« Conduire sa raison » afin de résister en ces temps de « post-vérité »

Tel est l’intitulé singulier de l’article de Nikol Abécassis mis en ligne le 14 mars 2026 dans Mezetulle le blog revue de Catherine Kintzler . La philosophe présente le document en question en ces termes «  Nikol Abécassis procède ici à un rappel salutaire. L’usage patient, méthodique et détaillé de la raison universelle, effectué et pensé dès l’Antiquité par la science et la philosophie au prix de ruptures difficiles qui sont autant de conquêtes, témoigne que la condition humaine n’est épuisée ni par l’utile ni par le théologique. Pourvu que cet usage soit sans cesse cultivé et renouvelé, il élève l’humanité à l’autonomie et à la clairvoyance. »

Nikol Abécassis signe donc en mars 2026 sur Mezetulle.fr, un article d’anthologie : « Conduire sa raison afin de résister en ces temps de post-vérité ». Professeure agrégée de philosophie, docteur, elle y défend avec brio l’autonomie de la raison face au « bavardage envahissant », aux déversements de haine et aux remèdes illusoires (complots, wokisme, retour au religieux).

Dans un monde saturé de discours sclérosés où « tout vaut tout », N. Abécassis rappelle l’acte fondateur de la science et de la philosophie : la rupture avec la « pensée théologique », opérée par Socrate dans l’Euthyphron. La raison n’est ni divine ni utilitaire ; elle est universelle, accessible à tout esprit – même esclave – et exigeante : elle ne console pas, ne dogmatise pas, mais questionne sans relâche (« Qu’est-ce que c’est ? » plutôt que « Qu’en faire ? »).

Ce texte résonne tout particulièrement avec les travaux sur l’instruction publique et la laïcisation  en Bretagne ,face aux réactionnaires et aux cléricaux publiés sur ce site. La IIIe République a su élever les consciences par l’école laïque. Aujourd’hui, l’école subit le postmodernisme ; les « vieux professeurs » comme N. Abécassis appellent à renouer avec cet universalisme rationnel pour juguler la barbarie.

On retiendra ainsi  que  conduire sa raison à la lumière de la science constitue l’ antidote magistral à la post-vérité sachant bien  que celle-ci peut relever du mensonge.C’est ainsi que  l’on peut découvrir chez Wikipedia que «les expressions « ère post-vérité  et, plus rarement, « ère post-factuelle » sont utilisées pour décrire l’évolution des interactions entre la politique et les médias au 21è siècle, du fait de la montée en puissance de l’usage social d’internet, notamment de la blogosphère et des médias sociaux. Apparus aux États-Unis en 2004 et utilisés depuis de façon équivalente, ces néologismes désignent plus particulièrement une culture politique dans laquelle les leaders politiques orientent les débats vers l’émotion en usant abondamment d’éléments de langage et en ignorant, consciemment ou non, les faits ainsi que la nécessité d’y soumettre leur argumentation, et ceci à des fins électorales »
(https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%88re_post-v%C3%A9rit%C3%A9#:~:text=Lorsque%2C%20par%20cons%C3%A9quent%2C%20le%20dictionnaire,fondements%20sont%20mis%20%C3%A0%20mal%2C)

On notera aussi que « l’émergence du concept post-vérité, au tout début du XXIe siècle, correspond à l’apparition de deux facteurs :

·   le moment où les humains, de plus en plus nombreux à utiliser internet, ne sont plus seulement des consommateurs de médias mais aussi des producteurs (blogs, partages sur les réseaux sociaux, émissions de messages divers et nombreux depuis les smartphones…) ; ceci sans devoir être nécessairement soumis à des règles déontologiques, comme le sont les journalistes ;

·    la perte de crédibilité du personnel politique, qui est de plus en plus brocardé, voire dénigré (concept de politique spectacle).

Ces deux facteurs sont liés car c’est à partir du moment où les technologies confèrent aux humains des capacités nouvelles et accrues qu’ils accordent de moins en moins de pouvoir à leurs dirigeants ainsi qu’aux médias traditionnels Les conditions sont alors réunies pour que la théorie du complot se développe sans véritable contre-pouvoir, caractéristique première de l’ère post-vérité »

On y est, on en parle au quotidien…Comment y résister… s’il est encore temps ?

Les visiteurs ,sans doute indignés par ce propos, découvriront en cliquant ici l’article fondateur de N.  Abécassis  sur cette question essentielle .

Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous  autoriser ce nouvel emprunt à Mezetulle .