Rites normaliens : du bizutage à l’amitié indéfectible ?

     Ces pratiques d’un autre temps, désormais réprimées par la loi,eurent cours, par le passé, dans la plupart des Écoles normales primaires de France. On disait qu’elles étaient à l’origine de certains traits  de l’esprit normalien lui-même fondateur de l’esprit de corps des Instituteurs et des Institutrices publics… En réalité les Écoles normales primaires ayant fait l’objet d’une suppression pure et simple en 1989 ( Loi Jospin),les dites pratiques  appartiennent désormais à l’histoire des Écoles normales, contribuant à meubler le patrimoine immatériel qu’elles eurent l’honneur de constituer puis de porter sur la base des Lois scolaires de la 3è République. Il est désormais difficile d’en appréhender les  prémices , les archives normaliennes ayant fait l’objet de plusieurs dispersions, sans doute préjudiciables à l’intégrité de ce  que d’aucuns  seraient tentés de  qualifier de « petit patrimoine ». Mais ceci n’engage pas nécessairement tous les protagonistes survivants d’une époque révolue et profondément attachés à une mémoire persistante aux racines souvent  traumatiques…
A l’ASVPNF on considère que  ces traditions restent  à remettre  en lumière avant  que le temps  ou  que des choix politiques  délibérés n’imposent des procédures d’oubli à leur encontre .
 
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos, en cliquant ici, une brève mise au point  qui permet d’appréhender certains des effets des traditions ritualisées sur l’esprit normalien et sur la représentation que l’on peut en avoir . 

Lundi 4 octobre 1954 ; la rentrée (et ses suites) des « lauréats » du concours d’admission à l’ENG de QUIMPER racontées et illustrées par André Le Goff.

     

Ce jour là en effet une bonne quarantaine de « Bleus »(âgés de 16 ans) débarquaient, avec armes et bagages, au 8 rue de Rosmadec pour un séjour de 4 années scolaires… aux frais de la République.  
 
      Ils y furent accueillis par un comité ad hoc   constitué des anciens de la « Maison » dont la prévenance , le sens de la fraternité et la permanence (sic ) ne tardèrent pas à se manifester. A. le Goff  rapporte ici quelques uns de ses souvenirs relevant de « l’impossible mémoire du bizutage  dans les Ecoles Normales  d’Instituteurs « . Il s’agit  d’une mémoire trop longtemps restée silencieuse  qu’il resterait à reconstituer et à restituer.  Est-elle partie constitutive  de l’esprit normalien?
 
     Les visiteurs intéressés pourront consulter le récit illustré en question en en cliquant ici.  
 
     On rappellera, pour contextualiser cette rentrée parmi tant d’autres, que le 10 octobre du même mois d’octobre 1954  se déclenchait l’insurrection armée en  Algérie, ceci n’ayant rien à voir avec ce qui précède -encore que les premières victimes  de ce conflit furent des instituteurs. 
 
     Que notre ami A. Le Goff soit chaleureusement remercié pour son témoignage mesuré  sur des rites d’intégration, sans doute venus de loin, et transmis sans encombre de génération  en génération  de normaliens…                    

Rituels d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs,le regard  de l’anthropologue

Les visiteurs intéressés par ces pratiques et leur signification pourront consulter, en suivant ce lien, l’article de Dominique BLANC, Ingénieur (Ecole des Hautes études en Sciences Sociales (LISST) – Centre d’anthropologie sociale – Toulouse) intitulé « Rituels d’entrée à l’Ecole Normale d’Instituteurs« ) et publié en 1987 dans le périodique TERRAIN8,52-62. Il est dévolu aux bizutages normaliens. 

L’usinage des « bleus » de l’ENG de Quimper en 1954 !

L’auteur de cet article, lauréat du concours d’entrée  en 1954, a conservé-comme tous ses camarades de promotion-le souvenir indélébile des rites humiliants et dégradants subits alors qu’il était adolescent. Dans  ses mémoires rédigés 43 ans après les faits, il en parle avec beaucoup de précision, de réserve et d’émotion.
Il rappelle fort justement que les bizutés de 1954-1955 ne furent pas d’excellents bizuteurs…pour le grand  bonheur de leurs cadets.
Les victimes, contrairement à leurs aînés, avaient en effet collectivement décidé que l’intégration des élèves-maîtres dans le corps social des Instituteurs de l’Ecole publique ne pouvaient résulter de pratiques d’un autre âge. On sait  que par la Loi du 17 juin 1998  présentée par  Mme Ségolène Royal (ministre) et votée par nos assemblées parlementaires , brimades et bizutages pratiqués en public dans des réunions liées aux « milieux scolaires et socio-éducatifs » constituent des délits  punis comme tels.
Les visiteurs du site pourront consulter, en cliquant ici, le document mis à disposition de l’Association par notre Collègue.   Qu’il en soit remercié chaleureusement.