A propos de l‘histoire longue de la laïcité

Différenciation des sphères et contingence

Tel est l’intitulé de l’article de Jean-Pierre Castel publié le 26 mai  2026 dans Mezetulle , le blog-revue de Catherine Kintzler

La différenciation dont il s’agit concerne  les domaines du vrai, du bien et du juste dont l’unité structurait le monde antique et médiéval. On sait que le concept voire le terme même de laïcité n’a réellement pris forme qu’au moment de la Commune de Paris  de 1871 et plus spécifiquement

le   11 novembre 1871 dans le journal La Patrie .Il a été repris ensuite par  les gouvernements de la 3è République…*

L’auteur ouvre son propos par une alternative apparemment équilibrée — laïcité comme produit de la modernité politique ou comme conséquence du christianisme — mais cette dichotomie est déjà biaisée. Elle tend à effacer la spécificité historique de la laïcité française, qui ne procède pas d’une simple continuité doctrinale, mais d’une rupture institutionnelle et intellectuelle clairement identifiable.

En ramenant la laïcité à la gestion d’un conflit entre prétentions concurrentes au monopole de la vérité, l’auteur la détourne de sa signification propre. La laïcité n’est pas d’abord l’instrument d’une pacification entre religions ; elle est le principe par lequel l’ordre politique se soustrait à toute emprise doctrinale et se fonde sur l’autonomie de la loi civile.

Son analyse particulièrement documentée  et nuancée, confond la coexistence de croyances religieuses avec la nécessité historique de la séparation. Or l’État laïque ne naît pas de l’accord des croyants sur une vérité minimale ; il naît de la décision de ne faire dépendre ni la citoyenneté, ni la loi, ni les institutions d’aucune vérité révélée.

Quoi qu’il en soit-comme le souligne Catherine Kintzler dans son texte de présentation- si l’on peut  discuter la définition finale que J-M.Castel  propose de la laïcité  liée pour lui à la question de la pluralité et de la coexistence des convictions  il faut reconnaître  qu’en découvrant cette passionnante « histoire longue », on s’instruit et on se délivre de maint préjugé(s).

 Les  visiteurs de ce site pourront consulter :

 Fichier 1 . L’article de J-M. Castel paru dans Mezetulle

 Fichier 2. L’analyse critique qu’en propose l’ASVPNF en référence à ses engagements associatifs

 Au final on reviendra  aux choses simples et directement intelligibles , exprimées avec les mots de la langue française à savoir que la laïcité est l’état de ce qui est laïque c’est à dire « qui n’est ni ecclésiastique, ni religieux, ni du clergé séculier, ni du clergé régulier. Il signifie aussi qui est étranger à toute confession ou doctrine religieuse. On écrit quelquefois laïc au masculin (https://www.cnrtl.fr/definition/academie8/la%C3%AFque).

Notons cependant  ce qu’en disait  Condorcet lui-même : « Le mot qui s’oppose étymologiquement et historiquement  à laïque, de la façon la plus directe,ce n’est pas ecclésiastique,ni religieux,ni moine, ni prêtre, c’est le mot clerc »

« Le clergé, les clercs, c’est une fraction de la société qui se tient pour spécialement élue et mise à part,et qui pense avoir reçu la mission de gouverner le reste des humains ;l’esprit clérical c’est la prétention de cette minoroité à dominer la majorité au nom de la religion »

« Les laïques c’est le peuple ; c’est la masse non mise à part,c’est tout le monde,les clercs exceptés,et l’esprit laïque c’est l’ensemble des aspirations du peuple, du laos, c’est l’esprit démocratique et populaire ».

L’ esprit clérical, Condorcet l’appelle « l’esprit de parti » qu’il oppose  à « l’esprit public » (voir à ce propos l’article fondateur de Charles Coutel (La laïcité de Condorcet,1989) à l’URL : https://www.persee.fr/doc/enphi_0986-1653_1989_num_39_6_5828)

 
Pour se rassurer, après ce retour aux Lumières de Condorcet on peut dire que l’  « on trouverait à peine dans le républiques modernes,et même dans les plans tracés par les philosophes,une institution dont les républiques grecques n’aient offert le modèle ou donné l’exemple ».  Ceci étant rappelé on s’en   tiendra à des formulations de plus en plus épurées s’agissant de la signification de la LAÏCITE , le pilier central de notre République qu’il s’agit de consolider :

 

La laïcité est le principe selon lequel l’État et la sphère publique sont séparés de toute croyance, religieuse ou non, garantissant la liberté de conscience — y compris celle de croire, de ne pas croire ou de refuser toute croyance — et l’égalité de tous devant la loi.

 

La laïcité est la séparation de l’État et de la sphère publique d’avec toute croyance, assurant la liberté de conscience, avec ou sans religion, et l’égalité civique.

 

La laïcité est la séparation de l’État et des religions garantissant la liberté de conscience et l’égalité civique.
 
Pour les visiteurs enclins à « réarmer » la laïcité on dira :

 

Résumé

La laïcité désigne un principe d’organisation politique par lequel l’État et la sphère publique sont rigoureusement séparés de toute croyance, qu’elle soit religieuse ou qu’elle procède de l’absence ou du refus de croire. Elle garantit à chacun la pleine liberté de conscience — croire, ne pas croire, changer de conviction — tout en assurant l’égalité de tous devant la loi, sans distinction d’option spirituelle ou philosophique. Loin d’être une hostilité aux religions, elle institue un cadre commun où aucune conviction ne peut s’imposer à la collectivité, et où la puissance publique demeure indépendante de toute autorité spirituelle comme de toute doctrine. En ce sens, la laïcité fonde un espace civique partagé et de tolérance, affranchi de toute emprise confessionnelle, condition d’une coexistence libre et égalitaire.

English

 

           The French principle of laïcité, understood as the strict separation of the State and the public sphere from all forms of belief, whether religious or grounded in the absence or rejection of belief, constitutes a foundational norm of political organization. It guarantees full freedom of conscience — including the freedom to believe, not to believe, or to change one’s convictions — while ensuring equality before the law irrespective of spiritual or philosophical commitments. Rather than expressing hostility toward religion, laïcité establishes a shared civic framework in which no belief may be imposed upon the community, and within which public authority remains independent of any religious or doctrinal power. In this sense, laïcité delineates a common civic space, free from confessional influence, as a condition for coexistence grounded in freedom and equality.

Deutch

Laizität ist ein politisches Ordnungsprinzip, bei dem Staat und öffentlicher Raum von allen Glaubensformen getrennt sind, seien sie religiös oder im Nichtglauben beziehungsweise in der Ablehnung von Glauben begründet. Sie garantiert die Gewissensfreiheit für alle — zu glauben, nicht zu glauben oder Überzeugungen zu ändern — und gewährleistet zugleich die Gleichheit vor dem Gesetz unabhängig von weltanschaulichen oder religiösen Positionen. Sie richtet sich nicht gegen Religionen, sondern schafft einen gemeinsamen Rahmen, in dem keine Überzeugung der Gemeinschaft aufgezwungen werden darf und in dem staatliche Autorität von jeder religiösen wie auch ideologischen Einflussnahme unabhängig bleibt. So begründet die Laizität einen gemeinsamen öffentlichen Raum als Voraussetzung für ein freies und gleichberechtigtes Zusammenleben.

 Brezhoneg
Ar laikelezh zo ur bennaenn aozadur politikel ma vez disrannet ar Stad hag an dachenn publik diouzh pep kredenn, bezañ e vefe relijiel pe diazezet war bezañ hep kredenn pe war nac’hañ krediñ. Gwarantiñ a ra da bep hini ar frankiz-koustiañs klok — krediñ, bezañ hep krediñ pe cheñch e soñjoù — hag assuriñ a ra bezañ par an holl dirak al lezenn, hep sell ouzh o soñjoù speredel pe filosofel. N’eo ket savet a-enep ar relijionoù, met diazezañ a ra ur framm boutin ma ne c’hall kredenn ebet bezañ rediet d’ar gevredigezh, hag ma chom an aotrouniezh publik dizalc’h diouzh pep galloud relijiel pe ideologel. Evel-se e krou ar laikelezh un dachenn geodedel rannet, dieub diouzh pep levezon konfesionel, evel diazez evit bezañ asambles en un doare frank ha kevatal.
Et ainsi pour n’entretenir ni  introduire  aucune équivoque, on soulignera que « les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée ! » .  A l’ASVPNF on continue de la rechercher sans faiblesse et « d’ opposer à l’évangile de la superstition l’évangile de la Science et de la Conscience, en le faisant pénétrer dans toutes les couches de notre (pauvre) société ».  Puisse cet article y contribuer !

L’instauration de la vie républicaine

dans les campagnes finistériennes  aux débuts de la 3è République

 Certains aspects en sont  appréhendés via la transcription d’un dialogue en langue  bretonne  paru le 15 octobre 1887 dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère mettant en scène deux paysans discutant du rôle de leurs députés dans les progrès de l’’agriculture et l’animation de la vie politique locale. À travers les comices, les concours agricoles et les promesses électorales, il exprime une critique ciblée des « blancs » et des notables réactionnaires, tout en laissant entrevoir une préférence pour des républicains modérés perçus comme davantage soucieux d’instruction et de progrès agricole.

Loin de suggérer que « tous les députés se valent », ce texte illustre plutôt le déplacement progressif de la confiance paysanne vers des élus républicains jugés plus crédibles face au clergé, au cléricalisme et aux hobereaux locaux. En donnant voix à des locuteurs bretonnants sur ces enjeux, il offre un témoignage précieux de la politisation graduelle du monde rural finistérien à la fin du XIX siècle.

 Les visiteurs pourront consulter à ce propos   cinq documents accessibles en cliquant sur  Fichier :

Fichier 1 . La rubrique Variété du journal  Le Finistère  (1887).

Fichier 2 . La version bretonne dans sa transcription brute.

Fichier 3 . La version bretonne normalisée.

Fichier 4 . La version bilingue  Breton-Français (répliques entrecroisées)

Fichier 5 . Le dialogue entre  Tin et Yeun ( versions bretonne et française en regard)

Après avoir pris connaissance  de la matière provenant d’une coupure d’apparence anodine extraite du journal Républicain Le Finistère  (parution du 15 octobre  1887) on retiendra entre autres  que le dialogue rapporté, sous la plume ironique d’un certain Furick (les visiteurs bretonnants apprécieront !), prend place dans un moment où la République cherche à s’enraciner dans les campagnes finistériennes en s’appuyant sur les institutions de sociabilité rurale que sont les comices agricoles. Ceux-ci ne relèvent pas seulement de la fête locale et de l’émulation entre fermiers et leurs productions mises au concours,  ils constituent aussi un dispositif de vulgarisation agricole, de mise en scène des notables et de médiation politique, où se croisent prix, discours, banquets et compétition électorale.
Le texte fait apparaître une tension caractéristique du Finistère de la Troisième République (à l’époque Maurice Rouvier était président du Conseil) entre, d’une part, les élus républicains et l’administration, porteurs d’un projet d’instruction (avec un volet structuré d’enseignement agricole) et de modernisation, et, d’autre part, un monde rural conservateur encore fortement structuré par le clergé, le cléricalisme et les influences notabiliaires. La présence récurrente des noms de Méline et de Develle (anciens ministres de l’agriculture) rappelle que la politique agricole républicaine participe elle-même de cette entreprise d’implantation, en articulant action gouvernementale, discours de progrès et captation des fidélités locales.

À travers l’ironie du dialogue, ce sont donc les modalités concrètes de la républicanisation des campagnes qui se donnent à voir : non pas une conquête abstraite, mais un travail patient de persuasion, d’encadrement et de concurrence symbolique dans des lieux de rassemblement où les paysans sont à la fois acteurs, spectateurs, juges et électeurs. La satire vise moins l’agriculture que l’écart entre les promesses des élus et leur efficacité réelle dans les cantons.

 Notes :

1. Les comices agricoles. Leur  identification semble juste : « komisioù » dans le texte doit être lu comices (komis en breton actuel), ces grandes assemblées agricoles annuelles où les élus républicains venaient effectivement discourir, distribuer des prix, banqueter et préparer leur réélection. C’est un lieu de sociabilité rurale et de clientélisme politique caractéristique de la III République. Le texte tourne en dérision la générosité dérisoire de de Legge — un skoed (3 Francs de l’époque ) en dix ans pour tout bilan — contrastée avec sa présence assidue à tous les comices du département ( Le Faou, Châteaulin, Pleyben, Landerneau, Daoulas, Lesneven, Brest…).

2. Comices et pouvoir  Les comices de Pleyben, tels qu’ils apparaissent dans le texte et dans les polémiques relayées par Le Finistère, sont un excellent observatoire de cette transition agricole, de scène politique et d’outil de concurrence entre communes, cantons et candidats. Le fait que le journal insiste sur les dons dérisoires, les discours et la fréquentation des comices suggère que la République locale se construit aussi dans des micro-gestes, des présences répétées et des réputations patiemment travaillées

La lecture permet aussi de dégager un enseignement plus large : dans ces campagnes bretonnes encore très marquées par le clergé et les élites traditionnelles, la République ne s’impose pas uniquement contre les institutions anciennes ; elle s’installe en les contournant, en les recyclant parfois, et surtout en investissant les lieux où la population rurale se rassemble et compare les uns aux autres Le texte de 1887 est précieux précisément parce qu’il montre la politique républicaine non comme un bloc, mais comme un travail d’implantation, de persuasion et de rivalité locale.

 3. Les vertus potentielles de l’Instruction publique en cours de laïcisation sont mentionnées.

Instituteurs et Institutrices en RESISTANCE

Nous reproduisons  ici en partie   le titre de l’article paru le  27 mai 2026 sur le site internet du CRHA  de  Lyon accessible  à l’adresse :  https://centrehenriaigueperse.com/2026/05/27/instituteurs-et-institutrices-en-resistance-jalons-pour-une-histoire-a-faire/.

 À l’occasion du 27 mai, Journée nationale de la Résistance trop souvent reléguée au second plan, le Centre Henri Aigueperse apporte une contribution précieuse à l’histoire encore incomplète des instituteurs et institutrices engagés dans la lutte clandestine. Ce jour marque la date de la première réunion du Conseil national de la Résistance, présidée le 27 mai 1943 par Jean Moulin, ancien sous-préfet de Châteaulin dans le Finistère. En mettant en lumière le rôle central du syndicalisme enseignant, cet article ouvre des perspectives essentielles, mais laisse en retrait un angle pourtant décisif : celui des Écoles normales, démantelées par Vichy. Le devenir des élèves-maîtres, transférés dans les lycées, éclaire pourtant une réalité méconnue : leur participation aux réseaux de résistance lycéens, rarement prise en compte par l’historiographie. À l’heure où la mémoire de la Résistance peine à s’imposer dans le débat public, cette réflexion rappelle l’urgence d’une histoire plus complète, attentive aux lieux de formation, aux trajectoires juvéniles et aux engagements précoces.

 Les visiteurs de ce site pourront consulter l’article original du CRHA  en cliquant sur Fichier 1.

Ils pourront également prendre connaissance  de la « recension » qu’en fait l’ASVPNF   en cliquant sur  Fichier 2 .

 Que le CRHA et son rédacteur en chef soient remerciés de nous avoir permis cet emprunt

La Révolte de Fouesnant (1792)

ou

Les débuts de la chouannerie

Le récit, publié comme feuilleton  en 1887 dans le journal Le Finistère (numéros des 7 et 10 septembre), s’intitule  La Révolte de Fouesnant(1792). Il rapporte, dans le  détail,  une révolte qui eut cours à Fouesnant (F-29170) en juillet–décembre 1792, trois ans après la Révolution de 1789 ; ce furent les  prémices meurtrières de la chouannerie. Il illustre un point de bascule entre révoltes paysannes précoces et la formation ultérieure d’une chouannerie structurée dans le Finistère et  d’autres départements plus à l’Est  La notice qui l’accompagne se propose de restituer l’évènement dans son contexte chronologique et social, à évaluer la fiabilité des sources disponibles, à proposer une lecture croisée des sources écrites et visuelles (dont le tableau de Jules Girardet conservé au musée de Quimper), et à fournir des pistes d’archives et une bibliographie pour approfondir la recherche. Récit et notice précèdent dans la présentation qui suit :

 – Une version complète en langue anglaise comportant l’article initial  contenu dans le journal Le Finistère  suivi de la notice  « explicative ».

 – Une version complète en langue bretonne structurée comme la précédente… puisqu’aussi bien au moment des faits qu’à celui de la parution du Journal les locuteurs  concernés s’exprimaient majoritairement en breton .

 Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos deux fichiers :

Fichier 1 .   La révolte de Fouesnant (1792) ; les faits et les leçons pour l’Histoire.
Sommaire :

1.  Transcription brute  du Feuilleton du Finistère……….. p.1

2 . Transcription améliorée……………………………………………………p.10

3.  Notice sur les débuts de la chouannerie à Fouesnant p.17

4.  Version en langue anglaise………………………………………………..p.23

5. Version en langue bretonne……………………………………………….p.34

 Fichier 2. Tableau « des révoltés de Fouesnant ramenés à  Quimper par la garde nationale (1886-1887» de Jules Girardet (1886-1887) ; Musée des Beaux-Arts , Quimper

Comprendre l’antisémitisme pour défendre l’universel

Understanding Antisemitism to Defend Universalism
  “À partir de l’analyse de Jean‑Pierre Sakoun, une lecture historique et spirituelle de la haine des Juifs. »

« Drawing on Jean‑Pierre Sakoun’s analysis, a historical and spiritual reading of hatred of the Jews. »

 

Etant donné le caractère fondateur de l’article de Jean-Pierre Sakoun  mis en ligne le 6 mai 2026 dans  Mezetulle( blog revue  de Catherine Kintzler)  et intitulé  :

« Renier les origines, haïr l’original »
Article que l’on pourra consulter sur ce site (Fichier 1),il a paru opportun d’en présenter ici une analyse . Elle engage l’ASVPNF, Association loi de 1901, au titre de sa spécificité et de ses engagements en référence aux fondamentaux de la laïcité républicaine  et de ses prolongements  institutionnels  notamment  au niveau de l’Ecole publique.

C’est pourquoi les visiteurs, après avoir pris connaissance de l’article de J-P.Sakoun, sont invités à consulter sur ce site  un Fichier 2 correspondant à la recension  bilingue qu’en propose l’ASVPNF .

En résumé on dira que :

« À partir de l’analyse de Jean‑Pierre Sakoun, cet article propose une réflexion approfondie sur la nature singulière de l’antisémitisme. Il en éclaire les racines historiques et spirituelles — haine de l’origine, haine de la persistance — et en montre les implications pour la défense de la laïcité à la française, de la raison et de l’universalisme républicain.”

 Ou encore :

« Drawing on Jean‑Pierre Sakoun’s analysis, this article offers an in‑depth reflection on the singular nature of antisemitism. It explores its historical and spiritual roots—hatred of origin and hatred of persistence—and highlights the implications for the defense of French laïcité, reason, and republican universalism; »

 

 

 Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle .

 

La grève des papetiers et papetières de Cascadec

Sur les routes sinueuses et glissantes de Cascadec (Scaër, F-29390), au cœur de la campagne finistérienne, l’affaire de la papeterie de Scaër apparaît comme un épisode  de lutte sociale d’une intensité peu commune.  Ell est partie d’un conflit du travail faisant suite aux évévements sociaux et politiques du Front populaire de 1936 dont nous avons  célébré il y a peu le 90è anniversaire. Elle dépasse vite le simple cadre d’une revendication ouvrière pour devenir un affrontement sur l’ordre industriel, la discipline d’usine, la liberté syndicale et le rapport de forces entre patronat, État et monde ouvrier.

Les documents conservés montrent l’ampleur de la grève et la dureté des mesures prises par la direction. L’arrêt du travail, les évacuations, les fermetures temporaires, les tentatives de reprise sous contrôle patronal et les demandes de réembauche dessinent une séquence conflictuelle où chaque décision est immédiatement interprétée comme un geste de pression ou de résistance. Le conflit ne se limite pas à une question salariale ou contractuelle ; il engage la maîtrise même du temps de travail, de l’embauche et des conditions de présence dans l’usine.

La politisation de l’affaire est révélée par le vocabulaire des articles de la presse locale. Elle laisse entendre que la grève est perçue, selon les points de vue, tantôt comme une lutte ouvrière légitime, tantôt comme une agitation plus large, presque politique. La mention d’un délégué CGT,  Pierre Salaün, futur maire de Scaër à la Libération, souligne le rôle structurant de l’organisation syndicale dans la mobilisation. À travers lui, la grève prend une dimension de représentation collective qui dépasse l’atelier et touche à la vie publique locale.

La conflictualité s’exprime aussi dans les formes de surveillance et d’encadrement. Tout indique un espace industriel fortement polarisé, où la direction cherche à reprendre la main tandis que les ouvriers défendent leur droit à l’existence collective.

Dans un territoire rural, loin des grands centres industriels, la grève de Cascadec concentre pourtant des enjeux typiques des grandes crises sociales du XXè siècle : rapport de classes, emprise patronale, médiation administrative, conflictualité syndicale, contrôle du travail et inscription politique du monde ouvrier. Elle n’est pas seulement un épisode de grève locale. Elle est fondatrice, parce qu’elle révèle la brutalité des rapports sociaux dans une Bretagne rurale encore marquée par la domination économique de quelques grands patrons, mais aussi parce qu’elle rend visible la capacité du monde ouvrier à s’organiser, à durer et à s’inscrire dans l’histoire politique locale. Elle est exemplaire car on y devine les mutations en cours  dans le monde  du travail, dans la sociabilité militante et dans les rapports de pouvoir dans la campagne finistérienne alors que se dessinent les prémices de la seconde guerre mondiale.

Les visiteurs de ce site pouuront consulter à ce propos un Fichier dévolu à cette page singulière de notre histoire locale. Elle est intitulée ;

 
« Cascadec, sur les chemins de la colère »

ou

“Cascadec, on the Roads of Anger

 

 Que André Le Goff soit très chaleureusement remercié de nous avoir accompagné dans cette aventure, nous apportant la connaissance du terrain  et celle des hommes !… Nos remerciements s’adressent auusi aux médias qui nous ont donné accès aux clichés et coupures de presse supports de  cette note .

Lorsque le journal républicain Le Finistère

publiait un pamphlet anti-clérical en langue bretonne, masqué sous l’intitulé  « Variété »

(le 23 juillet 1887)

 

Discrètement dissimulé  dans les colonnes de la 3è page  dudit journal, proches de celles des petites annonces, on a découvert inopinément un article au titre d’autant plus anodin qu’il annonçait un texte en langue bretonne dédié  au célèbre « tant va la cruche à l’eau  qu’à la fin elle se casse »  du Roman de Renart. Les visiteurs intrigués pourront consulter en cliquant sur Fichier 1 l’image brute correspondante extraite du journal conservé et numérisé par les Archives départementales du Finistère.

On s’étonne fort justement de l’intitulé de cette rubrique du journal Le Finistère à la fin du 19è siècle car utilisé au singulier. Variété  pourrait signifier soit « l’état de ce qui est varié ou le caractère de plusieurs éléments qui, lorsqu’on les compare entre eux, apparaissent divers » soit encore « le genre qui regroupe les chansons populaires et commerciales ». Toutes définitions qui semblent assez éloignées de l’objet du pamphlet que les visiteurs vont découvrir ici. On retiendra cependant qu’en terme de création littéraire la  variété peut concerner des textes donnant une impression de changement ou de renouvellement mais peu informatifs et souvent d’un ton léger. Le lecteur appréciera !

 Dans le Fichier 2 , ils pourront prendre connaissance  des items suivants  :

 -La transcription du dit article  en breton cornouaillais

-La réécriture du texte transcrit en breton peurunian

-La traduction de ce texte en Français

-Le résumé, l’abstract et le diverradan  de ce dernier document

Enfin ils sont invités à ouvrir le Fichier 3 dans lequel ils pourront découvrir quelques uns des enseignements à tirer  d’une telle coupure de presse

Au final, ils pourront les dédier au  Roman de Renart bretonnisé pour la circonstance : 

« Betek ar wech diwezhañ ez ar pod dar feunteun »

Petite chronique d’après Ciase et Betharram (VIII)

Pour les visiteurs attentifs de ce site, il s’agit de rester informé et de suivre le fil de cette chronique interminable . Il reste à faire tomber le mur de l’omerta et du déni en la matière et à continuer de libérer les intelligences ! 
Dans l’attente laborieuse on pourra déjà consulter, en cliquant ici, le Fichier 1. Il permettra- pour le moins- de  faire l’étart des lieux (?) en ce début de printemps 2026.
Que les responsables des médias concernés par nos recherches 
 qui ont permis d’assembler des informations souvent disparates et insolites  soient  assurés de  notre reconnaissance pour tous les emprunts réalisés .

Premier Mai 2026 Jour férié, chômé et payé

Le 1er mai : une historicité de la lutte sociale
 
Le 1er mai n’est pas une date parmi d’autres dans le calendrier républicain : il est l’héritage vivant des luttes ouvrières, le symbole d’un rapport de force historique qui a permis d’arracher des droits essentiels face aux logiques d’exploitation. Le réduire à un simple jour chômé ou à une parenthèse printanière serait en trahir le sens profond.Tout commence dans la violence sociale de la fin du XIXe siècle industriel… 
Les visiteurs qui souhaitent en savoir plus , au moment où d’aucuns tentent sans réserve de  porter atteinte aux acquis et aux droits des travailleurs, pourront consulter- en cliquant ici un  texte  que  l’ASVPNF  considère comme fondateur à cet égard.

En hommage à Yves Cotty

                                                                 (1919-1980)

 

Un de nos collègues , Jean-Yves Cotty, ancien élève-maître de l’ENG de Quimper, a eu  l’idée lumineuse  de nous faire parvenir récemment un document exceptionnel constituant à lui seul un élément structurant  de notre mémoire normalienne ! Il y rapporte le devenir hors normes de  son propre père, lui-même normalien ayant quitté ce qui fut appelé le Château de  Rosmadec en 1940, au moment où le Régime de Vichy (et la France occupée ) supprimaient l’Ecole émancipatrice qui venait de lui donner accès au beau métier d’Instituteur.  En réalité c’est un chemin semé d’embuches et de violences extrêmes qui l’attendait… celui de la Résistance à l’Occupant et de la Déportation.   Son fils,  retraité de l’Education nationale, en rapporte les principales étapes  dans un fichier 1 , accessible au moyen d’un clic gauche.  Il s’intitule :

« Eléments de biographie de Yves COTTY »

 

“Yves Cotty y apparaît comme une figure très représentative d’une génération normalienne et enseignante entrée très jeune dans la clandestinité. Les sources convergent sur son parcours breton : enfance à Plounévézel, formation à l’École normale de Quimper, premier poste d’instituteur à Pont-de-Buis, puis engagement dans la Résistance à Saint-Goazec, où il rejoint un réseau lié à l’Organisation spéciale puis aux FTPF.

Son arrestation le 18 décembre 1943, son internement à Quimper et son transfert par Compiègne vers Auschwitz, puis Buchenwald, sont également bien établis. Le site de l’association Buchenwald-Dora précise qu’il est arrivé à Auschwitz le 30 avril 1944, tatoué du numéro 186573, puis transféré à Buchenwald où il reçoit le matricule 52487 et sera libéré le 11 avril 1945. Le Maitron confirme cette chronologie et ajoute des éléments biographiques et familiaux utiles, notamment son mariage après-guerre et son activité d’enseignant à Moëlan-sur-Mer.

Sur le plan strictement historique, Yves Cotty représente le « Normalien quimpérois de 1940 tatoué à Buchenwald », et son engagement à 20 ans  relie trois réalités historiques : l’école normale comme matrice républicaine, la Bretagne occupée comme espace de résistance, et le camp comme lieu de déshumanisation extrême. »

«  S’agissant de la reconstruction et de la restitution  de la mémoire normalienne on se rendra compte que l’ ancien élève de l’École normale de Quimper n’est pas seulement un “agent” de la Résistance, mais aussi le produit d’une culture scolaire et civique.Son imprégnation par la vie normalienne permet aussi de souligner la dimension collective de la démarche  et de l’esprit de promotion soutenus par les affinités personnelles  et les prémices du militantisme politique. Ceci permet d’ébaucher une mémoire d’école non pas héroïsante au sens abstrait, mais incarnée, documentée, et liée à une génération précise confrontée à un épisode dramatique de notre histoire  nationale et capable  de s’engager dans une action libératrice, au sein du combat clandestin des déportés. »

« Le texte de Jean Yves Cotty et la citation rapportée d’Alain Legrand donnent au dossier sa force humaine. La phrase transmise par la mémoire familiale — “Nous étions tatoués, marqués comme des animaux…” — dit la violence symbolique de l’empreinte concentrationnaire et le fait que le tatouage ne disparaît pas avec le retour.”

« Le Maitron et l’association Buchenwald-Dora confirment qu’il est revenu en Bretagne,  s’est rengagé dans une vie personnelle, puis a poursuivi une carrière dans l’enseignement, tout en portant cette blessure jusqu’à sa mort en 1980. »

« Pour l’histoire de l’institution, on notera en effet que  Yves Cotty  reprit  dès 1946 le fil d’une  carrière – juste amorcée en 1940- dans plusieurs établissements scolaires du Finistère (au point de laisser son nom, au Collège public de Moëlan-sur-Mer). Il s’impliqua aussi dans la vie associative et citoyenne de sa collectivité  (Amicale laïque, Union sportive) sans compter la vie politique ( Secrétaire de la cellule locale du Parti communiste). »

 

 

Photo .

Yves Cotty-à droite en costume- à la kermesse de l’Amicale laïque de Moëlan-sur-Mer.(Coll. pers. ; André Le Goff)

 

« Pour les services rendus il fut gratifié, chemin faisant, de la Médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports. »

Le visiteurs de ce site pourront consulter, en cliquant sur un fichier 2 , l’hommage que lui rend  l’ASVPNF  dans un texte de T.R. et PPty. Il s’intitule :

Yves Cotty, normalien quimpérois, résistant et déporté

 

Marcel Paul , compagnon de détresse de Yves Cotty et de Robert Desnos, écrivait :«  La lutte était  souvent dure, cruelle même. L’on a connu des moments tragiques mais ce combat pour un monde nouveau de Paix , de progrès  social était exaltant ». Tous les  trois   avaient des cœurs qui haïssaient la guerre qui se mirent à battre pour sauver la liberté,celle qui est la nôtre . Nous leur savons gré !

  Que Jean Yves Cotty soit cordialement remercié d’avoir confié le fichier 1 à l’ASVPNF et d’en avoir permis la représentation sur ce site. André Le Goff, fidèle contributeur,  nous  a fait parvenir une photo de sa collection personnelle où l’on reconnaît Yves Cotty accompagné d’ amicalistes laïques moëlanais.  Nous l’en remercions vivement.