La loi dite “séparatisme” du 24 août 2021 et ses atteintes aux libertés associatives (?)

Selon Vie publique  (Cf. https://www.vie-publique.fr/loi/277621-loi-separatisme-respect-des-principes-de-la-republique-24-aout-2021 ),ladite loi                   entendait « apporter des réponses au repli communautaire et au développement de l’islamisme radical, en renforçant le respect des principes républicains et en modifiant les lois sur les cultes. »

On ne manque pas d’y relever en matière de  respect des principes républicains :

La laïcité et la neutralité des services publics

Pour renforcer la laïcité et la neutralité, le texte énonce, comme les juges l’ont déjà reconnu, que ces principes s’appliquent aux salariés des titulaires de contrats de marché public, des concessionnaires, des bailleurs sociaux et des organismes qui ont une mission de service public (SNCF réseau, RATP, Aéroports de Paris, sociétés HLM…).

Sur amendement des parlementaires, un référent laïcité et une journée de la laïcité le 9 décembre de chaque année seront mis en place dans les administrations.

Le contrôle sur les actes des collectivité locales qui porteraient gravement atteinte à la laïcité ou à la neutralité dans un service public (cantines, équipement sportifs…) est revu. Le préfet pourra déférer l’acte et en demander la suspension au juge administratif, qui aura 48 heures pour décider.

Un nouveau délit de séparatisme vient protéger les élus et agents publics contre les menaces ou violences pour obtenir une exemption ou une application différenciée des règles du service public. Les agents publics pourront, par ailleurs, signaler via le dispositif d’alerte existant les menaces ou atteintes à l’intégrité physique dont ils sont victimes. En réponse à l’assassinat terroriste de l’enseignant Samuel Paty, les députés ont créé un délit d’entrave à la fonction d’enseignant.

 

S’agissant  des  associations et du  nouveau contrat d’engagement républicain

 

Les associations ou fondations, qui demandent une subvention publique, devront s’engager à respecter le caractère laïque et les principes de la République (égalité femme-homme, dignité humaine, fraternité…) dans un « contrat d’engagement républicain« . Si elles violent cette obligation, la subvention devra être remboursée. Le respect du contrat devient une condition pour l’obtention d’un agrément ou la reconnaissance d’utilité publique.

Dans une réserve d’interprétation, le Conseil constitutionnel a jugé que le retrait de la subvention ne saurait, sans porter une atteinte disproportionnée à la liberté d’association, conduire à la restitution de sommes versées au titre d’une période antérieure au manquement au contrat d’engagement.

Le contrôle par l’État des associations sportives et des fédérations sportives est renforcé. Les associations agréées seront aussi soumises au contrat d’engagement républicain.

La liste des motifs de dissolution des associations est complétée. Les associations pourront se voir imputer des agissements commis par leurs membres, agissant en cette qualité, ou des agissements directement liés à leurs activités. Le texte voté par le Parlement prévoyait, qu’en cas d’urgence, le ministre de l’intérieur pouvait prononcer la suspension d’une association, dans l’attente de sa dissolution.

Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition. Il a considéré qu’en permettant la suspension des activités d’une association faisant l’objet d’une procédure de dissolution sur le fondement de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure en cas d’urgence et à titre conservatoire, pour une durée maximale de trois mois, renouvelable une fois, cette disposition portait atteinte à la liberté d’association.

Les fonds de dotation, outil de financement du mécénat, seront mieux contrôlés par les préfets. L’administration fiscale pourra vérifier que seules les associations qui remplissent les conditions prévues par la loi peuvent bénéficier de la générosité du public et délivrer des reçus fiscaux.

À l’initiative des députés, les financements étrangers reçus par les associations loi 1901 qui touchent plus de 153 000 euros de dons par an et par les fonds de dotation seront contrôlés.

Un nouveau délit face à la haine en ligne

 

Un délit de mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle est créé. Ce nouveau délit sera puni de 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende si la victime est un agent public, un élu ou un journaliste ou si elle est mineure. Une garantie spécifique pour la presse a été apportée par le Sénat.

Afin de lutter contre les sites miroirs qui reprennent des contenus illicites déréférencés ou bloqués par la justice, une nouvelle procédure est mise en place. Ces dispositions étaient prévues par un article de la loi dite Avia du 24 juin 2020 visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel.

La comparution immédiate est désormais prévue pour les délits de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse(nouvelle fenêtre) (provocations publiques à la haine ou à la violence, négationnisme…). Cette procédure rapide de jugement ne concernera pas les contenus contrôlés par des directeurs de publication de presse (régime de la responsabilité en cascade). Il s’agit de sanctionner les abus les plus graves et manifestes à la liberté d’expression, favorisés par les réseaux sociaux.

 

L’instruction des enfants et les mesures sur la famille

 

La scolarisation de tous les enfants dans un établissement scolaire devient obligatoire à la rentrée 2022 (au lieu de la rentrée 2021 dans le texte initial) et l’instruction d’un enfant en famille dérogatoireL’école à la maison sera soumise à autorisation (et non plus seulement à déclaration) et accordée uniquement pour quatre motifs :

  • état de santé ou handicap de l’enfant ;
  • pratique d’activités sportives ou artistiques intensives ;
  • itinérance de la famille ;
  • situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif. 

Une autorisation de plein droit jusqu’en 2023-2024 a été prévue par les députés pour les familles pratiquant déjà l’instruction en famille dans des conditions satisfaisantes.

Par une réserve d’interprétation, le Conseil constitutionnel juge qu’il appartiendra, sous le contrôle du juge, au pouvoir réglementaire de déterminer les modalités de délivrance de l’autorisation d’instruction en famille et aux autorités administratives compétentes de fonder leur décision sur les seuls critères définis par la loi, excluant toute discrimination de quelque nature que ce soit.

Les écoles privées hors contrat devront répondre à de nouvelles obligations. Un régime de fermeture administrative des écoles non déclarées ou qui n’ont pas remédié aux défaillances constatées par l’administration est créé. Sur amendement du gouvernement, le préfet pourra s’opposer à l’ouverture d’écoles hors contrat soutenues par un État étranger hostile à la République.

Le contrôle des associations cultuelles et des lieux de culte

 

La loi modifie la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État et la loi du 2 janvier 1907 sur l’exercice public des cultes.

Les conditions de création et de gouvernance des associations gérant un lieu de culte prévues par la loi de 1905 sont revues afin de les protéger des prises de contrôle malveillantes par des groupes radicaux (clause dite anti-putsch). Ces associations cultuelles devront se déclarer auprès du préfet tous les cinq ans. Leurs obligations comptables sont renforcées. Les dons étrangers de plus de 10 000 euros et la cession de lieux de culte à un État étranger devront être déclarés. Le préfet pourra s’y opposer lorsqu’un intérêt fondamental de la société est en jeu.Pour plus d’autonomie financière, ces associations pourront détenir et exploiter des immeubles de rapport acquis par legs ou don. Un amendement des députés plafonne à 50% les ressources annuelles qui pourront être tirées de tels immeubles.

Un amendement du gouvernement dit « mosquée de Strasbourg » renforce la transparence sur les avantages accordés par les collectivités locales pour la construction de lieux de culte. Les communes et départements devront informer préalablement le préfet, avant toute garantie publique pour un emprunt destiné à la construction d’un édifice cultuel, ou la conclusion d’un bail emphytéotique (bail de longue durée).

Pour les associations dites mixtesqui relèvent de la loi du 1er juillet 1901 et qui exercent un culte, leurs obligations, notamment administratives et comptables, sont alignées sur celles des associations cultuelles : certification dans certains cas de leurs comptes, distinction comptable de leurs activités cultuelles du reste de leurs activités, déclaration de l’argent provenant de l’étranger… Le préfet pourra enjoindre à une association dont l’objet est en réalité l’exercice d’un culte à se déclarer comme association cultuelle. Aujourd’hui, plus de 90% des mosquées sont sous le régime de loi de 1901.

Des dispositions traitent aussi des associations inscrites à objet cultuel d’Alsace-Moselle.

La loi modifie la loi du 9 décembre 1905 sur la police des cultes. La peine en cas de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence commise par un ministre des cultes est portée à cinq ans de prison. La tenue de réunions politiques dans des lieux de culte est plus sévèrement sanctionnée. L’organisation d’opérations de vote pour des élections politiques françaises ou étrangères y est clairement prohibée. Le juge pourra, par ailleurs, interdire à une personne coupable d’un délit à la police des cultes de paraître dans les lieux de cultes. Le préfet pourra fermer provisoirement les lieux de culte en cas d’agissements.

 

Selon Etienne Rocher (https://www.herald-avocats.com/loi-separatisme-quel-impact-sur-les-associations/), « la loi séparatisme du 24 août 2021 a mis en place de nouvelles mesures visant à renforcer le respect des principes républicains et à lutter contre le repli communautaire. Revenant  sur les conséquences de ce texte pour les associations, il indique dans une interview que la mesure phare de la loi séparatisme est le contrat d’engagement républicain. »

« Ce dernier consiste à faire prendre l’engagement aux associations de ne pas porter atteinte à l’ordre public et de respecter les principes d’égalité, de liberté, de fraternité, de dignité de la personne et de laïcité, ainsi que les symboles de la République. »

« Ce contrat d’engagement républicain doit être signé par le président de toute association souhaitant recevoir des fonds publics, des subventions ou un financement. La signature de cet engagement est également un préalable pour les associations qui demandent un agrément spécifique, par exemple les associations reconnues d’intérêt général ou d’utilité publique. »

 Cet auteur souligne également que : « Parmi les mesures de la loi séparatisme, certaines touchent toutes les associations. C’est le cas notamment de celle élargissant la liste des motifs de dissolution d’une association aux agissements violents à l’encontre des personnes et des biens. »

« D’autres dispositions visent plus spécifiquement les associations loi 1901. Pour celles-ci, les pouvoirs de contrôle de l’administration fiscale sont élargis et renforcés, avec une possibilité de vérifier sur place la réalité des reçus fiscaux et l’obligation pour toutes les entités émettant des reçus fiscaux de déposer une déclaration annuelle des dons.

Certaines associations loi 1901 se voient en outre imposer des obligations supplémentaires. Le texte inscrit par exemple dans la loi l’obligation de déposer des comptes annuels au-delà de 153 000 euros de dons. Ces mêmes associations devront aussi établir un état comptable séparé pour les ressources reçues de l’étranger. »

 

« En parallèle, les associations cultuelles loi 1905 doivent chaque année présenter un état des ressources et des financements reçus de l’étranger et établir une liste annuelle des lieux dans lesquels elles exercent leur culte. L’objectif est ici de lutter contre la pratique de culte dans la rue ou dans des domiciles. Parallèlement, si le préfet en fait la demande, elles devront également présenter un budget prévisionnel. Enfin, les associations loi 1905 recevant des fonds de l’étranger ou plus de 153 000 euros de dons devront désigner un commissaire aux comptes. »

 

On notera également dans ce propos professionnel  que  «  la mise en place des mesures de la loi séparatisme alourdit considérablement la vie des associations, en particulier pour celles qui émettent des reçus fiscaux et reçoivent plus de 153 000 euros de dons. Elle entraîne une augmentation des formalités administratives ainsi qu’une charge comptable importante, liée au coût de la désignation d’un commissaire aux comptes. »

Cette loi a ainsi soulevé de nombreux débats. Il s’agissait essentiellement de défendre le principe constitutionnel de la liberté d’association face au renforcement du contrôle de l’administration fiscale et des pouvoirs de l’État. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs annulé plusieurs dispositions du texte, désignées comme étant excessives par rapport au principe de liberté associative.

 

On devine ici  l’écart existant entre le propos du législateur et son ressenti chez l’utilisateur associatif … faut-il en prendre pour preuve ce propos rapporté dans La Gazette des Communes du 29 juillet 2022   (https://www.lagazettedescommunes.com/820045/letat-dicte-sa-loi-aux-collectivites-et-aux-associations/) ?

 

 

Pour s’informer davantage sur ces  questions importantes et leurs prolongements dans la vie des collectivités on pourra consulter  dans Dalloz Actualité du 16 janvier 2023 un article intitulé :

Loi contre le séparatisme et contrats de la commande publique

 

 Sophie LAPISARDI  y procède à une analyse critique des dispositions relatives aux contrats de la commande publique
 
Cette Loi a déjà donné lieu  à un nombre significatif  de publications sur ce site ; c’était bien naturel.  Les visiteurs pourront les consulter via la rubrique recherches  en sélectionnant les mots-clés pertinents tels « projet de loi » , « respect des principes de la République », « séparatisme »…
Certes depuis 2021, on est passé du projet  à la Loi elle-même, à sa promulgation , à sa mise en application et aux réactions des usagers citoyens, hommes de loi, associations, collectivités locales.

 Un point d’étape s’imposait sachant que dans notre République on ne contourne pas sans risques  la Loi emblématique  de Séparation de 1905 en lui adjoignant une Loi  contre « les séparatismes »  de 2021, même si l’intitulé de cette dernière  semble mettre en exergue « le respect des principes de la République ».

Ce bilan a été réalisé  récemment par l’Association des  Amis de la Vigie de la Laïcité et publié dans sa Newsletter  du  9 janvier 2023 sous forme de 4 articles que les visiteurs de ce site pourront consulter. Ils sont présentés sous l’intitulé général :

Laïcité, valeurs républicaines : un an après la loi « séparatisme », quel bilan pour les libertés associatives ?

 

Document 1 . Laïcité, valeurs républicaines : un an après la loi séparatismes, quel bilan pour les libertés associatives ?

Avec Stéphanie Hennette-Vauchez

https://vigie-laicite.fr/laicite-valeurs-republicaines-un-an-apres-la-loi-separatismes-quel-bilan-pour-les-libertes-associatives

 

Document 2. Le contrat d’engagement républicain et les obstacles mis au bon fonctionnement des associations cultuelles : le plaidoyer du protestantisme  français

 

Avec François Clavairoly

 

URL : https://vigie-laicite.fr/le-contrat-dengagement-republicain-et-les-obstacles-mis-au-bon-fonctionnement-des-associations-cultuelles-le-plaidoyer-du-protestantisme-francais/

 

Document 3 Critiques et bilan de la loi confortant le respect des principes de la République, dite « loi séparatisme » et son contrat d’engagement républicain

Avec Benjamin Sourice

URL : https://vigie-laicite.fr/critiques-et-bilan-de-la-loi-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique-dite-loi-separatisme-et-son-contrat-dengagement-republicain/

Document 4 .  L’exemple des obstacles administratifs opposés récemment par la préfecture aux manifestations organisées par l’association écologiste Alternatiba-Poitiers et subventionnées par les communes

Avec Christine Queyrex

URL : https://vigie-laicite.fr/lexemple-des-obstacles-administratifs-opposes-recemment-par-la-prefecture-aux-manifestations-organisees-par-lassociation-ecologiste-alternatiba-poitiers-et-subventionnees-par-les-com/

 
 
Les responsables de la Vigie de la Laïcité nous ont autorisé à reproduire et à représenter les 4 articles mentionnés ci-dessus. Nous les en remercions très vivement .

Un nouveau scandale clérical au plus haut niveau L’affaire RUPNIK

Selon cath.ch  « neuf religieuses auraient accusé le Père Rupnik d’avoir commis sur elles des abus d’autorité, spirituels et sexuels. Mais il y en aurait peut-être beaucoup plus, qui n’ont pas pu ou pas voulu parler. C’est ce qui ressort notamment des derniers développements concernant le scandale touchant le jésuite slovène. Les premiers éléments indiquaient des abus commis dans les années 1990 et limités à la communauté de Loyola, à Ljubljana (Slovénie), dans laquelle le Père Rupnik était conseiller spirituel. Mais il est probable que l’extension géographique et temporelle des crimes du célèbre artiste ait été bien plus importante.”

 « Cependant, de nouveaux éléments étayent la thèse d’une dissimulation des abus commis par le prêtre-artiste Marko Rupnik sur des religieuses. Le témoignage détaillé d’une victime, paru dans la presse, confirmerait les agissements pervers et blasphématoires du mosaïste, ainsi que l’inaction des autorité ecclésiales (Cf. ath.ch/newsf/affaire-rupnik-nouveaux-indices-de-dissimulation/)

En réalité  selon La Vie  ( 29 décembre 2022 ) l’affaire est emblématique puisque « Au regard de la stratégie employée par Marko Rupnik pour agresser ses victimes, elle  illustre le phénomène de l’emprise et des abus psycho-spirituels dans le cadre ecclésial. Si la question des agressions sexuelles sur mineurs est désormais évoquée, celle des agressions sur majeurs reste un angle mort de la réflexion globale de l’Église sur la lutte contre les violences sexuelles. Il suffit de jeter un œil au droit canonique, dans lequel une victime est qualifiée de « complice » de son agresseur. »

 

Lucetta Scaraffia a décrit ce biais dans La Stampa « L’affaire Rupnik révèle cruellement à quel point les hiérarchies ecclésiastiques ont du mal à comprendre le problème des abus sexuels à l’encontre des religieuses. […] Pour l’institution ecclésiastique, l’abus sexuel sur des femmes adultes, comme les religieuses, n’existe pas : ces cas, en effet, sont catalogués comme des transgressions sexuelles commises par les deux parties, surtout parce que, selon une conception absurde du plaisir sexuel encore en vigueur dans la hiérarchie catholique, on suppose toujours que les victimes de l’abus ressentent aussi du plaisir, et deviennent ainsi complices de la violation du 6ècommandement. » Cf.lavie.fr/christianisme/eglise/comprendre-laffaire-rupnik-en-six-grandes-questions-85968.php

Déjà Le Figaro du 26 décembre 2022, sous la plume de Jean-Marie Guénois abordait la question « des complaisances et des zones d’ombre du jésuite, Marko Rupnick artiste mosaïste, qui commit plusieurs agressions sexuelles sur des religieuses.  Ledit  Rupnik avait été excommunié en mai 2020, mais l’excommunication avait été levée le même mois, vraisemblablement sur ordre du Pape… » (cf.. https://www.lefigaro.fr/actualite-france/marko-rupnik-le-nouveau-scandale-qui-eclabousse-l-eglise-et-le-pape-francois-20221225)

 On pouvait aussi relever le 22 décembre 2022 dans belgicatho  ce titre édifiant :

Avec l’affaire Rupnik, le scandale des abus frappe à Santa Marta

On pouvait noter, dans l’article correspondant, que : « Les graves abus sexuels commis par le Père Rupnik sur les religieuses qui étaient sous sa responsabilité spirituelle, et le grave crime d’absolution du complice, qui lui a valu l’excommunication, sont désormais des faits établis. Mais le puissant réseau de complicité et de protection grâce auquel il reste impuni a désormais atteint jusqu’au Saint-Père : lui seul avait le pouvoir de remettre l’excommunication. Que s’est-il donc passé ? On attend encore des réponses adéquates de la part du Vatican. » Cf. http://www.belgicatho.be/archive/2022/12/22/avec-l-affaire-rupnik-le-scandale-des-abus-frappe-a-santa-marta.html

 Pendant ce temps la Sélection du jour titrait le 29 décembre 2022

 

L’AFFAIRE RUPNIK, UN SCANDALE « URBI ET ORBI »

 l’auteur de l’article, Philippe Oswald   attirait l’attention sur :

« Un scandale sexuel touchant le jésuite et artiste Marko Rupnik embarrasse fort le Saint-Siège. Il est « Urbi et Orbi » : son épicentre est à Rome mais l’onde de choc est universelle. C’est plus qu’une « banale » affaire de mœurs et d’abus spirituels car elle touche sinon un proche du pape François, du moins un jésuite apprécié du Saint-Père comme déjà de Jean-Paul II, en tant qu’artiste internationalement reconnu – et rémunéré comme tel. Surtout, la stratégie de défense de la Compagnie de Jésus s’avère contre-productive » (Cf. https://www.laselectiondujour.com/laffaire-rupnik-un-scandale-urbi-et-orbi-n1782/)

 

Voici un ensemble de données journalistiques qui  met en lumière un autre volet des abus sexuels sur majeures commis au sein de l’Eglise catholique. Il semble de nature à justifier sans ambages  le titre d’un article paru le 13 janvier 2023 dans la Lettre d’information de Golias Hebdo, titre ainsi libellé :

 

L’affaire Rupnik : le scandale au plus haut niveau

Les visiteurs de ce site pourront y découvrir que : « Les révélations et les commentaires en tout sens qui se sont succédé, en ce mois de décembre 2022, sont-ils le premier chapitre de l’affaire Rupnik ? Un scandale d’abus sexuels qui rejoindrait les plus célèbres sur une liste déjà longue. Marko Rupnik est de ces monstres sacrés qu’on n’attaque pas : il a couvert les plus célèbres sanctuaires mariaux de ses mosaïques. Il est un personnage en vue au Vatican où il s’est fait une place jusque dans les dicastères et dans l’entourage personnel du pape. Ce qui vient maintenant au jour est terrible : Marko Rupnik est un prédateur sexuel qui sévit auprès des religieuses depuis plus de trente ans. Il est jésuite et tout montre qu’à ce titre il a bénéficié d’une protection sans faille, au point que sur cette longue période, seuls deux épisodes sont maintenant connus. Autrement dit, l’affaire, si l’omerta continue à être fragilisée, n’en est qu’à ses débuts. »

Ledit article est accessible soit en cliquant ici soit en se rendant à l’adresse : https://www.golias-editions.fr/2023/01/13/laffaire-rupnik-le-scandale-au-plus-haut-niveau/

Que Christian Terras, Rédacteur en chef de Golias soit remercié  de nous autoriser ce nouvel emprunt.

Notre Ecole à la ramasse.

« L’enquête PISA, réalisée par l’OCDE, apporte de précieuses informations, maintenant bien connues, sur les aptitudes d’élèves de 15 ans en compréhension de l’écrit, en mathématiques et en sciences. Mais cette enquête fournit aussi de très intéressantes données sur les sentiments éprouvés par les élèves à l’égard de leur école et de leurs professeurs, au sujet également de leur sentiment de bien-être ou de mal-être dans l’univers scolaire. Passage en revue de quelques résultats qui ne sont pas encourageants pour la France. » (Cf. https://www.telos-eu.com/fr/societe/les-eleves-francais-et-leur-ecole.html)

 

On rappellera que : PISA est le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves. En réalité ceci est la traduction approximative en globish de  Program for International Student Assessment . Piloté par l’OCDE, PISA mesure l’efficacité des systèmes éducatifs. L’objectif est de comparer les performances des élèves issus de différents environnements d’apprentissage pour comprendre ce qui les prépare le mieux à leur vie d’adulte.

 PISA 2022, c’est :

85 pays participants,

335 établissements en France métropolitaine et Outre-mer,

8000 élèves qui défendent les couleurs de la France.

 

L’étude est menée tous les trois ans auprès de jeunes de 15 ans, qu’ils soient scolarisés dans un établissement public ou privé sous contrat, au collège ou en lycée agricole, général, technologique ou professionnel.

PISA évalue leurs capacités à mobiliser leurs connaissances scolaires, à les utiliser dans des situations proches de la vie quotidienne.

En France, l’enquête est réalisée sous la responsabilité du ministère de l’Éducation nationale selon les procédures standardisées de l’OCDE. Elle se déroule dans 335 établissements tirés au sort par une autorité internationale indépendante. Dans chaque établissement, environ 30 élèves de 15 ans sont retenus aléatoirement.

L’intérêt est d’évaluer la capacité de l’élève à mettre en perspective ses acquis scolaires afin d’en faire usage durant des situations variées. L’enquête invite les élèves à une introspection sur leur envie et leur manière d’apprendre, notamment grâce à un questionnaire de contexte. Sa périodicité triennale permet aux pays de suivre les progrès accomplis en termes d’éducation (Cf. https://www.education.gouv.fr/pisa-programme-international-pour-le-suivi-des-acquis-des-eleves-41558)

Cette périodicité pose des problèmes d’échantillonnage non évoqués(ndlr).

Le Monde, bien documenté à ce sujet, titrait  en novembre 2022 dans une tribune de Yann Algan et Elise Huillery :

 

« Les jeunes Français considèrent que la réussite ne dépend pas de leurs propres efforts à l’école »  

(Cf.https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/08/education-les-jeunes-francais-considerent-que-la-reussite-ne-depend-pas-de-leurs-propres-efforts-a-lecole_6148924_3232.html).

Devant ce constat apparemment sans appel, les deux auteurs préconisaient, pour lutter contre le décrochage des élèves français dans les classements européens,  de mettre les compétences sociales et comportementales au cœur de l’école et de l’entreprise… Selon eux notre système scolaire montre des signes inquiétants. Le niveau de mal-être des élèves français est l’un des plus élevés : 50 % de nos enfants déclarent être anxieux à l’école, soit 30 points de pourcentage de plus que la moyenne des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en 2019. Est-ce la rançon de meilleurs résultats scolaires ? Loin de là. En vingt ans, les élèves français sont passés de la 7ᵉ à la 17ᵉ place sur dix-huit pays de l’OCDE en mathématiques et en sciences, en 2019. Si tous les élèves sont concernés par ce déclin, même la tête de classe, notre pays se distingue par des écarts de performances scolaires record et la corrélation la plus forte avec l’origine sociale des élèves

 C’est dans ce contexte préoccupant que l’article intitulé :

 

« Les élèves français et leur école »

de Ollivier Galand publié dans Télos le 6 janvier 2023 revêt un  intérêt très particulier, au moment où notre système scolaire est considéré,  à qui veut l’entendre, comme  étant à la dérive…

Ledit article est accessible aux visiteurs soit en cliquant ici soit en se rendant à l’adresse : https://www.telos-eu.com/fr/societe/les-eleves-francais-et-leur-ecole.html .

Il n’est pas étonnant que l’analyse de cet auteur puisse trouver des prolongements  dans l’énoncé de facteurs de causalité responsables d’un tel état des lieux.  Parmi eux on retiendra ici et par nature la formation des maîtres,  durement accablée dans un propos conclusif où nous avons relevé :

« Au total, la France gagnerait à prendre à bras-le-corps la question de la formation pédagogique des enseignants, ce qu’elle ne fait certainement pas assez. Un professeur bien formé sur le plan académique ne sera pas performant s’il ne sait pas adapter ses cours au profil de ses élèves. Sans abandonner l’ambition de donner le même savoir à tous, il faut également renoncer à une fausse égalité qui consiste à nier les inégalités cognitives de départ, d’autant qu’avec la massification de l’enseignement ces inégalités se sont accrues du fait de l’accès à des niveaux plus élevés d’enseignement de jeunes d’origines sociales, culturelles et ethniques plus diversifiées ».

On mesure ici l’ampleur de la tâche de ceux qui se proposent de refonder l’Ecole du 21è siècle !

Que Ollivier Galand soit cordialement remercié de nous avoir autorisé à reproduire son article original.

Chronique des tribulations et turpitudes cléricales des débuts de 2023 (à suivre )

A l’approche de l’Épiphanie et de l’arrivée probable des Rois mages (sic !) on découvre, chemin faisant, qu’un Colloque international est organisé en France pour traiter sur le plan scientifique (sciences sociales ) des Violences sexuelles dans l’Église catholique.
Devant se tenir à Paris sur le campus Condorcet les 19 et 20janvier 202, il est organisé par l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux – IRIS- et placé sous l’égide de l’INSERM, l’Université de Strasbourg, l’EHESSS et l’Université de Lausanne (Cf.https://www.ehess.fr/fr/colloque/colloque-internationalsur-violences-sexuelles-dans-l%C3%A9glise-catholique ).
Selon les organisateurs « il s’agit à la suite des dires du Président de la Conférence des évêques de France, M. Pontier, qui estimait qu’on en savait trop peu sur la question pour développer une politique efficace,de prendre exemple sur les pays étrangers. A cette fin , il constitua une commission d’étude et de proposition dont il confia la présidence à Jean Marc Sauvé, vice-président honoraire du Conseil d’État.
« Cette commission – la Ciase – décida dès son installation début 2019 de confier à deux de ses membres une mission d’enquête approfondie afin de mesurer l’ampleur et d’éclairer les conditions de production et de traitement des abus sexuels dans l’Église depuis la Seconde Guerre mondiale. L’enquête socio-historique fut placée sous la responsabilité de Philippe Portier, directeur d’études à l’EPHE ; l’enquête sociologique sous celle de Nathalie Bajos, directrice d’études à l’Inserm et à l’EHESS. « Ces deux enquêtes, menées sur trois ans, ont donné lieu à des rapports volumineux sur lesquels le rapport Sauvé a fait fond afin d’élaborer ses recommandations. « L’enquête EPHE s’est construite sur la base d’une exploration des archives de l’Église et de l’État sur les sept dernières décennies, complétée par une étude des témoignages adressés à la commission, par une enquête auprès de trois générations de prêtres sur la question de leur formation aux questions de sexualité, et par des entretiens avec des prêtres abuseurs.
« L’enquête Inserm s’est appuyée sur quatre sources essentielles : une enquête auprès de personnes agressées ayant répondu à l’appel à témoignages lancé par la commission Sauvé, des entretiens avec des victimes issues des répondants à l’enquête ci-dessus, des entretiens avec des religieuses abusées, une enquête en population générale (auprès de 28000 personnes) réalisée avec l’IFOP. Les méthodologies sont différentes. Elles ont cependant débouché sur des résultats convergents et complémentaires. »
« Ce colloque entend discuter les travaux produits par ces deux équipes, au prisme des travaux produits par d’autres commissions étrangères. L’objet de ce colloque est donc d’ouvrir, pour la première fois, sur une comparaison internationale. D’autres commissions nationales ont en effet produit des travaux aussi sur la question de la pédophilie au sein de l’Église. Certaines enquêtes ont été diligentées antérieurement à celles de la Ciase, comme en Irlande, en Belgique aux États-Unis, aux Pays-Bas ; d’autres ultérieurement comme en Suisse ou au Portugal ».
Ceci étant les faits troublants continuent d’apparaître dans les médias s’agissant notamment des abus supposés de Michel Aupetit ex-archevêque de Paris ayant donné sa démission le 2 décembre 2021 en raison d’un« comportement ambigu ».
Selon France Info (4 janvier 2023) « Michel Aupetit est visé par une enquête préliminaire pour agression sexuelle sur personne vulnérable et cela après un signalement du diocèse de Paris. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), a indiqué mardi 3 janvier, le parquet de Paris.
La femme dont il est question dans ce signalement est celle dont le magazine Le Point avait parlé fin 2021 et qui avait provoqué la démission de Michel Aupetit, a appris France Info de source proche du dossier, mercredi 4 janvier 2023.À l’époque Le Point évoquait une possible relation intime
entre cette femme et Michel Aupetit, une liaison démentie par l’ex-archevêque de Paris, des faits qui en l’espèce ne relevaient pas du pénal. Michel Aupetit avait à l’époque simplement reconnu un comportement « ambigu ». (cf.https://www.francetvinfo.fr/societe/religion/suspicion-dagression-sexuelle-visant-l-ex-archeveque-de-paris-qui-estla-victime_5580363.htm).

Pendant ce temps les Editions Golias, via leur Newsletter du 5 janvier 2023, annoncent la parution de l’ouvrage de Xavier Puren intitulé :

« Jours sombres en Église »

Selon Golias « cet auteur raconte les dérive de l’Église et s’interroge sur le rôle de ses gouvernants autoritaires pour qui l’obéissance servile doit primer et le silence s’imposer dans les « affaires ». L’histoire qu’il nous narre est riche d’enseignements sur les méthodes de ces traditionalistes et de certains évêques intégristes. Rien d’imaginaire : tout est tristement réel dans cet ouvrage… »

Golias poursuit ainsi l’analyse de l’ouvrage : « Halte au feu ! »
Ordre donné aux soldats pour qu’ils cessent de tirer. Et si, effectivement, le temps était venu de cesser le feu des invectives, des mises à l’écart, des anathèmes dans l’Église catholique et plus précisément de la part de certains membres de sa hiérarchie qui veulent tout enrégimenter ?
Car c’est d’eux qu’il s’agit et c’est à eux qu’un vicaire général demande d’arrêter leur violente gouvernance ».

« L’auteur décrit la réalité d’un système ecclésial dans ses actuelles traversées de désert, ses tourments, ses impossibles remises en cause, ses errements, ses tempêtes, ses silences et, disons le mot : sa haine parfois entre ses membres. Ils sont comme tétanisés ou impuissants face aux déferlantes de ténèbres qui l’envahissent. En cause ? Un système à bout de souffle que tente de préserver des nostalgiques d’un passé révolu au lieu d’écouter les signes des temps et de mettre en pratique Vatican II. Plus personne ne trouve grâce à leurs yeux et ils développent de manière sournoise une véritable entreprise de démolition pour ceux qui ne sont pas de leurs avis. »

« Xavier Puren émaille son récit de commentaires et de méditations pour élargir sa réflexion. Il propose au lecteur,en fin d’écrit, matière où puiser des éléments pour sa propre avancée et peut-être des ouvertures pour dire « Assez ! ». Retrouvons ensemble la Parole des Évangiles… C’est la foi et l’espérance qui sont en jeu dans ce combat. L’Église catholique se meurt, comment encore se taire ? Mais faut-il se taire et ne pas laisser tout simplement le système imploser ? »

« L’Église a instauré la loi du secret qui dépasse le silence entourant le fonctionnement de ses institutions. Elle savait que le secret fait partie intégrante du mode opératoire des prêtres pédophiles. L’Église a nié et minimisé l’ampleur des agressions sexuelles sur mineurs tant en nombre, qu’en gravité, en contournant, et déviant la notion de crime en choisissant de parler plutôt de pédérastie et d’homosexualité» (Cf. https://www.goliaseditions.fr/produit/jours-sombres-en-eglise/ )

Voici encore un ensemble d’éléments , s’il en manquait, qui portent à croire – à l’instar de divers commentateurs- que le citoyen ordinaire et informé se trouve désormais en situation d’assister, en direct, à l’effondrement ducatholicisme français.

Que Christian Terras, Rédacteur en chef de Golias, soit remercié pour ce nouvel emprunt.

Le feuilleton des ravis de la crèche et autres saintons de service(Avent 2022)

On apprenait récemment,en consultant la presse bien informée (La Croix,21 décembre 2022) que: «En Occitanie les maires RN et leurs crèches de Noël faisaient face à la justice.»
En effet selon Ysis Percq: «Après que le Conseil d’État a rejeté le recours du maire de Beaucaire, le juge des référés a ordonné, mercredi 21décembre, au maire de Perpignan de «retirer la crèche» de la mairie. Le même juge avait ordonné, la semaine dernière, le retrait de la crèche de la cour d’honneur de l’hôtel de ville de Béziers.”Cf.https://www.la-croix.com/France/En-Occitanie-maires-RN-creches-Noel-font-face-justice-2022-12-21-1201247490
On relevait le lendemain dans le même quotidien La Croix un titre pour le moins provocateur en matière de référence républicaine à la laïcité à savoir:Laïcité: une proposition de loi LR pour «préserver les crèches» de Noël. En réalité, il s’avère qu’une vingtaine de sénateurs des Républicains (LR) proposent de modifier la loi sur la laïcité de 1905(loi inconnue ! ndlr) afin de «préserver les crèches». Une initiative qui intervient après des décisions de justice ordonnant le retrait de crèches de Noël installées dans certaines mairies, notamment par des élus du Rassemblement national (RN).Cf.https://www.la-croix.com/France/Laicite-proposition-loi-LR-preserver-creches-Noel-2022-12-22-1201247729
Ainsi,au moyen du «cheval de Troie des crèches» on se propose de contourner la Loi du 9 décembre 1905 de séparation des églises et de l’État (rien de moins … merci Messieurs les Sénateurs de la République laïque). Qu’à cela ne tienne,quand il s’agit de susciter des vocations de contempteurs en matière de laïcité de l’État et de ses institutions on y parvient sans peine.

Pour s’en convaincre,on pourra se rendre aux adresses suivantes (liste non exhaustive):

-https://www.7jours.fr/actualites/noel-emblemes-religieux-neutralite-le-menage-a-trois-rois-mages/-https://www.lavoixdunord.fr/680002/article/2019-12-13/les-creches-de-noel-sont-interdites-dans-l-espace-public-https://www.liberation.fr/politique/elections/creches-de-noel-dans-les-batiments-publics-que-dit-le-droit-20221222_M34UOTOLXNCZ3FVMUTDKKWN2K4/-https://ledrenche.ouest-france.fr/noel-interdire-les-creches-dans-les-mairies-1047/–https://www.lefigaro.fr/actualite-france/creches-de-noel-galettes-des-rois-oeufs-de-paques-faut-il-une-loi-pour-preserver-nos-traditions-20221223

Les visiteurs de ce site pourront consulter une mise au point à ce sujet dans l’article publié le 27 décembre 2022 par Mezetulle,le blog-revue de Catherine Kintzler. Il est intitulé:L’union «des droites» sur la paille de la Nativité: une logique identitaire Catherine Kintzler y fait apparaître que: «Ceux qui appellent de leurs vœux (jusqu’à présent pieux) l’union de la droite LR etdu RN sont enfin exaucés : celle-ci s’effectue sous nos yeux « dans la joie et la paix » d’un seigneur qui n’a jamais complètement digéré la loi du 9 décembre 1905.C’est dans les détails que se glisse la grâce : foin des programmes politiques encombrants, la jonction trouve asile sur la paille qui accueille les crèches de la Nativité dans certaines mairies.

Ce faisant, elle renforce le « wokisme », mais aussi un certain « progressisme » qu’elle prétend combattre.Le dit article pourra être consulté soit en cliquant ici soit en se rendant à l’URL:https://www.mezetulle.fr/lunion-des-droites-sur-la-paille-de-la-nativite-une-logique-identitaire/

Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous autoriser ce nouvel emprunt!

Les voeux de l’ASVPNF pour 2023

Une bonne année 2023 pourrait, en toute hypothèse, réparer les dommages causés par les deux années « terribles » qui l’ont précédée tant pour la vie de  la  société et ses institutions que   pour celle de ses citoyens et de leurs corps intermédiaires  notamment les associations. Encore faudrait-il que les décideurs impliqués aux différents niveaux consentent à entendre les bruits sourds qui montent de nos cités et de nos campagnes…

Pour nous ASVPNF, il s’agit de ceux qui proviennent des souffrances endurées par notre Ecole publique laïque  qui, par le passé, institua la République.Ils correspondent aussi à celui  provenant des dysfonctionnements du « grand malade » du système à savoir le Collège. Ils résultent également des difficultés des élèves  telles que décrites dans le dernier magazine de l’INSERMM (n°55). Celui-ci   attirait l’attention de ses lecteurs sur les souffrances des élèves (de l’école primaire au lycée)  et la  lutte contre la phobie scolaire et  le refus scolaire anxieux. Selon Laelia Benoit, chercheuse à l’INSERM, la phobie scolaire correspond à la situation où « l’ élève, en l’absence de conduite antisociale, présente une vive détresse émotionnelle face à l’école, qu’il évite malgré les efforts raisonnables de ses parents pour l’y ramener » Cf. inserm.fr/actualite/phobie-scolaire-effet-de-mode-ou-realite-profonde.

C’est dans un tel  contexte  évoquant à différents égards celui d’un bateau à la dérive que l’ASVPNF (Association pour la Sauvegarde et la Valorisation du Patrimoine Normalien du Finistère) a offert ses vœux à ses adhérents ainsi qu’à différents interlocuteurs des collectivités territoriales et du monde académique.

Les visiteurs de ce site pourront consulter  tant le message correspondant que la carte de vœux qui l’accompagnait en cliquant successivement sur Document 1 et Document 2 .

 Document 1.  Message aux adhérents de l’ASVPNF.

Document 2. Carte de vœux 2023  de l’ASVPNF

Une adhérente  de l’Association, souhaitant garder l’anonymat, a conçu et réalisé ladite carte de voeux. Qu’elle soit chaleureusement remerciée pour sa contribution.  

Pratique de la laïcité en entreprise privée

L’employeur ne peut pas interdire au salarié d’avoir une conviction religieuse. Toute sanction ou discrimination en raison de la religion du salarié est illégale. Le droit de manifester sa religion ne peut pas être interdit de façon générale et absolue.

 Ce domaine essentiel de l’activité humaine dans notre République semble bien cadré  sur le plan réglementaire. Ainsi   selon le Ministère du Travail(URL : https://travail-emploi.gouv.fr/droit-du-travail/le-reglement-interieur-et-le-pouvoir-de-direction/article/fait-religieux-en-entreprise-guides-et-notions-cles,) :

« La liberté de religion est à la fois la liberté de croire ou de ne pas croire et de pratiquer une ou aucune religion. Elle est également la liberté d’en changer. Elle est protégée par plusieurs textes de portée nationale ou internationale. Il est cependant nécessaire d’apporter quelques précisions sur la notion de liberté fondamentale et ses conséquences.

Il convient de distinguer la liberté de croyance et la liberté de manifester cette croyance. Toutes deux constituent des libertés fondamentales mais la première est absolue tandis que la seconde peut être restreinte dans des conditions strictement encadrées. C’est de la liberté de manifester ses convictions religieuses dont il est question dans ce guide. Il ne s’agit en aucune manière de traiter des convictions religieuses des individus, fût-ce dans le cadre de la relation de travail.

 La laïcité :  concept et contenu :

 La laïcité, dont l’origine se trouve dans l’article 10 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen, est reprise dans l’article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 qui dispose que : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances… »

La neutralité de l’État s’entend d’abord comme l’absence d’appartenance religieuse de l’État qui est aconfessionnel, ce qui entraîne des obligations pour les agents, à savoir l’absence de manifestations religieuses.

C’est donc l’État qui est laïque, indépendant de toute organisation religieuse, les citoyens étant, eux, libres de manifester leur croyance, dans le respect de l’ordre public.

 Le Conseil constitutionnel explicite ainsi le principe de laïcité :

« […] le principe de laïcité figure au nombre des droits et libertés que la Constitution garantit ; qu’il en résulte la neutralité de l’État ; qu’il en résulte également que la République ne reconnaît aucun culte ; que le principe de laïcité impose notamment le respect de toutes les croyances, l’égalité de tous les citoyens devant la loi sans distinction de religion et que la République garantisse le libre exercice des cultes ; qu’il implique que celle-ci ne salarie aucun culte »

 Conséquences du principe de laïcité :

 Conséquence du principe de laïcité reconnu par la Constitution qui assure le « respect de toutes les croyances », la neutralité, étant entendue comme l’absence de manifestation des convictions religieuses, s’impose à l’Etat et à ses agents, dans leurs relations avec les citoyens (et avec les Eglises). Elle s’impose également aux agents employés par des entreprises privées gérant un service public.

En revanche, l’entreprise privée n’est pas tenue à une obligation de neutralité. Au contraire, elle se doit de respecter la liberté de ses salariés, ainsi que de ses clients, de manifester leur religion, dans les limites du bon fonctionnement de l’entreprise.

Ainsi « …c’est la République c’est-à-dire l’État, qui est laïque, tandis que la société civile reste gouvernée par la liberté de religion ». Dans tous les cas une obligation de non-discrimination s’impose à tout employeur, public ou privé.

 Le principe de non-discrimination et les différences de traitement admises

Le Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 auquel renvoie le Préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 prévoit que « nul ne peut être lésé dans son travail en raison de ses origines, de ses opinions ou de ses croyances« . Il est complété par différents textes de portée nationale ou internationale, notamment, en droit français, par le code du travail et le code pénal qui prohibent les différences de traitement considérées comme discriminatoires. Parmi ces critères figure l’appartenance vraie ou supposée à une religion.

Le principe de non-discrimination, posé par le code du travail, ne fait pour autant pas obstacle à des différences de traitement. Celles-ci peuvent être justifiées « lorsqu’elles répondent à une exigence professionnelle essentielle et déterminante et pour autant que l’objectif soit légitime et l’exigence proportionnée ». Cela n’est généralement pas le cas en matière religieuse. Les situations dans lesquelles l’appartenance à une religion peut justifier une différence de traitement sont très limitées et tiennent le plus souvent à la nature même de l’entreprise : le cas particulier des entreprises de tendance.

On désigne ainsi « les entreprises qui ont une orientation idéologique marquée, laquelle, connue de tous, peut imposer certaines obligations particulières aux salariés soumis par ailleurs aux règles du droit du travail : Églises, écoles religieuses, syndicats, partis politiques ». Dans ces entreprises de type très particulier il est admis que des restrictions plus importantes puissent être apportées aux libertés de certains de leurs salariés. Les réponses présentées dans ce guide ne peuvent toutes convenir aux entreprises de tendance. Ce guide ne traite pas de ces questions spécifiques( ??? ndlr).

 La loi du 8 août 2016 sur le travail s’inscrit dans la continuité des principes rappelés ci-dessus.

 Le cadre spécifique en droit du travail

Dans le code du travail, les restrictions aux libertés des salariés dans l’entreprise doivent être justifiées et proportionnées. Les libertés individuelles et collectives des salariés sont garanties par les articles L.1121-1 et L. 1321-3.
Ces mêmes dispositions permettent cependant à l’employeur d’apporter des restrictions à la liberté de manifester ses convictions, notamment religieuses, sous certaines conditions encadrées. Toute restriction doit être à la fois justifiée par la nature de la tâche à accomplir et proportionnée au but recherché. Ces conditions s’apprécient au cas par cas et ont donné lieu à une jurisprudence abondante.

- La loi du 8 août 2016 sur le travail complète ce cadre en donnant une base juridique claire aux entreprises qui souhaitent instaurer une neutralité religieuse dans leur règlement intérieur

Le nouvel article L. 1321-2-1 donne la faculté à l’employeur d’introduire dans son règlement intérieur des dispositions instaurant une neutralité au sein de l’entreprise, qui conduit à limiter l’expression des convictions personnelles, notamment religieuses, des salariés. Cette possibilité n’est toutefois pas absolue car dans le secteur privé, la neutralité ne s’impose pas comme dans les services ou entreprises exerçant une mission de service public et la liberté reste la règle. L’inscription dans le règlement de la neutralité doit donc se faire à certaines conditions qui reprennent les critères dégagés antérieurement par la jurisprudence.

Pour être licite, la disposition du règlement intérieur apportant des restrictions à l’expression des convictions des salariés devra être :
- justifiée par la nature de la tâche à accomplir, les nécessités tirées du bon fonctionnement de l’entreprise ou l’exercice d’autres libertés et droits fondamentaux ;

- proportionnée au but recherché.

Pour mémoire, l’article L. 1321-4 du code du travail prévoit que « Le règlement intérieur ne peut être introduit qu’après avoir été soumis à l’avis du comité d’entreprise ou, à défaut des délégués du personnel ainsi que, pour les matières relevant de sa compétence, l’avis du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail »

 Concrètement, la mise en place de la neutralité pourra être justifiée :

par les nécessités de l’activité de l’entreprise tant au regard du personnel que des tiers intéressés : le contact permanent avec de jeunes enfants par exemple. C’est ainsi que les juges ont jugé licite la clause du règlement intérieur d’une crèche imposant la neutralité à ses salariés. Pour ce faire, ils ont apprécié de façon très concrète les conditions de fonctionnement de la structure : la dimension réduite de celle-ci impliquait que ses dix-huit salariés étaient ou pouvaient être en relation directe avec les enfants et leurs parents.

 -ou lorsqu’une pratique religieuse individuelle ou collective porte atteinte au respect des libertés et droits de chacun. Cela peut concerner par exemple les atteintes au droit de croire ou de ne pas croire (dans le cas de pratiques prosélytes ou de comportements qui exercent une pression sur d’autres salariés), l’égalité entre les femmes et les hommes, ou de façon plus générale des atteintes à la dignité et au respect de la personne humaine.

Enfin et sans préjudice des obligations de consultation légales, lorsqu’ apparaît la nécessité de mettre en place ce type de clause, le ministère du travail invite vivement les employeurs à procéder à une démarche de concertation avec la communauté de travail en privilégiant les échanges avec les représentants du personnel et les organisations syndicales. Il en va d’une meilleure appropriation du règlement intérieur.

 Plus généralement, le ministère du travail souligne l’intérêt d’un dialogue étroit entre l’employeur et les représentants des salariés sur le sujet du fait religieux lorsque l’entreprise y est confrontée. Les instances représentatives du personnel doivent être pleinement associées aux décisions prises par l’employeur au titre de leurs attributions respectives.

Pour lutter contre les comportements qui remettent en cause l’égalité entre les femmes et les hommes, l’employeur et les représentants du personnel pourront se fonder sur la notion d’agissement sexiste.

Cette notion a été introduite dans le code du travail par la loi du 17 août 2015 sur le dialogue social et l’emploi et ses implications ont été précisées par la loi du 8 août 2016 sur le travail.

L’article L. 1142-2-1 prévoit ainsi que « Nul ne doit subir d’agissement sexiste, défini comme tout agissement lié au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant. »

Elle permet la reconnaissance d’agissements qui ne sont ni du harcèlement moral ni du harcèlement sexuel. Les manifestations du sexisme au travail sont multiformes et ses répercussions sur la vie des salariés et salariées (stress, souffrance, démotivation, isolement) sont réelles. Elles nuisent au collectif de travail et perturbent le bon fonctionnement de l’entreprise.
À titre d’exemple :

-avoir une conduite verbale ou une posture corporelle qui montre de l’hostilité envers une personne en raison de son sexe ;

-ne pas prendre les compétences d‘un ou d’une salarié(e) au sérieux et l’humilier en raison de son sexe.

Depuis la loi du 8 août 2016 sur le travail, les entreprises doivent à présent mentionner dans leur règlement intérieur les dispositions du code du travail relatives aux agissements sexistes au même titre que celles relatives aux harcèlements moral et sexuel. Les agissements sexistes font également partie des sujets dont les employeurs peuvent s’emparer, notamment en prévoyant des mesures de prévention au titre de leur obligation de santé et de sécurité ».

Ainsi  si les éléments de référence semblent bien ordonnés, il reste à savoir comment ils sont mis en œuvre au sein de l’entreprise. On n’en veut pour preuve indirecte que le communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme en date du 15 octobre 2022  relayé par le CLR (Comité Laïcité République (Cf . https://www.laicite-republique.org/signes-religieux-au-travail-la-justice-de-l-ue-tranche-en-faveur-de-la-laicite.html) et faisant suite à l’arrêt de la Cour de Justice Européenne ( CJUE) du 13 octobre 2022 relatif au :

 

Port des  insignes religieux sur les lieux de travail

 Cet arrêt fait apparaître que : « Une règle interne d’une entreprise privée interdisant le port de tout signe visible de convictionspolitiques, philosophiques ou religieuses sur le lieu de travail n’est pas constitutive d’une discriminationdirecte « fondée sur la religion ou les convictions », au sens de cette disposition, dès lors qu’elle vise indifféremment toute manifestation de telles convictions et traite de manière identique tous les travailleurs de l’entreprise, en leur imposant, de manière générale et indifférenciée, notamment, une neutralité vestimentaire s’opposant au port de tels signes. »

 Les visiteurs pourront consulter le communiqué de la LDH (pdf) en cliquant ici (document 1)

 Ils pourront également prendre connaissance d’un extrait d’ article paru dans  Le Droit Ouvrier, février 2018,N° 835, 86-89 en cliquant ici (document 2). Il s’intitule :

 

La laïcité, et si on en parlait

 Il   résulte de l’activité du groupe de travail laïcité mis en place en 2016 au sein de la CGT et piloté par Nathalie Verdeil . Il comporte des extraits  dévolus à  la neutralité dans l’entreprise et  aux revendications religieuses  qui y ont cours(Cf. https://ledroitouvrier.cgt.fr/IMG/pdf/201802_document_1.pdf)

 

 

Document 1. Signes religieux au travail : la justice de l’UE tranche en faveur de la laïcité (CLR, 15 oct. 22)

Document 2. La laïcité, et si on en parlait (Extraits)

Laïcité et anticléricalisme

Le « Discours pour la Liberté » de

Georges Clemenceau

par

Charles Coutel

Les visiteurs pourront consulter, en suivant les liens suivants, quelques éléments de la biographie singulière de Georges Clemenceau ( 1849-1929) qui fut surnommé pendant son parcours politique de Tombeur des ministères, de Premier Flic de France, de Père la Victoire, de Tigre  et de Vieux :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Clemenceau

https://www.herodote.net/On_l_appelait_le_Tigre_-synthese-205.php4

 https://maitron.fr/spip.php?article55622

On retiendra ici , pour se limiter à l’objet de ce site  défini par l’Association qui le porte:

1.Qu’il fut un homme politique, républicain radical puis conservateur et, selon le syndicaliste Pierre Monatte, «  une sorte de jacobin dégénéré, un jacobin qui aura eu le sort étrange, une fois au gouvernement, d’être le plus brutal ennemi de la classe ouvrière ».

2. Qu’il s’illustra ,dans la lutte contre le cléricalisme et le colonialisme au Sénat[ (sénateur du Var en 1902)

Selon Wikipedia : « Les législatives d’avril-mai 1902 voient la victoire du Bloc des gauches et la formation du cabinet Émile Combes.

Après la réaction cléricale et militariste provoquée par l’Affaire Dreyfus, l’ordre du jour républicain n’est autre que la séparation des Églises et de l’État, appelée de ses vœux par le Tigre depuis des décennies. Cependant, dès la rentrée, son discours du 30 octobre 1902 étonne l’assemblée. Constituant selon l’historien Michel Winock « une des bases de la philosophie républicaine en matière de laïcité et d’éducation , ce discours critique férocement la « politique romaine » et le « gouvernement romain », distingué de la « religion catholique romaine », ces deux composantes formant l’« Église romaine ».

« Alors que la loi 1901 sur les associations visait uniquement les congrégations religieuses non autorisées, il pourfend la « théocratie » catholique et réclame la « suppression pure et simple au nom de la liberté » des « congrégations religieuses », « législativement » supprimées depuis 1790 : « Retirés du monde, les moines sont partout répandus dans le monde. La congrégation plonge ses racines dans tous les compartiments de l’État, dans toutes les familles. Et de toute sa puissance, elle enserre pour notre malheur cette société moderne, ce progrès, ce libéralisme que le Syllabus a condamné ».

« Il défend cependant la « liberté d’enseignement », contestant, à l’encontre de Ferdinand Buisson (qu’il cite) et de la gauche républicaine, l’intérêt pour l’État du monopole de l’éducation : « l’État, au lieu de s’immobiliser dans le monopole, recevra de ses concurrents l’impulsion nécessaire à son propre développement d’éducateur .

« Le Temps s’alarme de ce regain de jacobinisme tandis que Péguy, pas encore converti, publie ce discours dans les Cahiers de la quinzaine, avec le titre : « Discours pour la liberté » :

« Il participe finalement à la chute du cabinet Combes, à la fois en raison de l’affaire des fiches et de la non-dénonciation du Concordat qui aurait dû, selon lui, être l’aboutissement de la crise provoquée par le voyage du président Loubet à Rome.

« En avril 1905, lors des débats sur la loi de séparation des Églises et de l’État, Clemenceau passe à nouveau à l’attaque, cette fois-ci contre Aristide Briand et Jean Jaurès ; il s’oppose à leur frilosité à propos de l’article 4, qui concerne la dévolution de la propriété ecclésiastique aux associations cultuelles. Alors que le catholique Albert de Mun se félicite de « ce grand coup donné à la loi », Clemenceau traite Briand de « socialiste papalin » et accuse la nouvelle formulation de l’article de « [mettre] la société cultuelle dans les mains de l’évêque, dans les mains du pape » ; « voulant rompre le Concordat, la Chambre des députés est demeurée dans l’esprit du Concordat […] au lieu de comprendre qu’elle aurait pour premier devoir d’assurer la liberté de tous les fidèles, sans exception ». Malgré cela, il vote la loi. Le 30 septembre 1906, la séparation de l’Église et de l’État constitue le deuxième thème de son discours à la Roche-sur-Yon  »…

 

 

S’agissant de la relation  entre laïcité et anticléricalisme on soulignera, à l’instar de Jacqueline Lalouette, dans un article intitulé :

« Laïcité, anticléricalismes et antichristianisme »

paru dans  Transversalités ,2008/4 n°108, 69 -84…

que «  la laïcité et l’anticléricalisme sont souvent présentés comme des caractéristiques de la politique et de la culture françaises…Faut-il, pour autant, penser qu’un lien logique réunit la laïcité et l’anticléricalisme ? Les réponses, lorsqu’elles émanent des théoriciens ou des militants de la laïcité, s’avèrent aussi bien négatives que positives, selon la conception que les uns ou les autres ont de celle-ci. Pour y voir plus clair, il convient de préciser ce qu’est la laïcité, si tant est que cela soit possible, et de distinguer deux anticléricalismes, l’un dirigé contre le cléricalisme et l’autre contre les clercs. Quant à l’anti-christianisme, il se présente souvent comme une sorte d’appendice de l’un ou l’autre de ces deux anticléricalismes, mais émane aussi de milieux totalement étrangers aux préoccupations politiques ou institutionnelles des milieux laïques »…

Cette auteure poursuivait : «On le sait, il peut être difficile de s’entendre sur le sens de « laïcité », ce mot « si difficile à définir », selon Georges de Lagarde  d’ailleurs, s’il faut en croire le témoignage et l’expérience de Jean Cornec, « la laïcité ne se définit pas, elle se sent, elle se vit »  En 1991, alors que la question de la laïcité venait d’être réactivée par la première affaire du foulard islamique, survenue dans un collège de Creil, Jacqueline Gautherin constata : « Il n’y a pas une conception unique de la laïcité à la française. C’est ce qu’on oublie parfois dans la hâte polémique. » (Cf.

https://www.cairn.info/revue-transversalites-2008-4-page-69.htm)
Il n’y a point ici de hâte polémique en la matière; on se contentera de souligner que ce point de vue ne fait pas consensus. Quoi qu’il en soit les visiteurs pourront consulter les documents suivants en cliquant sur :

 

 

Document 1.  Copie d’ extrait du discours de Georges Clemenceau (1903)

Document 2.  Copie de l’article de Charles Coutel (2018)

L’Ecole de notre siècle et l’esprit civique

Nous reprenons ici le titre d’un article fondateur de Dominique Schnapper paru dans Télos du 28 novembre     2022 ( Cf.  https://www.telos-eu.com/fr/societe/lecole-de-notre-siecle-et-lesprit-civique.html

 )

 C’est la refondation de l’Ecole du Citoyen Emancipé qui est en question. Elle  ne peut s’envisager en l’absence  d’une volonté   politique exprimée sans équivoque  . C’est cette  volonté qui a été bafouée voire combattue au cours du demi-siècle qui précède; on en connaît les effets délétères sur notre Ecole et la  société  qui la porte.  

 On sait qu’il s’agit de réinstituer la nation et ses institutions républicaines et notamment l’Ecole publique. Cette dernière fut étranglée (et continue de l’être) par les  lois anti-laïques (Loi Debré du 23 décembre 1959, Loi Guermeur du 25 novembre 1977, Loi Carle du 23 octobre 2009 et leurs déclinaisons budgétaires inacceptables pour les défenseurs de l’Ecole laïque, citoyens contribuables…)

A l’instar de D. Schnapper on considèrera  ici, avec gravité  tout en comptant (?) sur  la sagesse de la République, que  : « défendre les principes essentiels de l’Ecole, c’est lutter pour la liberté démocratique. »   

 Selon cette auteure  :  « Il est impossible de l’ignorer : l’Ecole est contrainte de redéfinir le sens de sa mission. Comme toute institution, elle n’est pas fixée une fois pour toutes, elle ne saurait être immuable lorsque la société dans son ensemble connaît des changements rapides. Toute tradition doit être infléchie et réassumée. Mais l’Ecole doit se transformer non pas contre sa tradition, mais à partir de cette tradition, elle doit continuer à transmettre des connaissances, mais aussi le sens de la citoyenneté qui permet que se poursuive l’histoire de la République. »

 Puisse ce message explicite atteindre ceux qui auront vocation à se confronter à une si noble tâche !

Que Dominique Schnapper soit cordialement remerciée de nous avoir autorisé à reproduire son article de façon à le représenter sur ce site .  On pourra l’y consulter en cliquant ici .

Les professeurs de mathématiques sont-ils des fatalistes ?

Le fatalisme est la doctrine selon  laquelle le cours des événements échappe à l’intelligence et à la volonté humaine, de sorte que la destinée de chacun  serait fixée à l’avance par une puissance unique et surnaturelle…  Cette doctrine est-elle donc devenue, au fil du temps et des réformes successives des programmes de l’Education nationale,  représentative de la situation présente des professeurs de mathématiques ?

Quoi qu’il en soit sur ce plan existentiel,  on ne peut manquer de relever,  le propos du Monde du  27 septembre 2022, sous la plume de Dominique Raulin (https://www.lemonde.fr/education/article/2022/09/27/la-destruction-progressive-de-l-enseignement-des-mathematiques-au-lycee-a-ete-enclenchee-a-partir-de-1993_6143320_1473685.html) …que« la destruction progressive de l’enseignement des mathématiques au lycée a été enclenchée à partir de 1993 ». Selon cet auteur, la désaffection des jeunes pour les sciences a commencé il y a près de trente ans avec une décision du ministre de l’éducation nationale François Bayrou. Il rappelle que  « le printemps 2022 a mis en évidence une réalité inquiétante : le manque de candidats aux concours de recrutement dans les disciplines scientifiques. Différentes raisons peuvent l’expliquer, notamment la désaffection des jeunes pour les sciences – qui n’est pas une spécificité française – mais aussi une suite de décisions politiques prises au cours des trente dernières années qui ont explicitement eu pour but de réduire l’importance des mathématiques dans l’enseignement secondaire ». On parle de désaffection, de désamour pour les mathématiques…

Cependant, il est de notoriété,  que la place des mathématiques au lycée d’enseignement général et technologique a fait l’objet, depuis plusieurs mois, d’une large réflexion. L’enjeu est double : doter tous les élèves de compétences solides et permettre à ceux qui le souhaitent de développer un niveau d’expertise élevé.

1 heure 30 en plus de mathématiques en  classe de Première générale

Un enseignement de mathématiques dans le tronc commun, à raison d’une heure et demie par semaine, est réintroduit pour l’année scolaire 2022/2023. Cet enseignement est proposé à titre facultatif à tous élèves volontaires de classe de 1ère générale qui n’auront pas choisi la spécialité mathématiques. Il permettra aux non-spécialistes de consolider l’apprentissage et la maîtrise des notions fondamentales et leur assurera un socle de connaissances et de compétences mathématiques utiles ( ??? ndlr)… pour la vie sociale et professionnelle (statistiques, probabilités, traitement de données etc.). 
 
S’agit-il de jouer les utilités?

Le programme de ce module spécifique consacré à un enseignement mathématique intégré à l’enseignement scientifique de la classe de première de la voie générale est conçu avec les intentions suivantes :

      Consolider la culture mathématique de tous les élèves et leur assurer le socle de connaissances et de compétences mathématiques qui leur sera nécessaire pour réussir leur vie sociale, citoyenne et professionnelle, quel que soit le parcours de formation qu’ils choisiront par la suite ;

     Réconcilier avec les mathématiques les élèves qui ont perdu le goût et l’intérêt pour cette discipline ; communiquer le plaisir de les pratiquer à travers des activités mettant en valeur leur efficacité et éclairer sur la place qu’elles jouent dans le monde contemporain ;

    Permettre à chaque élève d’appréhender la pertinence des démarches mathématiques et de développer des aptitudes intellectuelles comme la rigueur, la logique, l’esprit critique mais aussi l’inventivité et la créativité ;

     Assurer les bases nécessaires à la compréhension de phénomènes quantitatifs tels qu’ils sont mobilisés dans les différents champs disciplinaires et tels qu’ils permettent d’éclairer certains débats actuels. (Cf. https://www.education.gouv.fr/reussir-au-lycee/renforcement-des-mathematiques-en-1ere-generale-pour-l-annee-scolaire-20222023-341408). Ces intentions tardives nous paraissent louables  même si elles ne sont pas de nature à lever instantanément  la morosité des professeurs de cette discipline…

Mais suffit-il de vouloir bien enseigner les mathématiques (en ayant reçu au préalable tous les sacrements académiques y afférant) pour contribuer à former  le raisonnement et l’accès à la libre pensée  des élèves dans le sens de leur émancipation ?

A l’évidence  la réponse est négative  et notamment quand  on se réfère au propos de  Adrien Louis soulignant que «  pour revaloriser le métier d’enseignant, il faut d’abord revaloriser le désir de savoir ». Ceci doit également valoir pour les mathématiques. Cet auteur, lui-même enseignant de philosophie , « tire un bilan sévère de la manière dont ont été appliquées les récentes réformes, sans prendre en compte la réalité du terrain et en soumettant l’institution à des contraintes administratives et pédagogiques aussi absurdes que contradictoires. Selon lui, une telle politique dessert l’objectif premier de l’école, qui est de transmettre un savoir. » (Cf. https://www.philomag.com/articles/adrien-louis-pour-revaloriser-le-metier-denseignant-il-faut-dabord-revaloriser-le-desir) .

On devine toute la complexité et la difficulté du problème à résoudre .
On ne s’étonnera pas, dès lors, de questionnements émanant des parlementaires de notre République  à propos de l’avenir des mathématiques Ainsi dans un contexte politique qu’on ne peut occulter, on relèvera pour mémoire la question écrite suivante relative à la :…

 

« Situation de l’enseignement des mathématiques en France »

 

15e législature

Question écrite n° 26662 de M. Cyril Pellevat (Haute-Savoie – Les Républicains) publiée dans le JO Sénat du 10/02/2022 – page 694 . Cette question est accessible à https://www.senat.fr/questions/base/2022/qSEQ220226662.html

M. Cyril Pellevat attire l’attention de M. le ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports sur la situation de l’enseignement des mathématiques en France.

« Selon le dernier classement trends in international mathematics and science study (TIMSS) datant de 2019, pilotée en France par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), le niveau des élèves français en mathématiques ne cesse de baisser. S’agissant du niveau des élèves de CM1, la France est classée dernière au sein de l’Union européenne, et avant-dernière pour les élèves de 4ème.

La discipline, plus que les autres, a souvent été réputée difficile, inutile, sélective et réservée à un certain type d’élèves appartenant à une certaine classe sociale. Depuis plusieurs années, les compétences des élèves baissent, le métier d’enseignant perd en attractivité et les réformes successives des lycées ont fermé la porte de la filière scientifique à de nombreux élèves. Pourtant, un bon niveau d’enseignement est la clé pour que ces derniers aient les moyens d’être les véritables acteurs de leur futur.Les mathématiques ayant été transformées en spécialité suite à la dernière réforme, celle-ci a renforcé les inégalités déjà existantes. Selon la note de la DEPP n°21-22 de mai 2021, «les mathématiques sont conservées en enseignement de spécialité par 60% des élèves principalement par les garçons et les élèves d’origine sociale très favorisée ».Malgré les rapports successifs sur l’enseignement des mathématiques en France, les propositions de mesures visant à redresser le niveau et les propositions de la commission de réflexion pour l’enseignement des maths n’ont pas été mises en œuvre et les moyens alloués ne sont pas suffisants. Cela entraîne une restriction des mathématiques aux applications professionnelles, une diminution de l’offre dans les lycées généraux et technologiques, un déficit des enseignants qualifiés et une baisse générale du niveau.Il lui demande donc ce qu’il compte mettre en place afin de renforcer la transmission de la discipline des mathématiques en France, en tenant compte des inquiétudes des professionnels du domaine. Par ailleurs, il lui demande ce qu’il compte faire pour renforcer l’attractivité des mathématiques chez les jeunes femmes qui ont davantage tendance à ne pas suivre cette spécialité »

 

 A total, il apparaît donc que la situation et l’état d’esprit des enseignants de mathématiques  s’ils restent pour le moins préoccupants ne semblent pas de nature à céder au fatalisme  Il semblerait plutôt  opportun  de lutter pour revaloriser la fonction enseignante, pour renforcer la  formation en  didactique  des  mathématiques telle qu’elle est  proposée dans les IREM  et autres instituts de formation des maîtres.  Il s’agit de prendre les moyens de  démystifier les maths dès la maternelle et le primaire et  de les faire aimer par les écoliers, collégiens et lycéens via l’entremise de pédagogues avertis et convaincus de l’importance de leur mission.

Ceci étant, les visiteurs de ce site pourront  consulter, Les professeurs de mathématiques sont des fatalistes Word l’article  de Mathieu Gibier paru dans Mezetulle, le blog revue  de Catherine Kintzler. Il est    intitulé :

  « Les professeurs de mathématiques

 sont-ils fatalistes ? » 

Il y apparaît que : « À la suite de l’annonce par le ministre de l’Éducation nationale du rétablissement de l’enseignement des mathématiques pour tous les élèves de première, Mathieu Gibier1 s’interroge sur le commentaire de la présidente de l’Association des professeurs de mathématiques au sujet d’un « module de réconciliation » avec les mathématiques pour les élèves de seconde en difficulté dans cette discipline2. Il serait, selon elle, « discriminant » de proposer à des élèves quelque chose qu’ils n’aiment pas… Au fond, c’est l’instruction elle-même qui, à ce compte, serait « discriminante » et il faudrait renoncer à instruire au nom de l’égalité. »

Peut-on vraiment envisager une « réconciliation » au moment où on parle de refonder l’école ?  Quels sont les chantiers prioritaires  en la matière ?…

Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous avoir permis cette petite aventure dans le monde des mathématiques .