Loi Goblet : loi de laïcisation du personnel enseignant, loi de séparation de l’église et de l’école publique. (30 octobre 1886)

  » La Loi portant sur l’organisation de l’enseignement primaire du 30 octobre 1886, dite » Loi Goblet » (d’après le nom du ministre de l’Instruction publique de l’époque) est une des grandes lois éducatives françaises. Elle prolonge les Lois Jules Ferry en confiant à un personnel exclusivement laïque l’enseignement dans les écoles publiques. Elle remplace les instituteurs religieux des congrégations enseignantes. Elle redéfinit aussi l’organisation de l’enseignement primaire. Elle renforce l’intervention de l’État dans l’organisation de l’enseignement élémentaire et en fonctionnarisant les instituteurs ».  
 
 
       Cette Loi  de 1886 constitue  un point de repère essentiel dans le processus de laïcisation en marche depuis 1880. Grâce à elle  « la République  a pu achever la réforme scolaire et affirmer le droit de la liberté contre le privilège de l’Église » : « l’école neutre assure pour l’avenir le triomphe définitif de la démocratie ».
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter , en cliquant ici, un document comportant :
 
                   A. Un texte de présentation générale de la Loi  Goblet,
 
                   B. Des extraits du rapport Ferrouillat de transmission au Sénat  du projet  de Loi de Jules Ferry ,
 
                   C. La transcription du texte intégral  des 68 articles,  tels qu’ils furent publiés au JO du 31 octobre 1886,
 
                   D. La reproduction de la caricature relative à  la promulgation et à la mise en application de cette Loi,  publiée dans Le Grelot du 7 novembre 1886. 

L’Ecole Jules-Ferry (EJF): Ecole normale de l’Enseignement colonial (1902-1912)

D’une pérennité limitée cette école, sans murs, avait  vocation à former des « instituteurs coloniaux »  ou missionnaires laïques devant exercer dans les école publiques des colonies françaises et dans les écoles de  la Mission Laïque Française (MLF)à l’étranger. 
 
     Dans les colonies, l’enseignement officiel ne fut  organisé  qu’à une date relativement récente. Il varie avec les lieux et les circonstances. Il est donné tantôt par un personnel recruté sur place, tantôt par un personnel emprunté aux cadres de la métropole, et régi, soit par les décrets des 16 juin 1899 et 4 février 1906, soit par le décret du 30 octobre 1902, suivant qu’il s’agit, ou non, des instituteurs.
 
      L’initiateur de la MLF  fut Pierre Deschamps (1873-1958) , Directeur de l’Enseignement à Madagascar. Association créée en 1902, elle avait vocation à  « maintenir et étendre l’influence française dans nos colonies et à l’étranger », en propageant l’enseignement laïque. Ses Statuts, votés le 2 juin 1902, stipulaient notamment :
 
        -Pour la formation des instituteurs et des institutrices qui se destinent à
l’enseignement, soit dans les écoles publiques des colonies, soit dans les
établissements créés ou encouragés par la Mission laïque, il est fondé à Paris une
École normale, relevant directement de l’Association et appelée École Jules-Ferry.
 
        -L’enseignement qui y est donné est conçu de manière que les futurs instituteurs
coloniaux puissent être à la fois des éducateurs au courant des conditions de
pédagogie indigène, et des auxiliaires éclairés de l’oeuvre colonisatrice ; aussi son
programme comprend, en outre de l’étude des méthodes de l’enseignement
colonial, des cours d’agriculture coloniale, de médecine pratique, de langues
indigènes, de travaux techniques ; il est essentiellement tourné vers les applications
pratiques, en vue de l’action immédiate. 
 
     Le premier directeur e l’EJF fut Laurent Devina, lui-même Directeur de l’Ecole normale primaire d’Auteuil. Les cours,  donnés 7 jours sur 7 dans les locaux de la MLF aux instituteurs et institutrices sélectionnés, duraient 10 mois. La promotion 1904-1905  fut baptisée « Promotion Paul Bert ». 
 
     Cette politique de formation d’instituteurs « coloniaux » ne fut pas reconduite à la fin de la Grande Guerre.        
 
      Les visiteurs intéressés pourront consulter, à ce propos, l’article de  Gérard Vigner écrit en 2015 :  
 
      Gérard Vigner« L’École Jules-Ferry, école normale de l’enseignement colonial: une formation pour apprendre à enseigner dans les colonies(1902-1912) », in : 
       Documents pour l’Histoire du Français Langue Etrangère ou Seconde( SIHFLES), 55, 2015, 57-82,  accessible à l’URL suivante :    
 
 

                                  http://journals.openedition.org/dhfles/4273

      Que le  rédacteur en chef de  Documents SIHFLES soit remercié de nous avoir  autorisé  à orienter les visiteurs vers le lien donnant accès à l’article mentionné.

Reconstruire la République laïque!

 Tel est l’intitulé du manifeste  qui fut publié le 4 novembre  2020 par  23 Associations dont on trouvera la liste ci-dessous.  On y affirmait  :
 
        -que  l’Ecole Laïque et Républicaine  est et demeure le creuset de la République,
 
        -qu’aucun accommodement  circonstanciel ne permet  de substituer l’interconvictionnalité à la laïcité,
 
        -qu’au lieu de prôner l’écriture de nouvelles lois aux titres fallacieux il importait d’enfin constitutionnaliser la loi du 9 décembre 1905,
 
         -qu’il était essentiel de former des maîtres pour en refaire les hussards noirs de la République laïque et non des  animateurs prêchant un « vivre ensemble » inconsistant,
 
          -que la laïcité  reste le principe émancipateur des  temps présents.
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant ici,  le manifeste en question . 
 
    Il fut  validé par 23 associations regroupées au sein d’ un Collectif Laïque National ( cf. le lien :contact@collectif-laique-national.org).

La déclaration internationale sur la laïcité au 21è siècle !

Signée en 2005 par  250 intellectuels de 30 pays différents,  lors du centenaire de la Loi de Séparation de 1905, elle fut rédigée pour la majeure partie par Roberto Blancarte (Mexique) ,Micheline Milot (Canada) et Jean Baubérot (France).  Quinze ans après, elle conserve  une pleine actualité et mérite d’être remise à l’ordre du jour de façon à la rendre universelle.
 
      Constituée d’un préambule  et de  4 titres couvrant 18  articles dévolus à la laïcité, elle en énonce les principes fondamentaux , se propose  comme référentiel des Etats de droit, définit  les débats  sociétaux qui en relèvent  et souligne  son intérêt pour relever  les défis du 21è siècle. 
 
     Au-delà  de la Séparation des Eglises et des Etats et de la neutralité de ceux-ci, la laïcité y apparaît comme institutrice  non seulement de libertés comme  la liberté de conscience mais aussi d’égalité entre tous le citoyens  quelles que soient leurs distinctions de foi et de convictions 
 
    Les visiteurs de ce site pourront consulter  le document 1 correspondant  au   texte élaboré en 2005. 
 
    Ce texte donna lieu à des remarques et commentaires  y compris de la part de certains de ses signataires . On pourra s’en rendre compte en   visualisant le document 2 présentant un article paru à ce propos dans le Journal Le Monde du 9 décembre 2005.
 
   Puisse cette déclaration contribuer  à éviter les » crispations et  phobies »(Jean Baubérot) qui entourent  le plus souvent la recherche  de solutions pertinentes aux défis actuels de nos sociétés.
 
 
                 Document 1. Déclaration universelle sur la laïcité au 21è siécle.
 
                 Document 2. Déclaration universelle sur la laïcité : quelques  commentaires.

9 décembre 2020 Célébrons le 115 è anniversaire de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat et Exigeons sa mise en application sur tout le territoire de la République.

Dans le contexte  des évènement dramatiques  ayant récemment  ébranlé les fondements mêmes de  nos préceptes républicains et celui des menaces incessantes  relatives aux libertés fondamentales acquises au débit de la 3è République les visiteurs pourront consulter, en cliquant ici un article explicite sur les enjeux et défis du moment à cet égard.
 
      Intitulé   » La loi  de 1905 a 115 ans » et  rédigé par Pascal Langlois militant au CREAL (Comité de Réflexion et d’Action Laïque de Seine Maritime), il interpelle sur les dangers  d’une revision du texte de la Loi au prétexte d’avant-projets aux libellés aussi  énigmatiques que :  « loi sur les séparatismes » , « loi confortant les principes républicains » ou autres n’ayant pour vocation que de semer la confusion.
 
     Il s’agit, plus simplement, de réclamer, selon des cheminements démocratiques,  des moyens accrus pour faire appliquer la Loi de 1905 avec toute la rigueur nécessaire de façon à faire respecter ses dispositions sur la police des cultes (Titre V, Art. 25 à 36), l’incitation à la haine  et  toutes les discriminations.
 
     Que Pascal Langlois soit remercié pour sa contribution fondatrice et  pour nous avoir autorisé à la reproduire en vue de sa mise en ligne sur ce site.

Ferdinand Buisson , l’apôtre de la Laïcité et de l’Ecole laïque

« C’est bien de proclamer la République tous les quatre matins,  encore faut-il que nous devenions républicains dans notre comportement  moral »disait Ferdinand Buisson (1841-1932), grand oublié de notre histoire contemporaine  alors que ce père fondateur  de la laïcité et de l’école laïque a profondément marqué de son empreinte tant la deuxième moitié du 19è que la première du siècle suivant . Comment peut-on dès lors se contenter ,comme dans le Grand Larousse illustré (Edition Prestige, 2016), d’une quinzaine de mots de notre langue pour  rapporter sur  la vie et l’oeuvre de cet homme  illustre?               
 
          Normalien agrégé, philosophe, inspecteur général, plume de Jules Ferry, mais surtout directeur de l’enseignement primaire pendant dix-sept ans, inventeur de la laïcité, rédacteur des lois scolaires, artisan de la séparation de l’Église et de l’État, dreyfusard  fondateur de la Ligue des droits de l’homme. Parlementaire de la République, il prononça à la Chambre le premier discours en faveur du vote des femmes en 1910 . Il partagea le Prix Nobel de la Paix en 1927 avec le professeur allemand Ludwig Quidde . Il dédia cette distinction aux instituteurs et institutrices  de France pour qu’ils puissent œuvrer au rapprochement des peuples par l’éducation des enfants au sein de l’école laïque.  
 
          Sans conteste, Il fut le grand entrepreneur du chantier laïque de la Troisième République considérant  qu’un  peuple ne pouvait être  souverain que si le citoyen était  éclairé.
 
           Il rêvait d’une école où, à l’exemple de l’instituteur esprit libre répondrait en écho l’élève devenu lui aussi une individualité pensante et qui rayonnerait à son tour : « Va, petit missionnaire de l’école laïque, rapporte à tes parents tes cahiers, tes livres, tes images et les beaux récits d’histoire et de morale que tu auras entendus du maître »- écrivait-il !
 
          Dans ce contexte, il était opportun que ce site lui ouvre largement ses rubriques. Les visiteurs intéressés pourront ainsi   accéder successivement aux  fichiers  joints  en cliquant sur les 4 annonces suivantes :
 
                Document 1. Qui est Ferdinand Buisson ?,
 
                 Document 2 . Buisson Ferdinand;  biographie Maitron,
 
                 Document 3. Ferdinand Buisson par Ph. Meirieu,
 
                 Document 4. Cercle Ferdinand Buisson; conférence de Cl. Stora

L’ouverture du Premier Congrès Pédagogique des Instituteurs et Institutrices de France (1881).

Cet évènement fondateur eut lieu à Paris le 19 avril 1881; le discours d’ouverture étant  prononcé par Ferdinand Buisson, à l’époque Directeur de  l’Enseignement primaire  au Ministère de l’Instruction publique. C’est Jules Ferry qui le désigna pour accueillir les délégués venus de toute la France représenter leurs collègues . Plusieurs notes de ce site ont déjà fait mention des modalités de préparation de ce Congrès en Finistère.  
      Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant ici,  une transcription quasi complète  de ce discours retrouvé dans les archives de la BnF (Gallica).

Une lettre de Ferdinand Buisson à Victor Hugo sur la Laïcité (1869)

Quelques mois avant le 4 septembre 1870, date de proclamation de la  3è République par Gambetta  après le Second Empire, Ferdinand Buisson réfugié en Suisse sollicite  Victor Hugo lui aussi en exil. Il souhaite obtenir son soutien pour  combattre le cléricalisme catholique en France. Il s’agit d’unir leurs volontés et leurs forces pour créer une grande « entreprise » laïque et philosophique . Celle-ci  devra oeuvrer pour  faire oublier à jamais les rêves pieux du mysticisme,  pour  instaurer le régime de la liberté et obtenir la suppression du budget des prêtres  et la séparation de l’Etat des Eglises. 
       Cette demande donne lieu à une lettre  considérée comme décisive dans l’instauration de la laïcité dans notre pays. On sait, qu’après bien des vicissitudes, F. Buisson deviendra Inspecteur primaire  (Jules Simon étant ministre) , Inspecteur général et enfin  Directeur de l’Enseignement primaire au Ministère de l’Enseignement public , du temps de Jules Ferry.
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter, en cliquant successivement sur :
 
 
          Document 1 cliquer ici .  Quelques repères sur l’émergence du mot et du concept de laïcité         
 
        Document 2 cliquer ici .  La lettre de Ferdinand Buisson à Victor Hugo sur la Laïcité  (1869),  
 
                                 In:  www.persee.fr › doc › r1848_1155-8806_1938_num_35.

L’oeuvre pionnière du Baron Boullé, préfet du Finistère, dans la mise en application de la loi Guizot sur l’instruction primaire sous la Monarchie de Juillet(1830-1848).

Guizot promulgua, le 28 juin 1833, la première grande loi sur l’enseignement primaire public.Elle n’imposait ni la gratuité ni l’obligation, mais contraignait les collectivités à créer trois types d’établissement : une école primaire de garçons dans toutes les communes, une école primaire supérieure dans chaque chef-lieu de département ou dans chaque ville de plus de 6000 habitants et une école normale d’instituteurs dans chaque département…
 
      « Napoléon avait laissé la responsabilité de l’enseignement primaire aux Frères des Écoles chrétiennes » .  François Guizot,  faisant référence à ses origines protestantes et aux textes fondateurs des grands pédagogues protestants du 17è et du 18è siècles,  rendit possible un enseignement laïc en créant les Ecoles normales d’instituteurs… 
      Le cheminement, laborieux  dans nos campagnes finistériennes,dura une bonne douzaine d’années avant d’être interrompu par la promulgation de la loi Falloux (1850). Quoi qu’il en soit, il eut un rôle fondateur grâce à la ténacité bienveillante du préfet de l’époque , le baron Boullé dont il convient- en toute équité- de célébrer la mémoire et l’oeuvre qu’il accomplit .
 
      Celle-ci fit l’objet d’une analyse très détaillée  et d’un article dont l’auteur , Louis Ogès (1886-1977), était  instituteur finistérien, ancien maître d’application. Publié  en 1934 dans le Bulletin  de la Société Archéologique du Finistère, il est intitulé :
 
« L’instruction publique sous le régime de la loi Guizot (1833-1850) »
 
      Il donna lieu à un document, issu d’une reconnaissance optique, de lecture difficile. Les visiteurs pourront consulter en cliquant ici   une version améliorée obtenue  à partir de fichiers  mis à notre disposition par le Service des Archives municipales de la Ville de Quimper. Que M. Le Gall  directeur de ce service et ses collaborateurs soient chaleureusement remerciés pour leur collaboration.
      La matière, particulièrement  abondante,   est présentée  selon le plan suivant :
 
                                                Etat de l’instruction dans le Finistère avant la loi Guizot,
Loi sur l’enseignement primaire, dite loi Guizot (28 juin 1833),  p. 3
Autorités préposées au développement et à la surveillance de l’instruction primaire dans le Finistère, 
A. Le Préfet, p.8
B. Les Comités d’instruction, p.11
C. Les Inspecteurs,  p.16
 Situation économique du Finistère, état d’esprit de la population, le clergé et  l’instruction publique, p.19
Situation des écoles : leur progression de 1833 à 1850, p.26
       Arrondissement de Brest, p.34
       Arrondissement de Morlaix, p.40
       Arrondissement de Châteaulin p.43
       Arrondissement de Quimper, p.44
       Arrondissement de Quimperlé p.47
Résultats d’ensemble, p.49
 
       Le Conseil général et l’instruction primaire, p.55
           Les locaux scolaires, p.60
           L’enseignement,  p. 76
           Les livres,  p.79
          Règlements scolaires, p.84
          Les écoles congréganistes, p.86
       Les écoles privées laïques p.96
Formation professionnelle des instituteurs, p.97
           L’école normale, p.98
.          Les  conférences pédagogiques, p.103
Valeur professionnelle et morale des instituteurs, p.106
 
Situation matérielle de l’instruction, p.117
Enseignement de l’agriculture, p. 123
Cours d’adultes, p.127
Ecoles primaires supérieures, p.132
Les écoles de filles,  p.137
Préparation professionnelle des maîtresses: le Cours normal, p.149
Les salles d’asile, p. 158

Prémices normaliennes quimpéroises sous le régime de la loi Guizot: le Cours normal de la pension ORSIBAL

Plus de 30 ans avant la création de l’Ecole normale d’Institutrices,  la pension pour jeunes filles dirigée par Mme Orsibal dispensait un « Cours normal« à des boursières du Conseil général du Finistère. Celles-ci étaient appelées à devenir, en deux ans, les maîtresses des écoles de filles  existantes ou créées à l’époque. Ledit Cours ne subsistera pas longtemps après promulgation de la loi Falloux (1850).
 
     Les visiteurs intéressés par cette épisode peu connu de l’instauration de l’instruction primaire dans Le Finistère  pourront consulter, en cliquant sur  deux documents relatifs à l’institution Orsibal et à ses résultats en matière de formation.
 
       Document 1 cliquer ici.La pension ORSIBAL de Quimper (Henri Chalm)
 
 
       Document 2 cliquer ici .Le cours normal de l’institution Orsibal  (Louis Ogès)