Chronique électorale en breton : « D’al Labourerien douar » (17 août 1881)

À la veille des élections législatives des 21 août et 4 septembre 1881, le journal finistérien Le Finistère publie, le 17 août, un appel électoral en langue bretonne intitulé « D’al Labourerien douar » — « Aux travailleurs de la terre ».Il est donc adressé aux paysans de ce département.

Signé « Un laboureur de la terre », ce texte s’adresse directement aux paysans bretonnants. Il les invite à voter pour les candidats républicains, présentés comme les défenseurs de leurs droits, de l’égalité civile et de la dignité du travailleur de la terre. Il oppose nettement la République au retour supposé d’Henri V, prétendant légitimiste au trône de France.

Le texte ne se limite pas à un appel de vote. Il construit une véritable rhétorique paysanne : le paysan y est appelé à « lever la tête », à refuser d’être « mis sous les pieds » des notables et à ne plus se laisser réduire à la soumission. Les images employées — le carrosse tiré par le paysan, le manoir, la chasse aristocratique, la guerre, le sang versé, la forêt et l’arbre devenu trop dur pour être plié — traduisent les enjeux nationaux dans un univers rural immédiatement compréhensible.

L’anticléricalisme du texte est particulièrement significatif. Il ne vise pas la religion en général, mais « une partie des prêtres » qui, nés de modestes paysans, auraient « oublié leurs origines » pour suivre la noblesse et les manoirs. L’appel cherche ainsi à dissocier la foi personnelle des électeurs de l’alliance politique entre une partie du clergé, les notables et les forces monarchistes.

Ce document constitue donc une source précieuse pour comprendre la manière dont les républicains cherchent, à la fin du XIXe siècle, à conquérir politiquement les campagnes bretonnantes. Il montre aussi que la langue bretonne peut devenir un instrument de mobilisation politique, capable de traduire les grandes questions nationales — République, monarchie, citoyenneté, service militaire, Ecole, égalité — dans le langage et les expériences du monde rural.

Le présent dossier réunit la transcription du texte breton, sa traduction française, une validation philologique, une analyse de la rhétorique paysanne et anticléricale, ainsi qu’une réflexion sur la construction des métaphores agraires. Les quatre derniers objets de réflexion sont regroupés en annexe.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos les quatre fichiers suivants :

Fichier 1 . Chronique électorale en breton : « D’al Labourerien douar » (17 août 1881)

Fichier 2.  Chronique électorale en breton:transcription en breton et traduction française  en regard

Fichier 3 . Élections législatives du 21 août 1881 : synthèse historique

Fichier 4.  Annexes

1881 : quand la République française fait la guerre en Afrique pour préparer la revanche !

ou

 La Tunisie, l’Algérie et la fabrique de la justification coloniale dans Le Finistère du 21 septembre 1881.

Publié le 21 septembre 1881 dans Le Finistère, ce texte reproduit un exposé officiel sur les opérations françaises en Algérie et en Tunisie. Derrière les chiffres, les chemins de fer, les garnisons et les « pacifications », il révèle la mécanique d’une conquête coloniale présentée comme une simple nécessité de sécurité. Il éclaire aussi la grande contradiction de la IIIe République et de Jules Ferry : prétendre préparer la revanche contre l’Allemagne tout en engageant des dizaines de milliers d’hommes et des moyens considérables pour imposer la domination française en Afrique. Un document précieux pour comprendre comment la presse et le pouvoir ont cherché à légitimer l’aventure coloniale — et pourquoi cette question demeure aujourd’hui encore objet de controverses.  On notera, au titre de l’ASVPNF dont les choix à cet égard ont déjà donné lieu à polémiques que :

L’argument central : la revanche préservée

La partie la plus politique du texte est celle qui répond implicitement aux critiques de la politique coloniale. L’auteur insiste : les renforts proviennent des quatrièmes bataillons, non des corps d’armée mobilisables ; les 18 corps de l’armée active restent « absolument intacts » ; aucune classe n’est appelée et aucune mobilisation partielle n’est décrétée.

Autrement dit, l’article cherche à démontrer que la Tunisie ne compromet pas la capacité de la France à affronter l’Allemagne. C’est précisément l’argument que nous avons déjà évoqué  : Ferry et ses soutiens voulaient montrer que l’expansion coloniale pouvait coexister avec la préparation d’une guerre de revanche.

Mais l’argument est fragile. Même si les cadres et les effectifs mobilisables demeurent théoriquement intacts, l’envoi de « plus de 50 000 hommes de toutes armes » en Afrique mobilise des moyens financiers, logistiques, administratifs et politiques considérables. Le texte lui-même parle de « sacrifices », tout en les présentant comme le prix normal de la « grandeur » nationale.

Une contradiction républicaine

Le document exprime une contradiction fondamentale de la IIIe République :

Elle se présente comme la République du droit, du progrès et de la nation armée contre l’ennemi prussien.

Elle impose par la force un protectorat à la Tunisie et mène des opérations de répression en Algérie.

Elle justifie cette politique par la sécurité des frontières, mais le traité du Bardo dépasse largement toute logique défensive : il restreint l’autorité du bey, prévoit une réorganisation financière et institue une présence militaire indéfinie.

Elle affirme que l’armée coloniale n’affaiblit pas l’armée de revanche, alors qu’elle détourne des ressources et une attention politique vers l’outre-mer.

Ce que le texte ne dit pas

Il ne dit presque rien des populations tunisiennes et algériennes comme sujets politiques. Les Kroumirs, les tribus du Sud, Bou-Amama et les insurgés n’apparaissent que comme des obstacles à la sécurité, des « rebelles » ou des populations soumises à « aman ».

Il ne dit rien non plus du contexte de contrainte entourant la signature du Bardo : Sadok Bey signe alors que l’armée française encercle sa résidence du Bardo, après un ultimatum. Le « protectorat » est donc bien le produit d’une pression militaire, et non d’un accord librement négocié entre égaux.

Pour en savoir plus à ce propos,  les visiteurs  de ce site pourront consulter  les FICHIERS  suivants :

 

Fichier 1. La situation militaire en Afrique ( selon Le Finistère,21 septembre  1881).

Fichier 2.  La situation militaire en Afrique en septembre 1881 : une conquête présentée comme une nécessité.

Fichier 3 . Petit lexique.

Fichier 4 . Pour aller plus loin.

Le prologue du Mystère de sainte Tryphine Une page de culture bretonne et trégorroise

En avril 1888, à l’occasion de l’inauguration du nouveau théâtre de Morlaix, François-Marie Luzel fit représenter le Mystère de sainte Tryphine et du roi Arthur par des comédiens venus de Pluzunet et de Plouaret, au cœur du Trégor. Le prologue qu’il composa pour cette occasion est bien plus qu’une simple préface : c’est un véritable manifeste en faveur du théâtre breton, de la langue bretonne et de la mémoire populaire.

Luzel y évoque les anciens mystères joués en plein air devant le peuple, les cahiers conservés dans les coffres des fermes, les veillées d’hiver où le grand-père lisait à voix haute les aventures de sainte Tryphine, de Huon de Bordeaux ou des Quatre fils Aymon. Il y défend une culture vivante, transmise dans les familles et dans les campagnes, contre l’idée qu’elle serait seulement un vestige du passé.

Publié en feuilleton dans Le Finistère les 14 et 16 avril 1888, ce texte est ici présenté en version bilingue, selon la graphie de l’époque, après collation des deux parutions du journal. Il constitue un témoignage précieux sur la langue, la religion populaire, les héros épiques et la double fidélité bretonne et française qui traversent la Bretagne du XIXe siècle.

Les visiteurs de ce site pourront consulter  en cliquant ici un Fichier contenant :

1. Avertissement.

2.  Prologue bilingue.

3.  Notes de Luzel — chupenn et lutic.

4. Notes critiques après collation.

5.  Étude historique.

6. Étude culturelle.

7.  Bibliographie

In Memoriam À ma compagne Yvonne, à la mémoire de notre histoire partagée

Yvonne Bouër-Trividic a été, à différentes reprises, contributrice d’Asvpnf.com, site dédié au patrimoine normalien du Finistère. Par ses recherches, ses documents et son attention portée à la transmission des mémoires, elle a accompagné la démarche du site. C’est donc naturellement que nous lui rendons hommage suite à  son décès récent.

Les visiteurs et amis de ce site pourront consulter le texte correspondant  en cliquant ici !

Pour obvier à l’enfumage, pratiquer sans modération la respiration laïque

À l’heure où l’espace public subit les assauts conjugués des revendications communautaires et des accommodements déraisonnables, la philosophe de la laïcité Catherine Kintzler lance un véritable signal d’alarme dans son nouvel ouvrage majeur, La Respiration laïque (Penser la laïcité 2). À travers la métaphore d’une bibliothèque républicaine dont on sature les rayons, elle nous avertit : sans espaces vacants, sans « moment zéro » préservé de toute assignation identitaire, c’est la liberté même du citoyen qui s’asphyxie.

Cette urgence est particulièrement brûlante à l’École publique, ce sanctuaire républicain qui doit arracher l’enfant à ses déterminismes pour en faire un esprit libre. Pour l’ASVPNF, ce combat académique rejoint une exigence politique absolue. L’analyse sans faiblesse des modèles confessionnels démontre la rupture totale entre l’émancipation laïque et le formatage des écoles privées. Notre association le réaffirme : les relations conflictuelles qui minent notre système éducatif ne trouveront d’issue que lorsque la République aura enfin le courage politique d’abroger la Loi Debré.

Le combat pour l’École publique laïque et l’émancipation par la raison est plus que jamais d’actualité ; aussi si la laïcité de notre République semble de nature à étouffer  certains…faisons place à la respiration laïque.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers (accessibles au moyen d’un seul clic gauche) :

FICHIER 1 . Parution  C.Kintzler « La Respiration laïque »

FICHIER 2 . La respiration laïque : une liberté en mouvement par T.R. et PPty.

FICHIER 3 . La respiration laïque  éprouvée au respiromètre de PPgg. 

Mœurs scolaires d’autrefois

L’Etudiant breton vers  1830

 Plongez au cœur de la vie autonome et solidaire des écoliers cornouaillais du XIXe siècle !… Découvert lors de recherches historiques sur Quimper, ce feuilleton captivant en deux épisodes, publié par le journal Le Finistère du 4 avril 1888 sous la plume de Dugas, dresse un portrait saisissant des « likè » et « kloareks »des années 1830.

Entre précarité matérielle extrême, liberté totale de l’externat et entraide paysanne, cette archive unique — enrichie ici d’un commentaire historique et sociologique complet — fait revivre un lointain modèle éducatif breton  où l’apprentissage de la vie se faisait à la dure, mais la bride sur le cou….

Au moment où notre Ecole est « à bout de souffle » il est utile de le rappeler . Les visiteurs de ce site pourront  consulter à ce propos un seul Fichier comportant :

   – Le texte transcrit à partir du journal Le Finistère de 1888 
   – Les commentaires  et éclairages historiques  regroupés sous le titre : « Pain noir, mansardes et liberté ». 

« L’École à bout de souffle »

L’Académie des sciences appelle à une transformation durable du système éducatif

 Face aux mutations profondes de la société et à l’accumulation des missions confiées à l’École, l’Académie des sciences estime que le système éducatif français se trouve à un tournant majeur. Dans un rapport élaboré à partir des travaux de la recherche et de plus de deux cents auditions d’acteurs de terrain, elle propose d’engager une transformation systémique de l’École à l’horizon 2037.

L’Académie met en avant cinq priorités : mieux prendre en compte la singularité de chaque élève, diversifier les compétences, renforcer la coopération, donner davantage de pouvoir d’agir aux acteurs de terrain et réaffirmer les fondamentaux de l’École. Elle appelle surtout à rompre avec la succession de réformes rapides, en faveur d’une politique éducative inscrite dans le temps long, fondée sur l’expérimentation, l’évaluation et l’adaptation.

Le texte de l’Académie, reproduit ci-dessous, est accompagné d’un commentaire destiné à en dégager les principaux enjeux : épuisement du système éducatif, nécessité d’une vision dépassant les échéances électorales, articulation entre égalité et prise en compte des singularités, rôle des enseignants et importance d’une conception coopérative de l’École.

À l’approche des élections présidentielle et législatives de 2027, cette réflexion invite à rouvrir un débat essentiel : quelle École la société française souhaite-t-elle construire pour les prochaines années ?

Les visiteurs de ce site, défenseurs convaincus de l’Ecole publique laïque, pourront consulter à ce propos deux fichiers  (accessibles d’un seul clic gauche) :

Fichier 1 . Le communiqué de l’Académie des Sciences.

Fichier 2. « L’École à bout de souffle » ; présentation  et discussion par ASVPNF .

A propos du déclassement scientifique de la France

Depuis 2010, la France a perdu plus de 60 % de son influence scientifique, dégringolant du 6ᵉ au 13ᵉ rang mondial. Face à ce diagnostic sans appel publié par l’Observatoire des sciences et des techniques, l’ensemble des Académies nationales (Sciences, Médecine, Technologies, Agriculture, Pharmacie), le Collège des sociétés savantes et la fédération Biogée brisent le silence. Dans un communiqué commun historique, elles dénoncent un décrochage budgétaire chronique — un effort de recherche bloqué à 2,1 % du PIB depuis 1998 — qui distance structurellement la France des onze pays de l’Union européenne ayant déjà franchi le cap des 3 %.

Santé, souveraineté économique, transition écologique : découvrez notre note de synthèse exclusive et le tableau comparatif des chiffres clés pour comprendre les enjeux de cet appel crucial au sursaut national. Il en va de notre maîtrise de l’avenir.

Les visiteurs de ce site, indignés de ce constat,pourront consulter à ce propos   deux Fichiers :

Fichier 1 : Le communiqué de l’Académie des  Sciences

fichier 2 : Note de synthèse au sujet du déclassement scientifique de la France

Glanes de presse (1888-1905) : Au cœur des luttes pour la laïcisation en Finistère(1)

Toute société a l’école qu’elle mérite, et la nôtre s’est solidement forgée dans les grands textes fondateurs de la Troisième République. Afin de faire revivre le patrimoine immatériel et intellectuel qui a vu naître le beau métier d’instituteur, l’ASVPNF ouvre une nouvelle fenêtre sur le passé. L’Association se propose en effet de mettre en ligne une série inédite de transcriptions et d’analyses de coupures de presse issues du journal trihebdomadaire Le Finistère, couvrant la période charnière de 1888 à 1905, celle  précédente- encadrant la création et l’ouverture des Écoles normales de Quimper ayant déjà été documentée.

De la crise boulangiste à la loi de Séparation des Églises et de l’État, en passant par les déchirures de l’Affaire Dreyfus, cette époque fut celle d’un face-à-face passionné entre la République offensive et la Bretagne traditionnelle. À travers de courts billets d’opinion politiques, des chroniques de variétés et des textes savoureux rédigés en langue bretonne sous pseudonymes, ces archives dévoilent la réalité concrète des combats sur le terrain : la création disputée des écoles de hameaux au cœur de nos campagnes ou encore la laïcisation hautement symbolique des hospices civils.

Grâce à un travail minutieux de restauration textuelle et de traduction, ces documents historiques sortent de l’oubli. Ils éclairent d’un jour nouveau les valeurs fondamentales d’intégration, de promotion et de solidarité sociales dont les Écoles Normales Primaires du Finistère ont été, pendant plus d’un siècle, les fières sentinelles. Bonne lecture à la découverte de ces précieux morceaux de notre mémoire républicaine.

Les visiteurs pourront consulter ici deux fichiers dévolus au « Jeu de la Droite » tel que présenté dans le journal Le Finistère le 25 février 1888 :

Fichier 1 . Le Jeu de la Droite (article transcrit du journal,numérisé)

Fichier 2 . Analyse historique et politique relative au « jeu de la Droite » (par T.R. et PPgg.) ; en Annexe ; Recherches sur  les réalités locales de la Cornouailles et du Léon.

Le « socialisme clérical » et le paradoxe d’une école publique rennaise

Au frontispice d’une école publique : Albert de Mun ?

La question mérite d’être posée(en la posant ou la reposant on ne verse pas dans l’anachronisme) d’autant plus dans une ville dont l’histoire politique est profondément liée au républicanisme, à la laïcité et aux traditions du mouvement ouvrier et socialiste.

En effet à Rennes en 2026, une école élémentaire publique porte toujours le nom d’Albert de Mun. Or Albert de Mun fut l’une des grandes figures du catholicisme social conservateur de la fin du XIXe siècle, partisan d’une organisation chrétienne, hiérarchique et paternaliste du monde ouvrier, à l’heure même où la République s’efforçait de soustraire l’école, la commune et les citoyens aux tutelles confessionnelles.

La coupure que nous publions, extraite du journal Le Finistère du 22 février 1888, restitue sans atténuation la vigueur de cet affrontement. Sous le titre « Les résultats du socialisme clérical », le journal prend directement Albert de Mun pour cible et accuse le système social catholique de transformer une commune ouvrière en « satrapie industrielle et cléricale ». L’entreprise y exercerait un pouvoir étendu sur le travail, les salaires, l’épargne, le crédit, la municipalité, les écoles et le culte ; le directeur de l’usine y est présenté comme un « roi absolu ».

Ce texte est un document de combat. Il ne saurait dispenser d’une lecture critique ni de la confrontation avec les archives économiques, judiciaires et administratives de l’époque. Mais il révèle avec une force exceptionnelle ce que les républicains anticléricaux dénonçaient dans le « socialisme chrétien » : non une émancipation des travailleurs, mais une politique de dépendance sociale sous l’autorité combinée du patronat, du clergé et des intérêts monarchistes.

La question posée n’est pas de juger les générations d’enseignants, de personnels, d’élèves et de familles qui ont fait vivre cette école. Elle est d’interroger le sens d’un nom inscrit au frontispice d’un établissement de l’instruction publique. L’École de la République n’est pas seulement un lieu de transmission des savoirs : elle porte une ambition de liberté de conscience, d’égalité civique et d’affranchissement des tutelles. Cette ambition s’est incarnée, en Bretagne comme ailleurs, dans l’œuvre patiente de l’école laïque et dans la formation des maîtres par les Écoles normales. À Rennes, cette filiation est particulièrement ancienne. L’École normale d’instituteurs de la ville fut créée avant même l’installation définitive de la IIIe République ; elle rappelle que le projet d’instruction populaire, de formation professionnelle des maîtres et d’émancipation par le savoir ne naquit pas avec les seules lois Ferry, même si celles-ci lui donnèrent un cadre national décisif. L’histoire rennaise de l’éducation ne peut donc être ramenée à une succession paisible de dénominations : elle est aussi faite de combats pour l’autonomie de l’école publique à l’égard des pouvoirs religieux, politiques et économiques.

C’est au nom de cette fidélité sans faille à l’École publique, laïque et émancipatrice que ce document de 1888 est remis en circulation. Il ouvre une enquête qui reste à mener pleinement : à quelle date, par quelle décision et dans quel contexte une école publique rennaise a-t-elle reçu le nom d’Albert de Mun ? Quels débats cette dénomination suscita-t-elle — ou aurait-elle dû susciter ? Et quelle mémoire la ville de Rennes souhaite-t-elle aujourd’hui inscrire au frontispice de ses écoles ?

Le texte de 1888 est suivi d’une synthèse permettant de replacer ses accusations, son vocabulaire et ses silences dans leur contexte. 
Il appartient désormais aux lecteurs, aux citoyens, aux anciens de l’école, aux chercheurs et aux responsables publics de poursuivre l’enquête : quand, par qui et pour quelles raisons cette école rennaise reçut-elle le nom d’Albert de Mun ?  Est-il opportun de le conserver ?

 Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos  deux fichiers  (accessibles d’un seul clic gauche) :

Fichier 1 . Les résultats du socialisme clérical (article du Finistère)

Fichier 2 . Albert de Mun ;le « socialisme clérical » et le paradoxe d’une école publique rennaise par T.R. et PPty.