L’instauration de la vie républicaine

dans les campagnes finistériennes  aux débuts de la 3è République

 Certains aspects en sont  appréhendés via la transcription d’un dialogue en langue  bretonne  paru le 15 octobre 1887 dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère mettant en scène deux paysans discutant du rôle de leurs députés dans les progrès de l’’agriculture et l’animation de la vie politique locale. À travers les comices, les concours agricoles et les promesses électorales, il exprime une critique ciblée des « blancs » et des notables réactionnaires, tout en laissant entrevoir une préférence pour des républicains modérés perçus comme davantage soucieux d’instruction et de progrès agricole.

Loin de suggérer que « tous les députés se valent », ce texte illustre plutôt le déplacement progressif de la confiance paysanne vers des élus républicains jugés plus crédibles face au clergé, au cléricalisme et aux hobereaux locaux. En donnant voix à des locuteurs bretonnants sur ces enjeux, il offre un témoignage précieux de la politisation graduelle du monde rural finistérien à la fin du XIX siècle.

 Les visiteurs pourront consulter à ce propos   cinq documents accessibles en cliquant sur  Fichier :

Fichier 1 . La rubrique Variété du journal  Le Finistère  (1887).

Fichier 2 . La version bretonne dans sa transcription brute.

Fichier 3 . La version bretonne normalisée.

Fichier 4 . La version bilingue  Breton-Français (répliques entrecroisées)

Fichier 5 . Le dialogue entre  Tin et Yeun ( versions bretonne et française en regard)

Après avoir pris connaissance  de la matière provenant d’une coupure d’apparence anodine extraite du journal Républicain Le Finistère  (parution du 15 octobre  1887) on retiendra entre autres  que le dialogue rapporté, sous la plume ironique d’un certain Furick (les visiteurs bretonnants apprécieront !), prend place dans un moment où la République cherche à s’enraciner dans les campagnes finistériennes en s’appuyant sur les institutions de sociabilité rurale que sont les comices agricoles. Ceux-ci ne relèvent pas seulement de la fête locale et de l’émulation entre fermiers et leurs productions mises au concours,  ils constituent aussi un dispositif de vulgarisation agricole, de mise en scène des notables et de médiation politique, où se croisent prix, discours, banquets et compétition électorale.
Le texte fait apparaître une tension caractéristique du Finistère de la Troisième République (à l’époque Maurice Rouvier était président du Conseil) entre, d’une part, les élus républicains et l’administration, porteurs d’un projet d’instruction (avec un volet structuré d’enseignement agricole) et de modernisation, et, d’autre part, un monde rural conservateur encore fortement structuré par le clergé, le cléricalisme et les influences notabiliaires. La présence récurrente des noms de Méline et de Develle (anciens ministres de l’agriculture) rappelle que la politique agricole républicaine participe elle-même de cette entreprise d’implantation, en articulant action gouvernementale, discours de progrès et captation des fidélités locales.

À travers l’ironie du dialogue, ce sont donc les modalités concrètes de la républicanisation des campagnes qui se donnent à voir : non pas une conquête abstraite, mais un travail patient de persuasion, d’encadrement et de concurrence symbolique dans des lieux de rassemblement où les paysans sont à la fois acteurs, spectateurs, juges et électeurs. La satire vise moins l’agriculture que l’écart entre les promesses des élus et leur efficacité réelle dans les cantons.

 Notes :

1. Les comices agricoles. Leur  identification semble juste : « komisioù » dans le texte doit être lu comices (komis en breton actuel), ces grandes assemblées agricoles annuelles où les élus républicains venaient effectivement discourir, distribuer des prix, banqueter et préparer leur réélection. C’est un lieu de sociabilité rurale et de clientélisme politique caractéristique de la III République. Le texte tourne en dérision la générosité dérisoire de de Legge — un skoed (3 Francs de l’époque ) en dix ans pour tout bilan — contrastée avec sa présence assidue à tous les comices du département ( Le Faou, Châteaulin, Pleyben, Landerneau, Daoulas, Lesneven, Brest…).

2. Comices et pouvoir  Les comices de Pleyben, tels qu’ils apparaissent dans le texte et dans les polémiques relayées par Le Finistère, sont un excellent observatoire de cette transition agricole, de scène politique et d’outil de concurrence entre communes, cantons et candidats. Le fait que le journal insiste sur les dons dérisoires, les discours et la fréquentation des comices suggère que la République locale se construit aussi dans des micro-gestes, des présences répétées et des réputations patiemment travaillées

La lecture permet aussi de dégager un enseignement plus large : dans ces campagnes bretonnes encore très marquées par le clergé et les élites traditionnelles, la République ne s’impose pas uniquement contre les institutions anciennes ; elle s’installe en les contournant, en les recyclant parfois, et surtout en investissant les lieux où la population rurale se rassemble et compare les uns aux autres Le texte de 1887 est précieux précisément parce qu’il montre la politique républicaine non comme un bloc, mais comme un travail d’implantation, de persuasion et de rivalité locale.

 3. Les vertus potentielles de l’Instruction publique en cours de laïcisation sont mentionnées.

Instituteurs et Institutrices en RESISTANCE

Nous reproduisons  ici en partie   le titre de l’article paru le  27 mai 2026 sur le site internet du CRHA  de  Lyon accessible  à l’adresse :  https://centrehenriaigueperse.com/2026/05/27/instituteurs-et-institutrices-en-resistance-jalons-pour-une-histoire-a-faire/.

 À l’occasion du 27 mai, Journée nationale de la Résistance trop souvent reléguée au second plan, le Centre Henri Aigueperse apporte une contribution précieuse à l’histoire encore incomplète des instituteurs et institutrices engagés dans la lutte clandestine. Ce jour marque la date de la première réunion du Conseil national de la Résistance, présidée le 27 mai 1943 par Jean Moulin, ancien sous-préfet de Châteaulin dans le Finistère. En mettant en lumière le rôle central du syndicalisme enseignant, cet article ouvre des perspectives essentielles, mais laisse en retrait un angle pourtant décisif : celui des Écoles normales, démantelées par Vichy. Le devenir des élèves-maîtres, transférés dans les lycées, éclaire pourtant une réalité méconnue : leur participation aux réseaux de résistance lycéens, rarement prise en compte par l’historiographie. À l’heure où la mémoire de la Résistance peine à s’imposer dans le débat public, cette réflexion rappelle l’urgence d’une histoire plus complète, attentive aux lieux de formation, aux trajectoires juvéniles et aux engagements précoces.

 Les visiteurs de ce site pourront consulter l’article original du CRHA  en cliquant sur Fichier 1.

Ils pourront également prendre connaissance  de la « recension » qu’en fait l’ASVPNF   en cliquant sur  Fichier 2 .

 Que le CRHA et son rédacteur en chef soient remerciés de nous avoir permis cet emprunt

Dans la série André Le Goff raconte

                                           « En stage au Letty »
 
 

  André Le Goff raconte ! Avec une plume alerte, un humour moqueur et un sens aigu du détail vécu, il fait revivre le stage du Letty de 1958 comme une histoire collectée au bord de la mer. Sous ses mots agrémentés de crobars désopilants, la lagune de la Mer Blanche, les Optimistes trop petits, les Caravelles inaugurées en haute mer, le naufrage de Pierrot et Joël, la remontée de l’Odet en C10 et le sprint final au Cap Horn deviennent des scènes vivantes, presque filmées. Pour consulter le fichier correspondant cliquer ici.

Ce qui frappe chez André Le Goff, c’est sa capacité à faire entrer le lecteur dans le cœur de l’expérience : l’étroitement des dériveurs, le coup de bôme en pleine poire, les mains couvertes d’ampoules traînant dans l’eau fraîche, les embruns sur le visage, le cap tenu ou perdu, le rythme donné par les pagayeurs debout. Il ne se contente pas de relater : il rend palpable le souffle du vent, la tension de l’effort, la complicité du groupe.

Mais son récit va bien plus loin qu’un simple souvenir de stage. Il met en lumière la lutte collective pour maîtriser la mer, la voile et l’adversité — le risque réel, la difficulté, l’incertitude — et la façon dont cette épreuve commune forge un esprit de corps. Parmi les stagiaires, il y avait des fils de paysans qui, pour certains, ne savaient encore nager qu’« au forceps » (après un apprentissage musclé réalisé au CREPS de Dinard) ; certains devaient même prouver qu’ils savaient nager avant de pouvoir participer. C’est dans cette mise en jeu partagée du corps, de l’habileté et du courage que l’esprit normalien prend forme.

Ce souffle, André Le Goff le capte avec justesse, dans l’humour et la bonne humeur. Il en fait entendre la résonance : l’esprit normalien ainsi éprouvé se prolonge bien au-delà de l’École normale, dans la vie professionnelle des Instituteurs stagiaires, dans la solidarité de leur métier, dans leur capacité à tenir ensemble face aux difficultés, à enseigner avec confiance auprès d’enfants de marins et de pêcheurs.

Le stage du Letty fut ainsi un laboratoire de l’esprit de corps des Instituteurs, où la mer, la voile et le risque devenaient des partenaires d’éducation, et où l’humour était souvent  le fil conducteur d’une formation à la fois exigeante et humaine.

Aucun normalien quimpérois ne prit le départ du Vendée Globe  — et c’est bien ainsi. Le Vendée Globe  est une aventure solitaire ; l’esprit normalien, lui, s’est forgé en partie  ici, dans la lagune et sur l’Odet, où l’on a appris à tenir cap ensemble. C’est cet esprit de corps, né de l’effort commun et de la bonne humeur, que ces élèves-maîtres devenus Instituteurs ont ensuite transmis dans leurs classes.

 Un vrai témoignage sur l’esprit normalien , ses origines et son rôle fondateur pour ceux qui s’apprêtaient à  exercer le beau métier d’Instituteur  ! Il  éclaire, avec humour et précision, un moment de transition dans l’histoire de notre École normale. Il laisse apparaître le souffle nouveau insufflé par le Directeur arrivé de Commercy, soucieux de desserrer l’étau d’une institution sans doute  trop refermée sur elle-même et d’en renouveler les horizons. En introduisant une section nautisme, puis en organisant un stage au Letty, il ouvrait les futurs Instituteurs à d’autres apprentissages, à d’autres espaces, à une expérience plus vivante de la formation.

Que notre ami  André Le Goff  soit chaleureusement remercié pour sa nouvelle contribution illustrée !

La Révolte de Fouesnant (1792)

ou

Les débuts de la chouannerie

Le récit, publié comme feuilleton  en 1887 dans le journal Le Finistère (numéros des 7 et 10 septembre), s’intitule  La Révolte de Fouesnant(1792). Il rapporte, dans le  détail,  une révolte qui eut cours à Fouesnant (F-29170) en juillet–décembre 1792, trois ans après la Révolution de 1789 ; ce furent les  prémices meurtrières de la chouannerie. Il illustre un point de bascule entre révoltes paysannes précoces et la formation ultérieure d’une chouannerie structurée dans le Finistère et  d’autres départements plus à l’Est  La notice qui l’accompagne se propose de restituer l’évènement dans son contexte chronologique et social, à évaluer la fiabilité des sources disponibles, à proposer une lecture croisée des sources écrites et visuelles (dont le tableau de Jules Girardet conservé au musée de Quimper), et à fournir des pistes d’archives et une bibliographie pour approfondir la recherche. Récit et notice précèdent dans la présentation qui suit :

 – Une version complète en langue anglaise comportant l’article initial  contenu dans le journal Le Finistère  suivi de la notice  « explicative ».

 – Une version complète en langue bretonne structurée comme la précédente… puisqu’aussi bien au moment des faits qu’à celui de la parution du Journal les locuteurs  concernés s’exprimaient majoritairement en breton .

 Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos deux fichiers :

Fichier 1 .   La révolte de Fouesnant (1792) ; les faits et les leçons pour l’Histoire.
Sommaire :

1.  Transcription brute  du Feuilleton du Finistère……….. p.1

2 . Transcription améliorée……………………………………………………p.10

3.  Notice sur les débuts de la chouannerie à Fouesnant p.17

4.  Version en langue anglaise………………………………………………..p.23

5. Version en langue bretonne……………………………………………….p.34

 Fichier 2. Tableau « des révoltés de Fouesnant ramenés à  Quimper par la garde nationale (1886-1887» de Jules Girardet (1886-1887) ; Musée des Beaux-Arts , Quimper

Comprendre l’antisémitisme pour défendre l’universel

Understanding Antisemitism to Defend Universalism
  “À partir de l’analyse de Jean‑Pierre Sakoun, une lecture historique et spirituelle de la haine des Juifs. »

« Drawing on Jean‑Pierre Sakoun’s analysis, a historical and spiritual reading of hatred of the Jews. »

 

Etant donné le caractère fondateur de l’article de Jean-Pierre Sakoun  mis en ligne le 6 mai 2026 dans  Mezetulle( blog revue  de Catherine Kintzler)  et intitulé  :

« Renier les origines, haïr l’original »
Article que l’on pourra consulter sur ce site (Fichier 1),il a paru opportun d’en présenter ici une analyse . Elle engage l’ASVPNF, Association loi de 1901, au titre de sa spécificité et de ses engagements en référence aux fondamentaux de la laïcité républicaine  et de ses prolongements  institutionnels  notamment  au niveau de l’Ecole publique.

C’est pourquoi les visiteurs, après avoir pris connaissance de l’article de J-P.Sakoun, sont invités à consulter sur ce site  un Fichier 2 correspondant à la recension  bilingue qu’en propose l’ASVPNF .

En résumé on dira que :

« À partir de l’analyse de Jean‑Pierre Sakoun, cet article propose une réflexion approfondie sur la nature singulière de l’antisémitisme. Il en éclaire les racines historiques et spirituelles — haine de l’origine, haine de la persistance — et en montre les implications pour la défense de la laïcité à la française, de la raison et de l’universalisme républicain.”

 Ou encore :

« Drawing on Jean‑Pierre Sakoun’s analysis, this article offers an in‑depth reflection on the singular nature of antisemitism. It explores its historical and spiritual roots—hatred of origin and hatred of persistence—and highlights the implications for the defense of French laïcité, reason, and republican universalism; »

 

 

 Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle .

 

La grève des papetiers et papetières de Cascadec

Sur les routes sinueuses et glissantes de Cascadec (Scaër, F-29390), au cœur de la campagne finistérienne, l’affaire de la papeterie de Scaër apparaît comme un épisode  de lutte sociale d’une intensité peu commune.  Ell est partie d’un conflit du travail faisant suite aux évévements sociaux et politiques du Front populaire de 1936 dont nous avons  célébré il y a peu le 90è anniversaire. Elle dépasse vite le simple cadre d’une revendication ouvrière pour devenir un affrontement sur l’ordre industriel, la discipline d’usine, la liberté syndicale et le rapport de forces entre patronat, État et monde ouvrier.

Les documents conservés montrent l’ampleur de la grève et la dureté des mesures prises par la direction. L’arrêt du travail, les évacuations, les fermetures temporaires, les tentatives de reprise sous contrôle patronal et les demandes de réembauche dessinent une séquence conflictuelle où chaque décision est immédiatement interprétée comme un geste de pression ou de résistance. Le conflit ne se limite pas à une question salariale ou contractuelle ; il engage la maîtrise même du temps de travail, de l’embauche et des conditions de présence dans l’usine.

La politisation de l’affaire est révélée par le vocabulaire des articles de la presse locale. Elle laisse entendre que la grève est perçue, selon les points de vue, tantôt comme une lutte ouvrière légitime, tantôt comme une agitation plus large, presque politique. La mention d’un délégué CGT,  Pierre Salaün, futur maire de Scaër à la Libération, souligne le rôle structurant de l’organisation syndicale dans la mobilisation. À travers lui, la grève prend une dimension de représentation collective qui dépasse l’atelier et touche à la vie publique locale.

La conflictualité s’exprime aussi dans les formes de surveillance et d’encadrement. Tout indique un espace industriel fortement polarisé, où la direction cherche à reprendre la main tandis que les ouvriers défendent leur droit à l’existence collective.

Dans un territoire rural, loin des grands centres industriels, la grève de Cascadec concentre pourtant des enjeux typiques des grandes crises sociales du XXè siècle : rapport de classes, emprise patronale, médiation administrative, conflictualité syndicale, contrôle du travail et inscription politique du monde ouvrier. Elle n’est pas seulement un épisode de grève locale. Elle est fondatrice, parce qu’elle révèle la brutalité des rapports sociaux dans une Bretagne rurale encore marquée par la domination économique de quelques grands patrons, mais aussi parce qu’elle rend visible la capacité du monde ouvrier à s’organiser, à durer et à s’inscrire dans l’histoire politique locale. Elle est exemplaire car on y devine les mutations en cours  dans le monde  du travail, dans la sociabilité militante et dans les rapports de pouvoir dans la campagne finistérienne alors que se dessinent les prémices de la seconde guerre mondiale.

Les visiteurs de ce site pouuront consulter à ce propos un Fichier dévolu à cette page singulière de notre histoire locale. Elle est intitulée ;

 
« Cascadec, sur les chemins de la colère »

ou

“Cascadec, on the Roads of Anger

 

 Que André Le Goff soit très chaleureusement remercié de nous avoir accompagné dans cette aventure, nous apportant la connaissance du terrain  et celle des hommes !… Nos remerciements s’adressent auusi aux médias qui nous ont donné accès aux clichés et coupures de presse supports de  cette note .

Les nouvelles agrestes du Bout du Monde(I)

Chemin faisant au travers de la presse ancienne numérisée  du département du Finistère on est conduit à découvrir ce qui constituait la matière journalistique du passé et l’histoire en marche qui la portait, notamment les chroniques portant sur les évènements politiques,  les histoires locales et les feuilletons et autres rubriques  destinées à fidèliser le lectorat. C’est ainsi que l’on a remis à jour inopinément le texte d’un feuilleton du journal  républicain  Le Finistère publié il y a 139 ans .   Intitulé « Au bout du monde » et d’apparence a priori anecdotique,  sa lecture attentive révèle le  regard étonné que porte une journaliste parisienne sur les traditions et les modes de vie si particuliers qui avaient cours  en ces terres  lointaines  du bout du monde  plongeant dans l’Océan au large des côtes du Finistère…On pourra prendre  connaissance de l’article en question  et de ses traductions en anglais et  en breton en cliquant ici . La question posée a posteriori était celle de savoir si un article pensé et écrit en Français en 1887 pouvait donner lieu en 2026 à une conversion en langue bretonne et générer un texte intelligible restant en cohérence avec la « pensée bretonne ».

Au total ce  « dossier » présente la restitution d’un texte ancien, publié le 31 août 1887 dans le journal Le Finistère sous le titre « Au bout du monde », signé de la plume de Mme Violette. Il s’agit d’une chronique de voyage, à la fois ironique et poétique, qui décrit la Bretagne vue par un regard extérieur, mêlant stéréotypes ethnographiques (« Bretons sauvages », « naufrageurs », « vaches à l’œil fripon ») à une admiration sincère pour le paysage de Quimper, de l’Odet et de Bénodet.

Cette restitution prend ici trois formes parallèles :

-une version française modernisée, lisible et fluide pour le lecteur d’aujourd’hui ;

-une version anglaise, offrant une lecture transnationale de ce regard breton ;

-et surtout, une version bretonne corrigée, qui transforme progressivement le texte d’une description externe de la Bretagne en un récit interne, porté par la langue bretonne elle‑même.

Le travail accompli n’est pas seulement une transcription fidèle, mais une opération de réappropriation culturelle. Le texte de Violette, d’abord produit dans une langue majoritaire (français), souvent à distance de la langue bretonne parlée par tant de Bretonnes et de Bretons, devient ici matière de dialogue entre les langues : entre le français, l’anglais et le breton, entre le regard extérieur et le regard interne, entre le XIXᵉ siècle et notre présent.
En le restituant en breton, on ne se contente pas de « traduire » : on révèle, on réhabilite, on réinscrit la Bretagne dans une parole qui lui appartient.

Cette opération est particulièrement significative dans le cadre de la réhabilitation de la langue bretonne. Pendant de longues décennies, la langue bretonne fut marginalisée, reléguée dans la sphère domestique ou rurale, alors que la langue française s’imposait dans l’État, l’école et les médias. Le fait de reconstruire aujourd’hui, dans une langue(encore) vivante, un texte de presse datant de la fin du XIXᵉ siècle, c’est rétablir une continuité qui fut niée : celle d’une culture bretonne capable de s’exprimer non seulement oralement, mais aussi par écrit, et dans les domaines de la chronique, du commentaire politique et de la description de paysage.

Par ailleurs, la dimension de rapprochement avec la langue maternelle est ici essentielle. Pour nombre de Bretonnes et de Bretons, le breton est une langue d’arrière‑fond, de souvenirs familiaux, parfois de honte ou de silence imposé. Le choix de rendre un texte ancien, écrit par une femme journaliste, dans la langue bretonne contemporaine, c’est aussi une manière de rapprocher l’auteur — symboliquement — de ses propres racines.

On imagine Violette, lectrice attentive de Le Finistère, tenant à la fois la plume française de la presse fin de siècle et la voix bretonne d’un peuple encore largement bilingue dans la région. En restituant son texte en breton, on participe à une forme de récit de réconciliation : la langue bretonne, à la fois secrète et résistante, redevient un médium littéraire, politique et sentimental, capable de résonner dans le présent.

Ce texte, à la fois littéraire, historique et linguistique, constitue donc un témoin unique :

-il témoigne de la façon dont la Bretagne était décrite dans la presse régionale à la fin du XIXᵉ siècle, mêlant stéréotypes et réel ;

-il montre comment la modernisation (chemins de fer, naissance du tourisme balnéaire, formation de la Troisième République) commence à transformer les paysages et les représentations ;

-il offre, par la réécriture en breton, un exemple concret de comment la langue bretonne peut non seulement survivre, mais aussi revivre dans la littérature, la pédagogie et la communication.

Pour le visiteur de ce site, ce dossier offre non seulement un voyage dans l’espace et le temps — entre Quimper, l’Odet et Bénodet, 1887 et aujourd’hui —, mais aussi une invitation à regarder autrement la langue bretonne : non comme un vestige, mais comme une langue de mémoire, de réflexion et de réhabilitation. En suivant le parcours de ce texte, de sa rédaction initiale à sa restitution en trois langues, on découvre une forme de rapprochement personnel et collectif avec une langue longtemps tenue à l’écart, et désormais reconnue comme un patrimoine vivant.

 

S’agissant de la version anglaise on  retiendra :


“This dossier presents the restitution of an article published on 31 August 1887 in Le Finistère, under the title “At the end of the world”, written by Mme Violette. A travel chronicle from the end of the nineteenth century, this text describes Brittany through an outsider’s gaze, blending irony, stereotypes and sincere admiration for the landscapes of Quimper, the Odet and Bénodet.

The text is offered here in three parallel versions: a modern French version, an English translation, and above all a corrected and re‑written version in Breton, which turns the initially external description of Brittany into an internal narrative carried by the Breton language itself.
This rewriting is not a mere translation: it is a cultural re‑appropriation that participates in the rehabilitation of the Breton language and in the reconciliation with a mother tongue long held in the background. The reader is thus invited to travel both through time and between languages, rediscovering Brittany as a living, bilingual and memorial space.”

Alors que pour la présentation en langue bretonne , e brezhoneg e lavarfemp :

 

Ar c’hessedenn-mañ a ginnig adstummadur ur pennad embannet d’ar 31 a viz Eost 1887 e Le Finistère, gant an titl « Au bout du monde », ha sinet gant Violette. Ur gontadenn-veaj eus dibenn ar XIXvet kantved eo, oc’h descrivañ Breizh a‑dal sell eus an diavaez, mesket gant ironi, skeudennoù stank ha meur a zell enoret ouzh tachennoù Kemper, an Odet hag ar Benoded.

Emgann e tastud ar pennad e-tro meur a stumm kenstroll : ur stumm galleg modernizet, ur stumm saoznek, ha dreist‑holl ur stumm brezhonek reizhet hag adskrivet, hag a ra eus un deskriptenn eus an diavaez ouzh Breizh un danevell en-traoñ betek gant ar brezhoneg e‑unan.
N’eo ket ur droiadenn dic’hallus nemetken eo an adskrivadur-zero (EN)rek : ur perc’hennañ kulturel eo, a ro perzh e advenegiñ ar brezhoneg ha e kenstagañ gant ur yezh vamm bet lakaet pell a‑gostez. Al lenner a vez pedet da veajiñ eus an amzer, eus 1887 betek hiziv, hag ivez eus ar yezhoù, en adkavout Breizh evel ur spas bev, divyezhek ha leun a eñvor.

 

Célébration du 81è anniversaire de la Victoire de 1945

                     Fleurissement du Monument aux  Instituteurs  du Finistère 
 
                                                   Morts pour la France
    Fidèle  à sa vocation et à ses  engagements sur le plan mémoriel,  l’ASVPNF  a procédé au fleurissement du  Monument aux  Instituteurs du Finistère  Morts pour la  France aux cours des deux guerres mondiales du  20è siècle. Afin d’en informer ses adhérents  et de le faire savoir aux visiteurs de ce site, il leur  est proposé de cliquer ici pour consulter  le fichier souvenir correspondant.
Que Yveline Douguet et Laurence C.L. soient très chaleureusement remerciées pour avoir contribué  au succès de cet évènement essentiel à l’ASVPNF .

Lorsque le journal républicain Le Finistère

publiait un pamphlet anti-clérical en langue bretonne, masqué sous l’intitulé  « Variété »

(le 23 juillet 1887)

 

Discrètement dissimulé  dans les colonnes de la 3è page  dudit journal, proches de celles des petites annonces, on a découvert inopinément un article au titre d’autant plus anodin qu’il annonçait un texte en langue bretonne dédié  au célèbre « tant va la cruche à l’eau  qu’à la fin elle se casse »  du Roman de Renart. Les visiteurs intrigués pourront consulter en cliquant sur Fichier 1 l’image brute correspondante extraite du journal conservé et numérisé par les Archives départementales du Finistère.

On s’étonne fort justement de l’intitulé de cette rubrique du journal Le Finistère à la fin du 19è siècle car utilisé au singulier. Variété  pourrait signifier soit « l’état de ce qui est varié ou le caractère de plusieurs éléments qui, lorsqu’on les compare entre eux, apparaissent divers » soit encore « le genre qui regroupe les chansons populaires et commerciales ». Toutes définitions qui semblent assez éloignées de l’objet du pamphlet que les visiteurs vont découvrir ici. On retiendra cependant qu’en terme de création littéraire la  variété peut concerner des textes donnant une impression de changement ou de renouvellement mais peu informatifs et souvent d’un ton léger. Le lecteur appréciera !

 Dans le Fichier 2 , ils pourront prendre connaissance  des items suivants  :

 -La transcription du dit article  en breton cornouaillais

-La réécriture du texte transcrit en breton peurunian

-La traduction de ce texte en Français

-Le résumé, l’abstract et le diverradan  de ce dernier document

Enfin ils sont invités à ouvrir le Fichier 3 dans lequel ils pourront découvrir quelques uns des enseignements à tirer  d’une telle coupure de presse

Au final, ils pourront les dédier au  Roman de Renart bretonnisé pour la circonstance : 

« Betek ar wech diwezhañ ez ar pod dar feunteun »

Petite chronique d’après Ciase et Betharram (VIII)

Pour les visiteurs attentifs de ce site, il s’agit de rester informé et de suivre le fil de cette chronique interminable . Il reste à faire tomber le mur de l’omerta et du déni en la matière et à continuer de libérer les intelligences ! 
Dans l’attente laborieuse on pourra déjà consulter, en cliquant ici, le Fichier 1. Il permettra- pour le moins- de  faire l’étart des lieux (?) en ce début de printemps 2026.
Que les responsables des médias concernés par nos recherches 
 qui ont permis d’assembler des informations souvent disparates et insolites  soient  assurés de  notre reconnaissance pour tous les emprunts réalisés .