Le prologue du Mystère de sainte Tryphine Une page de culture bretonne et trégorroise
En avril 1888, à l’occasion de l’inauguration du nouveau théâtre de Morlaix, François-Marie Luzel fit représenter le Mystère de sainte Tryphine et du roi Arthur par des comédiens venus de Pluzunet et de Plouaret, au cœur du Trégor. Le prologue qu’il composa pour cette occasion est bien plus qu’une simple préface : c’est un véritable manifeste en faveur du théâtre breton, de la langue bretonne et de la mémoire populaire.
Luzel y évoque les anciens mystères joués en plein air devant le peuple, les cahiers conservés dans les coffres des fermes, les veillées d’hiver où le grand-père lisait à voix haute les aventures de sainte Tryphine, de Huon de Bordeaux ou des Quatre fils Aymon. Il y défend une culture vivante, transmise dans les familles et dans les campagnes, contre l’idée qu’elle serait seulement un vestige du passé.
Publié en feuilleton dans Le Finistère les 14 et 16 avril 1888, ce texte est ici présenté en version bilingue, selon la graphie de l’époque, après collation des deux parutions du journal. Il constitue un témoignage précieux sur la langue, la religion populaire, les héros épiques et la double fidélité bretonne et française qui traversent la Bretagne du XIXe siècle.
Les visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ici un Fichier contenant :
1. Avertissement.
2. Prologue bilingue.
3. Notes de Luzel — chupenn et lutic.
4. Notes critiques après collation.
5. Étude historique.
6. Étude culturelle.
7. Bibliographie
In Memoriam À ma compagne Yvonne, à la mémoire de notre histoire partagée
Yvonne Bouër-Trividic a été, à différentes reprises, contributrice d’Asvpnf.com, site dédié au patrimoine normalien du Finistère. Par ses recherches, ses documents et son attention portée à la transmission des mémoires, elle a accompagné la démarche du site. C’est donc naturellement que nous lui rendons hommage suite à son décès récent.
Les visiteurs et amis de ce site pourront consulter le texte correspondant en cliquant ici !
Mœurs scolaires d’autrefois
L’Etudiant breton vers 1830
Plongez au cœur de la vie autonome et solidaire des écoliers cornouaillais du XIXe siècle !… Découvert lors de recherches historiques sur Quimper, ce feuilleton captivant en deux épisodes, publié par le journal Le Finistère du 4 avril 1888 sous la plume de Dugas, dresse un portrait saisissant des « likè » et « kloareks »des années 1830.
Entre précarité matérielle extrême, liberté totale de l’externat et entraide paysanne, cette archive unique — enrichie ici d’un commentaire historique et sociologique complet — fait revivre un lointain modèle éducatif breton où l’apprentissage de la vie se faisait à la dure, mais la bride sur le cou….
Au moment où notre Ecole est « à bout de souffle » il est utile de le rappeler . Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos un seul Fichier comportant :
En hommage à Joseph Piton
À travers cet hommage à Joseph Piton, l’ASVPNF évoque le parcours d’un ancien élève-maître de l’École normale de Quimper, demeuré toute sa vie fidèle aux valeurs de l’École publique, laïque et émancipatrice.
Les anciens « hussards noirs de la République » furent en effet, pour beaucoup d’entre eux, également des citoyens-soldats de la République : formés à instruire, à éduquer et à servir, ils reçurent aussi, au cours de leur parcours, une formation militaire qui les prépara à exercer des responsabilités de commandement. Nombre d’instituteurs avaient ainsi été formés comme sous-officiers ou officiers de réserve.
Joseph Piton incarne pleinement cette double fidélité. Élève-maître de la promotion « Étincelle » 1954-1958, il fut ensuite élève officier de réserve à Cherchell, au sein de la promotion « Monna Casale ». De l’École normale à l’école militaire, puis de l’enseignement à l’Éducation populaire et au chant choral, il porta les mêmes exigences de service, de responsabilité, de fraternité et d’attachement à la République.
L’hommage de l’ASVPNF qui ne put être prononcé lors de ses obsèques civiles témoigne de cette trajectoire singulière, tout entière placée sous le signe de la transmission, de l’engagement et de la fidélité aux compagnons de route .
Les visiteurs de ce site pourront consulter, en cliquant ici, le texte de l’hommage que l’ASVPNF souhaitait rendre à Joseph Piton , un collègue, un ami.
Turpitudes et contre-turpitudes autour de l’ASVPNF
Un adhérent, indigné de trouver des données témoignant des activités patrimoniales de son Association reproduites et représentées à une URL qui lui a semblé incongrue, nous a récemment fait parvenir une copie du document concerné . Considérant en effet qu’il ne contient que des données propriétés de l’ASVPNF nous les soumettons de nouveau à l’examen des visiteurs sous la forme d’un document dont le libellé est le suivant :
Miscellanées normaliennes quimpéroises des siècles derniers !
La Lettre d’Information n°9 de L’ASVPNF
Destinée aux adhérents et aux amis de l’Association , elle vient d’être diffusée à mi-parcours de l’exercice associatif en cours .
Cette nouvelle livraison rend compte des réflexions, des recherches et des hommages qui ont marqué l’activité de notre Association. Elle témoigne d’une même volonté : faire vivre une mémoire utile, transmettre un héritage humaniste et rappeler le rôle essentiel de l’École publique laïque dans la formation des citoyens.
Une place importante est accordée aux enjeux contemporains de l’École, de la laïcité et de la liberté de penser. À travers la référence à l’assassinat de Samuel Paty et à ses suites, la lettre interroge la fragilité de la mission enseignante lorsque l’Institution ne soutient plus suffisamment celles et ceux qui instruisent. Elle réaffirme l’attachement de l’ASVPNF à une école fondée sur la raison, l’émancipation, la protection de l’enfance et l’autorité légitime des maîtres.
La figure de Jean Zay, dont le 90e anniversaire de la nomination au ministère de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts a été récemment commémoré, occupe également une place centrale. Son œuvre scolaire, culturelle et scientifique demeure un repère majeur pour penser une République ambitieuse, démocratique et laïque. Son destin tragique rappelle aussi les conséquences extrêmes de la haine politique et de la destruction des valeurs républicaines.
La lettre revient enfin sur plusieurs travaux consacrés à l’histoire locale, aux normaliens et instituteurs résistants, à la mémoire de nos anciens maîtres, à Pierre-Jakez Hélias et à des personnalités comme Jeanne Le Borgne. Elle évoque également nos recherches sur la langue bretonne, avec Prosper Proux et Anatole Le Bras, ainsi que sur l’histoire de la chouannerie en pays de Fouesnant, la place du breton dans Le Finistère au début de la Troisième République et le rôle fondateur de la Commune de Paris.
Cette lettre s’inscrit dans la vocation de notre site : mettre à la disposition de tous des travaux de mémoire, d’histoire, de culture et de réflexion civique.
Nous vous invitons à découvrir cette Lettre d’information n°9 sur le site de l’ASVPNF en cliquant ici.
Michel Mazéas, un normalien engagé au service de Douarnenez
L’ASVPNF rend hommage à André Corbique
André Corbique nous a quittés à l’âge de 89 ans. Sa disparition nous touche profondément. Elle laisse le souvenir d’un compagnon fidèle, d’un chef de chœur talentueux et d’un homme profondément attaché à l’École laïque et à ses valeurs.
Notre amitié remonte aux années de formation, du Cours complémentaire de Huelgoat à l’École normale de Quimper. Elle s’est ensuite prolongée pendant près de soixante-quinze ans, dans la fidélité, la musique et la fraternité.
André a marqué durablement la vie des Gaillards d’Avant, qu’il a dirigés avec exigence, bienveillance et générosité. Par son engagement, il a su faire vivre un bel idéal d’amitié, de transmission et de culture partagée.
À Yvette, sa compagne, et à tous ses proches, nous adressons en cette douloureuse circonstance nos condoléances les plus sincères , l’expression de notre profonde sympathie et de notre attachement ému.
Les visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ici le texte de l’hommage de l’ASVPNF à André Corbique.
Colonies de vacances, formation des maîtres et éducation populaire
Un de nos fidèles visiteurs, ancien animateur de colonies de vacances au titre des CEMEA, nous a fait parvenir les photos anciennes d’une « colo », prises au début du 20è siècle dans la région d’Arcachon. Il souhaitait, par ce moyen, attirer l’attention de notre Association sur le sujet des colonies vacances, sujet cher aux élèves-maîtres des écoles normales du milieu du siècle dernier. Ce fut en effet un élément constitutif de leur mémoire commune. Les photos en question ont été réunies dans un Fichier 1 .On pourra y accéder d’un clic gauche.
La sémiologie des images mériterait une étude approfondie .On dira, s’agissant de la carte postale de Cassy par Lanton (Gironde), intitulée « Villa Chez Nous – Dortoir annexe », qu’il s’agit d’un document d’une grande densité heuristique pour l’histoire des colonies de vacances. Elle représente manifestement la phase pionnière de ces œuvres de plein air, antérieure à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, donc à un moment où les initiatives confessionnelles, philanthropiques et hygiénistes structurent encore largement le champ de l’encadrement enfantin.^1 Dans cette image, la colonie se donne moins comme espace de loisir que comme dispositif de redressement, d’aération et de discipline, conformément à une rationalité éducative qui précède la laïcisation plus nette des institutions de jeunesse.^2
L’organisation de l’espace est, à cet égard, particulièrement éloquente. Les bâtiments bas, disposés en enfilade, suggèrent une architecture de fonction plus que de représentation, proche des formes provisoires ou semi-provisoires analysées par l’historiographie des colonies comme caractéristiques des premières décennies du phénomène.^3 L’existence d’un « dortoir annexe » inscrit le lieu dans une économie de compartimentation des usages : dormir, se regrouper, jouer et surveiller se distribuent dans des espaces différenciés, selon une logique d’administration du collectif.^4 La cour centrale, que l’on peut raisonnablement supposer éclairée par une ampoule montée sur pylône, témoigne d’une volonté de prolonger et de sécuriser la vie commune ; l’éclairage électrique, ici, ne relève pas du simple confort, mais de l’encadrement technique du temps enfantin.^5
Les enfants sont exclusivement des garçons, ce qui oriente l’interprétation vers un univers de sociabilité masculine fortement codée. Ils ne sont ni en classe ni au repos : leurs postures, leurs regroupements et leurs gestes suggèrent des jeux de plein air, des exercices corporels, des courses ou des temps de récréation réglée.^6 Cette manière de représenter l’enfance correspond à la matrice hygiéniste des colonies naissantes, telles qu’elles se développent à partir des années 1880 pour soustraire les enfants urbains aux miasmes de la ville, fortifier leur santé et discipliner leurs corps par l’air, l’exercice et la vie collective.^7 La colonie est ici un instrument de gouvernement des corps avant d’être un espace de vacances au sens moderne du terme.
L’habillement des petits colons participe de la même économie visuelle. Les vêtements sont simples, pratiques, sans recherche d’élégance, et paraissent adaptés à une vie dehors qui exige mobilité, robustesse et modestie.^8 On n’y observe ni uniformisation militaire stricte ni différenciation sociale ostentatoire : l’ensemble évoque plutôt une tenue d’enfance sobre, conforme aux usages populaires ou modestes du tournant du siècle. Cette sobriété vestimentaire n’est pas anecdotique ; elle signale l’appartenance de ces enfants à un monde administré où l’apparence est subordonnée à la fonction, au même titre que l’architecture est subordonnée à l’usage.
La figure du prêtre en soutane occupe enfin une place décisive dans la composition. Isolé à droite du groupe, immobile et hiératique, il n’apparaît pas comme un animateur, mais comme une instance de garantie morale et disciplinaire.^9 Sa soutane fonctionne ici comme un marqueur institutionnel, rappelant que les colonies précoces procèdent souvent d’initiatives confessionnelles ou d’œuvres d’encadrement où le religieux demeure un opérateur central de la socialisation enfantine.^10 La dissymétrie entre le clerc et le groupe des garçons — dispersion vive d’un côté, fixité de l’autre — dit assez la logique de l’ensemble : les enfants sont placés sous regard, inscrits dans une économie de surveillance où la présence du prêtre atteste la « fusion du spirituel, du moral et du pédagogique ».
Cette photographie documente ainsi un moment antérieur à la recomposition laïque et administrative des colonies de vacances, avant leur inscription plus nette dans les politiques publiques de l’enfance et de la jeunesse au XXe siècle.^11 Elle appartient à ce premier âge où la colonie se définit comme œuvre, comme cure et comme discipline, bien plus que comme loisir organisé. En ce sens, elle offre un témoignage précieux sur la longue transition qui conduit des œuvres de plein air à l’institution modernisée des « jolies colonies de vacances ».
Notes
1. Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances. De 1880 à nos jours, Paris, Perrin, 2009.
2. Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances, op. cit. ; voir aussi l’aperçu de l’historiographie dans « Histoire des colonies de vacances en Europe », EHNE, 2025.
3. « Les colonies de vacances en France, quelle architecture ? », In Situ. Revue des patrimoines, 2008.
4. Ibid.
5. Ibid. ; sur les logiques d’équipement et de modernisation matérielle, voir aussi Julien Fuchs, Le temps des jolies colonies de vacances. Au cœur de la construction d’un service public, 1944-1960, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2020.
6. « Les colonies de vacances en France, quelle architecture ? », art. cit.
7. Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances, op. cit.
8. Sur les vêtements d’enfants au tournant du siècle, voir les éléments synthétiques disponibles dans les études de culture matérielle de l’enfance ; l’interprétation proposée ici demeure strictement iconographique.
9. Sur le rôle des œuvres confessionnelles dans l’essor des colonies, voir Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances, op. cit.
10. Ibid. ; voir également les synthèses historiques sur l’émergence des colonies et des patronages confessionnels.
11. Julien Fuchs, Le temps des jolies colonies de vacances, op. cit. ; sur la recomposition administrative du secteur, voir aussi l’article de synthèse de l’EHNE, art. cit.
Les visiteurs intéressés par cette page inédite de l’histoire éducative populaire, pourront prendre connaissance du Fichier 2 contenant la contribution de l’ASVPNF à la connaissance de l’Histoire des Colonies de vacances et des interactions entretenues avec la formation et l’esprit normaliens. Intitulée :
« Colonies de vacances, formation des maîtres et éducation populaire »
Elle révèle que :
« L’histoire des colonies de vacances en France se situe au croisement de l’hygiénisme, de l’éducation populaire et de la professionnalisation de l’encadrement enfantin. Nées dans le dernier quart du XIXe siècle, elles relèvent d’abord d’une volonté de soustraire les enfants des milieux urbains aux effets jugés délétères de la ville industrielle. Avant 1936, elles demeurent largement des œuvres de protection et de redressement moral, comme l’illustre la carte postale de Cassy par Lanton, qui donne à voir une micro-société provisoire fondée sur la séparation d’avec la famille, l’autorité des cadres et la discipline du corps. Le Front populaire ne crée pas les colonies, mais il transforme leur horizon de légitimation en inscrivant les vacances dans un cadre social et politique renouvelé. Entre 1936 et 1945, les premiers stages de moniteurs se développent dans l’orbite de l’éducation nouvelle et des réseaux associatifs, tandis que les CEMEA jouent un rôle décisif dans la diffusion d’une pédagogie active. Après 1945, les colonies deviennent un fait social massif, soutenu par l’État, les associations, les municipalités et les comités d’entreprise ; la création des diplômes de moniteur et de directeur en 1949 consacre leur professionnalisation. Dans ce cadre, le stage de moniteur prend une signification centrale pour les élèves-maîtres des écoles normales : il participe de leur formation pédagogique, tout en constituant un revenu saisonnier non négligeable et une occasion de mobilité géographique. L’article intègre enfin la dimension algérienne à travers l’OACV et le SFJA, afin de rappeler que les politiques de jeunesse s’inscrivent aussi dans une histoire coloniale et conflictuelle. Il s’achève par une annexe consacrée aux colonies réservées aux filles, champ encore inégalement documenté mais historiographiquement indispensable.”
André Le Goff raconte : « Enfin retraité ! »
Dans la série « André Le Goff raconte », les visiteurs sont invités à prendre connaissance d’une nouvel article intitulé « Enfin retraité » où notre éminent contributeur relate les circonstances particulières qui marquèrent son départ à la retraite. Il en garde un souvenir ému exprimé de façon émouvante !
Rappelons qu’ancien normalien entré à l’École normale en 1954, puis professeur de mathématiques en CEG et en collège, l’auteur propose ici un témoignage personnel sur le passage à la retraite. Rédigé dans une langue vive et précise, ce récit, accompagné d’un croquis, éclaire avec simplicité la fin d’une carrière d’enseignant et le rapport durable qu’un normalien peut entretenir avec son métier, son École de formation et les valeurs de l’École laïque. Attaché à l’histoire normalienne, à la laïcité et au service public, il inscrit également son parcours dans un horizon de fidélités professionnelles et civiques. Son récit illustré est accessible en cliquant ici .
Dans l’attente de ses futures contributions, nous remercions chaleureusement André Le Goff de continuer à restituer la mémoire normalienne et à la faire connaître.
