La laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes

L’article « Laïcité, Démocratie, Droits des Femmes » de Marieme Hélie-Lucas paru sur le site « Entre les lignes entre les mots » constitue à la fois un témoignage personnel, une analyse historique et un plaidoyer féministe. Rédigé à partir d’une conférence donnée à Dakar en 2025, il s’inscrit principalement dans un contexte africain. L’auteure y défend une conception de la laïcité fondée sur la séparation du religieux et du politique, qu’elle considère comme une condition essentielle de la démocratie et de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Son argumentation prend d’abord appui sur l’expérience algérienne. Elle rappelle que le Congrès de la Soummam, en 1956, avait affirmé la vocation laïque de l’Algérie en lutte pour son indépendance. Après 1962, cette orientation aurait été progressivement abandonnée, notamment avec la proclamation de l’islam comme religion de l’État dans la Constitution de 1963. L’adoption du Code de la famille en 1984 représente, dans son analyse, l’aboutissement de cette évolution. Les femmes algériennes y ont perdu une part importante de leurs droits en matière de mariage, de divorce, de garde des enfants et d’héritage. L’auteure relie cette régression juridique à la reconnaissance politique d’une norme religieuse et à l’affaiblissement du principe de laïcité.

Son expérience de la guerre contre les civils durant les années 1990 renforce cette conviction. Marieme Hélie-Lucas rappelle que les femmes furent les victimes privilégiées des groupes intégristes armés. Elle distingue cependant clairement les croyants des mouvements fondamentalistes : la critique de la laïcité ne vise pas les personnes religieuses, mais les entreprises politiques qui cherchent à imposer une interprétation particulière de la religion à l’ensemble de la société. Elle souligne également que des croyants progressistes et des théologiens réformateurs ont souvent été persécutés par les autorités religieuses conservatrices ou par les groupes intégristes.

L’auteure revient ensuite sur l’histoire française de la laïcité, qu’elle rattache à la Révolution de 1789 et à la loi du 9 décembre 1905. Elle insiste sur le fait que cette loi garantit la liberté de conscience et le libre exercice des cultes, tout en séparant les institutions religieuses de l’État. La laïcité n’est donc ni l’athéisme ni l’hostilité aux religions : elle protège la liberté des individus et empêche les autorités confessionnelles de disposer d’un pouvoir politique particulier. La République ne reconnaît que des citoyens égaux, et non des communautés religieuses investies d’une représentation autonome.

Le texte propose également de distinguer la laïcité du sécularisme. Marieme Hélie-Lucas associe ce dernier au modèle britannique de reconnaissance et d’accommodement des religions. Selon elle, ce système favorise le communautarisme, la multiplication des autorités religieuses et l’existence de normes juridiques différentes selon l’appartenance religieuse réelle ou supposée des citoyens. Elle dénonce notamment les tribunaux religieux intervenant dans des affaires familiales et le risque qu’ils font peser sur l’autonomie des femmes. Cette partie est particulièrement stimulante, même si elle demande à être nuancée et vérifiée sur le plan juridique et comparatif.

La comparaison entre la Tunisie et l’Algérie montre ensuite que les sociétés dites musulmanes ne sont pas régies par une loi religieuse unique. Les législations familiales varient selon les choix politiques, les interprétations des textes, les traditions sociales et les héritages coloniaux. Cette diversité démontre que les normes présentées comme divines sont toujours interprétées par des acteurs humains et peuvent produire des droits très différents pour les femmes.

Enfin, Marieme Hélie-Lucas critique le relativisme culturel lorsqu’il conduit à accepter, au nom de la défense des minorités, des règles inégalitaires imposées aux femmes immigrées ou issues de minorités religieuses. Pour elle, la lutte contre le racisme ne doit jamais se faire au détriment de l’égalité des sexes. Les droits des femmes doivent être considérés comme des droits humains universels, qui ne peuvent être subordonnés à la religion, à la tradition ou à l’appartenance communautaire.

L’intérêt majeur du texte réside ainsi dans l’articulation de quatre exigences : la liberté de conscience, la souveraineté démocratique, l’égalité juridique et l’émancipation des femmes. Sa portée critique est forte, même si certaines affirmations historiques et juridiques doivent être documentées et si l’opposition entre laïcité et sécularisme mérite d’être davantage nuancée. L’héritage essentiel de Marieme Hélie-Lucas tient à cette conviction aucune religion, aucune tradition et aucune communauté ne doit pouvoir disposer des femmes contre leur liberté, leur conscience et leur égalité citoyenne.

Les visiteurs de de ce site pourront consulter à ce propos les fichiers suivants :

Fichier 1 . La copie de l’article original paru sur le site « Entre les lignes entre les mots »le 18 août 2026 intitulé «  Laïcité, Démocratie, Droits des femmes »

Fichier 2.  La recension  de cet  article par l’ASVPNF intitulée « Marieme Hélie-Lucas : la laïcité comme condition de la démocratie et des droits des femmes »

Fichier 3 . Le manifeste de  l’ASVPNF intitulé : « Manifeste pour la laïcité républicaine et l’émancipation des femmes ».

Défendre la laïcité, protéger la liberté Pour une République émancipatrice, contre les interdictions identitaires

Manifeste de l’ASVPNF

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, la proposition d’interdire et de sanctionner le port du voile ou du foulard dans l’espace public réactive une controverse ancienne. Présentée comme une mesure de défense de la laïcité, elle engage en réalité des questions essentielles touchant à la liberté de conscience, à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la place des religions dans la République et aux limites de l’intervention de l’État.

Notre Association a choisi de prendre part à cette discussion avec sérieux, indépendance et esprit constructif. Cette publication fait suite à l’examen de deux contributions récentes : le communiqué de Vigie de la LaïcitéInterdire le port du voile ou du foulard dans l’espace public : une dangereuse remise en cause de la liberté de conscience, et l’article de Catherine Kintzler, publié sur Mezetulle sous le titre Faut-il interdire le port du voile dans « l’espace public » ?

Ces deux textes permettent de préciser une distinction déterminante. L’expression « espace public » peut désigner la sphère institutionnelle de l’État, des collectivités, des administrations et des services publics, où s’impose l’obligation de neutralité. Elle peut aussi désigner l’espace social partagé dans lequel les citoyens circulent, se rencontrent et participent à la vie collective : rues, places, jardins, transports, plages, commerces, équipements culturels et lieux publics ou privés ouverts à tous.

Dans la première sphère, la neutralité constitue une exigence fondamentale de l’État républicain. Dans la seconde, les citoyens demeurent libres de leurs convictions et de leur expression, sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public et des droits d’autrui. La neutralité de l’État ne peut donc être transformée en obligation générale de neutralité imposée aux citoyens dans leur vie sociale.

Le manifeste défend une conception exigeante de la laïcité, que notre Association qualifie de laïcité de combat. Cette laïcité combat les privilèges confessionnels, les pressions religieuses, les violences, les discriminations et toutes les formes d’emprise. Mais elle refuse de devenir une police des consciences ou des apparences. Elle distingue la lutte nécessaire contre l’islamisme et les comportements coercitifs de la stigmatisation des personnes et des amalgames visant toute femme qui porte un voile.

Notre démarche ne consiste ni à approuver le voile ni à interdire sa critique. Une société libre doit permettre à chacun d’exprimer ses convictions, mais aussi de les discuter, de les contester et de les désapprouver publiquement dans le respect des personnes et du droit. La liberté de conscience suppose à la fois la protection des choix individuels et la possibilité d’un débat critique sur leurs significations sociales, religieuses ou politiques.

Régie par la loi du 1er juillet 1901 et indépendante de tout parti politique comme de tout culte, notre Association inscrit cette réflexion dans le respect de la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Églises et de l’État. Elle entend contribuer à un débat démocratique fondé sur les faits, le droit et la raison, en défendant l’école publique, l’émancipation des femmes, l’égalité des droits et la liberté d’association.

Ce manifeste est proposé comme un document fondateur et comme une invitation au dialogue. Il ne prétend pas clore la discussion, mais souhaite l’ouvrir sur des bases plus fécondes : la protection des personnes, l’éducation, l’émancipation, la responsabilité citoyenne et le respect de la liberté de conscience.

La République n’a pas à choisir entre la liberté et la laïcité : la laïcité, dans le respect de la loi de 1905, est précisément l’une des garanties de la liberté.

Sur ce thème placé en première ligne  dans les médias par certains des protagonistes du bal des prétendants de 2027- ce qui leur permet  d’ éviter les questions cruciales de leurs progammes politiques- les visiteurs pourront consulter :

Fichier 1 .  B 34. Le communiqué de la Vigie de la laïcité.

Fichier 2 . B34. L’article de C. Kintzler paru dans Mezetulle.

Fichier 3 . B34. Le manifeste de l’ASVPNF .

Que  les rédacteurs  de  La Vigie  et Catherine Kintzler soient très cordialement remerciés de nous permettre ces emprunts !

Langue paysanne, République et âme bretonne

Publié dans la rubrique « Variété » du journal Le Finistère du 21 janvier 1888, ce dialogue en breton entre deux paysans de Cornouaille, Fanch et Jakez, prend pour cadre la foire de Châteaulin et pour point de départ une simple conversation de rencontre. Sous des dehors familiers — on parle de soif, de cidre, des nouvelles du pays et des propos entendus chez le recteur — le texte déploie une véritable petite scène politique. L’humour populaire, les formules imagées et le ton de la joute verbale servent ici une démonstration républicaine très nette, dirigée contre le clergé local et contre les milieux conservateurs.

Ce document est particulièrement intéressant à plusieurs titres. Il montre d’abord comment la presse républicaine de la fin du XIXe siècle pouvait utiliser le breton comme langue d’expression et de persuasion, non pas seulement comme curiosité régionale, mais comme vecteur d’opinion. Il donne ensuite un aperçu précieux de la manière dont la République cherchait à s’adresser aux campagnes bretonnes, dans un contexte de fortes tensions entre influence religieuse, loyautés politiques traditionnelles et montée de l’école et des idées républicaines. Le texte laisse ainsi entendre une parole paysanne à la fois construite, malicieuse et efficace, où la politique se dit dans la langue du quotidien.

Au-delà de sa portée polémique, cette pièce brève vaut aussi comme témoignage de sociabilité rurale : la foire, le verre partagé, le proverbe et la repartie y composent un tableau vivant de la Cornouaille de la fin du XIXe siècle. C’est ce mélange de couleur locale, d’ironie et d’engagement qui fait tout l’intérêt de ce petit texte, à la fois document historique, fragment de culture bretonne écrite et indice des transformations politiques du monde rural.

Les visiteurs de ce site pourront consulter à ce propos trois fichiers  accessibles d’un seul clic gauche :

Fichier 1.    Brezhoneg ha republik e bro guernev

Fichier 2 . Version « trilingue » ;Breton de 1888, Breton contemporain et  Français en regard.

Fichier 3. Langue paysanne, République et âme bretonne

L’Ecole de LESTONAN dans la Guerre scolaire.

(Ergué-Gabéric , F-29500)

dans la

Guerre scolaire.

Entre 1927 et 1929, LESTONAN apparaît comme un espace de confrontation entre deux modèles scolaires et sociaux. D’un côté, l’école publique laïque, liée à la commune et à l’administration républicaine ; de l’autre, un réseau scolaire confessionnel soutenu par la puissance économique et sociale de la Papeterie d’Odet.

René Bolloré ne semble pas avoir cherché seulement à construire des écoles. Son action participe d’une organisation globale du monde ouvrier, dans laquelle l’entreprise, le logement, l’éducation, les œuvres sociales et la religion entretiennent des liens étroits. Cette organisation offre des services et des perspectives aux familles, mais elle peut aussi être perçue comme un instrument d’influence et de contrôle.

Le cas de Lestonan peut ainsi être retenu comme un exemple local de paternalisme industriel catholique dans la Bretagne de l’entre-deux-guerres .

Maryse le Berre et André Le Goff , tous deux adhérents de l’ASVPNF, rapportent ici leurs témoignages permettant de reconstituer des faits marquants de cette histoire emblématique de  l’entre-deux- guerres  en Finistère et de les replacer dans le cadre plus large de la vie d’une collectivité locale accueillant  depuis le  19è siècle des activités manufacturières et industrielles. Celles qui en dérivent se prolongent jusqu’en 2026. Si  elles sont- sans conteste- sources   de développement économique en basse-Cornouaille, elles sont associées à des problèmes environnementaux et sociaux qui ne  seront évoqués,  dans ce dossier,  que de façon incidente.

Les visiteurs intéressés par  la ou les symboliques de Lestonan pourront consulter  quelques fichiers accessibles au moyen d’un simple clic gauche :

FICHIER 1 .  Le   résumé  de cette parution intitulée «L’Ecole de Lestonan dans la guerre scolaire » par  Maryse Le Berre  et André Le Goff.

Fichier 2 . La représentation des pièces d’archives valorisées dans ce dossier.

Fichier 3 . La transcription intégrale  de ces documents .

Fichier 4 . L’école de Lestonan dans la guerre scolaire par T.R. et PPty. ( voir avec abstract et  diverraden)

Fichier 5 . L’histoire de Lestonan, éléments singuliers (pour en savoir plus).

Fichier 6 . En  annexe ; documents de référence et repères historiques.

Fichier 7.La  photographie de l’Ecole communale de Lestonan.

 Avertissement :       

Ce dossier permet de faire le lien avec Cascadec ,autre site  de l’industrie papetière finistérienne que l’ Association avait mis en lumière lors de la célébration du 90 anniversaire du Front populaire( Cf.  https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/     ). Ils renvoient à un même monde industriel, mais à des moments et dans des contextes différents : ici, le paternalisme scolaire et social de l’entre-deux-guerres ; là, les tensions sociales et politiques révélées par le Front populaire.

René Bolloré, cité dans les documents, est le dirigeant des Papeteries de l’Odet. Il appartient à l’histoire industrielle qui conduira à l’ensemble OCB — Odet, Cascadec, Bolloré. Cette précision permet de relier l’épisode scolaire de Lestonan à une histoire plus large du patronat papetier finistérien, dont les établissements d’Odet et de Cascadec ont également constitué des lieux importants d’organisation du monde du travail et de la vie sociale.

Il convient  d’éviter toute confusion chronologique : la référence à OCB peut servir de repère historique pour le lecteur contemporain, mais les documents de 1929 doivent d’abord être présentés dans leur cadre propre, celui des Papeteries d’ Odet  à Lestonan et de l’action de René Bolloré…

Pour une Ecole gratuite, obligatoire,laïque et souveraine à l’âge de l’intelligence artificielle

C’est à  la suite de l’article documenté sur l’irruption de l’ intelligence artificielle (IA) dans notre système éducatif de Marc Crouzel- récemment mis en ligne dans Mezetulle- que l’ASVPNF prend l’initiative de faire connaître son point de vue sur ce qu’elle assimile à une véritable  révolution. Elle intervient tant au plan des principes fondateurs de l’Instruction et de l’Education qu’à celui des pratiques pédagogiques.  Ne pas la nommer pour le reconnaître relèverait d’un combat d’arrière-garde perdu d’avance et fatal pour l’Ecole. Il s’agit d’en  tirer le meilleur tout en sauvegardant les acquis antérieurs des fondateurs de l’Ecole publique.

Dans le contexte on dira sans ambages qu’il s’agit d’un enjeu majeur pour l’échéance présidentielle de 2027 . Encore faut-il s’entendre sur ce dont il s’agit !

Il s’agit d’un véritable plan stratégique qui  dépasse le cadre d’une simple modernisation technique ou d’un aménagement de programme scolaire. Il s’agit d’un véritable projet de révolution culturelle.

En redéfinissant la manière dont les connaissances sont transmises, vérifiées et assimilées, l’intelligence artificielle bouscule les fondements mêmes de l’école républicaine. Si elle est abandonnée aux seules dynamiques du marché privé, elle aggravera de façon irréversible les inégalités sociales et territoriales. Si elle est sanctuarisée par l’État comme un bien commun, elle peut devenir le plus puissant vecteur d’émancipation et d’égalité des chances depuis les lois de Jules Ferry.

Parce qu’il touche à la souveraineté technologique de la nation, à la protection de l’enfance, au budget des collectivités et à l’avenir de notre modèle social, ce choix de société revêt une dimension politique fondamentale. À ce titre, la gouvernance de l’IA éducative et le financement de la justice numérique devront s’imposer comme un enjeu majeur et clivant du débat de la prochaine élection présidentielle de 2027. Il appartiendra aux candidats de trancher : voulons-nous une école qui subit l’IA algorithmique des géants privés, ou une République qui déploie sa propre IA pour s’assurer qu’aucun enfant ne soit laissé au bord du chemin ? Pour l’instant il s’agit ici de contribuer à l’ouverture du débat.

Les visiteurs pourront d’abord prendre connaissance  du FICHIER 1 dévolu à l’article révélateur de Maxime  Cruzel qui suscite chez Catherine Kintzler ce propos qui devrait faire date dans l’ensemble du monde éducatif « Les compétences ne précèdent pas les connaissances, elles en résultent. À mesure que l’IA se développe et qu’elle change de nature, il est urgent d’instruire »

 Ils pourront  ensuite consulter :

 -Le Fichier 2 rapportant  la recension approfondie de cet article,
– Le Fichier 3 détaillant les termes d’  un avant-projet de loi visant à promouvoir l’adoption raisonnée  de l’IA dans le système éducatif.

Au total et non au final car le sujet est complexe pour le citoyen ordinaire  « harcelé » au quotidien par l’irruption de l’intelligence artificielle  dans tous les domaines sans exception,on retiendra  qu’il est urgent de construire un plan d’action à la fois réaliste, chiffré et profondément ancré dans les valeurs de notre contrat social pour l’adoption intelligente de l’IA à l’Ecole. L’ avenir de celle-ci comme celui de nos  autres institutions face à l’explosion technologique se joue dès aujourd’hui. Seules  des réflexions de fond abordées avec toute la probité nécessaire  permettront d’éviter les dérives et de transformer ces défis en vecteurs de progrès.

Que Catherine  Kintzler soit cordialement remerciée de nous avoir permis d’ emprunter l’article de Maxime  Cruzel à Mezetulle.

Turpitudes et contre-turpitudes autour de l’ASVPNF

Un adhérent, indigné de trouver des données témoignant des activités patrimoniales de son Association reproduites et représentées à une URL qui lui a semblé incongrue, nous a récemment fait parvenir une copie du document concerné . Considérant en effet qu’il ne contient que des données propriétés de l’ASVPNF nous les soumettons de nouveau à l’examen des visiteurs sous la forme d’un document dont le libellé est le suivant :

Miscellanées normaliennes quimpéroises des siècles derniers !

  Les détails relatifs à son contenu sont accessibles directement en cliquant ici puis sur Fichier 1 puis sur Fichier 2 et enfin sur Fichier 3 .

Eglises, abus sexuels et discriminations au Royaume Uni

Trois textes accablants

Sur le site « Entre les lignes, entre les mots » se trouvaient  récemment assemblés trois articles venus d’outre-Manche, traduits en Français et dont les contenus retenaient l’attention  tant ils rapportaient-avec force détails- des dérives et  méfaits de même type que ceux qui se déroulent en France… Nous les  dénonçons  sans relâche sur ce site. Les visiteurs pourront  consulter ces nouveaux témoignages en cliquant sur  Fichier 1.

 Compte tenu des similitudes troublantes observées, nous avons tenté d’en dégager les déterminants communs afin de mieux les combattre. A ce propos les visiteurs sont invités à prendre connaissance du  Fichier 2 intitulé :

 « Turpitudes, emprise et école confessionnelle »

Au terme de l’étude, une idée prédomine : qu’il s’agisse d’un pays séparé de l’Église ou d’un pays qui conserve une Église établie, le cléricalisme prospère chaque fois qu’une institution religieuse parvient à s’installer dans des zones de secret, d’autorité et d’influence soustraites au regard commun. Les textes réunis ici montrent que les abus ne relèvent pas seulement de fautes individuelles ; ils s’inscrivent trop souvent dans des dispositifs qui protègent les auteurs, retardent la parole des victimes et font passer la réputation des institutions avant la sécurité des plus vulnérables.

Ce qui frappe d’abord, c’est la place occupée par l’enfance et par les groupes fragiles. L’obligation de signalement sans exception religieuse, recommandée par l’IICSA, répond à une exigence simple : aucune confidentialité confessionnelle ne doit faire obstacle à la protection d’un mineur. Les témoignages venus d’Irlande du Nord vont dans le même sens, en montrant jusqu’où peuvent aller l’emprise, la violence et le silence institutionnel lorsque l’autorité religieuse n’est pas contrôlée de l’extérieur. Enfin, le dossier sur l’Église d’Angleterre rappelle que l’école confessionnelle, lorsqu’elle est financée par l’argent public, peut devenir un instrument de tri social et religieux plutôt qu’un lieu d’égalité.

La conclusion s’impose alors d’elle-même : la séparation des Églises et de l’État demeure indispensable, mais elle ne suffit pas sans une vigilance laïque concrète, sans contrôle indépendant et sans égalité réelle des droits. La liberté de conscience doit rester entière ; elle ne saurait toutefois servir de couverture à l’emprise, à la discrimination ou au silence devant les abus.

La Lettre d’Information n°9 de L’ASVPNF

Destinée aux adhérents et aux amis  de l’Association , elle vient d’être  diffusée à mi-parcours de l’exercice associatif en cours .

Cette nouvelle livraison rend compte des réflexions, des recherches et des hommages qui ont marqué l’activité de notre Association. Elle témoigne d’une même volonté : faire vivre une mémoire utile, transmettre un héritage humaniste et rappeler le rôle essentiel de l’École publique laïque dans la formation des citoyens.

Une place importante est accordée aux enjeux contemporains de l’École, de la laïcité et de la liberté de penser. À travers la référence à l’assassinat de Samuel Paty et à ses suites, la lettre interroge la fragilité de la mission enseignante lorsque l’Institution ne soutient plus suffisamment celles et ceux qui instruisent. Elle réaffirme l’attachement de l’ASVPNF à une école fondée sur la raison, l’émancipation, la protection de l’enfance et l’autorité légitime des maîtres.

La figure de Jean Zay, dont le 90e anniversaire de la nomination au ministère de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts a été récemment commémoré, occupe également une place centrale. Son œuvre scolaire, culturelle et scientifique demeure un repère majeur pour penser une République ambitieuse, démocratique et laïque. Son destin tragique rappelle aussi les conséquences extrêmes de la haine politique et de la destruction des valeurs républicaines.

La lettre revient enfin sur plusieurs travaux consacrés à l’histoire locale, aux normaliens et instituteurs résistants, à la mémoire de nos anciens maîtres, à Pierre-Jakez Hélias et à des personnalités comme Jeanne Le Borgne. Elle évoque également nos recherches sur la langue bretonne, avec Prosper Proux et Anatole Le Bras, ainsi que sur l’histoire de la chouannerie en pays de Fouesnant, la place du breton dans Le Finistère au début de la Troisième République et le rôle fondateur de la Commune de Paris.

Cette lettre s’inscrit dans la vocation de notre site : mettre à la disposition de tous des travaux de mémoire, d’histoire, de culture et de réflexion civique.

Nous vous invitons à découvrir cette Lettre d’information n°9 sur le site de l’ASVPNF  en cliquant ici.

Quand des paysans cornouaillais parlaient politique en breton

Un dialogue de 1887 dans Le Finistère

                                                                                    

En novembre 1887, Le Finistère publie un dialogue en breton entre deux paysans qui jugent sévèrement les députés conservateurs et appellent à voter pour les républicains modérés. Ce texte, signé « Paolik ar Parkou », illustre la stratégie républicaine de laïcisation par le breton.

Un journal républicain à Quimper

Le Finistère paraît à Quimper à partir de 1872. D’abord « journal politique », il devient progressivement « organe hebdomadaire d’union républicaine ». Son fondateur, Louis Hémon, avocat quimpérois, est une figure centrale du républicanisme finistérien : député de Quimper à plusieurs reprises, puis sénateur.

IMG_20260815_151042_524~2 (1).jpgDans les années 1880, le département est politiquement divisé. Les républicains défendent la laïcisation de l’enseignement et la stabilité gouvernementale, face à une droite monarchiste et catholique puissante.

La rubrique «Variété» du journal , en fin de numéro,accueille des textes courts, parfois en breton, qui participent à cette campagne. Les visiteurs pourront consulter dans le Fichier Snp, accessible au moyen d’un clic gauche, quelques extraits dudit Journal illustrant ce propos.

Ce dossier, centré sur un dialogue en breton publié dans Le Finistère en 1887, offre un éclairage précieux sur la manière dont la République s’est installée — et a été débattue — dans les campagnes bretonnantes de Cornouaille. Loin d’être un simple exercice de propagande républicaine, ce texte témoigne d’un moment où la langue bretonne a été mobilisée, paradoxalement, pour porter des idées républicaines et laïques auprès d’un public rural.. L’ensemble des données recueillies sont consignées dans un fichier  accessible en cliquant ici .

Il comporte ;

1. Texte original : transcription brute …………………………..     p.2

2. Version en breton peurunvan …………………………………….  p.3

3. Traduction en français contemporain ………………………     p.4

4. Traduction annotée (extraits commentés)………………..      p.5

5. Contexte politique………………………………………………………..p.7
5.1. Contexte  historique du dialogue………………………… p.7
5.2. Apports à la laïcisation républicaine  …………………….    p.8
5.3. Le pseudonyme « Paolik ar Parkou » ……………………..   p.9

6. Versions en regard ……………………………………………………..p.11
6.1. Transcription brute / Breton peurunvan …………….       p.11
6.2. Breton peurunvan / Traduction française …… …….     p.14

7. Version condensée (article court) …………………………….p.16   

 

Sur le plan historique, cette étude montre que l’instauration de la République dans les campagnes bretonnes ne s’est pas faite uniquement par le français, par l’école ou par la répression des usages locaux. Elle a aussi emprunté la voie du breton, utilisé comme un vecteur de pédagogie civique. Les paysans  « Yeun » et « Perik » ne sont pas de simples figurants : ils sont invités à juger leurs élus, à discuter de la conversion des rentes, à voter « pour les hommes raisonnables ». C’est une forme de citoyenneté en breton qui se construit, à contre-courant des discours cléricaux et monarchistes.

Sur le plan linguistique et culturel, ce texte rappelle que le breton n’était pas seulement la langue de la foi, des traditions ou du folklore. Il était aussi apte à exprimer des enjeux politiques modernes, à porter un vocabulaire civique (gouarnamant, deputed, republicaned, votiñ, dilennadegoù), à construire un débat public dans la langue du peuple. La jeune République, dans sa volonté d’unification linguistique et de laïcisation par le français, a souvent cherché à marginaliser, voire à faire disparaître cet usage du breton. Ce dossier contribue à le réhabiliter, en montrant qu’il a existé un breton politique, civique, républicain — et que ce breton-là mérite d’être étudié, valorisé, transmis.

Puisse cette approche, modeste mais précise, inciter d’autres chercheurs, enseignants ou militants à explorer ce corpus encore trop méconnu des articles en breton de la presse républicaine régionale. Car c’est dans ces textes, parfois oubliés, que se lit une part de l’« âme bretonne » — non pas celle, figée, des folkloristes ou des nationalistes, mais celle, vivante, des paysans qui discutaient politique, qui votaient, qui jugeaient leurs élus, dans leur langue maternelle sans passer saus les fourches caudines  du clergé.

Le drapeau tricolore, symbole disputé et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »

Nous avons déjà abordé  sur ce site  (https://asvpnf.com/index.php/2026/06/30/reecrire-lhistoire-dans-le-respect-des-emblemes-fixes-par-la-constitution-de-la-republique/) la question  de la signification et du respect dû à certains emblèmes de notre République laïque, indivisible,démocratique et sociale . Nous saisissons à présent l’opportunité  offerte par la parution sur Mezetulle d’un article de Catherine Kintzler suite à la recension qu’elle a faite de l’ouvrage de Philippe Poussier  intitulé  » Le Drapeau tricolore  » pour revenir sur ce problème  dont l’actualité demeure,  notamment au travers des évènements politiques  et sportifs en cours et à venir…

On se propose ici,  faisant référence au drapeau tricolore, d’en déconstruire les légendes et d’en restituer les enjeux historiques. Nous souhaitons de ce fait pouvoir offrir aux visiteurs une lecture qui ne diminue pas le drapeau, mais qui le rend plus intelligible, plus humain voire plus  « habitable »

Il apparaît ainsi que :  

    -L’histoire de notre drapeau  national n’est pas linéaire : elle est marquée par des alternances, des contestations, des choix politiques délibérés (Lamartine, 1848 ; 1879 ; 1958).

    -Les couleurs ne sont pas figées dans un sens unique : elles ont été interprétées diversement selon les époques, les régimes, les groupes sociaux.

   -Les cérémonies au drapeau sont des rituels civiques vivants, mais leur efficacité dépend de la manière dont ils sont accompagnés pédagogiquement.

    -Les gestes présidentiels récents montrent que le drapeau reste un objet politique instable, susceptible d’être réinterprété.

Sur ce thème  les visiteurs pourront consulter  trois fichiers:

 FICHIER 1 . « Le Drapeau tricolore » de Philippe Foussier
 
Fichier 2 . Le drapeau tricolore  symbole disputé  et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »
Fichier 3 . Drapeaux et résurgence de nationalismes quelques clés et renvoi au Gwenn ha du
 
Au total on dira  que   les drapeaux, oriflammes et bannières sont des outils puissants de formatage des opinions, mais ils peuvent aussi être des instruments de pédagogie citoyenne, si l’on accepte de les démystifier et de les inscrire dans une histoire complexe et ouverte.
 
Que Catherine Kintzler soit remerciée de nous permettre ce nouvel emprunt à Mezetulle !