S’habiller ou se rhabiller correctement pour pratiquer ce sport !
Auteur/autrice : laurence
A propos de la dissolution du collectif « Les Soulèvements de la Terre »
A propos de la dissolution du collectif
“Les Soulèvements de la Terre »
SelonWikipedia(https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Soul%C3% A8vements_de_la_Terre) Les Soulèvements de la Terre est un collectif d’écologie politique et contestataire français. Fondé en janvier 2021, ce mouvement est opposé à l’accaparement des terres et lutte contre certains projets d’aménagement, notamment les « méga–bassines », des autoroutes, ou encore le projet de ligne à grande vitesse Lyon–Turin. Il exprime ses revendications par le biais de manifestations et mène des actions de désobéissance civile et de sabotage d’infrastructures industrielles qu’il considère comme polluantes. Il rassemble une centaine d’associations ou de collectifs et plus de 110 000 personnes revendiquent leur appartenance au mouvement.
Le 21 juin 2023, le ministre de l’intérieur a annoncé la dissolution du mouvement, provoquant de vives réactions, notamment de la part d’Amnesty International et de la Ligue des droits de l’homme… et dans divers organes de presse.
C’est ainsi que Le Monde pouvait titrer le 23 juin à l’adresse : https://www.lemonde.fr/idees/article/2023/06/23/lessoulevements–de–la–terre–une–dissolution
problematique_6178900_3232.html :
Les Soulèvements de la Terre une dissolution problématique
Selon ce journal « l’arme lourde employée par le ministre de l’intérieur est d’autant plus regrettable qu’elle empêche un débat nécessaire sur les moyens employés par le collectif pour parvenir à ses objectifs de préservation de l’environnement et de défense du vivant. Le ministre a pris une lourde responsabilité en prononçant la dissolution du collectif Les Soulèvements de la Terre. En s’appuyant sur une modification introduite par la loi « séparatisme » de 2021 qui a élargi les motifs requis aux « agissements violents à l’encontre des personnes et des biens », le ministre s’est avancé sur un terrain qui ne concernait par le passé que les groupes de combat et les milices privées, les appels à la haine et aux discriminations, ou encore la volonté de perpétrer des actes de terrorisme… »
Les visiteurs pourront consulter le texte du décret concerné à l’adresse :
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT0000477093
18 .
On soulignera ici que, dans un entretien accordé à Reporterre, Annie Ernaux, prix Nobel 2022 de littérature, affirme soutenir Les Soulèvements de la Terre. Les traiter de terroristes est une « aberration » dit celle qui « espère un mouvement de masse » contre ce gouvernement… On rappellera que Annie Ernaux est écrivaine, auteure de Mémoire de fille, Les Années ou La Place, aux éditions Gallimard. Figure féministe, elle est engagée à gauche depuis des années ( https://reporterre.net/Annie-Ernaux-LesSoulevements-de-la-Terre-sont-un-mouvement-pour-la-vies ).
On devine aisément l’émergence d’une polémique ; c’est de bonne guerre dans une démocratie qui en a vu bien d’autres ! On se contentera de rappeler les règles élémentaires de tolérance qui devraient la présider préservant la liberté d’expression et le respect des lois de la République.
Souhaitant que les visiteurs de ce site ,épris de justice et de liberté, puissent consulter les fondamentaux en matière de « dissolution » de collectifs d’associations, nous soumettons à leur sagacité et à leur esprit critique, l’article publié récemment par François Braize dans son site
Décoda(na)ges… prénom Charlie . Il s’intitule :
« Dissoudre ou se coucher ? »
On pourra y accéder soit en se rendant à l’adresse https://francoisbraize.wordpress.com/2023/06/22/dissoudre –ou–se–coucher/ soit en cliquant ici (Document 1)
On rappellera la Loi du 10 janvier 1936… sur la dissolution de « groupes de combat et de milices privées » -tout laisse à penser que l’état des lieux présents en la matière n’est pas celui qui prévalait à cette époque . Cette loi qui fut abrogée fut reprise le 1er mai 2012, sans doute dans un contexte plus apaisé. Elle stipule : « Seront dissous, par décret rendu par le Président de la République en conseil des ministres, toutes les associations ou groupements de fait :
1° Qui provoqueraient à des manifestations armées dans la rue ;
2° Ou qui, en dehors des sociétés de préparation au service militaire agréées par le Gouvernement, des sociétés d’éducation physique et de sport, présenteraient, par leur forme et leur organisation militaires, le caractère de groupes de combat ou de milices privées ;
3° Ou qui auraient pour but de porter atteinte à l’intégrité du territoire national ou d’attenter par la force à la forme républicaine du Gouvernement ;
4° Ou dont l’activité tendrait à faire échec aux mesures concernant le rétablissement de la légalité républicaine ;
5° Ou qui auraient pour but soit de rassembler des individus ayant fait l’objet de condamnation du chef de collaboration avec l’ennemi, soit d’exalter cette collaboration.
Le Conseil d’Etat, saisi d’un recours en annulation du décret prévu par le premier alinéa du présent article, devra statuer d’urgence.
6° Ou qui, soit provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence.
7° Ou qui se livreraient, sur le territoire français ou à partir de ce territoire, à des agissements en vue de provoquer des actes de terrorisme en France ou à l’étranger. »
Pendant ce temps on pouvait lire :
– Dans L’Humanité du 21juin 2023 :
Dissolution des Soulèvements de la Terre : « Plus il y a d’outils de répression, plus on s’en sert »
L’exécutif a dissout les Soulèvements de la Terre. Une décision inquiétante, pour l’historien des luttes environnementales Alexis Vrignon. (Entretien par Emilio Meslet). Une marche supplémentaire vers l’arbitraire vient d’être franchie. Annoncée depuis près de trois mois, la dissolution du collectif écologiste des Soulèvements de la Terre (SLT) est effective, comme l’a décidé le Conseil des ministres de mercredi(Cf. https://www.humanite.fr/planete/ecologie/dissolution–dessoulevements–de–la–terre–plus–il–y–d–outils–de–repression–pluss–en–sert–800045 )
-Et dans La Croix du 19 juin (modifié le 21 juin),sous la plume de Antoine Oberdorff :
Soulèvements de la terre : Darmanin annonce la dissolution en conseil des ministres
Le ministre de l’intérieur a annoncé que le décret de dissolution des Soulèvements de la terre avait bel et bien été examiné et officialisé en conseil des ministres, mercredi 21 juin. Le collectif écologiste fustige une décision « très politique » et projette de « faire acte d’insoumission » pendant la Fête de la musique. (Cf. https://www.lacroix.com/France/Soulevements-terre-dissolution-compliqueeministre-linterieur-2023-06-19-1201272141)
Comme il fallait s’y attendre le collectif dissout proteste vigoureusement . Les visiteurs pourront s’en convaincre en se rendant aux adresses suivantes :
- https://lessoulevementsdelaterre.org/blog/appel–auxsoulevements–de–la–terre–ce–qui–repousse–partout–ne–peutetre–dissou
2.https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2023/06 /25/lettre-ouverte-a-emmanuel-macron-on-ne-dissout-pas-laterre-qui-se-souleve/
Au total, s’agissant d’une « affaire » aussi grave et aussi exemplaire on peut, sans être devin, prévoir l’amplification de la polémique en cours.
Quoi qu’il en soit elle pose une question cruciale de société formulée par Olivier Galland dans Télos du 26 juin 2023 faisant référence au propos de Gaspard Koenig qui écrivait : « ceux que le ministre de l’Intérieur présente comme ‘écoterroristes’ peuvent se prévaloir d’une forme de rationalité supérieure, sur la finalité recherchée comme sur l’organisation du collectif ». O. Galland souligne à juste titre que “l’on peine à comprendre ce qui leur donne ce privilège. Mais on saisit bien que ce privilège d’une rationalité supérieure autoproclamée confère aux individus qui s’en réclament le droit, à leurs yeux, d’imposer aux autres les principes qui les guident. Les prémisses de la dictature…” (Cf. https://www.telos–eu.com/fr/politique–francaise–etinternationale/letrange–soutien–de–gaspard–koenig–auxsoulevement.html ).
Souhaitons que la République saura s’en préserver !
Au sujet du Collège
« Finir prof… – Peut-on se réconcilier avec le collège ? «
Tel est le titre de l’ouvrage de Mara Goyet publié le 5 janvier 2023 chez Robert Laffont. L’un de nos visiteurs nous a fait parvenir très récemment une coupure du Canard Enchaîné du 21 juin dernier présentant cet ouvrage et son auteure souhaitant les faire connaître aux visiteurs de ce site. Ils pourront en effet en prendre connaissance en cliquant ici (Document 1) et s’imprégner de ce que cet hebdomadaire intitule la « Démission impossible ».
La présentation de l’ouvrage par Decitre ( https://www.decitre.fr/livres/finir-prof-9782221267813.html#resume) est la suivante : « Tu as fait quoi aujourd’hui au collège ? – Rien , répond immanquablement l’enfant. La frustration des parents est d’autant plus compréhensible que ce » rien « , c’est tout. C’est tout ce qui rend le métier de professeur à la fois difficile et passionnant : l’imprévu, le prévisible, l’intempestif, le répétitif, le drôle, le triste, le banal. C’est tout ce qui rend le collège si douloureux ou amusant aux yeux des élèves.
C’est aussi tout ce que les politiques éducatives laissent de côté. Pourtant, c’est là que se trouve le centre du réacteur scolaire. C’est tout ce dont on ne débat pas ou presque. C’est tout ce qui m’enchante ou me préoccupe depuis vingt-cinq ans : » finir prof » sonne comme une menace ; c’est pour moi une chance. Des bouleversements historiques (le confinement, l’assassinat de Samuel Paty) à l’infra-ordinaire, ce livre invite à explorer avec gravité et entrain le coeur révélateur mais ignoré du collège et, pourquoi pas, à se réconcilier, enfin, avec lui »
Selon Jean-Michel Zakhartchouk dans Cahiers pédagogiques (https://www.cahiers-pedagogiques.com/finir-prof/
Un retour réflexif sur des années de murissement qui font que Mara Goyet éprouve aujourd’hui un plaisir profond d’enseigner au collège…
www.cahiers-pedagogiques.com
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) « J’ai failli avoir un fabuleux destin de petite réac », écrit l’auteure de Collèges de France, écrit en 2003. Et c’est vrai qu’à l’époque on la voyait comme appartenant à la confrérie des enseignants qui fustigeaient l’école telle qu’elle serait devenue sous la double emprise des pédagos et des démagos des différents ministères. Et j’avais moi-même critiqué un livre que je voyais comme méprisant pour les élèves. Mais sans doute n’avais-je pas perçu les prémices d’une évolution qui a pu en étonner plus d’un. Ici, nous n’emploierons pas l’affreux mot d’« autocritique » ; il s’agit plutôt d’un retour réflexif sur des années de mûrissement qui font que Mara Goyet éprouve aujourd’hui un plaisir profond d’enseigner au collège, porte un regard toujours bienveillant sur ses élèves, sans méconnaitre ce qu’ils peuvent avoir parfois d’agaçant, de déroutant. Elle décrit avec émotion et justesse deux moments essentiels vécus récemment avec eux : l’épreuve du confinement et les lendemains de l’assassinat de Samuel Paty.
Professeure d’histoire-géographie-EMC, elle est toujours soucieuse de « faire apprendre », de suivre globalement les programmes, mais ne s’interdit pas des pas de côté. Ainsi, lorsqu’elle range la salle labo avec ses élèves, qui découvrent l’arrière-boutique du prof qui enseigne ces matières.
Et, surtout, elle sait faire preuve d’un bel humour, aux clins d’œil culturels souvent savoureux, et confirme que cet humour, à propos duquel nous avons publié un récent dossier, est essentiel à l’école. D’autant qu’elle sait l’exercer sur elle-même, et qu’il vient dans bien des cas empêcher le ton de devenir celui d’une donneuse de leçons. Elle ne tombe pas non plus dans la dérision facile, en particulier lorsqu’il s’agit de défendre la laïcité et les valeurs républicaines.
Certes, je suis loin d’être d’accord avec ce qui est dit, par exemple sur l’évaluation par compétences (une vision caricaturale) ou sur les dispositifs pédagogiques (on sent une préférence pour un cours qui reste magistral même s’il n’est pas descendant). On perçoit aussi un goût modéré pour le travail collectif, même si là aussi Mara Goyet assume de faire partie d’une communauté enseignante. Mais, au fond, tout cela est secondaire, et l’auteure le dit elle-même, ce livre est tout sauf idéologique, tout sauf un traité de bonnes pratiques ou de bonnes réformes à mettre en place. Elle se dit centrée sur la classe, ses rapports directs avec ses élèves. Et lorsqu’on a été professeur de collège comme je l’ai été, on ne peut qu’apprécier ces moments qui font aimer ce métier, difficile mais passionnant, et font oublier les moments pénibles ou encore les injonctions venues d’en haut et trop souvent à côté de la plaque. M’ont beaucoup intéressé aussi les nombreuses évocations de ce que peut signifier pour un enseignant être un « passeur culturel ».Enfin, il y a la discussion qui reste ouverte sur l’implication personnelle du professeur, que Mara Goyet revendique (voir par exemple sa réaction quand un élève s’adresse à elle avec un « vous, les catholiques », elle qui est d’origine juive et non croyante). Le confinement, avec un dévoilement inattendu d’une part de privé (le lieu de vie du professeur), a renforcé sa conviction que la relation avec les élèves ne pouvait être désincarnée. Et que le professeur ne peut être non plus ce dérisoire « colibri » vanté par le ministre. Osez le plaisir et l’optimisme, semble-t-elle nous dire ! «
Laïcité : où en est-on ?
Telle est la question que posait J-L. Bianco . Faut-il en effet s’inquiéter, voire s’indigner , de l’évolution de la laïcité de nos institutions ou peut-on encore rester confiant en la matière ?
Les mauvaises raisons : d’abord la nature du débat politique où les mots sont des armes . S’autoproclament militants de la laïcité ceux qui crient le plus fort, ceux qui jouent sur les peurs. Il y a certes des attaques contre la République : sans les minorer ni les exagérer il faut les analyser, les dénoncer et les sanctionner. Mais la laïcité ne devrait pas se réduire à un catalogue de contrôles et d’interdictions. Elle est d’abord un principe de liberté qui repose sur la recherche d’un équilibre entre la liberté de chacun et celle des autres, entre la liberté de chacun et le bon fonctionnement collectif. On parle de la laïcité à tort et à travers, on l’instrumentalise, on la travestit, on l’invoque comme une potion magique pour résoudre tous les problèmes, de la question sociale jusqu’au terrorisme. Du coup on n’y comprend plus rien et on navigue dans l’abstraction.
Les bonnes raisons. Nous avons constaté, avec l’observatoire de la laïcité que j’ai eu l’honneur de présider depuis sa mise en place en 2013 jusqu’à sa suppression en 2021, une extraordinaire montée en puissance des initiatives de terrain , pour former et agir, qu’il s’agisse des grandes associations historiques comme la Ligue de l’enseignement, la Ligue des droits de l’homme, la Libre pensée, Solidarité laïque, d’autres plus récentes comme Coexister ou Enquête, de collectivités locales, d’établissements scolaires, d’associations laïques ou citoyennes, d’universités, d’entreprises et bien sur de l’Agence nationale pour la cohésion des territoires et du CNFPT pour les agents des collectivités locales.
URL : https://vigie-laicite.fr/laicite-ou-en-est-on/
Chronique estivale des turpitudes ciblées contre la laïcité,de la gestion calamiteuse du Fonds Marianne et des démêlés de l’Eglise face à la pédophilie et aux abus sexuels.
L’actualité ne cesse d’être alimentée en la matière et les évènements y afférents se succèdent à un rythme tellement soutenu qu’il empêche les visiteurs de ce site de rester informés et de témoigner de leur indignation lorsque les faits le justifient. C’est la raison pour laquelle sont juxtaposés dans cette parution des articles qui, même s’ils proviennent d’horizons très éloignés convergent pour souligner la gravité de la crise dont souffre notre société et la République qui la porte.
Les visiteurs de ce site pourront consulter ci-dessous :
Deux articles relatifs au port de l’abaya par certaines élèves de nos établissements publics d’enseignement :
1. Abayas à l’école : Qu’en dit la Vigie de la Laïcité ?
Le communiqué de cette association en date du 13 juin 2023 est accessible à l’URL :
https://vigie-laicite.fr/abayas-a-lecole-qu-en-dit-la-vigie-de-la-laicite/
On pourra aussi se reporter au texte lui-même en cliquant ici (Document 1)
2. Sous l’abaya, le chancre islamiste…
Sous l’abaya, longue robe de tradition musulmane qui couvre le corps et la tête, rien d’affriolant mais seulement une idéologie religieuse lamentable saisissant toute occasion de faire de la femme une recluse.
Article de François Braize paru dans Decodanages ……Je Suis Charlie du 15 juin 2023 à consulter à l’URL : https://francoisbraize.wordpress.com/2023/06/15/sous-labaya-le-chancre-islamiste/ ou en cliquant ici (Document 2)
Deux articles ayant trait à la gestion du Fonds Marianne
Ce fonds fut créé, au niveau gouvernemental, pour soutenir des acteurs de la lutte contre la radicalisation notamment en ligne , lutter contre les séparatismes et conforter la laïcité de nos institutions ?
1. Le premier est intitulé :
Communiqué sur la subvention ministérielle à l’association Ilaïc
Il fut publié le 02/04/2023 par Vigie de la Laïcité.
A consulter à l’URL : https://vigie-laicite.fr/communique-sur-la-subvention-ministerielle-a-lassociation-ilaic/ ou en cliquant ici (Document 3 )
On relèvera ici que ladite association dirigée par M. Sifaoui et qui se trouve derrière le compte Twitter « ilaïc » aurait donc reçu 355 KE du « fonds Marianne » géré par le Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (CIDPR) pour « défendre les valeurs de la République » … et on ne manquera pas de souligner que le fait d’accorder à un compte twitter ou à une Association l’intitulé « Ilaïc » constitue pour les citoyens laïques de France –il en reste encore quelques uns – une provocation inacceptable . On sait selon Samuel Laurent dans Le Monde du 13 juin 2023 que : « Fonds Marianne : les domiciles de Christian Gravel et Mohamed Sifaoui perquisitionnés ». Le premier, préfet, pilotait le fonds créé en 2021. Le second, essayiste, avait été bénéficiaire, avec son association, de la plus importante subvention. Ce dernier n’a pu se rendre devant la commission d’enquête sénatoriale qui devait l’entendre mardi matin, du fait de la perquisition en cours. Les policiers se sont, par ailleurs, rendus aux domiciles de deux autres acteurs de l’affaire.
2.Le second est intitulé :
Fonds Marianne : les enjeux et les rebondissements de l’affaire qui met en cause Marlène Schiappa.
La commission d’enquête au Sénat, qui a auditionné, mercredi, la secrétaire d’Etat et jeudi, Mohamed Sifaoui, responsable d’une des associations bénéficiaires (Union des sociétés d’éducation physique et de préparation au service militaire (USEPPM) (Association inconnue au bataillon ! Ndlr) doit rendre son rapport début juillet.
En parallèle de l’enquête sénatoriale, la justice a mené des perquisitions au domicile de plusieurs protagonistes de l’affaire, dont celui du préfet démissionnaire Christian Gravel, responsable de la gestion du fonds, et celui de l’essayiste Mohamed Sifaoui, coresponsable de la principale association bénéficiaire, également auditionné au Sénat
Et enfin deux articles dévolus aux dysfonctionnements majeurs ayant cours au sein de l’Eglise catholique :
1. Le premier est intitulé :
L’ennéagramme, une affaire pas très catholique …
par Golias, 16 juin 2023
L’ennéagramme fait son chemin aujourd’hui dans le monde catholique… On a un certain mal à comprendre les raisons d’un pareil engouement pour cet outil de « connaissance de soi », à l’épistémologie plus que fumeuse et qui tient davantage de la Gnose que d’une démarche spirituelle un peu sérieuse. Ce qui donne tout son intérêt au dernier livre d’Anne Lécu : « L’ennéagramme n’est ni catho, ni casher (éd. Cerf Paris, avril 2023) qui tente d’analyser ce phénomène et d’en comprendre autant les ressorts que l’attirance qu’il peut exercer sur un certain milieu qui bricole goulument un christianisme mâtiné de New Age. Ce livre, exhaustif, précis, sans complaisance mais sans volonté de polémique, fait notamment le portrait de celui qui est à l’origine de l’ennéagramme, Georges Gurdjieff qui, en son temps, utilise l’hypnose, en l’associant à des narcotiques ou autres substances. Il dira d’ailleurs de ses patients : « J’avais besoin de rats pour mes expériences »
On pourra lire la suite de l’article de Philippe Ardent à l’URL : https://www.golias-editions.fr/2023/06/16/lenneagramme-une-affaire-pas-tres-catholique/*t
Cet auteur conclut sur une note sarcastique : «Longtemps on a nourri les croyants avec de la soupe à la guimauve, maintenant on leur fait digérer de l’arsenic. Il faut avoir l’estomac solide pour être chrétien aujourd’hui !!! ».
2 . Le second s’intitule :
La mise en cause de Mgr Georges Colomb : un dossier délicat pour le Vatican.
Son auteur est RenéPujol. Il est publié dans son blog Cathlib le 15 juin 2023. Il y est posé une question forte qui reste encore sans réponse : « Jusqu’à quand l’institution pourra-t-elle nier les impasses qui menacent l‘Eglise d’implosion ? « R. Pujol indique d’emblée : » Mardi 13 juin, trois journaux catholiques français : La Croix, la Vie et Famille Chrétienne publient simultanément des articles documentés à propos des Missions Etrangères de Paris (MEP). Ils font état de l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris à l’encontre de Mgr Georges Colomb, actuel évêque de La Rochelle et Saintes pour « tentative de viol ». Les faits remonteraient à l’année 2013, époque où il était supérieur général des MEP. Il est également fait état de deux cas d’agression sexuelle impliquant deux prêtres leur appartenant. Des dossiers où le rôle de Mgr Gilles Reithinger, évêque auxiliaire de Strasbourg, lui-même ancien responsable des MEP est fortement questionné. De ces affaires surgissent d’autres révélations portant sur des faits non délictueux de pratiques homosexuelles qui ajoutent à la confusion, à moins qu’à l’inverse elles ne servent de révélateur. Le dossier est d’autant plus délicat qu’il est loin d’être clos et que la prestigieuses société missionnaire est placée sous l’autorité hiérarchique directe… du Vatican «
On accèdera à l’article en allant à l’URL : https://www.renepoujol.fr/la-mise-en-cause-de-mgr-georges-colomb-un-dossier-delicat-pour-le-vatican/#more-7716
Que les dirigeants de Vigie de la Laïcité, Christian Terras Rédacteur en Chef de Golias et René Pujol, soient remerciés de nous autoriser à reproduire leurs articles respectifs et à les reproduire sur ce site.
Pourquoi les islamistes s’en prennent à l’Ecole publique de la République ?
Selon Florence Bergeaud-Blackler, auteure d’un article paru dans La Revue des deux Mondes du 2 novembre 2020 suite à l’assassinat de Samuel Paty ( le 16 octobre 2020) et dévolu à la réponse à la question posée ci-dessus il apparaît que : « Si la France est particulièrement touchée par les attaques des slamistes c’est que, au nom de son histoire, elle revendique plus haut et plus fort que les autres pays l’humanisme et l’universalité des valeurs démocratiques. Les islamistes détestent l’école de la République car elle tient à l’universel et, contrairement aux idéologies relativistes venues en particulier des pays anglo-saxons, elle contrevient à leur stratégie. »
Cet article entendait : « faire état non des mobiles précis de cet assassinat politique, ni de ceux qui l’ont précédé, mais des circonstances historiques et idéologiques qui l’ont rendu possible. » Les visiteurs pourront y accéder à l’adresse : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/pourquoi-les-islamistes-sen-prennent-a-lecole-de-la-republique-la-strategie-de-lisesco/
« Les attaques contre l’école et contre les valeurs qu’elle porte ne prennent pas toujours, bien heureusement, cette forme extrême. Mais elles sont quotidiennes. Chaque jour remontent au ministère de l’Éducation nationale des signalements d’élèves ne souhaitant pas suivre certains cours, refusant certains enseignements au nom de leur religion, et en particulier de l’islam. Ces refus de plus en plus nombreux ne sont pas fortuits. Il sont à mettre en lien avec une stratégie assumée, destinée à soustraire les enfants musulmans de l’enseignement public pour « édifier la personnalité de l’être musulman », pour inciter chaque musulman à s’engager « à respecter les commandements d’Allah, ses prohibitions, se parer de l’éthique islamique généreuse et tolérante, fondée sur le bien, le droit, l’équité, le devoir, à agir dans le cadre de la charia qui repose sur deux principes: ordonner le bien, prohiber le blâmable ». Une stratégie qui doit prodiguer une protection contre « l’invasion et l’aliénation culturelles », « garantir la sécurité culturelle et l’immunité nécessaire au développement de la personnalité du musulman ». Ces extraits que F. Bergeaud-Blackler vient de citer proviennent d’un très officiel document de l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (Isesco), l’équivalent de l’Unesco pour l’Organisation de la coopération islamique (la version panislamique de l’ONU). »
Prolongeant sa réflexion et son propos sur cette question F. Bergeaud-Blackler vient de publier (2023) chez « Odile Jacob » un ouvrage intitulé : « Le Frérisme et ses réseaux , l’enquête » dont la recension indique : « Ce livre présente le mouvement islamiste issu de l’internationalisation du mouvement des Frères musulmans, tel qu’il s’est développé en Europe : Florence Bergeaud-Blackler le nomme frérisme. Elle explore ici, de façon factuelle et documentée, l’origine du mouvement, son fondement doctrinal, son organisation et ses modes opératoires, ainsi que ses méthodes de recrutement et d’endoctrinement. Elle montre comment il étend son emprise au cœur même des sociétés européennes en s’appuyant sur leurs institutions, en subvertissant les valeurs des droits de l’homme ou en « islamisant » la connaissance.https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences-humaines/questions-de-societe/frerisme-et-ses-reseaux_9782415003555.php
Ni réquisitoire ni dénonciation complotiste ou militante, c’est le résultat d’une enquête de fond étayée et référencée, menée selon les méthodes des sciences humaines, et qui cerne précisément un objet, l’islamisme frériste, qui construit un système-islam décliné dans trois directions : une vision, une identité, un plan. Le propos ne vise ni une religion ni une communauté de croyants, mais décrit un mouvement qui cherche à se servir d’eux pour imposer une stratégie d’islamisation des pays non musulmans dans toutes sortes de domaines, de l’économie à l’écologie, de l’école à l’université. »Cf.l’URLLe visiteur constatera ainsi que ce n’est pas seulement l’Ecole qui est concernée même si l’emprise qui y est exercée est sans doute plus documentée et plus forte que dans d’autres institutions de la République. On pourra à ce propos consulter l’article de Samia Langar(2019) :
L’islam dans l’Ecole : une frontière invisible ?
où il apparaît que : « La loi française prohibant le port de signes ostentatoires dans l’enceinte scolaire semble avoir mis fin aux « affaires du voile ». Toutefois, une scène quotidienne s’observe désormais devant les portes des établissements scolaires accueillant des élèves français de culture et de confession musulmanes : des jeunes filles venues voilées ôtent leur voile avant de pénétrer dans l’espace scolaire et s’en revêtent dès qu’elles le quittent. Ces gestes effectués sur le seuil de l’école tracent symboliquement des lignes de passage qui sont aussi des lignes de partage : entre espace scolaire et espace public, entre régimes de visibilité, entre particularisme et universalisme, entre inclusion et exclusion. Plus généralement, ces lignes de partage ébranlent et réinterrogent la laïcité elle-même et l’universel dont elle se réclame. » .
Voir le détail à : http://journals.openedition.org/ree/983 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ree.983
Dans un tel contexte, on ne peut donc s’étonner de voir titrer l’hebdomadaire Marianne du 3 février 2023, sous la plume de Etienne Campion :
« Les Frères musulmans veulent transformer la société européenne pour la rendre charia-compatible »
On y indique que « cette espèce particulière d’islamisme qui s’est déployée à partir des pays non musulmans dès les années 1960 et qui cherche, non pas uniquement à conquérir le pouvoir par le politique, mais aussi et surtout par l’économie et la culture. » Cf. https://www.marianne.net/agora/entretiens-et-debats/les-freres-musulmans-veulent-transformer-la-societe-europeenne-pour-la-rendre-charia-compatible.
Les visiteurs de ce site ne manqueront pas de s’indigner en découvrant les risques que font encourir pareilles démarches non seulement à la vocation de notre école publique laïque mais aussi à la stabilité des autres institutions de la République.
Turpitudes et contre-turpitudes ecclésiales et cléricales (suite)
L’Église en France ne compte plus les turbulences
L’Église en France ne compte plus les turbulences
Les lendemains de la pandémie de Covid-19 Une nouvelle “affaire Raoult”
Selon France Info, « la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Sylvie Retailleau réagit sur franceinfo jeudi à la perquisition menée à l’IHU Méditerranée Infection, fondé par le Pr Raoult, dans le cadre d’une enquête du parquet de Marseille sur des soupçons d’essais cliniques non autorisés :
« Il est difficile de continuer à l’appeler grand scientifique quand on a ces pratiques », a estimé ce jeudi sur franceinfo la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Sylvie Retailleau à propos de Didier Raoult, alors qu’une perquisition a été menée mercredi à l’IHU Méditerranée Infection, fondé par le professeur, dans le cadre d’une enquête du parquet de Marseille sur des soupçons d’essais cliniques non autorisés. « C’est grave », a fustigé la ministre… » « Ces perquisitions interviennent également trois jours après que seize sociétés savantes de médecine ont interpellé dimanche, dans une tribune publiée dans Le Monde , les autorités sur « la prescription systématique, aux patients atteints de Covid-19 de médicaments aussi variés que l’hydroxychloroquine, le zinc, l’ivermectine ou l’azithromycine sans bases pharmacologiques solides, et en l’absence de toute preuve d’efficacité ». Quand on a des pratiques déviantes, quand on ne suit pas les protocoles qui sont des protocoles de sécurité pour les patients, sur des essais cliniques, sur des essais thérapeutiques et l’utilisation de médicaments oui, on prend des risques. » Cf. France Info ; 1er juin 2023 , URL : https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/video-affaires-didier-raoult-pour-la-ministre-de-la-recherche-ce-n-est-plus-un-grand-scientifique-au-vu-de-ses-pratiques-deviantes_5860637.html
Cependant et comme le pointe l’hebdomadaire Politis n°1760 du 31 mai 2023, les choses ne sont pas aussi simples que celles qui pourraient relever de déviances-certes inacceptables- dans l’expression de la probité scientifique de l’ex-directeur de l’ IHU de Marseille . En effet sous la plume de Didier Sieffert ce journal titrait :
La question subsidiaire, loin d’être secondaire, qui se pose est celle de savoir « comment comprendre que toute une partie de « la gauche de gauche » ait pris parti pour un homme de droite, par atavisme familial, et dont tous les réseaux politiques sont de droite … ».
Bref nous voici de nouveau devant une véritable boîte de Pandore bien garnie ! Il n’est pas question, sur ce site, de faire diversion par rapport aux choix affichés par ailleurs mais de stigmatiser ce qui a trait à des manquements à la Science et à la Raison. Celles-ci demeurent les références d’une Association de défense de l’Ecole laïque et de ses maîtres qui eux-aussi se réclamaient de la science et de la raison pour enseigner la probité et la fraternité.
C’est pourquoi nous accueillons sur ce site l’article de François Braize paru le 1er juin 2023 dans « Déconadages ….Je suis Charlie » qui projette un autre éclairage sur les faits et les questions qu’ils posent . Il s’intitule :
“Attention Charlots !”
« RAOULT for never »
On pourra le consulter en cliquant ici .
On se doit de rappeler ici – ce que l’on semble avoir déjà oublié- savoir les 7 millions de décès provoqués par le virus SARS-COV-2 au niveau de notre planète quels que furent les traitements pratiqués pour s’en défendre. Ceci peut inciter à l’humilité et à la modération du propos lorsqu’il s’agit de condamner tant une démarche peu conforme aux lois de l’honneur et de la probité inscrites au serment d’Hippocrate que l’existence de « déviances » d’ordre politique y afférant et qui viennent de faire irruption dans le domaine public.
A propos de la mise en ligne des archives du Professeur de Philosophie Jacques Muglioni
Jacques Muglioni ( 1921-1996) est le fils d’une fleuriste et de Xavier Muglioni, comptable et militant socialiste originaire de Bastia. Il fait ses études secondaires au Lycée Pasteur comme boursier jusqu’à la classe de philosophie.
En 1941, il est reçu au CAECde lettres et philosophieet est nommé à Charolles où il enseigne pendant toute la guerre, outre la philosophie, les lettres, le latin et le grec. Il y rencontre son épouse, Yvette Michel, professeur de mathématiques. Agrégé de philosophie en 1948, il est remarqué par Georges Canguilhem et en 1963 il est nommé inspecteur général de philosophie, fonction qu’il exerce jusqu’en 1985. Alain Savary, ministre de l’Éducation, prit un décret interdisant qu’on puisse être doyen d’une inspection générale plus de 10 ans, afin de se débarrasser de Jacques Muglioni qui s’opposait à sa politique . On pourra consulter sa biographie en se rendant à l’URL : https ://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Muglioni et accéder à des compléments à l’adresse :https ://maitron.fr/spip.php ?article 14658
On trouvera une analyse approfondie de la pensée de J. Muglioni relatif à l’Ecole,l’éducation et l’instruction en se rendant à l’adresse : https://www.cairn.info/revue-le-philosophoire-2018-2-page-201.htm où se trouve une recension de son ouvrage « L’Ecole ou le loisir de penser » publiée en 2018 par Frédéric Dupin (Le Philosophoire,2018/2 , 50 , 201-210 )
Les visiteurs de ce site pourront consulter, en cliquant ici, l’article annonçant la mise en ligne des archives de ce philosophe grand défenseur de l’Ecole républicaine. Publié le 28 mai 2023 par Catherine Kintzler dans son blog revue Mezetulle, cette auteure souligne que l’on y trouve aussi bien des textes de jeunesse, publiés dans des journaux de gauche ou d’extrême gauche que les textes publiés par exemple dans la revue de l’APPEP(Association des professeurs de philosophie de l’enseignement public), et les notes qu’il adressait au ministre en tant qu’inspecteur général. On y voit que les combats d’aujourd’hui sont très anciens… »
Que Catherine Kintzler soir remerciée de nous autoriser à reproduire son article de façon à le représenter sur asvpnf.com
Petite chronique républicaine d’une délaïcisation programmée à marche forcée (I)
La laïcisation de nos institutions c’est-à-dire leur libération de l’emprise exercée par le cléricalisme de l’Eglise catholique telle qu’amorcée lors de la Grande Révolution fut une entreprise laborieuse. Ses acquis n’ont jamais cessé d’être contestés , voire remis en question, par tous les cléricaux alors qu’ils ont un rôle essentiel dans la stabilité de notre société, le progrès social et le bien public. L’exercice de la fraternité et de la tolérance tout comme l’exclusion des violences verbales et physiques en sont les leviers au sein de la vie citoyenne. La laïcisation et la laïcité institutionnelle qui en résulte sont aussi à l’origine de relations apaisées entre des citoyens émancipés et leurs mandants issus du suffrage universel.
Cependant l’observation des évènements récents à cet égard fait ressortir nombre d’ agressions plus ou moins directes à l’encontre non seulement des principes mêmes de la laïcité mais aussi des démarches volontaristes et émancipatrices ayant conduit à les mettre en application. Ceci est patent dans l’organisation, le fonctionnement et le devenir des institutions républicaines telles l’Ecole publique. C’est ce constat affligeant qui conduit à ouvrir sur ce site une nouvelle rubrique traitant de la délaïcisation . Programmée et mise en œuvre par des acteurs élus de la vie publique et des grands commis de l’Etat dûment instruits par des cabinets conseils en stratégie tel MBB pour « McKinsey – Bain- BCG » , nous en mesurons tous les dangers pour notre société. Nous clamons haut et fort-alors qu’il en est encore temps- qu’il s’agit de préserver les acquis et de les promouvoir et non de déconstruire. Cette action laïque devrait en effet se manifester d’autant que les contempteurs patentés de la laïcité républicaine sont confrontés à l’effondrement spectaculaire de leur édifice catholique faisant suite notamment aux révélations de la Ciase…On sait qu’au même moment s’expriment d’autres violences cléricales et obscurantismes lesquelles prennent aussi à revers les principes mêmes de la laïcié .
Il s’agit donc ici de contribuer à ranimer les activités militantes des associations et organisations de défense et d’action laïques pour se prémunir des agressions à la laïcité au sein ces collectivités publiques. A cet effet on se contentera d’énumérer des faits qui paraissent révélaleurs en termes de délaïcisation. Ainsi :
1.Alors que le 5 avril 2023 dernier, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, interpellé lors d’une audition sénatoriale, sur les critiques formulées par la Ligue des Droits de l’Homme quant à l’action des forces de l’ordre à Sainte Soline, a indiqué que, dans ce contexte, les subventions accordées par l’Etat à la LDH devraient en effet être examinées, avant d’enjoindre les collectivités territoriales à faire de même. Loin de remettre en cause ces propos, la Première Ministre a renchéri en questionnant certaines prises de position de cette Association. Remettre en cause les subventions publiques à la LDH : un mauvais signal pour la démocratie
2. L’arrêté du ministre de l’Éducation nationale du 12 avril 2023 modifie en profondeur le rôle, la composition, et les compétences du Conseil des Sages de la Laïcité. Cette instance, mise en place en 2018, avait à l’origine pour mission de « préciser la position de l’institution scolaire en matière de laïcité (…) » et de conseiller administration, responsables d’établissements et enseignants face aux difficultés rencontrées pour la mise en œuvre de ce principe.
On a pu apprécier, notamment, le Vade-mecum de la laïcité, refonte rigoureuse, par ledit Conseil des Sages, d’un « Livret laïcité » du ministère qui laissait beaucoup à désirer. Il refusait notamment toute comparaison entre « savoir » et « croyance ».
Laïcité et discriminations sont dans un même bateau, laïcité tombe à l’eau… Que reste-t-il ?
Désormais, la laïcité a été diluée dans un brouillard d’objectifs divers. Selon le décret, le Conseil « étudie les conditions de respect et de promotion des principes et valeurs de la République à l’école et dans les accueils collectifs de mineurs, notamment [c’est nous qui soulignons] la laïcité, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la promotion de l’égalité des sexes et la lutte contre les discriminations ». Il ne manque qu’un raton laveur à cette énumération qui noie la laïcité dans les discriminations — autrement dit qui « invoque le principe de non-discrimination contre celui d’égalité », comme l’écrit la professeure de droit Roselyne Letteron dans un article sévère ; (https://libertescheries.blogspot.com/2023/04/le-conseil-des-sages-de-la-laicite-ou.html ) …
On notera que ce site avait déjà accueilli un article dévolu à cette question : (https://asvpnf.com/index.php/2023/04/30/les-petits-accommodements-de-circonstance-au-conseil-des-sages-de-la-laicite/
)
3. Chronique d’une mort annoncée pour les lycées pros : nous ne laisserons pas faire !
Ce jeudi 4 mai 2023, M. le Président de la République a officiellement lancé sa réforme des lycées professionnels qui vise une transformation profonde de nos métiers, nos établissements et nos formations sur le modèle de l’apprentissage.
Dans son projet global, les jeunes des lycées professionnels ne sont plus considérés comme des élèves en formation mais comme une main d’œuvre immédiatement exploitable. Quant aux personnels, pour les remercier de leur engagement : de vastes plans de reconversion et un pacte pour travailler plus sont prévus.
Déni de dialogue social…Ce projet signe un transfert progressif mais avancé de la voie professionnelle scolaire vers le ministère du travail et à la solde des branches professionnelles. C’est un coup porté au service public d’Éducation. ( cf. Entre les lignes entre les mots du 13 05 2023)
4. Marianne titre le 4 mai 2023 : L’Ecole du renoncement… Peur, indifférence ou militantisme ; ces profs qui lâchent la laïcité , le double jeu de Pap Ndiaye et ainsi Natacha Polony éditrice en chef de cet hebdomadaire pose la question de savoir si « lâché par certains professeurs pris en étau entre l’activisme des islamistes et le multiculturalisme anglo-saxon, abandonné par d’autres,livrés à leur sort par la hérarchie, le principe de laïcité dans les salles de classe a-t-il un avenir ? Ces professeurs qui lâchent la laïcité : les jeunes générations tendent à être influencées par un vision multiculturelle de la société . Si certains enseignants s’autocensurent d’autres n’adhèrent désormais plus à la laïcité à la française. Une poignée de professeurs vont plus loin et militent activement contre la laïcité et la loi du 15 mars 2004 . Cette loi complète sur « la question du port des signes d’appartenance religieuse le corpus des règles qui garantissent le respect du principe de laïcité dans les écoles, collèges et lycées publics. Les convictions religieuses des élèves ne leur donnent pas le droit de s’opposer à un enseignement ».
5 . Les Poids et Mesures : le 11 mai 2023 Marianne titre :
SNU (Service National Universel) : L’étrange défaite
Selon Natacha Polony, nul ne mesure le coût du délitement progressif de la communauté nationale qui transforme la société en champ d’affontement généralisé.Savoir : « La réforme des retraites, refusée par 70% des Français, s’impose finalememnt par l’usage d’à peu près tous les outils qu’offre la Constitution, mais, pour éviter qu’une contestation de la jeunesse ne redonne de la vigueur au mouvement social on sacrifie le dispositif du SNU plébiscité par 75% des mêmes Français …
6. Comment réparer notre démocratie singulièrement abîmée se demandait le même Marianne du 6 avril 2023… en sollicitant les réponses de 12 intellectuels. Tous étaient à peu près d’accord sur le diagnostic et la nécessité d’un changement profond à savoir :
Premièrement, le fossé entre les élites et le peuple grandit au rythme quotidien des coups de pioche administrés depuis 3 ou 4 décennies par un pouvoir assujetti aux marchés à Bruxelles, aux Gafam, aux experts …
Deuxèmement, la profondeur de la tranchée risque de tourner au divorce définitif, voire à une guerre ouverte entre un haut clergé politico-économique et un tiers état périphérique. Les vraies différences entre toutes les « plumes de talent » interrogées tiennent plutôt au solutions destinées à ressouder les deux « forces » en présence. Pour reprendre la terminologie du Général de Gaulle quelques unes comptent plutôt parmi les adeptes de la table rase. En clair, du changement profod, du renversement systémique comme disent les savants. D’autres tels notre référente laïcité , Dominique Schnapper, préfèrent la table basse où les conflits se règlent par la discussion. A condition de réserver une chaise à tout le monde » si le débat est placé sous le auspices de la laïcité. n
7.Mais les dangers et souffrances encourus ne sont pas seulement ceux de notre territoire national … écoutons plutôt Carole Coupez dans Solidarité Laïque n°81 (2è trim. 2023) ils sont planétaires . : « L’éducation, c’est surtout construire du collectif, c’est un champ d’apprentissage, de connaissances, de compétences et de construction de liens sociaux ; si l‘education est une question de transmissions, celles-ci sont pluri-formes et multidirectionnelles. On apprend les uns avec les autre et les uns des autres et on apprend à faire société ensemble . Rappelons des titres de cette revue qui forcent au retour sur soi-même et le local : « pour élever un Enfant, il faut tout un village » et « l’Ecole est source d’apprentissages, de cohésion sociale et de résilience ».
8. Pendant ce temps l’institution républicaine en péril laisse le champ libre à l’enseignement privé confessionnel qui repose en 2023 une question réglée il y a plus d’un siècle celle de la mixité dont on faisait par le passé l’apprentissage fraternel sur les bancs de l’Ecole publique laïque. C’est ainsi que La Croix du 11mai 2023 titre en première page : « Ecole privée, comment favoriser la mixité ? » … un accord pour encourager la mixité sociale dans l’enseignement catholique doit être signé prochainement. Des annonces sont également attendues pour l’enseignement public… Quoi qu’il en soit ceci en dit long sur ce qui a pu se passer depuis le vote de la Loi de séparation des églises et de l’Etat…
9. Comment aussi passer sous silence les événements politiques qui se déroulent à nos portes et exerçant des effets collatéraux sur notre société en cours de délaïcisation. Le plus marquant résulte du vent de changement qui souffle en Turquie où le Président Erdogan , au pouvoir depuis 20 ans, pourrait souffrir de la désaffection des jeunes au premier tour de l’élection présidentielle qui a cours le 14 mai 2023. On sait qu’en octobre prochain ce pays célèbrera le 100è anniversaire de la République laïque. Selon La Croix du 13 mai 2023 Ataturk, et Erdogan sont deux personnalités qui ont marqué la Turquie. Qu’ont-ils de commun ? On sait que leurs visions politiques sont totalemet oppposées. Le premier est révolutionnaire, le second est contre-révolutionnaire .Le premier voulait que la Turquie aille de l’avant et appartienne à la famille européene. Le second aspire à (nous) ramener 100 ans en arrière, à la période ottomane et souhaite pousser la Turquie hors de l’Europe. Son objectif est que le grand sultanat devienne l’empire du monde islamique.
Araturk cherchait à éloigner la religion de la politique. La laïcité était une sorte de pierre angulaire de la Turquie mais c’est terminé. Désormais le pays est sous forte pression des mouvements islamistes… de là à penser qu’Erdogan veut rétablir une république islamiste. »
Quel que soit le résultat de cette élection on redécouvre ici les éternels recommencements de l’histoire , ce qui laisse à penser que la délaïcisation en cours en France relève finalement de processus politiques et sociétaux dont les dynamiques sont comparables sinon identiques . La constante de temps de référence est de l’ordre du siècle ce qui permet aux citoyens d’apprendre à attendre les lendemains qui chantent
10. Enfin on ne manquera pas de mentionner l’article de Olivier Galland,sociologue , directeur de recherche au CNRS , paru dans Télos le 12 Mai 2023. Il s’intitule : « Plaidoyer pour une école ouverte », école qui selon les vœux de l’auteur serait donc appelée à remplacer l’ école communale laïque d’antan c’est-à-dire une école fermée devenue obsolète à ses yeux .
On soulignera cependant que c’est cette école, prétendûment fermée et où enseignaient les INSTITUTEURS publics, qui permit l’instauration de la République dans nos villes et campagnes ; rien de moins !
Quoi qu’il en soit, selon cet auteur : « Dans plusieurs papiers précédents de Télos, j’ai montré, en me fondant sur les enquêtes de l’OCDE, que l’école française n’était pas parvenue à être une « école de la confiance ». Les élèves français, par rapport à leurs homologues européens, ont plus souvent peur d’échouer. Leur rapport à l’école est trop souvent un rapport de crainte ou d’angoisse. Un autre constat préoccupant est que le fossé s’accroît considérablement entre la culture jeune et la culture scolaire. Pour beaucoup de jeunes, l’école devient ainsi un univers étranger à leur idiosyncrasie. La culture classique que l’école est censée transmettre, notamment à travers les livres, n’intéresse plus. Ainsi, de nombreux jeunes soit craignent l’école, soit s’y ennuient. Ils font leur « métier d’élève » sans enthousiasme ou même, pour certains, avec répugnance. Cet état de fait a des conséquences qui vont bien au-delà de l’acquisition des compétences, car l’école est censée être également un creuset républicain. Il est clair que si les jeunes ont un rapport aussi distancié à l’école, elle échouera également sur ce plan. » (Cf.https://www.telos-eu.com/fr/societe/plaidoyer-pour-une-ecole-ouverte.html.)
11. On pointera , dans ce contexte chargé, le billet plus optimiste du philosophe Henri Pena-Ruiz paru dans Marianne du 18 mai 2023 (n°1366) intitulé « Qui donc lâche la laïcité par lâcheté ? ». Cet auteur en profite pour rappeler à ceux qui ne veulent pas l’entendre « la chance qui est la nôtre en France avec une laïcité universaliste,soucieuse d’émancipation, rêvée par Condorcet et par Victor Hugo.Un vœu comblé par la loi de séparation laïque du 9 décembre 1905 et par celle du 15 mars 2004, qui met les élèves à l’abri du prosélytisme religieux … Alors qui donc lâche la laïcité sinon les hiérarchies des institutions publiques « enlisées dans leur crainte d’affronter le réel et dans les renoncements qui en résultent ».
12. Au final les visiteurs de ce site,amoureux de la laïcité –il en reste- pourront tenter se rassurer en prenant connaissance de la citation de Danièle Sallenave ( In Rue de la Justice, 2022, Gallimard)glânée par un de nos visiteurs qui a souhaité garder l’anonymat : « Rien ne peut me toucher davantage que ce beau mot d’école, qui n’est ni une chose ni un lieu mais les deux à la fois : un endroit où se réunissent deux générations autour de l’idée fondatrice que l’une doit enseigner et l’autre apprendre ». Une citation à inscrire en lettres d’or au fronton des Ecoles publiques laïques de France !
On comprend bien que cette chronique donnera lieu à d’autres épisodes sur ce site.