Jean Zay, Ministre du Front populaire

ou

Comment un citoyen  au destin hors du commun peut-il être assassiné à 40 ans par les miliciens d’un Etat français collaborationniste qui a perdu son honneur ?

 

 

Il y a 90 ans, sous le Front populaire, Jean Zay était nommé Ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts. Dans un article mis en ligne le 4juin 2026, le CRHA lui rend hommage sous l’intitulé : « Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui ».Ce libellé rappelle  l’importance de l’œuvre fondatrice  de celui qui fut lâchement assassiné par la milice du régime de Vichy .C’était un homme politique au destin hors du commun !

 Selon André Jourdes (2014)de la Ligue de l’enseignement :

   -«  pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et l’intelligence des citoyens, c’est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. Contre la conservation sociale mais aussi contre les utopies révolutionnaires, la politique est ce mouvement par lequel l’humanité s’approfondit et devient en quelque sorte plus digne d’elle-même ,

      Les instructions officielles qui seront rédigées en 1937/1938 sous le  ministère de Jean Zay éclairent la doctrine française en matière d’enseignement et inspirent les réformes qui vont être entreprises :

        Former le caractère par la discipline de l’esprit et le développement des vertus intellectuelles, apprendre à bien conduire sa raison en élève des héritiers français du message socratique : Montaigne et Descartes.

      Garder toujours en éveil l’esprit critique, apprendre à démêler le vrai du faux, à douter sainement, à observer, à comprendre autant qu’à connaître, à librement épanouir sa personnalité dans le souci de former des têtes bien faites plus que bien pleines, bref allumer un flambeau plutôt que remplir une coupe.

      Les professeurs doivent se garder attentivement de tout enseignement révélé, du dogmatisme, de la vérité acquise d’avance, des jugements tout faits coulés dans les jeunes cerveaux.

       Les élèves doivent être capables d’examiner toutes choses en les rapportant à leurs principes et de raisonner sur elles en ne faisant état que des faits, bien et dûment constatés. Ils devront être exercés à observer, à mesurer, à critiquer leurs propres observations en procédant à des vérifications rigoureuses. Ils auront besoin de comprendre et de connaître le monde où ils seront appelés à vivre » https://laligue24.org/images/docs/ligue/Jean_ZAY.pdf )

Rappelons aussi que  Jean  Zay proclamait :  « les écoles devront rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ; un principe d’une actualité   marquante par les temps présents !

Les visiteurs de ce site, attentifs à la biographie et à l’œuvre des fondateurs de notre système éducatif,  pourront consulter ,en cliquant ici,  le Fichier 1 intitulé :

« Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui »

 

Ils sont également invités à prendre connaissace de la contribution de  l’ASVPNF à cet égard  en cliquant sur  Fichier 2 . Elle s’intitule :

Jean Zay, un humanisme républicain : école, laïcité et martyr d’un ministre du Front populaire

 Que le CRHA soit remercié de nous permettre ce nouvel emprunt à leur site et d’avoir suscité une réflexion  du plus grand intérêt sur l’histoire de notre système éducatif.,considérant,que les hussards noirs de la République furent, par essence,  héritiers du message de Jean Zay.

La deuxième mort du Professeur Samuel Paty ?

Nous reprenons ici, de façon quasi intégrale ; le titre d’un article mis en ligne le 28 juin 2026 sur Mezetulle, le blog revue de Catherine Kintzler ayant trait à la mémoire de Samuel Paty.

L’assassinat de Samuel Paty a marqué un tournant dans l’histoire de l’École publique de la République. Au‑delà de l’émotion légitime, cet événement nous oblige à revenir à des questions fondatrices : que signifie aujourd’hui instruire au nom de la laïcité ? Quelle est la mission propre de l’École républicaine ? Jusqu’où la République protège‑t‑elle ses maîtres lorsqu’ils exercent leur devoir d’enseigner la liberté de pensée ?

En publiant sur asvpnf.com l’article de Martine Verlhac, « La deuxième mort de Samuel Paty ? », accompagné de la présente contribution doctrinale, l’ASVPNF entend ouvrir un espace de réflexion exigeant et fidèle à l’histoire longue de l’institution scolaire. Il ne s’agit pas seulement de commenter un film ou un fait divers, mais de mesurer ce que révèle cette tragédie du devenir de l’École, de la laïcité et de notre capacité collective à défendre l’émancipation par les savoirs.

Notre démarche s’inscrit dans la continuité des grandes figures de l’école laïque – Buisson, Ferry, Zay et tant d’instituteurs et professeurs anonymes – qui ont pensé l’instruction comme une rupture avec l’ignorance, les enfermements et les dogmes. À la lumière du cas Samuel Paty, nous interrogeons la manière dont cette tradition est aujourd’hui fragilisée : autocensure des enseignants, hésitations de l’institution, captation partisanes du discours sur l’École.

Le texte qui suit propose des repères pour comprendre ces enjeux et pour affirmer, calmement mais fermement, quelques principes : la laïcité comme laïcité d’instruction, la nécessité de protéger les maîtres, le refus de laisser la mémoire de Samuel Paty se dissoudre dans l’oubli ou l’instrumentalisation. Nous espérons ainsi offrir aux visiteurs de ce site – citoyens, enseignants, membres de l’association – une base solide pour penser et débattre de ce qui touche au cœur même de la République : son École.

 

Les visiteurs de ce site pourront tout d’abord consulter l’article de Martine Verlhac en cliquant sur   Fichier 1 . Ledit article  est précédé d’une présentation de Catherine Kintzler.  Elle y  rappelle  qu’à la différence de la colère, l’indignation ne retombe pas : car, reposant comme le disait Descartes sur « de justes raisons », loin de l’apaiser, son analyse la fortifie..

 Ils pourront ensuite prendre connaissance d’un Fichier 2 intitulé :

Samuel Paty, l’École de la République et la laïcité d’instruction

    Que Catherine Kintzler soir remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle , emprunt à l’origine de la discussion qui a suivi . 

La laïcité républicaine; Une valeur intangible non négociable.

Cet intitulé particulier fait suite à la parution le 1er juillet 2026 sur Mezetulle, le blog revue de Catherine  Kintzle, d’un article d’Aline Girard et Jean-Pierre Sakoun  dont le titre est déjà de nature  à susciter sidération  :

 « Les mots contre la laïcité : de la liberté de conscience à la liberté religieuse »

Selon Catherine Kintzler «  on   tend à faire de la laïcité un instrument de gestion du religieux, alors qu’elle est historiquement un principe de limitation de son emprise. Si on n’y prend pas garde, c’est l’universalisme républicain qui est renversé. ».

On devine que les mots invoqués  sont ceux qui décrivent les maux de notre société et qu’il urge de s’en prémunir. Les visiteurs de ce site pourront consulter ledit article en cliquant sur FICHIER1 .

Ils se rendront compte qu’une nouvelle fois, la laïcité française est attaquée de l’intérieur, non par des coups de force spectaculaires, mais par une guerre des mots qui cherche à la vider silencieusement de son sens.

Depuis quelques années, un vocabulaire nouveau s’impose dans les textes officiels : on ne parle plus d’abord de liberté de conscience, fondement de notre droit, mais de « liberté religieuse » élevée au rang de principe organisateur.
Or ce glissement n’a rien d’innocent : il change de régime.La liberté de conscience protège chaque individu, croyant ou non‑croyant, contre toute emprise dogmatique et contre toute assignation identitaire.

À l’inverse, la « liberté religieuse » telle qu’on la promeut aujourd’hui recentre le débat sur les communautés de croyants, leurs « droits » spécifiques et leurs demandes d’« aménagements ». Ainsi, pas à pas, on passe d’une République de citoyens à une société de groupes rivaux.

La laïcité, principe de séparation et de neutralité, se trouve requalifiée en simple outil de gestion du pluralisme religieux, comme si son rôle était d’arbitrer les intérêts des religions plutôt que de garantir la liberté de chacun.Dans le même mouvement, la loi commune, censée être la même pour tous, devient négociable sur base confessionnelle, au nom d’une prétendue « protection de la liberté religieuse ».

Cette transformation se fait sans fracas, par une manœuvre rampante : on ne touche pas frontalement à la loi de 1905, on en réécrit l’esprit par le vocabulaire.
On présente la laïcité comme « protection de la liberté religieuse » et « dialogue avec les religions », on banalise l’idée d’« adaptations du droit commun » pour motifs religieux, on finit par légitimer la présence des normes religieuses comme contre‑poids à la loi civile.

Si nous laissons faire, le résultat est connu : fragmentation du corps social, montée des revendications particularistes, affaiblissement de l’universalisme républicain et cléricalisation des conflits.
La République indivisible devient un décor rhétorique pendant que les concessions, présentées comme « tolérantes », installent de fait des régimes d’exception.

 À l’approche de 2027, cette dérive n’est plus un détail technique, c’est un enjeu vital pour le pays.Soit la laïcité reste le principe qui protège la liberté de conscience et l’égalité de tous devant la loi ; soit elle est remplacée, de facto, par une « liberté religieuse » qui remet le dogme et les appartenances au centre du jeu politique.

 Il est donc temps de le dire clairement : la liberté religieuse, comme composante de la liberté de conscience, doit rester encadrée par la loi commune, mais elle n’a aucun droit à se substituer à la laïcité comme principe d’organisation de notre société.

Nous voulons des citoyens, pas des clientèles confessionnelles ; une loi commune, pas des normes concurrentes qui fragmentent le pays.Avant 2027, il faut mettre chaque candidat devant cette alternative simple et tranchante : la République des consciences libres, ou la politique des communautés religieuses.

Pour notre part  souhaitant, par l’organe de ce média, apporter  notre contribution à la sauvegarde de notre principe politique fondamental de tolérance et de liberté, nous proposons aux visiteurs  un texte consacré  à cette question essentielle qui surgit quelques mois avant la prochaine élection présidentielle . Il s’intitule :

Laïcité de combat :

Défendre la liberté de conscience

et

Sauver la République indivisible
Ce texte est accessible en cliquant sur  Fichier 2 

 Que Catherine Kintzler soit très cordialement remerciée de nous avoir permis ce nouvel emprunt à Mezetulle.

 Rappelons-nous , avec Victor Hugo toujours d’actualité,

 «  Je veux l’État laïque, purement laïque, exclusivement laïque. En un mot, je veux, je le répète , ce que voulaient nos pères, l’Église chez elle et l’État chez lui. »

La Loi Duplomb II 

La récidive après une leçon oubliée

 pour un

                                                          Gigantesque renoncement !

  Selon Le Monde du 30 juin 2026 ,  contre l’avis du gouvernement, le Sénat a voté, dans la nuit de lundi 29 à mardi 30 juin, la réintroduction dérogatoire et encadrée de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux insecticides interdits en France, mais autorisés ailleurs en Europe.

En approuvant, à 183 voix contre 129, ce nouveau volet du projet de loi d’urgence agricole, les sénateurs ont ressuscité, à l’initiative de la droite et des centristes, une mesure de la loi Duplomb partiellement censurée en 2025 par le Conseil constitutionnel, et décriée par la gauche et les associations de défense de l’environnement.

Ce dossier avait fracturé la classe politique et mobilisé les foules l’an passé, avec une pétition rassemblant plus de deux millions d’opposants à la première loi Duplomb, du nom du sénateur (Les Républicains) de la Haute-Loire Laurent Duplomb.. Mais en 2026, on persiste et on signe :

Selon Le Monde  (https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/30/loi-d-urgence-agricole-le-senat-approuve-la-reintroduction-encadree-de-deux-insecticides-interdits-dont-l-acetamipride_6717117_3244.html )

 « Nous sommes les seuls à interdire des molécules en Europe depuis plus de dix ans. On tue à petit feu notre production française de fruits pour finir par importer en masse ces mêmes fruits, produits avec ces mêmes molécules », a justifié lui-même M. Duplomb, désigné corapporteur de cette loi d’urgence. Une « hypocrisie » qui affaiblit certaines filières françaises, comme la betterave, la pomme, la cerise et la noisette, selon lui. Les dérogations votées par le Sénat cibleraient d’ailleurs précisément ces filières en difficulté, une rédaction jugée « proportionnée » selon ses défenseurs.

Un « retour en arrière inacceptable »

La gauche a crié à la « surenchère propesticides » et à « l’acharnement », relayant les inquiétudes d’associations de défense de l’environnement indignées à la perspective de voir réintroduit l’acétamipride, un néonicotinoïde toxique pour la biodiversité et potentiellement pour la santé humaine. Le sénateur écologiste d’Ille-et-Vilaine Daniel Salmon a dénoncé « un gigantesque renoncement », le socialiste Jean-Claude Tissot (Loire) un « retour en arrière inacceptable ».

Le gouvernement a fait part des inquiétudes que suscitait cette mesure, craignant que l’adoption d’un dispositif aussi inflammable politiquement compromette les chances de voir l’ensemble du projet de loi d’urgence agricole être adopté définitivement au Parlement cet été. « Ce que je crains, c’est que cette question est tellement virulente qu’elle pourrait emporter le texte tout entier », s’est inquiétée la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. « On ne nous le pardonnerait pas dans les fermes », avait-elle déjà prévenu un peu plus tôt.

« Lorsque des doutes sérieux existent sur les effets d’une substance pour la santé humaine ou pour la biodiversité, notre responsabilité est d’agir avec prudence », a renchéri la ministre de la transition écologique, Monique Barbut.

Les principales associations de patients et plusieurs sociétés savantes médicales et scientifiques avaient appelé, lundi, les sénateurs à refuser ces réintroductions, évoquant un « véritable test pour nos institutions démocratiques », dans une tribune publiée par le Monde. »

 Les visiteurs de ce site,non convaincus de la gravité du débat en cours rapportée dans  ce quotidien, pourront se rendre à l’adresse suivante ; https://www.publicsenat.fr/dossier/loi-duplomb où ils pourront compléter leur information .

L’ASVPNF avait déjà porté un regard attentif sur cette question essentielle , lors de l’examen de la Loi Duplomb I en 2025, loi qui  fut retoquée au Conseil constitutionnel (cf. https://asvpnf.com/index.php/2025/07/30/contre-la-volonte-de-ne-pas-savoir-demystifier-lacetamipride-et-sa-biotoxicite/
).

Mais puisque le métier de la terre est  le plus noble et le plus difficile et qu’on  y apprend à ses dépens et sans en référer à Ncolas Boileau  que vingt fois sur le métier on remet son   ouvrage, qu’il faut  le polir  sans cesse et le repolir  et en souhaitant une loi « non fourre–tout d’urgence agricole » on propose aux visiteurs de ce site une nouvelle contribution intitulée :

« Loi Duplomb II et retour de l’acétamipride : biocides, détour législatif et crise du modèle productiviste »

  Elle est accessible en Cliquant ici

 Afin qu’en la matière,il n’y ait aucune équivoque les visiteurs  anglophones pourront accéder à la version anglaise jointe.

Réécrire l’Histoire dans le respect des emblèmes fixés par la Constitution de la République

A l’ASVPNF un tel intitulé est assuré  de soulever protestations même si la liberté d’expression  y est la règle puisque la laïcité républicaine  et la tolérance sont ses raisons d’être.  On touche ici  au domaine des exigences morales, civiques et citoyennes qui nous furent enseignées par nos maîtres formés à l’Ecole des hussards noirs de la République.  Il ne s’agit pas de s’en écarter mais seulement de  faire connaître   des pratiques  qui peuvent mettre en cause des principes fondateurs hérités des pionniers de l’Ecole publique laïque, gratuite,obligatoire et émancipatrice.

Cet intitulé  est une sorte de réplique au titre d’un  article récemment mis en ligne sur le site « Entre les lignes entre les mots »  libellé ainsi qu’il suit :

« Siffler la Marseillaise et le drapeau tricolore : un droit démocratique »

 

 

Nous avons été explicitement autorisé à le reproduire pour le représenter sur asvpnf.com. et aussi les visiteurs  intéressés pourront-ils  le consulter en cliquant sur Fichier 1.

 Selon leurs convictions et leurs  choix personnels les lecteurs y trouveront matière à réflexion voire à polémique et puisqu’il s’agit d’Histoire, en l’occurrence d’ Histoire de France et non d’annales consitant en successions chronologiques d’évènements nombreux et divers et que l’on y met en exergue des citations d’auteurs célèbres on dira ici et à l’instar de :

   Victor Hugo : «  La République affirme le Droit et impose le Devoir »

   Jules Michelet : « L’Histoire humaine comme un combat prométhéen pour la liberté : celui que les hommes mènent depuis toujours pour s’arracher au poids des contraintes naturelles et des fausses croyances »

   Richard Malka :  «  Les croyances ne peuvent jamais exiger le respect. Seuls les hommes y ont droit. Aucune croyance, aucune idée, aucune opinion ne peut exiger d’être débattue,critiquée,caricaturée. »

 Nous avons pour notre part examiné ce document- singulier à différents égards- faisant référence à des acquis à qui nous ne cessons de témoigner notre gratitude et dont on retrouve les bienfaits immenses dans une République indivisible ,démocratique laïque et sociale

Le texte en question  défend l’idée que la critique des symboles nationaux relève de la liberté d’expression consacrée par la Déclaration de 1789, sans pour autant rendre cette liberté absolue. Il rappelle que le droit français encadre ces libertés et que l’incrimination de l’outrage à l’hymne ou au drapeau doit être évaluée au regard de la proportionnalité et de la protection de l’ordre public. L’auteur souligne l’ambivalence historique des emblèmes républicains : témoins à la fois d’émancipations et de violences, ils ne sauraient être réduits à des instruments de domination. Il plaide pour une approche critique mais équilibrée, refusant la mythification comme la déconstruction totale.

Pour mémoire on retiendra ;

1. La thèse centrale du texte

L’auteur soutient une idée simple mais polémique :

Siffler l’hymne ou le drapeau serait une forme légitime d’expression politique.Il demande l’abrogation du délit d’outrage aux symboles nationaux (article 433-5-1 du Code pénal), qu’il assimile à une résurgence du blasphème sous forme « laïcisée ».

Sur le plan juridique, il s’appuie sur l’article 11 de la Déclaration de 1789 (liberté d’expression) et sur une une analogie avec la jurisprudence américaine (Texas v. Johnson, 1989)

2. Les ressorts idéologiques

Le texte s’inscrit clairement dans une grille de lecture critique  c’est à dire :

La déconstruction du « roman national » : la nation est présentée comme une construction idéologique masquant violences et dominations.

La relecture de l’histoire française à travers ses épisodes les plus sombres (colonisation, répressions, violences d’État).

L’assimilation du patriotisme à une injonction politique potentiellement autoritaire.

La dénonciation d’un glissement sécuritaire et identitaire du débat public.

Ce positionnement est cohérent, mais unilatéral : il ne reconnaît presque jamais la dimension intégratrice, symbolique ou historique positive des emblèmes républicains.

3. Les procédés rhétoriques

Plusieurs éléments expliquent le caractère choquant du texte :

Accumulation de références sanglantes (procédé de saturation émotionnelle).

Lexique très polarisé (« réaction », « démagogie », « novlangue », etc.).

Disqualification des adversaires plutôt que discussion (caricature des positions « nationales-républicaines »).

Glissement analogique fort : du délit d’outrage → blasphème → crime de lèse-majesté.

Cela produit un texte militant, plus qu’une démonstration équilibrée.

4. Points discutables (du point de vue républicain classique)

L’ indignation peut s’ancrer sur plusieurs critiques solides :

Confusion entre liberté d’expression et absence de toute limite : en droit français, la liberté n’est pas absolue.

Minoration de la fonction civique des symboles : hymne et drapeau ne sont pas seulement étatiques, mais aussi historiques et populaires.

Réduction de l’histoire nationale à ses violences, sans prise en compte des dynamiques d’émancipation (Révolution, école républicaine, droits sociaux…).

Comparaison discutable avec les États-Unis, dont la tradition constitutionnelle est très différente.

Risque d’une conception purement négative de la nation, qui peut fragiliser le cadre démocratique lui-même.

5. Mais aussi des questions légitimes soulevées

Pour être complet, il faut reconnaître que le texte pointe des enjeux réels :

Jusqu’où peut aller la critique des symboles dans une démocratie ?

Le délit d’outrage est-il nécessaire ou excessif ?

Comment enseigner une histoire nationale ni mythifiée ni uniquement accusatoire ?

Ces questions traversent aujourd’hui tout le champ intellectuel et politique.

6. Lecture d’ensemble

Ce texte n’est pas un appel à une « inquisition » au sens strict, mais il propose une vision conflictuelle et désacralisée de la nation, où la contestation symbolique devient un droit central.

Une position — attachée à la laïcité, à l’école républicaine et à une certaine idée de la raison héritée des Lumières — entre en tension avec cette approche, car elle suppose :

un minimum de référents communs,

une adhésion critique mais réelle aux institutions,

et une distinction entre critique et délégitimation.

On est donc face à un désaccord philosophique profond :

d’un côté, une conception « déconstructive » de la République,

de l’autre, une conception « intégratrice et universaliste » .

 

 Cette lecture critique a donné lieu à un texte de synthèse intitulé :

Raison, liberté et symboles dans la République

Pour une critique sans dissolution du commun

  Les visiteurs pourront le consulter en cliquant sur Fichier 2.

 

Que l’Editeur en chef de «Entre les lignes entre les mots » soit très cordialement remercié d’avoir permis cet emprunt à son site internet.

Désacraliser et démystifier les oripeaux religieux

L’Association «  La Vigie de la Laïcité » vient de publier dans sa  Newsletter n° 31  trois articles traitant de  la question de « La  Laïcité et les vêtements religieux ». Dans la présentation qui en est faite il apparaît que : « 
Des questions qui parviennent à la Vigie de la laïcité, celles portant sur le port du voile islamique sont parmi les plus fréquentes. Ce rituel vestimentaire, emblématique de l’appartenance à la religion musulmane, fait régulièrement l’objet d’une attention politico-médiatique depuis octobre 1989, date à laquelle 3 jeunes filles d’un collège de Creil entrèrent voilées dans leur établissement et en furent exclues.

La Vigie a déjà consacré plusieurs articles à cette thématique, mais nous avons souhaité y revenir sous une forme renouvelée en nous décalant de l’actualité. Pour cela, trois universitaires ont accepté d’apporter un éclairage distancié sur cette pratique qui fait l’objet de tant de controverses :

 

Philippe Martin, professeur d’histoire à l’université de

Lyon 1 et auteur d’un article remarqué dans l’ouvrage collectif Laïcité scolaire (Presses universitaires de Lyon),

 

Jacqueline Chabbi,, professeur émérite d’études arabes à l’université Paris 8 et autrice de nombreux ouvrages sur les origines de l’islam et le prophète Mahomet,

 

Alberto Fabio Ambrosio, théologien, co-directeur avec Nathalie Roelens de Mode modeste  (Hermann) ».

 

Les éditeurs de  La Vigie de la laïcité nous ont expressément autorisé à reproduire et à représenter ces trois textes .Les visiteurs pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 1

Ils pourront également consulter, en cliquant  sur Fichier 2 , le commentaire qu’en fait l’ASVPNF par référence  à son implication dans la défense de la laïcité républicaine. En effet si les trois textes étudiés déconstruisent utilement l’idée d’un vêtement religieux intemporel, ils évitent presque entièrement la question décisive de sa compatibilité avec la laïcité, l’indivisibilité républicaine et l’égalité entre les sexes. Ils historicisent le signe, mais ne disent pas clairement ce qu’il devient lorsqu’il entre dans l’espace civique et politique.

Or la République ne peut traiter de la même manière les services publics, l’école et l’espace public. Dans les premiers, la neutralité est une exigence de principe ; à l’école, elle est une condition de formation du citoyen et d’égalité entre les élèves. Dans l’espace public, la liberté demeure plus large, mais elle ne saurait légitimer des logiques de pression, de séparation ou de domination dissimulées sous le vocabulaire de l’identité.

C’est pourquoi à l’ASVPNF, on tient à faire savoir  que les « vêtements dits religieux » ne peuvent être considérés comme de simples marqueurs culturels. Selon les contextes, ils peuvent aussi devenir des instruments d’assignation, de contrôle des corps et de visibilité communautaire. La laïcité n’a pas à céder devant ces ambiguïtés. Il est  rappelé que le bien commun prime sur les revendications confessionnelles lorsqu’elles prétendent s’imposer à tous. “

 

Que les responcsables de la Vigie de la Laïcité soient cordialement remerciés  d’ avoir autorisé ces emprunts à leur Newsletter et d’avoir été à l’origine de  notre réflexion.

Marc Bloch, la panthéonisation d’un Homme accompli !

«  Mieux connaître Marc Bloch permet de s’émerveiller devant le mystère d’une vie accomplie » notait  la journaliste Nathalie Lacube alors que ce 23 juin 2026 Marc Bloch entre au Panthéon en compagnie de son épouse Simone.

Rappelons qu’il fut assassiné par les nazis il y a quatre vingts ans. Historien de talent passé par Normale Sup, combattant des deux guerres et Résistant « il a placé sa vie sous le signe de la vérité et du courage ». Il écrivait dans L’Étrange Défaite (1940) : « Il est atroce que les guerres puissent ne pas épargner l’enfance, non seulement parce qu’elle est l’avenir mais surtout parce que sa tendre faiblesse et son irresponsabilité adressent à notre protection un si confiant appel ».

Les visiteurs de ce site pourront consulter un Fichier 1 dévolu à Marc Bloch et à son œuvre. Intitulé :

«  Marc Bloch : historien, résistant, figure de mémoire et du judaïsme »

Il révèle que :

“Marc Bloch fut l’un des grands renouvelateurs de l’histoire au XXe siècle, mais aussi un homme de devoir et de courage. Formé à l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, il participa à la fondation des Annales avec Lucien Febvre, ouvrant la voie à une histoire plus sociale, plus critique et plus humaine. Son œuvre, de Les Rois thaumaturges à La Société féodale puis à Apologie pour l’histoire, a profondément marqué la discipline.

Officier durant les guerres, il fut surtout, après 1940, un observateur lucide de l’effondrement français dans L’Étrange Défaite. Révoqué par Vichy en raison des lois antisémites, il entra dans la Résistance à Lyon, au sein de Franc-Tireur puis des MUR, sous plusieurs pseudonymes. Arrêté par la Gestapo en 1944, torturé puis fusillé, il incarna jusqu’au bout la fidélité à la vérité et à la République.

Son épouse, Simone Vidal, joua un rôle essentiel, à la fois dans sa vie savante et dans le soutien discret mais réel à son engagement clandestin. Leur entrée conjointe au Panthéon rappelle qu’on ne célèbre pas seulement un historien, mais un couple uni par la fidélité, l’intelligence et le refus de la barbarie. La mémoire familiale, aujourd’hui encore, veille à préserver cette exigence.”

Les visiteurs pourront  également, à leur convenance, prendre connaissance d’un Fichier 2 comportant 4 notices particulières dévolues à  la vie et l’œuvre de Marc Bloch :

1 . Notice académique

 

2 . Simone Vidal, une compagne de travail et de combat

 

3. Marc Bloch dans les réseaux de la Résistance : appartenances, fonctions et circulations clandestines

 

4 . Marc Bloch et sa postérité historiographique

 Au total une vie  accomplie  brisée par la barbarie  nazie !

Betharram; un rapport de plus !

Pour différer le jugement des coupables et l’octroi de réparations aux victimes ?

On savait qu’une commission d’enquête indépendante sur les violences sexuelles et physiques commises à Notre-Dame-de-Bétharram avait été constituée et missionnée en février 2025. Elle était présidée par le Professeur Jean-Pierre Massias, président de l’IFJD (Institut Francophone pour la  Justice et la Démocratie) celui-ci acceptant cette charge à la condition de la reconnaissance entière de l’indépendance et de l’autonomie de cette commission, pleinement admises par la congrégation de Bétharram. Cf : https://violences-sexuelles.ifjd.org/ifjd/lecole-de-droit/

 

Missions de la Commission d’enquête indépendante

L’objectif de la Commission était tout à la fois de mesurer et d’analyser l’intensité des violences commises, de proposer des mesures de réparation complémentaires à celles qui existent déjà et de réfléchir à la mise en place de garanties de non-répétition pour l’avenir. Organisée sur le modèle des Commissions vérité et sur les bases des principes posés par Louis Joinet, elle devait rendre son rapport pour le mois de décembre 2025. Elle  devait procéder – sur la base d’entretiens avec les différents acteurs impliqués et par l’analyse des archives de la congrégation et de l’ensemble de la littérature pertinente- à une étude pluridisciplinaire afin de pouvoir rendre compte de la complexité de ces violences et de leurs conséquences pour les victimes.

 La mission de la commission était triple :

Mesurer et d’analyser l’intensité des violences commises, 

Proposer des mesures de réparation complémentaires à celles qui existent déjà,

Réfléchir à la mise en place de garanties de non-répétition pour l’avenir.

Elle était organisée autour de trois axes : comprendre, réparer et prévenir.

 En réalité, ladite commission  a rendu ses conclusions le 20 juin  2026 .  Les visiteurs de ce site pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 1 (Rapport du 20 juin 2026, de la commission d’enquête indépendante sur les violences sexuelles et physiques à Notre-dame-de-Bétharram ).

 Ils pourront également consulter le Fichier 2 comportant l’analyse critique de ce nouveau rapport par l’ASVPNF  et le propos de cette Association concernant la multiplication étonnante des conclusions  d’enquête(s) alors que les victimes des violences intellectuelles, sexuelles et physiques  continuent à gérer personnellement les effets de leurs traumatismes dans l’attente des réparations nécessaires.

La microhistoire

Existerait-il donc une macrohistoire ?  C’est une des questions qui ressort à la lecture de l’article mis en ligne récemment par le CRHA sous l’intitulé : «  Hommage à Carlo Ginzburg , fondateur de la microhistoire ». On connaissait déjà l’histoire, à ne pas confondre avec l’ Histoire.  En réalité selon Philmag « Ginzburg se glissait dans les interstices des grands récits produits par les dominants pour faire entendre d’autres voix et faire voir d’autres réalités. Locale, circonscrite, son histoire n’est pas pour autant étriquée – au contraire, elle s’ouvre en même temps sur des faits beaucoup plus amples. Le ‘petit’ est beaucoup plus riche qu’il n’y paraît” (https://www.philomag.com/articles/les-grandes-idees-de-carlo-ginzburg?utm_source=brevo&utm_medium=email&utm_campaign=NLsemaine )

Selon  Wikipedia : « Influencée par E. P. Thompson, la microhistoire propose aux historiens de délaisser l’étude des masses ou des classes pour s’intéresser aux individus dans leur environnement. Il a pu s’agir de se focaliser sur l’histoire d’un individu pour éclairer les caractéristiques du monde qui l’entoure, ou de s’intéresser à une localité particulière, à l’évolution d’une culture matérielle ou encore aux liens entre rapports sociaux et activation des ressources naturelles. Malgré une confusion assez répandue, la microhistoire ne correspond pas au fait de s’occuper des « petites choses », comme l’explique Giovanni Levi, mais bien plutôt de « lire les choses avec un microscope » .

Ceci étant  noté, on voit bien que les profanes, amoureux non seulement de l’histoire-qu’elle soit petite ou grande- mais aussi des histoires, doivent être initiés à ce langage . A cette fin ils pourront déjà  consulter l’article du CRHA noté dès l’abord  (Fichier 1).  I y apparaît que : « Carlo Ginzburg est décédé dans la nuit du 16 au 17 juin. Il était un des plus grands historiens de la fin du XXe et début du XXIe siècle, mondialement connu, et auteur de plusieurs livres qui ont marqué des générations d’étudiantes et d’étudiants et de passionné.es d’histoire. Il fut également un des principaux instigateurs de la microhistoire, une méthode qui renouvela considérablement l’histoire sociale, en proposant d’étudier l’histoire à travers un changement d’échelle, observant comme au microscope les dynamiques individuelles et les évolutions sur de petits territoires. Ce changement de paradigme a influencé jusqu’à aujourd’hui de nombreux travaux de la recherche en histoire ».

Compte tenu des enjeux ainsi mis en lumière  et de nos préoccupations associatives dévolues à l’histoire du système éducatif, l’article du CRHA  a  donné lieu à un examen détaillé   suivi d’un compte rendu  que l’on trouvera à Fichier 2 .

On pourra également recourir un texte encart sur la question (La microhistoire et Carlo Ginzburg : enjeux et limites) en cliquant sur Fichier 3 .

 

Benoît Kermoal nous a autorisé à reproduire et représenter l’article du CRHA ; qu’il en soit remercié .

L’Ecole publique en danger et les relations Ecole-Familles.

La lecture de l’article fondateur de Djéhanne Gani à ce propos paru dans le Café pédagogique (17 juin 2026)  ne manquera pas d’indigner nombre de visiteurs ordinaires de ce site, souvent amoureux inconditionnels de l’École laïque.  Ils  seront aussi  enclins   à penser  que l’on est bien loin des temps heureux  où ces questions se réglaient au sein  des associations amies de l’École notamment les amicales laïques.

Quoi qu’il en soit ils auront accès, en  cliquant sur Fichier 1,  à l’article original intitulé  :

Relation Ecole-familles : « Si le contrat est rompu, l’école publique est en danger »

Où il apparaît que «  Le SE-Unsa alerte sur la dégradation des relations entre les familles et l’école. Derrière la hausse des différends et des violences, le syndicat voit les symptômes d’une crise plus profonde qui touche l’institution scolaire et, au-delà, la société tout entière ».

 

Compte tenu des enjeux et des valeurs associatives centrées sur l’Ecole publique et son devenir défendues par l’ASVPNF, nous avons procédé à une analyse critique de l’article sus-visé, analyse qui n’engage que l’Association elle-même. Les visiteurs pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 2 : L’école publique en danger, relations école-familles ; essai d’analyse critique

Il en ressort que « La crise actuelle des relations entre l’École publique et les familles n’est pas une simple question de communication dégradée, ni un défaut passager d’organisation. C’est un symptôme politique, culturel et social bien plus profond : celui d’une perte de sens du commun. En Bretagne, cette question prend une résonance particulière, car l’histoire scolaire y fut longtemps marquée par une double réalité : la force de l’enseignement privé confessionnel d’un côté, et l’existence d’un puissant tissu laïque et républicain de l’autre.
Il faut le dire clairement : l’École publique ne peut pas être réduite à une prestataire de services. Elle n’est pas une offre parmi d’autres sur un marché éducatif. Elle est une institution démocratique, gratuite, laïque, ouverte à tous, chargée de former des citoyens. Lorsque cette idée s’efface, la défiance s’installe, les relations se crispent, et le recours au privé apparaît trop souvent comme un refuge ou une arme de pression plutôt que comme un simple choix de proximité. »

On trouvera pour étayer une discussion à peine entamée un Fichier 3 intitulé « Quelle école voulons-nous ? Réflexions sur la crise du lien entre l’École publique et les familles »

 Que Djéhanne Gani soit  cordialement remerciée de nous avoir permis cet emprunt au  Café pédagogique et d’avoir été à l’origine d’une réflexion qu’il s’agit de poursuivre sans faiblesse !