A propos de la visite papale en France

(Septembre 2026)

 Alors que le pape Léon XIV effectue, du 25 au 28 septembre 2026, un voyage apostolique à Paris, Lourdes et Metz, plusieurs organisations laïques (Fédération nationale de la Libre Pensée, Unité Laïque, UFAL, Vigie de la Laïcité, Fédération anarchiste) élèvent des voix discordantes face à l’enthousiasme médiatique et institutionnel. Au nom de la loi de 1905 et de l’article 1er de la Constitution, elles dénoncent une visite « religieuse et pastorale » traitée comme une visite d’État, un usage symbolique de l’espace public (Concorde, Champs-Élysées, Stade de France) et une opacité sur les financements publics. Cette note synthétise leurs arguments, met en lumière leurs lignes de divergence et interroge le grand silence des syndicats nationaux, avant d’ouvrir des perspectives pour la laïcité républicaine.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos  le Fichier 1 (au moyen d’un clic gauche). Il est intitulé :

« Note sur les positions des organisations laïques sur la visite du pape Léon XIV en France (25–28 septembre 2026) » par PPgg. et PPty. ; ASVPNF

 Cette note  ne peut être exhaustive ; elle fait le point de la situation alors que le visite apostolique  n’ en est qu’à son deuxième jour !

En hommage à Joseph Piton

À travers cet hommage à Joseph Piton, l’ASVPNF évoque le parcours d’un ancien élève-maître de l’École normale de Quimper, demeuré toute sa vie fidèle aux valeurs de l’École publique, laïque et émancipatrice.

Les anciens « hussards noirs de la République » furent en effet, pour beaucoup d’entre eux, également des citoyens-soldats de la République : formés à instruire, à éduquer et à servir, ils reçurent aussi, au cours de leur parcours, une formation militaire qui les prépara à exercer des responsabilités de commandement. Nombre d’instituteurs avaient ainsi été formés comme sous-officiers ou officiers de réserve.

Joseph Piton incarne pleinement cette double fidélité. Élève-maître de la promotion « Étincelle » 1954-1958, il fut ensuite élève officier de réserve à Cherchell, au sein de la promotion « Monna Casale ». De l’École normale à l’école militaire, puis de l’enseignement à l’Éducation populaire et au chant choral, il porta les mêmes exigences de service, de responsabilité, de fraternité et d’attachement à la République.

L’hommage de  l’ASVPNF qui ne put être prononcé lors de ses obsèques civiles témoigne de cette trajectoire singulière, tout entière placée sous le signe de la transmission, de l’engagement et de la fidélité aux compagnons de route .

Les visiteurs de ce site pourront consulter, en cliquant ici, le texte de l’hommage que l’ASVPNF souhaitait rendre   à Joseph Piton , un collègue,  un ami.

« Hon Escop nevez » (1888) Quand une chronique bretonne parue dans Le Finistère interpelle le clergé et défend la République.

À première vue, « Hon Escop nevez » — « Notre nouvel évêque » — pourrait n’être qu’une courte « Variété » en breton, publiée par Le Finistère le 18 février 1888 à l’occasion de l’arrivée de M. Jacques-Théodore Lamarche à Quimper. Mais, sous la signature narquoise de Fistoulik-Vihan, cette chronique révèle un document d’une rare densité : en pleine phase de laïcisation républicaine, et bien avant la séparation des Églises et de l’État de 1905, elle interpelle le clergé en mobilisant à la fois la langue du peuple breton, l’Évangile, l’autorité de Léon XIII et l’affirmation résolue de la République.

L’article ne se borne pas à opposer la République à l’Église. Il demande aux prêtres de revenir à la religion, à la charité chrétienne et aux « choses du ciel », plutôt que de se mêler des combats politiques. Son intérêt tient aussi au choix du breton : cette langue permet à un journal républicain de s’adresser directement aux lecteurs bretonnants, avec une familiarité, une ironie et une vigueur populaire qu’un éditorial français plus officiel n’aurait guère pu employer.

La présentation qui suit se déploie en trois volets complémentaires : d’abord l’établissement du texte breton de 1888 et sa traduction française en regard (FICHIER 1) ; ensuite les notes linguistiques, historiques et éditoriales qui éclairent ses expressions, son pseudonyme et son contexte (FICHIER 2 ) ; enfin une analyse de sa portée politique et culturelle, à la croisée du catholicisme populaire, du pouvoir clérical, de la presse bretonnante et de l’enracinement de la République en Bretagne (FICHIER 3).

La loi de séparation à l’épreuve à Metz

Laïcité républicaine, droit local et visite papale

(25–28 septembre 2026)

 C’est en examinant le programme du colloque « Laïcité et droit local » (Metz, 25 septembre 2026) que l’auteur de ces lignes — défenseur sans faiblesse de la loi de 1905 — a noté la succession, à trois jours d’intervalle, de cette rencontre universitaire et de la visite du pape Léon XIV (28 septembre) dans la même ville de Metz, chef-lieu de la Moselle. Cette coïncidence, dans un territoire où la loi de 1905 ne s’applique pas pleinement, pose une question que nul, jusqu’ici, n’a formulée : s’agit-il d’un simple hasard de calendrier, ou d’une mise en scène symbolique des tensions entre la laïcité républicaine et les exceptions territoriales (Alsace-Moselle, outre-mer) ? Analyse iconoclaste, donc, qui ne doit rien au CRHA (Centre de recherche Henri Aigueperse), lequel participera au colloque et communiquera ultérieurement au Congrès de Metz. Ce dossier, quant à lui, se propose d’analyser les enjeux de cette séquence messine, du point de vue des adhérents de l’Association, attachés à l’unité de la République et à l’application stricte du principe de laïcité.

Faut-il rappeler ici  que pendant l’histoire contemporaine, la ville de Metz a scellé par deux fois le destin de la France face à l’Allemagne. Le 27 octobre 1870, la capitulation tragique du maréchal Bazaine livre la place forte aux armées de Bismarck, entraînant la perte de l’Alsace-Moselle. Suite à ce drame, Metz reste « impériale » pendant 48 ans, profondément transformée par l’urbanisme et l’architecture du Deuxième Reich allemand, jusqu’au traité de Versailles de 1919. Soixante-dix ans après le premier affront, l’histoire se répète face à Hitler : en juin 1940, face à l’effondrement militaire français la cité – déclarée « ville ouverte »  capitule de fait pour une seconde annexion brutale. Ces deux redditions majeures font de Metz le symbole universel des déchirements et des reconstructions de la frontière franco-allemande.

Les visiteurs de ce site pourront consulter en cliquant ( à gauche) les deux fichiers suivants qu’il conviendra de lire en les contextualisant en rapport avec les évènements messins qui auront cours en cette fin de septembre 2026 :

Fichier 1.   Colloque : Laïcité et droit local  par CRHA.

Fichier 2.  Laïcité républicaine, droit local et visite papale par  ASVPNF  

 Que le rédacteur en chef au CRHA soit très cordialement remercié de nous avoir permis ce nouvel emprunt !

Mettre les réformateurs à la réforme ou le paradoxe de l’Education nationale

Face au constat accablant du classement PISA 2026, qui situe la France à son niveau le plus bas en mathématiques et en compréhension de l’écrit depuis l’origine de l’enquête, l’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux euphémismes. C’est dans ce contexte d’urgence nationale que s’inscrit le présent Manifeste pour l’École républicaine, élaboré à la suite de l’article à charge publié par Catherine Kintzler sur le site Mezetulle le 11 septembre 2026 : « École : les réformateurs ont réussi ! ».

Philosophe de la laïcité et spécialiste des questions éducatives, Catherine Kintzler y dénonce avec force une réalité que trop de responsables politiques et médiatiques s’obstinent à ignorer : depuis quarante ans, une idéologie pédagogiste a progressivement détourné l’École de sa mission première — instruire — pour la transformer en un « lieu de vie », une animation associative où l’élève est sommé de « construire » seul des savoirs qu’on ne lui a pas donnés les moyens d’acquérir.

Ce manifeste reprend et développe l’analyse de Catherine Kintzler. Il formalise les causes structurelles du déclin scolaire français. Il propose dix engagements concrets pour refonder l’École de la République : programmes cohérents, enseignement explicite, formation refondée des professeurs, restauration de l’autorité, évaluation au service des apprentissages, culture commune ambitieuse.

Destiné aux associations, aux éditeurs, aux enseignants, aux parents et aux responsables publics, ce texte se veut une contribution au débat présidentiel de 2027. Il ne s’agit pas de nostalgie, mais de lucidité : remettre les réformateurs à la réforme, c’est soumettre leurs décisions à l’épreuve du réel — non des intentions proclamées, mais des connaissances réellement acquises par les élèves.

L’École républicaine n’est pas une cause perdue. Elle est un choix de civilisation.  Aux citoyens émancipés de le faire!

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos (au moyen d’un clic gauche sur Fichier…) :

Fichier 1 .  L’article d’alerte de Catherine Kintzler (Ecole ; les réformateurs ont réussi )

 Fichier 2. Le manifeste de l’ASVPNF  pour l’Ecole républicaine (Mettre les réformateurs de l’Éducation nationale à la réforme pour instruire, émanciper et restaurer l’exigence scolaire )

Fichier 3 . Annexe ; : L’IA à l’École (à l’âge de l’intelligence artificielle, réaffirmer la mission d’instruire)

Que Catherine Kintzler soit très cordialement remerciée de nous permettre le représentation  de l’ article  récemment mis en ligne à Mezetulle !

Catherine RINGER

« Témoigner par l’art : Sam Ringer, Jeannine Ettlinger, Catherine Ringer – trois générations d’artistes entre Shoah, post-mémoire et création »

 

À la suite de l’article publié le 18 septembre 2026 par le Centre de recherche Henri-Aigueperse (CRHA), « Et pour vous raconter d’où je suis née : Catherine Ringer et la post-mémoire », qui mettait en lumière la manière dont la chanteuse des Rita Mitsouko a fait de l’expérience concentrationnaire de son père, Sam Ringer, un matériau artistique et mémoriel, nous proposons ici une chronologie familiale élargie et formalisée.

« Sam Ringer – Jeannine Ettlinger – Catherine Ringer : parcours croisés d’une famille d’artistes entre Shoah, mémoire et création » retrace, sur trois générations, les destins entrelacés du père peintre survivant de neuf camps, de la mère architecte formée aux Beaux-Arts de Paris, et de la fille devenue l’une des figures majeures de la chanson française. En s’appuyant sur les sources biographiques disponibles, les archives des Beaux-Arts et les documentaires du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, ce dossier vise à restituer la complexité des transmissions familiales, artistiques et mémorielles qui ont façonné l’œuvre de Catherine Ringer, tout en identifiant les zones d’ombre – notamment sur les origines du patronyme « Ringer » et le rôle de Jeannine Ettlinger – qui appellent de nouvelles recherches.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos (au moyen d’un clic gauche) deux fichiers :

Fichier 1. « Et pour vous raconter d’où je suis née » : Catherine Ringer et la post-mémoire par le CRHA

Fichier 2 . Sam Ringer – Jeannine Ettlinger – Catherine Ringer ;parcours croisés d’une famille d’artistes entre Shoah, mémoire et création.

 Que le responsable de rédaction au CRHA soit cordialement remercié de nous permettre ce nouvel emprunt à son media.

Petite chronique d’après Ciase et Betharram (XII)

Une visite papale à 27 millions d’euros : dénoncer, prévenir, protéger

Alors que les révélations relatives aux violences sexuelles, aux agressions pédocriminelles, aux violences physiques et psychologiques ainsi qu’aux phénomènes d’emprise au sein de l’Église catholique se poursuivent, la France s’apprête à accueillir en grande pompe le pape Léon XIV. Prévue du 25 au 28 septembre 2026, cette visite est désormais évaluée par ses organisateurs à 27 millions d’euros, une somme principalement recherchée par l’Église de France auprès des fidèles, des donateurs et de ses soutiens.

Cette dépense prend une résonance particulière au moment où le dossier de Bétharram demeure au centre de l’actualité. Le rapport de la commission indépendante évoque plusieurs centaines de victimes potentielles — entre 700 et 1 500 enfants selon les premières estimations — et doit faire l’objet d’un suivi indépendant de ses recommandations. Son contenu devait également être transmis au pape à l’occasion de sa venue en France.

La question n’est donc pas de contester la liberté des croyants à se réunir ni le droit de l’Église à accueillir son chef religieux. Elle est d’ordre civique et social : que pourrait-on faire de plus utile à la collectivité avec 27 millions d’euros ? 

Même si cette somme doit être principalement financée par des ressources ecclésiales, la visite mobilisera également des moyens publics pour la sécurité, le maintien de l’ordre et la protection d’un chef d’État. Dans une société confrontée à la précarité, au mal-logement, à l’isolement, au manque de moyens de la justice et aux difficultés de la protection de l’enfance, cette mobilisation financière appelle un débat.

Une partie de ces ressources aurait-elle pu contribuer à l’indemnisation des victimes, à leur accompagnement psychologique, à la formation des personnels, au soutien des associations spécialisées ou au renforcement des dispositifs indépendants de prévention et de signalement ?

Cette douzième Petite chronique, fondée notamment sur les publications de Après la Ciase, La Croix, Golias News et The Conversation, ne vise pas seulement à recenser les faits et à les condamner. Elle entend aussi examiner les mécanismes qui ont permis leur répétition : silence institutionnel, confusion entre autorité spirituelle et pouvoir, protection des réputations, insuffisance des signalements et prise en charge tardive ou inadaptée des victimes.

Dénoncer ne suffit pas. Il faut prévenir, signaler, enquêter, juger et réparer. Lorsqu’une infraction est constituée, ses auteurs doivent être poursuivis et condamnés selon le droit commun ; lorsqu’une personne exerce une emprise dangereuse, elle doit pouvoir être identifiée, écartée des fonctions d’autorité et soumise aux procédures prévues par la loi. Les institutions doivent rendre des comptes, préserver leurs archives, garantir la sécurité des personnes vulnérables et assurer aux victimes un accompagnement indépendant.

Lutter contre les dérives d’emprise ne consiste pas à combattre une foi en tant que telle. Cela signifie empêcher qu’une croyance, une fonction sacrée ou une institution religieuse serve à dominer, isoler, exploiter ou terroriser des personnes vulnérables. En République, aucune autorité religieuse, aucun prestige institutionnel et aucune conviction spirituelle ne peuvent placer quiconque au-dessus des lois.

 Ces rappels à la raison égrenés à chaque page de ce triste feuilleton disqualifient définitivement  toute une hiérarchie ecclésiale empêtrée dans ses turpitudes systémiques. Ils  ne font que souligner le caractère inapproprié  des fastes qui vont accompagner la  prochaine visite « apostolique et pastorale » de Léon XIV en France.

Les visiteurs pourront consulter, en cliquant ici, le fichier  où sont réunis les exploits ayant défrayé la chronique journalistique au cours de ces derniers mois.

Que les responsables des médias nous permettant des emprunts  soient très chaleureusement remerciés .

Non à la privatisation de l’enseignement professionnel

Devant le discours de rentrée du responsable de l’enseignement diocésain dont il est fait état dans un article  de Djéhanne Gani publié sur le site du Café pédagogique le 11septembre 2026,  il a paru nécessaire de  clamer une vérité (s’il en est encore temps !) que trop de responsables politiques s’efforcent d’étouffer : l’enseignement professionnel est en bonne voie d’être privatisé, et avec lui, c’est une part essentielle du service public d’éducation qui est livrée aux intérêts privés.

Les déclarations récentes du secrétaire général de l’Enseignement catholique, Guillaume Prévost, ne laissent aucun doute : avec son objectif de « 80% d’une génération dans une voie professionnalisante » et sa promotion d’une « responsabilité éducative des entreprises », c’est un projet de captation du système éducatif qui est en marche. Un réseau privé confessionnel s’érige en architecte d’une doctrine nationale, tandis que l’État se retire de son rôle de garant des finalités républicaines de l’École.

Notre Association (ASVPNF) ne peut rester silencieuse face à cette dérive considérant que la laïcité n’est pas négociable, que l’égalité républicaine n’est pas une option et que L’École n’est pas une annexe de l’entreprise.

C’est pourquoi nous publions aujourd’hui un manifeste qui pose des constats, réaffirme des principes et exige des mesures concrètes : maintien d’un enseignement professionnel public et laïque, plafonnement de l’apprentissage en lycée pro, transparence des partenariats écoles–entreprises, revalorisation des PLP, respect strict de la laïcité.

Ce texte est un appel à la mobilisation des enseignants, parents, élèves, élus, chercheurs, citoyens et tous ceux qui croient encore que l’École doit former des citoyens libres et non   des exécutants dociles.

Dénonçons la privatisation de l’enseignement professionnel , la captation confessionnelle du service public d’éducation et continuons de défendre sans faiblesse  une École républicaine, laïque et émancipatrice.

Appel à la mobilisation

Il est adressé :

Aux enseignants, en particulier aux professeurs de lycée professionnel (PLP) : votre métier est attaqué. Votre expertise est niée. Votre parole est étouffée. Nous vous appelons à vous organiser, à faire entendre vos analyses, à refuser les réformes « hors sol » qui détruisent le sens de votre travail.

 Aux parents d’élèves : l’orientation de vos enfants n’est pas une variable d’ajustement économique. Vous avez le droit d’exiger une école qui forme des citoyens, pas des exécutants. Mobilisez-vous dans les conseils d’administration, les fédérations de parents, les associations locales.

Aux élèves, en particulier ceux de la voie professionnelle : vous n’êtes pas des « ressources humaines » en formation. Vous êtes des jeunes en construction, avec des droits, des aspirations, une dignité. Ne vous laissez pas réduire à des statistiques d’insertion.

Aux élus locaux et nationaux : votre responsabilité est engagée. Vous ne pouvez pas laisser un réseau privé confessionnel dicter les lois de l’École de la République. Exigez des comptes, votez des résolutions, interpellez le gouvernement.

Aux chercheurs, intellectuels, journalistes, syndicalistes des métiers de l’enseignement : la bataille des idées est cruciale. Documentez, analysez, enquêtez. Mettez en lumière les effets concrets de ces réformes. Ne laissez pas le champ libre aux discours technocratiques et aux arguments d’autorité.

Il s’agit de choisir entre  l’École ou le chaos

La République est à la croisée des chemins ; soit elle reprend la main sur son Ecole, soit elle accepte de la voir fragmentée, privatisée, confessionnalisée, asservie aux logiques du marché.

Notre Association choisit son camp. Celui de la laïcité, de l’égalité, d’une école qui émancipe, qui élève, qui ouvre des possibles.L’École de la République n’est pas une annexe de l’entreprise, ni un prolongement de l’enseignement diocésain. Elle est le lieu où se forment des citoyens libres, capables de penser leur vie et de transformer la société.

Nous le disons sans ambages : non à la privatisation de l’enseignement professionnel. Non à la captation confessionnelle du service public d’éducation. Oui à une École républicaine, laïque et émancipatrice.

Les visiteurs de ce site , indignés par un  propos de rentrée    de mauvais augure et révélateur de revendications  que l’on aurait pu croire d’un autre temps, pourront consulter :

Fichier 1.   Enseignement catholique et entreprises main dans la main par Djéhanne Gani

Fichier 2 . Non à la privatisation de l’enseignement professionnel ; l’appel de  ASVPNF

Fichier 3 . La prise en main de l’enseignement professionnel par l’enseignement diocésain  par T.R.. et PPty.

Que Djéhanne Gani soit très cordialement  remerciée de nous permettre  un nouvel emprunt au Café pédagogique .

Léo Lagrange, figure emblématique de l’émancipation populaire

ou

Léo Lagrange, l’artisan du temps libre : sport, culture et émancipation populaire au temps du Front populaire

Rendre justice à Léo Lagrange sans le réduire à l’image du « ministre des Loisirs » : un socialiste démocratique, un antifasciste, un défenseur de la culture populaire et un homme convaincu que la joie, le sport, les vacances et le temps libre participent pleinement à la dignité humaine, tel est l’objet de cette insertion.

Elle restitue également la place trop souvent oubliée de Madeleine Lagrange et les liens intellectuels et politiques qui l’unissaient à Jean Zay. Ce double éclairage donne à la mémoire du Front populaire toute sa profondeur ;  nous l’avons déjà illustrée sur ce site (cf . https://asvpnf.com/index.php/2026/07/15/pour-celebrer-le-90e-anniversaire-du-front-populaire-et-temoigner-de-ses-apports/ )

Elle souhaite aussi souligner  que tout en restant fidèle à la pensée et à l’oeuvre de Léo Lagrange. que son héritage ne relève pas seulement de la célébration. Il  peut encore, par son caractère emblématique, nourrir la réflexion sur les priorités d’un projet politique et sur la place de la justice sociale, de la culture, de l’éducation populaire et de la dignité dans la vie publique .

Les visiteurs de ce site pourront consulter à  ce propos  trois fichiers accessibles successivement au moyen  d’un clic gauche :

Fichier 1 .  La joie comme droit  par le CHRA

Fichier 2 .   Léo Lagrange ; quand le temps des loisirs prolonge l’œuvre de l’Ecole républicaine par ASVPNF

Fichier 3 .   Léo Lagrange ; une idée neuve de la liberté par T.R. et PPty.

 Que le rédacteur responsable de l’article du CRHA soit remercié de nous permettre la reproduction et la représentation de son article.

La laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes

L’article « Laïcité, Démocratie, Droits des Femmes » de Marieme Hélie-Lucas paru sur le site « Entre les lignes entre les mots » constitue à la fois un témoignage personnel, une analyse historique et un plaidoyer féministe. Rédigé à partir d’une conférence donnée à Dakar en 2025, il s’inscrit principalement dans un contexte africain. L’auteure y défend une conception de la laïcité fondée sur la séparation du religieux et du politique, qu’elle considère comme une condition essentielle de la démocratie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Son argumentation prend d’abord appui sur l’expérience algérienne. Elle rappelle que le Congrès de la Soummam, en 1956, avait affirmé la vocation laïque de l’Algérie en lutte pour son indépendance. Après 1962, cette orientation aurait été progressivement abandonnée, notamment avec la proclamation de l’islam comme religion de l’État dans la Constitution de 1963. L’adoption du Code de la famille en 1984 représente, dans son analyse, l’aboutissement de cette évolution. Les femmes algériennes y ont perdu une part importante de leurs droits en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. L’auteure relie cette régression juridique à la reconnaissance politique d’une norme religieuse et à l’affaiblissement du principe de laïcité.

Son expérience de la guerre contre les civils durant les années 1990 renforce cette conviction. Marieme Hélie-Lucas rappelle que les femmes furent les victimes privilégiées des groupes intégristes armés. Elle distingue cependant clairement les croyants des mouvements fondamentalistes : la critique de la laïcité ne vise pas les personnes religieuses, mais les entreprises politiques qui cherchent à imposer une interprétation particulière de la religion à l’ensemble de la société. Elle souligne également que des croyants progressistes et des théologiens réformateurs ont souvent été persécutés par les autorités religieuses conservatrices ou par les groupes intégristes.

L’auteure revient ensuite sur l’histoire française de la laïcité, qu’elle rattache à la Révolution de 1789 et à la loi du 9 décembre 1905. Elle insiste sur le fait que cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en séparant les institutions religieuses de l’État. La laïcité n’est donc ni l’athéisme ni l’hostilité aux religions : elle protège la liberté des individus et empêche les autorités confessionnelles de disposer d’un pouvoir politique particulier. La République ne reconnaît que des citoyens égaux, et non des communautés religieuses investies d’une représentation autonome.

Le texte propose également de distinguer la laïcité du sécularisme. Marieme Hélie-Lucas associe ce dernier au modèle britannique de reconnaissance et d’accommodement des religions. Selon elle, ce système favorise le communautarisme, la multiplication des autorités religieuses et l’existence de normes juridiques différentes selon l’appartenance religieuse réelle ou supposée des citoyens. Elle dénonce notamment les tribunaux religieux intervenant dans des affaires familiales et le risque qu’ils font peser sur l’autonomie des femmes. Cette partie est particulièrement stimulante, même si elle demande à être nuancée et vérifiée sur le plan juridique et comparatif.

La comparaison entre la Tunisie et l’Algérie montre ensuite que les sociétés dites musulmanes ne sont pas régies par une loi religieuse unique. Les législations familiales varient selon les choix politiques, les interprétations des textes, les traditions sociales et les héritages coloniaux. Cette diversité démontre que les normes présentées comme divines sont toujours interprétées par des acteurs humains et peuvent produire des droits très différents pour les femmes.

Enfin, Marieme Hélie-Lucas critique le relativisme culturel lorsqu’il conduit à accepter, au nom de la défense des minorités, des règles inégalitaires imposées aux femmes immigrées ou issues de minorités religieuses. Pour elle, la lutte contre le racisme ne doit jamais se faire au détriment de l’égalité des sexes. Les droits des femmes doivent être considérés comme des droits humains universels, qui ne peuvent être subordonnés à la religion, à la tradition ou à l’appartenance communautaire.

L’intérêt majeur du texte réside ainsi dans l’articulation de quatre exigences : la liberté de conscience, la souveraineté démocratique, l’égalité juridique et l’émancipation des femmes. Sa portée critique est forte, même si certaines affirmations historiques et juridiques doivent être documentées et si l’opposition entre laïcité et sécularisme mérite d’être davantage nuancée. L’héritage essentiel de Marieme Hélie-Lucas tient à cette conviction : aucune religion, aucune tradition et aucune communauté ne doit pouvoir disposer des femmes contre leur liberté, leur conscience et leur égalité citoyenne.

Les visiteurs de de ce site pourront consulter à ce propos les fichiers suivants :

Fichier 1 . La copie de l’article original paru sur le site « Entre les lignes entre les mots »le 18 août 2026 intitulé «  Laïcité, Démocratie, Droits des femmes »

Fichier 2.  La recension  de cet  article par l’ASVPNF intitulée « Marieme Hélie-Lucas : la laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes »

Fichier 3 . Le manifeste de  l’ASVPNF intitulé : « Manifeste pour la laïcité républicaine et l’émancipation des femmes ».