L’Association « La Vigie de la Laïcité » vient de publier dans sa Newsletter n° 31 trois articles traitant de la question de « La Laïcité et les vêtements religieux ». Dans la présentation qui en est faite il apparaît que : «
Des questions qui parviennent à la Vigie de la laïcité, celles portant sur le port du voile islamique sont parmi les plus fréquentes. Ce rituel vestimentaire, emblématique de l’appartenance à la religion musulmane, fait régulièrement l’objet d’une attention politico-médiatique depuis octobre 1989, date à laquelle 3 jeunes filles d’un collège de Creil entrèrent voilées dans leur établissement et en furent exclues.
La Vigie a déjà consacré plusieurs articles à cette thématique, mais nous avons souhaité y revenir sous une forme renouvelée en nous décalant de l’actualité. Pour cela, trois universitaires ont accepté d’apporter un éclairage distancié sur cette pratique qui fait l’objet de tant de controverses :
Philippe Martin, professeur d’histoire à l’université de
Lyon 1 et auteur d’un article remarqué dans l’ouvrage collectif Laïcité scolaire (Presses universitaires de Lyon),
Jacqueline Chabbi,, professeur émérite d’études arabes à l’université Paris 8 et autrice de nombreux ouvrages sur les origines de l’islam et le prophète Mahomet,
Alberto Fabio Ambrosio, théologien, co-directeur avec Nathalie Roelens de Mode modeste (Hermann) ».
Les éditeurs de La Vigie de la laïcité nous ont expressément autorisé à reproduire et à représenter ces trois textes .Les visiteurs pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 1
Ils pourront également consulter, en cliquant sur Fichier 2 , le commentaire qu’en fait l’ASVPNF par référence à son implication dans la défense de la laïcité républicaine. En effet si les trois textes étudiés déconstruisent utilement l’idée d’un vêtement religieux intemporel, ils évitent presque entièrement la question décisive de sa compatibilité avec la laïcité, l’indivisibilité républicaine et l’égalité entre les sexes. Ils historicisent le signe, mais ne disent pas clairement ce qu’il devient lorsqu’il entre dans l’espace civique et politique.
Or la République ne peut traiter de la même manière les services publics, l’école et l’espace public. Dans les premiers, la neutralité est une exigence de principe ; à l’école, elle est une condition de formation du citoyen et d’égalité entre les élèves. Dans l’espace public, la liberté demeure plus large, mais elle ne saurait légitimer des logiques de pression, de séparation ou de domination dissimulées sous le vocabulaire de l’identité.
C’est pourquoi à l’ASVPNF, on tient à faire savoir que les « vêtements dits religieux » ne peuvent être considérés comme de simples marqueurs culturels. Selon les contextes, ils peuvent aussi devenir des instruments d’assignation, de contrôle des corps et de visibilité communautaire. La laïcité n’a pas à céder devant ces ambiguïtés. Il est rappelé que le bien commun prime sur les revendications confessionnelles lorsqu’elles prétendent s’imposer à tous. “
Que les responcsables de la Vigie de la Laïcité soient cordialement remerciés d’ avoir autorisé ces emprunts à leur Newsletter et d’avoir été à l’origine de notre réflexion.
