En hommage à Yves Cotty

                                                                 (1919-1980)

 

Un de nos collègues , Jean-Yves Cotty, ancien élève-maître de l’ENG de Quimper, a eu  l’idée lumineuse  de nous faire parvenir récemment un document exceptionnel constituant à lui seul un élément structurant  de notre mémoire normalienne ! Il y rapporte le devenir hors normes de  son propre père, lui-même normalien ayant quitté ce qui fut appelé le Château de  Rosmadec en 1940, au moment où le Régime de Vichy (et la France occupée ) supprimaient l’Ecole émancipatrice qui venait de lui donner accès au beau métier d’Instituteur.  En réalité c’est un chemin semé d’embuches et de violences extrêmes qui l’attendait… celui de la Résistance à l’Occupant et de la Déportation.   Son fils,  retraité de l’Education nationale, en rapporte les principales étapes  dans un fichier 1 , accessible au moyen d’un clic gauche.  Il s’intitule :

« Eléments de biographie de Yves COTTY »

 

“Yves Cotty y apparaît comme une figure très représentative d’une génération normalienne et enseignante entrée très jeune dans la clandestinité. Les sources convergent sur son parcours breton : enfance à Plounévézel, formation à l’École normale de Quimper, premier poste d’instituteur à Pont-de-Buis, puis engagement dans la Résistance à Saint-Goazec, où il rejoint un réseau lié à l’Organisation spéciale puis aux FTPF.

Son arrestation le 18 décembre 1943, son internement à Quimper et son transfert par Compiègne vers Auschwitz, puis Buchenwald, sont également bien établis. Le site de l’association Buchenwald-Dora précise qu’il est arrivé à Auschwitz le 30 avril 1944, tatoué du numéro 186573, puis transféré à Buchenwald où il reçoit le matricule 52487 et sera libéré le 11 avril 1945. Le Maitron confirme cette chronologie et ajoute des éléments biographiques et familiaux utiles, notamment son mariage après-guerre et son activité d’enseignant à Moëlan-sur-Mer.

Sur le plan strictement historique, Yves Cotty représente le « Normalien quimpérois de 1940 tatoué à Buchenwald », et son engagement à 20 ans  relie trois réalités historiques : l’école normale comme matrice républicaine, la Bretagne occupée comme espace de résistance, et le camp comme lieu de déshumanisation extrême. »

«  S’agissant de la reconstruction et de la restitution  de la mémoire normalienne on se rendra compte que l’ ancien élève de l’École normale de Quimper n’est pas seulement un “agent” de la Résistance, mais aussi le produit d’une culture scolaire et civique.Son imprégnation par la vie normalienne permet aussi de souligner la dimension collective de la démarche  et de l’esprit de promotion soutenus par les affinités personnelles  et les prémices du militantisme politique. Ceci permet d’ébaucher une mémoire d’école non pas héroïsante au sens abstrait, mais incarnée, documentée, et liée à une génération précise confrontée à un épisode dramatique de notre histoire  nationale et capable  de s’engager dans une action libératrice, au sein du combat clandestin des déportés. »

« Le texte de Jean Yves Cotty et la citation rapportée d’Alain Legrand donnent au dossier sa force humaine. La phrase transmise par la mémoire familiale — “Nous étions tatoués, marqués comme des animaux…” — dit la violence symbolique de l’empreinte concentrationnaire et le fait que le tatouage ne disparaît pas avec le retour.”

« Le Maitron et l’association Buchenwald-Dora confirment qu’il est revenu en Bretagne,  s’est rengagé dans une vie personnelle, puis a poursuivi une carrière dans l’enseignement, tout en portant cette blessure jusqu’à sa mort en 1980. »

« Pour l’histoire de l’institution, on notera en effet que  Yves Cotty  reprit  dès 1946 le fil d’une  carrière – juste amorcée en 1940- dans plusieurs établissements scolaires du Finistère (au point de laisser son nom, au Collège public de Moëlan-sur-Mer). Il s’impliqua aussi dans la vie associative et citoyenne de sa collectivité  (Amicale laïque, Union sportive) sans compter la vie politique ( Secrétaire de la cellule locale du Parti communiste). »

 

 

Photo .

Yves Cotty-à droite en costume- à la kermesse de l’Amicale laïque de Moëlan-sur-Mer.(Coll. pers. ; André Le Goff)

 

« Pour les services rendus il fut gratifié, chemin faisant, de la Médaille de bronze de la Jeunesse et des Sports. »

Le visiteurs de ce site pourront consulter, en cliquant sur un fichier 2 , l’hommage que lui rend  l’ASVPNF  dans un texte de T.R. et PPty. Il s’intitule :

Yves Cotty, normalien quimpérois, résistant et déporté

 

Marcel Paul , compagnon de détresse de Yves Cotty et de Robert Desnos, écrivait :«  La lutte était  souvent dure, cruelle même. L’on a connu des moments tragiques mais ce combat pour un monde nouveau de Paix , de progrès  social était exaltant ». Tous les  trois   avaient des cœurs qui haïssaient la guerre qui se mirent à battre pour sauver la liberté,celle qui est la nôtre . Nous leur savons gré !

  Que Jean Yves Cotty soit cordialement remercié d’avoir confié le fichier 1 à l’ASVPNF et d’en avoir permis la représentation sur ce site. André Le Goff, fidèle contributeur,  nous  a fait parvenir une photo de sa collection personnelle où l’on reconnaît Yves Cotty accompagné d’ amicalistes laïques moëlanais.  Nous l’en remercions vivement.