A propos de la Loi “post-Bétharram” examinée récemment à l’Assemblée nationale
La loi « post‑Bétharram » : une avancée nécessaire, un renoncement préoccupant (Juin 2026)
La proposition de loi n°2448 (février 2026) s’inscrit dans le prolongement direct de la commission d’enquête parlementaire déclenchée par les révélations de violences systémiques dans plusieurs établissements scolaires (dont Bétharram). Elle fait suite à un travail préparatoire exceptionnel : environ 140 auditions, 10 000 documents, 50 recommandations adoptées à l’unanimité. Son objectif principal était de prévenir, détecter et sanctionner les violences (physiques, psychologiques, sexuelles) en milieu scolaire et périscolaire. Son champ d’application concernait tous les établissements (publics, privés sous contrat et hors contrat).
Il s’agit donc moins d’une réforme de structure de l’École que d’une loi de protection de l’enfance à l’intérieur du système éducatif.
Au résultat, tel qu’on peut l’appréhender dans les medias – voir à ce propos le Fichier 1 qui reprend quelques articles révélateurs , choisis dans une matière abondante et variée, on retiendra au moins provisoirement et en restant aussi fidèle que possible à la volonté exemplaires des deux députés porteurs du projet (Violette Spillebout et Paul Vannier) que :
« La loi « post‑Bétharram » marque une reconnaissance importante des violences subies par des élèves et des défaillances du contrôle public. Elle renforce utilement les dispositifs de prévention et de surveillance, y compris dans l’enseignement privé.
Toutefois, le texte a été sensiblement édulcoré au fil des débats parlementaires. Le recul le plus préoccupant concerne le maintien du secret de la confession face aux violences sur mineurs.
Ce choix introduit une exception religieuse dans un domaine où devrait s’imposer sans réserve la protection de l’enfance. Il entre ainsi en tension avec une conception exigeante de la laïcité fondée sur la primauté de la loi commune.
Aucune conviction ne devrait permettre de se soustraire à l’obligation de signalement.
La loi constitue dès lors une avancée réelle mais incomplète, révélant les limites persistantes du contrôle de l’État et appelant un approfondissement sans compromis du principe de laïcité.”
Le Fichier 2 intitulé : « La loi post‑Bétharram : une avancée nécessaire, un renoncement préoccupant »
A propos de l‘histoire longue de la laïcité
Différenciation des sphères et contingence
Tel est l’intitulé de l’article de Jean-Pierre Castel publié le 26 mai 2026 dans Mezetulle , le blog-revue de Catherine Kintzler
La différenciation dont il s’agit concerne les domaines du vrai, du bien et du juste dont l’unité structurait le monde antique et médiéval. On sait que le concept voire le terme même de laïcité n’a réellement pris forme qu’au moment de la Commune de Paris de 1871 et plus spécifiquement
le 11 novembre 1871 dans le journal La Patrie .Il a été repris ensuite par les gouvernements de la 3è République…*
L’auteur ouvre son propos par une alternative apparemment équilibrée — laïcité comme produit de la modernité politique ou comme conséquence du christianisme — mais cette dichotomie est déjà biaisée. Elle tend à effacer la spécificité historique de la laïcité française, qui ne procède pas d’une simple continuité doctrinale, mais d’une rupture institutionnelle et intellectuelle clairement identifiable.
En ramenant la laïcité à la gestion d’un conflit entre prétentions concurrentes au monopole de la vérité, l’auteur la détourne de sa signification propre. La laïcité n’est pas d’abord l’instrument d’une pacification entre religions ; elle est le principe par lequel l’ordre politique se soustrait à toute emprise doctrinale et se fonde sur l’autonomie de la loi civile.
Son analyse particulièrement documentée et nuancée, confond la coexistence de croyances religieuses avec la nécessité historique de la séparation. Or l’État laïque ne naît pas de l’accord des croyants sur une vérité minimale ; il naît de la décision de ne faire dépendre ni la citoyenneté, ni la loi, ni les institutions d’aucune vérité révélée.
Quoi qu’il en soit-comme le souligne Catherine Kintzler dans son texte de présentation- si l’on peut discuter la définition finale que J-M.Castel propose de la laïcité liée pour lui à la question de la pluralité et de la coexistence des convictions il faut reconnaître qu’en découvrant cette passionnante « histoire longue », on s’instruit et on se délivre de maint préjugé(s).
Les visiteurs de ce site pourront consulter :
Fichier 1 . L’article de J-M. Castel paru dans Mezetulle
Fichier 2. L’analyse critique qu’en propose l’ASVPNF en référence à ses engagements associatifs
Au final on reviendra aux choses simples et directement intelligibles , exprimées avec les mots de la langue française à savoir que la laïcité est l’état de ce qui est laïque c’est à dire « qui n’est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Il signifie aussi qui est étranger à toute confession ou doctrine religieuse. On écrit quelquefois laïc au masculin (https://www.cnrtl.fr/definition/academie8/la%C3%AFque).
Notons cependant ce qu’en disait Condorcet lui-même : « Le mot qui s’oppose étymologiquement et historiquement à laïque, de la façon la plus directe,ce n’est pas ecclésiastique,ni religieux,ni moine, ni prêtre, c’est le mot clerc »
« Le clergé, les clercs, c’est une fraction de la société qui se tient pour spécialement élue et mise à part,et qui pense avoir reçu la mission de gouverner le reste des humains ;l’esprit clérical c’est la prétention de cette minoroité à dominer la majorité au nom de la religion »
« Les laïques c’est le peuple ; c’est la masse non mise à part,c’est tout le monde,les clercs exceptés,et l’esprit laïque c’est l’ensemble des aspirations du peuple, du laos, c’est l’esprit démocratique et populaire ».
L’ esprit clérical, Condorcet l’appelle « l’esprit de parti » qu’il oppose à « l’esprit public » (voir à ce propos l’article fondateur de Charles Coutel (La laïcité de Condorcet,1989) à l’URL : https://www.persee.fr/doc/enphi_0986-1653_1989_num_39_6_5828)
La laïcité est le principe selon lequel l’État et la sphère publique sont séparés de toute croyance, religieuse ou non, garantissant la liberté de conscience — y compris celle de croire, de ne pas croire ou de refuser toute croyance — et l’égalité de tous devant la loi.
La laïcité est la séparation de l’État et de la sphère publique d’avec toute croyance, assurant la liberté de conscience, avec ou sans religion, et l’égalité civique.
Résumé
La laïcité désigne un principe d’organisation politique par lequel l’État et la sphère publique sont rigoureusement séparés de toute croyance, qu’elle soit religieuse ou qu’elle procède de l’absence ou du refus de croire. Elle garantit à chacun la pleine liberté de conscience — croire, ne pas croire, changer de conviction — tout en assurant l’égalité de tous devant la loi, sans distinction d’option spirituelle ou philosophique. Loin d’être une hostilité aux religions, elle institue un cadre commun où aucune conviction ne peut s’imposer à la collectivité, et où la puissance publique demeure indépendante de toute autorité spirituelle comme de toute doctrine. En ce sens, la laïcité fonde un espace civique partagé et de tolérance, affranchi de toute emprise confessionnelle, condition d’une coexistence libre et égalitaire.
English
The French principle of laïcité, understood as the strict separation of the State and the public sphere from all forms of belief, whether religious or grounded in the absence or rejection of belief, constitutes a foundational norm of political organization. It guarantees full freedom of conscience — including the freedom to believe, not to believe, or to change one’s convictions — while ensuring equality before the law irrespective of spiritual or philosophical commitments. Rather than expressing hostility toward religion, laïcité establishes a shared civic framework in which no belief may be imposed upon the community, and within which public authority remains independent of any religious or doctrinal power. In this sense, laïcité delineates a common civic space, free from confessional influence, as a condition for coexistence grounded in freedom and equality.
Deutch
Laizität ist ein politisches Ordnungsprinzip, bei dem Staat und öffentlicher Raum von allen Glaubensformen getrennt sind, seien sie religiös oder im Nichtglauben beziehungsweise in der Ablehnung von Glauben begründet. Sie garantiert die Gewissensfreiheit für alle — zu glauben, nicht zu glauben oder Überzeugungen zu ändern — und gewährleistet zugleich die Gleichheit vor dem Gesetz unabhängig von weltanschaulichen oder religiösen Positionen. Sie richtet sich nicht gegen Religionen, sondern schafft einen gemeinsamen Rahmen, in dem keine Überzeugung der Gemeinschaft aufgezwungen werden darf und in dem staatliche Autorität von jeder religiösen wie auch ideologischen Einflussnahme unabhängig bleibt. So begründet die Laizität einen gemeinsamen öffentlichen Raum als Voraussetzung für ein freies und gleichberechtigtes Zusammenleben.
L’instauration de la vie républicaine
dans les campagnes finistériennes aux débuts de la 3è République
Certains aspects en sont appréhendés via la transcription d’un dialogue en langue bretonne paru le 15 octobre 1887 dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère mettant en scène deux paysans discutant du rôle de leurs députés dans les progrès de l’’agriculture et l’animation de la vie politique locale. À travers les comices, les concours agricoles et les promesses électorales, il exprime une critique ciblée des « blancs » et des notables réactionnaires, tout en laissant entrevoir une préférence pour des républicains modérés perçus comme davantage soucieux d’instruction et de progrès agricole.
Loin de suggérer que « tous les députés se valent », ce texte illustre plutôt le déplacement progressif de la confiance paysanne vers des élus républicains jugés plus crédibles face au clergé, au cléricalisme et aux hobereaux locaux. En donnant voix à des locuteurs bretonnants sur ces enjeux, il offre un témoignage précieux de la politisation graduelle du monde rural finistérien à la fin du XIXᵉ siècle.
Les visiteurs pourront consulter à ce propos cinq documents accessibles en cliquant sur Fichier :
Fichier 1 . La rubrique Variété du journal Le Finistère (1887).
Fichier 2 . La version bretonne dans sa transcription brute.
Fichier 3 . La version bretonne normalisée.
Fichier 4 . La version bilingue Breton-Français (répliques entrecroisées)
Fichier 5 . Le dialogue entre Tin et Yeun ( versions bretonne et française en regard)
À travers l’ironie du dialogue, ce sont donc les modalités concrètes de la républicanisation des campagnes qui se donnent à voir : non pas une conquête abstraite, mais un travail patient de persuasion, d’encadrement et de concurrence symbolique dans des lieux de rassemblement où les paysans sont à la fois acteurs, spectateurs, juges et électeurs. La satire vise moins l’agriculture que l’écart entre les promesses des élus et leur efficacité réelle dans les cantons.
Notes :
2. Comices et pouvoir Les comices de Pleyben, tels qu’ils apparaissent dans le texte et dans les polémiques relayées par Le Finistère, sont un excellent observatoire de cette transition agricole, de scène politique et d’outil de concurrence entre communes, cantons et candidats. Le fait que le journal insiste sur les dons dérisoires, les discours et la fréquentation des comices suggère que la République locale se construit aussi dans des micro-gestes, des présences répétées et des réputations patiemment travaillées
La lecture permet aussi de dégager un enseignement plus large : dans ces campagnes bretonnes encore très marquées par le clergé et les élites traditionnelles, la République ne s’impose pas uniquement contre les institutions anciennes ; elle s’installe en les contournant, en les recyclant parfois, et surtout en investissant les lieux où la population rurale se rassemble et compare les uns aux autres Le texte de 1887 est précieux précisément parce qu’il montre la politique républicaine non comme un bloc, mais comme un travail d’implantation, de persuasion et de rivalité locale.
Instituteurs et Institutrices en RESISTANCE
Nous reproduisons ici en partie le titre de l’article paru le 27 mai 2026 sur le site internet du CRHA de Lyon accessible à l’adresse : https://centrehenriaigueperse.com/2026/05/27/instituteurs-et-institutrices-en-resistance-jalons-pour-une-histoire-a-faire/.
À l’occasion du 27 mai, Journée nationale de la Résistance trop souvent reléguée au second plan, le Centre Henri Aigueperse apporte une contribution précieuse à l’histoire encore incomplète des instituteurs et institutrices engagés dans la lutte clandestine. Ce jour marque la date de la première réunion du Conseil national de la Résistance, présidée le 27 mai 1943 par Jean Moulin, ancien sous-préfet de Châteaulin dans le Finistère. En mettant en lumière le rôle central du syndicalisme enseignant, cet article ouvre des perspectives essentielles, mais laisse en retrait un angle pourtant décisif : celui des Écoles normales, démantelées par Vichy. Le devenir des élèves-maîtres, transférés dans les lycées, éclaire pourtant une réalité méconnue : leur participation aux réseaux de résistance lycéens, rarement prise en compte par l’historiographie. À l’heure où la mémoire de la Résistance peine à s’imposer dans le débat public, cette réflexion rappelle l’urgence d’une histoire plus complète, attentive aux lieux de formation, aux trajectoires juvéniles et aux engagements précoces.
Les visiteurs de ce site pourront consulter l’article original du CRHA en cliquant sur Fichier 1.
Ils pourront également prendre connaissance de la « recension » qu’en fait l’ASVPNF en cliquant sur Fichier 2 .
Que le CRHA et son rédacteur en chef soient remerciés de nous avoir permis cet emprunt
La Révolte de Fouesnant (1792)
ou
Les débuts de la chouannerie
Le récit, publié comme feuilleton en 1887 dans le journal Le Finistère (numéros des 7 et 10 septembre), s’intitule La Révolte de Fouesnant(1792). Il rapporte, dans le détail, une révolte qui eut cours à Fouesnant (F-29170) en juillet–décembre 1792, trois ans après la Révolution de 1789 ; ce furent les prémices meurtrières de la chouannerie. Il illustre un point de bascule entre révoltes paysannes précoces et la formation ultérieure d’une chouannerie structurée dans le Finistère et d’autres départements plus à l’Est La notice qui l’accompagne se propose de restituer l’évènement dans son contexte chronologique et social, à évaluer la fiabilité des sources disponibles, à proposer une lecture croisée des sources écrites et visuelles (dont le tableau de Jules Girardet conservé au musée de Quimper), et à fournir des pistes d’archives et une bibliographie pour approfondir la recherche. Récit et notice précèdent dans la présentation qui suit :
– Une version complète en langue anglaise comportant l’article initial contenu dans le journal Le Finistère suivi de la notice « explicative ».
– Une version complète en langue bretonne structurée comme la précédente… puisqu’aussi bien au moment des faits qu’à celui de la parution du Journal les locuteurs concernés s’exprimaient majoritairement en breton .
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos deux fichiers :
1. Transcription brute du Feuilleton du Finistère……….. p.1
2 . Transcription améliorée……………………………………………………p.10
3. Notice sur les débuts de la chouannerie à Fouesnant p.17
4. Version en langue anglaise………………………………………………..p.23
5. Version en langue bretonne……………………………………………….p.34
Fichier 2. Tableau « des révoltés de Fouesnant ramenés à Quimper par la garde nationale (1886-1887» de Jules Girardet (1886-1887) ; Musée des Beaux-Arts , Quimper
Comprendre l’antisémitisme pour défendre l’universel
« Drawing on Jean‑Pierre Sakoun’s analysis, a historical and spiritual reading of hatred of the Jews. »
Etant donné le caractère fondateur de l’article de Jean-Pierre Sakoun mis en ligne le 6 mai 2026 dans Mezetulle( blog revue de Catherine Kintzler) et intitulé :
C’est pourquoi les visiteurs, après avoir pris connaissance de l’article de J-P.Sakoun, sont invités à consulter sur ce site un Fichier 2 correspondant à la recension bilingue qu’en propose l’ASVPNF .
En résumé on dira que :
« À partir de l’analyse de Jean‑Pierre Sakoun, cet article propose une réflexion approfondie sur la nature singulière de l’antisémitisme. Il en éclaire les racines historiques et spirituelles — haine de l’origine, haine de la persistance — et en montre les implications pour la défense de la laïcité à la française, de la raison et de l’universalisme républicain.”
Ou encore :
« Drawing on Jean‑Pierre Sakoun’s analysis, this article offers an in‑depth reflection on the singular nature of antisemitism. It explores its historical and spiritual roots—hatred of origin and hatred of persistence—and highlights the implications for the defense of French laïcité, reason, and republican universalism; »
Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle .
La grève des papetiers et papetières de Cascadec
Sur les routes sinueuses et glissantes de Cascadec (Scaër, F-29390), au cœur de la campagne finistérienne, l’affaire de la papeterie de Scaër apparaît comme un épisode de lutte sociale d’une intensité peu commune. Ell est partie d’un conflit du travail faisant suite aux évévements sociaux et politiques du Front populaire de 1936 dont nous avons célébré il y a peu le 90è anniversaire. Elle dépasse vite le simple cadre d’une revendication ouvrière pour devenir un affrontement sur l’ordre industriel, la discipline d’usine, la liberté syndicale et le rapport de forces entre patronat, État et monde ouvrier.
Les documents conservés montrent l’ampleur de la grève et la dureté des mesures prises par la direction. L’arrêt du travail, les évacuations, les fermetures temporaires, les tentatives de reprise sous contrôle patronal et les demandes de réembauche dessinent une séquence conflictuelle où chaque décision est immédiatement interprétée comme un geste de pression ou de résistance. Le conflit ne se limite pas à une question salariale ou contractuelle ; il engage la maîtrise même du temps de travail, de l’embauche et des conditions de présence dans l’usine.
La politisation de l’affaire est révélée par le vocabulaire des articles de la presse locale. Elle laisse entendre que la grève est perçue, selon les points de vue, tantôt comme une lutte ouvrière légitime, tantôt comme une agitation plus large, presque politique. La mention d’un délégué CGT, Pierre Salaün, futur maire de Scaër à la Libération, souligne le rôle structurant de l’organisation syndicale dans la mobilisation. À travers lui, la grève prend une dimension de représentation collective qui dépasse l’atelier et touche à la vie publique locale.
La conflictualité s’exprime aussi dans les formes de surveillance et d’encadrement. Tout indique un espace industriel fortement polarisé, où la direction cherche à reprendre la main tandis que les ouvriers défendent leur droit à l’existence collective.
Dans un territoire rural, loin des grands centres industriels, la grève de Cascadec concentre pourtant des enjeux typiques des grandes crises sociales du XXè siècle : rapport de classes, emprise patronale, médiation administrative, conflictualité syndicale, contrôle du travail et inscription politique du monde ouvrier. Elle n’est pas seulement un épisode de grève locale. Elle est fondatrice, parce qu’elle révèle la brutalité des rapports sociaux dans une Bretagne rurale encore marquée par la domination économique de quelques grands patrons, mais aussi parce qu’elle rend visible la capacité du monde ouvrier à s’organiser, à durer et à s’inscrire dans l’histoire politique locale. Elle est exemplaire car on y devine les mutations en cours dans le monde du travail, dans la sociabilité militante et dans les rapports de pouvoir dans la campagne finistérienne alors que se dessinent les prémices de la seconde guerre mondiale.
Les visiteurs de ce site pouuront consulter à ce propos un Fichier dévolu à cette page singulière de notre histoire locale. Elle est intitulée ;
ou
“Cascadec, on the Roads of Anger”
Que André Le Goff soit très chaleureusement remercié de nous avoir accompagné dans cette aventure, nous apportant la connaissance du terrain et celle des hommes !… Nos remerciements s’adressent auusi aux médias qui nous ont donné accès aux clichés et coupures de presse supports de cette note .
Lorsque le journal républicain Le Finistère
publiait un pamphlet anti-clérical en langue bretonne, masqué sous l’intitulé « Variété »
(le 23 juillet 1887)
Discrètement dissimulé dans les colonnes de la 3è page dudit journal, proches de celles des petites annonces, on a découvert inopinément un article au titre d’autant plus anodin qu’il annonçait un texte en langue bretonne dédié au célèbre « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse » du Roman de Renart. Les visiteurs intrigués pourront consulter en cliquant sur Fichier 1 l’image brute correspondante extraite du journal conservé et numérisé par les Archives départementales du Finistère.
On s’étonne fort justement de l’intitulé de cette rubrique du journal Le Finistère à la fin du 19è siècle car utilisé au singulier. Variété pourrait signifier soit « l’état de ce qui est varié ou le caractère de plusieurs éléments qui, lorsqu’on les compare entre eux, apparaissent divers » soit encore « le genre qui regroupe les chansons populaires et commerciales ». Toutes définitions qui semblent assez éloignées de l’objet du pamphlet que les visiteurs vont découvrir ici. On retiendra cependant qu’en terme de création littéraire la variété peut concerner des textes donnant une impression de changement ou de renouvellement mais peu informatifs et souvent d’un ton léger. Le lecteur appréciera !
Dans le Fichier 2 , ils pourront prendre connaissance des items suivants :
-La transcription du dit article en breton cornouaillais
-La réécriture du texte transcrit en breton peurunian
-La traduction de ce texte en Français
-Le résumé, l’abstract et le diverradan de ce dernier document
Enfin ils sont invités à ouvrir le Fichier 3 dans lequel ils pourront découvrir quelques uns des enseignements à tirer d’une telle coupure de presse
Au final, ils pourront les dédier au Roman de Renart bretonnisé pour la circonstance :
« Betek ar wech diwezhañ ez ar pod dar feunteun »
