Quelle bonne Ecole reconstruire pour le 21è siècle?

Telle est la question récurrente sans réponse suscitée par la  dérive semble-t-il inéluctable de notre système scolaire !

Il y a bientôt 7 ans,  sur  ce site était posée la question préalable : « Qu’est-ce qu’une bonne école ? » admettant a priori qu’en l’absence de sa prise en considération  on obérerait grandement  l’efficience des  réponses aux questionnements subséquents. Comment espérer atteindre un objectif  s’il n’est pas clairement  désigné ?

Si en effet nous appelons de nos vœux la refondation  d’une Institution scolaire  pertinente pour le 21è siècle, occupant une place centrale au sein d’ une République laïque émancipatrice, il  s’agit de bien formuler sa  ou ses raisons d’être, d’en définir les modalités de fonctionnement et de trouver  les moyens pour y parvenir. Il y a urgence d’agir  si les amoureux de l’Ecole publique laïque souhaitent encore sauver l’essentiel avant que les cabinets conseil déjà dans la place – sans doute avec l’aide de décideurs bien intentionnés- ne proposent des décisions destructrices pour un édifice fragilisé ; celles qui conduiront à sa marchandisation et à sa privatisation.

On pourra déjà consulter les éléments de réponses que nous avions collectés à l’époque en allant à : https://asvpnf.com/index.php/2018/02/13/quest-ce-quune-bonne-ecole/.

Mais pour avancer, les visiteurs pourront aussi consulter , en cliquant ici, l’article à ce propos de Michel Muglioni  paru dans Mezetulle , le Blog revue de Catherine Kintzler, le 10 février 2023. Il est intitulé :

Quelle école voulons-nous ?

Selon C. Kintzler :  « Jean-Michel Muglioni revient une nouvelle fois sur cette affirmation : enseigner est devenu impossible – il faudrait dire est interdit – parce que des considérations psychologiques, sociologiques et économiques priment sur le contenu du savoir. Pour décider de ce que c’est qu’enseigner, on consulte donc des cabinets de conseil et jamais les maîtres ou les professeurs dont on sait qu’ils savent enseigner et connaissent réellement ce qu’ils ont à enseigner. »

On retiendra ici quelques propos marquants tenus par    M. Muglioni. Ils ne manqueront pas d’inciter à la réflexion :

 

1. « L’école est le lieu de la reproduction sociale quand elle n’est pas l’école, c’est-à-dire quand elle n’instruit pa »

2. « Ne sachant plus ce que c’est que savoir, comment saurait-on ce qui doit être appris et su pour être un homme libre, et comment saurait-on l’enseigner ? »

3. « Une école fondée sur cette conviction qu’apprendre a un sens par soi-même et non pas seulement en vue d’autre chose. Le politique qui proposerait cette révolution serait immédiatement renvoyé par ses électeurs  »

On notera, pour la clarté des choses,  que le titre  de l’ article de M. Muglioni fut déjà utilisé en 2011  dans le CR d’une table ronde de  Charlotte Nordmann et Anne Querrier parue  dans Mouvements(2011/4 n° 68 ;Cf. https://www.cairn.info/revue-mouvements-2011-4-page-100.htm ) . Il fut ensuite repris  pour être complété dans un ouvrage de J-M. Blanquer et  E. Morin  (9 janvier 2020) (Cf. https://www.decitre.fr/livres/quelle-ecole-voulons-nous-la-passion-du-savoir-9782361064938.html ) . Ledit ouvrage fit l’objet d’une critique sévère parue dans Marianne ( Cf. https://www.marianne.net/agora/humeurs/quelle-ecole-voulons-nous-les-soliloques-croises-la-va-vite-de-jean-michel).
 
  Que Catherine Kintzler soit remerciée pour ce nouvel emprunt à son Blog revue .

En hommage à Céletin Perrigault, dit “Tintin”

“ Né le 17 novembre 1921 à La Chapelle-Chaussée (Ille-et-Vilaine) ; instituteur ; militant syndicaliste, secrétaire de la section départementale du SNI d’Ille-et-Vilaine (1963-1972) ; militant communiste, conseiller municipal de Plouyé (Finistère). »

“Sa mère mourut peu après sa naissance. Son père, ferblantier-zingueur-quincailler, d’opinions radicales-socialistes, se remaria vers 1925 et décéda en 1934. Célestin Perrigault fut baptisé et fit sa communions solennelle. Élevé par sa mère adoptive, il fut élève interne au cours complémentaire de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) et entra à l’École normale d’Instituteurs de Rennes en 1938. En février 1940, il fut sanctionné pour des raisons disciplinaires et déplacé à l’ENI de Quimper (Finistère) où il termina sa scolarité. Titulaire du brevet supérieur, après son stage de janvier 1941 à juillet 1941 à Huelgoat dans les monts d’Arrée, il fut nommé instituteur à Locmaria-Berrien, commune voisine du Finistère…» .

Les visiteurs de ce site, intéressés par le parcours singulier de l’ ex-normalien rennais ( Promotion 1938-1941), exilé à l’ENG de Quimper en 1941 sous l’occupation allemande, pourront consulter sa notice biographique à l’URL : https://maitron.fr/spip.php?article152012,

« Tintin » nous a quittés à l’âge de 101 ans, le 19 janvier 2023. A l’homme exceptionnel qu’il était, les medias ont rendu l’hommage qu’il méritait. Tout en l’honorant sans ambage, il met en lumière son parcours d’Instituteur engagé, de grand défenseur de l’école laïque, de syndicaliste,  d’éducateur et celui de Résistant( Cf. l’article documenté de Pascal Simon paru dans Ouest-France du  20 janvier 2023 (https://www.ouest-france.fr/culture/histoire/guerre-39-45/video-resistant-communiste-instituteur-tintin-101-ans-d-une-vie-devoue-a-ses-prochains-c2233f68-98f4-11ed-838e-db5cb73079c3                                              ). 

Pour  nous-élèves-maîtres normaliens devenus instituteurs- c’était un grand ami, un « grand ancien ». Nous saluons avec émotion  tant l’Homme que son cursus hors norme.

« Tintin » connaissait nos activités dévolues à l’histoire de nos écoles normales primaires départementales  et à celle des instituteurs et institutrices qui y furent formés.  C’est à ce titre qu’en toute amitié normalienne  il nous fit l’honneur de connaître et de publier un extrait de ses mémoires. On pourra le consulter à  http://asvpnf.com/index.php/2018/02/09/peregrinations-finisteriennes-dun-normalien-de-rennes-pendant-les-annees-de-plomb-1940-1945/ . Un article lui fut également dédié au moment où il fut décoré de la Légion d’Honneur . Cf.   http://asvpnf.com/index.php/2018/08/10/celestin-perrigault-dit-tintin-ancien-normalien-de-rennes-et-de-quimper-decore-de-la-legion-dhonneur-pour-son-implication-dans-la-resistance/                  .

Déconstruire dit-elle… (selon André Perrin, Mezetulle, 2 février 2023)

Ce verbe transitif direct de la langue française peut renvoyer, selon cnrtl, à défaire une construction, convertir un vers (en prose), démonter une phrase pour analyser ses constituants .Dans les sciences sociales on le fait correspondre à la remise en cause de préjugés et stéréotypes comme préalable à toute démarche scientifique. Quant au philosophe, déconstruire le conduit à démonter un texte pour en extraire les postulats implicites alors que le psychologue l’utilisera pour désigner l’ analyse critique des règles implicites, des tabous afin de comprendre et s’approprier ce qui était jusqu’ici préjugé. Tout ceci témoigne une fois de plus de la richesse de la langue française et de ses nuances…On ne se privera pas ici de rappeler l’ image de la construction du pont et celle de sa déconstruction pour relier ou séparer selon le cas sans oublier la construction des murs qui séparent. Ici on continue à militer pour abattre les murs et pour édifier des ponts. Quel que soit le sens à accorder à ce propos sémantique on admettra sans difficulté qu’au regard des lois de la thermodynamique déconstruire contribue à faire augmenter l’entropie des systèmes c’est à dire leur désordre alors que construire produit les effets inverses.

Sans vouloir extrapoler on n’est donc pas étonné de découvrir le titre suivant qui semble en accord avec ce postulat :

La déconstruction, une théorie destructrice

Il intitule un billet du Blog de Mediapart signé par Pierre Grandperrin le 23 février 2022 (Cf. https://blogs.mediapart.fr/pierre-grandperrin/blog/230222/la-deconstruction-une-theorie-destructrice).

Selon cet auteur, le but du « déconstructivisme » est de faire disparaître les anciens concepts universalistes : le réel, le pouvoir, la nature humaine, la vérité, le langage et même le corps, tout ce qui se rapporte au « sens commun » : Il n’y a pas de vérités, il n’y a que des croyances.

En réalité sur ce site, on s’insurge par nature contre de telles affirmations en contradiction formelle avec la Science, la Raison et leurs progrès constants (ndlr !) et on essaie de les combattre…

Quoi qu’il en soit, la probité intellectuelle exige que l’on se tienne informé même des contre-vérités notoires car elles sont sources de dérives dont on peut se garder. C’est ainsi que l’on observe , à l’instar de cet auteur, que : « Venu du monde académique anglo-saxon et notamment des États-Unis, le concept de « déconstruction » s’est développé dans les années 1980 dans les campus américains inspiré par des auteurs français (Derrida, Deleuze et Foucault), d’où son appellation de « french theory ». Le courant « destructionniste » et son sous-produit  «le wokisme », se répandent aujourd’hui dans les départements de sociologie des universités mais aussi dans les médias, dans la classe politique et s’immisce lentement mais sûrement dans les entreprises ».
 On voit bien aussi la proximité intellectuelle avec la « cancel culture » (pour culture de l’effacement, de l’oubli, du déni voire même celle du négationnisme).

Ceci étant on se rend bien compte que ces théories du désordre et de l’obscurantisme se propagent rapidement dans différentes composantes de notre société et de nos INSTITUTIONS semant des perturbations notoires visibles tout particulièrement dans le déroulé de congrès scientifiques tenus sous les auspices de la République.

Le visiteurs indignés pourront s’en convaincre en consultant l’article d’ André Perrin paru dans Mezetulle ,le blog note de Catherine Kintzler le 2 février 2023 . Il s’intitule :

Déconstruire dit-elle…

On pourra y accéder en cliquant ici ou en se rendant à l’URL :

https://www.mezetulle.fr/deconstruire-dit-elle/

C. Kintzler :   « Il y a un peu plus d’un an était organisé à la Sorbonne un colloque intitulé Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture1, colloque que la bonne presse s’était empressée de condamner avant même sa tenue2. Les pourfendeurs de ce mauvais colloque décidèrent d’en organiser un second, un bon, intitulé Qui a peur de la déconstruction ? du 19 au 21 janvier 2023. Pour y faire écho, Anne-Emmanuelle Berger, « professeure émérite d’études de genre » et Denis Kambouchner, professeur émérite de philosophie, ont été les invités de Géraldine Muhlmann, le 27 janvier 2023, à l’émission Avec philosophie sur France Culture3. André Perrin a écouté l’émission. »

Peut-on, sur des fondations aussi chancelantes, recommencer à CONSTRUIRE  des connaissances notamment  au sein de ce qui fut appelé  l’Université ?

 Que Catherine Kintzler  et son auteur invité trouvent ici témoignage de notre reconnaissance pour nous avoir permis de reproduire l’article paru dans Mezetulle !

L’écriture est lisible ou illisible voire hiéroglyphique et souvent fautive…elle ne peut-être inclusive !

Elle est souvent adjectivée de abusive agressive,allusive,conclusive,cursive,décisive,dissuasive,explosive, et parfois d’invasive, d’intempestive, de poussive voire même de subversive… On commencera ainsi ce propos dévolu à la mascarade constituée par la soi-disant écriture inclusive dont les exploits sont déjà documentés sur ce site en rappelant, à ceux qui ne veulent pas l’entendre que :

«  L’écriture retenait l’attention de nos maîtres. Ils nous apprenaient l’anglaise ou cursive, la fine bien sûr, la moyenne et la grosse, la ronde, la bâtarde et même la gothique. Ils voulaient que nous eussions d’abord une écriture régulière et lisible, puis belle et élégante sans fioritures. Nous avions tout un jeu de plumes dans un petit étui. » — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, page 50).

Mais ce sera une évidence l’écriture ne consistait pas, à l’époque, en la représentation de la parole et de la pensée aux moyens de signes graphiques conventionnels !!!.

Mais de quoi s’agit-il ? On trouvera un élément de réponse en se rendant à l’URL : https://vivrelemarais.typepad.fr/blog/2021/03/ecriture-dite-inclusive-et-fran%C3%A7ois-jolivet.htm

où l’on pourra s’imprégner de la problématique en prenant connaissance de l’échantillon « inclusif » suivant introduisant une missive :

« Chers lect.eur.rice.s, (ou Ch.er.ère.s lect.eur.rice.s (si on pousse à fond la logique),

Voici comment je m’adresserais à vous si j’étais un adepte de cette écriture inepte. Comme j’en suis très loin, laissez moi vous dire :

Chères lectrices, chers lecteurs,

(en français, tout simplement).

N’est-ce pas une meilleure manière de respecter à la fois les femmes et notre langue. Notons au passage que l’écriture inclusive nomme en premier le sexe masculin alors que notre langue permet très simplement de respecter la galanterie bien française qui fait passer la femme devant….

Byzance tomba aux mains des Turcs tout en discutant du sexe des anges. Le français achèvera de se décomposer dans l’illettrisme pendant que nous discuterons du sexe des mots.

La querelle actuelle découle de ce fait très simple qu’il n’existe pas en français de genre neutre comme en possèdent le grec, le latin et l’allemand. D’où ce résultat que, chez nous, quantité de noms, de fonctions, métiers et titres, sémantiquement neutres, sont grammaticalement féminins ou masculins. Leur genre n’a rien à voir avec le sexe de la personne qu’ils concernent, laquelle peut être un homme … » 

Poursuivant en ce sens le rédacteur en arrive à écrire à ce propos : «  Si notre gouvernement veut servir le français, il ferait mieux de veiller d’abord à ce qu’on l’enseigne en classe, ensuite à ce que l’audiovisuel public, placé sous sa coupe, n’accumule pas à longueur de soirées les faux sens, solécismes, impropriétés, barbarismes et cuirs qui, pénétrant dans le crâne des gosses, achèvent de rendre impossible la tâche des enseignants. La société française a progressé vers l’égalité des sexes dans tous les métiers, sauf le métier politique. Les coupables de cette honte croient s’amnistier (ils en ont l’habitude) en torturant la grammaire. »

On devine que le débat est loin d’être clos et il y a lieu d’entendre et de faire entendre les détracteurs de l’écriture inclusive, amoureux de la langue française de leurs prédécesseurs ! En l’occurrence nous proposons à la réflexion des visiteurs de ce site un article à ce propos paru le 5 février 2023 dans le site DECODANAGES……. Je suis CHARLIE ! de François Braize. Ledit articule s’intitule :

Ecriture inclusive, la mise à mort par la science…

UN RÉQUISITOIRE EN 16 POINTS

Éclairage linguistique concernant une imposture idéologique

par

Jean Szlamowicz et Yana Grinshpuhn

On pourra y accéder en cliquant ici ou en se rendant à l’adresse : https://francoisbraize.wordpress.com/2023/02/05/ecriture-inclusive-la-mise-a-mort-par-la-science/

Il fait  apparaître notamment que «la prétention à contribuer au progrès social de l’écriture inclusive (EI) se fonde sur des prémisses fausses, liées à une interprétation partiale déformant la réalité des fonctionnements grammaticaux attestés de la langue française. L’écriture inclusive est une réforme militante de la langue construite sur la dénonciation d’injustices imaginaires dérivant d’interprétations symboliques qui ne correspondent à aucune réalité proprement linguistique » 

Nous remercions François Braize de nous avoir autorisé à reproduire cet article afin de le reproduire sur ce site.

La controverse autour de l’oeuvre de Condorcet ,le dernier philosophe des Lumières

Présente dans la littérature ayant trait à l’oeuvre de ce Révolutionnaire, la controverse se trouve réactivée suite à une émission portant sur le transhumanisme dans laquelle s’exprimait Michel Onfray… Cet auteur aurait prêté à Condorcet des écrits à caractère eugéniste ce qui ne manque pas de susciter un commentaire documenté de Catherine Kintzler dont les études condorcétiennes font autorité.

Ceci conduit à préciser d’emblée les notions de transhumanisme et d’eugénisme, afin de tirer le meilleur des modalités du débat engagé et de leurs significations. Quoi qu’il en soit , on considérera ici, à l’instar de Condorcet lui-même que « toute société qui n’est pas éclairée par des philosophes est trompée par des charlatans » !

Ainsi selon Wikipedia :

Le transhumanisme est un mouvement culturel et intellectuel international prônant l’usage des sciences et des techniques afin d’améliorer la condition humaine par l’augmentation des capacités physiques et mentales des êtres humains et de supprimer le vieillissement et la mort. Le mouvement transhumaniste se préoccupe des dangers comme des avantages que présentent de telles évolutions.

Ainsi, le transhumanisme est parfois considéré comme un posthumanisme ou encore comme une forme d’activisme caractérisé par une grande volonté de changement et influencé par les idéaux posthumanistes. En France, ce mouvement est principalement représenté par l’Association française transhumaniste. Il existe des groupes de réflexion, comme Neohumanitas, en Suisse, qui encouragent la réflexion et la discussion sur les conséquences socio-éthiques de l’utilisation des biotechnologies sur l’être humain et qui abordent certains enjeux du transhumanisme. Un grand nombre d’approches transhumanistes différentes sont reflétées au sein même de ces différents groupes.

La perspective transhumaniste d’une humanité transformée a suscité de nombreuses réactions, tant positives que négatives, émanant d’horizons de pensée très divers. Francis Fukuyama a ainsi déclaré, à propos du transhumanisme, qu’il s’agit de l’idée la plus dangereuse du monde, ce à quoi un de ses promoteurs, Ronald Bailey, répond que c’est, au contraire, le « mouvement qui incarne les aspirations les plus audacieuses, courageuses, imaginatives et idéalistes de l’humanité »7.

Certains auteurs  pensent que l’humanité serait déjà transhumaine, grâce aux progrès considérables des derniers siècles, et en particulier des dernières décennies, surtout sur le plan médical. Cependant, l’humanité actuelle ne le serait pas d’une manière consciente. Par conséquent l’humanité ne saurait être qualifiée de transhumaniste.

Le transhumanisme repose sur les progrès de la médecine, de la technologie, de l’informatique, de la robotique et de tout ce qui peut s’apparenter aux sciences et à l’intelligence artificielle. (Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Transhumanisme)

L’ eugénisme est « l’ensemble des méthodes et pratiques visant à sélectionner le patrimoine génétique des générations futures d’une population en fonction d’un cadre de sélection prédéfini ». Il peut résulter d’une politique étatique mais aussi d’une somme de décisions individuelles prises par les futurs parents, dans une société où primerait la recherche de l’« enfant parfait », ou du moins « indemne de nombreuses affections graves ».

Le terme eugenics a été employé pour la première fois en 1883 par le scientifique britannique Francis Galton, dont les travaux participèrent à la constitution de la mouvance eugéniste. Mené par des scientifiques et des médecins, l’eugénisme qui se met en place au tournant du xxe siècle milite pour une politique d’éradication de caractères jugés handicapants ou de développement de caractères jugés bénéfiques. Son influence sur la législation s’est traduite principalement dans trois domaines : la mise en place de programmes de stérilisation contrainte, là où la culture dominante le permettait, un durcissement de l’encadrement juridique du mariage et des mesures de restriction ou de promotion de tel ou tel type d’immigration.

À partir du 14 juillet 1933, le régime nazi adopte une loi visant à éradiquer les maladies héréditaires par l’euthanasie d’enfants handicapés. Dans les décennies qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, l’eugénisme a été largement abandonné, bien que certains pays occidentaux (les États-Unis, le Canada et la Suède) aient continué à pratiquer des stérilisations forcées. En 1983, Singapour a mis en place, ainsi que la Chine, un système qualifié d’eugéniste.

Dans la période contemporaine, les progrès du génie génétique et le développement des techniques de procréation médicalement assistée ouvrent de nouvelles possibilités médicales (diagnostic prénataldiagnostic préimplantatoire…) qui nourrissent les débats éthiques sur la convergence des techniques biomédicales et des pratiques sélectives.

L’éventuelle résurgence d’une forme d’eugénisme, après des décennies de promotion des droits de l’homme, se heurte à des critiques en dehors du débat éthique. En particulier, l’eugénisme négatif apparaît comme une violation des droits humains fondamentaux, qui incluent le droit de reproduction. D’autre part, l’eugénisme peut aboutir à une perte de diversité génétique, perturbant artificiellement des millions d’années d’évolution humaine… (Cf. https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A9nisme)

Ces éléments étant rappelés on pourra consulter la mise au point de Catherine Kintzler publiée dans son Blog revue Mezetulle, le 22 janvier 2023. Il s’intitule :

« Michel Onfray « lecteur » de Condorcet »

Le débat s’engage entre philosophes selon les termes suivants :

« Michel Onfray était invité de l’émission « Le Grand Rendez-vous CNews-Europe1 » le 1er janvier 20231. Interrogé notamment sur le transhumanisme, il affirme que Condorcet aurait avancé des propositions eugénistes dans la dernière partie (Dixième époque) de l’Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, et suggère à cette occasion que Condorcet se rangerait alors aux côtés des « plus radicaux des Jacobins » :

« […] ce propos [i. e. l’homme nouveau de Saint Paul] est même repris par la Révolution française et par les plus radicaux des Jacobins, et il y a même des propositions eugéniques sur ce sujet-là avec Condorcet – Condorcet c’est formidable, c’est le progrès, etc. – lisez le dernier tableau des Progrès historiques de l’esprit humain [sic] de Condorcet, il parle d’eugénisme […] »2. [M. Onfray s’en prend ensuite à Diderot]. Ces deux points sont susceptibles de vérification .

C’est ce que ne manqueront pas de faire les visiteurs de ce site en cliquant ici . Ils en tireront les enseignements qui s’imposent .

Quoi qu‘il en soit, il est opportun sinon nécessaire de renvoyer les lecteurs à l’ouvrage fondateur de Catherine Kintzler dévolu à Condorcet et intitulé :

Condorcet, l’instruction publique et la pensée politique

 

par 

Catherine Kintzler,

Mezetulle, 18 octobre 2015

URL :https://www.mezetulle.fr/condorcet-linstruction-publique-et-la-pensee-politique/

A l’époque C. Kintzler écrivait : « Je propose ce texte au moment où paraît la troisième édition de mon Condorcet, l’instruction publique et la naissance du citoyen (Paris : Minerve, 2015, nouvelle édition revue, avant-propos de 2015).Durant la Révolution française, Condorcet construit sa théorie de l’instruction publique parce qu’il s’interroge sur les effets de la liberté politique. Faute de lumières et de pensée réflexive, un peuple souverain s’expose à devenir son propre tyran, et le progrès n’est pour lui qu’un processus d’étouffement : il ne peut être libre que par la rencontre avec les objets du savoir désintéressé formant l’humaine encyclopédie. Il appartient à la puissance publique d’organiser cette rencontre afin que chacun puisse se soustraire à l’autorité d’autrui et s’engage sur le chemin de sa propre perfectibilité. L’égalité prend alors sa forme la plus accomplie : l’excellence et la distinction des talents. »

Au final, et pour se libérer des soupçons de pensée eugéniste de Condorcet , on pourra remettre en exergue deux de ses pensées célèbres :

« Il faut douter même de la nécessité de douter de tout »

Les amis de la vérité sont ceux qui la cherchent et non ceux qui se vantent de l’avoir trouvée »

Et de continuer à chercher !

Petite chronique des tribulations et turpitudes ecclésiales et cléricales de 2023 (suite)

En la matière comme dans d’autres , la parole  qui apaise l’indignation et la colère est plus forte que le silence. C’est pourquoi nous continuons  sur ce site  à  dénoncer les abus délictuels trop souvent criminels au regard de la justice des hommes commis au sein de l’Eglise catholique tels que rapportés au quotidien dans les medias.

Les journalistes de La Croix considèrent que «   la mission d’informer tout comme le droit du public de connaître la vérité doivent être leur ligne d’horizon ». Ils soulignent aussi que cette mission relève  d’ «  une exigence qui s’impose à nous tous, comme êtres humains simplement : avoir le courage de regarder la réalité en face, pour mieux agir, pour mieux prévenir ».

 C’est ainsi que l’on découvre dans le quotidien  La Croix du 31 janvier 2023 ce titre singulier :

 

        «  Une secte cachée au cœur de l’Eglise »

En réalité il  recouvre deux articles :

 -Le premier de Christophe Henning et Céline Hoyeau est intitulé :

 

« Jean Vanier et les frères Philippe,révélations sur une affaire hors norme »

 Il fait état de  raports de commissions indépendantes mandatées par l’Arche et par les dominicains  publiés lundi 20 janvier 2023. Ils jettent une lumière crue sur ce qui est qualifié de « secte cachéee au cœur de l’Eglise » et  qui a perduré pendant près de quatre vingts ans. Ce travail titanesque éclaire l’histoire de l’Arche et la trajectoire de Jean Vanier en lien avec Thomas Philippe, et les responsabilités des dominicains dans les dérives des frères Philippe. (Cf. https://www.la-croix.com/Religion/affaire-jean-vanier-freres-philippe-secte-eglise-abus-sexuels-arche-enquete-2023-01-30-1201252932)

-Le second  intitulé :

«  L’ordre dominicain n’a pas su saisir ce qui se tramait  avec les Frères Philippe »

rapporte les échanges tenus lors d’un entretien  entre l’historien  Tangi Cavalin et   Héloïse de Neuville. L’Historien vient en effet de publier  aux  Editions du Cerf un ouvrage de700 pages à ce propos :

«  L’Affaire. Les dominicains face au scandale des frères Philippe ».

 On porra consulter à ce propos  l’URL : https://www.la-croix.com/Religion/Scandale-freres-Philippe-pourquoi-dominicains-nont-pas-reussi-maitriser-2023-01-30-1201252896

 

Le Monde du 1er février 2023 reprenait ces informations  sous la plume de Gaétan Supertino et titrait :

« Affaire de l’Arche : deux nouveaux rapports décrivent une « société secrète » au cœur de l’Eglise catholique » . Ce journal indiquait que lesdits rapports   résultaient des travaux de deux commissions indépendantes, mandatées par l’Arche – une fédération d’associations venant en aide à des personnes ayant une déficience intellectuelle – Ils s’intéressent principalement à trois grandes figures du catholicisme contemporain : Jean Vanier, fondateur de l’Arche, mort en 2019, et deux dominicains, Thomas Philippe, « père spirituel » de Jean Vanier et aumônier de l’Arche (mort en 1993), et son frère Marie-Dominique Philippe, connu pour être le fondateur de la communauté Saint-Jean (mort en 2006).Les rapports montrent que les trois hommes constituaient le noyau dur d’un groupe formé autour du centre spirituel de l’Eau vive, fondé en 1945 par Thomas Philippe. Parfois décrit comme une secte, ce groupe est à l’origine d’innombrables dérives, dont les rapports dressent une liste non exhaustive : « Emprise, abus sexuels, délire collectif », etc.

On  devine, ici encore, la gravité de telles révélations qui viennent tristement alourdir les charges   pesant sur l’Eglise catholique de France,ses prêtres et ses institutions. 

De surprise en surprise on trouve aussi dans Golias Hebdo du  3 février 2023 un article de Alexandre Ballario intitulé :

Homosexualité : des diocèses en sens contraire et un pape ambigu

Il ouvre un nouveau chapitre jusqu’ici relativement moins documenté (sur ce site). On y apprend  que « depuis 2018, le diocèse de Metz (Moselle) organise des rencontres d’ouverture et de dialogue afin de « lever les doutes » pour mieux accueillir les personnes homosexuelles, transgenres et leurs familles. Une journée d’échange a eu lieu sous la responsabilité de l’organisatrice, Anne Rizoulières, animatrice laïque en pastorale a laquelle le diocèse a confié cette mission. Interrogée par France 3 Régions pour l’occasion, elle rappelle : « Malheureusement, la doctrine de l’Eglise reste pour l’instant toujours une condamnation des actes homosexuels mais pas de l’homosexualité puisque ce n’est pas un choix. (…) On appelle de tous nos vœux une évolution de l’Eglise. Avec le pape François, le discours de l’Eglise sur les personnes homosexuelles a évolué. Il a rappelé qu’en tant qu’enfants de Dieu, elles faisaient partie de l’Eglise. »

Les visiteurs pourront accéder à l’article soit  en cliquant ici (document 1) soit en allant à : https://www.golias-editions.fr/2023/02/03/homosexualite-des-dioceses-en-sens-contraire-et-un-pape-ambigu/

Viennent ensuite s’ajouter à l’état des lieux , les échos  des indemnisations et réparations initiées suite à la publication du rapport de la Ciase. On pourra à ce propos consulter l’article de Golias Hebdo du 3 février 2023 intitulé :

Eglise : indemnisation des abus, le vrai du faux

Il y est fait état d’ éléments d’explication au sujet des ressources de l’Église et du travail des instances de reconnaissance et de réparation qu’elle a mises en place. «  Sous ce titre, la Conférence des évêques de France entend répondre au reportage de Complément d’enquête diffusé le 19 janvier, intitulé « Victimes de l’Église : l’impossible réparation ».

Le document est accessible en cliquant ici (document 2) ou  en se rendant à l’adresse : https://www.golias-editions.fr/2023/02/03/eglise-indemnisation-des-abus-le-vrai-du-faux

 Ainsi le visiteur sera une fois de plus  enclin à  manifester sa stupeur devant  la gravité ,  l’importance et la diversité des problèmes humains et de société générés par le cléricalisme catholique. Il ne pourra plus feindre d’ignorer ce mal et risquer d’en  devenir complice. Il faut qu’il soit convaincu que sous les auspices de notre République, la justice ecclésiale ne doit pas être au-dessus de la justice et des lois des hommes.

Un cabinet de conseil bien rétribué à l’oeuvre au Ministère de l’Education Nationale

Selon Wikipedia, toujours informé , « Une société de conseil ou cabinet de consulting ou encore un cabinet de conseil est une entreprise qui emploie des consultants qui vendent des avis ou des recommandations sur ce qu’il convient de faire dans une organisation pour en améliorer un aspect. Les services de ces sociétés visent à améliorer le fonctionnement et la performance, actuels ou futurs, d’une organisation publique ou privée : entreprise, association, ministère, collectivité territoriale, syndicat, etc.

On y apprend aussi que « Le secteur du conseil apparaît particulièrement concentré : en 2017, les Big Four (KPMG, Deloitte, EY et PwC) pèsent pour 39% du chiffre d’affaires mondial du conseil, tandis que les 10 des plus grandes entreprises de conseil (les Big 4 ainsi qu’AccentureIBMMcKinsey, le BCG…) comptent pour 56% du chiffre d’affaires mondial du conseil1. » et qu’accessoirement : « De nombreuses réformes engagées en France ont engendré une demande croissante de conseil et d’assistance extérieure dans le Secteur public. Malgré des budgets serrés, la demande s’est développée pour les ministères, mais aussi les hôpitaux et les collectivités territoriales »

Mais il s’avère aussi et il ne pouvait en être autrement que : «  Les sociétés de conseil sont régulièrement accusées de causer du «  burnout » ( ???, ndlr) parmi leurs employés. Elles sont également critiquées pour la qualité, l’utilité ou l’intérêt de leurs prestations (un adage courant veut que le consultant « emprunte votre montre pour vous dire l’heure qu’il est ») ; une étude américaine met en avant que 70 % des plans de transformation échouent. A ce titre, l’existence des sociétés de conseil a même été qualifiée d’arnaque.

Au xxie siècle, les consultants sont également critiqués pour être un exemple de « bullshit job » (cf.David Graeber pour boulot à la con ; sic … ndlr)

En France, un rapport du Sénat pointe un interventionnisme généralisé des cabinets de conseil dans les décisions de l’État. En 2021, les dépenses de conseil de l’État ont dépassé le milliard d’euros ». (Cf.https://fr.wikipedia.org/wiki/Soci%C3%A9t%C3%A9_de_consei).

Les questions subsidiaires sont celles de savoir – s‘agissant de nos services publics aussi bien conseillés- ce que sont devenus en pareille galère nos grands fonctionnaires serviteurs de l’Etat recrutés à cette fin et rétribués avec les deniers des contribuables. S’agissant de l’Education Nationale et de son Ecole on voit que l’irruption ( ???) dans le décor, des cabinets de conseil, a conduit (ou est associée) aux difficultés criantes d’une institution que d’aucuns qualifient de sinistrée. Faut-il croire à un manque per se de corrélation entre ces deux observations ?

Puisqu’il s’agit d’expériences – de surcroît très coûteuses- il faut rester dans le doute , avant d’en tirer des enseignements à caractère stratégique puisque c’était bien de cela dont il était question !…

Les visiteurs de ce site pourront déjà ,en attendant la suite, rester informés de réactions et commentaires publiés dans différents medias et qui, dans leur globalité, ne semblent pas de nature à rassurer ni le citoyen ni le contribuable…

Ils sont invités à prendre connaissance en cliquant ici (document 1) d’un article à ce propos publié dans Mezetulle le blog revue de Catherine Kintzler. Il s’intitule :

McKinsey

et

« les évolutions du métier d’enseignant »

Selon l’auteure, « il y a un an, le Sénat interrogeait le directeur associé senior de McKinsey France, « responsable du pôle Secteur public », au sujet d’un contrat commandé par le gouvernement sur « les évolutions du métier d’enseignant » (coût du contrat : 496 800 euros, quand même). Un tweet de Publi Sénat diffusait le 22 janvier 2022 une vidéo où ce responsable, dans sa réponse quelque peu balbutiante à la sénatrice Eliane Assassi, considère comme interchangeables les termes « secteur de l’enseignement » et « marché de l’enseignement ». Grâce à la persévérance d’un citoyen, on peut à présent lire trois des documents constituant le « rapport ». C’est édifiant, mais pas vraiment étonnant. »

 
*Les visiteurs seront d’autant plus édifiés en cliquant ici (document 2) pour découvrir un article de Lilia Ben Hamouda paru dans « Le café pédagogique » le 16 janvier 2023. Il est intitulé :

 
Prime au mérite : le rapport à 500 000 euros de McKinsey

Il y apparaît notamment que :« Près de 500 000 euros pour un rapport qui prône la rémunération au mérite. Très exactement 496 800 euros facturés par le cabinet McKinsey en 2020 au ministère de l’Éducation nationale pour la préparation d’un colloque qui n’a jamais eu lieu. Il s’agissait alors « d’accompagner la Direction Interministérielle de la Transformation Publique dans l’organisation d’un séminaire pour réfléchir à l’évolution du secteur de l’enseignement » avait répondu le directeur du cabinet de conseil américain à l’interpellation de la sénatrice PCF Eliane Assassi dans le cadre de la Mission d’enquête sur l’influence des cabinets de conseil du Sénat en, janvier 2022. Le colloque n’a jamais eu lieu, la crise sanitaire étant passée par là. Le cabinet a fourni un rapport d’un peu plus de 200 pages justifiant une rémunération différenciée des professeurs. Un rapport rendu public le 11 janvier dernier grâce au journaliste Marc Rees qui avait saisi la CADA (commission d’accès aux documents administratifs).

Tout ceci est accablant et ne manque pas d’aggraver les évolutions préoccupantes de notre système éducatif public que nous combattons régulièrement sur ce site.

Pour s’en convaincre, on pourra aussi suivre les liens suivants :

https://www.marianne.net/societe/education/blabla-et-neoliberalisme-a-gogo-ce-que-contient-le-rapport-de-mckinsey-sur-lecol

https://blog.educpros.fr/julien-gossa/2023/01/13/mckinsey-un-demi-million-de-copier-coller/

https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/retour-sur-les-enquetes-du-senat-1re-partie-affaire-mckinsey-la-concentration

https://www.lelibrepenseur.org/le-rapport-de-mckinsey-sur-lecole-ou-le-neoliberalisme-des-la-primaire/

https://www.sudeducation44.org/remuneration-au-merite-le-dernier-rapport-mckinsey/

https://frontpopulaire.fr/politique/contents/mc-kinsey-empoche-un-demi-million-deuros-dargent-public-pour-du-vent_co752820

https://www.snes.edu/article/rapport-mckinsey-sur-le-metier-denseignant-constats-de-carton-pate-mais-vrai-projet-neo-liberal/

Il y en a bien d’autres ; ils sont tous unanimes à condamner une pratique managériale peu compatible avec un fonctionnement démocratique et le progrès social notamment en milieu éducatif.

Pour conclure on reprendra à notre compte la déclaration de l’organisation syndicale mentionnée ci-dessus qui, pointant des problèmes méthodologiques majeurs dans les travaux de McKinsey, souligne : « la réalité et le quotidien des enseignants du XXIème siècle sont absents. Ne sont que très peu ou pas du tout traités : l’impact des effectifs d’élèves sur l’efficacité de l’enseignement ; l’évaluation de la charge de travail et du temps de travail et leurs effets sur la santé; l’(in)adéquation des moyens matériels et leur fiabilité ; les effets des carences de l’organisation du travail comme l’instabilité, les changements permanents, la succession de réformes sans concertation ni évaluation…La crise de recrutement (« rétention des talents » dans le texte) et la dégradation du bien-être enseignant, tout de même évoquée, se voient attribuer comme cause unique l’érosion de reconnaissance sociale de la profession. Et pour expliquer cette dernière un seul facteur est cité : les nouvelles formes d’accès au savoir… »

Bref la coupe est pleine alors que les 500000 euros  sont bien  sortis de notre trésorerie nationale !…

Viendrait-il à quelques uns de nos zélés grands fonctionnaires, technocrates et autres hommes de pouvoir l’idée de mener campagne outre-atlantique pour proposer- moyennant rétribution contractuelle confortable- stratégies de développement pour l’avenir ? La réponse est non ; il s’agirait pour sûr de menées impérialistes inacceptables…

Alors !

Nous remercions chaleureusement Catherine Kintzler et Lilia Ben Hamouda de nous avoir autorisé à reproduire, à partir de leurs sites respectifs, les deux articles présentés ci-dessus.

Chronique des tribulations et turpitudes cléricales de 2023 (suite)

La litanie des abus sexuels et spirituels commis au sein de l’Eglise catholique  ne cesse de s’allonger et les non-croyants ou « mécréants du monde », citoyens ordinaires de la République étonnés de tant d’atteintes à la dignité humaine, n’ont finalement qu’à compter les marches d’une descente aux enfers et tous les maux et souffrances qui lui sont associés. Doivent-ils dans cette triste contemplation faire abstraction des dommages collatéraux que ces dysfonctionnements provoquent aux différents niveaux de notre société et de ses institutions ?   Ce site  a fait le choix de proposer  à la consultation de  ses visiteurs, des articles qui a priori ne peuvent relever de choix partiaux guidés par ce qui pourrait se désigner  par de l’anticléricalisme primaire. Ils sont le plus souvent  écrits par des journalistes proches de l’Eglise, acteurs de progrès du catholicisme français .

 

C’est ainsi que l’on peut découvrir dans le site Cath’lib de René Poujol , dans un article dévolu au devenir tumultueux  des « communautés nouvelles », qu’il est « difficile d’accuser l’Eglise de total immobilisme concernant la pédocriminalité dans ses rangs. Sans doute doit-on lui concéder que la réponse ne pourra être que progressive, au rythme de la prise de conscience des divers acteurs pastoraux et des fidèles eux-mêmes. Il n’empêche : les dispositifs mis en place en termes de reconnaissance et de réparation font déjà apparaître de nombreux « trous dans la raquette ». Et le refus persistant de prendre en compte des abus non directement sexuels, mais spirituels ou de pouvoir, aux conséquences analogues, devient aujourd’hui un vrai scandale. L’actualité est là pour en témoigner, concernant certaines communautés rétives au changement, sur lesquelles aucune autorité ecclésiale ne semble avoir prise. Au point de se demander si les réformer n’est pas une illusion et s’il ne faudrait pas envisager plutôt leur dissolution. »

Les visiteurs pourront  consulter à ce propos l’article complet de René Poujol. Il s’intitule :

 

« Abus spirituels : faut-il dissoudre les communautés nouvelles ? »

 

Il est accessible en cliquant ici (Document 1) ou à l’URL :

 

https://www.renepoujol.fr/abus-spirituels-faut-il-dissoudre-les-communautes-nouvelles/#more-7517

 

Mais on découvre aussi dans la  Lettre de Golias hebdo du 19 janvier 2023, un article de Christian Terras intitulé :

 

« Comment le Vatican a enterré l’affaire Ouellet ? »

https://www.golias-editions.fr/2023/01/19/comment-le-vatican-a-enterre-laffaire-ouellet/

Marc  Ouellet est  l’ancien archevêque du Québec (2003-2010). Il est cité dans une liste rendue publique le 16 août 2022, établie dans le cadre d’une action collective contre le diocèse. Il  est accusé de propos déplacés et « d’attouchements de nature sexuelle non consentis », commis entre 2008 et 2010 sur une jeune agente de pastorale.  Préfet de la congrégation des Evêques à Rome depuis 2010,  il a bénéficié de la clémence du Vatican, qui, après une enquête controversée, estime qu’il n’y a pas matière à poursuivre. Mais ces accusations devraient déboucher à terme sur un procès au civil au Canada….

Les visiteurs pourront consulter un résumé de l’article en cliquant ici (Document 2).

 
Devant le  panorama de telles affaires  on ne peut  s’étonner-en toute bonne foi- de  voir la fonction épiscopale et ses ministres  débordés par les questions institutionnelles au point de conduire à des pertes de vocation, à des  « burn- out » et à des refus d’ordination sacerdotale.  Par ailleurs certains des protagonistes en question se plaignent ouvertement d’être l’objet d’un véritable « bashing »  en matière d’abus sexuels. Ils conviennent cependant, en chargeant les plus anciens parfois évêques encore en activité, de « silences coupables, d’affaires étouffées, de prêtres abuseurs protégés et déplacés » . On trouvera , à ce propos un article de Alexandre Ballario publié dans Golias le 19 janvier 2023. Il est intitulé :

 

« Evêques : les limites d’un constat »

 

 
 On pourra y accéder en cliquant ici (Document 3) ou en se rendant à :

l’URL : https://www.golias-editions.fr/2023/01/19/eveques-les-limites-dun-constat/

 

On voit bien  que si une réforme de fond est nécessaire,  il sera difficile de s’y résigner. On voit bien aussi au final que   « pour restaurer une cloche il faut la refondre entièrement » ; cela ne sera pas facile.  Faut-il  rappeler qu’à cet égard,  Martin   Luther (1483-1546)   écrivait déjà : 

Et en 2022  qu’en reste-t-il ?  Il reste un naufrage avec ses effets collatéraux que les principaux intéressés  et leurs institutions vont avoir à affronter avec probité intellectuelle, un minimum de rationalisme républicain sans vouloir se raccrocher à d’autres formes de cléricalisme notamment en matière de relations à l’enfance et à la jeunesse.

Cependant on découvre déjà dans la presse bien informée des formes inquiétantes de résistance à l’émergence de la vérité dans certains milieux  de l’enseignement confessionnel dit libre . C’est ainsi que Marianne   (n° 1350)du 26 janvier 2023 via la plume de Hadrien Brachet  interpelle ses lecteurs  sur  la (re)naissance de  l’Ecole de La Discorde à  Chanceaux-sur-Choisille en Indre-et-Loire .Cf.  :https://www.marianne.net/societe/education/fraternite-saint-pie-x-quand-larrivee-dune-ecole-integriste-chamboule-une-petite-ville-de-touraine   .                                      

En cette charmante commune de France des chrétiens traditionalistes,  se référant à des principes d’extrême droite, se proposent d’implanter, avec la complaisance coupable d’un édile – sans doute acquis  à leurs idées- un pôle scolaire privé de la Fraternité Saint-Pie-X. Fort heureusement,  il leur reste à vaincre  le collectif « Chanceaux  Laïcité » créé par deux instituteurs à la retraite fermement opposés à l’installation en ces lieux  d’un établissement scolaire « pas comme les autres ».  Pourront-ils compter sur l’Etat (Le Préfet d’Indre-et-Loire en l’occurrence)  qui  fait déclarer « il y a un équilibre à trouver entre la liberté de l’enseignement et la protection de l’enfance ».   Certes un équilibre, mais encore ?…

Faut-il rappeler plus simplement, qu’en France sous les auspices de la République et   depuis l’adoption et la mise en application  des lois scolaires de la 3è République l’instruction est gratuite, obligatoire et laïque !… Ceci au moment où dans lesdites « écoles de la discorde » on ne « distingue pas toujours explicitement les faits historiques des conceptions religieuses » et où  l’on a « recours à la notion de race sans précaution » et où  « l’acquisition et le partage des valeurs de la République, la construction d’une culture civique sont évincés au profit de la construction d’une culture religieuse » !

Peut-on  accepter sans s’indigner  de voir ainsi évincés sans scrupule les principes de notre République indivisible, laïque, démocratique et  sociale ?

Nous assurons le comité « Chanceaux Laïcité » de notre soutien  et appelons tous ceux qui ont des oreilles pour entendre que, s’il n’est pas toujours convenable de tirer sur une ambulance, il est grand temps que les citoyens émancipés de France, défenseurs  de l’Ecole laïque,  se sentent autorisés à stigmatiser et à condamner avec la plus grande rigueur les dérives et abus qui ont cours au sein de l’Eglise catholique  et notamment celle de France…
 
  Que René Poujol et Christian Terras soient cordialement remerciés de nous avoir autorisé à reproduire des articles publiés dans leurs sites respectifs.

La saga des frères Le Goff, Normaliens quimpérois des années cinquante

Aura normalienne ou pas, attractivité du métier d’Instituteur ou pas, vocation d’éducateur ou pas, il n’était pas rare que des élèves-maîtres,  « frères de sang »,  se côtoient à l’Ecole normale, l’aîné guidant discrètement son cadet dans un parcours parfois semé d’embûches.  C’est ainsi que  les frères Le Goff ,enfants d’Instituteurs, les frères Eliès  , les frères Nédélec, les frères Meunier, les frères Perherin ont déjà retenu l’attention sur ce site . On pourra à ce propos se rendre aux  URL suivantes :

http://asvpnf.com/index.php/2022/04/03/traditions-normaliennes-quimperoises-lorigine-singuliere-des-surnoms-des-protagonistes-de-la-carte-de-cote/    

 http://asvpnf.com/index.php/2018/02/12/promotion-comete-1956-1960/                                                          

 http://asvpnf.com/index.php/2018/02/12/promotion-perherin-yves-1945-1948/

 D’autre fratries normaliennes quimpéroises sont certainement  restées dans l’anonymat…

L’histoire singulière de André et Henri Le Goff a déjà donné lieu à un article que l’on pourra consulter à l’URL :

http://asvpnf.com/index.php/2019/09/01/quand-les-freres-le-goff-anciens-eleves-maitres-de-leng-de-quimper-assistaient-a-la-distribution-des-prix-au-lycee-la-tour-dauvergne-de-la-meme-ville/                                   .
Au moment où les deux frères assistent à une Distribution des prix au Lycée La Tour d’Auvergne  de Quimper, le premier est déjà normalien alors que le second est lycéen. Cependant dès le premier octobre 1956, ils se retrouvent tous les deux pensionaires de l’ENG de la rue de Rosmadec…

Dans le présent article , tout en témoignant avec émotion sur le parcours atypique de son frère cadet aujourd’hui décédé, André le Goff fait le récit d’ aventures normaliennes étonnantes survenues à un moment particulier de la vie de la Promotion Comète  (1956-1970) dont il était protagoniste.

Les visiteurs pourront consulter le récit illustré qu’en fait  le frère aîné  sous l’intitulé :

 

« Comète  une promotion amputée »
 
 
Les visiteurs  de ce site pourront le consulter en cliquant ici.

Que André Le Goff  soit chaleureusement remercié pour cette nouvelle contribution.

La loi dite “séparatisme” du 24 août 2021 et ses atteintes aux libertés associatives (?)

Selon Vie publique  (Cf. https://www.vie-publique.fr/loi/277621-loi-separatisme-respect-des-principes-de-la-republique-24-aout-2021 ),ladite loi                   entendait « apporter des réponses au repli communautaire et au développement de l’islamisme radical, en renforçant le respect des principes républicains et en modifiant les lois sur les cultes. »

On ne manque pas d’y relever en matière de  respect des principes républicains :

La laïcité et la neutralité des services publics

Pour renforcer la laïcité et la neutralité, le texte énonce, comme les juges l’ont déjà reconnu, que ces principes s’appliquent aux salariés des titulaires de contrats de marché public, des concessionnaires, des bailleurs sociaux et des organismes qui ont une mission de service public (SNCF réseau, RATP, Aéroports de Paris, sociétés HLM…).

Sur amendement des parlementaires, un référent laïcité et une journée de la laïcité le 9 décembre de chaque année seront mis en place dans les administrations.

Le contrôle sur les actes des collectivité locales qui porteraient gravement atteinte à la laïcité ou à la neutralité dans un service public (cantines, équipement sportifs…) est revu. Le préfet pourra déférer l’acte et en demander la suspension au juge administratif, qui aura 48 heures pour décider.

Un nouveau délit de séparatisme vient protéger les élus et agents publics contre les menaces ou violences pour obtenir une exemption ou une application différenciée des règles du service public. Les agents publics pourront, par ailleurs, signaler via le dispositif d’alerte existant les menaces ou atteintes à l’intégrité physique dont ils sont victimes. En réponse à l’assassinat terroriste de l’enseignant Samuel Paty, les députés ont créé un délit d’entrave à la fonction d’enseignant.

 

S’agissant  des  associations et du  nouveau contrat d’engagement républicain

 

Les associations ou fondations, qui demandent une subvention publique, devront s’engager à respecter le caractère laïque et les principes de la République (égalité femme-homme, dignité humaine, fraternité…) dans un « contrat d’engagement républicain« . Si elles violent cette obligation, la subvention devra être remboursée. Le respect du contrat devient une condition pour l’obtention d’un agrément ou la reconnaissance d’utilité publique.

Dans une réserve d’interprétation, le Conseil constitutionnel a jugé que le retrait de la subvention ne saurait, sans porter une atteinte disproportionnée à la liberté d’association, conduire à la restitution de sommes versées au titre d’une période antérieure au manquement au contrat d’engagement.

Le contrôle par l’État des associations sportives et des fédérations sportives est renforcé. Les associations agréées seront aussi soumises au contrat d’engagement républicain.

La liste des motifs de dissolution des associations est complétée. Les associations pourront se voir imputer des agissements commis par leurs membres, agissant en cette qualité, ou des agissements directement liés à leurs activités. Le texte voté par le Parlement prévoyait, qu’en cas d’urgence, le ministre de l’intérieur pouvait prononcer la suspension d’une association, dans l’attente de sa dissolution.

Le Conseil constitutionnel a censuré cette disposition. Il a considéré qu’en permettant la suspension des activités d’une association faisant l’objet d’une procédure de dissolution sur le fondement de l’article L. 212-1 du code de la sécurité intérieure en cas d’urgence et à titre conservatoire, pour une durée maximale de trois mois, renouvelable une fois, cette disposition portait atteinte à la liberté d’association.

Les fonds de dotation, outil de financement du mécénat, seront mieux contrôlés par les préfets. L’administration fiscale pourra vérifier que seules les associations qui remplissent les conditions prévues par la loi peuvent bénéficier de la générosité du public et délivrer des reçus fiscaux.

À l’initiative des députés, les financements étrangers reçus par les associations loi 1901 qui touchent plus de 153 000 euros de dons par an et par les fonds de dotation seront contrôlés.

Un nouveau délit face à la haine en ligne

 

Un délit de mise en danger de la vie d’autrui par diffusion d’informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle est créé. Ce nouveau délit sera puni de 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende si la victime est un agent public, un élu ou un journaliste ou si elle est mineure. Une garantie spécifique pour la presse a été apportée par le Sénat.

Afin de lutter contre les sites miroirs qui reprennent des contenus illicites déréférencés ou bloqués par la justice, une nouvelle procédure est mise en place. Ces dispositions étaient prévues par un article de la loi dite Avia du 24 juin 2020 visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, en grande partie censurée par le Conseil constitutionnel.

La comparution immédiate est désormais prévue pour les délits de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse(nouvelle fenêtre) (provocations publiques à la haine ou à la violence, négationnisme…). Cette procédure rapide de jugement ne concernera pas les contenus contrôlés par des directeurs de publication de presse (régime de la responsabilité en cascade). Il s’agit de sanctionner les abus les plus graves et manifestes à la liberté d’expression, favorisés par les réseaux sociaux.

 

L’instruction des enfants et les mesures sur la famille

 

La scolarisation de tous les enfants dans un établissement scolaire devient obligatoire à la rentrée 2022 (au lieu de la rentrée 2021 dans le texte initial) et l’instruction d’un enfant en famille dérogatoireL’école à la maison sera soumise à autorisation (et non plus seulement à déclaration) et accordée uniquement pour quatre motifs :

  • état de santé ou handicap de l’enfant ;
  • pratique d’activités sportives ou artistiques intensives ;
  • itinérance de la famille ;
  • situation propre à l’enfant motivant le projet éducatif. 

Une autorisation de plein droit jusqu’en 2023-2024 a été prévue par les députés pour les familles pratiquant déjà l’instruction en famille dans des conditions satisfaisantes.

Par une réserve d’interprétation, le Conseil constitutionnel juge qu’il appartiendra, sous le contrôle du juge, au pouvoir réglementaire de déterminer les modalités de délivrance de l’autorisation d’instruction en famille et aux autorités administratives compétentes de fonder leur décision sur les seuls critères définis par la loi, excluant toute discrimination de quelque nature que ce soit.

Les écoles privées hors contrat devront répondre à de nouvelles obligations. Un régime de fermeture administrative des écoles non déclarées ou qui n’ont pas remédié aux défaillances constatées par l’administration est créé. Sur amendement du gouvernement, le préfet pourra s’opposer à l’ouverture d’écoles hors contrat soutenues par un État étranger hostile à la République.

Le contrôle des associations cultuelles et des lieux de culte

 

La loi modifie la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État et la loi du 2 janvier 1907 sur l’exercice public des cultes.

Les conditions de création et de gouvernance des associations gérant un lieu de culte prévues par la loi de 1905 sont revues afin de les protéger des prises de contrôle malveillantes par des groupes radicaux (clause dite anti-putsch). Ces associations cultuelles devront se déclarer auprès du préfet tous les cinq ans. Leurs obligations comptables sont renforcées. Les dons étrangers de plus de 10 000 euros et la cession de lieux de culte à un État étranger devront être déclarés. Le préfet pourra s’y opposer lorsqu’un intérêt fondamental de la société est en jeu.Pour plus d’autonomie financière, ces associations pourront détenir et exploiter des immeubles de rapport acquis par legs ou don. Un amendement des députés plafonne à 50% les ressources annuelles qui pourront être tirées de tels immeubles.

Un amendement du gouvernement dit « mosquée de Strasbourg » renforce la transparence sur les avantages accordés par les collectivités locales pour la construction de lieux de culte. Les communes et départements devront informer préalablement le préfet, avant toute garantie publique pour un emprunt destiné à la construction d’un édifice cultuel, ou la conclusion d’un bail emphytéotique (bail de longue durée).

Pour les associations dites mixtesqui relèvent de la loi du 1er juillet 1901 et qui exercent un culte, leurs obligations, notamment administratives et comptables, sont alignées sur celles des associations cultuelles : certification dans certains cas de leurs comptes, distinction comptable de leurs activités cultuelles du reste de leurs activités, déclaration de l’argent provenant de l’étranger… Le préfet pourra enjoindre à une association dont l’objet est en réalité l’exercice d’un culte à se déclarer comme association cultuelle. Aujourd’hui, plus de 90% des mosquées sont sous le régime de loi de 1901.

Des dispositions traitent aussi des associations inscrites à objet cultuel d’Alsace-Moselle.

La loi modifie la loi du 9 décembre 1905 sur la police des cultes. La peine en cas de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence commise par un ministre des cultes est portée à cinq ans de prison. La tenue de réunions politiques dans des lieux de culte est plus sévèrement sanctionnée. L’organisation d’opérations de vote pour des élections politiques françaises ou étrangères y est clairement prohibée. Le juge pourra, par ailleurs, interdire à une personne coupable d’un délit à la police des cultes de paraître dans les lieux de cultes. Le préfet pourra fermer provisoirement les lieux de culte en cas d’agissements.

 

Selon Etienne Rocher (https://www.herald-avocats.com/loi-separatisme-quel-impact-sur-les-associations/), « la loi séparatisme du 24 août 2021 a mis en place de nouvelles mesures visant à renforcer le respect des principes républicains et à lutter contre le repli communautaire. Revenant  sur les conséquences de ce texte pour les associations, il indique dans une interview que la mesure phare de la loi séparatisme est le contrat d’engagement républicain. »

« Ce dernier consiste à faire prendre l’engagement aux associations de ne pas porter atteinte à l’ordre public et de respecter les principes d’égalité, de liberté, de fraternité, de dignité de la personne et de laïcité, ainsi que les symboles de la République. »

« Ce contrat d’engagement républicain doit être signé par le président de toute association souhaitant recevoir des fonds publics, des subventions ou un financement. La signature de cet engagement est également un préalable pour les associations qui demandent un agrément spécifique, par exemple les associations reconnues d’intérêt général ou d’utilité publique. »

 Cet auteur souligne également que : « Parmi les mesures de la loi séparatisme, certaines touchent toutes les associations. C’est le cas notamment de celle élargissant la liste des motifs de dissolution d’une association aux agissements violents à l’encontre des personnes et des biens. »

« D’autres dispositions visent plus spécifiquement les associations loi 1901. Pour celles-ci, les pouvoirs de contrôle de l’administration fiscale sont élargis et renforcés, avec une possibilité de vérifier sur place la réalité des reçus fiscaux et l’obligation pour toutes les entités émettant des reçus fiscaux de déposer une déclaration annuelle des dons.

Certaines associations loi 1901 se voient en outre imposer des obligations supplémentaires. Le texte inscrit par exemple dans la loi l’obligation de déposer des comptes annuels au-delà de 153 000 euros de dons. Ces mêmes associations devront aussi établir un état comptable séparé pour les ressources reçues de l’étranger. »

 

« En parallèle, les associations cultuelles loi 1905 doivent chaque année présenter un état des ressources et des financements reçus de l’étranger et établir une liste annuelle des lieux dans lesquels elles exercent leur culte. L’objectif est ici de lutter contre la pratique de culte dans la rue ou dans des domiciles. Parallèlement, si le préfet en fait la demande, elles devront également présenter un budget prévisionnel. Enfin, les associations loi 1905 recevant des fonds de l’étranger ou plus de 153 000 euros de dons devront désigner un commissaire aux comptes. »

 

On notera également dans ce propos professionnel  que  «  la mise en place des mesures de la loi séparatisme alourdit considérablement la vie des associations, en particulier pour celles qui émettent des reçus fiscaux et reçoivent plus de 153 000 euros de dons. Elle entraîne une augmentation des formalités administratives ainsi qu’une charge comptable importante, liée au coût de la désignation d’un commissaire aux comptes. »

Cette loi a ainsi soulevé de nombreux débats. Il s’agissait essentiellement de défendre le principe constitutionnel de la liberté d’association face au renforcement du contrôle de l’administration fiscale et des pouvoirs de l’État. Le Conseil constitutionnel a d’ailleurs annulé plusieurs dispositions du texte, désignées comme étant excessives par rapport au principe de liberté associative.

 

On devine ici  l’écart existant entre le propos du législateur et son ressenti chez l’utilisateur associatif … faut-il en prendre pour preuve ce propos rapporté dans La Gazette des Communes du 29 juillet 2022   (https://www.lagazettedescommunes.com/820045/letat-dicte-sa-loi-aux-collectivites-et-aux-associations/) ?

 

 

Pour s’informer davantage sur ces  questions importantes et leurs prolongements dans la vie des collectivités on pourra consulter  dans Dalloz Actualité du 16 janvier 2023 un article intitulé :

Loi contre le séparatisme et contrats de la commande publique

 

 Sophie LAPISARDI  y procède à une analyse critique des dispositions relatives aux contrats de la commande publique
 
Cette Loi a déjà donné lieu  à un nombre significatif  de publications sur ce site ; c’était bien naturel.  Les visiteurs pourront les consulter via la rubrique recherches  en sélectionnant les mots-clés pertinents tels « projet de loi » , « respect des principes de la République », « séparatisme »…
Certes depuis 2021, on est passé du projet  à la Loi elle-même, à sa promulgation , à sa mise en application et aux réactions des usagers citoyens, hommes de loi, associations, collectivités locales.

 Un point d’étape s’imposait sachant que dans notre République on ne contourne pas sans risques  la Loi emblématique  de Séparation de 1905 en lui adjoignant une Loi  contre « les séparatismes »  de 2021, même si l’intitulé de cette dernière  semble mettre en exergue « le respect des principes de la République ».

Ce bilan a été réalisé  récemment par l’Association des  Amis de la Vigie de la Laïcité et publié dans sa Newsletter  du  9 janvier 2023 sous forme de 4 articles que les visiteurs de ce site pourront consulter. Ils sont présentés sous l’intitulé général :

Laïcité, valeurs républicaines : un an après la loi « séparatisme », quel bilan pour les libertés associatives ?

 

Document 1 . Laïcité, valeurs républicaines : un an après la loi séparatismes, quel bilan pour les libertés associatives ?

Avec Stéphanie Hennette-Vauchez

https://vigie-laicite.fr/laicite-valeurs-republicaines-un-an-apres-la-loi-separatismes-quel-bilan-pour-les-libertes-associatives

 

Document 2. Le contrat d’engagement républicain et les obstacles mis au bon fonctionnement des associations cultuelles : le plaidoyer du protestantisme  français

 

Avec François Clavairoly

 

URL : https://vigie-laicite.fr/le-contrat-dengagement-republicain-et-les-obstacles-mis-au-bon-fonctionnement-des-associations-cultuelles-le-plaidoyer-du-protestantisme-francais/

 

Document 3 Critiques et bilan de la loi confortant le respect des principes de la République, dite « loi séparatisme » et son contrat d’engagement républicain

Avec Benjamin Sourice

URL : https://vigie-laicite.fr/critiques-et-bilan-de-la-loi-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique-dite-loi-separatisme-et-son-contrat-dengagement-republicain/

Document 4 .  L’exemple des obstacles administratifs opposés récemment par la préfecture aux manifestations organisées par l’association écologiste Alternatiba-Poitiers et subventionnées par les communes

Avec Christine Queyrex

URL : https://vigie-laicite.fr/lexemple-des-obstacles-administratifs-opposes-recemment-par-la-prefecture-aux-manifestations-organisees-par-lassociation-ecologiste-alternatiba-poitiers-et-subventionnees-par-les-com/

 
 
Les responsables de la Vigie de la Laïcité nous ont autorisé à reproduire et à représenter les 4 articles mentionnés ci-dessus. Nous les en remercions très vivement .