Langue paysanne, République et âme bretonne
Publié dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère du 21 janvier 1888, ce dialogue en breton entre deux paysans de Cornouaille, Fanch et Jakez, prend pour cadre la foire de Châteaulin et pour point de départ une simple conversation de rencontre. Sous des dehors familiers — on parle de soif, de cidre, des nouvelles du pays et des propos entendus chez le recteur — le texte déploie une véritable petite scène politique. L’humour populaire, les formules imagées et le ton de la joute verbale servent ici une démonstration républicaine très nette, dirigée contre le clergé local et contre les milieux conservateurs.
Ce document est particulièrement intéressant à plusieurs titres. Il montre d’abord comment la presse républicaine de la fin du XIXe siècle pouvait utiliser le breton comme langue d’expression et de persuasion, non pas seulement comme curiosité régionale, mais comme vecteur d’opinion. Il donne ensuite un aperçu précieux de la manière dont la République cherchait à s’adresser aux campagnes bretonnes, dans un contexte de fortes tensions entre influence religieuse, loyautés politiques traditionnelles et montée de l’école et des idées républicaines. Le texte laisse ainsi entendre une parole paysanne à la fois construite, malicieuse et efficace, où la politique se dit dans la langue du quotidien.
Au-delà de sa portée polémique, cette pièce brève vaut aussi comme témoignage de sociabilité rurale : la foire, le verre partagé, le proverbe et la repartie y composent un tableau vivant de la Cornouaille de la fin du XIXe siècle. C’est ce mélange de couleur locale, d’ironie et d’engagement qui fait tout l’intérêt de ce petit texte, à la fois document historique, fragment de culture bretonne écrite et indice des transformations politiques du monde rural.
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers accessibles d’un seul clic gauche :
Fichier 1. Brezhoneg ha republik e bro guernev
Fichier 2 . Version « trilingue » ;Breton de 1888, Breton contemporain et Français en regard.
Fichier 3. Langue paysanne, République et âme bretonne
L’Ecole de LESTONAN dans la Guerre scolaire.
(Ergué-Gabéric , F-29500)
dans la
Guerre scolaire.
Entre 1927 et 1929, LESTONAN apparaît comme un espace de confrontation entre deux modèles scolaires et sociaux. D’un côté, l’école publique laïque, liée à la commune et à l’administration républicaine ; de l’autre, un réseau scolaire confessionnel soutenu par la puissance économique et sociale de la Papeterie d’Odet.
René Bolloré ne semble pas avoir cherché seulement à construire des écoles. Son action participe d’une organisation globale du monde ouvrier, dans laquelle l’entreprise, le logement, l’éducation, les œuvres sociales et la religion entretiennent des liens étroits. Cette organisation offre des services et des perspectives aux familles, mais elle peut aussi être perçue comme un instrument d’influence et de contrôle.
Le cas de Lestonan peut ainsi être retenu comme un exemple local de paternalisme industriel catholique dans la Bretagne de l’entre-deux-guerres .
Maryse le Berre et André Le Goff , tous deux adhérents de l’ASVPNF, rapportent ici leurs témoignages permettant de reconstituer des faits marquants de cette histoire emblématique de l’entre-deux- guerres en Finistère et de les replacer dans le cadre plus large de la vie d’une collectivité locale accueillant depuis le 19è siècle des activités manufacturières et industrielles. Celles qui en dérivent se prolongent jusqu’en 2026. Si elles sont- sans conteste- sources de développement économique en basse-Cornouaille, elles sont associées à des problèmes environnementaux et sociaux qui ne seront évoqués, dans ce dossier, que de façon incidente.
Les visiteurs intéressés par la ou les symboliques de Lestonan pourront consulter quelques fichiers accessibles au moyen d’un simple clic gauche :
FICHIER 1 . Le résumé de cette parution intitulée «L’Ecole de Lestonan dans la guerre scolaire » par Maryse Le Berre et André Le Goff.
Fichier 2 . La représentation des pièces d’archives valorisées dans ce dossier.
Fichier 3 . La transcription intégrale de ces documents .
Fichier 4 . L’école de Lestonan dans la guerre scolaire par T.R. et PPty. ( voir avec abstract et diverraden)
Fichier 5 . L’histoire de Lestonan, éléments singuliers (pour en savoir plus).
Fichier 6 . En annexe ; documents de référence et repères historiques.
Fichier 7.La photographie de l’Ecole communale de Lestonan.
Avertissement :
Ce dossier permet de faire le lien avec Cascadec ,autre site de l’industrie papetière finistérienne que l’ Association avait mis en lumière lors de la célébration du 90ᵉ anniversaire du Front populaire( Cf. https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/ ). Ils renvoient à un même monde industriel, mais à des moments et dans des contextes différents : ici, le paternalisme scolaire et social de l’entre-deux-guerres ; là, les tensions sociales et politiques révélées par le Front populaire.
René Bolloré, cité dans les documents, est le dirigeant des Papeteries de l’Odet. Il appartient à l’histoire industrielle qui conduira à l’ensemble OCB — Odet, Cascadec, Bolloré. Cette précision permet de relier l’épisode scolaire de Lestonan à une histoire plus large du patronat papetier finistérien, dont les établissements d’Odet et de Cascadec ont également constitué des lieux importants d’organisation du monde du travail et de la vie sociale.
Il convient d’éviter toute confusion chronologique : la référence à OCB peut servir de repère historique pour le lecteur contemporain, mais les documents de 1929 doivent d’abord être présentés dans leur cadre propre, celui des Papeteries d’ Odet à Lestonan et de l’action de René Bolloré…
Pour une Ecole gratuite, obligatoire,laïque et souveraine à l’âge de l’intelligence artificielle
C’est à la suite de l’article documenté sur l’irruption de l’ intelligence artificielle (IA) dans notre système éducatif de Marc Crouzel- récemment mis en ligne dans Mezetulle- que l’ASVPNF prend l’initiative de faire connaître son point de vue sur ce qu’elle assimile à une véritable révolution. Elle intervient tant au plan des principes fondateurs de l’Instruction et de l’Education qu’à celui des pratiques pédagogiques. Ne pas la nommer pour le reconnaître relèverait d’un combat d’arrière-garde perdu d’avance et fatal pour l’Ecole. Il s’agit d’en tirer le meilleur tout en sauvegardant les acquis antérieurs des fondateurs de l’Ecole publique.
Dans le contexte on dira sans ambages qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour l’échéance présidentielle de 2027 . Encore faut-il s’entendre sur ce dont il s’agit !
Il s’agit d’un véritable plan stratégique qui dépasse le cadre d’une simple modernisation technique ou d’un aménagement de programme scolaire. Il s’agit d’un véritable projet de révolution culturelle.
En redéfinissant la manière dont les connaissances sont transmises, vérifiées et assimilées, l’intelligence artificielle bouscule les fondements mêmes de l’école républicaine. Si elle est abandonnée aux seules dynamiques du marché privé, elle aggravera de façon irréversible les inégalités sociales et territoriales. Si elle est sanctuarisée par l’État comme un bien commun, elle peut devenir le plus puissant vecteur d’émancipation et d’égalité des chances depuis les lois de Jules Ferry.
Parce qu’il touche à la souveraineté technologique de la nation, à la protection de l’enfance, au budget des collectivités et à l’avenir de notre modèle social, ce choix de société revêt une dimension politique fondamentale. À ce titre, la gouvernance de l’IA éducative et le financement de la justice numérique devront s’imposer comme un enjeu majeur et clivant du débat de la prochaine élection présidentielle de 2027. Il appartiendra aux candidats de trancher : voulons-nous une école qui subit l’IA algorithmique des géants privés, ou une République qui déploie sa propre IA pour s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé au bord du chemin ? Pour l’instant il s’agit ici de contribuer à l’ouverture du débat.
Les visiteurs pourront d’abord prendre connaissance du FICHIER 1 dévolu à l’article révélateur de Maxime Cruzel qui suscite chez Catherine Kintzler ce propos qui devrait faire date dans l’ensemble du monde éducatif « Les compétences ne précèdent pas les connaissances, elles en résultent. À mesure que l’IA se développe et qu’elle change de nature, il est urgent d’instruire »
Ils pourront ensuite consulter :
Au total et non au final car le sujet est complexe pour le citoyen ordinaire « harcelé » au quotidien par l’irruption de l’intelligence artificielle dans tous les domaines sans exception,on retiendra qu’il est urgent de construire un plan d’action à la fois réaliste, chiffré et profondément ancré dans les valeurs de notre contrat social pour l’adoption intelligente de l’IA à l’Ecole. L’ avenir de celle-ci comme celui de nos autres institutions face à l’explosion technologique se joue dès aujourd’hui. Seules des réflexions de fond abordées avec toute la probité nécessaire permettront d’éviter les dérives et de transformer ces défis en vecteurs de progrès.
Que Catherine Kintzler soit cordialement remerciée de nous avoir permis d’ emprunter l’article de Maxime Cruzel à Mezetulle.
Eglises, abus sexuels et discriminations au Royaume Uni
Trois textes accablants
Sur le site « Entre les lignes, entre les mots » se trouvaient récemment assemblés trois articles venus d’outre-Manche, traduits en Français et dont les contenus retenaient l’attention tant ils rapportaient-avec force détails- des dérives et méfaits de même type que ceux qui se déroulent en France… Nous les dénonçons sans relâche sur ce site. Les visiteurs pourront consulter ces nouveaux témoignages en cliquant sur Fichier 1.
Compte tenu des similitudes troublantes observées, nous avons tenté d’en dégager les déterminants communs afin de mieux les combattre. A ce propos les visiteurs sont invités à prendre connaissance du Fichier 2 intitulé :
« Turpitudes, emprise et école confessionnelle »
Au terme de l’étude, une idée prédomine : qu’il s’agisse d’un pays séparé de l’Église ou d’un pays qui conserve une Église établie, le cléricalisme prospère chaque fois qu’une institution religieuse parvient à s’installer dans des zones de secret, d’autorité et d’influence soustraites au regard commun. Les textes réunis ici montrent que les abus ne relèvent pas seulement de fautes individuelles ; ils s’inscrivent trop souvent dans des dispositifs qui protègent les auteurs, retardent la parole des victimes et font passer la réputation des institutions avant la sécurité des plus vulnérables.
Ce qui frappe d’abord, c’est la place occupée par l’enfance et par les groupes fragiles. L’obligation de signalement sans exception religieuse, recommandée par l’IICSA, répond à une exigence simple : aucune confidentialité confessionnelle ne doit faire obstacle à la protection d’un mineur. Les témoignages venus d’Irlande du Nord vont dans le même sens, en montrant jusqu’où peuvent aller l’emprise, la violence et le silence institutionnel lorsque l’autorité religieuse n’est pas contrôlée de l’extérieur. Enfin, le dossier sur l’Église d’Angleterre rappelle que l’école confessionnelle, lorsqu’elle est financée par l’argent public, peut devenir un instrument de tri social et religieux plutôt qu’un lieu d’égalité.
La conclusion s’impose alors d’elle-même : la séparation des Églises et de l’État demeure indispensable, mais elle ne suffit pas sans une vigilance laïque concrète, sans contrôle indépendant et sans égalité réelle des droits. La liberté de conscience doit rester entière ; elle ne saurait toutefois servir de couverture à l’emprise, à la discrimination ou au silence devant les abus.
Quand des paysans cornouaillais parlaient politique en breton
Un dialogue de 1887 dans Le Finistère
En novembre 1887, Le Finistère publie un dialogue en breton entre deux paysans qui jugent sévèrement les députés conservateurs et appellent à voter pour les républicains modérés. Ce texte, signé « Paolik ar Parkou », illustre la stratégie républicaine de laïcisation par le breton.
Un journal républicain à Quimper
Le Finistère paraît à Quimper à partir de 1872. D’abord « journal politique », il devient progressivement « organe hebdomadaire d’union républicaine ». Son fondateur, Louis Hémon, avocat quimpérois, est une figure centrale du républicanisme finistérien : député de Quimper à plusieurs reprises, puis sénateur.
Dans les années 1880, le département est politiquement divisé. Les républicains défendent la laïcisation de l’enseignement et la stabilité gouvernementale, face à une droite monarchiste et catholique puissante.
La rubrique «Variété» du journal , en fin de numéro,accueille des textes courts, parfois en breton, qui participent à cette campagne. Les visiteurs pourront consulter dans le Fichier Snp, accessible au moyen d’un clic gauche, quelques extraits dudit Journal illustrant ce propos.
Ce dossier, centré sur un dialogue en breton publié dans Le Finistère en 1887, offre un éclairage précieux sur la manière dont la République s’est installée — et a été débattue — dans les campagnes bretonnantes de Cornouaille. Loin d’être un simple exercice de propagande républicaine, ce texte témoigne d’un moment où la langue bretonne a été mobilisée, paradoxalement, pour porter des idées républicaines et laïques auprès d’un public rural.. L’ensemble des données recueillies sont consignées dans un fichier accessible en cliquant ici .
Il comporte ;
1. Texte original : transcription brute ………………………….. p.2
2. Version en breton peurunvan ……………………………………. p.3
3. Traduction en français contemporain ……………………… p.4
4. Traduction annotée (extraits commentés)……………….. p.5
5. Contexte politique………………………………………………………..p.7
5.1. Contexte historique du dialogue………………………… p.7
5.2. Apports à la laïcisation républicaine ……………………. p.8
5.3. Le pseudonyme « Paolik ar Parkou » …………………….. p.9
6. Versions en regard ……………………………………………………..p.11
6.1. Transcription brute / Breton peurunvan ……………. p.11
6.2. Breton peurunvan / Traduction française …… ……. p.14
7. Version condensée (article court) …………………………….p.16
Sur le plan historique, cette étude montre que l’instauration de la République dans les campagnes bretonnes ne s’est pas faite uniquement par le français, par l’école ou par la répression des usages locaux. Elle a aussi emprunté la voie du breton, utilisé comme un vecteur de pédagogie civique. Les paysans « Yeun » et « Perik » ne sont pas de simples figurants : ils sont invités à juger leurs élus, à discuter de la conversion des rentes, à voter « pour les hommes raisonnables ». C’est une forme de citoyenneté en breton qui se construit, à contre-courant des discours cléricaux et monarchistes.
Sur le plan linguistique et culturel, ce texte rappelle que le breton n’était pas seulement la langue de la foi, des traditions ou du folklore. Il était aussi apte à exprimer des enjeux politiques modernes, à porter un vocabulaire civique (gouarnamant, deputed, republicaned, votiñ, dilennadegoù), à construire un débat public dans la langue du peuple. La jeune République, dans sa volonté d’unification linguistique et de laïcisation par le français, a souvent cherché à marginaliser, voire à faire disparaître cet usage du breton. Ce dossier contribue à le réhabiliter, en montrant qu’il a existé un breton politique, civique, républicain — et que ce breton-là mérite d’être étudié, valorisé, transmis.
Puisse cette approche, modeste mais précise, inciter d’autres chercheurs, enseignants ou militants à explorer ce corpus encore trop méconnu des articles en breton de la presse républicaine régionale. Car c’est dans ces textes, parfois oubliés, que se lit une part de l’« âme bretonne » — non pas celle, figée, des folkloristes ou des nationalistes, mais celle, vivante, des paysans qui discutaient politique, qui votaient, qui jugeaient leurs élus, dans leur langue maternelle sans passer saus les fourches caudines du clergé.
Le drapeau tricolore, symbole disputé et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »
Nous avons déjà abordé sur ce site (https://asvpnf.com/index.php/2026/06/30/reecrire-lhistoire-dans-le-respect-des-emblemes-fixes-par-la-constitution-de-la-republique/) la question de la signification et du respect dû à certains emblèmes de notre République laïque, indivisible,démocratique et sociale . Nous saisissons à présent l’opportunité offerte par la parution sur Mezetulle d’un article de Catherine Kintzler suite à la recension qu’elle a faite de l’ouvrage de Philippe Poussier intitulé » Le Drapeau tricolore » pour revenir sur ce problème dont l’actualité demeure, notamment au travers des évènements politiques et sportifs en cours et à venir…
On se propose ici, faisant référence au drapeau tricolore, d’en déconstruire les légendes et d’en restituer les enjeux historiques. Nous souhaitons de ce fait pouvoir offrir aux visiteurs une lecture qui ne diminue pas le drapeau, mais qui le rend plus intelligible, plus humain voire plus « habitable »
Il apparaît ainsi que :
-L’histoire de notre drapeau national n’est pas linéaire : elle est marquée par des alternances, des contestations, des choix politiques délibérés (Lamartine, 1848 ; 1879 ; 1958).
-Les couleurs ne sont pas figées dans un sens unique : elles ont été interprétées diversement selon les époques, les régimes, les groupes sociaux.
-Les cérémonies au drapeau sont des rituels civiques vivants, mais leur efficacité dépend de la manière dont ils sont accompagnés pédagogiquement.
-Les gestes présidentiels récents montrent que le drapeau reste un objet politique instable, susceptible d’être réinterprété.
Sur ce thème les visiteurs pourront consulter trois fichiers:
Contre l’ignorance volontaire et l’obscurantisme Démystifier les religions et leurs emprises contre nature
Dans ce contexte, le visiteurs de ce site pourront consulter trois fichiers :
Fichier 1. « La religion n’existe pas » de Nathalie Heinich par C. Kintzler
Fichier 2. La religion n’existe pas : une thèse à l’épreuve de la laïcité républicaine par T.R et PPty.
Fichier 3 . L’obscurantisme des religions :s’il n’avait point existé, il eût fallu l’inventer ! par T.R.et PPty.
Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée de nous avoir permis un nouvel emprunt à Mezetulle.
Pour célébrer le 90è anniversaire du Front populaire et témoigner de ses apports
À l’occasion des 90 ans du Front populaire, cet article propose une relecture engagée de ses apports sociaux, éducatifs et culturels, en les confrontant aux impasses actuelles de la gauche à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. Il est suivi d’une annexe consacrée aux détracteurs du Front populaire, en particulier à ceux qui, après 1940, glissent vers le régime de Vichy et la collaboration, rappelant combien la démocratie peut vaciller lorsque ses propres acteurs renoncent à la défendre.
En lisant Ludivine Bantigny et avant d’aller plus avant rappelons-nous, « on dit Front populaire et aussitôt surgit une image quasi mythique : celle d’un printemps, lumineux et foisonnant. Les foules y sont denses et la grève est intense, les drapeaux claquent, les visages s’éclairent d’une joie grave. Dans les usines et les magasins occupés, on danse ; sur les routes, les bicyclettes filent vers la mer ; dans les rues, on chante et on espère. »(https://www.socialter.fr/article/lecons-front-populaire-1936-gauche-union-socialistes-communistes-base-militants)… Ce fut un moment inoubliable de bonheur et de joie à garder en mémoire d’autant qu’il précédait les années funestes de la drôle de guerre, de l’occupation et du régime collaborationniste de Vichy.
Nous avons déjà fait paraître sur ce site plusieurs articles traitant du Front populaire, de grèves sociales l’ayant accompagné (https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/) et de l’oeuvre fondatrice de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Gouvernement de Léon Blum, panthéonisé le 27 mai 2015.( https://asvpnf.com/index.php/2026/07/07/jean-zay-ministre-du-front-populaire/ ).
Cependant les anniversaires offrent aussi l’occasion de revenir sur des moments fondateurs de notre histoire sociale et politique et aussi pour les 90 ans du Front populaire, il importait non seulement de mesurer l’ampleur des transformations engagées en 1936, mais aussi d’interroger leur portée dans la France contemporaine. C’est l’objet de cette mise en ligne .
Les visiteurs de ce site pourront consulter un article de référence du CRHA dévolu à l’institution des Congés payés en cliquant sur Fichier 1 . Il s’intitule :
« Il y a 90 ans : l’expérience des congés payés pour l’ensemble du pays »
En effet « le 20 juin 1936 fut votée la loi sur les congés payés. Bien que ne faisant pas partie du programme du Front populaire, cette mesure est soutenue dans les grands mouvements de grève des mois de mai et juin. L’extension d’un temps de repos à l’ensemble des professions fait son chemin et l’été 1936 est le premier temps de vacances pour de nombreux Français et Françaises »
Les visiteurs pourront aussi prendre connaissance :
– d’un Fichier 2 intitulé :
«1936–2027 : quand la gauche oublie le Front populaire ! »
Ce fichier comporte une annexe :
« Des détracteurs du Front populaire aux soutiens de Vichy »
Au total on dira que malgré sa brièveté, l’héritage du Front populaire demeure considérable. Il a profondément transformé la vie quotidienne des Français et posé les bases de nombreux droits sociaux encore en vigueur aujourd’hui. Les congés payés, en particulier, restent l’un des symboles les plus forts de cette période, tant ils ont modifié les rapports au travail, au temps et à l’espace.
À l’heure actuelle, cet héritage tend parfois à être oublié ou relativisé. Pourtant, il invite à une réflexion toujours actuelle : celle du partage du temps de travail, de l’accès aux loisirs, et plus largement de la place du travail dans la vie humaine. Les débats contemporains sur la qualité de vie, le sens du travail ou encore les inégalités sociales trouvent un écho direct dans les aspirations portées en 1936.
Ainsi, le Front populaire ne constitue pas seulement un moment du passé ; il demeure une référence pour penser l’avenir. Il rappelle que les avancées sociales sont le fruit de mobilisations collectives et de choix politiques, et qu’elles peuvent être remises en cause si elles ne sont pas défendues.
Jean Zay, Ministre du Front populaire
ou
Comment un citoyen au destin hors du commun peut-il être assassiné à 40 ans par les miliciens d’un Etat français collaborationniste qui a perdu son honneur ?
Il y a 90 ans, sous le Front populaire, Jean Zay était nommé Ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts. Dans un article mis en ligne le 4juin 2026, le CRHA lui rend hommage sous l’intitulé : « Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui ».Ce libellé rappelle l’importance de l’œuvre fondatrice de celui qui fut lâchement assassiné par la milice du régime de Vichy .C’était un homme politique au destin hors du commun !
Selon André Jourdes (2014)de la Ligue de l’enseignement :
-« pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et l’intelligence des citoyens, c’est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. Contre la conservation sociale mais aussi contre les utopies révolutionnaires, la politique est ce mouvement par lequel l’humanité s’approfondit et devient en quelque sorte plus digne d’elle-même ,
-« Les instructions officielles qui seront rédigées en 1937/1938 sous le ministère de Jean Zay éclairent la doctrine française en matière d’enseignement et inspirent les réformes qui vont être entreprises :
Former le caractère par la discipline de l’esprit et le développement des vertus intellectuelles, apprendre à bien conduire sa raison en élève des héritiers français du message socratique : Montaigne et Descartes.
Garder toujours en éveil l’esprit critique, apprendre à démêler le vrai du faux, à douter sainement, à observer, à comprendre autant qu’à connaître, à librement épanouir sa personnalité dans le souci de former des têtes bien faites plus que bien pleines, bref allumer un flambeau plutôt que remplir une coupe.
Les professeurs doivent se garder attentivement de tout enseignement révélé, du dogmatisme, de la vérité acquise d’avance, des jugements tout faits coulés dans les jeunes cerveaux.
Les élèves doivent être capables d’examiner toutes choses en les rapportant à leurs principes et de raisonner sur elles en ne faisant état que des faits, bien et dûment constatés. Ils devront être exercés à observer, à mesurer, à critiquer leurs propres observations en procédant à des vérifications rigoureuses. Ils auront besoin de comprendre et de connaître le monde où ils seront appelés à vivre » https://laligue24.org/images/docs/ligue/Jean_ZAY.pdf )
Rappelons aussi que Jean Zay proclamait : « les écoles devront rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ; un principe d’une actualité marquante par les temps présents !
Les visiteurs de ce site, attentifs à la biographie et à l’œuvre des fondateurs de notre système éducatif, pourront consulter ,en cliquant ici, le Fichier 1 intitulé :
« Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui »
Ils sont également invités à prendre connaissace de la contribution de l’ASVPNF à cet égard en cliquant sur Fichier 2 . Elle s’intitule :
Jean Zay, un humanisme républicain : école, laïcité et martyr d’un ministre du Front populaire
Que le CRHA soit remercié de nous permettre ce nouvel emprunt à leur site et d’avoir suscité une réflexion du plus grand intérêt sur l’histoire de notre système éducatif.,considérant,que les hussards noirs de la République furent, par essence, héritiers du message de Jean Zay.
La deuxième mort du Professeur Samuel Paty ?
Nous reprenons ici, de façon quasi intégrale ; le titre d’un article mis en ligne le 28 juin 2026 sur Mezetulle, le blog revue de Catherine Kintzler ayant trait à la mémoire de Samuel Paty.
L’assassinat de Samuel Paty a marqué un tournant dans l’histoire de l’École publique de la République. Au‑delà de l’émotion légitime, cet événement nous oblige à revenir à des questions fondatrices : que signifie aujourd’hui instruire au nom de la laïcité ? Quelle est la mission propre de l’École républicaine ? Jusqu’où la République protège‑t‑elle ses maîtres lorsqu’ils exercent leur devoir d’enseigner la liberté de pensée ?
En publiant sur asvpnf.com l’article de Martine Verlhac, « La deuxième mort de Samuel Paty ? », accompagné de la présente contribution doctrinale, l’ASVPNF entend ouvrir un espace de réflexion exigeant et fidèle à l’histoire longue de l’institution scolaire. Il ne s’agit pas seulement de commenter un film ou un fait divers, mais de mesurer ce que révèle cette tragédie du devenir de l’École, de la laïcité et de notre capacité collective à défendre l’émancipation par les savoirs.
Notre démarche s’inscrit dans la continuité des grandes figures de l’école laïque – Buisson, Ferry, Zay et tant d’instituteurs et professeurs anonymes – qui ont pensé l’instruction comme une rupture avec l’ignorance, les enfermements et les dogmes. À la lumière du cas Samuel Paty, nous interrogeons la manière dont cette tradition est aujourd’hui fragilisée : autocensure des enseignants, hésitations de l’institution, captation partisanes du discours sur l’École.
Le texte qui suit propose des repères pour comprendre ces enjeux et pour affirmer, calmement mais fermement, quelques principes : la laïcité comme laïcité d’instruction, la nécessité de protéger les maîtres, le refus de laisser la mémoire de Samuel Paty se dissoudre dans l’oubli ou l’instrumentalisation. Nous espérons ainsi offrir aux visiteurs de ce site – citoyens, enseignants, membres de l’association – une base solide pour penser et débattre de ce qui touche au cœur même de la République : son École.
Les visiteurs de ce site pourront tout d’abord consulter l’article de Martine Verlhac en cliquant sur Fichier 1 . Ledit article est précédé d’une présentation de Catherine Kintzler. Elle y rappelle qu’à la différence de la colère, l’indignation ne retombe pas : car, reposant comme le disait Descartes sur « de justes raisons », loin de l’apaiser, son analyse la fortifie..
Ils pourront ensuite prendre connaissance d’un Fichier 2 intitulé :
Samuel Paty, l’École de la République et la laïcité d’instruction
