Eléments biographiques de Pierre Jakez Hélias

                                                 et prolongements (langue, école, identité)

 

Pierre Jakez Hélias, Professeur emblématique à l’École normale d’Instituteurs de Quimper, illumine encore par son génie multiple la mémoire de la Bretagne profonde. Écrivain, poète, ethnologue et conteur inégalé, il a su capter l’âme d’un peuple dans sa quintessence, du Cheval d’Orgueil à ses vers vibrants en langue bretonne.

Le poème émouvant, Enez Sun, né en 1948 de l’élan héroïque des îliens face à l’occupant, porte toute sa verve patriotique et sa tendresse pour les femmes de Sein. Hélias y mêle la rudesse de la mer, la douleur de l’exil et l’humour breton face à l’impossible, célébrant une île qui refuse de se soumettre.

Grâce à une édition bilingue soignée, breton-français côte à côte, ce texte rare retrouve sa lumière. Il témoigne du rayonnement d’un pédagogue dont l’enseignement, nourri de culture vive, formait des hommes libres et  amoureux de leur terre bretonne. Il rend un hommage vibrant à celui qui fit de ses  élèves-maîtres  des  passeurs de mémoire bretonne.

Le Fichier correspondant, consultable par les visiteurs de ce site,  s’articule en trois sections dévolues à Pierre Jakez Hélias  et à son œuvre :

1. Éléments biographiques

 

2. Prolongements :  langue,  école, identité bretonne

 

 3. Annexes

 I .Poème en français de Pierre Jakez Hélias   et sa traduction bretonne (Branle)  

 II. Implication de Pierre Jakez Hélias dans la Résistance et la Libération et version bilingue de la gwerz  Enez sun

A propos des mémoires de normalienne de Jeanne Le Borgne

                                                          et de
                                             leurs prolongements
 
Normalienne de l’École normale de filles de Quimper (1929-1932),  Jeanne le Borgne accomplit la plus grande partie de sa  carrière d’Institutrice publique  dans les écoles élémentaires   du Cap Sizun , ayant dirigé une Ecole d’application à Quimper. Parvenue à la retraite, elle fut incitée à écrire ses mémoires par l’une de ses filles elle-même enseignante.  Retrouvés manuscrits dans des archives familiales,ils ont fait l’objet  d’une numérisation récentes et ont été publiés sur ce site  (Fichier 1 ).  Les visiteurs pourront en prendre connaissance et se rendre compte  de l’originalité des observations rapportées  tant pour l’histoire de son Ecole quimpéroise  que pour celle de l’ensemble des ENF de France . Deux visiteurs  de ce site ont tenté de faire l’analyse de faits datant de près d’ un siècle et d’en faire émerger quelques leçons fondatrices  concernant l’édification et le fonctionnement de notre système éducatif  (Fichier 2). Ils en tirent également des prolongements  sur le plan sociologique, syndical et politique ,en  soulignant leur singularité au niveau national (Fichier 3
Fichier 1 .    Les mémoires de Jeanne Le Borgne
Fichier 2.   A propos des mémoires de Jeanne Le Borgne
Fichier 3.  Prolongements autour des mémoires de Jeanne Le Borgne

Reconstitution d’une monographie de CFEN 

par 

un  ancien élève-maître des années cinquante 

On se souvient que l’obtention du  CFEN, en fin d’études normales dans les Écoles normales primaires  de France impliquait, entre autres , la préparation puis la présentation d’une monographie dont le  sujet  était défini en concertation avec un des professeurs de l’École . Celui-ci  acceptait du même coup d’assurer la direction des recherches et travaux nécessaires . Les mémoires correspondants, après soutenance, étaient archivés par l’École.

L’auteur de ce texte  (un dénommé T. R.) souhaitant garder l’anonymat prépara une monographie intitulée :

Prosper Proux , barde breton de Guerlesquin et du petit Trégor

 Les travaux correspondants furent réalisés sous la direction de Pierre-Jakez Hélias (Professeur de Lettres agrégé, à l’ENG Quimper de 1948 à 1975 ), Ils s’inscrivaient dans la tradition des études normaliennes sur le patrimoine breton telles qu’on pouvait les imaginer à ce niveau d’études et à l’époque. 

Les démarches  réalisées au moment où  l’ensemble  foncier et immobilier de l’ENG de Quimper, sis rue de Rosmadec de cette bonne ville, fut remis à son propriétaire-le département du Finistère- n’ont pas permis de retrouver  le document en question . Les recherches  se sont également avérées vaines dans le fonds 2195W concernant les  Ecoles normales constitué aux Archives départementales du Finistère , versements  censés  contenir les archives « scolarité et pédagogie », mises en ligne depuis 2022. On en déduira avec quelques réserves et regrets  que les monographies manuscrites d’élèves -maîtres ont disparu lors des restructurations ayant fait suite à la suppression des Ecoles normales par la Loi Jospin de 1989 .

L’auteur ce cet article a souhaité alors qu’il est encore temps et avec des moyens différents de ceux dont-il disposait en 1958 reconstituer au moins l’esprit  du  petit ouvrage préliminaire dévolu à Prosper Proux qu’il « commit » à l’époque.

 les visiteurs de  ce site pourront consulter à ce propos deux fichiers  :

Fichier 1. Prosper PROUX (1811-1873),barde breton de Guerlesquin et du Petit Trégor

 

Fichier 2Kimiad ar soudard yaouank ( Les adieux du jeune conscrit)

Rites normaliens : du bizutage à l’amitié indéfectible ?

     Ces pratiques d’un autre temps, désormais réprimées par la loi,eurent cours, par le passé, dans la plupart des Écoles normales primaires de France. On disait qu’elles étaient à l’origine de certains traits  de l’esprit normalien lui-même fondateur de l’esprit de corps des Instituteurs et des Institutrices publics… En réalité les Écoles normales primaires ayant fait l’objet d’une suppression pure et simple en 1989 ( Loi Jospin),les dites pratiques  appartiennent désormais à l’histoire des Écoles normales, contribuant à meubler le patrimoine immatériel qu’elles eurent l’honneur de constituer puis de porter sur la base des Lois scolaires de la 3è République. Il est désormais difficile d’en appréhender les  prémices , les archives normaliennes ayant fait l’objet de plusieurs dispersions, sans doute préjudiciables à l’intégrité de ce  que d’aucuns  seraient tentés de  qualifier de « petit patrimoine ». Mais ceci n’engage pas nécessairement tous les protagonistes survivants d’une époque révolue et profondément attachés à une mémoire persistante aux racines souvent  traumatiques…
A l’ASVPNF on considère que  ces traditions restent  à remettre  en lumière avant  que le temps  ou  que des choix politiques  délibérés n’imposent des procédures d’oubli à leur encontre .
 
Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos, en cliquant ici, une brève mise au point  qui permet d’appréhender certains des effets des traditions ritualisées sur l’esprit normalien et sur la représentation que l’on peut en avoir . 

Charles Péguy

et les

                                                   Hussards noirs de la République
 
« C’était en 1880. C’est en 1913. Trente-trois ans. Et nous y sommes revenus«  écrivait  Charles Péguy parlant avec émotion de ses hussards noirs…
Nous y revenons aussi, après après avoir assisté à la suppression des Ecoles normales et de leurs élèves-maîtres (en 1989) et au moment où, bien loin du temps « de la fureur et de la gloire de l’invention de la laïcisation » on brade la formation laïque des maîtres pour la remettre entre les mains de l’enseignement catholique  (2025).

 Et pourtant selon Charles Péguy :

–  « il n’y a pas de crise de l’enseignement ; il n’y a jamais eu de crise de l’enseignement ; les crises de l’enseignement ne sont pas des crises de l’enseignement ; elles sont des crises de vie.

– « lorsqu’une société  ne peut pas enseigner, c’est que cette société ne peut pas s’enseigner.

 Il s’agissait de propos, pour sûr, hautement prémonitoires qui devraient appeler à l’humilité et à la réflexion tant la puissance publique et ses institutions que les citoyens et la société civile.

Dans l’attente d’un retour à la Raison …les visiteurs de ce site pourront consulter les sources en cliquant ici. Il auront accès au texte d’anthologie sur les Hussards noirs de la République écrit en 1913 par Charles Péguy et extrait de L’argent (6e Cahier de la Quinzaine de la 14e série, 16 février 1913.)

Addendum à l’hommage rendu à

                                                     à 
                                            Pierre Hénaff
Sur ce site nous avons récemment mis en ligne un article dévolu à l’hommage que l’ASVPNF rendait à  son doyen d’âge Pierre Hénaff (Cf. https://asvpnf.com/index.php/2025/10/02/apres-le-deces-de-pierre-henaff/ )                                                                             
En réalité Pierre Hénaff  était très laconique sur son histoire normalienne tout particulièrement singulière. Elle eut cours pendant les »années de plomb »de l’occupation allemande et du  » régime » de collaboration de Vichy. 
En attendant d’autres témoignages à ce propos, on valorise ici une photographie inédite de cette époque mise à notre disposition par Mme Françoise Hénaff, fille de notre ancien adhérent.
 
Nous la remercions vivement pour sa contribution enrichissante pour  la reconstitution de notre mémoire normalienne.
Le  document correspondant est accessible au moyen d’un clic gauche sur Fichier 1 .

Après le décès de Pierre Hénaff

     Notre doyen d’âge Pierre Hénaff est décédé au printemps 2025 alors  qu’il se préparait, avec ses proches, à célébrer son  anniversaire. Il avait fait savoir qu’il souhaitait  voir  certains de ses souvenirs de jeunesse  dont il faisait le récit  publiés sur le site internet de l’ASVPNF. Pendant les dix dernières années de sa vie  il  y avait déjà signé plusieurs articles particulièrement appréciés par les visiteurs.

C’est dans ce contexte singulier, avec l’accord explicite de ses ayant droit et faisant abstraction  d’une émotion  à la hauteur de la qualité  d’un  long compagnonnage entretenu par une mémoire commune de Hussards de la République, que nous procédons à la mise en ligne du dernier article de Pierre Hénaff.

S’y trouvent juxtaposés pour la mise en forme  trois fichiers accessibles par un simple clic gauche appliqué sur le terme « Fichier » approprié :

 

Fichier 1.    Hommage de l’ASVPNF à P. Hénaff

Fichier 2.   Croyances,foi et progrès par P.Hénaff

Fichier 3.  Pierre Hénaff n’est pas allé à la guerre mais…

 Le Fichier 3 comporte trois sections :

 – Souvenirs de collégien bigouden

 – Souvenirs des évènements du 24 juillet 1944 au manoir du Hilguy à Plogastel-Saint-Germain

 – Telgruc,3 septembre 1944

 

 Que Madame Françoise Hénaff soit chaleureusement remerciée d’avoir accepté la relecture des écrits-souvenirs de son père défunt,  avant de nous les adresser pour édition.

Charles Péguy et les Hussards noirs de la République

Né en 1873 à Orléans, Charles Péguy fut l’un des grands écrivains de la Troisième République, poète engagé, républicain fervent et témoin lucide des transformations politiques et sociales de son temps. Élève de l’école annexe de l’École normale d’instituteurs d’Orléans, il grandit dans un environnement où l’éducation était perçue comme le levier de l’émancipation.

Portrait de Charles Péguy vers 1908.
Collection personnelle ASVPNF

Dans son texte L’Argent, publié en 1913 dans les Cahiers de la Quinzaine, Péguy évoque avec émotion les jeunes élèves-maîtres — formés dans les Écoles normales — qu’il croisait dans la cour ou dans les classes de l’école annexe. Ces jeunes gens, habillés de noir, disciplinés, porteurs de l’idéal républicain, allaient devenir les instituteurs de la France rurale et urbaine. Leur mission : faire reculer l’ignorance, transmettre les savoirs fondamentaux, mais aussi former les esprits libres et les cœurs civiques. 

Extrait de L’ARGENT , 1913

 

      «   Nos maîtres étaient de pauvres gens comme nous, mais ils étaient d’un autre ordre que les riches. Ils n’étaient pas riches ; mais ils n’étaient pas pauvres comme nous.
C’étaient nos maîtres. On respectait nos maîtres. On les respectait comme on respecte un prêtre, un soldat, un juge, un chef. […] Ces hussards noirs de la République avaient une allure, une tenue, une honnêteté. On reconnaissait au premier coup d’œil, à la coupe de leur redingote, au port de leur tête, qu’ils n’enseignaient pas seulement à lire, à écrire, à compter.
Ils enseignaient le respect, le courage, la dignité. »

 

Par cette évocation lyrique et grave, Péguy rend hommage à une génération de maîtres qui incarna l’École de la République dans ce qu’elle avait de plus noble : austérité, rigueur morale, transmission du savoir comme acte de foi laïque.

Dans le contexte de l’École normale d’Orléans, où l’enfant Charles fut élève, ces « hussards noirs » passaient devant lui, silhouette droite et manteau noir, en route vers leur mission. Il ne les a jamais oubliés.

 Note :Ce texte de Charles Péguy est désormais dans le domaine public. L’extrait provient de L’Argent, publié en 1913 dans les Cahiers de la Quinzaine. Version intégrale disponible sur : https://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Argent_(P%C3%A9guy)

 Les visiteurs de ce site pourront consulter  4   fichiers dévolus à Charles Péguy et à  quelques aspects de son œuvre :

Fichier 1. Les hussards noirs de Charles Péguy (1913)

Fichier 2. Péguy. L’Argent ou le parti pris du témoignage

Fichier 3. Résister avec Charles Péguy (Article de Jean de Saint-Chéron dans La Croix L’Hebdo n°287)

Fichier 4. Charles ,Péguy . Note de Samir Siad dans Théâtre Montansier.

 Comment ne pas rappeler au final de ces préliminaires dévolus au « rempailleur de textes » qu’était Chales Péguy le propos singulier de Bernanos  à son intention «  C’était un homme qui, mort, reste à portée de voix qui répond à chaque fois qu’on l’appelle ».

Etudiant à vie à l’épreuve du cabinet des curiosités normaliennes

par

François Larher

A la fin du premier quart du 21è siècle  on est enclin, dans certains milieux, à qualifier d’anachronique tout ce qui touche à la 3è République et notamment  l’Ecole publique gratuite, obligatoire et laïque qui fut sans conteste son œuvre la plus emblématique et la plus prometteuse pour ses enfants et l’avenir. On admettra ici, il ne pouvait en être autrement, que les acteurs de la  Révolution qui s’en suivit furent identifiés à ceux qui furent nommés par Charles Péguy les Hussards noirs de la République,  les Instituteurs et les Institutrices formés dans les Ecoles normales départementales.

Peut-on encore en 2025 être surpris et s’enthousiasmer de ce que furent les protagonistes de cette émancipation à l’origine de la transformation  complète de notre société et de ses modalités de fonctionnement ?

Peut-on encore en jetant un coup d’œil attentif sur le passé nous donner une raison de plus pour ne pas mépriser le présent et pour ne pas désespérer de l’avenir que le passé nous a préparé ?

C’est le sens de la démarche que propose ici un ancien hussard noir  qui, devenu normalien grâce à son Ecole de hameau et son premier Instituteur  à la fin de la Seconde Guerre mondiale,  entreprit un long cursus d’étudiant à vie qui donna lieu à un parcours scientifique à peine achevé .

Ce cursus fut jalonné d’étapes nombreuses et variées parmi lesquelles  l’obtention du diplôme d’études approfondies en sciences végétales fut sans doute la plus marquante et la plus probante pour son bénéficiaire, fils de paysans passé par l’Ecole de hameau, le Cours complémentaire, L‘Ecole normale, l’Ecole de la Faculté des Sciences et enfin par l’Ecole de la vie.

Il était donc bien normal qu’il revienne, en toute humilité, apporter sa contribution sur ce site dévolu à l’histoire de l’Ecole normale et à celle des Instituteurs qui, parfoi, dérivait vers  des champs quelque peu insolites tels celui que le visiteur pourra découvrir dans les fichiers suivants .

Son étonnement sera grand de trouver des éléments constitutifs de tout ouvrage scientifique rédigés non pas en français et en anglais approximatif comme il est de coutume, mais en français et en breton. La langue bretonne était et reste la langue maternelle de l’auteur . Indélébile malgré les efforts de l’Ecole de la République, il se devait en pareille circonstance de lui redonner la place   d’honneur qu’elle n’aurait jamais dû quitter .

Fichier 1. Propos bilingues relatifs au  DEA ( avant- propos, épilogue, lettre d’envoi).

Fichier 2. Texte du mémoire de stage pratique de DEA océrisé  et aux normes éditoriales de 2025.