Eglises, abus sexuels et discriminations au Royaume Uni
Trois textes accablants
Sur le site « Entre les lignes, entre les mots » se trouvaient récemment assemblés trois articles venus d’outre-Manche, traduits en Français et dont les contenus retenaient l’attention tant ils rapportaient-avec force détails- des dérives et méfaits de même type que ceux qui se déroulent en France… Nous les dénonçons sans relâche sur ce site. Les visiteurs pourront consulter ces nouveaux témoignages en cliquant sur Fichier 1.
Compte tenu des similitudes troublantes observées, nous avons tenté d’en dégager les déterminants communs afin de mieux les combattre. A ce propos les visiteurs sont invités à prendre connaissance du Fichier 2 intitulé :
« Turpitudes, emprise et école confessionnelle »
Au terme de l’étude, une idée prédomine : qu’il s’agisse d’un pays séparé de l’Église ou d’un pays qui conserve une Église établie, le cléricalisme prospère chaque fois qu’une institution religieuse parvient à s’installer dans des zones de secret, d’autorité et d’influence soustraites au regard commun. Les textes réunis ici montrent que les abus ne relèvent pas seulement de fautes individuelles ; ils s’inscrivent trop souvent dans des dispositifs qui protègent les auteurs, retardent la parole des victimes et font passer la réputation des institutions avant la sécurité des plus vulnérables.
Ce qui frappe d’abord, c’est la place occupée par l’enfance et par les groupes fragiles. L’obligation de signalement sans exception religieuse, recommandée par l’IICSA, répond à une exigence simple : aucune confidentialité confessionnelle ne doit faire obstacle à la protection d’un mineur. Les témoignages venus d’Irlande du Nord vont dans le même sens, en montrant jusqu’où peuvent aller l’emprise, la violence et le silence institutionnel lorsque l’autorité religieuse n’est pas contrôlée de l’extérieur. Enfin, le dossier sur l’Église d’Angleterre rappelle que l’école confessionnelle, lorsqu’elle est financée par l’argent public, peut devenir un instrument de tri social et religieux plutôt qu’un lieu d’égalité.
La conclusion s’impose alors d’elle-même : la séparation des Églises et de l’État demeure indispensable, mais elle ne suffit pas sans une vigilance laïque concrète, sans contrôle indépendant et sans égalité réelle des droits. La liberté de conscience doit rester entière ; elle ne saurait toutefois servir de couverture à l’emprise, à la discrimination ou au silence devant les abus.
Quand des paysans cornouaillais parlaient politique en breton
Un dialogue de 1887 dans Le Finistère
En novembre 1887, Le Finistère publie un dialogue en breton entre deux paysans qui jugent sévèrement les députés conservateurs et appellent à voter pour les républicains modérés. Ce texte, signé « Paolik ar Parkou », illustre la stratégie républicaine de laïcisation par le breton.
Un journal républicain à Quimper
Le Finistère paraît à Quimper à partir de 1872. D’abord « journal politique », il devient progressivement « organe hebdomadaire d’union républicaine ». Son fondateur, Louis Hémon, avocat quimpérois, est une figure centrale du républicanisme finistérien : député de Quimper à plusieurs reprises, puis sénateur.
La rubrique «Variété» du journal , en fin de numéro,accueille des textes courts, parfois en breton, qui participent à cette campagne.
Ce dossier, centré sur un dialogue en breton publié dans Le Finistère en 1887, offre un éclairage précieux sur la manière dont la République s’est installée — et a été débattue — dans les campagnes bretonnantes de Cornouailles. Loin d’être un simple exercice de propagande républicaine, ce texte témoigne d’un moment où la langue bretonne a été mobilisée, paradoxalement, pour porter des idées républicaines et laïques auprès d’un public rural.. L’ensemble des données recueillies sont consignées dans un fichier accessible en cliquant ici .
Il comporte ;
1. Texte original : transcription brute ………………………….. p.2
2. Version en breton peurunvan ……………………………………. p.3
3. Traduction en français contemporain ……………………… p.4
4. Traduction annotée (extraits commentés)……………….. p.5
5. Contexte politique……………………………………………………. p.7
5.1. Contexte historique du dialogue……………………… p.7
5.2. Apports à la laïcisation républicaine ……………………. p.8
5.3. Le pseudonyme « Paolik ar Parkou » …………………….. p.9
6. Versions en regard …………………………………………………. p.11
6.1. Transcription brute / Breton peurunvan ……………. p.11
6.2. Breton peurunvan / Traduction française …… ……. p.14
7. Version condensée (article court) …………………………….p.16
Sur le plan historique, cette étude montre que l’instauration de la République dans les campagnes bretonnes ne s’est pas faite uniquement par le français, par l’école ou par la répression des usages locaux. Elle a aussi emprunté la voie du breton, utilisé comme un vecteur de pédagogie civique. Les paysans « Yeun » et « Perik » ne sont pas de simples figurants : ils sont invités à juger leurs élus, à discuter de la conversion des rentes, à voter « pour les hommes raisonnables ». C’est une forme de citoyenneté en breton qui se construit, à contre-courant des discours cléricaux et monarchistes.
Sur le plan linguistique et culturel, ce texte rappelle que le breton n’était pas seulement la langue de la foi, des traditions ou du folklore. Il était aussi apte à exprimer des enjeux politiques modernes, à porter un vocabulaire civique (gouarnamant, deputed, republicaned, votiñ, dilennadegoù), à construire un débat public dans la langue du peuple. La jeune République, dans sa volonté d’unification linguistique et de laïcisation par le français, a souvent cherché à marginaliser, voire à faire disparaître cet usage du breton. Ce dossier contribue à le réhabiliter, en montrant qu’il a existé un breton politique, civique, républicain — et que ce breton-là mérite d’être étudié, valorisé, transmis.
Puisse cette approche, modeste mais précise, inciter d’autres chercheurs, enseignants ou militants à explorer ce corpus encore trop méconnu des articles en breton de la presse républicaine régionale. Car c’est dans ces textes, parfois oubliés, que se lit une part de l’« âme bretonne » — non pas celle, figée, des folkloristes ou des nationalistes, mais celle, vivante, des paysans qui discutaient politique, qui votaient, qui jugeaient leurs élus, dans leur langue maternelle sans passer saus les fourches caudines du clergé.
Le drapeau tricolore, symbole disputé et outil de « construction d’une conscience nationale laïque et républicaine »
Nous avons déjà abordé sur ce site (https://asvpnf.com/index.php/2026/06/30/reecrire-lhistoire-dans-le-respect-des-emblemes-fixes-par-la-constitution-de-la-republique/) la question de la signification et du respect dû à certains emblèmes de notre République laïque, indivisible,démocratique et sociale . Nous saisissons à présent l’opportunité offerte par la parution sur Mezetulle d’un article de Catherine Kintzler suite à la recension qu’elle a faite de l’ouvrage de Philippe Poussier intitulé » Le Drapeau tricolore » pour revenir sur ce problème dont l’actualité demeure, notamment au travers des évènements politiques et sportifs en cours et à venir…
On se propose ici, faisant référence au drapeau tricolore, d’en déconstruire les légendes et d’en restituer les enjeux historiques. Nous souhaitons de ce fait pouvoir offrir aux visiteurs une lecture qui ne diminue pas le drapeau, mais qui le rend plus intelligible, plus humain voire plus « habitable »
Il apparaît ainsi que :
-L’histoire de notre drapeau national n’est pas linéaire : elle est marquée par des alternances, des contestations, des choix politiques délibérés (Lamartine, 1848 ; 1879 ; 1958).
-Les couleurs ne sont pas figées dans un sens unique : elles ont été interprétées diversement selon les époques, les régimes, les groupes sociaux.
-Les cérémonies au drapeau sont des rituels civiques vivants, mais leur efficacité dépend de la manière dont ils sont accompagnés pédagogiquement.
-Les gestes présidentiels récents montrent que le drapeau reste un objet politique instable, susceptible d’être réinterprété.
Sur ce thème les visiteurs pourront consulter trois fichiers:
Contre l’ignorance volontaire et l’obscurantisme Démystifier les religions et leurs emprises contre nature
Dans ce contexte, le visiteurs de ce site pourront consulter trois fichiers :
Fichier 1. « La religion n’existe pas » de Nathalie Heinich par C. Kintzler
Fichier 2. La religion n’existe pas : une thèse à l’épreuve de la laïcité républicaine par T.R et PPty.
Fichier 3 . L’obscurantisme des religions :s’il n’avait point existé, il eût fallu l’inventer ! par T.R.et PPty.
Que Catherine Kintzler soit chaleureusement remerciée de nous avoir permis un nouvel emprunt à Mezetulle.
Pour célébrer le 90è anniversaire du Front populaire et témoigner de ses apports
À l’occasion des 90 ans du Front populaire, cet article propose une relecture engagée de ses apports sociaux, éducatifs et culturels, en les confrontant aux impasses actuelles de la gauche à l’approche de l’échéance présidentielle de 2027. Il est suivi d’une annexe consacrée aux détracteurs du Front populaire, en particulier à ceux qui, après 1940, glissent vers le régime de Vichy et la collaboration, rappelant combien la démocratie peut vaciller lorsque ses propres acteurs renoncent à la défendre.
En lisant Ludivine Bantigny et avant d’aller plus avant rappelons-nous, « on dit Front populaire et aussitôt surgit une image quasi mythique : celle d’un printemps, lumineux et foisonnant. Les foules y sont denses et la grève est intense, les drapeaux claquent, les visages s’éclairent d’une joie grave. Dans les usines et les magasins occupés, on danse ; sur les routes, les bicyclettes filent vers la mer ; dans les rues, on chante et on espère. »(https://www.socialter.fr/article/lecons-front-populaire-1936-gauche-union-socialistes-communistes-base-militants)… Ce fut un moment inoubliable de bonheur et de joie à garder en mémoire d’autant qu’il précédait les années funestes de la drôle de guerre, de l’occupation et du régime collaborationniste de Vichy.
Nous avons déjà fait paraître sur ce site plusieurs articles traitant du Front populaire, de grèves sociales l’ayant accompagné (https://asvpnf.com/index.php/2026/05/20/la-greve-des-papetiers-et-papetieres-de-cascadec/) et de l’oeuvre fondatrice de Jean Zay, ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts du Gouvernement de Léon Blum, panthéonisé le 27 mai 2015.( https://asvpnf.com/index.php/2026/07/07/jean-zay-ministre-du-front-populaire/ ).
Cependant les anniversaires offrent aussi l’occasion de revenir sur des moments fondateurs de notre histoire sociale et politique et aussi pour les 90 ans du Front populaire, il importait non seulement de mesurer l’ampleur des transformations engagées en 1936, mais aussi d’interroger leur portée dans la France contemporaine. C’est l’objet de cette mise en ligne .
Les visiteurs de ce site pourront consulter un article de référence du CRHA dévolu à l’institution des Congés payés en cliquant sur Fichier 1 . Il s’intitule :
« Il y a 90 ans : l’expérience des congés payés pour l’ensemble du pays »
En effet « le 20 juin 1936 fut votée la loi sur les congés payés. Bien que ne faisant pas partie du programme du Front populaire, cette mesure est soutenue dans les grands mouvements de grève des mois de mai et juin. L’extension d’un temps de repos à l’ensemble des professions fait son chemin et l’été 1936 est le premier temps de vacances pour de nombreux Français et Françaises »
Les visiteurs pourront aussi prendre connaissance :
– d’un Fichier 2 intitulé :
«1936–2027 : quand la gauche oublie le Front populaire ! »
Ce fichier comporte une annexe :
« Des détracteurs du Front populaire aux soutiens de Vichy »
Au total on dira que malgré sa brièveté, l’héritage du Front populaire demeure considérable. Il a profondément transformé la vie quotidienne des Français et posé les bases de nombreux droits sociaux encore en vigueur aujourd’hui. Les congés payés, en particulier, restent l’un des symboles les plus forts de cette période, tant ils ont modifié les rapports au travail, au temps et à l’espace.
À l’heure actuelle, cet héritage tend parfois à être oublié ou relativisé. Pourtant, il invite à une réflexion toujours actuelle : celle du partage du temps de travail, de l’accès aux loisirs, et plus largement de la place du travail dans la vie humaine. Les débats contemporains sur la qualité de vie, le sens du travail ou encore les inégalités sociales trouvent un écho direct dans les aspirations portées en 1936.
Ainsi, le Front populaire ne constitue pas seulement un moment du passé ; il demeure une référence pour penser l’avenir. Il rappelle que les avancées sociales sont le fruit de mobilisations collectives et de choix politiques, et qu’elles peuvent être remises en cause si elles ne sont pas défendues.
Jean Zay, Ministre du Front populaire
ou
Comment un citoyen au destin hors du commun peut-il être assassiné à 40 ans par les miliciens d’un Etat français collaborationniste qui a perdu son honneur ?
Il y a 90 ans, sous le Front populaire, Jean Zay était nommé Ministre de l’Education nationale et des Beaux-arts. Dans un article mis en ligne le 4juin 2026, le CRHA lui rend hommage sous l’intitulé : « Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui ».Ce libellé rappelle l’importance de l’œuvre fondatrice de celui qui fut lâchement assassiné par la milice du régime de Vichy .C’était un homme politique au destin hors du commun !
Selon André Jourdes (2014)de la Ligue de l’enseignement :
-« pour Jean Zay, la République repose avant tout sur le civisme et l’intelligence des citoyens, c’est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale. Contre la conservation sociale mais aussi contre les utopies révolutionnaires, la politique est ce mouvement par lequel l’humanité s’approfondit et devient en quelque sorte plus digne d’elle-même ,
-« Les instructions officielles qui seront rédigées en 1937/1938 sous le ministère de Jean Zay éclairent la doctrine française en matière d’enseignement et inspirent les réformes qui vont être entreprises :
Former le caractère par la discipline de l’esprit et le développement des vertus intellectuelles, apprendre à bien conduire sa raison en élève des héritiers français du message socratique : Montaigne et Descartes.
Garder toujours en éveil l’esprit critique, apprendre à démêler le vrai du faux, à douter sainement, à observer, à comprendre autant qu’à connaître, à librement épanouir sa personnalité dans le souci de former des têtes bien faites plus que bien pleines, bref allumer un flambeau plutôt que remplir une coupe.
Les professeurs doivent se garder attentivement de tout enseignement révélé, du dogmatisme, de la vérité acquise d’avance, des jugements tout faits coulés dans les jeunes cerveaux.
Les élèves doivent être capables d’examiner toutes choses en les rapportant à leurs principes et de raisonner sur elles en ne faisant état que des faits, bien et dûment constatés. Ils devront être exercés à observer, à mesurer, à critiquer leurs propres observations en procédant à des vérifications rigoureuses. Ils auront besoin de comprendre et de connaître le monde où ils seront appelés à vivre » https://laligue24.org/images/docs/ligue/Jean_ZAY.pdf )
Rappelons aussi que Jean Zay proclamait : « les écoles devront rester l’asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas » ; un principe d’une actualité marquante par les temps présents !
Les visiteurs de ce site, attentifs à la biographie et à l’œuvre des fondateurs de notre système éducatif, pourront consulter ,en cliquant ici, le Fichier 1 intitulé :
« Jean Zay, l’homme qui a inventé l’École d’aujourd’hui »
Ils sont également invités à prendre connaissace de la contribution de l’ASVPNF à cet égard en cliquant sur Fichier 2 . Elle s’intitule :
Jean Zay, un humanisme républicain : école, laïcité et martyr d’un ministre du Front populaire
Que le CRHA soit remercié de nous permettre ce nouvel emprunt à leur site et d’avoir suscité une réflexion du plus grand intérêt sur l’histoire de notre système éducatif.,considérant,que les hussards noirs de la République furent, par essence, héritiers du message de Jean Zay.
La deuxième mort du Professeur Samuel Paty ?
Nous reprenons ici, de façon quasi intégrale ; le titre d’un article mis en ligne le 28 juin 2026 sur Mezetulle, le blog revue de Catherine Kintzler ayant trait à la mémoire de Samuel Paty.
L’assassinat de Samuel Paty a marqué un tournant dans l’histoire de l’École publique de la République. Au‑delà de l’émotion légitime, cet événement nous oblige à revenir à des questions fondatrices : que signifie aujourd’hui instruire au nom de la laïcité ? Quelle est la mission propre de l’École républicaine ? Jusqu’où la République protège‑t‑elle ses maîtres lorsqu’ils exercent leur devoir d’enseigner la liberté de pensée ?
En publiant sur asvpnf.com l’article de Martine Verlhac, « La deuxième mort de Samuel Paty ? », accompagné de la présente contribution doctrinale, l’ASVPNF entend ouvrir un espace de réflexion exigeant et fidèle à l’histoire longue de l’institution scolaire. Il ne s’agit pas seulement de commenter un film ou un fait divers, mais de mesurer ce que révèle cette tragédie du devenir de l’École, de la laïcité et de notre capacité collective à défendre l’émancipation par les savoirs.
Notre démarche s’inscrit dans la continuité des grandes figures de l’école laïque – Buisson, Ferry, Zay et tant d’instituteurs et professeurs anonymes – qui ont pensé l’instruction comme une rupture avec l’ignorance, les enfermements et les dogmes. À la lumière du cas Samuel Paty, nous interrogeons la manière dont cette tradition est aujourd’hui fragilisée : autocensure des enseignants, hésitations de l’institution, captation partisanes du discours sur l’École.
Le texte qui suit propose des repères pour comprendre ces enjeux et pour affirmer, calmement mais fermement, quelques principes : la laïcité comme laïcité d’instruction, la nécessité de protéger les maîtres, le refus de laisser la mémoire de Samuel Paty se dissoudre dans l’oubli ou l’instrumentalisation. Nous espérons ainsi offrir aux visiteurs de ce site – citoyens, enseignants, membres de l’association – une base solide pour penser et débattre de ce qui touche au cœur même de la République : son École.
Les visiteurs de ce site pourront tout d’abord consulter l’article de Martine Verlhac en cliquant sur Fichier 1 . Ledit article est précédé d’une présentation de Catherine Kintzler. Elle y rappelle qu’à la différence de la colère, l’indignation ne retombe pas : car, reposant comme le disait Descartes sur « de justes raisons », loin de l’apaiser, son analyse la fortifie..
Ils pourront ensuite prendre connaissance d’un Fichier 2 intitulé :
Samuel Paty, l’École de la République et la laïcité d’instruction
Réécrire l’Histoire dans le respect des emblèmes fixés par la Constitution de la République
A l’ASVPNF un tel intitulé est assuré de soulever protestations même si la liberté d’expression y est la règle puisque la laïcité républicaine et la tolérance sont ses raisons d’être. On touche ici au domaine des exigences morales, civiques et citoyennes qui nous furent enseignées par nos maîtres formés à l’Ecole des hussards noirs de la République. Il ne s’agit pas de s’en écarter mais seulement de faire connaître des pratiques qui peuvent mettre en cause des principes fondateurs hérités des pionniers de l’Ecole publique laïque, gratuite,obligatoire et émancipatrice.
Cet intitulé est une sorte de réplique au titre d’un article récemment mis en ligne sur le site « Entre les lignes entre les mots » libellé ainsi qu’il suit :
« Siffler la Marseillaise et le drapeau tricolore : un droit démocratique »
Nous avons été explicitement autorisé à le reproduire pour le représenter sur asvpnf.com. et aussi les visiteurs intéressés pourront-ils le consulter en cliquant sur Fichier 1.
Selon leurs convictions et leurs choix personnels les lecteurs y trouveront matière à réflexion voire à polémique et puisqu’il s’agit d’Histoire, en l’occurrence d’ Histoire de France et non d’annales consitant en successions chronologiques d’évènements nombreux et divers et que l’on y met en exergue des citations d’auteurs célèbres on dira ici et à l’instar de :
Victor Hugo : « La République affirme le Droit et impose le Devoir »
Jules Michelet : « L’Histoire humaine comme un combat prométhéen pour la liberté : celui que les hommes mènent depuis toujours pour s’arracher au poids des contraintes naturelles et des fausses croyances »
Richard Malka : « Les croyances ne peuvent jamais exiger le respect. Seuls les hommes y ont droit. Aucune croyance, aucune idée, aucune opinion ne peut exiger d’être débattue,critiquée,caricaturée. »
Nous avons pour notre part examiné ce document- singulier à différents égards- faisant référence à des acquis à qui nous ne cessons de témoigner notre gratitude et dont on retrouve les bienfaits immenses dans une République indivisible ,démocratique laïque et sociale
Le texte en question défend l’idée que la critique des symboles nationaux relève de la liberté d’expression consacrée par la Déclaration de 1789, sans pour autant rendre cette liberté absolue. Il rappelle que le droit français encadre ces libertés et que l’incrimination de l’outrage à l’hymne ou au drapeau doit être évaluée au regard de la proportionnalité et de la protection de l’ordre public. L’auteur souligne l’ambivalence historique des emblèmes républicains : témoins à la fois d’émancipations et de violences, ils ne sauraient être réduits à des instruments de domination. Il plaide pour une approche critique mais équilibrée, refusant la mythification comme la déconstruction totale.
Pour mémoire on retiendra ;
1. La thèse centrale du texte
L’auteur soutient une idée simple mais polémique :
Siffler l’hymne ou le drapeau serait une forme légitime d’expression politique.Il demande l’abrogation du délit d’outrage aux symboles nationaux (article 433-5-1 du Code pénal), qu’il assimile à une résurgence du blasphème sous forme « laïcisée ».
Sur le plan juridique, il s’appuie sur l’article 11 de la Déclaration de 1789 (liberté d’expression) et sur une une analogie avec la jurisprudence américaine (Texas v. Johnson, 1989)
2. Les ressorts idéologiques
Le texte s’inscrit clairement dans une grille de lecture critique c’est à dire :
La déconstruction du « roman national » : la nation est présentée comme une construction idéologique masquant violences et dominations.
La relecture de l’histoire française à travers ses épisodes les plus sombres (colonisation, répressions, violences d’État).
L’assimilation du patriotisme à une injonction politique potentiellement autoritaire.
La dénonciation d’un glissement sécuritaire et identitaire du débat public.
Ce positionnement est cohérent, mais unilatéral : il ne reconnaît presque jamais la dimension intégratrice, symbolique ou historique positive des emblèmes républicains.
3. Les procédés rhétoriques
Plusieurs éléments expliquent le caractère choquant du texte :
Accumulation de références sanglantes (procédé de saturation émotionnelle).
Lexique très polarisé (« réaction », « démagogie », « novlangue », etc.).
Disqualification des adversaires plutôt que discussion (caricature des positions « nationales-républicaines »).
Glissement analogique fort : du délit d’outrage → blasphème → crime de lèse-majesté.
Cela produit un texte militant, plus qu’une démonstration équilibrée.
4. Points discutables (du point de vue républicain classique)
L’ indignation peut s’ancrer sur plusieurs critiques solides :
Confusion entre liberté d’expression et absence de toute limite : en droit français, la liberté n’est pas absolue.
Minoration de la fonction civique des symboles : hymne et drapeau ne sont pas seulement étatiques, mais aussi historiques et populaires.
Réduction de l’histoire nationale à ses violences, sans prise en compte des dynamiques d’émancipation (Révolution, école républicaine, droits sociaux…).
Comparaison discutable avec les États-Unis, dont la tradition constitutionnelle est très différente.
Risque d’une conception purement négative de la nation, qui peut fragiliser le cadre démocratique lui-même.
5. Mais aussi des questions légitimes soulevées
Pour être complet, il faut reconnaître que le texte pointe des enjeux réels :
Jusqu’où peut aller la critique des symboles dans une démocratie ?
Le délit d’outrage est-il nécessaire ou excessif ?
Comment enseigner une histoire nationale ni mythifiée ni uniquement accusatoire ?
Ces questions traversent aujourd’hui tout le champ intellectuel et politique.
6. Lecture d’ensemble
Ce texte n’est pas un appel à une « inquisition » au sens strict, mais il propose une vision conflictuelle et désacralisée de la nation, où la contestation symbolique devient un droit central.
Une position — attachée à la laïcité, à l’école républicaine et à une certaine idée de la raison héritée des Lumières — entre en tension avec cette approche, car elle suppose :
un minimum de référents communs,
une adhésion critique mais réelle aux institutions,
et une distinction entre critique et délégitimation.
On est donc face à un désaccord philosophique profond :
d’un côté, une conception « déconstructive » de la République,
de l’autre, une conception « intégratrice et universaliste » .
Cette lecture critique a donné lieu à un texte de synthèse intitulé :
Raison, liberté et symboles dans la République
Pour une critique sans dissolution du commun
Que l’Editeur en chef de «Entre les lignes entre les mots » soit très cordialement remercié d’avoir permis cet emprunt à son site internet.
Désacraliser et démystifier les oripeaux religieux
L’Association « La Vigie de la Laïcité » vient de publier dans sa Newsletter n° 31 trois articles traitant de la question de « La Laïcité et les vêtements religieux ». Dans la présentation qui en est faite il apparaît que : «
Des questions qui parviennent à la Vigie de la laïcité, celles portant sur le port du voile islamique sont parmi les plus fréquentes. Ce rituel vestimentaire, emblématique de l’appartenance à la religion musulmane, fait régulièrement l’objet d’une attention politico-médiatique depuis octobre 1989, date à laquelle 3 jeunes filles d’un collège de Creil entrèrent voilées dans leur établissement et en furent exclues.
La Vigie a déjà consacré plusieurs articles à cette thématique, mais nous avons souhaité y revenir sous une forme renouvelée en nous décalant de l’actualité. Pour cela, trois universitaires ont accepté d’apporter un éclairage distancié sur cette pratique qui fait l’objet de tant de controverses :
Philippe Martin, professeur d’histoire à l’université de
Lyon 1 et auteur d’un article remarqué dans l’ouvrage collectif Laïcité scolaire (Presses universitaires de Lyon),
Jacqueline Chabbi,, professeur émérite d’études arabes à l’université Paris 8 et autrice de nombreux ouvrages sur les origines de l’islam et le prophète Mahomet,
Alberto Fabio Ambrosio, théologien, co-directeur avec Nathalie Roelens de Mode modeste (Hermann) ».
Les éditeurs de La Vigie de la laïcité nous ont expressément autorisé à reproduire et à représenter ces trois textes .Les visiteurs pourront en prendre connaissance en cliquant sur Fichier 1
Ils pourront également consulter, en cliquant sur Fichier 2 , le commentaire qu’en fait l’ASVPNF par référence à son implication dans la défense de la laïcité républicaine. En effet si les trois textes étudiés déconstruisent utilement l’idée d’un vêtement religieux intemporel, ils évitent presque entièrement la question décisive de sa compatibilité avec la laïcité, l’indivisibilité républicaine et l’égalité entre les sexes. Ils historicisent le signe, mais ne disent pas clairement ce qu’il devient lorsqu’il entre dans l’espace civique et politique.
Or la République ne peut traiter de la même manière les services publics, l’école et l’espace public. Dans les premiers, la neutralité est une exigence de principe ; à l’école, elle est une condition de formation du citoyen et d’égalité entre les élèves. Dans l’espace public, la liberté demeure plus large, mais elle ne saurait légitimer des logiques de pression, de séparation ou de domination dissimulées sous le vocabulaire de l’identité.
C’est pourquoi à l’ASVPNF, on tient à faire savoir que les « vêtements dits religieux » ne peuvent être considérés comme de simples marqueurs culturels. Selon les contextes, ils peuvent aussi devenir des instruments d’assignation, de contrôle des corps et de visibilité communautaire. La laïcité n’a pas à céder devant ces ambiguïtés. Il est rappelé que le bien commun prime sur les revendications confessionnelles lorsqu’elles prétendent s’imposer à tous. “
Que les responcsables de la Vigie de la Laïcité soient cordialement remerciés d’ avoir autorisé ces emprunts à leur Newsletter et d’avoir été à l’origine de notre réflexion.
Marc Bloch, la panthéonisation d’un Homme accompli !
« Mieux connaître Marc Bloch permet de s’émerveiller devant le mystère d’une vie accomplie » notait la journaliste Nathalie Lacube alors que ce 23 juin 2026 Marc Bloch entre au Panthéon en compagnie de son épouse Simone.
Rappelons qu’il fut assassiné par les nazis il y a quatre vingts ans. Historien de talent passé par Normale Sup, combattant des deux guerres et Résistant « il a placé sa vie sous le signe de la vérité et du courage ». Il écrivait dans L’Étrange Défaite (1940) : « Il est atroce que les guerres puissent ne pas épargner l’enfance, non seulement parce qu’elle est l’avenir mais surtout parce que sa tendre faiblesse et son irresponsabilité adressent à notre protection un si confiant appel ».
Les visiteurs de ce site pourront consulter un Fichier 1 dévolu à Marc Bloch et à son œuvre. Intitulé :
« Marc Bloch : historien, résistant, figure de mémoire et du judaïsme »
Il révèle que :
“Marc Bloch fut l’un des grands renouvelateurs de l’histoire au XXe siècle, mais aussi un homme de devoir et de courage. Formé à l’École normale supérieure, agrégé d’histoire, il participa à la fondation des Annales avec Lucien Febvre, ouvrant la voie à une histoire plus sociale, plus critique et plus humaine. Son œuvre, de Les Rois thaumaturges à La Société féodale puis à Apologie pour l’histoire, a profondément marqué la discipline.
Officier durant les guerres, il fut surtout, après 1940, un observateur lucide de l’effondrement français dans L’Étrange Défaite. Révoqué par Vichy en raison des lois antisémites, il entra dans la Résistance à Lyon, au sein de Franc-Tireur puis des MUR, sous plusieurs pseudonymes. Arrêté par la Gestapo en 1944, torturé puis fusillé, il incarna jusqu’au bout la fidélité à la vérité et à la République.
Son épouse, Simone Vidal, joua un rôle essentiel, à la fois dans sa vie savante et dans le soutien discret mais réel à son engagement clandestin. Leur entrée conjointe au Panthéon rappelle qu’on ne célèbre pas seulement un historien, mais un couple uni par la fidélité, l’intelligence et le refus de la barbarie. La mémoire familiale, aujourd’hui encore, veille à préserver cette exigence.”
Les visiteurs pourront également, à leur convenance, prendre connaissance d’un Fichier 2 comportant 4 notices particulières dévolues à la vie et l’œuvre de Marc Bloch :
1 . Notice académique
2 . Simone Vidal, une compagne de travail et de combat
3. Marc Bloch dans les réseaux de la Résistance : appartenances, fonctions et circulations clandestines
4 . Marc Bloch et sa postérité historiographique
Au total une vie accomplie brisée par la barbarie nazie !
