Catégorie : actu
Violette Spillebout : Le courage contre l’omerta
Contrôler l’enseignement privé : vers un changement de culture ?
Les 25 ans de WIKIPEDIA
Selon Wikipédia, Wikipédia a été fondée le 15 janvier 2001. Aujourd’hui, 25 ans plus tard, elle est devenue la colonne vertébrale du savoir sur Internet, fournissant des informations sur tous les sujets, de la vie quotidienne aux chatbots IA, en passant par le journalisme et les jeux-questionnaires. Près de 250 000 bénévoles rédigent, éditent et vérifient les faits contenus dans ses 65 millions d’articles rédigés dans plus de 300 langues, le tout dans le respect des normes de neutralité et de fiabilité.
En 2026, nous célébrons le 25ᵉ anniversaire de Wikipédia. À l’occasion de cet anniversaire marquant, nous avons rencontré plusieurs contributrices et contributeurs bénévoles du monde entier afin de comprendre ce qui les motive à enrichir les pages de Wikipédia.
Compte tenu des enjeux tant pour le présent que pour l’avenir la question se pose du devenir de l’encyclopédie collaborative confrontée aux intéractions des…ou aux concurrences des applications de l’IA aussi accessibles que Wikipédia. On pourra découvrir quelques éléments de réponse en se rendant à : https://lavienumerique.com/articles/208505/wikipedia-fete-ses-25-ans-lencyclopedie-collaborative-face-aux-defis-de-lia.html
Ce media titre « Wikipédia fête ses 25 ans : l’encyclopédie collaborative face aux défis de l’IA » tout en soulignant qu’en ce mois de janvier 2026, Wikipédia célèbre un quart de siècle d’existence. Avec 15 milliards de consultations mensuelles et 65 millions d’articles en plus de 300 langues, l’encyclopédie en ligne s’impose comme une infrastructure essentielle d’internet, particulièrement à l’heure où l’intelligence artificielle redéfinit l’accès au savoir.
« Il fait également apparaître une relation sans doute facilement prévisible à savoir que : Wikimédia est devenu un acteur incontournable de l’écosystème (sic ! ndlr) IA
L’anniversaire intervient à un moment charnière. Wikipédia figure parmi les dix sites les plus consultés au monde et reste le seul de ce classement géré par une organisation à but non lucratif. Mais son rôle a évolué : les contenus de l’encyclopédie alimentent désormais chatbots d’IA générative, moteurs de recherche et assistants vocaux. Wikipédia constitue même l’un des ensembles de données de plus haute qualité pour l’entraînement des grands modèles de langage. » .
Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant ici , l’article à ce propos paru sur le site du CRHA–UNSA-Education le 27 janvier 2026. Il est intitulé :
« 25 ans de Wikipédia ; tous les savoirs à portée de Clic »
On retiendra malgré une actualité mouvante en la matière que la question de l’interaction humain-IA touche à des enjeux profonds, presque existentiels, pour la production et la validation de la connaissance.
« L’encyclopédie collaborative à l’instar de Wikipédia incarne l’essence humaine – jugement critique, consensus démocratique, diversité culturelle – se trouve face à l’IA qui excelle dans la rapidité et l’échelle mais peine sur la nuance éthique et contextuelle. Cette tension ne semble pas considérée comme une menace, mais plutôt comme une opportunité. où l’humain guidera l’IA vers plus de fiabilité, l’IA libérant l’humain pour des réflexions différentes. Le bénéfice ultime pour l’Homme devrait résider dans des connaissances plus justes, accessibles et humanistes, au service de progrès sociétaux partagés. ».
Mais comment parvenir à cet équilibre durable ?
Petite chronique d’après Ciase et Betharam (VI)
On aurait pu s’attendre à une période de calme en cette période dite des fêtes de fin d’année censées s’achever -selon le prophète- à l’Épiphanie (i.e. le 6 janvier !). Mais les rois mages sont passés…constatant à grand regret que les désordres de leur Institution continuent de faire scandale. Pour la bonne parole nous les aidons ici à en dresser la liste.
Les visiteurs pourront en consulter les intitulés et les contenus ci-dessous :
1. Les 10 articles pour la semaine du 12 au 18 janvier 2026, avec les sujets suivants :
URL. https://apres-la-ciase.fr/weekly/2026/2026-01-12/
Abus spirituels (16) André Legay (1) Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (4) Communauté de l’Emmanuel (22) Diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes (3) Diocèse de Bordeaux (6) Diocèse de Créteil (4) Diocèse de Lille (5) Diocèse de Lyon (15) Diocèse de Paris (20) Diocèse de Versailles (7) Dominique Q. (Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence) (1) Enseignement privé catholique (181) Formation (94) Frère Jean (frère des écoles chrétiennes) (1) Frères des écoles chrétiennes (5) Gilles Delignac (3) Groupe scolaire Fénelon Sainte-Marie, à Paris (1) Maria Stella Matutina (6) Mgr Jean-Paul James (2) Père Benoît Roze (1) Père Guy Gérentet de Saluneaux (1) Père Jacques Delfosse (4) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (3) Thread twitter (26)
Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre : publication du rapport de la Commission indépendante
Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (4) Diocèse de Paris (20) Diocèse de Versailles (7) Abus spirituels (16)
Un système d’abus psychologiques, spirituels, financiers et physiques passé au crible.
Bénédictines du Sacré Cœur de Montmartre : les premières critiques du rapport
Thread twitter (26) Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre (4) Diocèse de Paris (20) Diocèse de Versailles (7) Abus spirituels (16)
En cause : la composition de la commission et la méthodologie des entretiens.
Formation (94) Abus spirituels (16)
Un extrait du rapport de la CIASEP-BSCM.
Décés de Guy Gérentet de Saluneaux
Père Guy Gérentet de Saluneaux (1) Diocèse de Lyon (15)
Renvoyé de l’état clérical, il avait été condamné pour des agressions sexuelles commises sur 8 jeunes filles de moins de 15 ans.
Future implantation en Suisse des sœurs de Maria Stella Matutina
Maria Stella Matutina (6)
Mgr Grögli réévalue la situation « de manière approfondie ».
Jacques Delfosse : de nouveaux témoignages visent l’ancien prêtre
Père Jacques Delfosse (4) Diocèse de Lille (5) Diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes (3) Diocèse de Créteil (4)
Le procureur de la République de Lille avait lancé un appel à témoignage l’an dernier.
Le débat sur l’ordination des hommes mariés passionne les lecteurs de « La Croix »
Formation (94)
Le débat s’est encore poursuivi cette semaine.
Gilles Delignac (3) Frère Jean (frère des écoles chrétiennes) (1) André Legay (1) Dominique Q. (Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence) (1) Frères des écoles chrétiennes (5) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (3)
Des dossiers qui évoquent un continuum de violences sexuelles au sein de cette institution.
Un enseignant accusé par plusieurs enfants d’agression sexuelle à Paris
Groupe scolaire Fénelon Sainte-Marie, à Paris (1) Diocèse de Paris (20) Enseignement privé catholique (181)
Les parents découvrent qu’un premier signalement avait eu lieu dès septembre 2023.
Un prêtre mis en examen pour acquisition et détention d’image pédopornographique
Père Benoît Roze (1) Diocèse de Bordeaux (6) Communauté de l’Emmanuel (22) Mgr Jean-Paul James (2)
Il est également placé sous le statut de témoin assisté pour des faits de viol sur mineur.
2. Les 12 articles pour la semaine du 5 au 11 janvier 2026, avec les sujets suivants :
URL. https://apres-la-ciase.fr/weekly/2026/2026-01-05/
Abbé Pierre (37) Abus spirituels (13) Collège Saint-Charles de Chauny (1) Corref (12) Diocèse d’Arras (27) Diocèse de Bordeaux (5) Diocèse de Montpellier (4) Diocèse de Saint-Étienne (2) Diocèse de Soissons (1) Emmaüs (19) Enseignement privé catholique (180) Espagne (6) Famille de Saint-Joseph (1) Formation (92) Frères des écoles chrétiennes (4) Gilles Delignac (2) Inirr (5) Institut Sainte-Croix de Riaumont (22) Luisa Piccarreta (2) Mgr Norbert Turini (6) Mgr Olivier Leborgne (5) Père Joseph-Marie Verlinde (1) Père Obed-Phedon Kulanguluka Nzuku (1) Religieux de Saint-Vincent de Paul (1) Riaumont (25) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (2) Village d’enfants de Riaumont (21)
Abbé Pierre : deux livres sur le silence qui a entouré ses crimes sexuels
Abbé Pierre (37) Emmaüs (19)
Deux témoignages complémentaires : l’une a subi, l’autre a laissé faire.
Collège Saint-Charles de Chauny : relations sexuelles entre une élève de 14 ans et un professeur
Collège Saint-Charles de Chauny (1) Enseignement privé catholique (180) Diocèse de Soissons (1)
Le professeur a été suspendu à titre conservatoire et il est sous contrôle judiciaire.
Abus spirituels (13) Formation (92)
Pascal Denault, pasteur d’une Église réformée baptiste explore ce thème au travers d’articles et de podcasts.
Espagne : accord entre l’Église et le gouvernement pour indemniser les victimes d’abus sexuels
Espagne (6)
Les réparations seront financées par l’Église, qui avait jusqu’à présent refusé de participer à un dispositif de ce type.
Faire face – Le monde religieux en France après la CIASE
Formation (92) Corref (12)
Le rapport commandé en 2024 par la CORREF, et présenté fin 2025.
Inirr : les demandes de réparation formulées par les victimes en forte hausse
Inirr (5) Formation (92)
De plus, le profil des victimes évolue.
Formation (92)
Une tribune de Marie-Pierre Porchy, dans _Le Monde_.
Le père Obed Phedon Kulanguluka Nzuku est condamné à quatre ans de prison avec sursis
Père Obed-Phedon Kulanguluka Nzuku (1) Religieux de Saint-Vincent de Paul (1) Diocèse de Saint-Étienne (2)
Il était arrivé en France en 2022.
Luisa Piccarreta : une retraite qui fait débat
Luisa Piccarreta (2) Père Joseph-Marie Verlinde (1) Famille de Saint-Joseph (1) Mgr Norbert Turini (6) Diocèse de Montpellier (4)
Mgr Norbert Turini a publié un communiqué « afin d’éclairer le discernement de celles et ceux qui comptent y participer ».
Nouvelles réactions au texte du père Marc Cholin
Formation (92)
Le débat s’est poursuivi cette semaine.
Riaumont : pas de dissolution, mais ce qui s’apparente à une refondation
Riaumont (25) Institut Sainte-Croix de Riaumont (22) Village d’enfants de Riaumont (21) Diocèse d’Arras (27) Mgr Olivier Leborgne (5)
L’interview de Monseigneur Leborgne sur RCF.
Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence : un enseignant accusé de 17 viols
Gilles Delignac (2) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (2) Frères des écoles chrétiennes (4) Enseignement privé catholique (180) Diocèse de Bordeaux (5)
Au cours de l’enquête, 36 victimes potentielles ont été identifiées.
3. Les 4 articles pour la semaine du 29 décembre 2025 au 4 janvier 2026, avec les sujets suivants :
URL. https://apres-la-ciase.fr/weekly/2025/2025-12-29/
Diocèse d’Évreux (2) Diocèse de Rennes (7) Formation (87) Mgr Olivier de Cagny (1) Père Francis Michel (1) Père Yannick Poligné (1)
Communiqué de Mgr Olivier de Cagny au sujet de Francis Michel
Père Francis Michel (1) Diocèse d’Évreux (2) Mgr Olivier de Cagny (1)
Renvoyé de l’état clérical, Francis Michel continue de présider des eucharisties.
Curés, sexe et réseaux sociaux, le grand malaise
Formation (87)
Le trop fragile équilibre affectif de certains prêtres.
Diminution du nombre de prêtres : la proposition du père Marc Cholin
Formation (87)
Un texte extrêmement commenté sur les réseaux sociaux.
Père Yannick Poligné : non-lieu pour les faits de nature sexuelle
Père Yannick Poligné (1) Diocèse de Rennes (7)
Il est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Paris uniquement pour usage de stupéfiants.
4. Les 3 articles pour la semaine du 22 au 28 décembre 2025, avec les sujets suivants :
URL. https://apres-la-ciase.fr/weekly/2025/2025-12-22/
Communauté des Béatitudes (41) Frère Daniel-Marie Thévenet (3) Frère Jack Mardesic (3) Institut Sainte-Croix de Riaumont (21) Mouv’Enfants (10) Ordre des Frères Mineurs Conventuels, OFMconv (3) Père Bernard Lozet (1) Riaumont (24) Village d’enfants de Riaumont (20)
Communiqué des franciscains conventuels au sujet des frères Jack et Daniel-Marie
Frère Daniel-Marie Thévenet (3) Frère Jack Mardesic (3) Ordre des Frères Mineurs Conventuels, OFMconv (3)
L’enquête préliminaire a confirmé la vraisemblance des accusations.
Le père Bernard Lozet a reconnu des viols mais ne sera pas condamné
Père Bernard Lozet (1) Communauté des Béatitudes (41)
La prescription a joué en sa faveur.
Pétition « Pour la fermeture du village d’enfants de Riaumont »
Riaumont (24) Institut Sainte-Croix de Riaumont (21) Village d’enfants de Riaumont (20) Mouv’Enfants (10)
Le droit de réponse de Riaumont et la réponse d’Arnaud Gallais.
5. Le dossier de La Croix : L’Église face à la pédophilie et aux abus sexuels (suite)
Le 6 septembre 2024, un rapport a dévoilé de nouveaux témoignages qui accusent l’abbé Pierre de violences sexuelles.
En Gironde, un prêtre mis en examen pour pédopornographie
Consistoire : Léon XIV exhorte les cardinaux à écouter les victimes d’abus
Espagne : accord entre l’Église et le gouvernement pour indemniser les victimes d’abus sexuels
La future archevêque de Canterbury accusée d’avoir mal géré une affaire d’agression
6 . Les nouvelles de Golias
a. Colère paysanne : Le piège Mercosur
Golias,14 janvier 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/01/14/colere-paysanne-le-piege-mercosur/
Au volant de leurs tracteurs, des paysannes et des paysans en colère ont investi le périphérique parisien pour dénoncer l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur. L’abattage du bétail comme unique réponse, cet automne, à l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a servi de catalyseur.
De la Porte de Montreuil à la Porte Maillot, les Franciliens ont croisé des tracteurs sur le périphérique, vendredi 9 janvier. Ils ont ainsi croisé des membres de la Confédération paysanne, des Soulèvements de la terre, de l’association Cancer Colère et de la CGT Paris qui opéraient une opération escargot pour exprimer la colère paysanne contre les choix productivistes faits par le gouvernement. Cette action coup de poing s’est soldée par l’interpellation et le placement en garde à vue de deux porte‑parole nationaux de la Confédération paysanne, Thomas Gibert et Stéphane Galais, devant l’Arc de triomphe.
Plusieurs dossiers ont suscité la colère du monde paysan. Le premier est la réponse du gouvernement à l’apparition, cet été, de l’épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Cette maladie infectieuse contamine les troupeaux. Le gouvernement n’ayant pas procédé à une campagne de vaccination suffisamment rapidement, il s’est rabattu sur la technique de l’abattage des troupeaux où un cas de DNC était découvert. Une réponse qui a mis le feu aux poudres depuis cet automne, notamment avec le soutien de la Confédération paysanne, à gauche, et la Coordination rurale, proche du RN. La Confédération paysanne dénonce l’absence de « réponse concrète sur la principale revendication du mouvement agricole en cours : la fin de l’abattage total sur les troupeaux touchés par le DNC et l’accès au vaccin pour tous les éleveur·euses ».
b. Trump comme parrain : efficacité de la métaphore
https://www.golias-editions.fr/2026/01/14/trump-comme-parrain-efficacite-de-la-metaphore/
Il y a exactement un an, Donald Trump arrivait au pouvoir aux États-Unis. Contrairement à son premier mandat, il avait cette fois-ci une vision du monde avec un plan pour la mettre en œuvre : celle d’un parrain de la mafia. Sa famille, c’est les États-Unis, il en est le boss, le capo. Son territoire, c’est le continent américain, ce qu’il appelle l’hémisphère occidental, dont on ne voit pas bien les frontières. Le capo doit en contrôler toutes les ressources à travers ses lieutenants et ses hommes de main. Mis à part le quartier Groenlandais qu’il veut récupérer à un petit parrain européen, en l’achetant ou par la force, peu importe, l’Europe n’est pas dans son territoire mais dans sa zone d’influence. Comme pour tout mafioso, l’enrichissement sans limites et la puissance sont ses seuls principes au profit de sa famille et le rapport de force jusqu’à la violence, son unique mode d’action. Les récalcitrants, il leur envoie un message, les prévient, les menace, puis en brise la résistance. L’enlèvement du président vénézuélien Maduro est un message clair de brutalités à venir à destination des chefs de certains quartiers difficiles de son territoire, notamment le Nicaragua et Cuba. C’est aussi un message de menace au Mexique et à la Colombie. Sa Cosa Nostra, c’est MAGA, Make America Great Again. Le syndicat des parrains européens lui doit allégeance si ses membres veulent être protégés du parrain russe qui menace de contrôler les anciens quartiers soviétiques. Trump le respecte et aimerait faire alliance avec lui pour développer ses affaires et accéder à de nouvelles ressources minières. En échange d’une aide militaire pour mater les habitants d’un petit quartier, le capo israélien lui y a octroyé une franchise immobilière. Les capis européens ont accepté en août de payer le tribut douanier exigé par Trump, dont la principale préoccupation est la montée en puissance du parrain chinois Xi Jinping. L’intervention vénézuélienne est aussi un message à ce dernier : tu ne viens pas sur mon territoire, tu ne touches pas les ressources pétrolières vénézuéliennes, elles sont à moi !
c. Prêtres abuseurs : des maisons d’accueil fourre-tout
https://www.golias-editions.fr/2026/01/14/pretres-abuseurs-des-maisons-daccueil-fourre-tout/
Alors que les affaires d’abus sexuels ne cessent d’être mises à jour, deux centres créés par l’Eglise catholique accueillent des prêtres auteurs d’abus : le petit Béthanie au Mesnil saint Loup dans le diocèse de Troyes et le Buisson Ardent à Saint-Paul d’Espis dans le diocèse de Montauban. Mais ces maisons accueillent de manière plus large des vies incompatibles avec le sacerdoce et donc des pasteurs en dépression ou burn-out ! Ou encore, à en croire les responsables des lieux, des prêtres qui ont des « problèmes d’homosexualité », des relations inappropriées avec des paroissiennes, mais aussi des addicts à l’alcool ou à la pornographie. Un mélange des genres qui fait tache mais assumé par la Conférence des évêques de France dont la crainte primaire est que « ces maisons soient identifiées comme maisons d’accueil de pédocriminels ». On frôle la dissimulation. La CEF affiche par ailleurs une volonté de traiter ces hommes avec la plus grande fraternité. On eut apprécié que le traitement des victimes dès le départ eut été aussi fraternel.
A. B.
d. Le très gênant évêque auxiliaire de Rennes
https://www.golias-editions.fr/2026/01/14/le-tres-genant-eveque-auxiliaire-de-rennes/
Le 6 novembre dernier, Jean Bondu, évêque auxiliaire de Rennes, annonçait quitter Facebook. Il s’avère que l’homme avait été pris la main dans le sac à « liker » d’autres profils tantôt érotiques tantôt maçonniques voire pro-Tsahal. Arguant des erreurs de manipulation ou alors qu’il est nécessaire de « regarder ce que produit ceux que l’Église condamne ». Il s’avère que Jean Bondu n’est pas le seul à être pris la main dans le sac. Dans un article du 31 décembre 2025, Le Parisien affirme avoir recensé une trentaine de prêtres sur les réseaux sociaux au profil pour le moins problématique, habitués à commenter ou à afficher des posts à caractère sexuel. Ainsi sur le réseau social X (ex Twitter), un prêtre commente la photo du postérieur d’un jeune homme nu : « Mmmh beau cul » ou le torse d’un autre homme : « Trop beau ». Sans complexe, le même internaute se montre à la chaire d’une église, vêtu d’une aube immaculée, tout sourire. Repostant une iconographie du Christ ou un concert à venir dans une chapelle, souhaitant même un bon anniversaire à l’ancien pape François. Les fidèles de sa paroisse en Alsace apprécieront… La double vie de certains ecclésiastiques sur internet semble être un angle mort de la lutte contre les dérives et abus sexuels dans l’Eglise catholique.
A. B.
e. La galaxie Stérin cartographiée
https://www.golias-editions.fr/2026/01/14/la-galaxie-sterin-cartographiee/
Depuis 2017, le milliardaire catholique conservateur Pierre-Edouard Stérin tente de tisser sa toile pour porter l’extrême droite au pouvoir en France. Pour cela, il collecte et distribue de l’argent en organisant les « Nuits du bien commun », des galas de fausse charité au bénéfice d’ associations réactionnaires. Son projet nommé Périclès – pour « Patriotes Enracinés Résistants Identitaires Chrétiens Libéraux Européens Souverainistes » – entend distribuer 150 millions d’euros sur 10 ans pour promouvoir des valeurs identitaires et réactionnaires. En conséquence, une multitude d’initiatives ont été financées par Pierre-Edouard Stérin via Otium son fonds d’investissement ainsi que l’argent collecté lors des « Nuits du bien commun ». Huit médiais regroupés sous la bannière du Collectif Hors cadre (Basta!, Arrêt sur images, Le Bondy Blog, La Déferlante, Mediacités, Le Poulpe, Reporterre et La Disparition), se sont associés pour diffuser chacun une ou plusieurs de ces enquêtes. Ce qui a permis à Mediacités de produire une cartographie de la galaxie Stérin dont l’envergure donne le vertige autant que sa finalité. Un état des lieux établi par le prisme des différentes enquêtes menées par les médias impliqués et en accès libre.
f. Pour en finir avec les idées fausses sur le christianisme
https://www.golias-editions.fr/2026/01/14/53488/
En pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens, paraît aux Éditions de l’Atelier En finir avec les idées fausses sur le christianisme de Sylvaine Landrivon.
Les Éditions de l’Atelier proposent, depuis plusieurs années, une collection pleine de dynamisme nommée « En finir avec les idées fausses ». De très nombreux thèmes sont passés au crible, comme celui de la pauvreté, de l’écologie, de la laïcité, de l’histoire, ou de l’agriculture. Deux titres de cette collection interrogent les idées fausses que nous entretenons, volontairement ou non, sur l’islam ou le judaïsme. Suite à ces deux publications, paraît en ce début d’année le livre En finir avec les idées fausses sur le christianisme. La rédaction de cet ouvrage a été confiée à Sylvaine Landrivon, catholique, docteure en théologie, et actuellement co-présidente de l’association Magdala (ex-comité de la Jupe), après avoir été co-fondatrice du mouvement Toutes Apôtres ! avec lequel elle avait candidaté pour être « évêque virtuelle ».
Ce livre arrive en librairie en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Une unité tour à tour fragilisée ou enrichie, au fil des siècles, par diverses orientations et tensions qui méritent d’être examinées. Et le livre ne s’en prive pas. Plusieurs articles de l’ouvrage sont consacrés aux liens entre les différentes confessions chrétiennes, et au sens profond de l’œcuménisme.
Signe de l’actualité du sujet, le texte soumis cette année à la réflexion générale des chrétiens est un extrait d’une lettre que l’apôtre Paul adresse aux habitants de la ville d’Ephèse. Cet apôtre – mais l’autrice se demandera espièglement s’il l’est vraiment puisqu’il ne fait pas partie des Douze – enseigne que les chrétiens forment « un seul corps », et qu’il y a « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême ; un seul Dieu et Père de tous, qui règne sur tous, agit par tous, et demeure en tous » (Ep 4, 4-6).
Or, il existe plusieurs manières de vivre sa foi et de transmettre l’Évangile. N’y a-t-il pas alors danger à confondre unité et uniformité ? Le problème ne vient-il pas de ce que les groupes dominants tentent toujours d’asservir les plus faibles au nom de leur vérité qu’ils prétendent universelle ? Cette difficulté à vivre dans une unité différenciée est l’un des sujets que traite le livre En finir avec les idées fausses sur le christianisme.
Peut-être par jeu de la part de l’autrice, l’ouvrage comporte 94 idées fausses, soit une de moins que les 95 thèses placardées le 31 octobre 1517 par Martin Luther, dans lesquelles il dénonce, entre autres, les indulgences, et lance les bases de la réforme protestante.
Ces 94 axes de réflexion sont regroupés en 8 chapitres, dont le premier cherche à cerner les déviances orchestrées par les erreurs de traduction ou d’interprétation des textes bibliques. Les suivants concernent la pluralité des confessions chrétiennes et leurs relations avec les autres monothéismes, les notions de péché et de liberté, celle de jugement : Dieu est-il juge et qui juge qui ? Le chapitre 5 confronte l’idée de Dieu aux travaux de la science, puis sont interrogés les rapports entre les hommes et les femmes et les relations au corps. Le chapitre 8, enfin, se demande s’il faut envisager le christianisme comme une injonction d’ouverture jusqu’aux périphéries ou, au contraire, comme une validation de la loi du plus fort.
Chaque idée fausse énoncée est questionnée pour éclairer en quoi elle s’avère erronée, par exemple « hors de l’Église, point de salut », ou « Jésus assigne aux femmes les rôles de vierge ou de mère ».
Comme tous les livres de cette collection, cette étude se veut didactique, et espère ouvrir sur un échange constructif. Trop de préjugés, d’approximations, et d’habitudes, encombrent notre regard sur un univers que nous croyons connaître sans jamais le réinterroger. C’est particulièrement le cas avec le christianisme, tellement présent dans la culture occidentale qu’il transporte des fausses évidences sans qu’on s’en rende toujours bien compte.
Golias
g. Abus sexuels; l’Eglise belge transforme l’essai
https://www.golias-editions.fr/2026/01/07/abus-sexuels-leglise-belge-transforme-lessai/
L’Eglise catholique de Belgique a dévoilé au mois de décembre un nouveau plan de lutte contre les abus sexuels. Une stratégie échafaudée par la Fondation Dignity, organisation d’utilité publique créée par l’Église pour gérer les signalements de victimes de violences sexuelles. Une démarche qui s’inscrit en droite ligne des commissions d’enquête parlementaires mises en place en 2024 à la suite de la diffusion de la série Godvergeten qui avait alors réveillé les esprits dans le pays. L’accueil des victimes sera davantage professionnalisé et leur participation accrue au sein de toutes les instances. Une collaboration sera développée avec un forum pour la justice réparatrice et la médiation, afin de concrétiser cette participation. Le plan stratégique veut encore renforcer la politique de tolérance zéro. Chaque plainte devra être traitée de manière cohérente et des enquêtes proactives effectuées pour vérifier si les abuseurs ont fait d’autres victimes. Une procédure de lancement d’alerte facilitera le signalement des soupçons d’abus par des témoins, sans crainte de représailles. La mise en place est désormais à surveiller.
Golias
h. Amiens : 3 prêtres de Fréjus-Toulon sèment la zizanie
https://www.golias-editions.fr/2026/01/07/amiens-3-pretres-de-frejus-toulon-sement-la-zizanie
A l’été 2025, trois prêtres du diocèse de Fréjus-Toulon ont rejoint le diocèse d’Amiens (Somme). Gérard Le Stang, l’évêque de la cité picarde, a expliqué dans un communiqué que le « trio » était désireux de « prendre du recul avec la situation locale » a été invité à « vivre une expérience hors du diocèse » de Fréjus-Toulon par l’évêque qui en a la charge, François Touvet. Ce dernier, rappelons-le, qui a la lourde tâche de succéder à Dominique Rey dans le Var, poussé à la démission par François le 7 janvier 2025, après plus de vingt années de gestion calamiteuse en proximité avec les milieux traditionalistes et l’extrême droite.
Mais sans surprise, les trois prêtres (François Régis Fabre, Eloi Legrand et Pierre-Marie Brochery) se sont rapidement fait remarquer dans les paroisses de Notre-Dame des Champs, Notre-Dame des Hauts de l’Ancre, Notre-Dame de l’Espérance et Notre-Dame de Brebières. Des paroissiens dénoncent des homélies rigides et rigoristes, un champ lexical de la guerre employé à foison et la mise au ban de la communion des laïcs. Et la liste ne s’arrête pas là.
Que les rédacteurs en chef des trois médias mentionnés soient remerciés de nous autoriser tous ces emprunts illustrant une thématique commune .
A propos de la caricature de Rokhaya Diallo
parue dans
Charlie Hebdo
La polémique suscitée par cet évènement touchant tant à la liberté de la presse qu’à la laïcité conduit l’ASVPNF à faire état , sur ce site, d’un certain nombre de communiqués s’y rapportant. Ils ont défrayé la chronique au cours des dernières semaines .
Les visiteurs de ce site pourront, à ce titre, consulter le FICHIER 1 dévolu au communiqué de la LDH sur cette question :
« Une caricature qui n’illustre
que des
préjugés coloniaux »
Ils pourront également prendre connaissance d’un autre article intitulé :
« Contre le racisme, en défense de notre collaboratrice Rokhaya Diallo »
(+ deux déclarations)
Où Mediapart apporte son soutien à la journaliste et réalisatrice Rokhaya Diallo, visée par une caricature aux relents colonialistes publiée par « Charlie Hebdo » et fait mention du soutien que lui apporte l’Association « La Vigie de la laïcité » (Fichier 2) .
VOEUX DE L’ASVPNF
L’ASVPNF (Association pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Normalien du Finistère) a récemment présenté ses vœux de nouvel an à ses adhérents.
Les visiteurs de ce site pourront consulter ci-dessous le texte d’envoi et la carte de vœux correspondante. Celle-ci leur est également destinée s’ils partagent tout ou partie des valeurs de l’ASVPNF.
Texte d’envoi :
Chers amis Amoureux de la Laïcité et de l’Ecole publique,
Ensemble, faisons de 2026 une belle aventure pleine de recherches, de découvertes, de luttes et de joies associatives .
Il s’agit d’entretenir sa curiosité, d’apprendre d’hier, de vivre pour aujourd’hui , d’espérer pour demain et de continuer son chemin ;
Celui d’une bonne année 2026 !
ASVPNF, 31 décembre 2025
Ladite « carte » est accessible en cliquant ici.
Que Laurence Cohuet et T. R. soient remerciés pour la préparation de ce document.
Petite chronique d’après Ciase et Betharam (V)
Contre vents et marées et en dépit de l’Avent en cours (sic !) nous continuons d’accumuler les pièces d’un dossier à charge essentiellement pour l’église catholique .
Les visiteurs pourront consulter avec quelque sidération les longues listes nourries de semaine en semaine tant des rebondissement des « affaires » en cours que de l’irruption de nouveaux scandales défrayant la chronique ;
1. 11 articles pour la semaine du 1er au 7 décembre 2025, avec les sujets suivants :
Collège Ozanam de Limoges (9) Communauté des Béatitudes (40) Congrégation de Bétharram (72) Corref (11) Croix de Dozulé (2) Diocèse de Bayeux-Lisieux (8) Diocèse de Cambrai (2) Diocèse de Limoges (7) Diocèse de Lyon (14) Diocèse de Marseille (5) Diocèse de Nantes (14) Diocèse de Papeete (Polynésie française) (2) Diocèse de Strasbourg (17) Enseignement privé catholique (175) Formation (84) Madeleine Aumont (2) Mgr Jacques Habert (4) Mgr Olivier de Germay (6) Mgr Pascal Delannoy (4) Notre-Dame de l’Abbaye de Chantenay (1) Père Charles Sighieri (4) Père Jean-Michel Verstraete (2) Père Mathieu Hammel (1) Père Noël Ato Nohotemorea (2) Prélature de la Mission de France (4) Prières de guérison et de délivrance (6) Sectes et dérives sectaires (7) Témoignage (24)
Collège Ozanam de Limoges : les premières indemnisations via la CRR
Cinq Limougeauds ont dénoncé des châtiments corporels, des humiliations et des viols.
Comment reconnaître une dérive sectaire ?
Une vidéo extrêmement pédagogique.
Communauté des Béatitudes : le DIAM sous pression
L’association AP21 va devoir expliquer ses méthodes aux conseils de la CEF.
Diocèse de Papeete : l’ex père Noël Ato Nohotemorea condamné
Condamné à quatre ans d’emprisonnement dont un ferme, il fait également l’objet d’une enquête pour viols.
Mgr Habert déclare définitivement non surnaturels et sans origine divine les prétendus « événements dits de la haute butte de Dozulé ».
Le père Charles Sighieri ne respecte pas les sanctions canoniques dont il fait l’objet
« Il a refusé l’appartement qui lui avait été assigné », reconnaît le diocèse.
Le père Jean-Michel Verstraete condamné pour des faits d’agressions sexuelles sur mineurs
Il est condamné à cinq ans d’emprisonnement totalement assortis d’un sursis.
Le père Mathieu Hammel relevé de son ministère
Cela fait suite à l’ouverture d’une procédure judiciaire par le parquet de Strasbourg.
Les vidéos de l’assemblée générale de la Corref
Des interventions de grande qualité à écouter en ligne.
N’éteignez pas l’esprit, […] examinez tout
Le curieux encouragement de Mgr Olivier de Germay.
Notre-Dame de l’Abbaye de Chantenay : le témoignage d’une victime
Cet établissement dépend des Frères de l’Instruction chrétienne de Ploërmel.
2. 11 articles pour la semaine du 8 au 14 décembre 2025, avec les sujets suivants :
Diocèse d’Amiens (2) Diocèse de Créteil (2) Diocèse de Fréjus-Toulon (17) Diocèse de Luçon (4) Diocèse de Nantes (15) Diocèse de Nevers (2) Diocèse de Saint-Dié (2) Diocèse de Strasbourg (19) Diocèse de Tarbes et Lourdes (15) Diocèse du Mans (3) Enseignement privé catholique (176) Etablissement d’Angreviers (Gorges) (3) Formation (85) Maria Stella Matutina (5) Mgr Dominique Blanchet (1) Mgr François Gourdon (2) Mgr Gérard Le Stang (2) Mgr Grégoire Drouot (2) Mgr Jean-Pierre Vuillemin (5) Mgr Pascal Delannoy (6) Mgr Renauld de Dinechin (1) Notre-Dame de Bétharram (45) Père Bruno Delaroche (2) Père Éloi Legrand (1) Père François-Régis Fabre (1) Père Gaston Rouzeau (2) Père Jacques Delfosse (2) Père Mathieu Hammel (2) Père Noël Honoré (1) Père Pierre-Marie Brochery (1) Suisse (18)
Etablissement d’Angreviers : de nouveaux témoignages
Un collectif de victimes a également été mis en place.
La difficile intégration de trois prêtres du diocèse de Fréjus-Toulon dans le diocèse d’Amiens
La médiatisation a contraint Mgr Le Stang à communiquer publiquement.
Les sœurs de Maria Stella Matutina s’implantent en Suisse
Un accueil qui interroge, alors que la communauté reste très décriée.
Mgr Renauld de Dinechin : le souci des victimes d’abus sexuels dans ses priorités
« Je souhaite résolument poursuivre cette mission »
Nomination ratée au diocèse de Strasbourg
Le témoignage de celle qui aurait pu devenir vice-chancelière.
Notre-Dame de Bétharram : résumé de la semaine
10 nouvelles plaintes, et la piste de l’indemnisation via le Fonds de garantie des victimes.
Père Bruno Delaroche : après les sanctions civiles, les sanctions canoniques
Il sera vraisemblablement proposé comme aumônier à une communauté religieuse.
Père Gaston Rouzeau : la cellule d’écoute du diocèse de Nevers peu sollicitée
Mgr Drouot, évêque de Nevers, avait lancé un appel à témoignages.
Père Jacques Delfosse : le communiqué de Mgr Blanchet
Un communiqué extrêmement sobre dans une affaire pourtant hors normes.
Père Mathieu Hammel : l’étrange chronologie des faits
Un départ de paroisse du jour au lendemain en plein été un an avant l’ouverture d’une procédure judiciaire.
Père Noël Honoré : appel à témoignages de Mgr François Gourdon
Ce prêtre est aujourd’hui décédé.
3. les 8 articles pour la semaine du 15 au 21 décembre 2025, avec les sujets suivants :
Abbé Pierre (36) Compagnie de Jésus (18) Congrégation de Bétharram (73) Diaconie de la Beauté (1) Diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes (2) Diocèse de Bayonne (54) Diocèse de Créteil (3) Diocèse de Gap-Embrun (7) Diocèse de Lille (4) Diocèse de Nantes (16) Diocèse de Paris (16) Emmaüs (18) Enseignement privé catholique (178) Etablissement d’Angreviers (Gorges) (4) Institut Sainte-Croix de Riaumont (20) Mgr Jean-Michel Di Falco (6) Notre-Dame de Bétharram (46) Patrick Martin (3) Père Gaël Giraud (1) Père Jacques Delfosse (3) Riaumont (23) Village d’enfants de Riaumont (19)
Abbé pierre : la possibilité de détournements importants de fonds et d’abus sur mineurs à l’étranger
Une enquête du journal Le Monde explore ces deux hypothèses.
Un viol est également dénoncé.
Mgr Jean-Michel Di Falco mis en cause au civil
Il était convoqué devant le tribunal civil de Paris ce jeudi.
Michael Lonsdale était-il sous emprise à la fin de sa vie ?
L’association diocésaine de Paris, « déshéritée », demande la nullité de testaments litigieux.
Notre-Dame de Bétharram : la prescription écartée pour Patrick Martin
Les faits reprochés sont les suivants : « viols aggravés, agressions sexuelles et violences », commis entre 1991 et 2004.
Père Gaël Giraud : le cumul de dérives universitaires et du cléricalisme ?
L’article de Flore Pierson publié dans La Vie a été très commenté cette semaine.
Père Jacques Delfosse : de nouveaux témoignages et plaintes
De plus, le procureur de Lille lance une cartographie nationale des victimes.
Riaumont : l’utilisation d’un bâtiment aménagé en dortoir interdite
Un arrêté a été pris en urgence à la suite d’un contrôle des services de l’État.
4. Dossier de La Croix : l’Eglise face à la pédophilie et aux abus sexuels
· La future archevêque de Canterbury accusée d’avoir mal géré une affaire d’agression
· Vatican : Léon XIV reçoit pour la première fois une organisation internationale de victimes d’abus
-Euphémie
Par
Michel Théron
Golias, 3 décembre 2025
https://www.golias-editions.fr/2025/12/03/euphemie/
C’est une tendance naturelle de l’esprit humain, qui ne se satisfait pas de la vision normale, factuelle des choses, qu’elle recouvre pour s’en protéger d’un voile embellissant. Mais cette intention consolatrice ne doit pas faire oublier la falsification du réel, dans le but fréquent de tromper.
Premier exemple. Récemment une annonce immobilière proposait un minuscule local de 2 m² à acheter dans le XIIᵉ arrondissement, pour la modique somme de 14 000 euros. Le vendeur vantait la possibilité d’en faire un espace « cosy et intimiste ». En réalité sur les photos, le bien, au lieu d’un logement, n’est qu’un petit débarras. L’annonce évoquait pourtant « une opportunité exceptionnelle au cœur de Paris » et un « potentiel incroyable pour une rénovation personnalisée ». (Source : actu.orange.fr, 12/11/2025)
On voit l’incroyable disproportion, entre la réalité de ce qui est évoqué et le discours chargé d’en faire l’éloge, à des fins mercantiles. Les internautes se sont levés en masse pour dénoncer le procédé, et évidemment ils ont eu raison de l’insupportable falsification. Voilement : le voile ment.
… Mais une autre actualité, toute différente, a montré qu’à l’inverse l’euphémie est parfois préférée par beaucoup, tandis que la vision du réel nu suscite leur hostilité. Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées, a déclaré, lors du dernier Congrès des maires de France, que face à un possible conflit armé impliquant la France « dans trois, quatre ans » il fallait « accepter de perdre nos enfants », trouver « la force d’âme pour accepter de nous faire mal pour protéger ce que l’on est ». Ces propos ont provoqué des réactions très vives au sein de la classe politique, qui les a jugés dangereusement « guerriers ». (Source : actu.orange.fr, 19/11/2025)
Mais qu’a dit ce général de répréhensible ? Au moins a-t-il été franc dans son langage, n’a-t-il pas euphémisé, menti sur le réel qu’il a évoqué. La guerre est toujours possible, et elle tue, c’est évident. Vaut-il mieux éluder ce fait, endormir les gens, les anesthésier par de belles paroles embellissantes ? Ou bien au contraire les réveiller d’une naïve illusion pacifiste ?
Bien sûr il est des cas où l’euphémie est nécessaire pour rendre la vie supportable, et ce n’est pas le lieu de le développer ici. Mais merci à ces deux exemples de m’avoir permis de montrer ses défauts. Michel Théron
Laïcité : en finir avec les 12 idées fausses qui nous égarent
par
Nicolas Cadène
Golias,3 décembre 2025
https://www.golias-editions.fr/2025/12/03/laicite-en-finir-avec-les-12-idees-fausses-qui-nous-egarent/
20 ans après la loi du 9 décembre 1905, la question reste légitime, et les innombrables confusions autour de ce principe républicain partent de la réponse donnée à cette question.
En ce domaine plus qu’en d’autres, chacun·e a souvent tendance à identifier sa propre vision subjective à ce que la laïcité devrait être dans l’absolu. À l’ère de la post-vérité, cela est peut-être encore plus marqué aujourd’hui qu’hier.
La laïcité, c’est, juridiquement, la séparation entre les organisations religieuses et l’État. Il en découle la neutralité de celui-ci — et de l’administration publique en général —, et son impartialité vis-à-vis des citoyen·nes, quelles que soient leurs convictions ou religions. Jusque-là, tout le monde est à peu près d’accord.
Mais allons plus loin : comment s’applique la laïcité sur le terrain ? Qu’est-ce qui est autorisé et interdit ? Qui est soumis à la neutralité et quand ? A-t-on le droit de manifester ses convictions dans l’espace public et, le cas échéant, de quelle manière ? Qu’en est-il de la gestion des faits religieux dans l’entreprise ? D’ailleurs, d’où vient la laïcité ? Comment a-t-elle été pensée ? Est-ce une exception française ? Y a-t-il différentes « laïcités » ?
Toutes ces questions renvoient à des idées reçues largement répandues dans la population. Cela tient aussi au fait que, reconnaissons-le, nombre de prescripteur·trices d’opinion (éditorialistes, chroniqueur·ses, polémistes, intellectuel·les, journalistes, personnalités politiques, etc.) se laissent aller à la petite phrase qui fera le buzz et le clic, ou au culte du clash et de l’immédiateté, renforcé par l’information en continu et les réseaux sociaux ainsi que par leurs algorithmes.
Les Français·es ne sont pas dupes. Ils·elles sont nombreux·ses (67 %) à estimer que « la laïcité est trop souvent instrumentalisée par les personnalités politiques » (sondage Viavoice pour l’Observatoire de la laïcité, 2021), ce qui peut la transformer en élément de conflit ou de divisions, alors qu’elle devrait être un élément de concorde.
Lorsqu’elle est bien comprise et bien appliquée, la laïcité est un trésor et un formidable outil de cohésion nationale, comme le serait l’outil d’un maçon pour bâtir la maison commune. Mais lorsqu’elle est pervertie, c’est cette même cohésion nationale qui en est la première victime.
Alors que la France et le modèle démocratique laïque dans le monde traversent une crise protéiforme et que les tensions sociales sont vives, faisons, collectivement, preuve de responsabilité.
C’est dans ce contexte que le livre En finir avec les idées fausses sur la laïcité (éditions de l’Atelier) connaît une 3ème édition, que j’ai voulu largement augmentée et actualisée, à l’occasion des cent vingt ans de la loi du 9 décembre 1905. Je reviens, le plus précisément et le plus clairement possible, sur des affirmations erronées, répétées souvent sans contestation sur les plateaux télé, les radios, les réseaux sociaux ou dans certaines réunions publiques. Je souhaite qu’il puisse permettre, à toutes et tous, d’y voir plus clair et de participer activement à la pédagogie de la laïcité autour de nous. Car la laïcité se vit et se pratique au quotidien. Bien sûr, certain·es sont plus concerné·es que d’autres : les fonctionnaires, et en particulier les enseignant·es, les élu·es locaux·ales, les encadrant·es des mouvements d’éducation populaire, les responsables associatifs, etc. Mais chacun·e de nous est amené·e un jour à appliquer la laïcité, même parfois sans le savoir : en tant que salarié·e d’une caisse primaire d’assurance maladie, ai-je le droit de porter un signe religieux sur mon lieu de travail ? En tant que responsable d’un culte, ai-je le droit d’organiser une manifestation religieuse sur une place de ma ville ? En tant que candidat·e à une élection, puis-je faire état de mes croyances ? En tant qu’usagère d’une piscine publique, m’est-il possible de venir en maillot couvrant ma tête ? En tant que militaire en opération extérieure, puis-je demander un repas casher ? En tant qu’aumônier·e, m’est-il possible d’aller à la rencontre de l’ensemble des patients d’un service d’hôpital ? En tant que fonctionnaire, ai-je le droit de me rendre à une cérémonie religieuse à titre officiel et dans quelles conditions ? En tant que sportif·ve, puis-je porter en compétition un accessoire pour me conformer à ma pratique religieuse ? Etc.
Ce livre rappelle que, s’il y aura toujours des débats d’idées sur la laïcité et une multitude d’interprétations intellectuelles à son sujet, il n’y a en droit et au regard de son histoire qu’une seule laïcité qui s’applique.
J’essaie ici de l’expliquer et de la décliner sur tous les grands sujets pratiques et d’actualité, en la rendant concrète, vivante, accessible et compréhensible par toutes et tous. Ce que je vous propose, c’est donc, loin des polémiques stériles des plateaux médiatiques, un voyage en laïcité concrète.
Nicolas Cadène
Affaire Abbé Pierre – La machine à secrets
par
Golias, 10 décembre 2025
https://www.golias-editions.fr/2025/12/10/affaire-abbe-pierre-la-machine-a-secrets/
Alors que je m’y étais inscrit de longue date, je décide de ne pas me rendre au Forum mondial des alternatives qui se tient à Poitiers du 17 au 20 septembre 2024. Emmaüs international organise la deuxième édition de ce rassemblement des groupes Emmaüs du monde. J’avais participé, en qualité d’animateur d’ateliers, à la première édition de cet événement, à Genève en 2018, au cours duquel des groupes Emmaüs et des alliés (autres associations, experts et témoins) sont venus échanger sur différentes problématiques dans le but de présenter des solutions contre la misère et l’exclusion, à l’échelle de la planète. Compte tenu de la temporalité des révélations, je considère inepte qu’Emmaüs international puisse se positionner comme une organisation portant une parole crédible contre les grandes injustices de notre temps. Il aurait fallu reporter ce rassemblement d’au moins un an. D’autant plus que quelques jours plus tôt, j’ai une conversation téléphonique stupéfiante avec la présidente d’Emmaüs Europe, Carina Aaltonen. Femme engagée en politique, et à Emmaüs Finlande depuis 1996, elle a exercé dans son pays des mandats de conseillère municipale, de députée et de ministre des Affaires sociales et de l’Environnement au sein d’un gouvernement régional, dans les îles Åland où elle vit. En 2019, alors présidente d’Emmaüs Finlande depuis quatre ans, elle est élue présidente d’Emmaüs Europe. Avec son conseil d’administration, elle vient passer quelques jours pour un séminaire au Centre abbé Pierre – Emmaüs d’Esteville. Elle me raconte alors qu’elle a rencontré l’abbé Pierre a plusieurs reprises et qu’il était « crazy about women », sans me préciser ce qu’elle entendait exactement.
Antiqua et nova : l’Église se penche sur l’IA
par
Michel Labonté
Golias,28 novembre 2025
L’Église catholique a publié cette année une note intitulée Antiqua et nova, portant sur «les relations entre l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine». Le texte d’une centaine de pages a été rédigé conjointement par le dicastère pour la Doctrine de la Foi et le dicastère pour la Culture et l’Éducation.
Cette publication survient au moment où l’usage des outils d’intelligence artificielle (IA) se répand auprès du grand public, suscitant de nombreux questionnements concernant l’impact de ces technologies dans nos vies quotidiennes et sur l’avenir de l’humanité.
Un changement d’époque
Les travaux de l’informaticien John McCarty, présentés à la conférence de Dartmouth en 1956, furent peut-être les premiers signes clairs d’une volonté de donner à la machine des potentialités d’avancement qui pourraient éventuellement égaler, voire surpasser les capacités d’analyse humaine. Or, ce qui pouvait apparaître comme de la science-fiction est en phase de devenir réalité.
Aujourd’hui, alors que les chercheurs continuent de travailler au développement d’une IA générative, on semble se diriger vers ce que certains scientifiques appellent une « superintelligence » : une IA qui serait capable de « dépasser les capacités intellectuelles humaines » et même de contribuer à la accroître considérablement la longévité humaine en convergeant avec les progrès des biotechnologies.
Face à ce « changement d’époque », où les technologies de l’information viennent bousculer nos façons de travailler, de penser l’éducation, la médecine et même la prise de décision, l’Église catholique affirme qu’il est « d’une importance cruciale d’examiner ses implications anthropologiques et éthiques ».
L’IA est-elle véritablement intelligente ?
L’une des questions fondamentales qu’aborde Antiqua et nova est celle de la différence entre l’IA et l’intelligence humaine. Pour y répondre, les auteurs mobilisent les sources classiques de la philosophie et de la théologie (Aristote, Augustin, Thomas d’Aquin). Celles-ci reconnaissant en l’esprit humain une capacité d’abstraction et d’appropriation personnelle de la connaissance qui le distingue du reste du monde animal. En résumé : « La tradition chrétienne en est venue à comprendre la personne comme un être composé d’un corps et d’une âme, à la fois profondément lié à ce monde et s’étendant au-delà. »
Ainsi compris, les termes «raison» et «intellect» dépassent la simple définition fonctionnelle que tend à leur donner le contexte contemporain. L’intelligence humaine ne se contente pas d’accumuler et de trier des données, elle cherche la vérité, discerne le bien, contemple le beau. Capable de recul critique et de libre arbitre, l’intelligence humaine est donc inséparablement cognitive, intuitive, morale et spirituelle.
Plus que tout, affirment les auteurs, cette intelligence est relationnelle, c’est-à-dire capable de don, de communion et d’amour. Il n’existe donc pas d’équivalent artificiel à l’intelligence humaine, tranche la note : « L’IA ne doit pas être considérée comme une forme artificielle d’intelligence, mais comme l’un de ses produits. »
Pour un usage responsable
Concernant l’utilité sociale de l’IA, le document propose quelques balises susceptibles d’alimenter la réflexion éthique. Les grandes entreprises privées qui développent l’IA et qui la mettent en marché sont conviées à prendre en considération le « développement intégral de l’être humain et de la société », ce qui inclut l’importance du travail humain comme lieu de réalisation de la personne. Tous ces bouleversements technologiques, s’ils n’ont pas d’encadrement éthique, deviennent susceptibles de brimer la liberté humaine et d’affecter la recherche de vérité, avertissent les auteurs.
Soulevant l’exemple des « deep fake » – ces images ou vidéos réalisées par IA et destinées à simuler des gestes ou des paroles de personnes réelles – le document affirme : « Cette tromperie généralisée n’est pas un problème mineur : elle touche au cœur de l’humanité, démolissant la confiance fondamentale sur laquelle les sociétés sont construites. »
Le concept de « dignité intrinsèque de l’être humain » revient tout au long de la note et se décline en plusieurs mises en garde : le danger de «remplacer» l’humain par la machine, d’appliquer aux êtres humains des critères d’« efficacité » empruntés au monde technologique et surtout de « déléguer » à l’IA une responsabilité morale qui revient à la personne humaine. «Ceux qui utilisent l’IA pour effectuer une tâche et en suivre les résultats créent un contexte dans lequel ils sont en fin de compte responsables du pouvoir qu’ils ont délégué», considèrent les auteurs.
De manière plus terre-à-terre, ceux-ci rappellent également que, dans chaque demande faite à l’IA se pose la question de la responsabilité de l’utilisateur face au bien commun. Le texte souligne à ce sujet l’aspect écologique lié à l’IA, laquelle demeure une technologie exigeant la consommation de nombreuses ressources non renouvelables.
Nécessité d’un encadrement éthique
Si Antiqua et nova ne nie pas les avancées positives permises par l’IA, la note formule toutefois de sérieuses mises en garde. Le document souligne le danger que représente à notre époque une fascination excessive pour la technologie, nous faisant oublier que l’IA est «un outil et non une personne».
Contre cette fascination, poursuite le texte, il convient de garder en mémoire que nous sommes toutes et tous « […] appelés à nous impliquer de manière sérieuse et engagée dans le monde, au point de nous identifier aux pauvres et aux souffrants, de consoler ceux qui souffrent et de créer des liens de communion avec tous » rappelle en particulier le texte. À ce titre, la note des Dicastères se situe en continuité avec les grands appels du pape François en faveur de la fraternité humaine.
Au final, Antiqua et nova rappelle que, dans une perspective chrétienne, le développement humain est en péril s’il ne suit pas l’appel à aimer et à servir son prochain, à espérer le Royaume de Dieu hic et nunc et à œuvrer pour la justice sociale et le bien commun. L’humanité dans son ensemble est ainsi interpellée à demeurer vigilante pour que la technologie soit au service de l’être humain et non l’inverse. Michel Labonté – en partenariat avec presence-info (https://presence-info.ca/article/vivre/science/antiqua-et-nova-leglise-se-penche-sur-lia/)
N. B. : Michel Labonté est animateur à l’éducation citoyenne et identitaire en milieu scolaire. Il vit à Hamilton (Ontario) depuis 2012. Il détient une maitrise en théologie de l’Université de Sherbrooke et un D.E.S.S. en théologie pastorale de l’Institut de formation théologique de Montréal (IFTM).
Quand l’Ecole fait sécession
par
Golias, 17 décembre 2025
https://www.golias-editions.fr/2025/12/17/quand-lecole-fait-secession/
Ces dernières semaines, Golias Hebdo s’est penché à plusieurs reprises sur les controversées écoles Espérance Banlieues et Excellence Ruralités. Les deux entités qui possèdent le statut de Fondation ont été créées par la Fondation pour l’école (FPE), elle-même sortie de terre en 2007 pour soutenir les écoles hors contrat, religieuses ou non. Elle se dit aconfessionnelle mais abrite pourtant plusieurs établissements catholiques et soutient de nombreuses autres écoles dont plusieurs sont liées aux intégristes de la Fraternité Saint-Pie-X. Elle compte parmi ses troupes, des contestataires de la forme moderne de l’impôt et de l’Etat, voire de la République et prône une école libre… Un sous-entendu lourd de sens pour cette organisation qui gravite au cœur des réseaux conservateurs et d’extrême droite.
Le groupe Casino au service de l’éducation réactionnaire
par
Alexandre Ballario
Golias , 10 décembre 2025
https://www.golias-editions.fr/2025/12/10/le-groupe-casino-au-service-de-leducation-reactionnaire/
De la fin du mois d’août et jusqu’à la fin du mois de septembre 2025, dans les supermarchés du groupe Casino, les terminaux de paiement par carte bancaire proposaient aux clients d’arrondir au demi-euro supérieur le montant de la note en incitant à « lutter contre le décrochage scolaire » par un don à « l’association Espérance banlieues ». (Cf. Golias Hebdo n°885). Depuis, de nombreuses enquêtes dont celles du média StreetPress ont montré que derrière Espérance Banlieues, se cache une démarche politique ancrée très à droite, qui promeut un modèle d’éducation élitiste auprès d’enfants venus de quartiers défavorisés. Le réseau possède 17 établissements et encadre 1 000 élèves, il entend officiellement « arracher les enfants des banlieues à l’abandon scolaire ». Mais en pratique, ce vivier catholique très conservateur s’efforce de « franciser » les enfants de confessions musulmanes à coups d’uniformes, de marseillaise et d’amour du drapeau. Pour ce faire, il bénéficie du soutien financier de plusieurs acteurs privés (Auchan, Bouygues, Axa, Vinci ou encore la fondation Bettencourt) mais aussi de juteuses subventions de la région Auvergne-Rhône-Alpes de Laurent Wauquiez.
En ce qui concerne le groupe Casino, de nombreuses voix se sont élevées contre le strapontin offert à l’association fondée en 2012 par Éric Mestrallet, proche du catholique d’extrême droite vendéen Philippe de Villiers. Sur les réseaux sociaux, le collectif « Le Mouvement » dénonce le financement par Casino d’un « réseau accusé de racisme, d’humiliations et de violences contre des enfants ». Il appelle à « rompre immédiatement ce partenariat » pour soutenir « des causes réellement inclusives ». Contacté par les journalistes de StreetPress, le groupe Casino n’a pas semblé échaudé par la critique, précisant ne pas vouloir « s’engager dans des polémiques politiques » et disant refuser « d’être instrumentalisé ». Business is business… Par ailleurs, Casino reconnaît que si « Espérance banlieues » est d’abord née à l’initiative de la Fondation pour l’école, liée à la « Manif pour tous », elle est désormais sous l’égide de la Fondation de France, reconnue d’utilité publique, ce qui légitime pour l’enseigne son soutien à cette association qui « répond aux valeurs du
groupe ».
Pourtant, en 2022 déjà, le média OFF Investigation enquêtait au sujet de ces établissements « qui rêvent de franciser les petits musulmans ». En 2023, quatre familles ont déposé plainte contre la direction de l’une des écoles privées hors contrat pour « violences volontaires sur mineurs », « harcèlement moral » et « dénonciation calomnieuse ». Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Pontoise dans la foulée. Contacté par StreetPress, le parquet indique qu‘« aucune suite n’a été donnée à cette procédure qui est toujours en cours ». Autant d’éléments importants dont le consommateur n’a probablement pas connaissance au moment d’appuyer sur un bouton vert devant le terminal de paiement d’un supermarché.
Alexandre Ballario
5. On ne manquera d’effectuer des ajouts à cette liste déjà impressionnante à savoir deux coupures de presse qui nous ont été adressées par des visiteurs bien informés, de surcroît lecteurs du quotidien La Croix :
–Parution du vendredi 5 décembre 2025 : « L’école catholique sous pression » ; soumis à d’importants contrôles des rectorats, les établissements de l’enseignement privé sous contrat se trouvent obligés de préciser le périmètre et l’application concrète de leur « caractère propre » …
–Parution du vendredi 19 décembre 2025 : « La mairie de Paris suspend de nouveau le versement de la dotation du Collège Stanislas ; « la mairie de Paris a annoncé le mercredi 17 décembre 2025, lors d’un conseil municipal,suspendre à nouveau le versement du forfait communal dû à Stanislas, établissement catholique sous contrat. L’établissement privé parisien a saisi le préfet…
Que les rédacteurs en chef des medias concernés par cette parution et notamment Christian Terras (Golias) soient très sincèrement remerciés de nous permettre la reproduction des compilations remarquables qu’ils réalisent au fil du temps.
Petite chronique d’après Ciase et Betharram (IV)
Comme convenu nous continuons à suivre avec attention les démêlés de l’Eglise catholique face aux abus et violences commis en son sein notamment dans le contexte de l’ école privée confessionnelle qu’elle soit ou non sous contrat.
Au total voici un état des lieux chargé suite aux deux dernières semaines de novembre 2025 :
I. Articles pour la semaine du 17 au 23 novembre 2025, avec les sujets suivants :
Cardinal Jean-Marc Aveline (7) Corref (10) Diocèse de Fréjus-Toulon (16) Diocèse de Marseille (4) Diocèse de Nantes (13) Diocèse de Périgueux (3) Diocèse de Perpignan-Elne (1) Diocèse de Verdun (2) Enseignement privé catholique (170) Etablissement d’Angreviers (Gorges) (2) Établissement Saint-Stanislas de Nantes (8) Foyers de Charité (13) Mgr Dominique Rey (13) Mgr Philippe Ballot (4) Mgr Philippe Mousset (2) Notre Dame de Bon Secours de Perpignan (1) Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur (3) Père Charles Sighieri (3) Père François Martial (1) Père Jean-Marie Petitclerc (2) Père Jean-Michel Le Gac (1) Père Jean-Pascal Lombart (1) Père Xavier Manzano (2) Salésiens de Don Bosco (2) Séminaire Saint-Luc (2) Sœur Ann Almodovar (1) Sœur Marie-Laure Dénès (1) Sœur…
1.Appel à témoignages à Nantes : le point détaillé au sujet des signalements reçus
2. Décès du père Jean-Marie Petitclerc par noyade
L’hypothèse d’un suicide provoque de très nombreuses réactions sur Internet.
3.Diocèse de Périgueux : l’abbé Martial relevé de tout ministère public
Il est accusé d’avoir agressé sexuellement une personne mineure.
4.Le cardinal Aveline considère les accusations de Paris Match « injustes et calomnieuses »
Arthur Herlin, le journaliste à l’origine de l’enquête, lui répond.
5.Le directeur mis à pied, les enseignants se mettent en grève
Aucun motif n’a été communiqué par l’OGEC.
6.Le père Jean-Pascal Lombart élu président de la Corref
Il succède à sœur Véronique Margron.
7.Les critiques de l’épiscopat de Mgr Dominique Rey
Une enquête du journal La Vie.
8.Les filles oubliées du Bon Pasteur
Un reportage diffusé sur FranceTV.
9.Messe « pour le repos de l’âme de Philippe Pétain et des victimes de toutes les guerres »
Retour sur les événements de ces dernières semaines.
10.Père Jean-Michel Le Gac : l’enquête de Nice-Matin
La responsabilité de Mgr Dominique Rey est également interrogée.
11.Témoignage : amnésie traumatique et déni familial
Un témoignage qui illustre parfaitement ces deux aspects.
II. Articles pour la semaine du 24 au 30 novembre 2025, avec les sujets suivants :
André Dupon (1) Collège Ozanam de Limoges (8) Congrégation de Bétharram (71) Diocèse d’Évry-Corbeil-Essonnes (1) Diocèse de Créteil (1) Diocèse de Gap-Embrun (6) Diocèse de La Rochelle (14) Diocèse de Lille (3) Diocèse de Limoges (6) Diocèse de Nevers (1) Diocèse de Périgueux (4) Enseignement privé catholique (173) Institut du Verbe incarné (8) Mgr Grégoire Drouot (1) Mgr Jean Vilnet (1) Mgr Laurent Le Boulc’h (1) Mgr Michel Dubost (1) Mgr Michel Pansard (2) Mgr Michel Santier (4) Mgr Philippe Mousset (3) Père Anthony del Castillo (5) Père François Martial (2) Père Gaston Rouzeau (1) Père Jacques Delfosse (1) Père Jean-François Six (1) Prélature de la Mission de France (3) Riaumont (22) Saint Joseph à Gap (4)
1.Bétharram : les deux actualités de cette semaine
Une plainte aurait disparu / La congrégation se défait de ses biens pour indemniser les victimes.
Il avait été renvoyé de l’état clérical pour « de graves faits d’abus sexuels ».
3.Établissement Ozanam de Limoges : l’État mis en cause
Un ancien élève reproche notamment à l’État « une absence de contrôle ».
4.Père Anthony del Castillo : un décret de suspense pris à son encontre
Il lui est désormais interdit de célébrer les sacrements en public et en privé.
5.Père François Martial : l’étrange justification de Mgr Mousset
Alors que le prêtre a reconnu les faits en 2018, l’évêque ne le relève de toutes ses fonctions que maintenant.
6.Père Gaston Rouzeau : Mgr Drouot lance un appel à témoignages
Le prêtre est décédé il y a 20 ans.
7.Père Jacques Delfosse : deux nouvelles plaintes font ressortir de l’oubli les crimes de ce prêtre
Un enquête extrêmement fouillée de Bruno Renoul, de La Voix du Nord.
8.Saint Joseph à Gap : le professeur condamné à trois ans de prison avec sursis
Il a été reconnu coupable de deux faits d’atteintes sexuelles.
9.Un ancien éducateur de Riaumont accusé de violences
Il devrait pourtant être décoré de la légion d’honneur prochainement.
La longueur de cette liste conduit à s’interroger,une nouvelle fois, sur l’étendue du mal systémique révélé et si en la matière on pourra aller plus loin que l’impossible !
Rappelons simplement que l’atteinte de l’impossible pose déjà problème :« Peut-on faire l’impossible ? Cette formule attribuée à Mark Twain (mais aussi à Marcel Pagnol et bien d’autres) répond par l’affirmative. Tout est alors possible tant que l’on ne sait pas que c’est impossible. Si cette formule peut apparaître comme une valorisation de l’ignorance et de la naïveté, elle est surtout une critique de la notion d’impossibilité. »
Alors restons naïfs et attendons les prochaines révélations . Elles ne cessent d’accabler un système clérical à bout de souffle que nous ne cessons de démasquer et de condamner.
L’Éducation nationale au front de la censure
Rappelons que certains des éléments condamnés dans cet article avaient déjà fait l’objet d’un communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme en date du 28 mars 2025 sous l’intitulé révélateur : »
On pourra prendre connaissance de ce document ci-dessous :
Cependant, le 19 mars 2025, le ministère a décidé d’annuler cette commande, invoquant des raisons pédagogiques. Le ministère a jugé que le livre n’était pas adapté à l’approche éducative attendue pour des élèves de 10-11 ans, notamment en raison des thématiques abordées, telles que l’alcool, les réseaux sociaux, et des réalités sociales complexes. Le choix de Jul fut de réaliser une version modernisée du conte. Par exemple, le père de la Belle, qui dans le conte buvait « quelques coups de vin », était représenté ivre, bouteille à la main, en train de chanter « Les Lacs du Connemara ». Jul a également choisi de représenter les filles du marchand par des personnages qui ne sont pas des « princesses blondes ».
Les motifs avancés par le ministère ne laissent pas d’interroger. Les contes pour enfants ont toujours abordé des thématiques dérangeantes. En outre, le ministère se fait manifestement des enfants une image bien naïve, puisque ceux-ci sont bien immergés dans la problématique des réseaux sociaux, et ce, très tôt. Le ministère aurait dû fournir des motifs beaucoup plus explicites. Faut-il en conclure, comme le pense Jul, que « La seule explication est (…) à chercher dans le dégoût de voir représenté des princes et des princesses qui ressemblent un peu plus à des écoliers d’aujourd’hui et peuvent s’habiller en survêtement, entre deux scènes avec des robes de princesses et du clavecin. À moins que la présence de personnages aux cheveux frisés et à la peau mate plutôt que de princesses blondes de contes de fées ne soit devenue insupportable à l’éducation nationale ? »
La ministre de l’Education a en effet déclaré à la presse : « Je ne suis pas sûre que ce soit forcément compréhensible que le père de la Belle soit un monsieur algérien (sic), qu’on voit dans des scènes où il est totalement ivre, il fait de la contrefaçon, est arrêté par des policiers ».
Les enfants, dont une partie est d’origine algérienne, n’ont donc manifestement pas le droit de pouvoir imaginer un personnage de conte en dehors d’un cadre complètement stéréotypé.
Enfin, on ne peut que s’étonner de cette décision d’annulation, alors même que la ministre avait signé une préface pleine de louanges, vantant « la touche malicieuse et le regard affûté » de Jul.
L’ASVPNF condamne avec force ces atteintes à la liberté d’expression et à la liberté pédagogique des enseignants du service public et renvoie avec humour au propos de Beaumarchais (1732-1799) dans Le Mariage de Figaro : « Pourvu que je ne parle ni de l’autorité, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni de l’opéra, ni des autres spectacles, je puis tout imprimer librement, sous la direction, néanmoins, de deux ou trois censeurs. »
