Glanes de presse (1888-1905) : Au cœur des luttes pour la laïcisation en Finistère(1)

Toute société a l’école qu’elle mérite, et la nôtre s’est solidement forgée dans les grands textes fondateurs de la Troisième République. Afin de faire revivre le patrimoine immatériel et intellectuel qui a vu naître le beau métier d’instituteur, l’ASVPNF ouvre une nouvelle fenêtre sur le passé. L’Association se propose en effet de mettre en ligne une série inédite de transcriptions et d’analyses de coupures de presse issues du journal trihebdomadaire Le Finistère, couvrant la période charnière de 1888 à 1905, celle  précédente- encadrant la création et l’ouverture des Écoles normales de Quimper ayant déjà été documentée.

De la crise boulangiste à la loi de Séparation des Églises et de l’État, en passant par les déchirures de l’Affaire Dreyfus, cette époque fut celle d’un face-à-face passionné entre la République offensive et la Bretagne traditionnelle. À travers de courts billets d’opinion politiques, des chroniques de variétés et des textes savoureux rédigés en langue bretonne sous pseudonymes, ces archives dévoilent la réalité concrète des combats sur le terrain : la création disputée des écoles de hameaux au cœur de nos campagnes ou encore la laïcisation hautement symbolique des hospices civils.

Grâce à un travail minutieux de restauration textuelle et de traduction, ces documents historiques sortent de l’oubli. Ils éclairent d’un jour nouveau les valeurs fondamentales d’intégration, de promotion et de solidarité sociales dont les Écoles Normales Primaires du Finistère ont été, pendant plus d’un siècle, les fières sentinelles. Bonne lecture à la découverte de ces précieux morceaux de notre mémoire républicaine.

Les visiteurs pourront consulter ici deux fichiers dévolus au « Jeu de la Droite » tel que présenté dans le journal Le Finistère le 25 février 1888 :

Fichier 1 . Le Jeu de la Droite (article transcrit du journal,numérisé)

Fichier 2 . Analyse historique et politique relative au « jeu de la Droite » (par T.R. et PPgg.) ; en Annexe ; Recherches sur  les réalités locales de la Cornouailles et du Léon.

Le « socialisme clérical » et le paradoxe d’une école publique rennaise

Au frontispice d’une école publique : Albert de Mun ?

La question mérite d’être posée(en la posant ou la reposant on ne verse pas dans l’anachronisme) d’autant plus dans une ville dont l’histoire politique est profondément liée au républicanisme, à la laïcité et aux traditions du mouvement ouvrier et socialiste.

En effet à Rennes en 2026, une école élémentaire publique porte toujours le nom d’Albert de Mun. Or Albert de Mun fut l’une des grandes figures du catholicisme social conservateur de la fin du XIXe siècle, partisan d’une organisation chrétienne, hiérarchique et paternaliste du monde ouvrier, à l’heure même où la République s’efforçait de soustraire l’école, la commune et les citoyens aux tutelles confessionnelles.

La coupure que nous publions, extraite du journal Le Finistère du 22 février 1888, restitue sans atténuation la vigueur de cet affrontement. Sous le titre « Les résultats du socialisme clérical », le journal prend directement Albert de Mun pour cible et accuse le système social catholique de transformer une commune ouvrière en « satrapie industrielle et cléricale ». L’entreprise y exercerait un pouvoir étendu sur le travail, les salaires, l’épargne, le crédit, la municipalité, les écoles et le culte ; le directeur de l’usine y est présenté comme un « roi absolu ».

Ce texte est un document de combat. Il ne saurait dispenser d’une lecture critique ni de la confrontation avec les archives économiques, judiciaires et administratives de l’époque. Mais il révèle avec une force exceptionnelle ce que les républicains anticléricaux dénonçaient dans le « socialisme chrétien » : non une émancipation des travailleurs, mais une politique de dépendance sociale sous l’autorité combinée du patronat, du clergé et des intérêts monarchistes.

La question posée n’est pas de juger les générations d’enseignants, de personnels, d’élèves et de familles qui ont fait vivre cette école. Elle est d’interroger le sens d’un nom inscrit au frontispice d’un établissement de l’instruction publique. L’École de la République n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs : elle porte une ambition de liberté de conscience, d’égalité civique et d’affranchissement des tutelles. Cette ambition s’est incarnée, en Bretagne comme ailleurs, dans l’œuvre patiente de l’école laïque et dans la formation des maîtres par les Écoles normales. À Rennes, cette filiation est particulièrement ancienne. L’École normale d’instituteurs de la ville fut créée avant même l’installation définitive de la IIIe République ; elle rappelle que le projet d’instruction populaire, de formation professionnelle des maîtres et d’émancipation par le savoir ne naquit pas avec les seules lois Ferry, même si celles-ci lui donnèrent un cadre national décisif. L’histoire rennaise de l’éducation ne peut donc être ramenée à une succession paisible de dénominations : elle est aussi faite de combats pour l’autonomie de l’école publique à l’égard des pouvoirs religieux, politiques et économiques.

C’est au nom de cette fidélité sans faille à l’École publique, laïque et émancipatrice que ce document de 1888 est remis en circulation. Il ouvre une enquête qui reste à mener pleinement : à quelle date, par quelle décision et dans quel contexte une école publique rennaise a-t-elle reçu le nom d’Albert de Mun ? Quels débats cette dénomination suscita-t-elle — ou aurait-elle dû susciter ? Et quelle mémoire la ville de Rennes souhaite-t-elle aujourd’hui inscrire au frontispice de ses écoles ?

Le texte de 1888 est suivi d’une synthèse permettant de replacer ses accusations, son vocabulaire et ses silences dans leur contexte. 
Il appartient désormais aux lecteurs, aux citoyens, aux anciens de l’école, aux chercheurs et aux responsables publics de poursuivre l’enquête : quand, par qui et pour quelles raisons cette école rennaise reçut-elle le nom d’Albert de Mun ?  Est-il opportun de le conserver ?

 Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos  deux fichiers  (accessibles d’un seul clic gauche) :

Fichier 1 . Les résultats du socialisme clérical (article du Finistère)

Fichier 2 . Albert de Mun ;le « socialisme clérical » et le paradoxe d’une école publique rennaise par T.R. et PPty.

« Hon Escop nevez » (1888) Quand une chronique bretonne parue dans Le Finistère interpelle le clergé et défend la République.

À première vue, « Hon Escop nevez » — « Notre nouvel évêque » — pourrait n’être qu’une courte « Variété » en breton, publiée par Le Finistère le 18 février 1888 à l’occasion de l’arrivée de M. Jacques-Théodore Lamarche à Quimper. Mais, sous la signature narquoise de Fistoulik-Vihan, cette chronique révèle un document d’une rare densité : en pleine phase de laïcisation républicaine, et bien avant la séparation des Églises et de l’État de 1905, elle interpelle le clergé en mobilisant à la fois la langue du peuple breton, l’Évangile, l’autorité de Léon XIII et l’affirmation résolue de la République.

L’article ne se borne pas à opposer la République à l’Église. Il demande aux prêtres de revenir à la religion, à la charité chrétienne et aux « choses du ciel », plutôt que de se mêler des combats politiques. Son intérêt tient aussi au choix du breton : cette langue permet à un journal républicain de s’adresser directement aux lecteurs bretonnants, avec une familiarité, une ironie et une vigueur populaire qu’un éditorial français plus officiel n’aurait guère pu employer.

La présentation qui suit se déploie en trois volets complémentaires : d’abord l’établissement du texte breton de 1888 et sa traduction française en regard (FICHIER 1) ; ensuite les notes linguistiques, historiques et éditoriales qui éclairent ses expressions, son pseudonyme et son contexte (FICHIER 2 ) ; enfin une analyse de sa portée politique et culturelle, à la croisée du catholicisme populaire, du pouvoir clérical, de la presse bretonnante et de l’enracinement de la République en Bretagne (FICHIER 3).

La loi de séparation à l’épreuve à Metz

Laïcité républicaine, droit local et visite papale

(25–28 septembre 2026)

 C’est en examinant le programme du colloque « Laïcité et droit local » (Metz, 25 septembre 2026) que l’auteur de ces lignes — défenseur sans faiblesse de la loi de 1905 — a noté la succession, à trois jours d’intervalle, de cette rencontre universitaire et de la visite du pape Léon XIV (28 septembre) dans la même ville de Metz, chef-lieu de la Moselle. Cette coïncidence, dans un territoire où la loi de 1905 ne s’applique pas pleinement, pose une question que nul, jusqu’ici, n’a formulée : s’agit-il d’un simple hasard de calendrier, ou d’une mise en scène symbolique des tensions entre la laïcité républicaine et les exceptions territoriales (Alsace-Moselle, outre-mer) ? Analyse iconoclaste, donc, qui ne doit rien au CRHA (Centre de recherche Henri Aigueperse), lequel participera au colloque et communiquera ultérieurement au Congrès de Metz. Ce dossier, quant à lui, se propose d’analyser les enjeux de cette séquence messine, du point de vue des adhérents de l’Association, attachés à l’unité de la République et à l’application stricte du principe de laïcité.

Faut-il rappeler ici  que pendant l’histoire contemporaine, la ville de Metz a scellé par deux fois le destin de la France face à l’Allemagne. Le 27 octobre 1870, la capitulation tragique du maréchal Bazaine livre la place forte aux armées de Bismarck, entraînant la perte de l’Alsace-Moselle. Suite à ce drame, Metz reste « impériale » pendant 48 ans, profondément transformée par l’urbanisme et l’architecture du Deuxième Reich allemand, jusqu’au traité de Versailles de 1919. Soixante-dix ans après le premier affront, l’histoire se répète face à Hitler : en juin 1940, face à l’effondrement militaire français la cité – déclarée « ville ouverte »  capitule de fait pour une seconde annexion brutale. Ces deux redditions majeures font de Metz le symbole universel des déchirements et des reconstructions de la frontière franco-allemande.

Les visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ( à gauche) les deux fichiers suivants qu’il conviendra de lire en les contextualisant en rapport avec les évènements messins qui auront cours en cette fin de septembre 2026 :

Fichier 1.   Colloque : Laïcité et droit local  par CRHA.

Fichier 2.  Laïcité républicaine, droit local et visite papale par  ASVPNF  

 Que le rédacteur en chef au CRHA soit très cordialement remercié de nous avoir permis ce nouvel emprunt !

Léo Lagrange, figure emblématique de l’émancipation populaire

ou

Léo Lagrange, l’artisan du temps libre : sport, culture et émancipation populaire au temps du Front populaire

Rendre justice à Léo Lagrange sans le réduire à l’image du « ministre des Loisirs » : un socialiste démocratique, un antifasciste, un défenseur de la culture populaire et un homme convaincu que la joie, le sport, les vacances et le temps libre participent pleinement à la dignité humaine, tel est l’objet de cette insertion.

Elle restitue également la place trop souvent oubliée de Madeleine Lagrange et les liens intellectuels et politiques qui l’unissaient à Jean Zay. Ce double éclairage donne à la mémoire du Front populaire toute sa profondeur ;  nous l’avons déjà illustrée sur ce site (cf . https://asvpnf.com/index.php/2026/07/15/pour-celebrer-le-90e-anniversaire-du-front-populaire-et-temoigner-de-ses-apports/ )

Elle souhaite aussi souligner  que tout en restant fidèle à la pensée et à l’oeuvre de Léo Lagrange. que son héritage ne relève pas seulement de la célébration. Il  peut encore, par son caractère emblématique, nourrir la réflexion sur les priorités d’un projet politique et sur la place de la justice sociale, de la culture, de l’éducation populaire et de la dignité dans la vie publique .

Les visiteurs de ce site pourront consulter à  ce propos  trois fichiers accessibles successivement au moyen  d’un clic gauche :

Fichier 1 .  La joie comme droit  par le CHRA

Fichier 2 .   Léo Lagrange ; quand le temps des loisirs prolonge l’œuvre de l’Ecole républicaine par ASVPNF

Fichier 3 .   Léo Lagrange ; une idée neuve de la liberté par T.R. et PPty.

 Que le rédacteur responsable de l’article du CRHA soit remercié de nous permettre la reproduction et la représentation de son article.

La laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes

L’article « Laïcité, Démocratie, Droits des Femmes » de Marieme Hélie-Lucas paru sur le site « Entre les lignes entre les mots » constitue à la fois un témoignage personnel, une analyse historique et un plaidoyer féministe. Rédigé à partir d’une conférence donnée à Dakar en 2025, il s’inscrit principalement dans un contexte africain. L’auteure y défend une conception de la laïcité fondée sur la séparation du religieux et du politique, qu’elle considère comme une condition essentielle de la démocratie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Son argumentation prend d’abord appui sur l’expérience algérienne. Elle rappelle que le Congrès de la Soummam, en 1956, avait affirmé la vocation laïque de l’Algérie en lutte pour son indépendance. Après 1962, cette orientation aurait été progressivement abandonnée, notamment avec la proclamation de l’islam comme religion de l’État dans la Constitution de 1963. L’adoption du Code de la famille en 1984 représente, dans son analyse, l’aboutissement de cette évolution. Les femmes algériennes y ont perdu une part importante de leurs droits en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. L’auteure relie cette régression juridique à la reconnaissance politique d’une norme religieuse et à l’affaiblissement du principe de laïcité.

Son expérience de la guerre contre les civils durant les années 1990 renforce cette conviction. Marieme Hélie-Lucas rappelle que les femmes furent les victimes privilégiées des groupes intégristes armés. Elle distingue cependant clairement les croyants des mouvements fondamentalistes : la critique de la laïcité ne vise pas les personnes religieuses, mais les entreprises politiques qui cherchent à imposer une interprétation particulière de la religion à l’ensemble de la société. Elle souligne également que des croyants progressistes et des théologiens réformateurs ont souvent été persécutés par les autorités religieuses conservatrices ou par les groupes intégristes.

L’auteure revient ensuite sur l’histoire française de la laïcité, qu’elle rattache à la Révolution de 1789 et à la loi du 9 décembre 1905. Elle insiste sur le fait que cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en séparant les institutions religieuses de l’État. La laïcité n’est donc ni l’athéisme ni l’hostilité aux religions : elle protège la liberté des individus et empêche les autorités confessionnelles de disposer d’un pouvoir politique particulier. La République ne reconnaît que des citoyens égaux, et non des communautés religieuses investies d’une représentation autonome.

Le texte propose également de distinguer la laïcité du sécularisme. Marieme Hélie-Lucas associe ce dernier au modèle britannique de reconnaissance et d’accommodement des religions. Selon elle, ce système favorise le communautarisme, la multiplication des autorités religieuses et l’existence de normes juridiques différentes selon l’appartenance religieuse réelle ou supposée des citoyens. Elle dénonce notamment les tribunaux religieux intervenant dans des affaires familiales et le risque qu’ils font peser sur l’autonomie des femmes. Cette partie est particulièrement stimulante, même si elle demande à être nuancée et vérifiée sur le plan juridique et comparatif.

La comparaison entre la Tunisie et l’Algérie montre ensuite que les sociétés dites musulmanes ne sont pas régies par une loi religieuse unique. Les législations familiales varient selon les choix politiques, les interprétations des textes, les traditions sociales et les héritages coloniaux. Cette diversité démontre que les normes présentées comme divines sont toujours interprétées par des acteurs humains et peuvent produire des droits très différents pour les femmes.

Enfin, Marieme Hélie-Lucas critique le relativisme culturel lorsqu’il conduit à accepter, au nom de la défense des minorités, des règles inégalitaires imposées aux femmes immigrées ou issues de minorités religieuses. Pour elle, la lutte contre le racisme ne doit jamais se faire au détriment de l’égalité des sexes. Les droits des femmes doivent être considérés comme des droits humains universels, qui ne peuvent être subordonnés à la religion, à la tradition ou à l’appartenance communautaire.

L’intérêt majeur du texte réside ainsi dans l’articulation de quatre exigences : la liberté de conscience, la souveraineté démocratique, l’égalité juridique et l’émancipation des femmes. Sa portée critique est forte, même si certaines affirmations historiques et juridiques doivent être documentées et si l’opposition entre laïcité et sécularisme mérite d’être davantage nuancée. L’héritage essentiel de Marieme Hélie-Lucas tient à cette conviction : aucune religion, aucune tradition et aucune communauté ne doit pouvoir disposer des femmes contre leur liberté, leur conscience et leur égalité citoyenne.

Les visiteurs de de ce site pourront consulter à ce propos les fichiers suivants :

Fichier 1 . La copie de l’article original paru sur le site « Entre les lignes entre les mots »le 18 août 2026 intitulé «  Laïcité, Démocratie, Droits des femmes »

Fichier 2.  La recension  de cet  article par l’ASVPNF intitulée « Marieme Hélie-Lucas : la laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes »

Fichier 3 . Le manifeste de  l’ASVPNF intitulé : « Manifeste pour la laïcité républicaine et l’émancipation des femmes ».

Langue paysanne, République et âme bretonne

Publié dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère du 21 janvier 1888, ce dialogue en breton entre deux paysans de Cornouaille, Fanch et Jakez, prend pour cadre la foire de Châteaulin et pour point de départ une simple conversation de rencontre. Sous des dehors familiers — on parle de soif, de cidre, des nouvelles du pays et des propos entendus chez le recteur — le texte déploie une véritable petite scène politique. L’humour populaire, les formules imagées et le ton de la joute verbale servent ici une démonstration républicaine très nette, dirigée contre le clergé local et contre les milieux conservateurs.

Ce document est particulièrement intéressant à plusieurs titres. Il montre d’abord comment la presse républicaine de la fin du XIXe siècle pouvait utiliser le breton comme langue d’expression et de persuasion, non pas seulement comme curiosité régionale, mais comme vecteur d’opinion. Il donne ensuite un aperçu précieux de la manière dont la République cherchait à s’adresser aux campagnes bretonnes, dans un contexte de fortes tensions entre influence religieuse, loyautés politiques traditionnelles et montée de l’école et des idées républicaines. Le texte laisse ainsi entendre une parole paysanne à la fois construite, malicieuse et efficace, où la politique se dit dans la langue du quotidien.

Au-delà de sa portée polémique, cette pièce brève vaut aussi comme témoignage de sociabilité rurale : la foire, le verre partagé, le proverbe et la repartie y composent un tableau vivant de la Cornouaille de la fin du XIXe siècle. C’est ce mélange de couleur locale, d’ironie et d’engagement qui fait tout l’intérêt de ce petit texte, à la fois document historique, fragment de culture bretonne écrite et indice des transformations politiques du monde rural.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers  accessibles d’un seul clic gauche :

Fichier 1.    Brezhoneg ha republik e bro guernev

Fichier 2 . Version « trilingue » ;Breton de 1888, Breton contemporain et  Français en regard.

Fichier 3. Langue paysanne, République et âme bretonne

L’Ecole de LESTONAN dans la Guerre scolaire.

(Ergué-Gabéric , F-29500)

dans la

Guerre scolaire.

Entre 1927 et 1929, LESTONAN apparaît comme un espace de confrontation entre deux modèles scolaires et sociaux. D’un côté, l’école publique laïque, liée à la commune et à l’administration républicaine ; de l’autre, un réseau scolaire confessionnel soutenu par la puissance économique et sociale de la Papeterie d’Odet.

René Bolloré ne semble pas avoir cherché seulement à construire des écoles. Son action participe d’une organisation globale du monde ouvrier, dans laquelle l’entreprise, le logement, l’éducation, les œuvres sociales et la religion entretiennent des liens étroits. Cette organisation offre des services et des perspectives aux familles, mais elle peut aussi être perçue comme un instrument d’influence et de contrôle.

Le cas de Lestonan peut ainsi être retenu comme un exemple local de paternalisme industriel catholique dans la Bretagne de l’entre-deux-guerres .

Maryse le Berre et André Le Goff , tous deux adhérents de l’ASVPNF, rapportent ici leurs témoignages permettant de reconstituer des faits marquants de cette histoire emblématique de  l’entre-deux- guerres  en Finistère et de les replacer dans le cadre plus large de la vie d’une collectivité locale accueillant  depuis le  19è siècle des activités manufacturières et industrielles. Celles qui en dérivent se prolongent jusqu’en 2026. Si  elles sont- sans conteste- sources   de développement économique en basse-Cornouaille, elles sont associées à des problèmes environnementaux et sociaux qui ne  seront évoqués,  dans ce dossier,  que de façon incidente.

Les visiteurs intéressés par  la ou les symboliques de Lestonan pourront consulter  quelques fichiers accessibles au moyen d’un simple clic gauche :

FICHIER 1 .  Le   résumé  de cette parution intitulée «L’Ecole de Lestonan dans la guerre scolaire » par  Maryse Le Berre  et André Le Goff.

Fichier 2 . La représentation des pièces d’archives valorisées dans ce dossier.

Fichier 3 . La transcription intégrale  de ces documents .

Fichier 4 . L’école de Lestonan dans la guerre scolaire par T.R. et PPty. ( voir avec abstract et  diverraden)

Fichier 5 . L’histoire de Lestonan, éléments singuliers (pour en savoir plus).

Fichier 6 . En  annexe ; documents de référence et repères historiques.

Fichier 7.La  photographie de l’Ecole communale de Lestonan.

 Avertissement :       

Ce dossier permet de faire le lien avec Cascadec ,autre site  de l’industrie papetière finistérienne que l’ Association avait mis en lumière lors de la célébration du 90ᵉ anniversaire du Front populaire( Cf.  https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/     ). Ils renvoient à un même monde industriel, mais à des moments et dans des contextes différents : ici, le paternalisme scolaire et social de l’entre-deux-guerres ; là, les tensions sociales et politiques révélées par le Front populaire.

René Bolloré, cité dans les documents, est le dirigeant des Papeteries de l’Odet. Il appartient à l’histoire industrielle qui conduira à l’ensemble OCB — Odet, Cascadec, Bolloré. Cette précision permet de relier l’épisode scolaire de Lestonan à une histoire plus large du patronat papetier finistérien, dont les établissements d’Odet et de Cascadec ont également constitué des lieux importants d’organisation du monde du travail et de la vie sociale.

Il convient  d’éviter toute confusion chronologique : la référence à OCB peut servir de repère historique pour le lecteur contemporain, mais les documents de 1929 doivent d’abord être présentés dans leur cadre propre, celui des Papeteries d’ Odet  à Lestonan et de l’action de René Bolloré…

Eglises, abus sexuels et discriminations au Royaume Uni

Trois textes accablants

Sur le site « Entre les lignes, entre les mots » se trouvaient  récemment assemblés trois articles venus d’outre-Manche, traduits en Français et dont les contenus retenaient l’attention  tant ils rapportaient-avec force détails- des dérives et  méfaits de même type que ceux qui se déroulent en France… Nous les  dénonçons  sans relâche sur ce site. Les visiteurs pourront  consulter ces nouveaux témoignages en cliquant sur  Fichier 1.

 Compte tenu des similitudes troublantes observées, nous avons tenté d’en dégager les déterminants communs afin de mieux les combattre. A ce propos les visiteurs sont invités à prendre connaissance du  Fichier 2 intitulé :

 « Turpitudes, emprise et école confessionnelle »

Au terme de l’étude, une idée prédomine : qu’il s’agisse d’un pays séparé de l’Église ou d’un pays qui conserve une Église établie, le cléricalisme prospère chaque fois qu’une institution religieuse parvient à s’installer dans des zones de secret, d’autorité et d’influence soustraites au regard commun. Les textes réunis ici montrent que les abus ne relèvent pas seulement de fautes individuelles ; ils s’inscrivent trop souvent dans des dispositifs qui protègent les auteurs, retardent la parole des victimes et font passer la réputation des institutions avant la sécurité des plus vulnérables.

Ce qui frappe d’abord, c’est la place occupée par l’enfance et par les groupes fragiles. L’obligation de signalement sans exception religieuse, recommandée par l’IICSA, répond à une exigence simple : aucune confidentialité confessionnelle ne doit faire obstacle à la protection d’un mineur. Les témoignages venus d’Irlande du Nord vont dans le même sens, en montrant jusqu’où peuvent aller l’emprise, la violence et le silence institutionnel lorsque l’autorité religieuse n’est pas contrôlée de l’extérieur. Enfin, le dossier sur l’Église d’Angleterre rappelle que l’école confessionnelle, lorsqu’elle est financée par l’argent public, peut devenir un instrument de tri social et religieux plutôt qu’un lieu d’égalité.

La conclusion s’impose alors d’elle-même : la séparation des Églises et de l’État demeure indispensable, mais elle ne suffit pas sans une vigilance laïque concrète, sans contrôle indépendant et sans égalité réelle des droits. La liberté de conscience doit rester entière ; elle ne saurait toutefois servir de couverture à l’emprise, à la discrimination ou au silence devant les abus.

Le drapeau tricolore, symbole disputé et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »

Nous avons déjà abordé  sur ce site  (https://asvpnf.com/index.php/2026/06/30/reecrire-lhistoire-dans-le-respect-des-emblemes-fixes-par-la-constitution-de-la-republique/) la question  de la signification et du respect dû à certains emblèmes de notre République laïque, indivisible,démocratique et sociale . Nous saisissons à présent l’opportunité  offerte par la parution sur Mezetulle d’un article de Catherine Kintzler suite à la recension qu’elle a faite de l’ouvrage de Philippe Poussier  intitulé  » Le Drapeau tricolore  » pour revenir sur ce problème  dont l’actualité demeure,  notamment au travers des évènements politiques  et sportifs en cours et à venir…

On se propose ici,  faisant référence au drapeau tricolore, d’en déconstruire les légendes et d’en restituer les enjeux historiques. Nous souhaitons de ce fait pouvoir offrir aux visiteurs une lecture qui ne diminue pas le drapeau, mais qui le rend plus intelligible, plus humain voire plus  « habitable »

Il apparaît ainsi que :  

    -L’histoire de notre drapeau  national n’est pas linéaire : elle est marquée par des alternances, des contestations, des choix politiques délibérés (Lamartine, 1848 ; 1879 ; 1958).

    -Les couleurs ne sont pas figées dans un sens unique : elles ont été interprétées diversement selon les époques, les régimes, les groupes sociaux.

   -Les cérémonies au drapeau sont des rituels civiques vivants, mais leur efficacité dépend de la manière dont ils sont accompagnés pédagogiquement.

    -Les gestes présidentiels récents montrent que le drapeau reste un objet politique instable, susceptible d’être réinterprété.

Sur ce thème  les visiteurs pourront consulter  trois fichiers:

 FICHIER 1 . « Le Drapeau tricolore » de Philippe Foussier
 
Fichier 2 . Le drapeau tricolore  symbole disputé  et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »
Fichier 3 . Drapeaux et résurgence de nationalismes quelques clés et renvoi au Gwenn ha du
 
Au total on dira  que   les drapeaux, oriflammes et bannières sont des outils puissants de formatage des opinions, mais ils peuvent aussi être des instruments de pédagogie citoyenne, si l’on accepte de les démystifier et de les inscrire dans une histoire complexe et ouverte.
 
Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle !