La Lettre d’Information n°9 de L’ASVPNF

Destinée aux adhérents et aux amis  de l’Association , elle vient d’être  diffusée à mi-parcours de l’exercice associatif en cours .

Cette nouvelle livraison rend compte des réflexions, des recherches et des hommages qui ont marqué l’activité de notre Association. Elle témoigne d’une même volonté : faire vivre une mémoire utile, transmettre un héritage humaniste et rappeler le rôle essentiel de l’École publique laïque dans la formation des citoyens.

Une place importante est accordée aux enjeux contemporains de l’École, de la laïcité et de la liberté de penser. À travers la référence à l’assassinat de Samuel Paty et à ses suites, la lettre interroge la fragilité de la mission enseignante lorsque l’Institution ne soutient plus suffisamment celles et ceux qui instruisent. Elle réaffirme l’attachement de l’ASVPNF à une école fondée sur la raison, l’émancipation, la protection de l’enfance et l’autorité légitime des maîtres.

La figure de Jean Zay, dont le 90e anniversaire de la nomination au ministère de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts a été récemment commémoré, occupe également une place centrale. Son œuvre scolaire, culturelle et scientifique demeure un repère majeur pour penser une République ambitieuse, démocratique et laïque. Son destin tragique rappelle aussi les conséquences extrêmes de la haine politique et de la destruction des valeurs républicaines.

La lettre revient enfin sur plusieurs travaux consacrés à l’histoire locale, aux normaliens et instituteurs résistants, à la mémoire de nos anciens maîtres, à Pierre-Jakez Hélias et à des personnalités comme Jeanne Le Borgne. Elle évoque également nos recherches sur la langue bretonne, avec Prosper Proux et Anatole Le Bras, ainsi que sur l’histoire de la chouannerie en pays de Fouesnant, la place du breton dans Le Finistère au début de la Troisième République et le rôle fondateur de la Commune de Paris.

Cette lettre s’inscrit dans la vocation de notre site : mettre à la disposition de tous des travaux de mémoire, d’histoire, de culture et de réflexion civique.

Nous vous invitons à découvrir cette Lettre d’information n°9 sur le site de l’ASVPNF  en cliquant ici.

Quand des paysans cornouaillais parlaient politique en breton

Un dialogue de 1887 dans Le Finistère

                                                                                    

En novembre 1887, Le Finistère publie un dialogue en breton entre deux paysans qui jugent sévèrement les députés conservateurs et appellent à voter pour les républicains modérés. Ce texte, signé « Paolik ar Parkou », illustre la stratégie républicaine de laïcisation par le breton.

Un journal républicain à Quimper

Hemon,_Louis.jpgLe Finistère paraît à Quimper à partir de 1872. D’abord « journal politique », il devient progressivement « organe hebdomadaire d’union républicaine ». Son fondateur, Louis Hémon, avocat quimpérois, est une figure centrale du républicanisme finistérien : député de Quimper à plusieurs reprises, puis sénateur.

 Dans les années 1880, le département est politiquement divisé. Les républicains défendent la laïcisation de l’enseignement et la stabilité gouvernementale, face à une droite monarchiste et catholique puissante.

IMG_20260815_151042_524~2 (1).jpgLa rubrique «Variété» du journal , en fin de numéro,accueille des textes courts, parfois en breton, qui participent à cette campagne.

Ce dossier, centré sur un dialogue en breton publié dans Le Finistère en 1887, offre un éclairage précieux sur la manière dont la République s’est installée — et a été débattue — dans les campagnes bretonnantes de Cornouailles. Loin d’être un simple exercice de propagande républicaine, ce texte témoigne d’un moment où la langue bretonne a été mobilisée, paradoxalement, pour porter des idées républicaines et laïques auprès d’un public rural.. L’ensemble des données recueillies sont consignées dans un fichier  accessible en cliquant ici .

Il comporte ;

1. Texte original : transcription brute …………………………..   p.2

2. Version en breton peurunvan ……………………………………. p.3

3. Traduction en français contemporain ………………………   p.4

4. Traduction annotée (extraits commentés)………………..    p.5

5. Contexte politique……………………………………………………. p.7
5.1. Contexte  historique du dialogue………………………  p.7
5.2. Apports à la laïcisation républicaine  …………………….  p.8
5.3. Le pseudonyme « Paolik ar Parkou » …………………….. p.9

6. Versions en regard …………………………………………………. p.11
6.1. Transcription brute / Breton peurunvan …………….     p.11
6.2. Breton peurunvan / Traduction française …… …….   p.14

7. Version condensée (article court) …………………………….p.16   

 

Sur le plan historique, cette étude montre que l’instauration de la République dans les campagnes bretonnes ne s’est pas faite uniquement par le français, par l’école ou par la répression des usages locaux. Elle a aussi emprunté la voie du breton, utilisé comme un vecteur de pédagogie civique. Les paysans  « Yeun » et « Perik » ne sont pas de simples figurants : ils sont invités à juger leurs élus, à discuter de la conversion des rentes, à voter « pour les hommes raisonnables ». C’est une forme de citoyenneté en breton qui se construit, à contre-courant des discours cléricaux et monarchistes.

Sur le plan linguistique et culturel, ce texte rappelle que le breton n’était pas seulement la langue de la foi, des traditions ou du folklore. Il était aussi apte à exprimer des enjeux politiques modernes, à porter un vocabulaire civique (gouarnamant, deputed, republicaned, votiñ, dilennadegoù), à construire un débat public dans la langue du peuple. La jeune République, dans sa volonté d’unification linguistique et de laïcisation par le français, a souvent cherché à marginaliser, voire à faire disparaître cet usage du breton. Ce dossier contribue à le réhabiliter, en montrant qu’il a existé un breton politique, civique, républicain — et que ce breton-là mérite d’être étudié, valorisé, transmis.

Puisse cette approche, modeste mais précise, inciter d’autres chercheurs, enseignants ou militants à explorer ce corpus encore trop méconnu des articles en breton de la presse républicaine régionale. Car c’est dans ces textes, parfois oubliés, que se lit une part de l’« âme bretonne » — non pas celle, figée, des folkloristes ou des nationalistes, mais celle, vivante, des paysans qui discutaient politique, qui votaient, qui jugeaient leurs élus, dans leur langue maternelle sans passer saus les fourches caudines  du clergé.

Le drapeau tricolore, symbole disputé et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »

Nous avons déjà abordé  sur ce site  (https://asvpnf.com/index.php/2026/06/30/reecrire-lhistoire-dans-le-respect-des-emblemes-fixes-par-la-constitution-de-la-republique/) la question  de la signification et du respect dû à certains emblèmes de notre République laïque, indivisible,démocratique et sociale . Nous saisissons à présent l’opportunité  offerte par la parution sur Mezetulle d’un article de Catherine Kintzler suite à la recension qu’elle a faite de l’ouvrage de Philippe Poussier  intitulé  » Le Drapeau tricolore  » pour revenir sur ce problème  dont l’actualité demeure,  notamment au travers des évènements politiques  et sportifs en cours et à venir…

On se propose ici,  faisant référence au drapeau tricolore, d’en déconstruire les légendes et d’en restituer les enjeux historiques. Nous souhaitons de ce fait pouvoir offrir aux visiteurs une lecture qui ne diminue pas le drapeau, mais qui le rend plus intelligible, plus humain voire plus  « habitable »

Il apparaît ainsi que :  

    -L’histoire de notre drapeau  national n’est pas linéaire : elle est marquée par des alternances, des contestations, des choix politiques délibérés (Lamartine, 1848 ; 1879 ; 1958).

    -Les couleurs ne sont pas figées dans un sens unique : elles ont été interprétées diversement selon les époques, les régimes, les groupes sociaux.

   -Les cérémonies au drapeau sont des rituels civiques vivants, mais leur efficacité dépend de la manière dont ils sont accompagnés pédagogiquement.

    -Les gestes présidentiels récents montrent que le drapeau reste un objet politique instable, susceptible d’être réinterprété.

Sur ce thème  les visiteurs pourront consulter  trois fichiers:

 FICHIER 1 . « Le Drapeau tricolore » de Philippe Foussier
 
Fichier 2 . Le drapeau tricolore  symbole disputé  et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »
Fichier 3 . Drapeaux et résurgence de nationalismes quelques clés et renvoi au Gwenn ha du
 
Au total on dira  que   les drapeaux, oriflammes et bannières sont des outils puissants de formatage des opinions, mais ils peuvent aussi être des instruments de pédagogie citoyenne, si l’on accepte de les démystifier et de les inscrire dans une histoire complexe et ouverte.
 
Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle !

Contre l’ignorance volontaire et l’obscurantisme Démystifier les religions et leurs emprises contre nature

Raison, liberté, bien public : contre les emprises cléricales et les obscurantismes, la laïcité demeure l’exigence première de l’émancipation collective.
Ce dossier rassemble trois textes autour de La religion n’existe pas de Nathalie Heinich et de la recension qu’en propose Catherine Kintzler dans Mezetulle. Il entend clarifier, dans une perspective résolument laïque, les enjeux de fond que soulève la question religieuse : statut du concept de religion, critique des emprises cléricales, place de la raison et de la science, défense du bien public. L’ensemble ne vise ni la polémique gratuite ni le compromis mou, mais une confrontation lucide avec les illusions du sacré lorsque celui-ci prétend gouverner les consciences et peser sur la vie commune. En réunissant l’article de référence, une réflexion critique sur la thèse de Heinich et un texte consacré à l’obscurantisme des religions, ce dossier prend parti pour une société de liberté, d’examen et d’émancipation, où nul pouvoir spirituel ne saurait se substituer à la souveraineté du peuple.

Dans ce contexte, le visiteurs de ce site pourront consulter trois fichiers :

Fichier 1.  « La religion n’existe pas » de Nathalie Heinich par C. Kintzler

Fichier 2La religion n’existe pas : une thèse à l’épreuve de la laïcité républicaine par T.R et PPty.

Fichier 3 L’obscurantisme des religions :s’il n’avait point existé, il eût fallu l’inventer ! par T.R.et PPty.

Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée de nous avoir permis un nouvel emprunt à Mezetulle.

Michel Mazéas, un normalien engagé au service de Douarnenez

Michel Mazéas, normalien, instituteur devenu professeur, militant communiste et maire de Douarnenez pendant vingt-quatre ans, fut une figure majeure de la vie éducative, syndicale et politique du Sud-Finistère. Issu du monde ouvrier douarneniste et marqué par la mémoire des « Penn Sardin », il incarna une trajectoire d’engagement au service de l’école, de la cité et du bien commun. Son action municipale accompagna les profondes mutations de Douarnenez, en conjuguant modernisation urbaine, développement des équipements collectifs et valorisation de l’identité maritime de la ville. L’ASVPNF souhaite ainsi saluer un destin étroitement lié à l’École normale de Quimper et à l’histoire de la cité.
Les visiteurs de ce site pourront consulter,  en cliquant ici, le texte d’hommage de l’ASVPNF à Michel Mazéas.
Nous remercions André Le Goff d’avoir accepté de relire ce document et d’avoir mis à notre disposition une coupure de presse méconnue.

L’ASVPNF rend hommage à André Corbique

André Corbique nous a quittés à l’âge de 89 ans. Sa disparition nous touche profondément. Elle laisse le souvenir d’un compagnon fidèle, d’un chef de chœur talentueux et d’un homme profondément attaché à l’École laïque et à ses valeurs.
Notre amitié remonte aux années de formation, du Cours complémentaire de Huelgoat à l’École normale de Quimper. Elle s’est ensuite prolongée pendant près de soixante-quinze ans, dans la fidélité, la musique et la fraternité.
André a marqué durablement la vie des Gaillards d’Avant, qu’il a dirigés avec exigence, bienveillance et générosité. Par son engagement, il a su faire vivre un bel idéal d’amitié, de transmission et de culture partagée.

À Yvette, sa compagne, et à tous ses proches, nous adressons en cette douloureuse circonstance nos condoléances les plus sincères , l’expression de notre profonde sympathie et de notre attachement ému.

Les  visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ici le texte de l’hommage de l’ASVPNF à André Corbique.

Colonies de vacances, formation des maîtres et éducation populaire

Un de nos fidèles visiteurs, ancien animateur de colonies de vacances au titre des CEMEA, nous a fait parvenir les photos anciennes d’une « colo », prises au début du 20è siècle dans la région  d’Arcachon.  Il souhaitait, par ce moyen, attirer l’attention de notre Association  sur le sujet des colonies vacances,  sujet cher aux élèves-maîtres des écoles normales du milieu du siècle dernier. Ce fut en effet un  élément constitutif de leur  mémoire commune. Les photos en question ont été réunies dans un Fichier 1 .On pourra y accéder d’un clic gauche.

La sémiologie des images mériterait une étude approfondie .On dira, s’agissant de la carte postale de Cassy par Lanton (Gironde), intitulée « Villa Chez Nous – Dortoir annexe », qu’il s’agit d’un document d’une grande densité heuristique pour l’histoire des colonies de vacances. Elle représente manifestement  la phase pionnière de ces œuvres de plein air, antérieure à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, donc à un moment où les initiatives confessionnelles, philanthropiques et hygiénistes structurent encore largement le champ de l’encadrement enfantin.^1 Dans cette image, la colonie se donne moins comme espace de loisir que comme dispositif de redressement, d’aération et de discipline, conformément à une rationalité éducative qui précède la laïcisation plus nette des institutions de jeunesse.^2

L’organisation de l’espace est, à cet égard, particulièrement éloquente. Les bâtiments bas, disposés en enfilade, suggèrent une architecture de fonction plus que de représentation, proche des formes provisoires ou semi-provisoires analysées par l’historiographie des colonies comme caractéristiques des premières décennies du phénomène.^3 L’existence d’un « dortoir annexe » inscrit le lieu dans une économie de compartimentation des usages : dormir, se regrouper, jouer et surveiller se distribuent dans des espaces différenciés, selon une logique d’administration du collectif.^4 La cour centrale, que l’on peut raisonnablement supposer éclairée par une ampoule montée sur pylône, témoigne d’une volonté de prolonger et de sécuriser la vie commune ; l’éclairage électrique, ici, ne relève pas du simple confort, mais de l’encadrement technique du temps enfantin.^5

Les enfants sont exclusivement des garçons, ce qui oriente l’interprétation vers un univers de sociabilité masculine fortement codée. Ils ne sont ni en classe ni au repos : leurs postures, leurs regroupements et leurs gestes suggèrent des jeux de plein air, des exercices corporels, des courses ou des temps de récréation réglée.^6 Cette manière de représenter l’enfance correspond à la matrice hygiéniste des colonies naissantes, telles qu’elles se développent à partir des années 1880 pour soustraire les enfants urbains aux miasmes de la ville, fortifier leur santé et discipliner leurs corps par l’air, l’exercice et la vie collective.^7 La colonie est ici un instrument de gouvernement des corps avant d’être un espace de vacances au sens moderne du terme.

L’habillement des petits colons participe de la même économie visuelle. Les vêtements sont simples, pratiques, sans recherche d’élégance, et paraissent adaptés à une vie dehors qui exige mobilité, robustesse et modestie.^8 On n’y observe ni uniformisation militaire stricte ni différenciation sociale ostentatoire : l’ensemble évoque plutôt une tenue d’enfance sobre, conforme aux usages populaires ou modestes du tournant du siècle. Cette sobriété vestimentaire n’est pas anecdotique ; elle signale l’appartenance de ces enfants à un monde administré où l’apparence est subordonnée à la fonction, au même titre que l’architecture est subordonnée à l’usage.

La figure du prêtre en soutane occupe enfin une place décisive dans la composition. Isolé à droite du groupe, immobile et hiératique, il n’apparaît pas comme un animateur, mais comme une instance de garantie morale et disciplinaire.^9 Sa soutane fonctionne ici comme un marqueur institutionnel, rappelant que les colonies précoces procèdent souvent d’initiatives confessionnelles ou d’œuvres d’encadrement où le religieux demeure un opérateur central de la socialisation enfantine.^10 La dissymétrie entre le clerc et le groupe des garçons — dispersion vive d’un côté, fixité de l’autre — dit assez la logique de l’ensemble : les enfants sont placés sous regard, inscrits dans une économie de surveillance où la présence du prêtre atteste la « fusion du spirituel, du moral et du pédagogique ».

Cette photographie documente ainsi un moment antérieur à la recomposition laïque et administrative des colonies de vacances, avant leur inscription plus nette dans les politiques publiques de l’enfance et de la jeunesse au XXe siècle.^11 Elle appartient à ce premier âge où la colonie se définit comme œuvre, comme cure et comme discipline, bien plus que comme loisir organisé. En ce sens, elle offre un témoignage précieux sur la longue transition qui conduit des œuvres de plein air à l’institution modernisée des « jolies colonies de vacances ».

Notes

1.    Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances. De 1880 à nos jours, Paris, Perrin, 2009.

2.   Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances, op. cit. ; voir aussi l’aperçu de l’historiographie dans « Histoire des colonies de vacances en Europe », EHNE, 2025.

3.   « Les colonies de vacances en France, quelle architecture ? », In Situ. Revue des patrimoines, 2008.

4.   Ibid.

5.   Ibid. ; sur les logiques d’équipement et de modernisation matérielle, voir aussi Julien Fuchs, Le temps des jolies colonies de vacances. Au cœur de la construction d’un service public, 1944-1960, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2020.

6.   « Les colonies de vacances en France, quelle architecture ? », art. cit.

7.   Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances, op. cit.

8.   Sur les vêtements d’enfants au tournant du siècle, voir les éléments synthétiques disponibles dans les études de culture matérielle de l’enfance ; l’interprétation proposée ici demeure strictement iconographique.

9.   Sur le rôle des œuvres confessionnelles dans l’essor des colonies, voir Laura Lee Downs, Histoire des colonies de vacances, op. cit.

10. Ibid. ; voir également les synthèses historiques sur l’émergence des colonies et des patronages confessionnels.

11. Julien Fuchs, Le temps des jolies colonies de vacances, op. cit. ; sur la recomposition administrative du secteur, voir aussi l’article de synthèse de l’EHNE, art. cit.

Les visiteurs intéressés par cette page inédite de l’histoire éducative populaire, pourront prendre connaissance du Fichier 2 contenant la contribution de l’ASVPNF à la connaissance de l’Histoire des Colonies de vacances et des interactions entretenues avec la formation et l’esprit normaliens. Intitulée :

« Colonies de vacances, formation des maîtres et éducation populaire »

 

Elle révèle que :

« L’histoire des colonies de vacances en France se situe au croisement de l’hygiénisme, de l’éducation populaire et de la professionnalisation de l’encadrement enfantin. Nées dans le dernier quart du XIXe siècle, elles relèvent d’abord d’une volonté de soustraire les enfants des milieux urbains aux effets jugés délétères de la ville industrielle. Avant 1936, elles demeurent largement des œuvres de protection et de redressement moral, comme l’illustre la carte postale de Cassy par Lanton, qui donne à voir une micro-société provisoire fondée sur la séparation d’avec la famille, l’autorité des cadres et la discipline du corps. Le Front populaire ne crée pas les colonies, mais il transforme leur horizon de légitimation en inscrivant les vacances dans un cadre social et politique renouvelé. Entre 1936 et 1945, les premiers stages de moniteurs se développent dans l’orbite de l’éducation nouvelle et des réseaux associatifs, tandis que les CEMEA jouent un rôle décisif dans la diffusion d’une pédagogie active. Après 1945, les colonies deviennent un fait social massif, soutenu par l’État, les associations, les municipalités et les comités d’entreprise ; la création des diplômes de moniteur et de directeur en 1949 consacre leur professionnalisation. Dans ce cadre, le stage de moniteur prend une signification centrale pour les élèves-maîtres des écoles normales : il participe de leur formation pédagogique, tout en constituant un revenu saisonnier non négligeable et une occasion de mobilité géographique. L’article intègre enfin la dimension algérienne à travers l’OACV et le SFJA, afin de rappeler que les politiques de jeunesse s’inscrivent aussi dans une histoire coloniale et conflictuelle. Il s’achève par une annexe consacrée aux colonies réservées aux filles, champ encore inégalement documenté mais historiographiquement indispensable.”

Pour célébrer le 90è anniversaire du Front populaire et témoigner de ses apports

À l’occasion des 90 ans du Front populaire, cet article propose une relecture engagée de ses apports sociaux, éducatifs et culturels, en les confrontant aux impasses actuelles de la gauche à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. Il est suivi d’une annexe consacrée aux détracteurs du Front populaire, en particulier à ceux qui, après 1940, glissent vers le régime de Vichy et la collaboration, rappelant combien la démocratie peut vaciller lorsque ses propres acteurs renoncent à la défendre.

En lisant  Ludivine Bantigny et avant d’aller plus avant rappelons-nous,  « on dit Front populaire et aussitôt surgit une image quasi mythique: celle d’un printemps, lumineux et foisonnant. Les foules y sont denses et la grève est intense, les drapeaux claquent, les visages s’éclairent d’une joie grave. Dans les usines et les magasins occupés, on danse; sur les routes, les bicyclettes filent vers la mer; dans les rues, on chante et on espère. »(https://www.socialter.fr/article/lecons-front-populaire-1936-gauche-union-socialistes-communistes-base-militants)…   Ce fut un moment inoubliable de bonheur et de joie à garder en mémoire d’autant qu’il précédait les années funestes de la drôle de guerre, de l’occupation  et du régime collaborationniste de Vichy.                                                     

 Nous avons déjà fait paraître sur ce site plusieurs articles traitant du Front populaire, de grèves sociales l’ayant accompagné  (https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/) et  de l’oeuvre fondatrice de Jean Zay,    ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Gouvernement de Léon Blum,  panthéonisé le 27 mai 2015.( https://asvpnf.com/index.php/2026/07/07/jean-zay-ministre-du-front-populaire/ ).    

Cependant les anniversaires offrent aussi l’occasion de revenir sur des moments fondateurs de notre histoire sociale et politique et aussi pour les 90 ans du Front populaire, il importait non seulement  de mesurer l’ampleur des transformations engagées en 1936, mais aussi d’interroger leur portée dans la France contemporaine.  C’est l’objet de cette mise en ligne .

Les visiteurs  de ce site pourront consulter un article de référence du CRHA dévolu à l’institution des Congés payés en cliquant sur Fichier 1 . Il s’intitule :

« Il y a 90 ans : l’expérience des congés payés pour l’ensemble du pays »

 En effet « le 20 juin 1936 fut votée la loi sur les congés payés. Bien que ne faisant pas partie du programme du Front populaire, cette mesure est soutenue dans les grands mouvements de grève des mois de mai et juin. L’extension d’un temps de repos à l’ensemble des professions fait son chemin et l’été 1936 est le premier temps de vacances pour de nombreux Français et Françaises »

Les visiteurs pourront aussi prendre connaissance :

    – d’un Fichier 2 intitulé 

 «Les apports du Front populaire : réformes fondatrices, résistances et actualité politique »
      -et d’un Fichier 3 intitulé :

«1936–2027 : quand la gauche oublie le Front populaire ! »

  Ce fichier comporte une annexe :

 «  Des détracteurs du Front populaire aux soutiens de Vichy »

 Au total on dira que malgré sa brièveté, l’héritage du Front populaire demeure considérable. Il a profondément transformé la vie quotidienne des Français et posé les bases de nombreux droits sociaux encore en vigueur aujourd’hui. Les congés payés, en particulier, restent l’un des symboles les plus forts de cette période, tant ils ont modifié les rapports au travail, au temps et à l’espace.

À l’heure actuelle, cet héritage tend parfois à être oublié ou relativisé. Pourtant, il invite à une réflexion toujours actuelle : celle du partage du temps de travail, de l’accès aux loisirs, et plus largement de la place du travail dans la vie humaine. Les débats contemporains sur la qualité de vie, le sens du travail ou encore les inégalités sociales trouvent un écho direct dans les aspirations portées en 1936.

Ainsi, le Front populaire ne constitue pas seulement un moment du passé ; il demeure une référence pour penser l’avenir. Il rappelle que les avancées sociales sont le fruit de mobilisations collectives et de choix politiques, et qu’elles peuvent être remises en cause si elles ne sont pas défendues.

Jean Zay, Ministre du Front populaire

ou

Comment un citoyen  au destin hors du commun peut-il être assassiné à 40 ans par les miliciens d’un Etat français collaborationniste qui a perdu son honneur ?

 

 

Il y a 90 ans, sous le Front populaire, Jean Zay était nommé Ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts. Dans un article mis en ligne le 4juin 2026, le CRHA lui rend hommage sous l’intitulé : « Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui ».Ce libellé rappelle  l’importance de l’œuvre fondatrice  de celui qui fut lâchement assassiné par la milice du régime de Vichy .C’était un homme politique au destin hors du commun !

 Selon André Jourdes (2014)de la Ligue de l’enseignement :

   -«  pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et l’intelligence des citoyens, c’est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. Contre la conservation sociale mais aussi contre les utopies révolutionnaires, la politique est ce mouvement par lequel l’humanité s’approfondit et devient en quelque sorte plus digne d’elle-même ,

      Les instructions officielles qui seront rédigées en 1937/1938 sous le  ministère de Jean Zay éclairent la doctrine française en matière d’enseignement et inspirent les réformes qui vont être entreprises :

        Former le caractère par la discipline de l’esprit et le développement des vertus intellectuelles, apprendre à bien conduire sa raison en élève des héritiers français du message socratique : Montaigne et Descartes.

      Garder toujours en éveil l’esprit critique, apprendre à démêler le vrai du faux, à douter sainement, à observer, à comprendre autant qu’à connaître, à librement épanouir sa personnalité dans le souci de former des têtes bien faites plus que bien pleines, bref allumer un flambeau plutôt que remplir une coupe.

      Les professeurs doivent se garder attentivement de tout enseignement révélé, du dogmatisme, de la vérité acquise d’avance, des jugements tout faits coulés dans les jeunes cerveaux.

       Les élèves doivent être capables d’examiner toutes choses en les rapportant à leurs principes et de raisonner sur elles en ne faisant état que des faits, bien et dûment constatés. Ils devront être exercés à observer, à mesurer, à critiquer leurs propres observations en procédant à des vérifications rigoureuses. Ils auront besoin de comprendre et de connaître le monde où ils seront appelés à vivre » https://laligue24.org/images/docs/ligue/Jean_ZAY.pdf )

Rappelons aussi que  Jean  Zay proclamait :  « les écoles devront rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ; un principe d’une actualité   marquante par les temps présents !

Les visiteurs de ce site, attentifs à la biographie et à l’œuvre des fondateurs de notre système éducatif,  pourront consulter ,en cliquant ici,  le Fichier 1 intitulé :

« Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui »

 

Ils sont également invités à prendre connaissace de la contribution de  l’ASVPNF à cet égard  en cliquant sur  Fichier 2 . Elle s’intitule :

Jean Zay, un humanisme républicain : école, laïcité et martyr d’un ministre du Front populaire

 Que le CRHA soit remercié de nous permettre ce nouvel emprunt à leur site et d’avoir suscité une réflexion  du plus grand intérêt sur l’histoire de notre système éducatif.,considérant,que les hussards noirs de la République furent, par essence,  héritiers du message de Jean Zay.

La deuxième mort du Professeur Samuel Paty ?

Nous reprenons ici, de façon quasi intégrale ; le titre d’un article mis en ligne le 28 juin 2026 sur Mezetulle, le blog revue de Catherine Kintzler ayant trait à la mémoire de Samuel Paty.

L’assassinat de Samuel Paty a marqué un tournant dans l’histoire de l’École publique de la République. Au‑delà de l’émotion légitime, cet événement nous oblige à revenir à des questions fondatrices : que signifie aujourd’hui instruire au nom de la laïcité ? Quelle est la mission propre de l’École républicaine ? Jusqu’où la République protège‑t‑elle ses maîtres lorsqu’ils exercent leur devoir d’enseigner la liberté de pensée ?

En publiant sur asvpnf.com l’article de Martine Verlhac, « La deuxième mort de Samuel Paty ? », accompagné de la présente contribution doctrinale, l’ASVPNF entend ouvrir un espace de réflexion exigeant et fidèle à l’histoire longue de l’institution scolaire. Il ne s’agit pas seulement de commenter un film ou un fait divers, mais de mesurer ce que révèle cette tragédie du devenir de l’École, de la laïcité et de notre capacité collective à défendre l’émancipation par les savoirs.

Notre démarche s’inscrit dans la continuité des grandes figures de l’école laïque – Buisson, Ferry, Zay et tant d’instituteurs et professeurs anonymes – qui ont pensé l’instruction comme une rupture avec l’ignorance, les enfermements et les dogmes. À la lumière du cas Samuel Paty, nous interrogeons la manière dont cette tradition est aujourd’hui fragilisée : autocensure des enseignants, hésitations de l’institution, captation partisanes du discours sur l’École.

Le texte qui suit propose des repères pour comprendre ces enjeux et pour affirmer, calmement mais fermement, quelques principes : la laïcité comme laïcité d’instruction, la nécessité de protéger les maîtres, le refus de laisser la mémoire de Samuel Paty se dissoudre dans l’oubli ou l’instrumentalisation. Nous espérons ainsi offrir aux visiteurs de ce site – citoyens, enseignants, membres de l’association – une base solide pour penser et débattre de ce qui touche au cœur même de la République : son École.

 

Les visiteurs de ce site pourront tout d’abord consulter l’article de Martine Verlhac en cliquant sur   Fichier 1 . Ledit article  est précédé d’une présentation de Catherine Kintzler.  Elle y  rappelle  qu’à la différence de la colère, l’indignation ne retombe pas : car, reposant comme le disait Descartes sur « de justes raisons », loin de l’apaiser, son analyse la fortifie..

 Ils pourront ensuite prendre connaissance d’un Fichier 2 intitulé :

Samuel Paty, l’École de la République et la laïcité d’instruction

    Que Catherine Kintzler soir remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle , emprunt à l’origine de la discussion qui a suivi .