Tel est l’intitulé de l’article récemment mis en ligne sur le site du Café pédagogique dans lequel Jacques Marpeau donne réponse aux questions que lui pose à ce propos Daniel Gostain . Le libellé de la question laisse deviner une réponse réservée voire négative et souligne sa gravité au moment où de nombreux médias et observateurs bien informés parlent des périls grandissants de l‘institution scolaire. Car de là à croire que c’est la réalité le chemin est vite fait portant à croire que pour l’essentiel l’Ecole de la République aurait failli à sa mission première. Mais pour éviter ce genre de raccourci saisissant d’autant plus fâcheux qu’il évite de penser, il convient de suivre la démarche des deux auteurs mentionnés. On y découvrira ce qu’est ou pourrait être l’apprentissage de la pensée à l’Ecole publique laïque et républicaine. Ceci ne manquera pas de retenir l’attention des visiteurs de ce site qui auront accès à leur argumentaire dans son intégralité en cliquant sur Fichier 1.
A l’ASVPNF,Association pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Normalien du Finistère il a semblé opportun de porter à la connaissance des visiteurs de ce site dédié à l’histoire et à la mémoire des Écoles normales et à celles des Instituteurs et Institutrices qui y furent formés pendant près d’un siècle, ce qui pourrait refléter le résultat d’une longue expérience tant sur l’exercice que sur l’apprentissage de la pensée . Il est convenu que ladite expérience n’a pas donné lieu, c’est une évidence, à réfutation et qu’en conséquence le propos pourrait susciter des réserves voire des contestations.
L’ensemble de ces remarques est rassemblé dans un texte intitulé :
“Apprendre à penser à l’école : raison, langage et émancipation dans la tradition républicaine »
… que l’on pourra consulter en cliquant sur Fichier 2
Ce texte propose une mise au point claire et rigoureuse sur la question « apprendre à penser à l’école ». Il rappelle que penser n’est ni rêvasser ni fantasmer, mais un travail de raison, de mise en ordre et de mise en forme exigeant. La pensée se constitue vraiment uniquement par le langage : elle doit être dite et écrite avec précision, grâce à un vocabulaire exact et une syntaxe maîtrisée.
Il réaffirme l’articulation traditionnelle entre savoirs et pensée : la raison ne s’exerce pas dans le vide, elle travaille sur des contenus, des notions et des faits. La science, avec sa capacité de réfutation, illustre cette exigence critique qui protège contre toutes les formes d’emprise intellectuelle. L’article s’appuie sur Condorcet, Ferry et Buisson pour montrer que l’école républicaine a toujours lié instruction, raison et liberté de jugement.
Il insiste enfin sur l’obligation professionnelle des maîtres : on n’enseigne pas ce que l’on ne pratique pas. Apprendre à penser n’est ni un slogan ni un supplément d’âme, mais une discipline fondée sur la langue, les savoirs et la raison critique, au service de l’émancipation.
