1934… Sombre année où il fallait conserver, pour la survie de l’école laïque, le sens de l’humour

L’organe mensuel du Comité de Défense laïque du Finistère (sous les intitulés  « La Défense Laïque » puis « La Défense et l’Action Laïques »), imprimé à l’Imprimerie Nouvelle de Morlaix, rapportait dans ses colonnes les échos de la prétendue guerre scolaire, latente dans toutes les contrées de notre Département et d’ailleurs. Malgré la gravité des avatars rencontrés, nos anciens savaient réserver une place spéciale,  dans leur publication militante, à « une page où l’on rit ». Les lecteurs intéressés trouveront en cliquant ici trois crobars révélateurs à cet égard, extraits des numéros de janvier, novembre et décembre 1934.

Mots de combat de Jean Jaurès

« Ah ! » s’écrie Jaurès- s’adressant aux républicains divisés- « qu’on se divise à l’heure de l’action, au moment où il faut préciser la direction dans laquelle on engagera le pays, c’est fâcheux, je le regrette pour mon parti, mais c’est la loi des choses. Mais que l’on soit divisé avant d’agir, que l’on n’ait ni un principe commun ni même, à certains jours, une manœuvre d’ensemble, qu’on soit un parti sans méthode comme sans idéal, sans habileté comme sans grandeur, c’est là ce qui ne peut pas donner confiance au pays, car il se dit qu’il ne peut pas attendre une plante robuste d’une semence débile, divisée contre elle-même, et qui, avant même de germer, se décompose. » (Jaurès 1888).

(D’après Le Citoyen du 31 mai 1934)

Le petit ODET

poème de Marcel CHABOT (1889- 1973).

Las d’être petit
Et de dérouler ses anneaux sous le ciel gris,
Soudain, épris
De lui, creuse son lit, grossit et s’élargit
En roulant dans ses flots des reflets de bruyère,
L’âme d’or des genêts et la paix bocagère ;
Il va, il sent, là-bas, l’appel de l’infini ;
Lors, bourdonnant, de sa voix multiple, il emplit
Tout ce qu’il peut d’espace
Et passe.
Mais sur la robe des prairies
Et des landes dormant comme boeufs assoupis,
Etalant sous le ciel ces vertes draperies,
Lui, le tumultueux, il n’est qu’un petit pli.
Aux heures fluant comme lui, Il dérobe leur féérie
Et s’attarde à rêver sa grise rêverie ;
Il regarde les pins craquant dans la tempête
Où le pâle soleil passant ses doigts nerveux
Dans les sombres cheveux
De leur hautaine tête
Il marche à pas soyeux,
S’étend, bel indolent, dans des criques profondes
Où s’allongent ses ondes,
Puis cherche en hésitant
Le destin qui l’attend,
Pressentant l’Océan à l’âme tourmentée,
L’Odet tire la langue et goûte l’eau salée.
Il n’est plus le petit Odet insouciant,
II se mêle au grand tout, atome d’Océan …

Marcel CHABOT. Bénodet, 10 août 1927.
(D’après le Citoyen du 18 août 1927)

Cléricalismes et laïcité : les leçons de l’histoire !

Les visiteurs trouveront ci-dessous une série de citations qui défrayaient la chronique… il y a quatre-vingt-dix ans.

LE CLERICALISME

L’enseignement clérical : « II inocule aux jeunes intelligences la vieillesse des préjugés ; il ôte à l’enfant l’aube et lui donne la nuit, et il aboutit à une telle plénitude du passé, que l’âme y est comme noyée, y devient on ne sait quelle éponge de ténèbres, et ne peut plus admettre l’avenir ». Victor Hugo.
« Les jeunes gens qui sortent des séminaires ne sont pas plus moraux que ceux qui sortent des collèges ; ils sont moins francs, moins énergiques. Le duc d’Aumale. Correspondance I, p. 177.
« Je ne veux pas des Pères de la Foi (les Jésuites) encore moins qu’ils se mêlent de l’Instruction publique pour empoisonner la jeunesse par leurs ridicules principes ultramontains » Napoléon 1er.
« Tant qu’il y aura un pays à cheval sur le Syllabus, un clergé esclave du Pape qui est lui-même l’homme lige des jésuites, c’est le devoir des citoyens de tenir leurs enfants à l’écart et de dire à ces hommes « N’approchez pas ! » Ou l’enseignement sera laïque, ou il faut désespérer de le voir national. » Edmond About.
« Le parti clérical Parti funeste, parti envahissant, dévorant, insatiable, ingrat de sa nature, parce qu’il croit que tout lui est dû ! Tant plus vous lui accordez, tant plus il prend ; tout ce que vous lui avez donné n’est point une satisfaction pour lui : c’est un point de départ pour exiger davantage.» Sainte-Beuve, poète, critique, académicien.

(D’après Le Citoyen du jeudi 12 mai 1927 n° 19, 20è année)

LA LAÏCITÉ

L’Etat laïque
On s’est servi d’une expression très fausse, à mon avis, et très inconvenante quand on a dit : « L’Etat est athée. » Non, certainement l’Etat n’est point athée, mais l’Etat est laïque pour le salut de toutes les libertés que nous avons conquises. F. Guizot, ministre des Affaires Etrangères,
(Discours à la Chambre des pairs, 25 avril 1844)

La loi doit être indépendante de toute religion.
Lamartine

L’Etat a le devoir de rester indifférent au milieu des doctrines religieuses, car il leur doit à toutes une égale protection.
Jules Ferry

La religion ne doit pas être plus nationale que la conscience. L’Etat ne peut pas se faire arbitre de ce qu’il faut croire ou ne pas croire.
Paul Deschanel

Une République cléricale serait une calamité. Un régime a ses principes et ne peut vivre que de ses principes. Quand vous prétendez ôter à la République cette raison de vivre, avouez-le tout de suite, c’est sa mort que vous demandez. Le calcul est bon : car il ne serait plus long ni difficile d’en finir avec elle. Une République cléricale ! Une République coulée dans le moule du Syllabus. Je vous demande à vous-même, qui donc tiendrait à son existence? Ce ne sont pas les anciens républicains à coup sur! Cette parodie sacrilège des croyances de toute leur vie ne pourrait leur inspirer que de l’horreur. Ce serait encore moins les cléricaux. N’ont-ils pas pris soin de nous avertir qu’il ne fallait garder de la République que l’enseigne? Alors,dites-le moi. Qu’est-ce qui empêchera un beau jour de décrocher l’enseigne ? La maison sera toute prête et le monarque choisi par la théocratie pourra coucher chez, lui.
Louis Hémon

L’Ecole laïque

Laïcité, dans la pensée des républicains dignes de ce nom, signifie non pas tolérance — il ne s’agit pas de nous tolérer les uns les autres — mais liberté, respect, union de tous, indépendamment de ce qu’ils pensent et de ce qu’ils croient.
Paul Deschanel. (Discours de Bordeaux, avril 1910).

Le pilier d’airain

M. Buffet : « Passez-nous les lois scolaires et nous vous passerons la République ». Jules Ferry : « C’est trop cher, Messieurs, nous ne ferons pas ce marché. Que serait la République, si elle n’était pas la grande éducatrice de la démocratie? L’école nationale doit rester l’école laïque, neutre et gratuite, parce qu’elle est l’école nationale. C’est là notre pilier d’airain. »
Jules Ferry.

L’instituteur n’a ni à enseigner la religion ni à la combattre. L’école publique ne peut être ni confessionnelle, ni anticonfessionnelle.
Paul Deschanel

L’Ecole laïque et ses Maîtres

Citoyens, si nous avons enregistré pour la République tant de belles, tant d’éclatantes victoires, oui, c’est votre œuvre« citoyens, c’est entendu, mais c’est aussi l’œuvre patiente de celles et de ceux qui nous ont préparé ces générations nouvelles, dans cette infinité de petits temples de la Concorde que la République a placés en pleine lumière au cœur de chaque commune, où elle a voulu des intelligences actives et bienveillantes qui ont appris aux enfants de France le mystère charmant de la Fraternité.
E.Herriot. (Discours de Nice, octobre 1925),

L’Ecole laïque a gagné la Guerre

Les classes qui ont pris part à la guerre étaient les classes comprises entre la classe 89 incluse et la classe 1919 (incluse). Les soldats compris dans ces classes avaient été écoliers au cours des années scolaires comprises entre 1874-1875 et 1904-1905. Or, au cours de ces trente années, la proportion des élèves de l’enseignement primaire public (garçons) avait été exactement de 81,1 pour cent. Donc, parmi les mobilisés, il y avait exactement un peu plus de 4 soldats sur 5 qui sortaient de l’école laïque. Autrement dit, les quatre cinquièmes des soldats français qui ont gagné la guerre avaient été formés par notre enseignement public.
Albert Bayet.

(D’après Le Citoyen du jeudi 12 mai 1927, n° 19, 20è année)

Eléments de morale professionnelle  extraits du Code de l’Instituteur (1751)

 Le visiteur trouvera ci-dessous  quelques morceaux choisis de ce document venu de loin…

Le code de l’instituteur en 1751

« Les maîtres auront les cheveux courts et modestes; ils porteront le surplis, la soutane et le bonnet carré pendant le service divin ; ils feront le catéchisme deux fois la semaine ; ils enseigneront le chant aux enfants, les conduiront tous les jours à la messe et les tiendront modestes à l’église. Ils devront donner le bon exemple à leurs écoliers et à la paroisse par une vie réglée. Nous leur défendons de tenir taverne, de jouer en public d’aucun instrument de musique, d’assister aux danses et aux veillées, de fréquenter les cabarets ». Mais ceci n’était que le bon côté du métier…

 L’instituteur était tenu, en outre, « de balayer l’église, d’assister le curé dans la célébration des offices, de l’aider à porter les sacrements, de sonner l’Angélus, matin et soir, de porter l’eau bénite le dimanche, de ranger la sacristie et de donner la volée aux cloches en cas d’orage afin de chasser les nuées. »

D’après Le Citoyen, jeudi 26 mai 1927 n° 21, 20è année

Les diffamateurs de l’école laïque et de ses maîtres condamnés au tribunal

Le visiteur trouvera ci-dessous un article de Albert Bayet (mai 1927) sur le « verdict de Saint-Brieuc ».

Le verdict de Saint-Brieuc est une victoire laïque.

Poursuivre les diffamateurs de l’école laïque ? Allons donc ! Lorsqu’il y a quelques mois on parla de s’y décider, nos adversaires nous rirent au nez. D’abord, cela ne s’était jamais fait. Au temps du Bloc national, un journaliste avait appelé les maîtres de nos écoles « une corporation de 70.000 fous ou folles, gredins, malfaiteurs ou filles perdues, chargés par l’Etat de contaminer des pires contagions morales, sans compter probablement les autres, les centaines de milliers d’enfants de nos milliers d’écoles publiques ». En vain l’Université avait demandé des poursuites : le gouvernement d’alors les avait nettement refusées, et la Chambre nationaliste (on était en 1923) avait approuvé le gouvernement par 306 voix contre 205. Ce précédent faisait jurisprudence. — Et puis, ajoutaient insolemment les gens de droite, essayez un peu de nous poursuivre ! Essayez de nous traîner devant un tribunal breton ! C’est nous qui ferons le procès de l’école laïque, et nous sortirons du prétoire tête haute et victorieux !

De vrai, tout le monde savait que les hobereaux bretons menaient depuis plusieurs mois une campagne enragée contre l’école laïque, qu’ils avaient réussi à créer autour d’elle une légende abominable : on pouvait craindre que le jury, trompé par cette légende, hésitât à frapper les diffamateurs. Par surcroît, l’on pouvait se demander si les magistrats de là-bas oseraient prendre position contre le parti clérical (et l’attitude du procureur a montré qu’une inquiétude de ce genre était légitime). Herriot pourtant a passé outre. Au nom du gouvernement, il a fait engager les poursuites : et voici qu’en pleine Bretagne les diffamateurs, qui devaient pourfendre l’école, s’en vont condamnés et l’oreille basse. Pourquoi ? Parce que l’évidence des faits a été plus forte que la légende, parce qu’en France ce n’est pas impunément qu’on se heurte au bon sens. Le grand reproche lancé dans l’Ouest contre nos instituteurs, c’est qu’ils sont « antipatriotes ». Voilà près d’un demi-siècle qu’on le leur répète chaque jour et sur tous les tons; ils traînent le drapeau dans la boue, ils so moquent de la patrie, ils fabriquant par millions insoumis et déserteurs. Fidèles à la tradition, les gazetiers bretons qu’on vient de condamner ajoutaient « dans leurs classes, ils habituent leurs élèves à cracher sur le drapeau. » Seulement, à l’audience – alors que les diffamateurs n’arrivaient pas à alléguer un fait à l’appui de leur calomnie – un instituteur s’est avancé et, sans phrases, gravement, a rappelé combien d’instituteurs, au cours de la dernière guerre, étaient tombés sur les champs de bataille.

Ne nous lassons pas d’imprimer ce chiffre : sur 35.817 instituteurs mobilisés 8.119 sont morts, soit 26%.

Pour mesurer le sens tragique de ce chiffre, il suffît de le comparer à d’autres : les membres du clergé mobilisés étaient au nombre du 32.699; ils ont perdu 4.618 des leurs, soit 14,1%. Comme le clergé, nul n’en doute, a fait son devoir pendant la guerre, ce qui résulte des chiffres, c’est que les instituteurs « anti-patriotes » ont fait, eux, plus que leur devoir. De telles précisions ne pouvaient ne pas frapper l’esprit des jurés bretons. Quelques faits ont parachevé l’œuvre des chiffres. Un des instituteurs particulièrement diffamés par le parti clérical s’est avancé à la barre et a donné ses états de service: trois citations et la Légion d’honneur. Une institutrice, qui s’était portée partie civile, a parlé à son tour et a dit : « Je l’ai fait pour défendre la mémoire de mon mari, fils, petit-fils, neveu d’instituteurs, mort sur le champ de bataille, lieutenant d’infanterie, chevalier de la Légion d’honneur ». Un frémissement a agité l’assistance. La calomnie confondue a baissé la tête. Les diffamateurs sont sortis, condamnés moins par le jury que par l’écrasante évidence des faits.

Comme de juste, la presse cléricale essaie de faire le silence sur cet événement. Il n’en aura pas moins dans nos départements de l’Ouest et dans l’ensemble du pays un retentissement profond. Les partis de droite avaient, comme on sait, décidé d’organiser, cet été, une croisade de grand style contre l’école laïque. Chefs et troupes étaient dûment stylés. La campagne d’injures était prête. Et voici que, dés le premier jour, nos preux croisés, au cœur de la Bretagne, donnent du nez sur un jury et se relèvent tout penauds. Mauvais départ ! … Albert BAYET.

( D’après Le Citoyen du jeudi 5 mai 1927, n°18, 20è année )

La défense de l’Ecole laïque et des instituteurs en mai 1927

Les visiteurs prendront connaissance ci-dessous d’un article paru dans Le Citoyen du 5 mai 1927 (n°18, 20è année) qui témoigne de la violence des propos tenus à l’encontre des instituteurs et  de la détermination sans faille de certains de leurs défenseurs.

SONS DE CLOCHE : Nos Instituteurs outragés!

Le Bulletin paroissial de Ploudalmézeau, Finistère, a commis une petite infamie en écrivant ces lignes : « Qui doit aller au Folgoët? Les hommes qui ont reçu le baptême et qui ont au cœur l’amour de N. S. J. C., les hommes de l’Entente catholique fondée en notre pays par Monseigneur l’Evêque pour défendre notre foi et obtenir la liberté pour notre Religion ». « Vous avez la liberté », nous disent les gens sans foi ! Liberté ! alors que sont interdits nos religieux, même ceux qui ont versé leur sang pour défendre le pays ! Liberté ! alors que les frères ni les sœurs ne peuvent enseigner en s’habillant comme ils veulent, ni vivre en communauté.

Et que, d’autre part, les gens sans foi ni loi sont chargés d’instruire les enfants et les prostituées peuvent tenir leur bordel comme elles veulent (Hag etretant, an dud difeiz hag direiz a zo karget da gentelia ar vugale, hag ar merc’hed fall a all derc’hel o bordel ma keront).

L’homme de Dieu qui a écrit ces lignes a lâchement outragé une corporation qui accomplit silencieusement et modestement la tâche méritoire d’instruire la jeunesse. Elle n’y a pas trop mal réussi, si j’en juge par les résultats. Durant quarante ans, elle a instruit les trois quarts des enfants qui ont porté à son apogée le bon renom de la République française dans le monde.

Et qui donc oserait soutenir que les parents qui ont reçu l’instruction dans les écoles de l’Etat et qui, dès la fondation d’une école privée dans leur commune, abandonnent l’école laïque pour confier leurs enfants à l’école privée, par crainte de représailles cléricales, ont été formés par des maîtres sans foi ni loi ? Qui donc a constaté dans l’enseignement de ces maîtres un manquement à la neutralité scolaire ou une violation passagère des droits de la conscience de l’enfant ?

L’enfant laïque sorti de nos écoles a comme prototype le petit poilu du Faouët. Ecoutez une fois de plus ce que Jean-Corentin Carré écrivait à son maître, l’instituteur public Mahébèze « Le sentiment de l’honneur, c’est à l’école que je l’ai appris et vous êtes, M. Mahébèze, un de ceux qui me l’ont enseigné. Je souhaite que tous les petits écoliers du Faouët comprennent les leçons que vous leur donnez comme je les ai comprises. La vie, en elle-même, n’est rien si elle n’est bien remplie. »

°°°°°

Hier, j’assistais dans une commune très réactionnaire, au milieu d’une foule considérable, admirative et attendrie, aux obsèques de Manuel, un instituteur qui fit des prodiges au front. Le général Marchand, qui s’y connaissait en bravoure, l’avait surnommé le brave des braves et vantait son héroïsme comme légendaire. Manuel ne fut pas un exemple isolé. Aucune corporation n’a plus que celle des maîtres de l’enseignement public payé à la guerre un plus large tribut de Vies précieuses offertes généreusement à la patrie pour son salut et pour la sauvegarde de la liberté du monde. Et les institutrices ne le cédaient en rien pour le patriotisme et le culte du devoir à leurs époux tombés au champ d’honneur !

J’ai conservé pieusement, deux lettres qui me furent adressées par des veuves d’instituteurs : « Monsieur le Député,Je suis très sensible au témoignage de sympathique intérêt et aux sentiments de condoléances que vous avez bien voulu m’adresser dans la grande douleur que me cause la glorieuse mort de mon mari. Je n’oublierai pas que mon cher disparu a fait le suprême sacrifice pour l’accomplissement de ses devoirs, pour la Patrie. Je n’oublierai pas non plus qu’il laisse un nom honoré que moi et notre fils porterons fièrement. Si sa tâche est terminée, la mienne commence pour faire de son fils un Français digne de son père. »

Et cette autre : « Monsieur le Député, Je vous remercie vivement de la lettre que vous avez eu la bonté de m’adresser ; j’en ai été très touchée. Ma douleur est et restera profonde, mais le salut de la France, je le sais, exige des sacrifices qu’il faut savoir lui faire, mon mari était brave, je ne puis être lâche. Il me reste un fils pour lequel je dois vivre. Je veux en faire un honnête homme et un bon Français ».

Messieurs de Ploudalmézeau et autres lieux, salut, chapeau bas !

Georges LE BAIL. (D’après Le Citoyen du jeudi 5 mai 1927, n°18, 20è année)

La liberté de la presse … ne s’use que lorsque l’on ne s’en sert pas !

1. In Le Citoyen* du 7 juin 1940, 33è année n°23, le bandeau de la page comporte la recommandation suivante :
«  Après avoir lu « Le Citoyen » adressez-le à votre mari ou à votre fils qui fait son devoir aux Armées. Ce sera un trait d’union entre lui et le pays qu’il défend »

2- in Le Citoyen du 28 juin 1940, 33è année n°26, le bandeau de la page 1 a été amputé :

Ce sera la dernière parution de Le Citoyen. Entre les deux dates, l’occupant allemand s’était installé en notre bonne ville de Quimper…

*Organe hebdomadaire de Défense Laïque et d’Action Républicaine.