’article à charge publié par Catherine Kintzler sur le site Mezetulle le 11 septembre 2026 : « École : les réformateurs ont réussi ! ».
Philosophe de la laïcité et spécialiste des questions éducatives, Catherine Kintzler y dénonce avec force une réalité que trop de responsables politiques et médiatiques s’obstinent à ignorer : depuis quarante ans, une idéologie pédagogiste a progressivement détourné l’École de sa mission première — instruire — pour la transformer en un « lieu de vie », une animation associative où l’élève est sommé de « construire » seul des savoirs qu’on ne lui a pas donnés les moyens d’acquérir.
Ce manifeste reprend et développe l’analyse de Catherine Kintzler. Il formalise les causes structurelles du déclin scolaire français. Il propose dix engagements concrets pour refonder l’École de la République : programmes cohérents, enseignement explicite, formation refondée des professeurs, restauration de l’autorité, évaluation au service des apprentissages, culture commune ambitieuse.
Destiné aux associations, aux éditeurs, aux enseignants, aux parents et aux responsables publics, ce texte se veut une contribution au débat présidentiel de 2027. Il ne s’agit pas de nostalgie, mais de lucidité : remettre les réformateurs à la réforme, c’est soumettre leurs décisions à l’épreuve du réel — non des intentions proclamées, mais des connaissances réellement acquises par les élèves.
L’École républicaine n’est pas une cause perdue. Elle est un choix de civilisation. Aux citoyens émancipés de le faire!
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos (au moyen d’un clic gauche sur Fichier…) :
Fichier 1 . L’article d’alerte de Catherine Kintzler (Ecole ; les réformateurs ont réussi )
Fichier 2. Le manifeste de l’ASVPNF pour l’Ecole républicaine (Mettre les réformateurs de l’Éducation nationale à la réforme pour instruire, émanciper et restaurer l’exigence scolaire )
Fichier 3 . Annexe ; : L’IA à l’École (à l’âge de l’intelligence artificielle, réaffirmer la mission d’instruire)
Que Catherine Kintzler soit très cordialement remerciée de nous permettre le représentation de l’ article récemment mis en ligne à Mezetulle !
Non à la privatisation de l’enseignement professionnel
Devant le discours de rentrée du responsable de l’enseignement diocésain dont il est fait état dans un article de Djéhanne Gani publié sur le site du Café pédagogique le 11septembre 2026, il a paru nécessaire de clamer une vérité (s’il en est encore temps !) que trop de responsables politiques s’efforcent d’étouffer : l’enseignement professionnel est en bonne voie d’être privatisé, et avec lui, c’est une part essentielle du service public d’éducation qui est livrée aux intérêts privés.
Les déclarations récentes du secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, ne laissent aucun doute : avec son objectif de « 80% d’une génération dans une voie professionnalisante » et sa promotion d’une « responsabilité éducative des entreprises », c’est un projet de captation du système éducatif qui est en marche. Un réseau privé confessionnel s’érige en architecte d’une doctrine nationale, tandis que l’État se retire de son rôle de garant des finalités républicaines de l’École.
Notre Association (ASVPNF) ne peut rester silencieuse face à cette dérive considérant que la laïcité n’est pas négociable, que l’égalité républicaine n’est pas une option et que L’École n’est pas une annexe de l’entreprise.
C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un manifeste qui pose des constats, réaffirme des principes et exige des mesures concrètes : maintien d’un enseignement professionnel public et laïque, plafonnement de l’apprentissage en lycée pro, transparence des partenariats écoles–entreprises, revalorisation des PLP, respect strict de la laïcité.
Ce texte est un appel à la mobilisation des enseignants, parents, élèves, élus, chercheurs, citoyens et tous ceux qui croient encore que l’École doit former des citoyens libres et non des exécutants dociles.
Dénonçons la privatisation de l’enseignement professionnel , la captation confessionnelle du service public d’éducation et continuons de défendre sans faiblesse une École républicaine, laïque et émancipatrice.
Appel à la mobilisation
Il est adressé :
Aux enseignants, en particulier aux professeurs de lycée professionnel (PLP) : votre métier est attaqué. Votre expertise est niée. Votre parole est étouffée. Nous vous appelons à vous organiser, à faire entendre vos analyses, à refuser les réformes « hors sol » qui détruisent le sens de votre travail.
Aux parents d’élèves : l’orientation de vos enfants n’est pas une variable d’ajustement économique. Vous avez le droit d’exiger une école qui forme des citoyens, pas des exécutants. Mobilisez-vous dans les conseils d’administration, les fédérations de parents, les associations locales.
Aux élèves, en particulier ceux de la voie professionnelle : vous n’êtes pas des « ressources humaines » en formation. Vous êtes des jeunes en construction, avec des droits, des aspirations, une dignité. Ne vous laissez pas réduire à des statistiques d’insertion.
Aux élus locaux et nationaux : votre responsabilité est engagée. Vous ne pouvez pas laisser un réseau privé confessionnel dicter les lois de l’École de la République. Exigez des comptes, votez des résolutions, interpellez le gouvernement.
Aux chercheurs, intellectuels, journalistes, syndicalistes des métiers de l’enseignement : la bataille des idées est cruciale. Documentez, analysez, enquêtez. Mettez en lumière les effets concrets de ces réformes. Ne laissez pas le champ libre aux discours technocratiques et aux arguments d’autorité.
Il s’agit de choisir entre l’École ou le chaos
La République est à la croisée des chemins ; soit elle reprend la main sur son Ecole, soit elle accepte de la voir fragmentée, privatisée, confessionnalisée, asservie aux logiques du marché.
Notre Association choisit son camp. Celui de la laïcité, de l’égalité, d’une école qui émancipe, qui élève, qui ouvre des possibles.L’École de la République n’est pas une annexe de l’entreprise, ni un prolongement de l’enseignement diocésain. Elle est le lieu où se forment des citoyens libres, capables de penser leur vie et de transformer la société.
Nous le disons sans ambages : non à la privatisation de l’enseignement professionnel. Non à la captation confessionnelle du service public d’éducation. Oui à une École républicaine, laïque et émancipatrice.
Les visiteurs de ce site , indignés par un propos de rentrée de mauvais augure et révélateur de revendications que l’on aurait pu croire d’un autre temps, pourront consulter :
Fichier 1. Enseignement catholique et entreprises main dans la main par Djéhanne Gani
Fichier 2 . Non à la privatisation de l’enseignement professionnel ; l’appel de ASVPNF
Fichier 3 . La prise en main de l’enseignement professionnel par l’enseignement diocésain par T.R.. et PPty.
Léo Lagrange, figure emblématique de l’émancipation populaire
ou
Léo Lagrange, l’artisan du temps libre : sport, culture et émancipation populaire au temps du Front populaire
Rendre justice à Léo Lagrange sans le réduire à l’image du « ministre des Loisirs » : un socialiste démocratique, un antifasciste, un défenseur de la culture populaire et un homme convaincu que la joie, le sport, les vacances et le temps libre participent pleinement à la dignité humaine, tel est l’objet de cette insertion.
Elle restitue également la place trop souvent oubliée de Madeleine Lagrange et les liens intellectuels et politiques qui l’unissaient à Jean Zay. Ce double éclairage donne à la mémoire du Front populaire toute sa profondeur ; nous l’avons déjà illustrée sur ce site (cf . https://asvpnf.com/index.php/2026/07/15/pour-celebrer-le-90e-anniversaire-du-front-populaire-et-temoigner-de-ses-apports/ )
Elle souhaite aussi souligner que tout en restant fidèle à la pensée et à l’oeuvre de Léo Lagrange. que son héritage ne relève pas seulement de la célébration. Il peut encore, par son caractère emblématique, nourrir la réflexion sur les priorités d’un projet politique et sur la place de la justice sociale, de la culture, de l’éducation populaire et de la dignité dans la vie publique .
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers accessibles successivement au moyen d’un clic gauche :
Fichier 1 . La joie comme droit par le CHRA
Fichier 2 . Léo Lagrange ; quand le temps des loisirs prolonge l’œuvre de l’Ecole républicaine par ASVPNF
Fichier 3 . Léo Lagrange ; une idée neuve de la liberté par T.R. et PPty.
Que le rédacteur responsable de l’article du CRHA soit remercié de nous permettre la reproduction et la représentation de son article.
La laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes
L’article « Laïcité, Démocratie, Droits des Femmes » de Marieme Hélie-Lucas paru sur le site « Entre les lignes entre les mots » constitue à la fois un témoignage personnel, une analyse historique et un plaidoyer féministe. Rédigé à partir d’une conférence donnée à Dakar en 2025, il s’inscrit principalement dans un contexte africain. L’auteure y défend une conception de la laïcité fondée sur la séparation du religieux et du politique, qu’elle considère comme une condition essentielle de la démocratie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Son argumentation prend d’abord appui sur l’expérience algérienne. Elle rappelle que le Congrès de la Soummam, en 1956, avait affirmé la vocation laïque de l’Algérie en lutte pour son indépendance. Après 1962, cette orientation aurait été progressivement abandonnée, notamment avec la proclamation de l’islam comme religion de l’État dans la Constitution de 1963. L’adoption du Code de la famille en 1984 représente, dans son analyse, l’aboutissement de cette évolution. Les femmes algériennes y ont perdu une part importante de leurs droits en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. L’auteure relie cette régression juridique à la reconnaissance politique d’une norme religieuse et à l’affaiblissement du principe de laïcité.
Son expérience de la guerre contre les civils durant les années 1990 renforce cette conviction. Marieme Hélie-Lucas rappelle que les femmes furent les victimes privilégiées des groupes intégristes armés. Elle distingue cependant clairement les croyants des mouvements fondamentalistes : la critique de la laïcité ne vise pas les personnes religieuses, mais les entreprises politiques qui cherchent à imposer une interprétation particulière de la religion à l’ensemble de la société. Elle souligne également que des croyants progressistes et des théologiens réformateurs ont souvent été persécutés par les autorités religieuses conservatrices ou par les groupes intégristes.
L’auteure revient ensuite sur l’histoire française de la laïcité, qu’elle rattache à la Révolution de 1789 et à la loi du 9 décembre 1905. Elle insiste sur le fait que cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en séparant les institutions religieuses de l’État. La laïcité n’est donc ni l’athéisme ni l’hostilité aux religions : elle protège la liberté des individus et empêche les autorités confessionnelles de disposer d’un pouvoir politique particulier. La République ne reconnaît que des citoyens égaux, et non des communautés religieuses investies d’une représentation autonome.
Le texte propose également de distinguer la laïcité du sécularisme. Marieme Hélie-Lucas associe ce dernier au modèle britannique de reconnaissance et d’accommodement des religions. Selon elle, ce système favorise le communautarisme, la multiplication des autorités religieuses et l’existence de normes juridiques différentes selon l’appartenance religieuse réelle ou supposée des citoyens. Elle dénonce notamment les tribunaux religieux intervenant dans des affaires familiales et le risque qu’ils font peser sur l’autonomie des femmes. Cette partie est particulièrement stimulante, même si elle demande à être nuancée et vérifiée sur le plan juridique et comparatif.
La comparaison entre la Tunisie et l’Algérie montre ensuite que les sociétés dites musulmanes ne sont pas régies par une loi religieuse unique. Les législations familiales varient selon les choix politiques, les interprétations des textes, les traditions sociales et les héritages coloniaux. Cette diversité démontre que les normes présentées comme divines sont toujours interprétées par des acteurs humains et peuvent produire des droits très différents pour les femmes.
Enfin, Marieme Hélie-Lucas critique le relativisme culturel lorsqu’il conduit à accepter, au nom de la défense des minorités, des règles inégalitaires imposées aux femmes immigrées ou issues de minorités religieuses. Pour elle, la lutte contre le racisme ne doit jamais se faire au détriment de l’égalité des sexes. Les droits des femmes doivent être considérés comme des droits humains universels, qui ne peuvent être subordonnés à la religion, à la tradition ou à l’appartenance communautaire.
L’intérêt majeur du texte réside ainsi dans l’articulation de quatre exigences : la liberté de conscience, la souveraineté démocratique, l’égalité juridique et l’émancipation des femmes. Sa portée critique est forte, même si certaines affirmations historiques et juridiques doivent être documentées et si l’opposition entre laïcité et sécularisme mérite d’être davantage nuancée. L’héritage essentiel de Marieme Hélie-Lucas tient à cette conviction : aucune religion, aucune tradition et aucune communauté ne doit pouvoir disposer des femmes contre leur liberté, leur conscience et leur égalité citoyenne.
Les visiteurs de de ce site pourront consulter à ce propos les fichiers suivants :
Fichier 1 . La copie de l’article original paru sur le site « Entre les lignes entre les mots »le 18 août 2026 intitulé « Laïcité, Démocratie, Droits des femmes »
Fichier 2. La recension de cet article par l’ASVPNF intitulée « Marieme Hélie-Lucas : la laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes »
Fichier 3 . Le manifeste de l’ASVPNF intitulé : « Manifeste pour la laïcité républicaine et l’émancipation des femmes ».
Langue paysanne, République et âme bretonne
Publié dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère du 21 janvier 1888, ce dialogue en breton entre deux paysans de Cornouaille, Fanch et Jakez, prend pour cadre la foire de Châteaulin et pour point de départ une simple conversation de rencontre. Sous des dehors familiers — on parle de soif, de cidre, des nouvelles du pays et des propos entendus chez le recteur — le texte déploie une véritable petite scène politique. L’humour populaire, les formules imagées et le ton de la joute verbale servent ici une démonstration républicaine très nette, dirigée contre le clergé local et contre les milieux conservateurs.
Ce document est particulièrement intéressant à plusieurs titres. Il montre d’abord comment la presse républicaine de la fin du XIXe siècle pouvait utiliser le breton comme langue d’expression et de persuasion, non pas seulement comme curiosité régionale, mais comme vecteur d’opinion. Il donne ensuite un aperçu précieux de la manière dont la République cherchait à s’adresser aux campagnes bretonnes, dans un contexte de fortes tensions entre influence religieuse, loyautés politiques traditionnelles et montée de l’école et des idées républicaines. Le texte laisse ainsi entendre une parole paysanne à la fois construite, malicieuse et efficace, où la politique se dit dans la langue du quotidien.
Au-delà de sa portée polémique, cette pièce brève vaut aussi comme témoignage de sociabilité rurale : la foire, le verre partagé, le proverbe et la repartie y composent un tableau vivant de la Cornouaille de la fin du XIXe siècle. C’est ce mélange de couleur locale, d’ironie et d’engagement qui fait tout l’intérêt de ce petit texte, à la fois document historique, fragment de culture bretonne écrite et indice des transformations politiques du monde rural.
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers accessibles d’un seul clic gauche :
Fichier 1. Brezhoneg ha republik e bro guernev
Fichier 2 . Version « trilingue » ;Breton de 1888, Breton contemporain et Français en regard.
Fichier 3. Langue paysanne, République et âme bretonne
L’Ecole de LESTONAN dans la Guerre scolaire.
(Ergué-Gabéric , F-29500)
dans la
Guerre scolaire.
Entre 1927 et 1929, LESTONAN apparaît comme un espace de confrontation entre deux modèles scolaires et sociaux. D’un côté, l’école publique laïque, liée à la commune et à l’administration républicaine ; de l’autre, un réseau scolaire confessionnel soutenu par la puissance économique et sociale de la Papeterie d’Odet.
René Bolloré ne semble pas avoir cherché seulement à construire des écoles. Son action participe d’une organisation globale du monde ouvrier, dans laquelle l’entreprise, le logement, l’éducation, les œuvres sociales et la religion entretiennent des liens étroits. Cette organisation offre des services et des perspectives aux familles, mais elle peut aussi être perçue comme un instrument d’influence et de contrôle.
Le cas de Lestonan peut ainsi être retenu comme un exemple local de paternalisme industriel catholique dans la Bretagne de l’entre-deux-guerres .
Maryse le Berre et André Le Goff , tous deux adhérents de l’ASVPNF, rapportent ici leurs témoignages permettant de reconstituer des faits marquants de cette histoire emblématique de l’entre-deux- guerres en Finistère et de les replacer dans le cadre plus large de la vie d’une collectivité locale accueillant depuis le 19è siècle des activités manufacturières et industrielles. Celles qui en dérivent se prolongent jusqu’en 2026. Si elles sont- sans conteste- sources de développement économique en basse-Cornouaille, elles sont associées à des problèmes environnementaux et sociaux qui ne seront évoqués, dans ce dossier, que de façon incidente.
Les visiteurs intéressés par la ou les symboliques de Lestonan pourront consulter quelques fichiers accessibles au moyen d’un simple clic gauche :
FICHIER 1 . Le résumé de cette parution intitulée «L’Ecole de Lestonan dans la guerre scolaire » par Maryse Le Berre et André Le Goff.
Fichier 2 . La représentation des pièces d’archives valorisées dans ce dossier.
Fichier 3 . La transcription intégrale de ces documents .
Fichier 4 . L’école de Lestonan dans la guerre scolaire par T.R. et PPty. ( voir avec abstract et diverraden)
Fichier 5 . L’histoire de Lestonan, éléments singuliers (pour en savoir plus).
Fichier 6 . En annexe ; documents de référence et repères historiques.
Fichier 7.La photographie de l’Ecole communale de Lestonan.
Avertissement :
Ce dossier permet de faire le lien avec Cascadec ,autre site de l’industrie papetière finistérienne que l’ Association avait mis en lumière lors de la célébration du 90ᵉ anniversaire du Front populaire( Cf. https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/ ). Ils renvoient à un même monde industriel, mais à des moments et dans des contextes différents : ici, le paternalisme scolaire et social de l’entre-deux-guerres ; là, les tensions sociales et politiques révélées par le Front populaire.
René Bolloré, cité dans les documents, est le dirigeant des Papeteries de l’Odet. Il appartient à l’histoire industrielle qui conduira à l’ensemble OCB — Odet, Cascadec, Bolloré. Cette précision permet de relier l’épisode scolaire de Lestonan à une histoire plus large du patronat papetier finistérien, dont les établissements d’Odet et de Cascadec ont également constitué des lieux importants d’organisation du monde du travail et de la vie sociale.
Il convient d’éviter toute confusion chronologique : la référence à OCB peut servir de repère historique pour le lecteur contemporain, mais les documents de 1929 doivent d’abord être présentés dans leur cadre propre, celui des Papeteries d’ Odet à Lestonan et de l’action de René Bolloré…
Pour une Ecole gratuite, obligatoire,laïque et souveraine à l’âge de l’intelligence artificielle
C’est à la suite de l’article documenté sur l’irruption de l’ intelligence artificielle (IA) dans notre système éducatif de Marc Crouzel- récemment mis en ligne dans Mezetulle- que l’ASVPNF prend l’initiative de faire connaître son point de vue sur ce qu’elle assimile à une véritable révolution. Elle intervient tant au plan des principes fondateurs de l’Instruction et de l’Education qu’à celui des pratiques pédagogiques. Ne pas la nommer pour le reconnaître relèverait d’un combat d’arrière-garde perdu d’avance et fatal pour l’Ecole. Il s’agit d’en tirer le meilleur tout en sauvegardant les acquis antérieurs des fondateurs de l’Ecole publique.
Dans le contexte on dira sans ambages qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour l’échéance présidentielle de 2027 . Encore faut-il s’entendre sur ce dont il s’agit !
Il s’agit d’un véritable plan stratégique qui dépasse le cadre d’une simple modernisation technique ou d’un aménagement de programme scolaire. Il s’agit d’un véritable projet de révolution culturelle.
En redéfinissant la manière dont les connaissances sont transmises, vérifiées et assimilées, l’intelligence artificielle bouscule les fondements mêmes de l’école républicaine. Si elle est abandonnée aux seules dynamiques du marché privé, elle aggravera de façon irréversible les inégalités sociales et territoriales. Si elle est sanctuarisée par l’État comme un bien commun, elle peut devenir le plus puissant vecteur d’émancipation et d’égalité des chances depuis les lois de Jules Ferry.
Parce qu’il touche à la souveraineté technologique de la nation, à la protection de l’enfance, au budget des collectivités et à l’avenir de notre modèle social, ce choix de société revêt une dimension politique fondamentale. À ce titre, la gouvernance de l’IA éducative et le financement de la justice numérique devront s’imposer comme un enjeu majeur et clivant du débat de la prochaine élection présidentielle de 2027. Il appartiendra aux candidats de trancher : voulons-nous une école qui subit l’IA algorithmique des géants privés, ou une République qui déploie sa propre IA pour s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé au bord du chemin ? Pour l’instant il s’agit ici de contribuer à l’ouverture du débat.
Les visiteurs pourront d’abord prendre connaissance du FICHIER 1 dévolu à l’article révélateur de Maxime Cruzel qui suscite chez Catherine Kintzler ce propos qui devrait faire date dans l’ensemble du monde éducatif « Les compétences ne précèdent pas les connaissances, elles en résultent. À mesure que l’IA se développe et qu’elle change de nature, il est urgent d’instruire »
Ils pourront ensuite consulter :
Au total et non au final car le sujet est complexe pour le citoyen ordinaire « harcelé » au quotidien par l’irruption de l’intelligence artificielle dans tous les domaines sans exception,on retiendra qu’il est urgent de construire un plan d’action à la fois réaliste, chiffré et profondément ancré dans les valeurs de notre contrat social pour l’adoption intelligente de l’IA à l’Ecole. L’ avenir de celle-ci comme celui de nos autres institutions face à l’explosion technologique se joue dès aujourd’hui. Seules des réflexions de fond abordées avec toute la probité nécessaire permettront d’éviter les dérives et de transformer ces défis en vecteurs de progrès.
Que Catherine Kintzler soit cordialement remerciée de nous avoir permis d’ emprunter l’article de Maxime Cruzel à Mezetulle.
Eglises, abus sexuels et discriminations au Royaume Uni
Trois textes accablants
Sur le site « Entre les lignes, entre les mots » se trouvaient récemment assemblés trois articles venus d’outre-Manche, traduits en Français et dont les contenus retenaient l’attention tant ils rapportaient-avec force détails- des dérives et méfaits de même type que ceux qui se déroulent en France… Nous les dénonçons sans relâche sur ce site. Les visiteurs pourront consulter ces nouveaux témoignages en cliquant sur Fichier 1.
Compte tenu des similitudes troublantes observées, nous avons tenté d’en dégager les déterminants communs afin de mieux les combattre. A ce propos les visiteurs sont invités à prendre connaissance du Fichier 2 intitulé :
« Turpitudes, emprise et école confessionnelle »
Au terme de l’étude, une idée prédomine : qu’il s’agisse d’un pays séparé de l’Église ou d’un pays qui conserve une Église établie, le cléricalisme prospère chaque fois qu’une institution religieuse parvient à s’installer dans des zones de secret, d’autorité et d’influence soustraites au regard commun. Les textes réunis ici montrent que les abus ne relèvent pas seulement de fautes individuelles ; ils s’inscrivent trop souvent dans des dispositifs qui protègent les auteurs, retardent la parole des victimes et font passer la réputation des institutions avant la sécurité des plus vulnérables.
Ce qui frappe d’abord, c’est la place occupée par l’enfance et par les groupes fragiles. L’obligation de signalement sans exception religieuse, recommandée par l’IICSA, répond à une exigence simple : aucune confidentialité confessionnelle ne doit faire obstacle à la protection d’un mineur. Les témoignages venus d’Irlande du Nord vont dans le même sens, en montrant jusqu’où peuvent aller l’emprise, la violence et le silence institutionnel lorsque l’autorité religieuse n’est pas contrôlée de l’extérieur. Enfin, le dossier sur l’Église d’Angleterre rappelle que l’école confessionnelle, lorsqu’elle est financée par l’argent public, peut devenir un instrument de tri social et religieux plutôt qu’un lieu d’égalité.
La conclusion s’impose alors d’elle-même : la séparation des Églises et de l’État demeure indispensable, mais elle ne suffit pas sans une vigilance laïque concrète, sans contrôle indépendant et sans égalité réelle des droits. La liberté de conscience doit rester entière ; elle ne saurait toutefois servir de couverture à l’emprise, à la discrimination ou au silence devant les abus.
Quand des paysans cornouaillais parlaient politique en breton
Un dialogue de 1887 dans Le Finistère
En novembre 1887, Le Finistère publie un dialogue en breton entre deux paysans qui jugent sévèrement les députés conservateurs et appellent à voter pour les républicains modérés. Ce texte, signé « Paolik ar Parkou », illustre la stratégie républicaine de laïcisation par le breton.
Un journal républicain à Quimper
Le Finistère paraît à Quimper à partir de 1872. D’abord « journal politique », il devient progressivement « organe hebdomadaire d’union républicaine ». Son fondateur, Louis Hémon, avocat quimpérois, est une figure centrale du républicanisme finistérien : député de Quimper à plusieurs reprises, puis sénateur.
Dans les années 1880, le département est politiquement divisé. Les républicains défendent la laïcisation de l’enseignement et la stabilité gouvernementale, face à une droite monarchiste et catholique puissante.
La rubrique «Variété» du journal , en fin de numéro,accueille des textes courts, parfois en breton, qui participent à cette campagne. Les visiteurs pourront consulter dans le Fichier Snp, accessible au moyen d’un clic gauche, quelques extraits dudit Journal illustrant ce propos.
Ce dossier, centré sur un dialogue en breton publié dans Le Finistère en 1887, offre un éclairage précieux sur la manière dont la République s’est installée — et a été débattue — dans les campagnes bretonnantes de Cornouaille. Loin d’être un simple exercice de propagande républicaine, ce texte témoigne d’un moment où la langue bretonne a été mobilisée, paradoxalement, pour porter des idées républicaines et laïques auprès d’un public rural.. L’ensemble des données recueillies sont consignées dans un fichier accessible en cliquant ici .
Il comporte ;
1. Texte original : transcription brute ………………………….. p.2
2. Version en breton peurunvan ……………………………………. p.3
3. Traduction en français contemporain ……………………… p.4
4. Traduction annotée (extraits commentés)……………….. p.5
5. Contexte politique………………………………………………………..p.7
5.1. Contexte historique du dialogue………………………… p.7
5.2. Apports à la laïcisation républicaine ……………………. p.8
5.3. Le pseudonyme « Paolik ar Parkou » …………………….. p.9
6. Versions en regard ……………………………………………………..p.11
6.1. Transcription brute / Breton peurunvan ……………. p.11
6.2. Breton peurunvan / Traduction française …… ……. p.14
7. Version condensée (article court) …………………………….p.16
Sur le plan historique, cette étude montre que l’instauration de la République dans les campagnes bretonnes ne s’est pas faite uniquement par le français, par l’école ou par la répression des usages locaux. Elle a aussi emprunté la voie du breton, utilisé comme un vecteur de pédagogie civique. Les paysans « Yeun » et « Perik » ne sont pas de simples figurants : ils sont invités à juger leurs élus, à discuter de la conversion des rentes, à voter « pour les hommes raisonnables ». C’est une forme de citoyenneté en breton qui se construit, à contre-courant des discours cléricaux et monarchistes.
Sur le plan linguistique et culturel, ce texte rappelle que le breton n’était pas seulement la langue de la foi, des traditions ou du folklore. Il était aussi apte à exprimer des enjeux politiques modernes, à porter un vocabulaire civique (gouarnamant, deputed, republicaned, votiñ, dilennadegoù), à construire un débat public dans la langue du peuple. La jeune République, dans sa volonté d’unification linguistique et de laïcisation par le français, a souvent cherché à marginaliser, voire à faire disparaître cet usage du breton. Ce dossier contribue à le réhabiliter, en montrant qu’il a existé un breton politique, civique, républicain — et que ce breton-là mérite d’être étudié, valorisé, transmis.
Puisse cette approche, modeste mais précise, inciter d’autres chercheurs, enseignants ou militants à explorer ce corpus encore trop méconnu des articles en breton de la presse républicaine régionale. Car c’est dans ces textes, parfois oubliés, que se lit une part de l’« âme bretonne » — non pas celle, figée, des folkloristes ou des nationalistes, mais celle, vivante, des paysans qui discutaient politique, qui votaient, qui jugeaient leurs élus, dans leur langue maternelle sans passer saus les fourches caudines du clergé.
