Auteur/autrice : laurence
L’Eglise catholique peut et doit payer sinon elle se met en état de faillite !
Dans la Charente libre du 5 octobre 2021, un article faisant suite à la publication du rapport Sauvé « dresse un état des lieux quantitatif de la pédophilie au sein de l’Eglise depuis 1950 avec 216.000 victimes de clercs ou religieux… ».François Devaux, figure de la libération de la parole des victimes de violences sexuelles de la part de prêtres et de religieux, a appelé les évêques de France à « payer pour tous ces crimes ».Ce rapport accable l’église d’autant que le nombre de victimes grimpe à « 330.000 si l’on ajoute les agresseurs laïcs travaillant dans des institutions de l’Eglise catholique » . « Ces nombres sont bien plus que préoccupants, ils sont accablants et ne peuvent en aucun cas rester sans suite ».
François Devaux , en introduction de la conférence de la Commission indépendante sur les abus dans l’Église (CIASE)et face aux membres du clergé réunis, a déclaré n’avoir « aucun doute » sur ce que le rapport Sauvé allait « révéler » . « Je sais que c’est de l’enfer que vous revenez » , a-t-il lancé, aux membres de la commission, évoquant « ce qui ressemble à s’y tromper à une fosse commune des âmes déchiquetées de l’Église ». Face à ce bilan, « le mieux que vous auriez à faire: vous taire et commencer à vous exécuter avec ardeur et célérité », a-t-il déclaré, aux responsables ecclésiastiques. Il a également souligné qu’il « apporte enfin aux victimes une reconnaissance institutionnelle de toute la responsabilité de l’Église, ce dont les évêques et le pape n’ont pas été capables à ce jour ».
On pourra utilement retrouver cet article de charentelibre.fr en allant à: :https://www.charentelibre.fr/societe/justice/vous-devez-payer-pour-tous-ces-crimes-la-pedocriminalite-dans-l-eglise-catholique-mise-au-grand-jour-avec-216-000-victimes-depuis-1950-6369861.php
Il s’agit désormais , considérant la responsabilité civile et sociale de l’église, de procéder à l’indemnisation des victimes sous formes d’aides en compensation des préjudices et traumatismes majeurs subis. Mais quelle justice réparatrice mettre en oeuvre pour déterminer les réparations individuelles et financières les plus adaptées ? Pourrait-on déjà prononcer l’imprescriptibilité des faits ? Sur ce plan les réponses idoines d’une hiérarchie ecclésiale aux abois sont attendues .
Les insinuations ayant trait à l’insolvabilité de l’Eglise relèvent ,à l’évidence, de la provocation et sont inacceptables . On dit même selon l’hebdomadaire Marianne que » L’ église catholique est en quête d’argent » . »Pour verser des indemnités, l’institution va devoir faire appel aux dons des fidèles. Mais, au vu du nombre de dossiers, va-t-elle puiser dans ses caisses, voire dans son patrimoine ? » On trouvera des éléments de réponse dans l’article de J-L Adénor et E. Lévy à l’URL :https://articles.cafeyn.co/e4decb/marianne/2021-10-15/leglise-en-quete-dargent
On ne peut ici supporter l’allégation selon laquelle l’Eglise catholique de France est pauvre. Il s’agit d’une contrevérité manifeste , d’une agression supplémentaire aux victimes et d’une provocation au bon sens commun . l’Eglise n’a qu’à puiser dans ses fonds propres et notamment dans ses patrimoines diocésains fonciers et immobiliers immenses dévolus aux écoles catholiques confessionnelles et à leurs oeuvres associées.
Dans l’attente de décisions et de dispositions il n’est pas étonnant de voir publier sur le site de Golias News ,le 28 octobre 2021, un nouvel article intitulé :
« Pourquoi l’Eglise de France peut payer »
où il apparaît de façon manifeste non seulement qu’elle le peut mais qu’elle le doit! Et cependant de faire le constat, de l’intérieur même de l’Institution, que : » le président de l’épiscopat, Eric de Moulins-Beaufort estime que les difficultés pour indemniser les victimes sont quasiment insurmontables. L’argumentaire du président de la Conférence des évêques de France est limité au « denier de l’Église ». Il le tient comme seule ressource et le considère comme obligatoirement affecté aux traitements des prêtres et aux salaires des laïcs, du fait de la loi 1905. A notre avis, c’est un peu court pour justifier une incapacité de réparer « . Pour nous aussi !…
Les visiteurs de ce site pourront consulter l’article original en cliquant ici . Il leur sera également accessible à l’URL:https://www.golias-editions.fr/2021/10/28/pourquoi-leglise-de-france-peut-payer/
Tous nos remerciements à Christian Terras, rédacteur en chef de Golias, de nous permettre ce nouvel emprunt.
Polémiques et crise de confiance au sein de l’église catholique après la publication du rapport Sauvé sur la pédocriminalité ecclésiale
Déjà le 12 octobre dernier l’Humanité titrait dans un article de Alexandre Fache (URL :https://www.humanite.fr/pedocriminalite-apres-le-rapport-sauve-un-appel-la-demission-collective-des-eveques-catholiques)
Il soulignait : »Les déclarations du président de la Conférence des évêques de France, jugeant le secret de la confession « plus fort que les lois de la République », ajoutées à l’ampleur phénoménale des violences mises au jour par la commission Sauvé (330 000 victimes entre 1950 et 2020), continuent de susciter des réactions. ».
Au sein de la presse catholique et notamment dans le quotidien La Croix les réactions ne sont pas moins vives s’agissant notamment des résultats d’une enquête publiés le jeudi 28 octobre dans ce journal. « Ils confirment l’impact du rapport Sauvé, près d’un mois après sa publication . On y apprend notamment que les deux tiers des catholiques de France, (pratiquants ou non) ne font pas confiance à l’Eglise sur la protection des mineurs. »
Selon Xavier Le Normand, journaliste à ce quotidien : « Unanimement en colère et tristes, ils réclament du changement sur la gouvernance avec un meilleur partage du pouvoir dans l’Église, en faisant notamment davantage de place aux femmes. »
(URL :https://www.la-croix.com/Religion/rapport-Sauve-crise-confiance-catholiques-2021-10-27-1201182530)
Pour Isabelle de Gaulmyn, il s’agit d’un sondage qui « oblige les évêques »:
(URL: https://www.la-croix.com/Debats/catholiques-Ciase-sondage-oblige-eveques-2021-10-27-1201182531)
Selon Golias News du 21octobre 2021 :
1. Les travaux de la CIASE ont « un rôle salutaire devant faire école pour d’autres institutions : la mise en évidence d’un système pervers au niveau institutionnel et la mise en évidence d’une collusion folle concernant le statut du prêtre… ».On en saura davantage en consultant le Document 1 intitulé :
« Suite à la publication du rapport de la commission Sauvé Alerte ! »
que l’on trouvera aussi à l’URL :https://www.golias-editions.fr/2021/10/21/suite-a-la-publication-du-rapport-de-la-commission-sauve-alerte/
2. Cet article a donné lieu à une discussion fournie. Nous y avons retenu un propos très argumenté qui incite à la réflexion et l’avons intitulé pour l’usage : « L’institution catholique doit payer pour les crimes perpétrés en son sein !. » Il est accessible en cliquant sur Document 2 .
3.Golias rappelle aussi que des travaux parlementaires menés à l’Assemblée nationale ont conduit à « rendre un verdict juste et humaniste en votant à l’unanimité, le 5 octobre 2021, la proposition de loi n° 4021, portée par la députée Laurence Vanceunebrock. Deux ans d’emprisonnement et 30 000 d’amende seront requis contre toute pratique visant à modifier l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne. »
Il apparaît alors dans un article de Golias News que pour ce qui est des :
« Thérapies de conversion, il n’y a rien à guérir »
Les lendemains des travaux de la CIASE : « Les angles morts du rapport » et « l’appel pour une église fiable ! »
Au sortir des turpitudes ecclésiales mises à jour dans le rapport final de la CIASE on découvre en 2021, au pays de la République laïque et sociale et des Droits de l’Homme, les tragiques réalités d’une Eglise du silence et de l’omerta. A l’évidence, le bon sens commun se trouve confronté à une institution cultuelle ébranlée dans ses fondements par un cléricalisme destructeur que l’on croyait définitivement « éradiqué ». Il ne s’agit pas de tenter de le nier ou de faire porter la charge de la culpabilité par les victimes.
Comme le disait un fidèle catholique ayant conservé dans l’épreuve son sens de l’humour et en avoir tiré tous les enseignements qui s’imposent à la Raison , il s’agit désormais de « voir au-delà du goupillon, de l’encensoir ou de l’ostensoir » !…
C’est ainsi que Christine Pedotti et Anne Soupa ont pu lancer un « appel pour une église fiable » que nous reproduisons ici . On ne sait s’il sera entendu mais pour ces militantes, au sens plein du terme, il urge « d’agir vite et de choisir désormais entre disparaître ou renaître ».
Quelle sera donc l’issue de ce combat à mener sur un champ de ruines alors que la question des « réparations » de tous ordres à apporter aux traumatisés à vie dont l’effectif final, trop important, reste à préciser. Dans certains milieux on réclame la démission des évêques de France ! …
On retiendra qu’il s’agit d’oeuvrer pour la manifestation de la liberté et de la vérité en faisant la lumière sur toutes les violences sexuelles de notre société. En d’autres termes, c’est enfin le moment de passer de la stratégie de l’agresseur à la stratégie de la protection des enfants et des femmes et de remettre – en la matière- la justice et la loi au centre !
Pour compléter l’information sur un objet d’une gravité exceptionnelle , déjà abondante sur ce site , les visiteurs sont invités à consulter deux documents récents transcrits à partir des revues des Editions Golias ( publications indépendantes d’inspiration chrétienne ) en cliquant sur :
Document 1 : « Les angles morts du Rapport Sauvée »
Document 2 : L’ « Appel pour une église fiable » (de Christine Pedotti et Anne Soupa)
1. Nathalie Sarthou-Lajous, 2021: « Face à l’enfant ,le prêtre peut être tenté par la toute-puissance », URL: https://www.philomag.com/articles/nathalie-sarthou-lajus-face-lenfant-le-pretre-peut-etre-tente-par-la-toute-puissance?utm_source=Philosophie+magazine&utm_campaign=5ceee28491-newsletters_COPY_02&utm_medium=email&utm_term=0_dee8ebacdf-5ceee28491-218820548
2. Rémi Brague , 2021: »Qu’un crime odieux soit commis par un prêtre, c’est toujours plus grave que s’il était commis par quelqu’un d’autre « , URL:Rémi Brague : “Qu’un crime odieux soit commis par un prêtre, c’est bien plus grave que s’il était commis par qui que ce soit d’autre”
3.http://www.derivesdansleglisecatholique.fr/?page_id=108
La matière est tristement abondante, il n’est donc pas question d’y prétendre à l’exhaustivité .
Que Christian Terras soit cordialement remercié de nous autoriser à reprendre deux articles parus récemment dans Golias.
Un an après la mort de Samuel Paty : Ne pas renoncer !
Les visiteurs pourront consulter à ce propos,en cliquant ici, un texte fondateur écrit par Vincent Olive, professeur d’Histoire-Géographie et d’EMC. Ils ne pourront que saluer la proposition d’une démarche de combat dans laquelle l’Ecole « paraît plus que jamais le meilleur rempart contre la barbarie, à condition qu’elle tienne toutes ses promesses… »
Mais cette démarche devra être menée de pair avec celle conduisant à faire “bouger les lignes de la vénérable institution constituée par l’Ecole”, en lui accordant plus de moyens et de considération, et en y assurant le respect non seulement du savoir et de l’autorité des professeur(e)s mais aussi de leur intégrité physique.
La pédocriminalité dans l’Eglise catholique : un problème de laïcité ?
JEAN BAUBÉROT
(5 OCTOBRE 2021)
BLOG : LAÏCITÉ ET REGARD CRITIQUE SUR LA SOCIÉTÉ (LE CLUB DE MÉDIAPART)
Le 5 octobre 2021 , avant la publication du rapport Sauvée, Jean Baubérot faisait état des “problèmes de laïcité” posés par la pédocriminalité dans l’Eglise catholique. Informé par la presse des attendus probables dudit rapport, cet auteur écrivait notamment : » Au-delà des fautes morales et des souffrances des victimes, dont des membres d’autres Eglises, d’autres religions et de nombre d’institutions séculières peuvent également avoir été responsables, c’est la position catholique sacralisant les clercs, prétendant que ceux-ci sont différents, par nature, des laïcs que ces « affaires », selon moi, mettent structurellement en question ».
Avec son accord, nous avons reproduit son article pour le représenter sur ce site. Les visiteurs pourront le consulter en cliquant ici.
L’on pourra aussi se rendre compte que si l’on érige la lutte contre l’obscurantisme et tous les cléricalismes en élément constitutif majeur de la laïcité républicaine à la française il y a, dans la signification à donner au rapport Sauvée et aux démarches ayant conduit à son élaboration, une « leçon de laïcité donnée paradoxalement à l’Etat laïque et à ses institutions par une organisation religieuse”. L’Etat saura-t-il en tirer le meilleur parti tout en affirmant les principes fondateurs de la loi de séparation des Eglises et de l’Etat de 1905 ? Ceux-ci demeurent d’une pertinence et d’une actualité flagrantes!
Dans l’attente on maintiendra ici sans faiblesse que la tolérance de l’autre et de ses libertés (dans le respect de la dignité humaine et de l’ordre public) est la clé de la fraternité. On notera aussi que la laïcité qui la prolonge n’est aucunement devenue « le masque de l’exclusion intolérante des confessions religieuses », en reprenant l’expression de Gilles Gourbin(2016) Cf.https://doi.org/10.4000/leportique.288 .
Notre laïcité, celle qui est la raison d’être de ce site, reste celle conçue par Ferdinand Buisson et instaurée par la loi de 1905. Dans ses rapports avec l’Etat elle se fonde sur deux principes fort judicieusement rappelés par G. Gourbin (ibid.) à savoir :
1. »L’abstention absolue de la puissance publique en matière de croyance. Par conséquent, la laïcité rejette l’idée d’une religion officielle, y compris d’une religion civile, à la manière de Rousseau, de Robespierre ou de Comte : il ne saurait y avoir, dans une république laïque, un culte de l’être suprême ou une adoration de saints républicains. »
2. « L’exclusion absolue de toute communauté, identifiée et assumée comme telle, dans l’élaboration de la loi. Autrement dit, la loi ne doit être que l’expression de la volonté générale exprimée par les citoyens, quelles que soient ensuite les modalités de cette expression. »
Que Jean Baubérot et l’Association des Amis de la Vigie de la Laïcité soient remerciés de nous avoir autorisé à reproduire et à représenter l’article mentionné.
Peut-on décrire et soigner des maux de notre société au moyen de mots ou expressions d’apparence inepte ?
Déjà George Sand relevait qu’à son époque « en France particulièrement, les mots ont plus d’empire que les idées »! Son propos prémonitoire ne pouvait s’adresser aux « mots-dièses » apparus récemment sur notre territoire et ayant trouvé place dans notre langue nationale pour décrire des pratiques sexistes intolérables ayant trait aux violences faites aux femmes. Il s’agit notamment des mots-dièse #MeToo et #BalanceTonPorc.
« Le mot-dièse est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé. Le Journal Officiel définit le mot-dièse (équivalent anglais : hashtag, canadien : mot-clic) comme une « suite signifiante de caractères sans espace commençant par le signe # (dièse), qui signale un sujet d’intérêt et est insérée dans un message par son rédacteur afin d’en faciliter le repérage ». Cette définition est complétée par deux notes : « En cliquant sur un mot-dièse, le lecteur a accès à l’ensemble des messages qui le contiennent. L’usage du mot-dièse est particulièrement répandu dans les réseaux sociaux fonctionnant par minimessages ». (JORF n°0019 du 23 janvier 2013) (cf.Etudes sur les mots-dièse de Agata Jackiewicz et Marko Vidak à l’URL :
https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01839605/document#:~:text=Les%20mots%2Ddi%C3%A8se%20apparaissent%20comme,contigus%20pr%C3%A9c%C3%A9d%C3%A9s%20d’un%20di%C3%A8se.
Selon Wikipedia « Le mouvement #MeToo est un mouvement social encourageant la prise de parole des femmes, afin de faire savoir que le viol et les agressions sexuelles sont plus courants que ce qui est souvent supposé, et afin de permettre aux victimes de s’exprimer sur le sujet. Il a débuté en 2007 et est particulièrement connu depuis octobre 2017 à la suite de l’affaire Weinstein. Bien que le mouvement #MeToo soit mondial, il existe des variantes locales du hashtag, selon les langues et la culture . Ce mouvement est parfois désigné par d’autres noms suivant les pays, généralement en traduisant l’expression dans la langue nationale, comme #MoiAussi au Québec, et parfois en créant une nouvelle expression comme #BalanceTonPorc en France, créée 2 jours avant le mouvement #MeToo, le 13 octobre 2017 « (cf.https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouvement_MeToo)
Dans un ouvrage récent intitulé : Le Mirage #MeToo. Réflexions à partir du cas français (Paris, Cherche-midi, 2021 ) Sabine Prokhoris passe au crible tout le néoféminisme. Selon Thomas Mahler de L’Express ( 11octobre 2021), cette auteure « n’a pourtant rien d’une conservatrice. Pro-PMA et pro-GPA, elle s’inscrit dans la ligne universaliste d’une Elisabeth Badinter et considère qu’ en adoptant une approche victimaire et accusatrice, le féminisme actuel ferait fausse route, ouvrant la voie à un « retour de bâton réactionnaire » (D’après L’Express :https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/sabine-prokhoris-metoo-une-illusion-de-liberation-et-un-vrai-terrorisme-intellectuel_2160221.html). On y dénonce une « illusion de libération et un vrai terrorisme intellectuel ».Rien de moins !
Sabine Prokhoris fut également interviewée par Elisabeth Lévy journaliste à Causeur et ceci donna lieu à un article intitulé : “#Metoo est une section d’assaut” paru dans la Lettre de Causeur du 15 octobre 2021. Il est accessible à l’URL :
https://www.causeur.fr/sabine-prokhoris-metoo-est-une-section-dassaut-212388?utm_source=Envoi+Newsletter&utm_campaign=859f655e7a-Newsletter_4_fevrier_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_6ea50029f3-859f655e7a-58095502. Selon E. Lévy, « la philosophe et psychanalyste dissèque la nature du mouvement #MeToo : une “révolution culturelle” qui en a toutes les caractéristiques : violence, irrationnalité, totalitarisme… et qui met dans le même sac vrais et faux coupables, vraies et fausses victimes « .
De son côté Catherine Kintzler publie la recension de cet ouvrage dans la Lettre de Mezetulle du 13 octobre 2021, y faisant apparaître « les paralogismes inquisitoriaux qui se répandent sous le mot-dièse #MeToo dans sa version française » et soulignant le fait que , « le mouvement #MeToo ne prolonge ni n’accentue le féminisme, il le renverse et remet la bi-partition en scène – mais pas celle que l’on croit ». Son entrée s’intitule :
» Le Mirage #MeToo » de Sabine Prokhoris,
lu par C. Kintzler »
Les visiteurs de ce site pourront consulter l’article complet à l’adresse :
: https://www.mezetulle.fr/le-mirage-metoo-de-sabine-prokhoris-lu-par-c-kintzler/.
Que Catherine Kintzler soit remerciée pour nous permettre de disposer de sa nouvelle contribution .
La commémoration du premier anniversaire de la décapitation sauvage de Samuel Paty
Célébrer sans mémoire telle était, en l’occurrence, la recommandation pour le moins singulière des autorités académiques !
Comment peut-on donc de façon aussi abrupte occulter un passé douloureux si récent et les vérités et mensonges qui l’entourent comme s’il s’agissait de rendre le meurtre respectable ? Faut-il rappeler qu’en la matière comme dans d’autres celui qui détient le passé détient aussi les clés de l’avenir ?
Ne pouvait-on tenter , à l’instar de Christophe Ayad dans Le Monde du 13 octobre 2021, mettre en lumière les circonstances « d’un crime hors norme. Hors norme par son horreur, par l’onde de choc politique, sociale et morale qu’il a suscitée dans la société française, mais aussi hors norme à cause de l’enquête en cours pour retracer le déroulé des faits et démêler l’écheveau des responsabilités. L’assassinat de Samuel Paty, 47 ans, le 16 octobre 2020, suivi d’une décapitation par Abdouallakh Anzorov, un réfugié tchétchène de 18 ans, près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines) est d’une simplicité aussi brutale qu’apparente . Et pourtant, la reconstitution du chemin qui a conduit le jeune terroriste au professeur d’histoire-géographie est d’une grande complexité.
« C’est un dossier inédit du fait de la richesse de ses problématiques et des questions qu’il soulève. Il touche à la laïcité, à l’école, à la parentalité, à la circulation de l’information sur les réseaux sociaux », résume Virginie Le Roy, l’avocate de la famille Paty. Ce qui est aussi inédit est l’aller-retour permanent opéré par les enquêteurs entre mondes réel et virtuel. Les échanges sur les réseaux sociaux, dont toutes les traces et la teneur n’ont pas encore pu être mises au jour, sont suivis d’actions et de conséquences. Loin d’être le fruit d’une pure initiative individuelle, l’assassinat de Samuel Paty implique tout un réseau d’informateurs, de complices logistiques et de soutiens idéologiques. » ( D’après Le Monde,https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/13/assassinat-de-samuel-paty-un-an-d-enquete-complexe_6098178_3224.html).
Ne pouvait-on déjà tirer les leçons citoyennes d’une démarche qui consiste à établir les tenants et aboutissants d’un assassinat aussi grave et de faire connaître les recherches effectuées pour établir les responsabilités et la vérité des faits. Pour s’en convaincre ne pouvait-on, par exemple , faire référence aux résultats de l’étude menée par Anne Simonin et publiés dans L’Histoire ,488, octobre 2021 ? On y découvre que :
« La sidération dépassée, reste une question que les nombreux articles et commentaires consacrés à l’événement laissent dans l’ombre : que s’est-il non pas réellement (on ne dispose ici d’aucune preuve nouvelle) mais vraisemblablement passé dans la classe de Samuel Paty quand il a fait cours d’éducation morale et civique à ses élèves de quatrième 5 et de quatrième 6, les lundi 5 et mardi 6 octobre 2020 ? Du cours dispensé par Samuel Paty on ne sait quasi rien, hormis des bribes d’informations glanées sur Internet. Or, ce cours, Samuel Paty l’a préparé (c’est-à-dire réfléchi), mais il le considère comme une pièce essentielle : il en remet « copie », le mardi 13 octobre, à 14 h 30, aux policiers auprès desquels il vient porter plainte pour « diffamation publique » à la suite du harcèlement dont il était alors l’objet [1].
Le rapport diligenté par l’Éducation nationale afin d’« établir l’enchaînement des faits » qui ont conduit à son assassinat, et rédigé par deux inspecteurs généraux de l’Éducation, du Sport et de la Recherche, ne franchira pas le seuil de la classe où Samuel Paty a enseigné [2]. Il reste muet à la fois sur le détail (la remise de la copie du cours à la police) et sur le fond (qu’a dit Samuel Paty dans son cours ?). Sans ce cours, la tragédie se serait-elle jamais produite ? En quoi la démarche pédagogique de Samuel Paty est-elle « l’erreur » mentionnée à quatre reprises dans le rapport ?
« Erreur » : selon le rapport, il n’y a donc pas eu « faute » (appelant une possible sanction, ce dont l’administration se défend) ; mais la critique est explicite. Samuel Paty résiste à cette interprétation. Il n’admet, lui, qu’une « maladresse ». Il avait, au demeurant, confié à l’un de ses collègues que ce cours, il en était « fier » et revendiqué, devant le « référent académique laïcité », avoir eu un comportement « conforme aux principes de la laïcité »…
URL :https://www.lhistoire.fr/laffaire-samuel-paty
On est bien loin de clore un tel dossier et il importait donc de s’y pencher avec toute l’attention nécessaire pour approcher la vérité. Le goût de la vérité n’est-il pas un goût qui se forme et que l’on éduque sur les bancs de l’Ecole laïque ?.
C’est dans ce contexte que Catherine Kintzler a relevé, dans le document émanant du Ministère de l’Education nationale proposant suggestions et recommandations aux enseignants pour organiser la journée dédiée à la mémoire de Samuel Paty, que « l’heure n’a pas vocation à être un retour sur ce qui s’est passé il y a un an, ni une évocation de Samuel Paty ou de sa mémoire ». Elle stigmatise ce choix pédagogique étonnant et le commente dans un article publié le 16 octobre 1021 dans La Lettre de Mezetulle. Il est intitulé :
Samuel Paty, commémoration sans mémoire à l’école
: « ne pas revenir sur ce qui s’est passé » !.
soit en allant à l’URL :https://www.mezetulle.fr/samuel-paty-commemoration-a-lecole-ne-pas-aborder-ce-qui-sest-passe/
Ceci incite à rappeler, suivant le précepte de Voltaire, que « sans la mémoire, l’homme ne peut rien inventer » et qu’il ne peut être question de sciemment oublier et effacer la mémoire de Samuel Paty.
Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous avoir autorisé à représenter, son éminente contribution à ce propos, sur ce site .
Les laïques concarnois à la pointe du combat !
Après la publication du rapport SAUVE , Mgr. Eric de Moulins-Beaufort invité à s’exprimer sur ses propos polémiques concernant les lois de la République française.
« Mercredi 6 octobre 2021 au lendemain de la remise du rapport de la CIASE (la Commission indépendante sur les abus dans l’Eglise, concernant les violences et agressions sexuelles commises au sein de l’Eglise depuis 1950), l’archevêque de Reims avait déclaré que « le secret de la confession est plus fort que les lois de la République« . Pour s’en expliquer, il était convoqué ce mardi par le ministre de l’Intérieur en charge des cultes. Eric de Moulins-Beaufort s’est exprimé, dans un communiqué, publié peu de temps après ce rendez-vous.
Dans ce texte, il demande pardon « aux personnes victimes et à tous ceux qui ont pu être peinés ou choqués ». Le président de la Conférence des évêques de France parle d’une « formulation maladroite » sur l’antenne de franceinfo, au lendemain de la publication du rapport Sauvé. Il regrette que le débat qui en a découlé ait « pris le pas sur l’accueil » du contenu du rapport. L’archevêque de Reims a qualifié de « travail remarquable » le rapport réalisé par Jean-Marc Sauvé et son équipe. Il emploie des mots forts et évoque sa « honte« , sa « consternation« , devant ces faits. Il invite d’ailleurs « les paroisses, les mouvements, les communautés » à lire ce document pour en tirer les « conséquences qui s’imposent« . Il assure enfin avec fermeté que les catholiques de France sont désormais déterminés à faire de la protection des enfants une « priorité absolue« , y compris tous les évêques du pays. Réunis en assemblée plénière le mois prochain, ils travailleront « sur les mesures et réformes à poursuivre et à entreprendre« , pour que l’Eglise mérite la confiance de tous « .

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