« Tant va la cruche à l‘eau qu’à la fin elle se casse » disat le dicton venu de loin…et pourtant, celle contenant les faits et méfaits délicteueux commis au sein de l’Eglise et de ses Institutions ne cesse de se remplir. La source ne peut se tarir puisque la hiérarchie ecclésiale (souvent cléricale) ne semble pas en mesure de tirer les leçons de l’histoire. Nous continuons donc ici à énumérer et à compter les mauvais points et les traumatismes engendrés. Au passage on y saisit des arguments ayant vocation à justifier le combat sans faiblesse des défenseurs de la laïcité contre tous les obscurantismes et les cléricalismes. On en trouvera ci-dessous les traces :
1.Prédations délictuelles organisées sous protection divine
Préambule – Le constat d’une imposture
Depuis des décennies, l’Église catholique en France s’érige en gardienne morale de la société, prêchant la dignité humaine et la compassion divine. Pourtant, sous ce vernis sacré, se déploie un système de prédations qui profane ces idéaux. Le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase, 2021) révèle un phénomène massif et systémique : entre 1950 et 2020, au moins 216 000 mineurs ont été victimes d’agressions sexuelles par des clercs, religieux ou religieuses, et plus de 330 000 si l’on inclut les laïcs liés à l’institution.
Systémie des prédations
Ces abus ne surgissent pas du hasard, mais d’une emprise organisée, ancrée dans la structure même de l’institution. Le clerc, investi d’un pouvoir absolu sur les âmes vulnérables, exploite confessions et retraites pour asservir, manipuler et violer, souvent en minimisant les actes comme des « faiblesses humaines ». Le droit canonique, censé régir cette justice interne, privilégie la protection des coupables : procédures confidentielles, sanctions tardives et inégalement appliquées, voire simples interdictions de contact avec les mineurs sans poursuites pénales effectives. Ainsi, des évêques et supérieurs ont systématiquement occulté les plaintes, transférant les prédateurs d’une paroisse à l’autre, perpétuant le cycle sous l’égide d’une « justice divine » qui n’est que complaisance hiérarchique.
Complicité sociale et inertie de l’État laïque
Dans une République laïque, fondée sur la séparation des Églises et de l’État depuis 1905, cette impunité est un scandale. L’État, garant des droits humains, ferme trop souvent les yeux, laissant le droit canon prévaloir sur la justice civile. Malgré les révélations de la Ciase et les auditions parlementaires, les poursuites restent rares, et les victimes se heurtent à un mur de silence institutionnel. La société civile, éduquée à révérer le sacré, hésite à confronter ce pouvoir millénaire, permettant à ces désordres de miner la confiance collective et la cohésion républicaine.
Les victimes et la faillite morale du système
Les survivants portent des traumatismes irréparables : souvenirs intrusifs, dépression chronique, perte de confiance en soi et en autrui, souvent qualifiés de « peine de prison à vie ». Aggravés par la qualité des auteurs — figures paternelles spirituelles —, ces maux psychiques et sociaux se transmettent comme une malédiction, détruisant familles et communautés. L’institution, loin de réparer, impose silence et déni, aggravant la blessure par un second viol : celui de l’invisibilisation.
Appel à la lucidité et à la refondation éthique
Face à cet obscurantisme à bout de souffle, la raison et la science imposent un sursaut. Nulle protection divine ne saurait justifier la prédation humaine. Citoyens émancipés, exigeons que la justice laïque prime sur tout code interne, que les victimes soient indemnisées et écoutées à vie, et que l’institution rende des comptes sans délai. Brisons l’emprise : pour la dignité, la vérité et une société libérée des chaînes du faux sacré.
NOTES
Rapport CIASE Français Complet (PDF 647 pages), p. 222-223 : « 330 000 victimes mineures de personnes en lien avec l’Église, dont 216 000 victimes de clercs ».
Rapport CIASE Français Complet, p. 159-174 : « dispositifs d’emprise institutionnelle ».
Rapport CIASE Français Complet, p. 297-300 : « péché contre la chasteté ».
Rapport CIASE Français Complet, p. 251-262 : « Une Église qui se protège du scandale ».
Rapport CIASE Français Complet, p. 99-111 : « l’ampleur des traumatismes ».
Rapport CIASE Français Complet, p. 181-199 : « la difficile sortie du silence ».
Rapport CIASE Français Complet, Synthèse p. 44 : « démarche de vérité et réparation ».
Wikipédia France : « massif et systémique ».
Cet article repose exclusivement sur des faits publics et vérifiés, notamment le rapport CIASE (2021) qualifiant les abus sexuels dans l’Église catholique de « massif et systémique » (216 000 mineurs victimes de clercs entre 1950-2020). Il critique une institution et ses pratiques, sans viser de personnes nommées. La liberté d’expression est protégée par la loi du 29 juillet 1881 et l’article 10 de la CEDH.(voir les sources complètes en notes)II
II. Le journal d’Après Ciase (https://apres-la-ciase.fr)
A. Voici les 17 articles pour la semaine du 9 au 15 février 2026, avec les sujets suivants :
CDC (8) CEF (33) Collège Rambaud, à La Brède (1) Collège Saint-Michel à Bruxelles (1) Communauté des Béatitudes (42) Compagnie de Jésus (20) Dépression (1) Diocèse d’Albi (5) Diocèse de Beauvais (5) Diocèse de Bordeaux (7) Diocèse de Bourges (1) Diocèse de Dijon (10) Diocèse de Rabat (10) Diocèse de Reims (7) Diocèse de Sens (7) Enseignement privé catholique (198) Espagne (7) Formation (98) Frère Daniel-Marie Thévenet (5) Frère Jack Mardesic (5) Frères des écoles chrétiennes (11) Institut Notre-Dame de Vie (3) Institution Jean-Paul-II à Compiègne (1) Les 3P (5) Mgr Éric de Moulins-Beaufort (18) Mgr Pascal Wintzer (7) Ordre des Frères Mineurs Conventuels, OFMconv (5) Père Daniel Prot (5) Père Eugeniusz Plater-Syberg (4) Père Jean-François Pinard (3) Père Peter Meulendijks (3) Père Sébastien Durand (1) Père Yves Grosjean (7) Philippe Madre (1) Suicide (5)
Il est a présent suspendu à titre conservatoire.
Il est prévu qu’un appel à témoignages soit lancé par le diocèse.
Collège Rambaud, à La Brède : une enquête ouverte pour violences physiques et sexuelles
Les victimes dénoncent une violence systémique. Les faits remontent aux années 70.
Décrets autorisant la privation de rémunération et amende pour les clercs
Ces peines expiatoires, votées par les évêques, entrent en vigueur.
Frères des écoles chrétiennes : communiqué de Ampaseo
L’association compte parmi ses membres des victimes des écoles de la congrégation des Lassaliens.
Frères des écoles chrétiennes : l’indemnisation sous conditions
Les victimes peuvent parler des violences mais ne doivent pas critiquer les Lassaliens.
Frères des écoles chrétiennes : les témoignages reçus concernent maintenant 40 établissements
Communiqué de presse du collectif des victimes des lasalliens.
Frères des écoles chrétiennes : une avalanche de témoignages
Difficile de contester l’aspect systémique avec autant de témoignages publiés.
Journée mémorielle au Collège Saint-Michel de Bruxelles
Elle était organisée par la Province jésuite d’Europe occidentale francophone.
L’Espagne aussi a eu ses _ »Magdalene laundries »_
Ce témoignage lève le voile sur une réalité peu connue.
Le père Sébastien Durand est condamné pour atteinte sexuelle
Il est cependant acquitté pour les viols dont il était également accusé.
Les 10 erreurs les plus fréquentes quand on veut aider quelqu’un en dépression
Et surtout, les alternatives qui aident réellement !
Ordre des Frères Mineurs Conventuels : communiqué du collectif de victimes nouvellement créé
Les victimes peuvent dès à présent prendre contact par email.
Père Eugeniusz Plater-Syberg : nouvel appel à témoignages
Mgr Wintzer renouvelle l’appel de septembre dernier.
Père Grosjean accusé de pédophilie : huit nouvelles victimes identifiées
Il pourrait donc être mis en examen prochainement pour ces nouveaux faits.
Philippe Madre a été débouté de son dernier recours à Rome
Il avait été renvoyé de l’état clérical en 2010 pour « abus sexuels ».
Des ressources pour aider à mettre en œuvre un temps de mémoire et de prière dans les diocèses.
II. Voici les 10 articles pour la semaine du 16 au 22 février 2026, avec les sujets suivants :
Accueil Conseil et conciliation / Emprise et dérives sectaires (4) CEF (34) Communauté des Béatitudes (43) Conseil National pour la Protection des Mineurs (1) Diocèse de Dijon (12) Diocèse de Nantes (17) Diocèse de Soissons (2) Enseignement privé catholique (201) Etablissement d’Angreviers (Gorges) (5) Établissement Saint-Stanislas de Nantes (9) Formation (101) Frère Albert Maës (2) Frères des écoles chrétiennes (13) Guillaume Prévost (6) Légionnaires du Christ (1) Livre (10) Mgr Antoine Hérouard (12) Mgr Laurent Percerou (8) Missionnaires du Sacré-Cœur (2) Père Aimé Victor Bagala (1) Père Marcial Maciel (2) Père Yves Grosjean (8)
Appel à témoignages à Nantes : le bilan au bout de six mois
Sur les 102 signalements traités par le parquet de Nantes, 81 concernent le collège Saint-Stanislas.
Bibliographie récente sur les abus dans l’Église, par la CORREF
La mise-à-jour de février 2026 vient d’être publiée.
Communauté des Béatitudes : enquête de la CEF au sujet du DIAM
Le questionnaire envoyé aux victimes analysé par le collectif CAVBéatitudes.
Diocèse de Soissons : un prêtre _fidei donum_ suspendu à titre conservatoire
Il est accusé de « faits de nature sexuelle ».
Frère Albert Maës : « Ils ont décidé, plus haut, d’étouffer l’affaire »
Le récit du surveillant qui avait découvert et dénoncé les crimes du frère Albert Maës en 1976.
Frères des écoles chrétiennes : nouveaux témoignages du Doubs à la Côte-d’Or
On ne compte plus le nombre de témoignages médiatisés ces dernières semaines.
Frères des écoles chrétiennes : une clause de confidentialité pour _ »protéger des tiers »_
Une justification que chacun interprétera comme il le souhaite.
Le Trouble Dissociatif de l’Identité
Deux vidéos de très grande qualité.
Père Yves Grosjean : l’étrange justification de Mgr Hérouard
Malgré une psychothérapie pour revisiter son rapport aux jeunes, le prêtre aurait été au contact de mineurs.
Quelle est l’origine du charisme d’une communauté ?
Une réflexion de Léon XIV au sujet des Légionnaires du Christ.
III. Voici les 9 articles pour la semaine du 23 février au 1er mars 2026, avec les sujets suivants :
Association les liens brisés (8) Collège Saint-Michel à Bruxelles (2) Compagnie de Jésus (21) Diocèse d’Agen (3) Diocèse de Bordeaux (8) Diocèse de Fort-de-France (2) Enseignement privé catholique (204) Famille de Saint-Joseph (2) Film (1) Formation (103) Frères des écoles chrétiennes (16) Mgr Alexandre de Bucy (4) Mgr Pierre-Marie Carré (1) Père Albert Stevens (1) Père Bernard de la Perraudière (1) Père Damian Howard (1) Père Dominique Peccoud (1) Père Fransec Peris (1) Père Gaël Giraud (2) Père Gilbert Lamande (3) Père Henry Collard (1) Père Jean Mambrino (2) Père Joseph-Marie Verlinde (2) Père Jules Francken (1) Père Lluis Tó (1) Père Louis Mouren (8) Père Marc de Clercq (1) Père Marko Rupnik (22) Père Patrick Phanor (1) Père Pierre Molinié (2) Père Renato Poblete Barth (1) Père Sauro de Luca (1) Père Yves Cheminan (1) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (4) Sectes et dérives sectaires (10)
Diocèse de Fort-de-France : le père Phanor condamné à 12 ans de prison
Il a été reconnu coupable du viol d’un mineur de 16 ans.
Famille de Saint-Joseph : six plaintes déposées depuis 2020
La Famille de Saint-Joseph avait « réfuté, aujourd’hui comme hier, avec la plus grande fermeté, les accusations calomnieuses dont [elle a] été l’objet ».
Une fiction diffusée par France Télévisions.
« Nous considérons que c’était dans le projet des frères lasalliens de 1950 à l’an 2000 ».
Ils demandent au ministre les mesures immédiates qu’il souhaite prendre.
La proposition de loi « Vannier-Spillebout » ne sera pas examinée pour le moment
Elle n’a pas été retenue par la conférence des présidents de l’Assemblée nationale.
La Salle Félix Aunac à Agen : le directeur mis à pied
Il est accusé de « comportements inappropriés » commis à Saint-Genès La Salle de Bordeaux.
Sectes et dérives sectaires : retour à la réalité
Une experte de sectes analyse des films.
IV. Voici les 12 articles pour la semaine du 2 au 8 mars 2026, avec les sujets suivants :
Abbé Jean-François Guérin (3) Abbé Jean-Louis Béchu (3) CDC (9) Chapelle aux icônes, à Cambo-les-Bains (2) Collège Saint-Charles de Chauny (2) Communauté Saint-Martin (3) Congrégation de Bétharram (77) Diocèse de Bayonne (59) Diocèse de Lyon (17) Diocèse de Quimper (19) Diocèse de Rouen (2) Diocèse de Soissons (3) École Sainte-Marie à Quimper, dite le Likès (4) Enseignement privé catholique (208) Ensemble scolaire La Salle-Passy Buzenval (2) Formation (107) Frères des écoles chrétiennes (18) Kreisker-Sainte-Ursule, à Saint-Pol de Léon (5) Père Beñat Segure (5) Père Louis Ribes (5) PIC La Salle à Béziers (2) Saint-Genès La Salle de Bordeaux-Talence (7) Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen (4)
A Givors, il reste encore un vitrail du prêtre pédocriminel Louis Ribes
Ces œuvres ne représentent qu’une chose : « Ce sont des scènes de crime », selon une victime.
Abbé Jean-Louis Béchu : création d’un collectif
Sept victimes se sont manifestées à l’Église, et le collectif aurait connaissance de davantage de cas.
Abus et violences dans l’Église : peut-on invoquer la miséricorde ?
Un article très intéressant publié dans La Vie.
Six personnes de nationalité ivoirienne ou originaires de ce pays ont déjà dénoncé des faits d’agression sexuelle.
Chapelle aux icônes, à Cambo-les-Bains : son origine reconnue avec l’apposition d’un panneau
Des prêtres pédophiles soignés au Pays basque ont contribué à sa construction.
Collège Saint-Charles de Chauny : un enseignant condamné à 24 mois de prison
Il était poursuivi pour agression sexuelle et corruption de mineur de moins de 15 ans.
L’abbé Guérin, ambivalent fondateur de la communauté Saint-Martin
Une enquête du journal La Croix.
Les abus dans les communautés monastiques féminines
Une conférence d’Isabelle Jonveaux, sociologue, disponible sur Internet.
Quelques repères à propos du droit canonique
Une interview de Mgr Patrick Valdrini.
Révision de la _ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis_
Rapport de Synthèse du groupe d’étude du Synode des Évêques.
Saint-Jean-Baptiste de La Salle à Rouen : de très nombreux témoignages
Cet établissement a été très cité dans l’actualité de cette semaine.
C.Le dossier de La Croix : l’Eglise face à la pédophilie et aux abus sexuels
Le 6 septembre 2024, un rapport a dévoilé de nouveaux témoignages qui accusent l’abbé Pierre de violences sexuelles.
Écoles catholiques lasalliennes : 165 victimes d’agressions sexuelles et physiques recensées
Le charisme après le scandale : ce que Léon XIV dit vraiment aux Légionnaires du Christ
Par Mikael Corre21 févr. Chronique
Violences sexuelles : un diocèse du New Jersey va verser 180 millions de dollars à des victimes
Violences sexuelles : un ancien modérateur des Béatitudes définitivement condamné par l’Église
Affaire Bétharram : un deuxième homme mis en examen pour viol
Abus sexuels : la méthode Léon XIV
Par Mikael Corre31 janv. Chronique
IV . Les nouvelles de GOLIAS
1.Une force vive : Plaidoyer pour le catholicisme d’ouverture
par
Patrice Canette
Golias ,4 mars 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/03/04/une-force-vive-plaidoyer-pour-le-catholicisme-douverture/
Des réseaux, groupes, associations rassemblent des catholiques d’un pôle que les observateurs désignent comme « d’ouverture » et « de témoignage ».
Ils s’inscrivent dans des sensibilités et des logiques diverses combinées au long des parcours de vie, souvent articulées et complémentaires.
Leur fidélité les conduit à vouloir changer l’Église de l’intérieur sans jamais renoncer ; à placer l’Évangile avant les normes, la règle, la discipline, la doctrine ; à oser nommer les dysfonctionnements, les contradictions, les errements et les abus pour ouvrir un chemin de vérité ; à vivre dès maintenant l’Église qu’ils espèrent ; à privilégier la transformation du monde avant celle de l’institution ; à changer les représentations pour transformer les pratiques ; à appartenir sans tout accepter ou cautionner.
Ils ont en commun de vouloir une Église en mouvement pour que le cœur de la foi chrétienne reste un chemin permettant aux femmes et aux hommes de s’accomplir. De vouloir relire, reformuler l’expression de la foi pour qu’elle soit audible. De vouloir que l’Évangile demeure toujours l’instance critique permanente et récurrente de légitimation et de réforme de l’organisation, de la discipline et de la doctrine de l’Église. De vouloir que la tradition soit regardée comme une médiation nécessaire, mais non suffisante, de la compréhension critique de la vérité chrétienne. De vouloir que l’autorité magistérielle de l’Église, ses instances conciliaires ou synodales se réfèrent de manière permanente et opératoire au sensus fidelium. De vouloir une Église engagée dans le projet social et politique d’une société qui cherche les voies d’une réforme des ambitions et des catégories qui définissent son idéal d’émancipation collective et individuelle et d’affirmation de légale dignité de tous, qui cherche à se refonder sur une ontologie et une anthropologie qui prennent en compte les enjeux du XIXe siècle : l’expression de nouvelles attentes et revendications, la crise écologique, les inégalités grandissantes… un rapport au monde, aux autres et à soi qui sait notre commune vulnérabilité et fragilité.
Ces convictions essentielles les catholiques d’ouverture ne disent pas qu’elles leur appartiennent mais qu’elles les mobilisent, fondent et nourrissent leurs engagements. Elles sont pour eux le socle qui permet à l’Église d’être l’Église de l’incarnation d’un Dieu amoureux du monde.
Les catholiques d’ouverture sont minoritaires. Ils l’étaient hier déjà. Comment aujourd’hui habiter cette réalité sans amertume ni découragement ? Quel en est le sens, la vocation, la responsabilité ? Comment vivre cette condition minoritaire comme une exigence, un appel ?
Voilà sans doute des questions à prendre en compte quand les risques de fermeture, de replis, les tentations néoconservatrices sont bien là.
Le catholicisme d’ouverture s’est-il donné véritablement dans les moments d’attente que nous vivons et les nouvelles circulations des idées et des informations, les moyens de dire publiquement et de manière forte ce que son appartenance à l’Église aujourd’hui représente, signifie et permet, apporte à l’ensemble du corps ecclésial, apporte à la société, et qui ne lui appartient pas ?
Comment faire collectivement de cette manière de s’inscrire dans la tradition et la mission, une force spirituelle, intellectuelle et morale ?
Là aussi la question doit être reprise, partagée par l’ensemble des groupes, associations et réseaux qui sont acteurs et témoins d’une manière de participer à la vie ecclésiale, que beaucoup, dans les paroisses – blessés trop souvent par des pratiques pastorales excluantes – s’efforcent de vivre. Ce catholicisme ouvert des paroisses que le spectaculaire du retour aux formes anciennes des pratiques mises au service d’un projet politique cache et qui pourtant rejoint le plus grand nombre, a besoin que la force de ses convictions et la nouveauté de ses promesses soit clairement et collectivement dites.
Sur des questions largement partagées, qui touchent aux situations de vie, à l’intime n’est-il pas urgent qu’une autre parole soit élaborée et portée par le catholicisme d’ouverture à la connaissance de tous ? Quel sont les rapprochements qui autoriseront à parler ensemble, de manière ouverte et confiante, convaincante et inspirante ? A inventer pour aujourd’hui un inter éthique qui éloigne des pièges politico-religieux mortifères de l’hostilité aux nouvelles émancipations, ne cède pas à la tentation de vouloir toujours imposer des normes, cesse de laisser à penser qu’un humanisme séculier ne serait pas ou serait moins humain ? La vérité de la fraternité, de la relation existentielle, de la dignité ne l’emportent-ils pas sur l’objectivité « naturelle » des principes éthiques ?
Le catholicisme d’ouverture, non pas parce qu’il est minoritaire, mais parce qu’il est un appel, ne peut se satisfaire de l’invisibilité et, à terme, de l’aphasie. Il est pluriel et tant mieux. Il est éparpillé, dispersé, et doit mieux se coordonner. Le rapprochement de ses associations, de ses groupes et de ses réseaux est, en quelque sorte, une obligation. Il a commencé.
Quelle forme nouvelle, inédite lui donner qui soit capable de rassembler, mettre en échange et débat ses différentes sensibilités et engagements ?
Faut-il mettre en place un « hub logistique », une plateforme mutualisée — lieu de circulation des idées, des personnes, des projets et des ressources. Un espace de convergence, de fécondité collective qui aurait pour ambition de rendre plus visible, plus audible, plus encourageant, mobilisateur et entreprenant ses entreprises, de parler quand il est nécessaire et urgent d’une seule voix ?
Le catholicisme d’ouverture ne peut se contenter de parier sur les effets d’un héritage implicite du concile Vatican II. Il porte collectivement la responsabilité de la transmission aux jeunes génération. Il vieillit comme vieillit le catholicisme dans son ensemble en France.
Il est face au défi d’une Église qui pour être une Église fidèle à son fondateur doit affronter une crise de crédibilité, de langage et de transmission sévère et se transformer Ce défi n’est pas seulement institutionnel : il est aussi doctrinal ; il est aussi anthropologique, culturel, civilisationnel.
Faut-il suggérer à l’instar de beaucoup, qu’à terme les groupes, réseaux, associations qui réunissent les catholiques d’ouverture mobilisent autour d’eux et organise ensemble des assisses, des état-généraux, une convention, une conférence nationale, peu importe ici le terme, pour définir des priorités communes et prioriser des actions, penser et imaginer l’avenir ?
Être catholique d’ouverture ensemble est en tout cas plus que jamais aujourd’hui une vocation — et une responsabilité.
Patrice Canette
2. Communauté de Sitio : que fait le diocèse de Dijon?
par
Golias,25 février 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/02/25/communaute-de-sitio-que-fait-le-diocese-de-dijon/
Le 27 janvier 2026, l’évêque de Dijon Antoine Hérouard, a publié un communiqué intitulé
« Information au sujet du père Patrick-Marie Févotte » dans lequel il fait état de la demande de retour à l’état laïc de ce prêtre, membre de la communauté de Sitio : « Après avoir vécu sa mission de Curé de Longvic en 2024-2025, le Père Patrick-Marie Févotte, dans les nombreux entretiens que j’ai pu avoir avec lui m’a fait part de son désir de prendre du recul. Il n’a donc pas reçu, à sa demande, de nouvelle mission pastorale pour l’année 2025-2026. » Mais les véritables informations contenues dans ce communiqué se situent bien ailleurs puisque, malgré des détours et des allusions, Antoine Hérouard évoque les graves dérives à l’œuvre au sein de la communauté.
Ainsi, selon l’évêque, la mise en retrait du prêtre « est l’aboutissement d’un processus de prise de conscience et de vérité, suite à des signalements de comportements inappropriés à l’encontre de femmes adultes et à une sanction canonique en 2021. Dans ce processus il a été révélé que le père Patrick-Marie Févotte a été victime d’agressions sexuelles de la part du père Claude-Marie Millet. Elles se sont déroulées sur plusieurs années jusqu’à son ordination diaconale en 1987, dans un contexte d’emprise qui a perduré ensuite. » La prise de conscience de ces éléments a entraîné le départ du père Patrick-Marie Févotte de la Communauté de Sitio en septembre 2024.
3. Les évêques allemands mettent en garde contre la montée de l’extrême droit
par
Golias, 4 mars 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/03/04/les-eveques-allemands-mettent-en-garde-contre-la-montee-de-lextreme-droite/
Des élections vont avoir lieu dans les jours qui viennent dans deux Länder de la République Fédérale d’Allemagne. Lors de sa conférence de presse qu’il a donnée à Würzburg, à l’issue de son élection, le nouveau président de la Conférence des évêques a exprimé au nom des évêques une position claire et argumentée: ils mettent en garde contre la montée de l’extrême droite : « Surveillez attentivement leur rhétorique superficielle. Protéger la démocratie. »
«Nous appelons le public à veiller attentivement et à ne pas être séduits par la rhétorique superficiellement attrayante de l’AfD », a déclaré le président de la Conférence épiscopale : « De Würzburg, je dis clairement: Tuez-le dans l’œuf ! Nous protégeons notre démocratie. » Interrogé sur une éventuelle interdiction du parti d’extrême droite, Il a renvoyé la question aux responsables politiques, mais. il a bien fixé la relation entre l’Eglise catholique et l’AfD : « Le nationalisme ethnique et les slogans qui méprisent la dignité humaine n’ont pas leur place dans l’Église catholique. »
4. Ils ont tué l’espérance
par
Golias , 25 février 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/02/25/ils-ont-tue-lesperance/
Golias mentionne souvent que des chrétiens nombreux se sont éloignés de l’Eglise, notamment depuis le rapport de la Ciase sur les abus sexuels systémiques, très souvent pédophiliques, et en particulier du fait que la hiérarchie catholique les a trop souvent couverts.
Mesure-t-on bien que dans ces départs, le plus souvent, il ne s’agit pas d’un simple « retrait », éventuellement momentané, mais d’une perte de confiance radicale qui attaque l’espérance chrétienne elle-même. La gravité de ce qui est advenu reste sous-estimée, et la dénonciation du cléricalisme, nécessaire, ne suffit pas à rendre compte de la façon dont le sol s’est dérobé sous nos pieds. Car il ne semble pas y avoir eu de prise de conscience fondamentale et décisive, sauf chez certains, par exemple à l’Inirr et à la Corref qui reçoivent des victimes et mettent en œuvre des indemnisations. On sait mieux maintenant qu’outre les abus sexuels, nombre d’abus spirituels ont été commis depuis longtemps. Mais les discours moralisants n’ont pas changé, on ne voit pas la trace d’une blessure brûlante qui éviterait la bonne conscience et le dogmatisme des prises de position, les structures de pouvoir sexistes restent en place, et l’on sent parfois revenir le déni, avec l’impatience de passer enfin à autre chose.
5. Les « Epstein files » dans l’espace mondialisé
par
Golias,18 février 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/02/18/les-epstein-files-dans-lespace-mondialise/
Par Gilias
Jeffrey Epstein, déjà condamné en 2006 dans une affaire de sollicitation de prostituées mineures, avait de nouveau été inculpé en 2018 pour trafic sexuel de mineurs et incarcéré pour être retrouvé pendu dans sa cellule en août 2019. Son procès avait été déclaré clos par la justice en juillet 2025, mais devant les réactions de sa base électorale Maga, Trump a été contraint de signer le 19 novembre dernier la loi1 exigeant la publication des « Epstein files ». Il l’avait pourtant promis pendant sa campagne de 2024, ses électeurs surent le lui rappeler. Il a d’abord tergiversé en publiant des éléments par à-coups, tentant en décembre une diversion sur quelques noms, comme Bill Clinton, mais, en très mauvaise posture politique, l’épée dans les reins, il a brutalement choisi l’effet blast en publiant le 30 janvier trois millions et demi de documents, provoquant le souffle dévastateur d’une explosion et, comme un Tonton flingueur, en dispersant, en éparpillant par petits bouts, façon puzzle, en camouflant les graves accusations de crimes sexuels qui pèsent sur lui dans la masse des informations livrées à l’opinion publique.
Des tombereaux d’informations boueuses
Les « Epstein files » désignent l’ensemble des archives déclassifiées liées au procès. Les trois millions et demi de documents qui ont été mis en ligne par le département de la Justice américain sont consultables et téléchargeables sur leur site2. On y trouve des dépositions de victimes, des pièces judiciaires (plaintes, pièces à conviction, témoignages, transcriptions de procès), des mails, des agendas, des carnets d’adresses, des photos et des vidéos. Certains documents sont noircis sans explications ou logique apparente, soit disant pour protéger des actions judiciaires en cours ou les victimes alors que les noms et les images de beaucoup d’entre elles sont jetés en pâture, alimentant toutes les thèses conspirationnistes sur les protections réelles et supposées dont a bénéficié le prédateur, ses clients, fournisseurs, obligés ou complices. Les « Epstein files » viennent de sources multiples, ils ont des valeurs probantes très diverses et forment un amas documentaire qui devrait encore enfler.
6. La FSSPX choisit la rupture
par
Golias, 4 mars 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/03/04/la-fsspx-choisit-la-rupture/
Il y a quelques jours, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) décidait de faire pression sur le Vatican en annonçant son intention de consacrer de nouveaux évêques le 1er juillet prochain, sans l’accord du pape. (Cf. Golias Hebdo n° 901) En réaction, le préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, le cardinal Víctor Manuel Fernández, a organisé une rencontre le 12 février 2026 avec le supérieur de la Fraternité, Davide Pagliarani. A l’issue de la rencontre, le Vatican a intelligemment orienté les discussions sur des désaccords doctrinaux plutôt que disciplinaires. Un « parcours de dialogue spécifiquement théologique » a donc été proposé à la FSSPX, avec une méthodologie bien définie, afin de mettre en évidence « le minimum requis » pour la pleine communion avec l’Église catholique. Il s’agirait par la suite « de définir un statut canonique pour la Fraternité » dont les membres sont toujours désaffiliés de tout diocèse ou institut reconnu.
7.Franciscains conventuels : les victimes s’organisent en collectif
par
Golias, 25 février 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/02/25/franciscains-conventuels-les-victimes-sorganisent-en-collectif/
Il aura fallu plusieurs années pour qu’enfin, les lignes bougent au sein de la Custodie de France‑Belgique des Frères Mineurs Conventuels (OFMConv). Nous avions pourtant tiré la sonnette d’alarme.
Dès 2023, Golias révélait les coulisses peu reluisantes entourant le frère Daniel-Marie Thévenet [Golias n° 783, septembre 2023]. À l’époque, l’institution avait opté pour une sainte inertie, espérant que l’orage passerait sans mouiller ni leurs sandales, ni celles du neo-cardinal Bustillo. Les frères incriminés poursuivaient leur chemin, sous l’œil mi-clos d’une autorité passée maître dans l’art de ne rien voir.
Mais l’Esprit souffle parfois où on ne l’attend plus (pendant que le diocèse de Bruxelles-Malines dort ?). Une enquête préliminaire interne à l’Ordre a fini par rendre des conclusions suffisamment lourdes pour être expédiées directement à Rome, au Dicastère pour la Doctrine de la Foi. On parle désormais de delicta graviora. L’heure n’est plus aux goupillons d’eau tiède, même si, d’expérience, on n’est jamais à l’abri d’un revirement de dernière minute dans les couloirs du Vatican.
Ce sursaut de lucidité coïncide avec l’Assemblée pré-capitulaire de la Custodie Franciscaine réunie cette semaine à Lourdes. Pendant que la vérité sur la situation se fraye un chemin en interne, la parole se libère. Des personnes de l’entourage des frères, témoins et victimes de situations abusives, ont décidé de s’organiser. En se constituant en collectif, elles entendent peser pour exiger la transparence due sur les sanctions et le suivi.
Pour que la vérité ne soit plus une option facultative, le collectif lance un appel aux éventuelles autres victimes : collectifvictimes.ofmconv@gmail.com
Ci-dessous, le texte intégral du communiqué:
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Communiqué du Collectif des victimes OFMConv
Jeudi 12 février 2026
Le Collectif des victimes OFMConv prend acte des conclusions de l’enquête préliminaire sur les frères Daniel Marie Thévenet et Jack Mardesic communiquées le 24 décembre dernier, et souligne avec satisfaction la reconnaissance d’une matière grave aux accusations portées.
Il salue les mesures conservatoires prises à leur encontre
Toutefois, il regrette qu’il n’y ait pas eu d’enquête plus tôt, et que les mesures conservatoires ne soient pas davantage détaillées, ce qui permettrait de mieux protéger les fidèles. Alors que la Custodie se rassemble en Assemblée pré-capitulaire du 9 au 13 février à Lourdes, le Collectif assure les frères comme les victimes de sa vigilance tout au long de la procédure canonique désormais entre les mains du Dicastère pour la Doctrine de la Foi.
Par ailleurs, le Collectif aimerait savoir avec toute la transparence nécessaire les suites concernant le frère Jack : les plaintes à son encontre ont-elles été également transmises au dicastère pour la doctrine de la foi ? Puisqu’il n’est pas prêtre; au-delà des mesures conservatoires, quelles sanctions ont été ou vont être prises ? Où et dans quel cadre a-t-il été envoyé ?
Le Collectif invite enfin la Custodie à partager largement l’annonce de sa création afin que les victimes puissent se manifester à l’adresse mail suivante : collectifvictimes.ofmconv@gmail.com
8. Police municipale : le faux débat
par
Golias,4 mars 2026
https://www.golias-editions.fr/2026/03/04/police-municipale-le-faux-debat/
Le débat des municipales se focalise sur l’extension des pouvoirs de la police municipale. Une mesure qui serait justifiée par une hausse des actes délictueux, démentie par les statistiques.
Dans une France sans imagination, de plus en plus inégalitaire et dans laquelle les partis qui se sont succédé au pouvoir reprennent les fantasmes sécuritaires de l’extrême droite, la police municipale a été placée au centre des débats de la campagne électorale, aussi bien par les maires sortants que par une partie de ceux qui aspirent à les remplacer. L’idée selon laquelle, aucun candidat à une mairie ne peut se permettre de faire l’impasse sur cette thématique, voire d’en faire une priorité, s’est répandue partout : « Le candidat à ce scrutin qui prétendra arriver sans faire figurer les mots “police municipale” sur son programme peut économiser des frais de campagne, il n’a aucune chance dans ces élections », a ainsi déclaré une journaliste de la rédaction de BFM TV, le 12 décembre dernier (Alternatives économiques, 13.02.26).
« A trois mois du scrutin, la police municipale – ou plutôt les polices municipales – en constituent aussi l’un des enjeux », écrivait le quotidien Le Monde, fin décembre. Cette effervescence s’explique en partie par le choix du gouvernement de présenter au Parlement, avant les élections, un projet de loi prévoyant une extension des pouvoirs des policiers municipaux. Leurs effectifs atteignaient « 28 161 agents recensés en 2023, en hausse de 45 % depuis 2012, en font la ‘‘troisième force’’ de l’ordre après la police (151 000) et la gendarmerie (98 000) » (Le Monde, 29.12.25).
Une majorité des policiers municipaux sont désormais armés, y compris de plus en plus souvent d’armes létales. Leurs dépenses de fonctionnement atteignaient 2,3 milliards d’euros en 2024, selon l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales, avec une augmentation deux fois plus rapide que la moyenne des services municipaux (Alternatives économiques, 13.02.26). Après une multiplication par 5 de ses effectifs depuis sa création dans les années 1980, la police municipale pèse sur les comptes des près de 5 000 communes qui s’en sont dotées.
Que les rédacteurs en chef des medias ayant permis ces emprunts soient très cordialement remerciés .
