Manifeste de l’ASVPNF
À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la proposition d’interdire et de sanctionner le port du voile ou du foulard dans l’espace public réactive une controverse ancienne. Présentée comme une mesure de défense de la laïcité, elle engage en réalité des questions essentielles touchant à la liberté de conscience, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la place des religions dans la République et aux limites de l’intervention de l’État.
Notre Association a choisi de prendre part à cette discussion avec sérieux, indépendance et esprit constructif. Cette publication fait suite à l’examen de deux contributions récentes : le communiqué de Vigie de la Laïcité, Interdire le port du voile ou du foulard dans l’espace public : une dangereuse remise en cause de la liberté de conscience, et l’article de Catherine Kintzler, publié sur Mezetulle sous le titre Faut-il interdire le port du voile dans « l’espace public » ?
Ces deux textes permettent de préciser une distinction déterminante. L’expression « espace public » peut désigner la sphère institutionnelle de l’État, des collectivités, des administrations et des services publics, où s’impose l’obligation de neutralité. Elle peut aussi désigner l’espace social partagé dans lequel les citoyens circulent, se rencontrent et participent à la vie collective : rues, places, jardins, transports, plages, commerces, équipements culturels et lieux publics ou privés ouverts à tous.
Dans la première sphère, la neutralité constitue une exigence fondamentale de l’État républicain. Dans la seconde, les citoyens demeurent libres de leurs convictions et de leur expression, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des droits d’autrui. La neutralité de l’État ne peut donc être transformée en obligation générale de neutralité imposée aux citoyens dans leur vie sociale.
Le manifeste défend une conception exigeante de la laïcité, que notre Association qualifie de laïcité de combat. Cette laïcité combat les privilèges confessionnels, les pressions religieuses, les violences, les discriminations et toutes les formes d’emprise. Mais elle refuse de devenir une police des consciences ou des apparences. Elle distingue la lutte nécessaire contre l’islamisme et les comportements coercitifs de la stigmatisation des personnes et des amalgames visant toute femme qui porte un voile.
Notre démarche ne consiste ni à approuver le voile ni à interdire sa critique. Une société libre doit permettre à chacun d’exprimer ses convictions, mais aussi de les discuter, de les contester et de les désapprouver publiquement dans le respect des personnes et du droit. La liberté de conscience suppose à la fois la protection des choix individuels et la possibilité d’un débat critique sur leurs significations sociales, religieuses ou politiques.
Régie par la loi du 1er juillet 1901 et indépendante de tout parti politique comme de tout culte, notre Association inscrit cette réflexion dans le respect de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. Elle entend contribuer à un débat démocratique fondé sur les faits, le droit et la raison, en défendant l’école publique, l’émancipation des femmes, l’égalité des droits et la liberté d’association.
Ce manifeste est proposé comme un document fondateur et comme une invitation au dialogue. Il ne prétend pas clore la discussion, mais souhaite l’ouvrir sur des bases plus fécondes : la protection des personnes, l’éducation, l’émancipation, la responsabilité citoyenne et le respect de la liberté de conscience.
La République n’a pas à choisir entre la liberté et la laïcité : la laïcité, dans le respect de la loi de 1905, est précisément l’une des garanties de la liberté.
Sur ce thème placé en première ligne dans les médias par certains des protagonistes du bal des prétendants de 2027- ce qui leur permet d’ éviter les questions cruciales de leurs progammes politiques- les visiteurs pourront consulter :
Fichier 1 . B 34. Le communiqué de la Vigie de la laïcité.
Fichier 2 . B34. L’article de C. Kintzler paru dans Mezetulle.
Fichier 3 . B34. Le manifeste de l’ASVPNF .
Que les rédacteurs de La Vigie et Catherine Kintzler soient très cordialement remerciés de nous permettre ces emprunts !
