Refuser l’interdit : un déni d’éducation

Tel est l’intitulé de l’article de Catherine Kintzler mis en ligne dans son blog revue Mezetulle le 6 février 2026. Il fait suite à l’agression  sauvage d’une professeure d’arts plastiques par un élève de 14 ans dans un Collège public de Sanary-sur-Mer (Département du Var), agression qui interpelle l’ensemble de la Nation.

 Sous la plume de Nadia Gilard, professeure agrégée de Lettres Modernes , L’Humanité du 6 février titrait  à ce propos : « Enseignante poignardée à Sanary-sur-Mer : l’immobilisme institutionnel au prix du sang ». N. Girard faisait observer :

« Le 3 février dernier, une professeure d’arts astiques a été poignardée par un élève. Elle se trouve aujourd’hui entre la vie et la mort. Ce drame, loin d’être un fait isolé, révèle une nouvelle fois les défaillances profondes du système éducatif et de la prise en charge de la violence scolaire en France.

« Comme à l’accoutumée, la réponse institutionnelle s’est voulue immédiate : mise en place d’une cellule psychologique, communication officielle, visite du Ministre, promesses de suivi. Pourtant, derrière ces mesures d’urgence se dessine une réalité immuable : aucune réforme structurelle n’est engagée, aucune protection durable n’est assurée, et les causes profondes demeurent ignorées. »

Elle poursuit :

Une réponse sécuritaire au détriment de l’éducation

« Face à la recrudescence des violences, l’institution privilégie désormais une logique répressive : portiques de sécurité, contrôles renforcés. Mais l’éducation, dans sa dimension préventive et humaine, semble reléguée au second plan. La fragilité psychologique croissante des enfants et des adolescents, pourtant largement documentée, ne fait l’objet d’aucune prise en charge suffisante, pourtant tous les jours dans nos classes, nous enseignants constatons des élèves souffrant de pathologies.

« L’école est confrontée à une société profondément transformée : effritement des repères éducatifs, isolement des familles, inaction de nombreux parents, surcharge des enseignants démunis et maltraités, disparition progressive des pratiques pédagogiques structurantes. À cela s’ajoutent l’omniprésence des réseaux sociaux, qui brouillent les frontières entre bien et mal, public et privé, et participent à une désensibilisation inquiétante à la violence, l’IA qui devient le confident et le psychologue. Le harcèlement, l’acharnement collectif, la diffusion d’images humiliantes ou violentes deviennent des divertissements banalisés, souvent justifiés par une formule glaçante : « c’était pour s’amuser ! ».

Ce propos accablant  d’une enseignante pose les questions de savoir   comment chaque enseignant peut-il désormais  faire son cours sans la moindre crainte  et comment continuer   d’avoir envie d’enseigner aujourd’hui ?

 

 Selon  la jounaliste Ruth Elkriefhttps://www.leparisien.fr/societe/apres-sanary-saint-jean-de-luz-nogent-comment-garder-les-vocations-denseignant-07-02-2026-6OFCRF5OFBHNFNO43Y6HHVRESI.php)derrière ces questions, se jouent l’avenir de notre société. Comment remonter le niveau des élèves, préparer l’avenir du pays si au collège, au lycée, la sécurité des professeurs est menacée ? S’ils ne travaillent pas dans la sérénité ? »

A force de contribuer  de manière implicite ou explicite au naufrage (programmé ?) de notre institution scolaire républicaine on parvient, sans coup férir, à un problème de société qui ne peut trouver   solution dans de simples gesticulations  même si elles peuvent paraître  de bon aloi.

C’est ce qui nous a conduit à lancer ici-même un manifeste à l’intention de tous les protagonistes potentiellement concernés  (Fichier 1 ).

Ce texte d’appel propose une réflexion collective sur la crise du lien éducatif et sur la nécessité de refonder l’acte d’enseigner autour du sens de l’interdit, du respect de la vie et de la responsabilité partagée de la transmission

Les visiteurs pourront compléter leur information sur  le refus de l’interdit et sur la portée structurante de l’interdit  en consultant  le (Fichier 2 )   dévolu  à l’alerte lancée par  Catherine Kintzler intitulée :
                        
                  « Refuser l’interdit : un déni d’éducation »

Elle s’adresse aux  jeunes générations et aux pouvoirs publics qui en ont la charge car, selon la philosophe, «  le bon sens voudrait  qu’on regarde d’un peu plus près l’éducation civilisatrice qui ne leur a pas été donnée, qui leur a été refusée faute d’interdit et de discipline » 

Il est plus que temps de s’en préoccuper !…