redécouvrent
les bienfaits de la Loi cent-vingtenaire de 1905
En République d’Irlande, la nation occupant le sud de l’île d’Irlande(capitale Dublin) comporte d’après le recensement de 2016, 78,3 % des habitants[1] se déclarant catholiques et 9,8 %, sans religion. Les 11,9 % restants sont protestants, musulmans, etc[.
Le christianisme irlandais s’inscrit dans un contexte culturel celtique, et dans l’histoire troublée des îles Britanniques, puis au moins dès 1200 dans les relations difficiles entre Angleterre et Irlande. ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_en_Irlande)
S’agissant des religions en Irlande du nord (Ulster, capitale Belfast) les repères (au recensement de 2011) sont fournis uniquement pour une comparaison superficielle avec la situation en république d’Irlande . On dénombrait : protestants (chrétiens non catholiques) : 41,5 % (presbytériens (19,1 %), anglicans (13,7 %), méthodistes (3 %), autres (5,8 %)) (selon https://fr.wikipedia.org/wiki/Religion_en_Irlande)
En 2025, le sécularisme n’est pas encore institué en République d’Irlande. Mais de quoi s’agit-il ? on peut-retenir à titre provisoire et selon La Toupie
( https://www.toupie.org/Dictionnaire/Secularisme.htm ) que :
« Le sécularisme est la tendance séculière que peut prendre un mouvement religieux.
En matière de politique, le sécularisme est le principe selon lequel les religions ne doivent pas avoir de pouvoirs politiques ni influencer le gouvernement d’un pays et que réciproquement le pouvoir politique ne doit pas intervenir dans les affaires propres aux différentes religions.
Il « défend » la séparation des Eglises et de l’Etat.
« Le sécularisme apparaît comme une tendance à transférer la plupart des valeurs sociales du domaine du sacré à celui du profane. Il conduit à la désacralisation d’un large domaine d’activités dont celle de l’organisation sociale, qui devient un produit de l’histoire et des politiques humaines et qui peut donc être soumise à la critique rationnelle et à la transformation volontaire.
« La sécularisation est un phénomène de civilisation qui implique une nouvelle organisation de l’espace public en accord avec les valeurs de l’émancipation politique et de la liberté de conscience. »
Sur ce site on rappelait aussi l’origine de sécularisme :
Etymologie : de séculaire, venant du latin saecularis, séculier, profane, dérivé de saeculum, siècle, moeurs du siècle, vie mondaine, monde.
L’adjectif « séculier » qualifie :
– ce qui appartient au siècle, c’est-à-dire au monde laïc et non à l’Église.
– des ecclésiastiques qui ne sont pas soumis à la règle au sein d’un ordre religieux (par opposition aux réguliers).
On pourra aussi se familiariser avec ces mots dont l’usage peut conduire à des incompréhensions dans no représentations et pratiques républicaines et laïques en se rendant aux adresses suivantes :
– https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/secularisation
– https://raison-publique.fr/2238/
https://books.openedition.org/editionscnrs/50737?lang=fr-
Des incohérences pouvant en résulter, aussi est-il bon de revenir au CNRTL (https://www.cnrtl.fr/definition/s%C3%A9cularisation pour se rassurer et retrouver ses repères par rapport à notre Loi républicaine prochainement cent-vingtenaire , la Loi de Séparation de 1905. On y découvre :
1. Action de séculariser une personne, une institution, un établissement religieux; résultat de cette action. [MmeLouise] va lire à l’église son office de la Vierge, selon une des règles de son ordre dont la sécularisation ne la dispense pas (Bernanos, Mauv. rêve, 1948, p. 1004).Indult de sécularisation. Acte juridique en vertu duquel un clerc passe de la condition régulière à la condition séculière, ou un non-clerc (frère, religieux) de la condition régulière à la condition laïque (d’apr. Foi t. 1 1968).
2. Action de transférer un bien d’Église dans le domaine public, laïc; résultat de cette action. La Prusse s’est formée en grande partie par la sécularisation de principautés ecclésiastiques (Ac.1878, 1935). Ses membres [du clergé] se trouvaient réduits, par la sécularisation de ses biens, à la condition de fonctionnaires salariés (Lefebvre, Révol. fr., 1963, p. 187).
3. Action de soustraire une fonction, une institution sociale à la domination, à l’influence religieuse, ecclésiastique, de (la) mettre entre les mains des laïcs, des pouvoirs publics; résultat de cette action. Synon. laïcisation.1881, sécularisation des grands services de l’État (hôpitaux, tribunaux…) (Le Nouvel Observateur,12 août 1968,p. 16, col. 1).
4. − Action de donner à quelque chose un caractère laïc, non religieux, non sacré; résultat de cette action. Le pas décisif qu’il [Nietzsche] fait accomplir à l’esprit de révolte consiste à le faire sauter de la négation de l’idéal à la sécularisation de l’idéal (Camus, Homme rév., 1951, p. 103). Une étude historique intégrale du mot [âme] montrerait une sécularisation croissante depuis les premiers emplois dans les textes chrétiens les plus anciens jusqu’à nos jours (P. Imbsds Communio, 1987, t. 12, n o3, p. 59).
On pourra aussi se référer au « modèle » indien de sécularisme en se rendant à https://mouvements.info/le-secularisme-ou-la-version-indienne-de-la-laicite-2/ pour y observer que « La Constitution indienne de 1950 ne mentionne pas le terme de « sécularisme » mais la structure formelle de l’État définie par ce document comprend toutes les caractéristiques d’un État séculariste. L’Inde ne reconnaît aucune religion d’État. Aucune institution éducative financée intégralement par l’État ne doit dispenser d’éducation religieuse. Formellement, la Constitution ne confère à la religion aucun droit de regard sur les lois du pays. Toutes les lois pénales sont sécularistes. Une seule anomalie majeure persiste : une partie des lois civiles qui traitent de la famille, du mariage et de l’héritage relèvent de la religion. La liberté religieuse est garantie, ainsi que la liberté d’abjurer toute religion. Personne n’est obligé de payer des impôts dont les recettes sont spécifiquement affectées à la promotion ou au maintien d’une quelconque religion ou confession. Les personnes qui fréquentent un établissement d’enseignement ne sont en rien obligées de suivre l’éducation religieuse dispensée dans cet établissement, ni de participer aux cérémonies religieuses qui peuvent y être organisées. L’État a le devoir de s’abstenir de toute discrimination envers ses citoyens sur la base de leur religion, leur race, leur caste, leur genre ou leur lieu de naissance. En 1976, le terme de « sécularisme » a été formellement introduit dans la Constitution et l’Inde a été déclarée une république séculariste »
« Bien que son assise théorique soit moins développée, le modèle de sécularisme de la Constitution indienne, établi conjointement par les hindous et les musulmans avant l’indépendance de l’Inde, tente de répondre aux besoins de sociétés aux croyances religieuses profondément diverses tout en respectant les principes de liberté et d’égalité. »
Au final on notera que « ce modèle essaie de trouver un moyen terme entre une hostilité active et une passivité indifférente, ou entre une hostilité irrespectueuse et une indifférence respectueuse envers la religion »…
Comprenne qui pourra !
Il ressort de ce tour d’horizon partiel que si de la complexité et de la diversité jaillit parfois la lumière , les deux concepts de laïcité (celle de la République Française et de la loi de 1905) et de sécularisme sont loin d’être superposables et interchangeables. Il convient de les manier avec discernement et réalisme et de regarder avec beaucoup d’humilité les pratiques institutionnelles qu’elles engendrent.
On peut cependant espérer en mesurer les efficiences respectives en termes non seulement de stabilité institutionnelle et sociétale et de coexistence pacifiques entre groupes humains aux choix spirituels et philosophiques tous aussi respectables mais aussi de respect de la liberté de conscience.
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos le manifeste révélateur de Stephen Evans, directeur general de la NSS (pour National Secular Society) qui sur le site de Entre les lignes entre les mots (25 novembre 2025) lance un appel pour stigmatiser la situation en Irlande du Nord sous un intitulé qui, traduit en français, se formule ainsi :
« Séparer la religion et l’État pour une société plus juste »
Il est accessible directement en cliquant ici.
A l’ASVPNF on le suivrait sur ce terrain qui nous renvoie à la Loi de la République française datant de 1905 moyennant quelques aménagements parmi lesquels on militerait pour obtenir la séparation de toutes les Eglises et de l’Etat tout en ménageant la liberté de conscience et de religion. Mais en toute humilité-on peut le prévoir-notre voix lointaine n’a que peu de chances d’atteindre la perfide Albion . C’est bien dommage car il est pénible de supporter plus avant qu’à nos portes , en 2025, on puisse encore trouver à écrire « il est temps d’adopter une approche laïque et inclusive de l’éducation qui mette enfin un terme à l’utilisation des écoles publiques comme moyen d’imposer une doctrine ou des enseignements religieux ».
Manifestement notre modèle républicain conserve toute sa singularité et son utilité sociale. Nous n’avons pas su l’exporter ; ce n’était pas l’objet de la démarche de ses fondateurs !
Nous remercions vivement la rédaction d’Entre les lignes entre les mots de nous autoriser à reproduire l’article de Stephen Evans dont nous soutenons la démarche !
