Marc Bloch, la panthéonisation d’un Homme accompli !
« Mieux connaître Marc Bloch permet de s’émerveiller devant le mystère d’une vie accomplie » notait la journaliste Nathalie Lacube alors que ce 23 juin 2026 Marc Bloch entre au Panthéon en compagnie de son épouse Simone.
Rappelons qu’il fut assassiné par les nazis il y a quatre vingts ans. Historien de talent passé par Normale Sup, combattant des deux guerres et Résistant « il a placé sa vie sous le signe de la vérité et du courage ». Il écrivait dans L’Étrange Défaite (1940) : « Il est atroce que les guerres puissent ne pas épargner l’enfance, non seulement parce qu’elle est l’avenir mais surtout parce que sa tendre faiblesse et son irresponsabilité adressent à notre protection un si confiant appel ».
Les visiteurs de ce site pourront consulter un Fichier 1 dévolu à Marc Bloch et à son œuvre. Intitulé :
« Marc Bloch : historien, résistant, figure de mémoire et du judaïsme »
Il révèle que :
“Marc Bloch fut l’un des grands renouvelateurs de l’histoire au XXe siècle, mais aussi un homme de devoir et de courage. Formé à l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, il participa à la fondation des Annales avec Lucien Febvre, ouvrant la voie à une histoire plus sociale, plus critique et plus humaine. Son œuvre, de Les Rois thaumaturges à La Société féodale puis à Apologie pour l’histoire, a profondément marqué la discipline.
Officier durant les guerres, il fut surtout, après 1940, un observateur lucide de l’effondrement français dans L’Étrange Défaite. Révoqué par Vichy en raison des lois antisémites, il entra dans la Résistance à Lyon, au sein de Franc-Tireur puis des MUR, sous plusieurs pseudonymes. Arrêté par la Gestapo en 1944, torturé puis fusillé, il incarna jusqu’au bout la fidélité à la vérité et à la République.
Son épouse, Simone Vidal, joua un rôle essentiel, à la fois dans sa vie savante et dans le soutien discret mais réel à son engagement clandestin. Leur entrée conjointe au Panthéon rappelle qu’on ne célèbre pas seulement un historien, mais un couple uni par la fidélité, l’intelligence et le refus de la barbarie. La mémoire familiale, aujourd’hui encore, veille à préserver cette exigence.”
Les visiteurs pourront également, à leur convenance, prendre connaissance d’un Fichier 2 comportant 4 notices particulières dévolues à la vie et l’œuvre de Marc Bloch :
1 . Notice académique
2 . Simone Vidal, une compagne de travail et de combat
3. Marc Bloch dans les réseaux de la Résistance : appartenances, fonctions et circulations clandestines
4 . Marc Bloch et sa postérité historiographique
Au total une vie accomplie brisée par la barbarie nazie !
La microhistoire
Existerait-il donc une macrohistoire ? C’est une des questions qui ressort à la lecture de l’article mis en ligne récemment par le CRHA sous l’intitulé : « Hommage à Carlo Ginzburg , fondateur de la microhistoire ». On connaissait déjà l’histoire, à ne pas confondre avec l’ Histoire. En réalité selon Philmag « Ginzburg se glissait dans les interstices des grands récits produits par les dominants pour faire entendre d’autres voix et faire voir d’autres réalités. Locale, circonscrite, son histoire n’est pas pour autant étriquée – au contraire, elle s’ouvre en même temps sur des faits beaucoup plus amples. Le ‘petit’ est beaucoup plus riche qu’il n’y paraît” (https://www.philomag.com/articles/les-grandes-idees-de-carlo-ginzburg?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=NLsemaine )
Selon Wikipedia : « Influencée par E. P. Thompson, la microhistoire propose aux historiens de délaisser l’étude des masses ou des classes pour s’intéresser aux individus dans leur environnement. Il a pu s’agir de se focaliser sur l’histoire d’un individu pour éclairer les caractéristiques du monde qui l’entoure, ou de s’intéresser à une localité particulière, à l’évolution d’une culture matérielle ou encore aux liens entre rapports sociaux et activation des ressources naturelles. Malgré une confusion assez répandue, la microhistoire ne correspond pas au fait de s’occuper des « petites choses », comme l’explique Giovanni Levi, mais bien plutôt de « lire les choses avec un microscope » .
Compte tenu des enjeux ainsi mis en lumière et de nos préoccupations associatives dévolues à l’histoire du système éducatif, l’article du CRHA a donné lieu à un examen détaillé suivi d’un compte rendu que l’on trouvera à Fichier 2 .
On pourra également recourir un texte encart sur la question (La microhistoire et Carlo Ginzburg : enjeux et limites) en cliquant sur Fichier 3 .
Benoît Kermoal nous a autorisé à reproduire et représenter l’article du CRHA ; qu’il en soit remercié .
L’Ecole publique en danger et les relations Ecole-Familles.
La lecture de l’article fondateur de Djéhanne Gani à ce propos paru dans le Café pédagogique (17 juin 2026) ne manquera pas d’indigner nombre de visiteurs ordinaires de ce site, souvent amoureux inconditionnels de l’École laïque. Ils seront aussi enclins à penser que l’on est bien loin des temps heureux où ces questions se réglaient au sein des associations amies de l’École notamment les amicales laïques.
Quoi qu’il en soit ils auront accès, en cliquant sur Fichier 1, à l’article original intitulé :
Relation Ecole-familles : « Si le contrat est rompu, l’école publique est en danger »
Où il apparaît que « Le SE-Unsa alerte sur la dégradation des relations entre les familles et l’école. Derrière la hausse des différends et des violences, le syndicat voit les symptômes d’une crise plus profonde qui touche l’institution scolaire et, au-delà, la société tout entière ».
Compte tenu des enjeux et des valeurs associatives centrées sur l’Ecole publique et son devenir défendues par l’ASVPNF, nous avons procédé à une analyse critique de l’article sus-visé, analyse qui n’engage que l’Association elle-même. Les visiteurs pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 2 : L’école publique en danger, relations école-familles ; essai d’analyse critique
On trouvera pour étayer une discussion à peine entamée un Fichier 3 intitulé « Quelle école voulons-nous ? Réflexions sur la crise du lien entre l’École publique et les familles »
Que Djéhanne Gani soit cordialement remerciée de nous avoir permis cet emprunt au Café pédagogique et d’avoir été à l’origine d’une réflexion qu’il s’agit de poursuivre sans faiblesse !
Qu’est ce que la vérité scientifique ?
C’est la question essentielle qui ressort de l’article de Thierry Foucart paru le 6 juin 2026 dans Mezetulle, le blog revue de Catherine Kintzler sous l’intitulé :
« L’ARCOM entre Sciences et médias »
À la suite de cet article illustré et en écho à la réflexion récente sur le chat de Schrödinger, cet texte propose une analyse critique de la question de la vérité scientifique. Il s’agit d’examiner comment la méthode scientifique, la formation du consensus et la médiatisation régulée des savoirs s’articulent – et parfois s’opposent – dans le débat contemporain sur le changement climatique. Loin de réduire la vérité scientifique à un consensus ou à une opinion, nous défendons qu’elle repose sur un processus rigoureux d’hypothèse, d’expérience et de réfutation. Le consensus (tel que celui du GIEC) fonctionne comme un indicateur de fiabilité, non comme fondement de vérité. Enfin, la régulation des débats médiatiques doit protéger l’honnêteté du débat sans pour autant « décréter » la vérité scientifique, évitant ainsi deux dérives : la juridicisation des savoirs et le relativisme généralisé.
Les visiteurs de ce site pourront consulter deux fichiers se rapportant à cette question d’une actualité prégnante aux prolongements politiques préoccupants :
Fichier1 . L’Arcom entre sciences et médias par Thierry Foucart
Fichier 2. La quête de la vérité scientifique à la lumière du débat sur le changement climatique par T.R. et PPty.
Que Catherine Kintzler soit cordialement remerciée de nous avoir permis ce nouvel emprunt à Mezetulle
L’Ecole apprend-elle encore à penser ?
Tel est l’intitulé de l’article récemment mis en ligne sur le site du Café pédagogique dans lequel Jacques Marpeau donne réponse aux questions que lui pose à ce propos Daniel Gostain . Le libellé de la question laisse deviner une réponse réservée voire négative et souligne sa gravité au moment où de nombreux médias et observateurs bien informés parlent des périls grandissants de l‘institution scolaire. Car de là à croire que c’est la réalité le chemin est vite fait portant à croire que pour l’essentiel l’Ecole de la République aurait failli à sa mission première. Mais pour éviter ce genre de raccourci saisissant d’autant plus fâcheux qu’il évite de penser, il convient de suivre la démarche des deux auteurs mentionnés. On y découvrira ce qu’est ou pourrait être l’apprentissage de la pensée à l’Ecole publique laïque et républicaine. Ceci ne manquera pas de retenir l’attention des visiteurs de ce site qui auront accès à leur argumentaire dans son intégralité en cliquant sur Fichier 1.
A l’ASVPNF,Association pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Normalien du Finistère il a semblé opportun de porter à la connaissance des visiteurs de ce site dédié à l’histoire et à la mémoire des Écoles normales et à celles des Instituteurs et Institutrices qui y furent formés pendant près d’un siècle, ce qui pourrait refléter le résultat d’une longue expérience tant sur l’exercice que sur l’apprentissage de la pensée . Il est convenu que ladite expérience n’a pas donné lieu, c’est une évidence, à réfutation et qu’en conséquence le propos pourrait susciter des réserves voire des contestations.
L’ensemble de ces remarques est rassemblé dans un texte intitulé :
“Apprendre à penser à l’école : raison, langage et émancipation dans la tradition républicaine »
… que l’on pourra consulter en cliquant sur Fichier 2
Ce texte propose une mise au point claire et rigoureuse sur la question « apprendre à penser à l’école ». Il rappelle que penser n’est ni rêvasser ni fantasmer, mais un travail de raison, de mise en ordre et de mise en forme exigeant. La pensée se constitue vraiment uniquement par le langage : elle doit être dite et écrite avec précision, grâce à un vocabulaire exact et une syntaxe maîtrisée.
Il réaffirme l’articulation traditionnelle entre savoirs et pensée : la raison ne s’exerce pas dans le vide, elle travaille sur des contenus, des notions et des faits. La science, avec sa capacité de réfutation, illustre cette exigence critique qui protège contre toutes les formes d’emprise intellectuelle. L’article s’appuie sur Condorcet, Ferry et Buisson pour montrer que l’école républicaine a toujours lié instruction, raison et liberté de jugement.
Il insiste enfin sur l’obligation professionnelle des maîtres : on n’enseigne pas ce que l’on ne pratique pas. Apprendre à penser n’est ni un slogan ni un supplément d’âme, mais une discipline fondée sur la langue, les savoirs et la raison critique, au service de l’émancipation.
Petite chronique d’après Ciase et Betharram ( XI )
Restant fidèle aux engagements pris à l’ASVPNF, nous tenons régulièrement informés nos visiteurs des turpitudes et contre-turpitudes se révélant de semaine en semaine dans les institutions de l’église catholique telles que rapportées dans les médias catholiques eux-mêmes . Si sur ces bases on ne peut donc être suspecté de partialité dans les choix informationnels force est de constater que la matière est inépuisable et que le temps passant la rubrique ouverte au moment des évènements mentionnés dans l’intitulé ne cesse de se garnir . Cette observation n’est guère rassurante au point d’être convaincu de rapporter sur des violences systémiques justifiant un contentieux de masse dont on ne mesure pas encore l’ampleur. On conviendra aisément que l’état des lieux que l’on effectue ne peut-être exhaustif; ce n’est pas sa vocation .
Selon la procédure habituelle les visiteurs de ce site, souvent indignés de la gravité et de la multiplicité des faits, trouveront un Fichier volumineux accessible d’un seul clic gauche et comportant trois groupes d’items regroupés sous les titres suivants :
I. Après la Ciase ……………………………… pp. 1- 3
II. Les nouvelles de Golias…………………… pp.3-38
III. Le dossier de La Croix : l’Eglise face à la pédophilie et aux abus sexuels………………………pp.38-51
Que les Editeurs en chef des trois médias mentionnés soient très cordialement remerciés de nous permettre ces emprunts .
Le club des dirigeants de l’Education
Un comité autoproclamé de privatisation du système public d’Education
Cet article souhaite apporter une contribution au décryptage des objectifs et des modalités d‘action de ce soi-disant club, récemment mis en place au sein du grand service public de l’Education nationale. S’agit-il de faire diversion pour ne pas traiter les problèmes urgents ? On ne le saura pas !
Rappelons dans ce cas qu’un service public (tel celui dont on semble proposer le démantèlement) est une activité exercée directement par l’autorité publique (Etat, collectivité territoriale ou locale) ou sous son contrôle,dans le but de satisfaire un besoin d’intérêt général ; l’EDUCATION dans le cas qui nous intéresse ici.
Une critique structurée du tournant managérial
Le texte présente une cohérence argumentative forte autour d’une idée centrale : le « Club des dirigeants de l’éducation » serait un lobby ,vecteur d’introduction du NPM dans l’Ecole publique de la République française. Plusieurs points y sont solidement étayés :
La mise en évidence d’un réseau d’acteurs hybrides (hauts fonctionnaires, privé sous contrat, EdTech, apprentissage) correspond bien à des recompositions contemporaines de l’action publique, où les frontières public/privé deviennent poreuses.
L’analyse des « quatre piliers » (pédagogique, administratif, financier, RH) montre effectivement une convergence avec les instruments classiques du NPM : autonomie des unités, pilotage par la performance, responsabilisation des managers locaux, logique de quasi-marché.
La critique de l’autonomie financière et du recours à des financements privés est pertinente dans le contexte français, où cela peut accentuer les inégalités territoriales et sociales entre établissements.
Exemple éclairant : dans les systèmes ayant poussé loin l’autonomie (Angleterre, certaines régions des États-Unis), la capacité à lever des fonds ou à attirer des publics favorisés a souvent renforcé la stratification scolaire plutôt que la réduire.
Une défense normative du service public
L’article repose aussi sur un socle idéologique assumé : la défense des principes classiques du service public à la française (égalité, gratuité, neutralité, continuité). Cette dimension légitime oriente fortement l’analyse et à l’ASVPNF on s’en félicite et ceci en dépit de travaux montrant que des formes d’autonomie locale peuvent améliorer l’efficacité ou l’adaptation pédagogique quand elles sont accompagnées de régulations fortes et d’une culture professionnelle collaborative.
Une critique pertinente du « lobbying »
Il est exact que le Club cherche à influencer l’action publique, notamment à l’approche d’échéances électorales. Il remet en cause la question centrale du pouvoir pédagogique.
L’un des apports les plus intéressants du texte concerne la place des enseignants. L’auteur souligne à juste titre que l’autonomie privilégiée est celle des chefs d’établissement, et non celle des enseignants et de leurs associations. Au total le discours du Club consiste donc à promouvoir l’autonomie tout en renforçant la hiérarchie.
Une tension réelle révélée dans le système éducatif
L’article met en lumière une fracture importante dans le champ éducatif français entre une logique de pilotage par la performance, inspirée du management et une conception professionnelle et démocratique de l’éducation centrée sur les enseignants et l’intérêt général.
Le fait que les personnels de direction eux-mêmes soient divisés renforce la crédibilité du diagnostic : il ne s’agit pas d’une opposition simpliste entre « réformateurs » et « conservateurs », mais d’un débat structurant sur la finalité de l’Ecole. L’occultation délibérée des personnels enseignant, technique et administratif relève de la provocation qui ne laisse augurer rien de bon/
.Ces éléments d’appréciation étant soulignés, on pourra consulter en cliquant ici (Fichier 2) un document pouvant témoigner de la position de l’ASVPNF s’agissant d’un problème existentiel pour l’Ecole publique de la République à moins d’un an d’une échéance électorale importante.
Quand le secret de la confession déborde l’Église
À l’occasion de l’examen du projet de loi dit « post-Bétharram » à l’Assemblée nationale, le « secret de la confession » — notion que l’on croyait reléguée à d’autres temps — s’est invité au cœur du débat public. Invoqué au nom du droit canonique, il a été indirectement conforté par la suppression d’un article clé qui visait à imposer aux ministres du culte le signalement des violences sexuelles sur mineurs révélées en confession.
Ce retrait, obtenu au terme de débats tendus, a permis l’adoption d’un texte sensiblement affaibli. Mais il ne constitue pas un cas isolé. Deux autres points d’achoppement majeurs ont, eux aussi, été tranchés au prix d’importantes concessions : d’une part, le maintien des équilibres liés aux contrats d’association, qui préservent l’autonomie de l’enseignement privé, notamment diocésain, en limitant le renforcement du contrôle de l’État ; d’autre part, la suppression du fonds de réparation initialement prévu pour indemniser les victimes, écarté au motif de ne pas engager davantage la responsabilité financière de la puissance publique.
Dès lors, peut-on encore parler d’une avancée décisive en matière de protection de l’enfance ? Rien n’est moins sûr. Le secret de la confession demeure intact, les obligations de signalement inchangées, le contrôle de l’enseignement privé peu modifié, et les mécanismes de réparation des victimes abandonnés.
Le contraste est frappant entre les ambitions initiales du projet, portées notamment par les travaux de la commission d’enquête parlementaire, et la version finalement adoptée. Présentée comme une réponse forte à des affaires graves, la loi apparaît, en l’état, comme un compromis qui préserve des intérêts institutionnels — ceux de l’Église comme ceux de l’État — au détriment de l’efficacité attendue.
Les perdants, eux, sont clairement identifiables : les victimes d’hier, privées de reconnaissance et de réparation, et celles de demain, auxquelles le dispositif adopté n’offre pas les garanties que l’on était en droit d’attendre.
C’est dans ce contexte que ce site propose d’éclairer les enjeux du « secret de la confession », à la lumière des principes de laïcité et de primauté de la justice civile. L’objectif est de lever les ambiguïtés entourant cette notion et d’interroger ses effets concrets lorsqu’elle entre en tension avec la protection due aux mineurs.
A propos de la Loi “post-Bétharram” examinée récemment à l’Assemblée nationale
La loi « post‑Bétharram » : une avancée nécessaire, un renoncement préoccupant (Juin 2026)
La proposition de loi n°2448 (février 2026) s’inscrit dans le prolongement direct de la commission d’enquête parlementaire déclenchée par les révélations de violences systémiques dans plusieurs établissements scolaires (dont Bétharram). Elle fait suite à un travail préparatoire exceptionnel : environ 140 auditions, 10 000 documents, 50 recommandations adoptées à l’unanimité. Son objectif principal était de prévenir, détecter et sanctionner les violences (physiques, psychologiques, sexuelles) en milieu scolaire et périscolaire. Son champ d’application concernait tous les établissements (publics, privés sous contrat et hors contrat).
Il s’agit donc moins d’une réforme de structure de l’École que d’une loi de protection de l’enfance à l’intérieur du système éducatif.
Au résultat, tel qu’on peut l’appréhender dans les medias – voir à ce propos le Fichier 1 qui reprend quelques articles révélateurs , choisis dans une matière abondante et variée, on retiendra au moins provisoirement et en restant aussi fidèle que possible à la volonté exemplaires des deux députés porteurs du projet (Violette Spillebout et Paul Vannier) que :
« La loi « post‑Bétharram » marque une reconnaissance importante des violences subies par des élèves et des défaillances du contrôle public. Elle renforce utilement les dispositifs de prévention et de surveillance, y compris dans l’enseignement privé.
Toutefois, le texte a été sensiblement édulcoré au fil des débats parlementaires. Le recul le plus préoccupant concerne le maintien du secret de la confession face aux violences sur mineurs.
Ce choix introduit une exception religieuse dans un domaine où devrait s’imposer sans réserve la protection de l’enfance. Il entre ainsi en tension avec une conception exigeante de la laïcité fondée sur la primauté de la loi commune.
Aucune conviction ne devrait permettre de se soustraire à l’obligation de signalement.
La loi constitue dès lors une avancée réelle mais incomplète, révélant les limites persistantes du contrôle de l’État et appelant un approfondissement sans compromis du principe de laïcité.”
Le Fichier 2 intitulé : « La loi post‑Bétharram : une avancée nécessaire, un renoncement préoccupant »
A propos de l‘histoire longue de la laïcité
Différenciation des sphères et contingence
Tel est l’intitulé de l’article de Jean-Pierre Castel publié le 26 mai 2026 dans Mezetulle , le blog-revue de Catherine Kintzler
La différenciation dont il s’agit concerne les domaines du vrai, du bien et du juste dont l’unité structurait le monde antique et médiéval. On sait que le concept voire le terme même de laïcité n’a réellement pris forme qu’au moment de la Commune de Paris de 1871 et plus spécifiquement
le 11 novembre 1871 dans le journal La Patrie .Il a été repris ensuite par les gouvernements de la 3è République…*
L’auteur ouvre son propos par une alternative apparemment équilibrée — laïcité comme produit de la modernité politique ou comme conséquence du christianisme — mais cette dichotomie est déjà biaisée. Elle tend à effacer la spécificité historique de la laïcité française, qui ne procède pas d’une simple continuité doctrinale, mais d’une rupture institutionnelle et intellectuelle clairement identifiable.
En ramenant la laïcité à la gestion d’un conflit entre prétentions concurrentes au monopole de la vérité, l’auteur la détourne de sa signification propre. La laïcité n’est pas d’abord l’instrument d’une pacification entre religions ; elle est le principe par lequel l’ordre politique se soustrait à toute emprise doctrinale et se fonde sur l’autonomie de la loi civile.
Son analyse particulièrement documentée et nuancée, confond la coexistence de croyances religieuses avec la nécessité historique de la séparation. Or l’État laïque ne naît pas de l’accord des croyants sur une vérité minimale ; il naît de la décision de ne faire dépendre ni la citoyenneté, ni la loi, ni les institutions d’aucune vérité révélée.
Quoi qu’il en soit-comme le souligne Catherine Kintzler dans son texte de présentation- si l’on peut discuter la définition finale que J-M.Castel propose de la laïcité liée pour lui à la question de la pluralité et de la coexistence des convictions il faut reconnaître qu’en découvrant cette passionnante « histoire longue », on s’instruit et on se délivre de maint préjugé(s).
Les visiteurs de ce site pourront consulter :
Fichier 1 . L’article de J-M. Castel paru dans Mezetulle
Fichier 2. L’analyse critique qu’en propose l’ASVPNF en référence à ses engagements associatifs
Au final on reviendra aux choses simples et directement intelligibles , exprimées avec les mots de la langue française à savoir que la laïcité est l’état de ce qui est laïque c’est à dire « qui n’est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Il signifie aussi qui est étranger à toute confession ou doctrine religieuse. On écrit quelquefois laïc au masculin (https://www.cnrtl.fr/definition/academie8/la%C3%AFque).
Notons cependant ce qu’en disait Condorcet lui-même : « Le mot qui s’oppose étymologiquement et historiquement à laïque, de la façon la plus directe,ce n’est pas ecclésiastique,ni religieux,ni moine, ni prêtre, c’est le mot clerc »
« Le clergé, les clercs, c’est une fraction de la société qui se tient pour spécialement élue et mise à part,et qui pense avoir reçu la mission de gouverner le reste des humains ;l’esprit clérical c’est la prétention de cette minoroité à dominer la majorité au nom de la religion »
« Les laïques c’est le peuple ; c’est la masse non mise à part,c’est tout le monde,les clercs exceptés,et l’esprit laïque c’est l’ensemble des aspirations du peuple, du laos, c’est l’esprit démocratique et populaire ».
L’ esprit clérical, Condorcet l’appelle « l’esprit de parti » qu’il oppose à « l’esprit public » (voir à ce propos l’article fondateur de Charles Coutel (La laïcité de Condorcet,1989) à l’URL : https://www.persee.fr/doc/enphi_0986-1653_1989_num_39_6_5828)
La laïcité est le principe selon lequel l’État et la sphère publique sont séparés de toute croyance, religieuse ou non, garantissant la liberté de conscience — y compris celle de croire, de ne pas croire ou de refuser toute croyance — et l’égalité de tous devant la loi.
La laïcité est la séparation de l’État et de la sphère publique d’avec toute croyance, assurant la liberté de conscience, avec ou sans religion, et l’égalité civique.
Résumé
La laïcité désigne un principe d’organisation politique par lequel l’État et la sphère publique sont rigoureusement séparés de toute croyance, qu’elle soit religieuse ou qu’elle procède de l’absence ou du refus de croire. Elle garantit à chacun la pleine liberté de conscience — croire, ne pas croire, changer de conviction — tout en assurant l’égalité de tous devant la loi, sans distinction d’option spirituelle ou philosophique. Loin d’être une hostilité aux religions, elle institue un cadre commun où aucune conviction ne peut s’imposer à la collectivité, et où la puissance publique demeure indépendante de toute autorité spirituelle comme de toute doctrine. En ce sens, la laïcité fonde un espace civique partagé et de tolérance, affranchi de toute emprise confessionnelle, condition d’une coexistence libre et égalitaire.
English
The French principle of laïcité, understood as the strict separation of the State and the public sphere from all forms of belief, whether religious or grounded in the absence or rejection of belief, constitutes a foundational norm of political organization. It guarantees full freedom of conscience — including the freedom to believe, not to believe, or to change one’s convictions — while ensuring equality before the law irrespective of spiritual or philosophical commitments. Rather than expressing hostility toward religion, laïcité establishes a shared civic framework in which no belief may be imposed upon the community, and within which public authority remains independent of any religious or doctrinal power. In this sense, laïcité delineates a common civic space, free from confessional influence, as a condition for coexistence grounded in freedom and equality.
Deutch
Laizität ist ein politisches Ordnungsprinzip, bei dem Staat und öffentlicher Raum von allen Glaubensformen getrennt sind, seien sie religiös oder im Nichtglauben beziehungsweise in der Ablehnung von Glauben begründet. Sie garantiert die Gewissensfreiheit für alle — zu glauben, nicht zu glauben oder Überzeugungen zu ändern — und gewährleistet zugleich die Gleichheit vor dem Gesetz unabhängig von weltanschaulichen oder religiösen Positionen. Sie richtet sich nicht gegen Religionen, sondern schafft einen gemeinsamen Rahmen, in dem keine Überzeugung der Gemeinschaft aufgezwungen werden darf und in dem staatliche Autorität von jeder religiösen wie auch ideologischen Einflussnahme unabhängig bleibt. So begründet die Laizität einen gemeinsamen öffentlichen Raum als Voraussetzung für ein freies und gleichberechtigtes Zusammenleben.
