La récidive après une leçon oubliée
pour un
Selon Le Monde du 30 juin 2026 , contre l’avis du gouvernement, le Sénat a voté, dans la nuit de lundi 29 à mardi 30 juin, la réintroduction dérogatoire et encadrée de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides interdits en France, mais autorisés ailleurs en Europe.
En approuvant, à 183 voix contre 129, ce nouveau volet du projet de loi d’urgence agricole, les sénateurs ont ressuscité, à l’initiative de la droite et des centristes, une mesure de la loi Duplomb partiellement censurée en 2025 par le Conseil constitutionnel, et décriée par la gauche et les associations de défense de l’environnement.
Ce dossier avait fracturé la classe politique et mobilisé les foules l’an passé, avec une pétition rassemblant plus de deux millions d’opposants à la première loi Duplomb, du nom du sénateur (Les Républicains) de la Haute-Loire Laurent Duplomb.. Mais en 2026, on persiste et on signe :
« Nous sommes les seuls à interdire des molécules en Europe depuis plus de dix ans. On tue à petit feu notre production française de fruits pour finir par importer en masse ces mêmes fruits, produits avec ces mêmes molécules », a justifié lui-même M. Duplomb, désigné corapporteur de cette loi d’urgence. Une « hypocrisie » qui affaiblit certaines filières françaises, comme la betterave, la pomme, la cerise et la noisette, selon lui. Les dérogations votées par le Sénat cibleraient d’ailleurs précisément ces filières en difficulté, une rédaction jugée « proportionnée » selon ses défenseurs.
Un « retour en arrière inacceptable »
La gauche a crié à la « surenchère propesticides » et à « l’acharnement », relayant les inquiétudes d’associations de défense de l’environnement indignées à la perspective de voir réintroduit l’acétamipride, un néonicotinoïde toxique pour la biodiversité et potentiellement pour la santé humaine. Le sénateur écologiste d’Ille-et-Vilaine Daniel Salmon a dénoncé « un gigantesque renoncement », le socialiste Jean-Claude Tissot (Loire) un « retour en arrière inacceptable ».
Le gouvernement a fait part des inquiétudes que suscitait cette mesure, craignant que l’adoption d’un dispositif aussi inflammable politiquement compromette les chances de voir l’ensemble du projet de loi d’urgence agricole être adopté définitivement au Parlement cet été. « Ce que je crains, c’est que cette question est tellement virulente qu’elle pourrait emporter le texte tout entier », s’est inquiétée la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. « On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes », avait-elle déjà prévenu un peu plus tôt.
« Lorsque des doutes sérieux existent sur les effets d’une substance pour la santé humaine ou pour la biodiversité, notre responsabilité est d’agir avec prudence », a renchéri la ministre de la transition écologique, Monique Barbut.
Les principales associations de patients et plusieurs sociétés savantes médicales et scientifiques avaient appelé, lundi, les sénateurs à refuser ces réintroductions, évoquant un « véritable test pour nos institutions démocratiques », dans une tribune publiée par le Monde. »
Les visiteurs de ce site,non convaincus de la gravité du débat en cours rapportée dans ce quotidien, pourront se rendre à l’adresse suivante ; https://www.publicsenat.fr/dossier/loi-duplomb où ils pourront compléter leur information .
Mais puisque le métier de la terre est le plus noble et le plus difficile et qu’on y apprend à ses dépens et sans en référer à Ncolas Boileau que vingt fois sur le métier on remet son ouvrage, qu’il faut le polir sans cesse et le repolir et en souhaitant une loi « non fourre–tout d’urgence agricole » on propose aux visiteurs de ce site une nouvelle contribution intitulée :
« Loi Duplomb II et retour de l’acétamipride : biocides, détour législatif et crise du modèle productiviste »
Elle est accessible en Cliquant ici
Afin qu’en la matière,il n’y ait aucune équivoque les visiteurs anglophones pourront accéder à la version anglaise jointe.
