Betharram; un rapport de plus !

Pour différer le jugement des coupables et l’octroi de réparations aux victimes ?

On savait qu’une commission d’enquête indépendante sur les violences sexuelles et physiques commises à Notre-Dame-de-Bétharram avait été constituée et missionnée en février 2025. Elle était présidée par le Professeur Jean-Pierre Massias, président de l’IFJD (Institut Francophone pour la  Justice et la Démocratie) celui-ci acceptant cette charge à la condition de la reconnaissance entière de l’indépendance et de l’autonomie de cette commission, pleinement admises par la congrégation de Bétharram. Cf : https://violences-sexuelles.ifjd.org/ifjd/lecole-de-droit/

 

Missions de la Commission d’enquête indépendante

L’objectif de la Commission était tout à la fois de mesurer et d’analyser l’intensité des violences commises, de proposer des mesures de réparation complémentaires à celles qui existent déjà et de réfléchir à la mise en place de garanties de non-répétition pour l’avenir. Organisée sur le modèle des Commissions vérité et sur les bases des principes posés par Louis Joinet, elle devait rendre son rapport pour le mois de décembre 2025. Elle  devait procéder – sur la base d’entretiens avec les différents acteurs impliqués et par l’analyse des archives de la congrégation et de l’ensemble de la littérature pertinente- à une étude pluridisciplinaire afin de pouvoir rendre compte de la complexité de ces violences et de leurs conséquences pour les victimes.

 La mission de la commission était triple :

Mesurer et d’analyser l’intensité des violences commises, 

Proposer des mesures de réparation complémentaires à celles qui existent déjà,

Réfléchir à la mise en place de garanties de non-répétition pour l’avenir.

Elle était organisée autour de trois axes : comprendre, réparer et prévenir.

 En réalité, ladite commission  a rendu ses conclusions le 20 juin  2026 .  Les visiteurs de ce site pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 1 (Rapport du 20 juin 2026, de la commission d’enquête indépendante sur les violences sexuelles et physiques à Notre-dame-de-Bétharram ).

 Ils pourront également consulter le Fichier 2 comportant l’analyse critique de ce nouveau rapport par l’ASVPNF  et le propos de cette Association concernant la multiplication étonnante des conclusions  d’enquête(s) alors que les victimes des violences intellectuelles, sexuelles et physiques  continuent à gérer personnellement les effets de leurs traumatismes dans l’attente des réparations nécessaires.

La microhistoire

Existerait-il donc une macrohistoire ?  C’est une des questions qui ressort à la lecture de l’article mis en ligne récemment par le CRHA sous l’intitulé : «  Hommage à Carlo Ginzburg , fondateur de la microhistoire ». On connaissait déjà l’histoire, à ne pas confondre avec l’ Histoire.  En réalité selon Philmag « Ginzburg se glissait dans les interstices des grands récits produits par les dominants pour faire entendre d’autres voix et faire voir d’autres réalités. Locale, circonscrite, son histoire n’est pas pour autant étriquée – au contraire, elle s’ouvre en même temps sur des faits beaucoup plus amples. Le ‘petit’ est beaucoup plus riche qu’il n’y paraît” (https://www.philomag.com/articles/les-grandes-idees-de-carlo-ginzburg?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=NLsemaine )

Selon  Wikipedia : « Influencée par E. P. Thompson, la microhistoire propose aux historiens de délaisser l’étude des masses ou des classes pour s’intéresser aux individus dans leur environnement. Il a pu s’agir de se focaliser sur l’histoire d’un individu pour éclairer les caractéristiques du monde qui l’entoure, ou de s’intéresser à une localité particulière, à l’évolution d’une culture matérielle ou encore aux liens entre rapports sociaux et activation des ressources naturelles. Malgré une confusion assez répandue, la microhistoire ne correspond pas au fait de s’occuper des « petites choses », comme l’explique Giovanni Levi, mais bien plutôt de « lire les choses avec un microscope » .

Ceci étant  noté, on voit bien que les profanes, amoureux non seulement de l’histoire-qu’elle soit petite ou grande- mais aussi des histoires, doivent être initiés à ce langage . A cette fin ils pourront déjà  consulter l’article du CRHA noté dès l’abord  (Fichier 1).  I y apparaît que : « Carlo Ginzburg est décédé dans la nuit du 16 au 17 juin. Il était un des plus grands historiens de la fin du XXe et début du XXIe siècle, mondialement connu, et auteur de plusieurs livres qui ont marqué des générations d’étudiantes et d’étudiants et de passionné.es d’histoire. Il fut également un des principaux instigateurs de la microhistoire, une méthode qui renouvela considérablement l’histoire sociale, en proposant d’étudier l’histoire à travers un changement d’échelle, observant comme au microscope les dynamiques individuelles et les évolutions sur de petits territoires. Ce changement de paradigme a influencé jusqu’à aujourd’hui de nombreux travaux de la recherche en histoire ».

Compte tenu des enjeux ainsi mis en lumière  et de nos préoccupations associatives dévolues à l’histoire du système éducatif, l’article du CRHA  a  donné lieu à un examen détaillé   suivi d’un compte rendu  que l’on trouvera à Fichier 2 .

On pourra également recourir un texte encart sur la question (La microhistoire et Carlo Ginzburg : enjeux et limites) en cliquant sur Fichier 3 .

 

Benoît Kermoal nous a autorisé à reproduire et représenter l’article du CRHA ; qu’il en soit remercié .

L’Ecole publique en danger et les relations Ecole-Familles.

La lecture de l’article fondateur de Djéhanne Gani à ce propos paru dans le Café pédagogique (17 juin 2026)  ne manquera pas d’indigner nombre de visiteurs ordinaires de ce site, souvent amoureux inconditionnels de l’École laïque.  Ils  seront aussi  enclins   à penser  que l’on est bien loin des temps heureux  où ces questions se réglaient au sein  des associations amies de l’École notamment les amicales laïques.

Quoi qu’il en soit ils auront accès, en  cliquant sur Fichier 1,  à l’article original intitulé  :

Relation Ecole-familles : « Si le contrat est rompu, l’école publique est en danger »

Où il apparaît que «  Le SE-Unsa alerte sur la dégradation des relations entre les familles et l’école. Derrière la hausse des différends et des violences, le syndicat voit les symptômes d’une crise plus profonde qui touche l’institution scolaire et, au-delà, la société tout entière ».

 

Compte tenu des enjeux et des valeurs associatives centrées sur l’Ecole publique et son devenir défendues par l’ASVPNF, nous avons procédé à une analyse critique de l’article sus-visé, analyse qui n’engage que l’Association elle-même. Les visiteurs pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 2 : L’école publique en danger, relations école-familles ; essai d’analyse critique

Il en ressort que « La crise actuelle des relations entre l’École publique et les familles n’est pas une simple question de communication dégradée, ni un défaut passager d’organisation. C’est un symptôme politique, culturel et social bien plus profond : celui d’une perte de sens du commun. En Bretagne, cette question prend une résonance particulière, car l’histoire scolaire y fut longtemps marquée par une double réalité : la force de l’enseignement privé confessionnel d’un côté, et l’existence d’un puissant tissu laïque et républicain de l’autre.
Il faut le dire clairement : l’École publique ne peut pas être réduite à une prestataire de services. Elle n’est pas une offre parmi d’autres sur un marché éducatif. Elle est une institution démocratique, gratuite, laïque, ouverte à tous, chargée de former des citoyens. Lorsque cette idée s’efface, la défiance s’installe, les relations se crispent, et le recours au privé apparaît trop souvent comme un refuge ou une arme de pression plutôt que comme un simple choix de proximité. »

On trouvera pour étayer une discussion à peine entamée un Fichier 3 intitulé « Quelle école voulons-nous ? Réflexions sur la crise du lien entre l’École publique et les familles »

 Que Djéhanne Gani soit  cordialement remerciée de nous avoir permis cet emprunt au  Café pédagogique et d’avoir été à l’origine d’une réflexion qu’il s’agit de poursuivre sans faiblesse !

André Le Goff raconte : « Enfin retraité ! »

Dans la série   « André Le Goff raconte », les visiteurs sont invités à prendre connaissance d’une nouvel article intitulé « Enfin retraité » où notre éminent contributeur relate les circonstances particulières qui marquèrent son départ à la retraite. Il en garde un souvenir ému exprimé de façon émouvante !

Rappelons  qu’ancien normalien entré à l’École normale en 1954, puis professeur de mathématiques en CEG et en collège, l’auteur propose ici un témoignage personnel sur le passage à la retraite. Rédigé dans une langue vive et précise, ce récit, accompagné d’un croquis, éclaire avec simplicité la fin d’une carrière d’enseignant et le rapport durable qu’un normalien peut entretenir avec son métier, son École de formation et les valeurs de l’École laïque. Attaché à l’histoire normalienne, à la laïcité et au service public, il inscrit également son parcours dans un horizon de fidélités professionnelles et civiques. Son  récit illustré  est accessible en cliquant ici .

Dans l’attente de ses futures contributions, nous remercions chaleureusement André Le Goff de continuer à restituer la mémoire normalienne et à la faire connaître.

Qu’est ce que la vérité scientifique ?

C’est la question essentielle qui ressort de l’article de Thierry Foucart paru le  6 juin 2026 dans Mezetulle, le blog revue de Catherine Kintzler sous l’intitulé :

« L’ARCOM entre  Sciences et médias »

À la suite de cet article illustré et en écho à la réflexion récente sur le chat de Schrödinger, cet texte propose une analyse critique de la question de la vérité scientifique. Il s’agit d’examiner comment la méthode scientifique, la formation du consensus et la médiatisation régulée des savoirs s’articulent – et parfois s’opposent – dans le débat contemporain sur le changement climatique. Loin de réduire la vérité scientifique à un consensus ou à une opinion, nous défendons qu’elle repose sur un processus rigoureux d’hypothèse, d’expérience et de réfutation. Le consensus (tel que celui du GIEC) fonctionne comme un indicateur de fiabilité, non comme fondement de vérité. Enfin, la régulation des débats médiatiques doit protéger l’honnêteté du débat sans pour autant « décréter » la vérité scientifique, évitant ainsi deux dérives : la juridicisation des savoirs et le relativisme généralisé.

Les visiteurs de ce site pourront consulter deux fichiers se rapportant  à cette question d’une actualité prégnante aux prolongements politiques préoccupants :

 Fichier1 .   L’Arcom  entre sciences et médias par Thierry Foucart

 Fichier 2.  La quête de la vérité scientifique à  la lumière du débat sur le changement climatique par T.R. et PPty.

 Que Catherine Kintzler  soit cordialement remerciée  de nous avoir permis ce nouvel emprunt à Mezetulle

L’Ecole apprend-elle encore à penser ?

Tel est l’intitulé de l’article récemment mis en ligne sur le site du Café pédagogique dans lequel Jacques Marpeau donne réponse aux questions que lui pose à ce propos  Daniel Gostain . Le libellé de la question  laisse deviner une réponse réservée voire négative et souligne sa gravité au moment où  de nombreux médias et observateurs bien  informés  parlent des périls grandissants de l‘institution scolaire. Car de là  à croire que c’est la réalité le chemin est vite fait portant à croire que pour l’essentiel  l’Ecole de la République aurait failli à sa mission première. Mais pour éviter  ce genre de raccourci saisissant d’autant plus fâcheux qu’il évite de penser, il convient de suivre la démarche des   deux auteurs  mentionnés. On y  découvrira ce qu’est ou pourrait être  l’apprentissage de la pensée à l’Ecole publique laïque et républicaine. Ceci ne manquera pas de retenir l’attention des visiteurs de ce site qui auront accès à leur argumentaire dans son intégralité en cliquant sur  Fichier 1.

A l’ASVPNF,Association pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Normalien  du  Finistère il a semblé opportun de porter à la connaissance des visiteurs de ce site dédié à l’histoire et à la mémoire des Écoles normales et à celles des Instituteurs et Institutrices qui y furent formés pendant près d’un siècle,  ce qui pourrait refléter le résultat d’une longue expérience tant sur l’exercice que sur l’apprentissage de la pensée . Il est convenu que ladite expérience  n’a pas donné lieu, c’est une évidence,  à réfutation et qu’en conséquence le propos pourrait susciter des réserves voire des contestations.

L’ensemble de ces remarques est rassemblé dans un texte   intitulé :

“Apprendre à penser à l’école : raison, langage et émancipation dans la tradition républicaine »

… que l’on pourra consulter en cliquant sur Fichier 2

 

Ce texte propose une mise au point claire et rigoureuse sur la question « apprendre à penser à l’école ». Il rappelle que penser n’est ni rêvasser ni fantasmer, mais un travail de raison, de mise en ordre et de mise en forme exigeant. La pensée se constitue vraiment uniquement par le langage : elle doit être dite et écrite avec précision, grâce à un vocabulaire exact et une syntaxe maîtrisée.

Il réaffirme l’articulation traditionnelle entre savoirs et pensée : la raison ne s’exerce pas dans le vide, elle travaille sur des contenus, des notions et des faits. La science, avec sa capacité de réfutation, illustre cette exigence critique qui protège contre toutes les formes d’emprise intellectuelle. L’article s’appuie sur Condorcet, Ferry et Buisson pour montrer que l’école républicaine a toujours lié instruction, raison et liberté de jugement.

Il insiste enfin sur l’obligation professionnelle des maîtres : on n’enseigne pas ce que l’on ne pratique pas. Apprendre à penser n’est ni un slogan ni un supplément d’âme, mais une discipline fondée sur la langue, les savoirs et la raison critique, au service de l’émancipation.

 
La réflexion menée, au moment où dans certains milieux on envisage refonder l’Ecole , a été initiée par la mise en ligne sur le site du Café pédagogique de l’article de Jacques Marpeau et Daniel Gostain. Que ces deux auteurs et Djéhanne Gani, rédactrice en chef, soient remerciés de nous permettre cet emprunt.

Petite chronique d’après Ciase et Betharram ( XI )

Restant fidèle aux engagements pris à l’ASVPNF,  nous tenons régulièrement informés nos visiteurs  des turpitudes et contre-turpitudes se révélant de semaine en semaine dans les institutions de l’église catholique telles que rapportées dans les médias catholiques eux-mêmes . Si sur ces bases on ne peut donc être suspecté de partialité dans les choix informationnels force est de constater que la matière est inépuisable et que le temps passant la rubrique ouverte au moment des évènements mentionnés dans l’intitulé  ne cesse de se garnir .  Cette observation n’est guère rassurante au point d’être convaincu de rapporter sur des violences systémiques justifiant un contentieux de masse dont on ne mesure pas encore l’ampleur.  On conviendra aisément que l’état des lieux que l’on effectue  ne peut-être exhaustif; ce n’est pas sa vocation .

Selon la procédure habituelle  les visiteurs  de ce site, souvent indignés de la gravité et de la multiplicité des faits, trouveront un Fichier volumineux accessible d’un seul clic gauche et comportant trois groupes d’items regroupés sous les titres suivants :

I.   Après la Ciase ………………………………   pp. 1- 3

II. Les nouvelles de Golias……………………    pp.3-38   

III. Le dossier de La Croix  : l’Eglise face à la pédophilie et aux abus sexuels………………………pp.38-51

  Que les Editeurs en chef des trois médias  mentionnés soient très cordialement remerciés de nous permettre ces emprunts .

Le club des dirigeants de l’Education

Un comité autoproclamé de privatisation du système public d’Education

 Cet article souhaite apporter une contribution au décryptage  des objectifs et des modalités d‘action  de ce soi-disant club, récemment mis en place au sein du grand service public de l’Education nationale. S’agit-il de faire diversion pour ne pas traiter les problèmes urgents ? On ne le saura pas !

Rappelons dans ce cas qu’un service public (tel celui dont on semble proposer le démantèlement) est une activité exercée directement par l’autorité publique (Etat, collectivité territoriale ou locale) ou sous son contrôle,dans le but de satisfaire un besoin d’intérêt général ; l’EDUCATION dans le cas qui nous intéresse ici.

L’article de Stéphane Germain  publié dans Le Café pédagogique qu’on pourra consulter en cliquant ici (Fichier 1)  s’inscrit clairement dans une tradition critique du New Public Management (NPM) appliqué à l’éducation, en mobilisant à la fois des arguments de principe (service public) et des arguments empiriques (réception par les acteurs, état de la recherche). Il comporte :

 Une critique structurée du tournant managérial

Le texte présente une cohérence argumentative forte autour d’une idée centrale : le « Club des dirigeants de l’éducation » serait un lobby ,vecteur d’introduction du NPM dans l’Ecole publique de la République  française. Plusieurs points y sont solidement étayés :

La mise en évidence d’un réseau d’acteurs hybrides (hauts fonctionnaires, privé sous contrat, EdTech, apprentissage) correspond bien à des recompositions contemporaines de l’action publique, où les frontières public/privé deviennent poreuses.

L’analyse des « quatre piliers » (pédagogique, administratif, financier, RH) montre effectivement une convergence avec les instruments classiques du NPM : autonomie des unités, pilotage par la performance, responsabilisation des managers locaux, logique de quasi-marché.

La critique de l’autonomie financière et du recours à des financements privés est pertinente dans le contexte français, où cela peut accentuer les inégalités territoriales et sociales entre établissements.

Exemple éclairant : dans les systèmes ayant poussé loin l’autonomie (Angleterre, certaines régions des États-Unis), la capacité à lever des fonds ou à attirer des publics favorisés a souvent renforcé la stratification scolaire plutôt que la réduire.

 Une défense normative du service public

L’article repose aussi sur un socle idéologique assumé : la défense des principes classiques du service public à la française (égalité, gratuité, neutralité, continuité). Cette dimension  légitime oriente fortement l’analyse et à l’ASVPNF on s’en félicite et ceci en dépit de travaux  montrant que des formes d’autonomie locale peuvent améliorer l’efficacité ou l’adaptation pédagogique quand elles sont accompagnées de régulations fortes et d’une culture professionnelle collaborative.

 Une critique pertinente  du « lobbying »

Il est exact que le Club cherche à influencer l’action publique, notamment à l’approche d’échéances électorales. Il remet en cause la question centrale du pouvoir pédagogique.

L’un des apports les plus intéressants du texte concerne la place des enseignants. L’auteur souligne à juste titre que l’autonomie privilégiée est  celle  des chefs d’établissement,  et non  celle des enseignants et de leurs associations. Au total le discours du Club  consiste donc à promouvoir l’autonomie tout en renforçant la hiérarchie.

 Une tension réelle révélée dans le système éducatif

L’article met en lumière une fracture importante dans le champ éducatif français entre une logique de pilotage par la performance, inspirée du management et une conception professionnelle et démocratique de l’éducation centrée sur les enseignants et l’intérêt général.

Le fait que les personnels de direction eux-mêmes soient divisés renforce la crédibilité du diagnostic : il ne s’agit pas d’une opposition simpliste entre « réformateurs » et « conservateurs », mais d’un débat structurant sur la finalité de l’Ecole. L’occultation délibérée des personnels enseignant, technique et administratif relève de la provocation qui ne laisse augurer rien de bon/

.Ces éléments d’appréciation étant soulignés, on pourra consulter en cliquant ici (Fichier 2)  un document pouvant témoigner de la position de l’ASVPNF  s’agissant d’un problème existentiel pour l’Ecole publique de la République à moins d’un an d’une échéance électorale importante.

Que Djéhanne Gani, rédactrice en chef, soit très cordialement remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt  au Café pédagogique.

Quand le secret de la confession déborde l’Église

À l’occasion de l’examen du projet de loi dit « post-Bétharram » à l’Assemblée nationale, le « secret de la confession » — notion que l’on croyait reléguée à d’autres temps — s’est invité au cœur du débat public. Invoqué au nom du droit canonique, il a été indirectement conforté par la suppression d’un article clé qui visait à imposer aux ministres du culte le signalement des violences sexuelles sur mineurs révélées en confession.

Ce retrait, obtenu au terme de débats tendus, a permis l’adoption d’un texte sensiblement affaibli. Mais il ne constitue pas un cas isolé. Deux autres points d’achoppement majeurs ont, eux aussi, été tranchés au prix d’importantes concessions : d’une part, le maintien des équilibres liés aux contrats d’association, qui préservent l’autonomie de l’enseignement privé, notamment diocésain, en limitant le renforcement du contrôle de l’État ; d’autre part, la suppression du fonds de réparation initialement prévu pour indemniser les victimes, écarté au motif de ne pas engager davantage la responsabilité financière de la puissance publique.

Dès lors, peut-on encore parler d’une avancée décisive en matière de protection de l’enfance ? Rien n’est moins sûr. Le secret de la confession demeure intact, les obligations de signalement inchangées, le contrôle de l’enseignement privé peu modifié, et les mécanismes de réparation des victimes abandonnés.

Le contraste est frappant entre les ambitions initiales du projet, portées notamment par les travaux de la commission d’enquête parlementaire, et la version finalement adoptée. Présentée comme une réponse forte à des affaires graves, la loi apparaît, en l’état, comme un compromis qui préserve des intérêts institutionnels — ceux de l’Église comme ceux de l’État — au détriment de l’efficacité attendue.

Les perdants, eux, sont clairement identifiables : les victimes d’hier, privées de reconnaissance et de réparation, et celles de demain, auxquelles le dispositif adopté n’offre pas les garanties que l’on était en droit d’attendre.

C’est dans ce contexte que ce site propose d’éclairer les enjeux du « secret de la confession », à la lumière des principes de laïcité et de primauté de la justice civile. L’objectif est de lever les ambiguïtés entourant cette notion et d’interroger ses effets concrets lorsqu’elle entre en tension avec la protection due aux mineurs.

 Les visiteurs pourront ainsi consulter, en cliquant ici, le texte complet 
 
Quand le secret de la confession déborde l’Église Indulgences, gouvernement des corps et primauté de la justice civile

A propos de la Loi “post-Bétharram” examinée récemment à l’Assemblée nationale

                          La loi « post‑Bétharram » : une avancée nécessaire, un renoncement préoccupant (Juin 2026)

 La proposition de loi n°2448 (février 2026) s’inscrit dans le prolongement direct de la commission d’enquête parlementaire déclenchée par les révélations de violences systémiques dans plusieurs établissements scolaires (dont Bétharram). Elle fait suite à un travail préparatoire exceptionnel : environ 140 auditions, 10 000 documents, 50 recommandations adoptées à l’unanimité. Son objectif principal était de prévenir, détecter et sanctionner les violences (physiques, psychologiques, sexuelles) en milieu scolaire et périscolaire. Son champ d’application concernait tous les établissements (publics, privés sous contrat et hors contrat).

Il s’agit donc moins d’une réforme de structure de l’École que d’une loi de protection de l’enfance à l’intérieur du système éducatif.

 Au résultat, tel qu’on peut l’appréhender dans les medias – voir à ce propos  le  Fichier 1  qui reprend quelques articles révélateurs , choisis dans une matière abondante et variée, on retiendra  au moins provisoirement et en restant aussi fidèle que possible à la  volonté exemplaires des deux députés porteurs du projet  (Violette Spillebout et Paul Vannier) que :

« La loi « post‑Bétharram » marque une reconnaissance importante des violences subies par des élèves et des défaillances du contrôle public. Elle renforce utilement les dispositifs de prévention et de surveillance, y compris dans l’enseignement privé.
Toutefois, le texte a été sensiblement édulcoré au fil des débats parlementaires. Le recul le plus préoccupant concerne le maintien du secret de la confession face aux violences sur mineurs.
Ce choix introduit une exception religieuse dans un domaine où devrait s’imposer sans réserve la protection de l’enfance. Il entre ainsi en tension avec une conception exigeante de la laïcité fondée sur la primauté de la loi commune.
Aucune conviction ne devrait permettre de se soustraire à l’obligation de signalement.
La loi constitue dès lors une avancée réelle mais incomplète, révélant les limites persistantes du contrôle de l’État et appelant un approfondissement sans compromis du principe de laïcité.”

Dans ce contexte, les visiteurs pourront consulter sur ce site :
Le  Fichier 1  intitulé : «  La loi   Post-Bétharram :  la marche longue et difficile de l’Histoire »

Le Fichier 2 intitulé : « La loi  post‑Bétharram  : une avancée nécessaire, un renoncement préoccupant »

 Que Djéhanne Gani, rédactrice du Café pédagogique, soit remerciée de nous permettre ces nouveaux emprunts  au site internet qu’elle « alimente »au quotidien .