Après les violences urbaines de 2023, répliques de celles de 2005 : Pourrait-on enfin rechercher et trouver la volonté et le courage d’éduquer notre jeunesse ?

Si l’heure du bilan de ce qui a pu relever de véritables émeutes ou d’expéditions punitives contre  les biens publics, les institutions de la République et notamment l’Ecole a sonné, il ne s’agit pas pour autant de s’exonérer de la nécessité  d’identifier les facteurs explicatifs de tels évènements de façon à y remédier sans tarder.

Selon diverses sources d’informations 553 communes de France, 400 bureaux de tabac, 400 agences bancaires, 105 mairies, 168 écoles, 269 commissariats et poste de police, des centaines de petits commerces ont été touchés. Pour mettre un terme à ces violences, il aura fallu mobiliser 40% des effectifs actifs des forces de l’ordre, soit 45 000 hommes . Selon  France  Assureurs  le montant des sinistres déclarés au 11 juillet 2023  atteignait  650 millions d’euros…La facture totale pourrait dépasser le milliards d’euros !

Dans  le Monde du 7 juillet 2023 , on se préoccupe de la répartition   des violences dans le territoire (voir l’URL .https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/07/07/la-cartographie-d-une-semaine-d-emeutes-en-france_6180894_3224.html ) faisant apparaître que : « Contrairement aux violences urbaines de 2005, les émeutes que vient de vivre le pays à la suite de la mort de Nahel M.  ont essaimé sur tout le territoire, des centres-villes de grandes agglomérations aux communes plus petites. C’est « une géographie nouvelle, dont on n’a pas l’habitude », notait, mardi 4 juillet, le ministre de la cohésion des territoires. Selon lui, 553 communes ont été touchées en huit jours d’émeutes sur tout le territoire français et parmi celles-ci 170 n’avaient pas de quartiers « politique de la ville », appellation administrative des quartiers autrefois dits « sensibles », « populaires » ou « prioritaires ».Si la France n’en est pas à sa première vague de violences urbaines, celles-ci n’avaient jamais été aussi étendues ni généralisées sur le territoire, des plus grands centres urbains aux plus petites agglomérations »

  Selon la Dépêche.fr  du 3 juillet  2023 : « Il y a eu au total 3164 interpellations de personnes majeures et 700 membres des forces de l’ordre blessés.Par ailleurs  6025 véhicules ont été incendiés, 1000 bâtiments brûlés ou dégradés, 250 gendarmeries ou commissariats attaqués, et l’on recense une dizaine de milliers de feux de poubelles ».  Par ailleurs, selon le ministère de l’Économie, au moins 250 agences bancaires, 250 bureaux de tabac et 200 centres commerciaux ont été détruits.En six nuits et autant de journées de violences, ce bilan a dépassé en gravité, de l’avis de plusieurs sources du Monde, celui des émeutes de l’automne 2005 qui avaient duré trois semaines. »

 

S’agissant des Ecoles, Collèges et Lycées le Ministre de l’Education nationale a fait savoir  le 4 juillet 2023 qu’ en ce qui concerne les écoles et les établissements, nous en comptons 243 qui ont subi des dégradations, parmi lesquelles une soixantaine ont subi des dégâts importants, relativement importants, avec par exemple des débuts d’incendies ». Et d’ajouter : « sur ces 60 établissements, une dizaine ont été détruits ou partiellement détruits.  (cf.https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/emeutes-combien-d-ecoles-attaquees-et-brulees-pap-ndiaye-donne-un-premier-bilan-lourd_220128.html)

Il n’y a pas lieu et nous n’en avons pas les moyens de rechercher l’exhaustivité en  matière  de bilan des dégâts commis  par les « émeutiers » . Nous retiendrons qu’il s’agit  sur le plan matériel d’un véritable désastre et nous n’oublierons pas les particuliers qui ont déclaré 7500 dégradations

 

 Rappelant à différents égards les émeutes urbaines de 2005 (faisant suite- elles-aussi-  à  la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, le 27 octobre 2005, électrocutés dans l’enceinte d’un poste électrique alors qu’ils cherchaient à échapper à un contrôle de police) celles de 2023 ont donné lieu  à un article de la philosophe Catherine Kintzler qui renvoie ses lecteurs au texte de l’article qu’elle écrivit suite aux violences de 2005, texte enrichi des commentaires suscités par les  violences de 2023. La gravité de la situation  et son devenir non maîtrisé la conduisent à pointer le fait qu’ en novembre 2005 : « j’ouvrais le blog « Mezetulle » en pleine période de violences urbaines. Je republie ci-dessous l’article qui leur était consacré. Dix-huit ans plus tard, et alors que les violences n’ont fait que croître en intensité et en extension territoriale, qu’elles s’inscrivent dans une série d’exactions criminelles et d’attentats séparatistes revendiquant la haine de la France et des institutions républicaines, je le juge encore trop « bisounours », émaillé de bienpensances et de génuflexions. J’y ai inséré plusieurs notes, datées, qui signalent quelques décalages avec le moment présent.Aujourd’hui il apparaît clairement que les causes générales1 et profondes des graves désordres – dont certains s’apparentent à des actes de guerre2 – ont un faible rapport avec un dénuement social3. Aujourd’hui plus que jamais il est clair que nous avons affaire à des casseurs de haute intensité qui n’ont rien de « populaire ». L’abandon dont sont « victimes » les jeunes voyous assoiffés de satisfactions immédiates est celui de l’interdit civilisateur que ni leurs aînés ni l’école n’ont été capables de leur imposer quand ils y étaient encore accessibles ».

 

 Les visiteurs de ce site ne manqueront pas de consulter son article  en cliquant ici . Il a paru dans son Blog  revue Mezetulle le 5   juillet 2023.

 

  Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt .