Pour des chartes de la laïcité bien ordonnées Eviter les « usines à gaz »!

Les débats surréalistes relatifs au  burkini vs le monokini qui ont eu  cours récemment au sein du conseil municipal de la ville de Grenoble  ont défrayé la chronique et posé la question de savoir si par les temps présents les élus de la République n’avaient pas de services plus utiles à rendre à la société pour promouvoir le bien public.
Que l’on ne s’étonne plus dès lors de trouver dans la presse hebdomadaire humoristique des propos du genre  :  

 » –Le burkini accepté à Grenoble après 4h de débat : les édiles ont dû sortir en nage  ! »

 » -Avec le burkini on va donc avoir dès cet été 2022 des tas de femmes libérées, délivrées, sautant joyeusement dans les piscines sauf que l’on se demande pourquoi  à Rennes  où c’est autorisé il y a si peu de femmes qui en profitent! En attendant le monokini…les piscines vont devenir torrides »  (sic !).     

Disons le crûment aux édiles et aux journalistes qui rapportent leurs propos : arrêtez de vendre aux citoyens ordinaires  » vessie pour  lanterne », sortez  des ténèbres pour rejoindre  les lumières; l’histoire vous regarde…

Quoi qu’il en soit  il semblerait que c’est la mise en application  des principes républicains de laïcité qui pose question aux collectivités ; l’élaboration des chartes correspondantes donnant lieu à des débats difficiles lorsqu’au moins ils ont été initiés.

Des éléments de réponse existent à condition d’avoir la volonté politique de les mettre en cohérence sans tomber dans la construction de nouvelles usines à gaz écologiquement durables. C’est ce que souligne Catherine Kintzler dans l’article qu’elle a fait paraître le 20 mai 2022 dans  son blog revue  Mezetulle. Il s’intitule :

 

Liberté d’expression, neutralité  et laïcité

dans les activités sportives

   Selon l’auteure :  » Si la question résurgente du « burkini » n’a pas changé de nature politique depuis 2016, en revanche, en se manifestant dans les piscines publiques, elle affecte un terrain plus sensible, parce que plus réglementé, que celui des plages où elle était initialement apparue. Elle n’est qu’un jalon parmi d’autres tests que les menées communautaristes font subir aux principes républicains, notamment dans le domaine du sport auquel il convient de s’intéresser plus largement en s’aidant d’un ouvrage éclairant. Publié récemment et téléchargeable sur la page du Conseil des sages de la laïcité, le vademecum Liberté d’expression, neutralité et laïcité dans le champ des activités physiques et sportives,  parcourt et analyse de manière concrète la plupart des situations qui, dans le domaine de l’activité sportive, peuvent contrevenir aux principes républicains. Doit-on, peut-on y faire obstacle et si oui, comment ? »

Les visiteurs de ce site pourront consulter  cet article en cliquant ici. Il est  d’autant plus fondateur qu’il renvoie au vademecum du Conseil des sages de la laïcité publié en 2022  accessible à :
https://www.education.gouv.fr/le-conseil-des-sages-de-la-laicite-41537

Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous autoriser   ce nouvel emprunt  .

 

Les Dossiers d’Ufal INFO (1)

Nous reproduisons ici ,avec l’accord explicite du Rédacteur en chef de Ufal INFO, une sélection d’articles extraits des  n° 85 et 87 (2021)  de cette revue .

 

Les deux premiers  proviennent du numéro 85 dédié  au thème de :

               

                          L’égalité pour vivre libre

 https://www.ufal.org/ufalinfo/ufal-info-85-legalite-pour-vivre-libre/

dans lequel Nicolas Pomiès , Rédacteur en chef, rappelle que  si l’idée d’égalité n’est pas « une affaire nouvelle elle est bien mise à mal aujourd’hui et que le choix de société en cours  peut orienter  vers de nouvelles lumières ou vers de nouvelles ténèbres.” Il indique aussi que  « nous , humanistes , militants  de la cause républicaine  dotée de raison avons choisi : l’égalité est notre boussole  « ,un propos que nous reprenons à notre compte.

 

  Article 1:  pp1-7

 

SOCIALISME :  Pierre Leroux et l’égalité

par

Pierre Papon

Esprit éclectique, Pierre Leroux reste dans l’Histoire comme le concepteur du mot « socialisme » ainsi que comme celui qui fit passer la notion de solidarité du vocabulaire de la philosophie à celui de la politique. Il fait partie de ceux qu’Engels appelait « les socialistes utopiques » pour mieux en souligner la différence avec les tenants du « socialisme scientifique ». Or, en fait, il fut plutôt l’un des premiers socialistes à être entièrement préoccupé de liberté et d’égalité, une notion qui dicta son action et à laquelle il a consacré plus qu’un livre : un traité. Inlassable défenseur de l’égalité des droits, il fut le promoteur de la République et l’inspirateur du mutualisme et de l’économie circulaire.

On ne manquera pas de renvoyer le lecteur à l’article de Jean Annequin concernant P. Leroux  paru dans le  N° 90 de La Commune et intitulé  « Regard des communards sur le socialisme utopique ; le « Révélateur » Pierre LEroux (1797-1871) », considérant en effet  que « ses idées sont partout , son nom nulle part « .

 

Article 2 : pp 8-20 

 

CITOYENNETÉ,Mixité, égalité, parité ;

Quelques leçons des Lumières

 

par

 

Charles Coutel

 

La relation homme/femme dans l’exercice de la citoyenneté, mais aussi dans les interactions sociales, constitue une des questions les plus controversées de notre actualité. Une sorte de « pensée unique» s’en est emparée : ainsi, il est bien vu d’être pour la parité au nom de l’égalité et d’imposer la parité pour mieux penser la mixité. Or, en nous appuyant sur la philosophie des Lumières, nous pensons qu’il est possible de dépasser un certain nombre de ces confusions. Notons que beaucoup de femmes, notamment humanistes, refusent la parité au nom de l’égalité et se situent au-delà de l’opposition homme/femme au nom d’une nécessaire fraternité universelle. Sur le plan initiatique comme sur le plan politique, la parité peut s’opposer à l’égalité et à la portée universaliste de la mixité. Comment dépasser une vision communautariste voire différentialiste, entre les sexes, au sein des principes républicains ?

Le troisième est partie intégrante du  périodique n°87 dédié à la  :

 

Sécurité sociale, le grand bluff

https://www.ufal.org/ufalinfo/ufal-info-n87-dossier-securite-sociale-le-grand-bluff/

 

Nicolas Pomiès y rappelle que la « Grande sécu : la réalité c’est le mouvant  » et que ce faisant  « les réformes sont le but de tout gouvernement et que les changements apportés aux normes n’ont pas pour objectifs d’aménager la vie des français mais bien de satisfaire la rentabilité de l’accumulation du capital par l’oligarchie!  Et c’est pourquoi les réformes ne sont que peu confiées au débat parlementaire… »

 

L’article reproduit pp 21-31  s’intitule :

 

                   

Combat

La naissance de la sécurité sociale :

le conflit plutôt que le consensus.

par

Nicolas Da Silva

Il révèle que : » La sécurité sociale n’est pas un consensus mais le résultat d’un combat social démocratique et émancipateur. La vraie « Grande Sécu » ne pourra résulter que de la relance de ce combat. »

 

Les visiteurs pourront consulter tour à tour  ces 3 articles réunis en un seul fichier en cliquant ici (voir ci-dessus les paginations)

Nous remercions Marion Tournier, Gestionnaire Administrative (UFAL Nationale), Nicolas Pomiès ; Editeur en chef  de Ufal INFO et les auteurs des  trois articles mentionnés, pour leur soutien.   Nous sommes également redevable à Solenn   Gasner  qui a accepté de  numériser les documents .

Périls sectaires en 2022 ou « Les lumières à l’ère numérique »

A force de pandémie, de complotismes divers  et de préoccupations électoralistes on les avait oubliés… Cependant dès le 17 octobre   2021 Marianne titrait sous la plume de Thomas Rabino :

« Ubérisation, Youtube, bienveillance des élites… Les habits neufs du péril sectaire »

et rappelait que : “Passées au second plan depuis la crise sanitaire, les dérives sectaires persistent et même mutent à bas bruit. Un livre enquête signé par notre collaborateur Jean-Loup Adénor et par le journaliste Timothée de Rauglaudre le démontre implacablement. Au terme d’une année d’enquête, les  deux journalistes posent une question qui résonne comme un constat : « La République a-t-elle déposé les armes face au phénomène sectaire ? »

L’ampleur et la gravité  de ces dérives faisant fi de la Raison , de la Science et du Progrès social apparaissent dans un résumé publié par Decitre  pour présenter l’ouvrage  :

“Enquête inédite sur les dérives sectaires d’aujourd’hui. Près d’un demi-million de Français vivent aujourd’hui sous emprise sectaire, souvent au péril de leur intégrité physique et mentale. Pourtant, depuis dix ans, la puissance publique a baissé la garde face à un phénomène toujours plus fragmenté et difficile à cerner. De la scientologie aux Témoins de Jéhovah en passant par l’anthroposophie, connue pour ses écoles alternatives, des mouvements historiques sont devenus de véritables multinationales, parfois assez influentes pour faire pression sur la sphère politique.En parallèle, une myriade de nouveaux mouvements ont proliféré sous des formes plus pernicieuses, tirant profit eux aussi de la vulnérabilité des personnes : gourous évangéliques promettant richesse ou guérison miraculeuse, pseudo-thérapeutes foisonnant sur les réseaux sociaux,  » antivax  » intégristes ou New Age… A travers un état des lieux alarmant étayé par des dizaines de témoignages de victimes de quinze mouvements différents, cette enquête inédite démontre l’ampleur du phénomène sectaire en France et la complaisance croissante des élites économiques et politiques.” ( URL :https://www.decitre.fr/livres/le-nouveau-peril-sectaire-9782221255322.html)

Déjà  L’Humanité du 20 juin 2009 donnait l’alerte :  « D’après le dernier rapport de la MIVILUDES, la France compterait aujourd’hui environ 600 mouvements sectaires, contre 200 il y a quinze ans. Comment expliquer cette hausse ? Qu’en est-il donc aujourd’hui ?”.   L’Humanité posait la question de savoir comment lutter contre la prolifération des mouvements sectaires (URLhttps://www.humanite.fr/node/419248).

Une douzaine d’années plus tard , La Croix du  12 janvier 2022 titrait  :

Rapport Bronner : « Le Covid-19 a révélé des formes de complotisme dans certaines franges catholiques »

“Chargée par l’Élysée d’étudier la propagation des discours complotistes, la commission Bronner rend aujourd’hui son rapport. Auteurs du Nouveau Péril sectaire (1), les journalistes Jean-Loup Adenor et Timothée de Rauglaudre racontent comment la pandémie de Covid-19 et la vaccination ont mis en lumière le complotisme dans certains milieux minoritaires chrétiens (URL:https://www.la-croix.com/Debats/Rapport-Bronner-Le-Covid-19-revele-formes-complotisme-certaines-franges-catholiques-2022-01-12-1201194438)

Qu’en est- il du côté de la MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ), d’autant que ses missions paraissent bien cadrées  et définies par un décret de 2002. Il s’agit de :

-observer et analyser le phénomène des mouvements à caractère sectaire dont les agissements sont attentatoires aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales ou constituent une menace à l’ordre public ou sont contraires aux lois et règlements ;

-favoriser, dans le respect des libertés publiques, la coordination de l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre de ces agissements ;

-développer l’échange des informations entre les services publics sur les pratiques administratives dans le domaine de la lutte contre les dérives sectaires ;

-contribuer à l’information et à la formation des agents publics dans ce domaine ;

-informer le public sur les risques, et le cas échéant les dangers, auxquels les dérives sectaires l’exposent et de faciliter la mise en œuvre d’actions d’aide aux victimes de ces dérives ;

-participer aux travaux relatifs aux questions relevant de sa compétence menés par le ministère des affaires étrangères dans le champ international.

L’état annuel du phénomène sectaire est publié dans un rapport, et sa mission d’information l’amène aussi à publier des guides spécifiques ;cf. fr.wikipedia.org/wiki/Mission_interministérielle_de_vigilance_et_de_lutte_contre_les_dérives_sectaires)

Qu’en est-il du rapport Bronner mentionné?: 

On sait que « Le Président de la République a reçu mardi 11 janvier 2022 la commission « Les Lumières à l’ère numérique » présidée par Gérald Bronner qui lui a remis son rapport.; cf.

Composée de 14 membres, universitaires, journalistes, associatifs, historiens, cette commission s’est penchée sur le défi posé par Internet pour notre démocratie et notre accès à l’information. Elle a procédé à une centaine d’auditions dont l’ensemble des représentants des grandes plateformes numériques mais aussi des lanceurs d’alertes comme Frances Haugen.

Ce travail s’inscrit dans la continuité d’actions engagées pour réguler les grandes plateformes d’Internet et civiliser ces espaces publics, notamment en luttant contre le développement de la haine sur les réseaux sociaux »;cf.l’URL :https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2022/01/11/remise-du-rapport-de-la-commission-bronner

 Cependant  et malgré l’importance des travaux réalisés; le compte n’y est pas  et la Ligue des Droits de l’Homme communiquait  sur ce point dès le  27décembre 2021  :

“D’après le site internet de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sur la base du travail réalisé par les commissions d’enquête parlementaires, notamment à partir des informations émanant des services de renseignement, on peut estimer aujourd’hui en France à 500 000 le nombre d’adeptes de mouvements sectaires et à 60 000 à 80 000 le nombre d’enfants élevés dans un contexte sectaire. Le phénomène est d’importance et dans ces temps de crises et de pandémie, il continue de progresser sournoisement dans des formes renouvelées.

Depuis vingt ans, l’Etat dispose, avec la Miviludes et son équipe dédiée, d’un outil unique pour évaluer et suivre le risque de dérive sectaire et agir contre sa propagation avec des succès significatifs. Cependant l’engagement de la puissance publique doit être à la hauteur des enjeux et des menaces.

Si sa dimension interministérielle a été formellement maintenue après la décision du gouvernement en 2021 de la retirer de l’autorité directe du Premier ministre, son positionnement désormais comme service du ministère de l’Intérieur sous la responsabilité du Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) reste regrettable et pointe ses limites.    

L’extension et la diversification constatées des phénomènes sectaires méritent un effort public significatif, des moyens identifiés accrus tant en nombre de fonctionnaires affectés à plein temps sur ses missions, qu’en budget de fonctionnement pour permettre un travail efficace de terrain en lien avec tous les acteurs concernés et à l’écoute des victimes.

Au vu des budgets prévus par la loi de finances 2022, le compte n’y est pas. Le million d’euros affecté en 2021 aux soutiens des associations engagées à la lutte contre les dérives sectaires est a minima à reconduire face aux besoins croissants. De plus, sauf à obérer sa capacité d’action, les moyens humains et financiers directement affectés à la Miviludes sont très insuffisants pour corriger les sous-effectifs actuels, renforcer ses services et permettre un meilleur fonctionnement.

Parce qu’il est urgent de se mobiliser, les organisations signataires demandent au gouvernement de corriger sa copie et de donner plus de forces à la lutte contre les dérives sectaires; cf. l’URL :https://www.ldh-france.org/miviludes-le-compte-ny-est-pas/)

 Il est donc tout à fait légitime  de s’interroger de nouveau sur l’évolution du fléau  sectaire dans notre société et sur les moyens à mettre en oeuvre pour l’endiguer . Il s’agit pour le moins de rester informé  et c’est ce qui est proposé aux lecteurs de ce site qui pourront consulter en cliquant ici un article à ce sujet publié dans Golias News du 3 mai 2022 sous la plume de Philippe Ardent.  Il est intitulé :

 

“Enquête sur le nouveau péril sectaire”

 

et révèle que :« Si l’Eglise catholique disparaissait, qu’adviendrait-il à sa place ? Le marché des nouvelles propositions religieuses est en plein essor. L’enjeu financier est énorme, mais entre spiritualité frelatée sinon délirante, gourous en roue libre et emprises en tous genres, les dommages collatéraux risquent d’être énormes. Actuellement, 500 000 personnes seraient « concernées » par le phénomène d’emprise sectaire selon la Miviludes, Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. » 
Que Christian Terras, Rédacteur en chef à Golias soit remercié d’autoriser ce nouvel emprunt .

Ecoles privées sans contrat et déni des lois de la République en 2022

“Un établissement scolaire privé hors contrat en France est un établissement qui n’a pas signé d’accord avec l’État français et ne reçoit donc aucune subvention de l’État ce qui le différencie du reste de l’enseignement privé en France.

Il est ainsi financé uniquement par des fonds privés et n’a pas l’obligation de respecter le volume horaire d’enseignement ni les programmes scolaires, tout en restant tenu de faire progresser les élèves sur le socle commun de compétences, de connaissances et de culture.

Il concerne des écoles laïques ou confessionnelles de toutes religions, à pédagogies alternatives (???) . Parmi ces dernières, les plus connues sont sans doute des écoles appliquant la pédagogie Montessori de manière non compatible avec les programmes scolaires mais on trouve aussi les écoles anthroposophiques  du mouvement occultiste Steiner-Waldorf, des écoles démocratiques type Sudbury ou Summerhill , des écoles diverses radicalisantes et, pourquoi pas, des écoles « indépendantes »…

En France, la liberté de l’enseignement  fait partie des principes fondamentaux. C’est l’enseignement public qui domine largement le paysage éducatif, scolarisant 12 millions d’élèves sur les 15 millions d’élèves scolarisés.  L’enseignement privé qui, lui, scolarise plus de 2 millions d’élèves, existe sous quatre formes :

-Enseignement privé sous contrat d’association avec l’état : 2,2 millions d’élèves en 2017. Cet enseignement dépend souvent de l’enseignement catholique;

-Enseignement privé sous contrat simple, plus rare ;

-Enseignement privé hors contrat, marginal, scolarise environ 73 000 élèves ;

-Enseignement familial par la famille, plus rare.

Ces divers établissements existent tant au niveau des écoles maternelles et écoles primaire qu’au niveau des collèges et lycées . En 2020, les établissements scolaires hors contrat sont au nombre de 1571, dont 30 % revendiquent une appartenance religieuse (17 % catholiques, 5 % musulmanes, 4 % juives et 4 % protestantes). Les 70 % restants, non confessionnels, sont généralement  des écoles bilingues ou utilisant la  méthode Montessori oula méthode Steiner(d’après  Wikipedia :https://fr.wikipedia.org/wiki/Enseignement_priv%C3%A9_hors_contrat )

Selon Thomas Jallaud ,  ce qui caractérise l’ensemble des écoles hors contrat est leur liberté pédagogique. Par définition, ce sont des entreprises privées (ou associations loi 1901) totalement indépendantes de l’Éducation nationale et donc libres d’appliquer le projet pédagogique qu’elles souhaitent prodiguer. Elles procèdent elles-mêmes au recrutement de leurs enseignants, et les rémunèrent directement, tandis que les écoles privées sous contrat voient  leurs enseignants  payés par l’Éducation nationale. » n-bilans/Tout-sur-les-%C3%A9coles-hors-contrat.316.html

On retrouvera les instructions officielles concernant les établissements d’enseignement scolaire privé sachant que la scolarisation dans un établissement d’enseignement scolaire privé est une modalité d’exercice de l’obligation d’instruction.

Le code de l’éducation fixe le statut de ces établissements, par des dispositions issues de deux lois :

La loi du 31 décembre 1959, dite loi « Debré », du nom de l’auteur du projet de loi dont elle est issue, alors Premier ministre et ministre de l’éducation nationale ,

La loi du 13 avril 2018, dite loi « Gatel », du nom de la sénatrice auteure de la proposition de loi dont elle est issue.

Sont regardés comme des « établissements d’enseignement scolaire privés » au sens des articles L.144-1 et suivants du code de l’éducation, tous les lieux où sont accueillis, en vue de leur délivrer une instruction, des enfants âgés de trois à seize ans, soit en dehors de leur domicile, soit de plus d’une famille, soit relevant de ces deux catégories à la fois. »

 

Les conditions de création d’un établissement d’enseignement privé

L’ouverture est soumise à déclaration préalable au recteur qui la transmet au maire, au procureur de la République et au préfet.

 

Ces 4 autorités disposent chacune d’un délai de 3 mois pour s’opposer à l’ouverture, pour l’un des motifs suivants :

L’ordre public ou la protection de l’enfance et de la jeunesse ;

Les conditions pénales, de diplôme, de nationalité, éventuellement d’expérience professionnelle, de la personne dirigeant l’établissement, voire de celle l’ouvrant ;

Le caractère non scolaire ou non technique de l’établissement.

 

Les diplômes 

Ces établissements peuvent préparer leurs élèves aux examens afin qu’ils obtiennent les diplômes délivrés par l’État ; cette préparation s’effectue dans les mêmes conditions que dans les ÉPLE si l’établissement est lié au service public par contrat(voir la suite à l’URL :https://www.education.gouv.fr/les-etablissements-d-enseignement-scolaire-prives-2942)

Cependant dans   Le Monde du 9  mars 2022 on relève sous la plume de Mattea Battaglia  ce titre :
 
« D’ importantes dérives  épinglées dans des établissements scolaires privés hors contrat. »

 Selon cet auteur, « le Comité national d’action laïque(Cnal) a pu compulser 164 rapports d’inspections menées dans des écoles catholiques, traditionalistes, mais aussi alternatives ou sans projet pédagogique revendiqué. La synthèse qu’il en livre, mercredi 9 mars, est alarmante. C’est l’aboutissement d’un an de recherches. En janvier 2021, le Comité national d’action laïque (Cnal), fédération de cinq organisations impliquées sur le terrain de l’éducation, demandait à chaque inspection d’académie de lui fournir le « dernier » rapport de visite réalisé dans « chaque » établissement privé hors contrat relevant de son périmètre. Façon de porter l’attention, au-delà de la petite minorité d’établissements musulmans habituée au feu des projecteurs, sur l’ensemble de ces 1 800 structures qui, en vertu de la liberté reconnue de l’enseignement, peuvent accueillir un public scolaire. Aux frais des familles, sans subsides publics, et sans autre obligation que celle de transmettre aux enfants le même bagage de connaissances et de compétences – le « socle commun » – que celui garanti à tout jeune au terme de sa scolarité obligatoire (16 ans).On pourra consulter la suite en allant à :  lemonde.fr/societe/article/2022/03/09/d-importantes-derives-epinglees-dans-des-etablissements-scolaires-prives-hors-contrat_6116828_3224.html

L’affaire est reprise par Laure Daussy le 9 mars 2022  dans  Charlie Hebdo  et donne lieu à un article faisant état d’  “Écoles hors contrat : les territoires perdus de l’Éducation nationale.  Il  y apparaît notamment :

« Un monde qui se répartit par « races », Vichy qui n’est pas enseigné… Voilà quelques unes des dérives qui ont cours dans plusieurs écoles hors contrat en France, notamment chez les ultracathos. Le Comité national d’action laïque (Cnal), qui milite pour la laïcité à l’école, a lancé une grande enquête sur ces établissements privés, en demandant de consulter leurs rapports d’inspection, jamais rendus publics jusque-là. Nous avons pu les consulter en exclusivité. Malgré plusieurs manquements manifestes, certaines écoles continuent d’accueillir des enfants. En plus, bien que hors contrat, elles sont financées en partie par de l’argent public »…

 « La liberté de l’enseignement ne doit pas être prétexte à un enseignement de mauvaise qualité », dénonce Rémy-Charles Sirvent, secrétaire général du Cnal et secrétaire national du SE-Unsa.

En parallèle la Gazette des communes   titrait le 29 mars 2022   :

“Les écoles  hors contrat hors de contrôle”

et Michèle Foin y rappelait que «  le Cnal dénonce le manque de transparence des inspections académiques qui, malgré un recours dudit  Cnal auprès de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), n’ont transmis que 9% des rapports de visite qu’elles sont censées faire au moins une fois par an.

Sur les 1700 établissements hors contrat, le Cnal n’a pu obtenir que 164 rapports, soit 9%. « Cela démontre combien l’administration de l’Education nationale est rétive à la transparence sur cette question », dénonce le Cnal dans son enquête, d’autant que les rapports manquants concernent surtout les établissements musulmans, juifs et appartenant à la mouvance Steiner-Waldorf ».

On prendra connaissance des préconisations du Cnal en la matière en se rendant à : https://ecoleetsociete.se-unsa.org/Enquete-du-CNAL-halte-aux-derives-dans-les-etablissements-prives-hors-contrat.

Les visiteurs de ce site pourront à ce propos prendre connaissance d’un article de Alexandre Ballario  paru le 5 mai 2022 dans Golias News  que l’on ne peut a priori taxer  de partialité s’agissant des dérives stigmatisées par le Cnal .
 
 Il  est intitulé  :

 « Le grand n’importe quoi du privé hors contrat »  

Il est accessible soit en cliquant ici soit en se rendant à l’adresse : https://www.golias-editions.fr/2022/05/05/le-grand-nimporte-quoi-du-prive-hors-contrat/

Que Christian Terras, Rédacteur en chef à Golias,  soit remercié de nous autoriser ce nouvel emprunt .

Un paradoxe: Le progrès des Sciences ruine l’Ecole

L’article  ainsi titré que l’on pourra consulter sur ce site fait référence à un texte écrit par le philosophe rationaliste  Alain en 1933 et s’y  trouvant in extenso.  Il examine les effets  inattendus des progrès  de la Science sur  la ruine de l’Ecole publique. La déstructuration  de cette institution, a  déjà donné lieu à une insertion  récente sur ce site  ( Cf. l’UR: asvpnf.com/index.php/2022/04/16/2022-ecole-publique-a-lagonie-identifier-les-causes-de-sa-destruction-et-bien-la-reconstruire/).

Son auteur Jean-Michel Muglioni, dans les colonnes de  Mezetulle(23 avril,2014), Blog revue de Catherine Kintzler, affirme  que l’Ecole  ne peut plus instruire; elle ennuie élèves et maîtres. C’est pour le moins accablant !…  Selon lui, « Alain nous demande de réfléchir sur la rupture qui résulte des extraordinaires progrès des sciences entre quelques chercheurs de haut vol et les « esprits moyens ». La plupart d’entre nous sommes informés de découvertes qu’en réalité nous ne comprenons pas vraiment. L’école en vient à confondre informer et enseigner : on ne distingue plus connaissance par ouï-dire et connaissance rationnelle. J’ai vu parfois qu’en mathématiques les résultats étaient assénés sans démonstration. Ainsi disparaissent l’instruction et l’idée même d’une république des esprits ».

Ceci a des effets délétères  sur  l’équilibre de notre société démocratique et républicaine (ses valeurs et son unité) ainsi   : »Quand il n’y a plus rien de commun entre ceux qui savent vraiment et le plus grand nombre, si bien informé qu’on le suppose, quand s’impose la domination d’une élite scientifique, c’en est fini de cette république des esprits et avec elle de l’exigence d’universalité par laquelle chacun reconnaît en tout homme son semblable ».

On rappellera cependant  que   « La qualité des élèves découle (aussi) de la qualité de l’enseignement, c’est-à-dire de la compétence et de la motivation du corps enseignant pour transmettre un savoir en même temps que les codes de la vie en société. Or depuis les trente dernières années nous assistons à un double phénomène : l’indigence du recrutement qui sombre dans la médiocrité, l’abandon de nos enseignants à des conditions matérielles, psychologiques et de sécurité qui décourage les vocation(Cf.l’URL https://www.planet.fr/societe-lecole-publique-est-elle-en-ruine.846283.29336.html )

Les maux gravissimes dont souffre notre Ecole ne manquent pas d’interpeller  le bon sens et de  renvoyer inévitablement au souvenir  des  hussards noirs de l’Ecole de Jules Ferry au fondement des valeurs et de l’unité de notre République. Lesdits hussards disposaient de l’autorité, du prestige et d’une formation rigoureuse dispensée par les Écoles Normales. Dans les écoles primaires  dont ils avaient la charge, devenus instituteurs,  on apprenait à penser librement et à “faire germer  une abondante moisson en montrant  la Science et le chemin du Vrai; celui de la Raison  ( Jean Bynat, 1920)( URL:https://www.toupie.org/Chansons/Honneur_gloire_ecole_laique.htm#:~:text=Que%20nos%20p%C3%A8res%20jadis%20ont%20faite%20en%20combattant.&text=Des%2°).

On pourra consulter l’article de J-M. Muglioni  soit en cliquant ici , soit en se rendant à l’URL : https://www.mezetulle.fr/un-paradoxe-le-progres-des-sciences-ruine-lecole-commentaire-dun-texte-dalain/

Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée pour  son soutien et pour nous autoriser ce nouvel emprunt .

Lendemains du centcinquantenaire de la Commune de Paris et laïcité

Le Comité  Trégor-Argoat des Amies et Amis  de la Commune de Paris 1871 organisait une  exposition sur le thème:  

 

« Laïcité : une très longue conquête »

 

Elle a eu lieu  du 12  au 23 avril 2022 à la galerie des expositions  de la médiathèque de Lannion(F-22300).

Denis Orjol ,membre de ce comité, a bien voulu mettre à notre disposition des reproductions et  des références relatives aux affiches présentées. Les visiteurs  pourront les consulter en cliquant ici .

Que D. Orjol soit  chaleureusement remercié pour son soutien.

Le retour du tragique

« On peut empêcher de parler, on ne peut empêcher de penser »

 Le  tragique récurrent de l’Histoire  se trouve une fois de plus  illustré depuis plusieurs semaines par l’invasion de l’Ukraine par l’armée de la Fédération de Russie et par la guerre en cours avec son cortège de souffrances et de malheurs. La Paix et la Raison sont de   nouveau bafouées.  

« Les événements tragiques qui marquent notre actualité nous incitent à rendre hommage à ceux qui aujourd’hui sont pris dans la guerre et combattent avec un courage indicible pour leur liberté, notamment en Ukraine. Le recours aux traces et aux textes de l’Antiquité permet de mettre en perspective et dans la longue durée l’expérience de la guerre, celle de la désolation et de la résignation qui l’accompagnent, et celle des sursauts parfois héroïques qu’elle provoque. » (cf.https://eduscol.education.fr/odysseum/la-guerre-et-le-retour-du-tragique-dans-lhistoire)

Selon Philmag, »l’idée de tragédie de l’histoire entre dans l’imaginaire collectif en 1979, lorsque Jean-Paul Sartre et Raymond Aron se rendent à l’Élysée pour demander à Valery Giscard d’Estaing d’accueillir en France les « boat people » vietnamiens. Ils réclament 3 000 visas, le président leur en concèdera 1 000. Aron lâchera ces quelques mots à la suite de l’entrevue : « Ils ont oublié que l’histoire est tragique. » L’historien et philosophe s’en expliquera deux ans plus tard, dans Le spectateur engagé (1981) : « J’ai écrit souvent que Giscard d’Estaing, qui est un homme très intelligent, très instruit, est en même temps un homme irénique, c’est un homme de la paix. Quand vous écoutez ses discours, vous avez toujours le sentiment que tout peut s’arranger par négociations, compromis, en étant raisonnable. À peu près jamais, il ne donne le sentiment qu’il y a, dans le monde où nous sommes, des conflits probablement inexpiables, qu’il y a le risque, le danger des tragédies. »

« Quel sens Aron donne-t-il au mot tragédie ? Dans ses Mémoires(1983), il écrit : « L’histoire de l’humanité est jonchée de cultures mortes, parfois même évanouies de la mémoire des vivants. L’histoire fut tragique pour les Indiens, pour les Incas, pour les Aztèques. Qui en doute ? » 

La tragédie vient de ce que l’inévitable semble pouvoir advenir. L’histoire a un caractère absurde et contingent, où la possibilité d’un déferlement de violence, d’une résurgence insensée du mal n’est jamais dépassée : « Tragique, la nécessité de fonder la sécurité sur la menace de bombardements nucléaires ; tragique, le choix entre l’accumulation d’armes classiques et la menace nucléaire ; tragique, la destruction de vieilles cultures par la civilisation industrielle. » Chez Aron, la tragédie se démarque de son sens grec et théâtral originel – celui d’un destin conduisant inexorablement vers la mort. Il s’agit plutôt d’un déchirement de l’histoire qui n’a proprement aucun sens. Nous ne pouvons que « faire avec » le mal. ! »  (Cf. l’URL; https://www.philomag.com/articles/le-tragique-de-lhistoire-pourquoi-macron-reprend-cette-expression
 
Nous avons  en effet de nouveau retrouvé le chemin de la mort et n’avons pas su préserver la paix… S’agit-il d’un nouveau  pas sur la voie du déclin du courage ? En l’absence de réponse on ne peut, en l’occurrence, qu’opposer sans espoir le visage de   « l’impassible dictateur »  à celui « ouvert  du président-comédien devenu chef de guerre »…

Ce constat accablant revêt sans nul doute un caractère particulier en cette période  dite des Pâques chrétiennes , ce qui transparaît dans l’article de Joseph Thomas paru le 14 avril 2022 dans Golias News. Il est intitulé :

 

 « Retour du tragique en ce temps de Pâques »

Il fait apparaître  avec lucidité et réalisme  que l’on   » avait chanté, sur bien des tons, l’assurance d’une mondialisation humaniste universelle ! Et nous voilà bousculés, alertés par des jeux d’alliance rappelant les heures les plus graves. Menaces nucléaires. Raidissement. Logique imperturbable. La guerre comme une évidence. L’actualité rappelle au « retour du tragique ».

L’article complet  de J.Thomas est accessible en cliquant ici.

 
Que Christian Terras, Rédacteur en chef  de Golias soit remercié de nous permettre ce nouvel emprunt.

Revirements et contorsions chez les cléricaux de tous les pays

La tâche est immense maintenant que la parole est libérée…Comment reconstruire sur les ruines? Dans l’attente d’actes en cohérence avec la justice des hommes telle est la question « subsidiaire »  que peuvent  se poser les non-croyants ?

 C’est ainsi que certains ont qualifié de « lumineuses » les déclarations récentes   de l’Archevêque de Munich  sur  « l’hypocrisie généralisée en matière de sexualité des clercs au sein de l’Eglise catholique« .

Les visiteurs de ce site ne manqueront pas de  saluer le courage de ce prélat  en souhaitant que son exemple fera école notamment en France, après avoir consulté, en cliquant ici, l’article à ce propos d’Alexandre Ballario publié le 4 avril 2022 dans Golias News. il est intitulé  :

 “Le précieux cardinal Marx”

Il est également accessible à l’URL : https://www.golias-editions.fr/2022/04/14/le-precieux-cardinal-marx/comment-page-1/#comment-91648

Il apparaît ainsi que le 30 mars 2022 dernier  le cardinal allemand Reinhard Marx célébrait en l’église Saint-Paul de Munich une messe dédiée aux membres catholiques de la communauté LGBTI…

 

  Que Christian Terras, Rédacteur en chef de Golias, soit remercié de nous permettre ce nouvel emprunt.

Une saine “respiration laïque” ne peut conduire à un intégrisme laïque contraire à la liberté d’expression.

Encore faut-il savoir ou vouloir bien respirer ! Dans le domaine des rapports et des systèmes sociaux  on sait que   la liberté est  à la fois la respiration de la conscience et l’oxygène vital qui aère et ventile cette conscience  (Cf.https://www.cnrtl.fr/definition/respiration#:~:text=f%C3%A9m.-,RESPIRATION%2C%20subst.,de%20respirer%2C%20mani%C3%A8re%20de%20respirer.).

En réalité en tant que physiologiste et à l’instar de Catherine Kintzler on affirmera  sans ambage qu’en matière de laïcité la fonction respiratoire est essentielle et qu’une  société démocratique de progrès ne peut s’en passer sauf de faire le choix des effets délétères de l’anoxie … voire ceux définitifs de  l’asphyxie.  

Selon le propos de C.Kintzler,  philosophe de référence en la matière(DDV-682; mars 2021), la laïcité et sa bonne pratique républicaine résultent de l’articulation harmonieuse de  deux principes ; la neutralité et la liberté d’expression . Il s’agit  » D’une part,  ce qui participe de l’autorité publique (législation, institutions publiques, école publique, magistrats, gouvernement…) s’interdit toute manifestation, caution ou reconnaissance en matière de cultes, de croyances et d’incroyances – c’est le principe de laïcité stricto sensu. De l’autre, partout ailleurs y compris en public, dans l’infinité de la société civile (la rue, les moyens de transport, les espaces commerciaux…) et bien entendu dans l’intimité, la liberté d’expression s’exerce dans le cadre du droit commun.”(https://www.leddv.fr/analyse/la-dualite-du-regime-laique-20210305

Déjà  en 2015, elle écrivait dans Le Monde : » le régime laïque installe une dualité qui traverse la vie de chacun et rend concrète une respiration redoutée par l’intégrisme. D’une part, le principe de laïcité proprement dit applique le minimalisme à la puissance publique et à ce qui participe d’elle : on s’y abstient de toute manifestation, caution ou reconnaissance en matière de cultes, de croyances et d’incroyances. Mais d’autre part ce principe d’abstention, ce moment zéro, n’a de sens qu’à libérer tout ce qu’il ne gouverne pas : l’infinité de la société civile, y compris les lieux accessibles au public, jouit de la liberté d’expression et d’affichage dans le cadre du droit commun. Sans cette dualité, la laïcité perd son sens. » (https://www.lemonde.fr/idees/article/2015/01/30/contre-l-integrisme-choississons-la-respiration-laique_4566781_3232.html)

 C. Kintzler le martelait  en 2018: »Le régime de laïcité est difficile à comprendre, car il articule deux principes. D’une part l’idée selon laquelle ce qui participe de l’autorité publique s’abstient au sujet des croyances et incroyances – c’est le principe de laïcité stricto sensu. Mais il ne faut pas oublier l’autre aspect, qui donne sens au principe précédent et qui est conditionné par lui : partout ailleurs y compris en public, c’est la liberté d’expression qui s’exerce dans le cadre du droit commun. La méconnaissance (parfois volontaire) de cette dualité entraîne des malentendus et des dérives (Cf.C. Kintzler : « La respiration laïque permet à chacun d’échapper au lissage de sa vie » (Le Figaro, 9 jan. 18) 

 
Quelles que soient les difficultés pour se faire entendre en la matière-tout particulièrement en cette période de joutes électorales,  C. Kintzler revient à la charge  fort à propos ( nous saluons sa démarche courageuse) par la mise en ligne  ce 18 avril 2022 dans son blog revue Mezetulle de l’article intitulé  :

 

 La dualité du régime laïque

L’expression « intégrisme laïque » a-t-elle un sens ?

Les visiteurs de ce site et parmi eux les amoureux de la laïcité pourront en prendre connaissance en cliquant ici

Il y apparaît, en bon accord avec ce qui précède, que : « La laïcité de l’association politique construit un lien disjoint des liens communautaires existants ; elle installe un espace zéro, celui de la puissance publique, laquelle s’abstient en matière de croyances et d’incroyances et se protège des croyances et incroyances. Mais le régime laïque ne se réduit pas au seul principe de laïcité ; il repose sur une dualité. D’une part ce qui participe de l’autorité publique (législation, institutions publiques, école publique, magistrats, gouvernement…) s’interdit toute manifestation, caution ou reconnaissance en matière de cultes, de croyances et d’incroyances – c’est le principe de laïcité stricto sensu. De l’autre, partout ailleurs y compris en public, dans l’infinité de la société civile (la rue, les moyens de transport, les espaces commerciaux…) et bien entendu dans l’intimité, la liberté d’expression s’exerce dans le cadre du droit commun. Sans cette dualité, qui produit ce que j’appelle la respiration laïque, la laïcité perd son sens ».

A l’évidence, il s’agit d’assurer la continuité de cette fonction respiratoire.
 
Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée pour nous autoriser ce nouvel emprunt.

La fin des congrégations religieuses catholiques : une aubaine pour les victimes des abus sexuels commis au sein de l’Eglise ?

On pourra avantageusement, pour aborder une question ayant trait à l’origine à la vie  et au devenir (fondations, suppressions expulsions…) des  congrégations religieuses catholiques en France, avoir recours- en préalable- à quelques références en se rendant à l’adresse :https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_des_congr%C3%A9gations_chr%C3%A9tiennes_en_France , étant entendu que  ceci donne lieu à des travaux d’Histoire, documentés.

On notera que :

« Les congrégations catholiques sont des institutions, approuvées par les évêques ou les papes, qui se sont créées au fil du temps en fonction des besoins ou des crises qui agitaient l’Eglise, et sont l’illustration de l’évolution de celle-ci.  Les novices, aspirant à la vie religieuse, deviennent moines en s’engageant pour toute leur vie par les trois voeux d’obéissance, de chasteté et de pauvreté. Moines, moniales, religieux et religieuses vivent dans une communauté dont la vie est organisée par une règle. C’est pourquoi on considère qu’ils forment, au sens large et un peu inexact, le clergé régulier. Cependant les moniales et religieuses ne peuvent pas faire canoniquement partie du clergé et à strictement parler, les moines qui n’ont pas reçu les ordres sacrés sont des laïcs« .

Cependant dès 2010, le journal Le Monde titrait , sous la plume de Stéphanie Le Bars: « Les congrégations religieuses vieillissent et peinent à attirer les jeunes catholiques; seuls les ordres fermés et à la règle stricte font encore recette, notamment auprès des étrangers. » et révélait que  « derrière leurs hauts murs parfois millénaires, leurs « clôtures » mystérieuses, leurs tenues immuables, les moines, les moniales et les membres des 400 communautés religieuses présentes en France ne sont pas à l’abri des transformations du monde catholique. Ils sont même aux avant-postes des évolutions liées à la déchristianisation. Alors que la désaffection qui touche les vocations chez les prêtres se confirme d’année en année – avec 83 ordinations, 2010 a atteint un niveau historiquement bas -, le monde des congrégations religieuses vieillit et se réduit aussi de manière irrémédiable. En à peine dix ans, elles ont perdu près d’un tiers de leurs effectifs, chez les hommes et les femmes. »( Cf. l’URL Les congrégations religieuses vieillissent et peinent à attirer les jeunes catholiques).
 
L’évolution notée semble inéluctable et aussi n’est-il pas surprenant de voir paraître en 2022 un article intitulé  :

 

« Fin des congrégations religieuses

et

avenir de leurs propriété
 
Publié dans Golias News du 7 avril 2022, il est écrit par Jose Aregi, auteur   espagnol faisant référence à la situation des congrégations dans son propre pays et traduit en français par Edurne Alegria.  Tout porte à croire que les questions fondamentales qu’il pose sont transposables à notre propre pays. Les visiteurs y auront accès en cliquant ici. 

 Il y apparaît notamment que :

 1.Les piliers sur lesquels s’est appuyée et justifiée la vie religieuse, depuis ses débuts jusqu’à nos jours, se sont effondrés,

 2.Dans deux ou trois décennies, l’immense majorité des monastères, couvents et maisons religieuses des pays européens resteront vides,

3. On ne sait quel destin les congrégations réserveront à leurs temples, sanctuaires et couvents, maisons et propriétés, en nombre considérable, le jour où leurs communautés viendront à disparaître

4.Il conviendrait que  ces biens soient  restitués au peuple, aux institutions publiques, mais non point en les vendant au prix du marché, car cela reviendrait à faire payer une deuxième fois aux contribuables le couvent, l’église ou la propriété qu’eux-mêmes ou leurs ancêtres (ou les rois et les seigneurs qui les exploitèrent) offrirent aux congrégations.

Au total, il apparaît  que l’on pourrait  disposer ici d’une manne financière conséquente utilisable pour la réparation des dommages causés aux victimes des abus sexuels commis au sein de l’Eglise , à condition  que la législation le permette et que les institutions concernées envisagent pareilles solutions…Comme déjà mentionné sur ce site le potentiel est immense.
 
 Que Christian Terras, rédacteur en chef de Golias soit remercié d’autoriser ce nouvel emprunt !