Echos lointains de l’affaire du « Catéchisme rectifié »…

Dès 1933, l’évêque de Laval faisait traduire en justice des instituteurs mayennais ayant fait paraître dans leur publication syndicale un tract relatif au catéchisme rectifié… On ne sait s’ils furent condamnés.
Cependant en 1934, leur collègue finistérien René Daniel, soupçonné du même délit, fut condamné à verser 10 000F de dommages et intérêts à l’évêque de Quimper,  condamnation  infirmée par la Cour d’appel de Rennes.
Les visiteurs pourront consulter en cliquant ici l’article à ce propos, publié par Le Flambeau en mai 1933.

Emile Combes – Président du Conseil, artisan actif de la préparation de la Loi de  Séparation de 1905

Fidèle à ses principes fondateurs, l’Association célèbrera, très prochainement,  le 113è anniversaire de la Loi de Séparation DES églises et de l’Etat du  9 décembre 1905. Compte tenu de l’importance de l’évènement et des enjeux présents on rappellera que :

– Cette Loi fut l’aboutissement d’une politique anticléricale initiée dès 1898 lors de la victoire des partis de gauche aux élections législatives, politique renforcée suite à la victoire des Gauches en 1902 et la nomination de Emile Combes à la Présidence du Conseil (du 7 juin 1902 au 1er janvier 1905).

– Elle fut élaborée  grâce à l’activité collective d’une Commission  où se distinguèrent :

Ferdinand Buisson, plume de Jules Ferry, « inventeur »  de la laïcité, grand artisan de la Séparation et créateur des ENS de Saint Cloud et de Fontenay-aux-Roses.

– Aristide Briand, socialiste jaurésien, Prix Nobel de la Paix (1926), 11 fois Président du Conseil, 26 fois Ministre, rapporteur de la Loi devant les Assemblées.

Francis de Pressensé, ardent dreyfusard  il participa à la création de la Ligue des Droits de l’Homme. Il déposa en 1903 une proposition de loi qui fut à l’origine de la discussion parlementaire. Il ne participa pas directement à cette dernière.

– Jean Jaurès, leader du socialisme français, fondateur de la SFIO, créateur de l’Humanité, auteur de « Histoire Socialiste de la Révolution  Française ».

– La Loi fut votée le 3 juillet  1905 par les Députés, et le 6 décembre 1905 par les Sénateurs, Maurice Rouvier étant Président du Conseil depuis la démission d’Emile Combes. Elle fut promulguée le 9 décembre 1905.

Cette promulgation fut saluée en ces termes par Charles Péguy qui  fut un farouche détracteur de la Loi: « J’aurais comme tout le monde constaté que cette séparation s’était faite, au moins à la Chambre, à peu près honnêtement ; (…) qu’elle n’avait point été un exercice de persécution, de suppression de l’Eglise par l’Etat, un essai d’oppression, de domination anticatholique, prétendue anticléricale, mais qu’elle avait révélé un effort sincère de libération mutuelle. »

Les abonnés et visiteurs  plus particulièrement intéressés par l’implication d’Emile Combes dans l’aboutissement de cette Loi pourront prendre connaissance ICI de deux articles parus dans la presse finistérienne suite à la mort du « Petit Père » Combes en 1921.

Création et turpitudes de l’éphémère Ecole Normale congréganiste de Quimper (1872-1880)

Les abonnés et visiteurs du site, intéressés par l’histoire méconnue  de l’irruption de l’Ecole Normale dans le paysage éducatif quimpérois, pourront consulter cinq articles parus dans  la  presse finistérienne de l’époque, dévolus à cette question:

Carillon : la bonne  histoire de Pont-Aven de Albert BAYET(1880-1961)

Albert Bayet qui fut Président de la Ligue de l’Enseignement de 1949 à 1959, avait été le témoin attentif des luttes de pouvoir ayant cours dans nos communes entre le maire et le curé (sans compter l’instituteur) depuis l’adoption de la Loi de Séparation de 1905. Ceci le conduisit notamment à  publier un article révélateur dans l’hebdomadaire Le Citoyen paru le 19 décembre 1929. Les lecteurs intéressés pourront en prendre connaissance en cliquant ici.

Actualités  judiciaires de 1934… De l’histoire des grands avocats et tribuns des débuts de la 3è République à celle du Tribunal de Quimper  où l’on juge des contentieux entre évêques et enseignants de  l’école publique

Les visiteurs pourront découvrir dans le document 1 l’analyse d’un ouvrage publié en 1934 par Georges le Bail (député du Finistère) et dans le document 2 les échos d’une audience peu ordinaire au Tribunal de Quimper. Il s’agit de coupures provenant de l’hebdomadaire le Citoyen (numéros  du 2 août et du 28 juin 1934).

Réguiny, commune du département du Morbihan (56190): fin de guerre scolaire en 2017 ! 

Ainsi que rapporté dans un article récent du Télégramme, un lecteur morbihannais  nous signale l’ouverture  d’une nouvelle école publique , à Réguiny, à la rentrée scolaire  de septembre 2017. Cette commune était dépourvue d’école publique depuis 60 ans.

Cet évènement refondateur intervient après des affrontements  sans merci entre le clergé local tout puissant associé à la bourgeoisie  et le camp des défenseurs de l’école publique laïque et républicaine dont les instituteurs et institutrices  publics successivement nommés à Réguiny.

Parmi eux se trouve une ancienne élève-maîtresse de l’ENF de Vannes  (Germaine Le Bihan) qui y exerça son métier de 1912 à 1923 . Elle résista pendant plus de 10 ans aux exactions du curé de la paroisse… avant de demander et d’obtenir sa mutation  au Sénégal (ex-AOF !).

Ses qualités de  pédagogue « missionnaire, laïque et républicaine » y  furent vite reconnues et les autorités coloniales lui confièrent la mission de créer et de diriger la première Ecole Normale d’Institutrices d’Afrique noire. Son oeuvre scolaire et civilisatrice fut largement saluée  au point  de devenir, auprès de ses anciennes normaliennes,  l’Africaine blanche.

Ainsi, si Germaine Le Bihan, devenue Germaine Le Goff, perdit le combat de Réguiny elle  triompha à Rufisque (Sénégal) où se trouvait  « son » Ecole Normale d’Institutrices.
Les lecteurs intéressés par la renaissance de l’Ecole Publique à Réguiny,dans le Morbihan , trouveront l’article du Télégramme en cliquant ici.