Quand le Président de la République francaise,

chanoine de Latran, est reçu par le pape Léon XIV

 

Dans la presse bien informée du 10 avril 2026, on apprenait subrepticement que le Président de la République française était reçu au Vatican, pour la première fois, par le pape « américain » Léon XIV. On s’y plaisait à souligner que le symbole d’une rencontre entre le président d’un état laïque et le chef de l’Eglise catholique est ce ceux qui comptent (pour qui et pourquoi ? ndlr).  En effet,depuis 1905, sous les auspices cléments de la république on ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. On découvrait aussi que notre président s’était fait accompagner d’une vingtaine de personnalités du « monde catholique » parmi l’esquelles on trouve   Jean-Marc Sauvée, ancien vice-président du Conseil d’Etat  et auteur du rapport de la Ciase  (2021), Sœur Albertine Debacker, influenceuse catholique (sic ! ndlr)  et Guillaume Prévost secrétaire général de l’enseignemnt catholique…  Où se trouvait donc le Ministre des cultes ? Le vatican était-il donc  le lieu pertinent  pour traiter des affaires  bien françaises dont ces personnages sont porteurs ?

On sait en plus que les deux chefs d’Etat ont échangé des cadeaux ; c’est une tradition honorée grâce aux deniers versés à la République par les contribuables . C’est ainsi que Léon  s’est vu gratifier, selon Vatican news ,  « du   maillot de l’équipe de France de basketball dédicacé par les joueurs, du fac-similé de la carte du père Jacques Marquette, missionnaire français du XVIIe siècle en Amérique du Nord, un recueil de textes rédigés par l’écrivain catholique Georges Bernanos pendant la Seconde Guerre mondiale, ainsi que l’ouvrage de Mathieu Lours «  Rebâtir Notre-Dame de Paris » publié après la réouverture de la cathédrale. ».   On rappellera à cet égard le propos de Bernanos  selon lequel  « la masse des catholiques que nous voyons à la messe chaque dimanche ne désire, au fond, savoir de la religion que ce qui peut les confirmer dans la bonne opinion qu’ils ont d’eux-mêmes. », ce qui peut inciter à la réflexion.

Pour contextualiser l’évènement on rappellera que le Président de la République française est chanoine régulier de Latran et qu’à ce titre, il a toute liberté de participer, à titre personnel, aux activités cultuelles  de la Congrégation du Très-Saint-Sauveur du Latran, un ordre régulier catholique de droit pontifical. On ne polémiquera pas davantage sur la signification que pourrait revêtir la présence du Président de la République-accompagné de la première dame et   de ladite délégation dans ces lieux particuliers.  On se contentera d’un communiqué  suscité par la présence d’un logo très particulier –celui de la MAIF (pour Mutuelle Accident des Instituteurs de France)  apposé sur le maillot de basketteur remis  à Léon XIV  (voir les photos de presse). Ceci  pourrait être perçu comme une provocation inopportune pour les esprits  rebelles, parfois revêches de certains adhérents de la MAIF, mutuelle dont l’acronyme contient un  I   témoignant de la mémoire des Instituteurs laïques qui l’ont créée dans l’entre–deux guerres.

On a pris l’initiative, sur ce site dédié à l’Ecole publique et à ses maîtres au premier rang desquels se trouvent les Instituteurs de dénoncer cette promotion vaticanesque pour le moins inattendue  et d’élever une protestation solennelle sur  les nouveaux accommodements inacceptables apportés à la laïcité républicaine   au niveau de la présidence  de la République . 

C’est en ce sens que les visiteurs de ce site pourront prendre connaissance ci-dessous des termes du communiqué de l’ASVPNF :

 1.Résumé :

        La remise d’un maillot MAIF au pape Léon XIV, lors de la visite du Président de la République au Vatican, apparaît comme une entorse regrettable à la laïcité et à la neutralité de l’État.
Alors que la délégation réunissait une vingtaine de personnalités du monde catholique, on y note l’absence du ministre de l’Intérieur et des Cultes et la quasi‑invisibilité de l’École publique. Le « I » de MAIF, symbole des Instituteurs laïques, ne devrait pas servir de lien décoratif entre la présidence de la République et la hiérarchie romaine.
À l’heure où l’on prépare déjà une visite papale avant la fin de l’année pour éviter l’élection de 2027, l’ASVPNF rappelle que la république scolaire n’est pas un terrain annexé à la diplomatie vaticane  ».

2. Communiqué de l’ASVPNF (12 avril 2026) . Il est accessible en cliquant ici.